"Rien n’est plus pacifique, pourrait-on penser, que la philosophie à l’adresse des enfants. Tout le monde semble s’accorder : l’enfant est naturellement philosophe et se pose des questions dès le plus jeune âge sur l’origine du monde, la vérité, la mort, l’amour. Contrairement à l’adulte, le petit humain s’étonne de tout et questionne les évidences, démarche philosophique par excellence.

Depuis quelques années, la philosophie par ou pour les enfants fait un carton. L’épithète «philosophique» est accolée aussi bien à des pratiques scolaires qu’à des goûters ou à des petites conférences extrascolaires. Si le terme change de sens selon les usages qu’on en fait, les enfants concernés sont eux aussi très divers : de la lisière du langage en classe de maternelle, jusqu’à l’adolescent ou au jeune adulte. Etrangement, dans le cadre scolaire, ces expériences dites philosophiques sont accueillies plus aisément dans les petites classes que dans les collèges." (...)