EXTRAIT (NB : seule occurence sur le site du Vatican de "Communion et communication"

 

 

S.Exc. Mgr Marcello SEMERARO, Evêque d’Oria (Italie)

La communion des évêques a une valeur immense, y compris par rapport à la tâche d’annonce et de communication de l’Evangile pour l’espérance du monde assignée par le Pape comme thème central de réflexion pour cette assemblée synodale. Je voudrais souligner en particulier que la première forme de communication et d’annonce de l’Evangile est, justement, la communion.

Entre communion et communication, il existe en effet un lien très étroit, déjà perçu et décrit par saint Thomas d’Aquin (comme le montre l’étude de ses lemmes communio / comunicare / communicatioeffectuée à l’aide de l’Index Thomisticus du P. R. Busa S.J.), qui est aujourd’hui mise en grande évidence par les études anthropologiques et les sciences de la communication. La communication, en effet, n’est pas seulement transmission d’informations et de nouvelles, mais, à un niveau ontologique plus profond, ouverture et don de soi à l’autre. C’est-à-dire communion.

On peut appliquer tout ceci au niveau qui est propre à la vie de l’Eglise et le référer à la tâche, confiée par Jésus à ses Apôtres, d’annoncer l’Evangile à toutes les créatures jusqu’aux extrémités de la terre. Je voudrais simplement souligner que l’on annonce l’Evangile non seulement par la parole, mais aussi par la communion.

Pour m’expliquer, je voudrais citer un passage de la "Règle sans cachet" de saint François d’Assise, dont la figure si informée de la vie apostolique a déjà été évoquée dans cette Assemblée. Ce texte dit notamment: "Les frères qui se rendent parmi les infidèles peuvent se comporter entre eux de deux manières. L’une est qu’ils n’aient pas de litiges ou de disputes, mais soient soumis à cause du Seigneur à toute institution humaine (cf. 1P 2, 13) et confessent d’être chrétiens. L’autre est que, lorsqu’ils voient que cela plaît au Seigneur, ils annoncent la parole de Dieu..." ( chap. 16).

Cette norme franciscaine, qui met l’accent sur la force évangélisante de la fraternité, peut être appliquée aussi, je crois, à la communio episcoporum, et je voudrais le faire en utilisant une expression de Paul VI, qui me semble vraiment pertinente: quand "opèrent concorde et unité", la collégialité épiscopale lui apparaît comme "insufflée par le souffle de l’Esprit Saint, pour rendre témoignage du Christ et de son Evangile, afin de poursuivre dans le monde l’élan missionnaire de la Rédemption, et irradier la vérité qui, partie du coeur du Père, a brillé sur le visage du Christ... (cf. 2Cor, 4, 6)" (Alloc.In questa fase du 24.05.1976).

[00219-03.03] [in181] [Texte original: italien]