2. Musique libre : dispositifs techniques
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2. Musique libre : dispositifs techniques
Un tour d'horizon des équipements mis en place pour l'exploitation de la musique libre en bibliothèque
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Les dispositifs techniques de A à Z : A comme Accès

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Le principe de musique libre est constamment sous-tendu par celui de la libre diffusion qui permet l'échange, le partage et la rediffusion. En réalité, c'est une formule clé qui traduit l'impact des réseaux et des flux sur les pratiques d'écoute musicale, caractérisées par un développement prodigieux d'une multitude d'accès : mobile, baladeurs mp3, radio en ligne et bientôt internet des objets.

 

Cet "âge de l'accès" comme le dit Jérémy Rifkin n'est-il pas contradictoire avec le principe de libre diffusion ? L'accès est au coeur de la nouvelle économie numérique d'après J. Rifkin qui y voit des enjeux marchands décisifs pour l'avenir : "l'ère industrielle a vu la transformation du travail en marchandise ; aujourd'hui ce sont les activités de type ludique qui sont transformées en marchandises consommées sous forme d'activités récréatives payantes".

 

Dès lors, n'est-il pas paradoxal de revendiquer la libre diffusion de la musique alors même que son accès par les réseaux numériques fait l'objet d'enjeux marchands considérables ?

 

L'accès numérique aux oeuvres musicales n'est pas exempt de paiement mais il favorise la désintermédiation avec l'oeuvre. Cet accès soumis à rémunération donne l'illusion que les oeuvres de l'esprit numérisées, en transit dans les flux numériques, sont libres et gratuites. Ainsi, la musique libre n'est pas libre d'accès.

 

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Sources :

À propos de la musique libre, wiki de l'Association Musique Libre, http://bit.ly/O5futb, page consultée le 13 juillet 2012.

RIFKIN Jeremy, L’Âge de l’accès. La nouvelle culture du capitalisme. Paris : La Découverte, 2005. 396 p. (Collection « La Découverte Poche/Essais » ; 205) ISBN : 2-7071-4608-0

 

Crédits photo : By Yann (Own work), CC-BY-SA-3.0-2.5-2.0-1.0 , via Wikimedia Commons

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Les dispositifs techniques de A à Z : B comme Bornes

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Les bornes utilisées dans les médiathèques françaises pour la diffusion de la musique libre sont produites par Pragmazik, SARL « spécialisée dans le développement de solutions logicielles et matérielles pour la diffusion de contenus multimédia »[1]. La société a été crée en 2006 par trois militants de l’association Musique Libre !, défenseurs de la diffusion des œuvres culturelles sous licences ouvertes. C’est ainsi à Gradignan qu’a ainsi été installée, en novembre 2007, la première borne Automazik.

 

La société Pragmazik commercialise trois types de terminaux d’écoute. Les bornes interactives Automazik et Minimazik, dotées d’écrans tactiles de 17 pouces, attirent la curiosité des usagers grâce à leur design robuste et ergonomique. La différence entre les deux produits réside dans la sortie sono externe que possède la borne Automazik, qui facilite son utilisation dans le cadre d’animations. Chaque borne est dotée de deux jeux de casques d’écoute, visant à inciter les usagers à partager leurs découvertes et à faire ainsi un usage social de l’outil. Le troisième terminal d’écoute proposé par la société Pragmazik est un PC tactile, qui reprend l’ensemble des fonctionnalités logicielles des bornes, tout en étant moins encombrant, mais aussi moins visible que celles-ci.

 

Les contenus disponibles par le biais des bornes proviennent en grande partie du site web dogmazik.net, géré par l’association Musique Libre !. L’offre musicale que l’on y trouve ne cesse de croître, et les chiffres avancés par le site sont actuellement de 29000 titres, 200 labels et 2800 artistes représentés. De nouvelles pistes se sont récemment ouvertes, avec la possibilité d’accéder à des contenus de littérature libre de droits par le biais du site inlibroveritas.net. Les fichiers peuvent être téléchargés sur tous types de périphérique mobile (clé USB, téléphone, disque dur externe, PC portable), et il est parfois possible de graver des CDs.

 

Les bornes fonctionnent grâce à un système d’exploitation de type Linux, développé par Ubuntu et optimisé selon les besoins spécifiques des terminaux Pragmazik. Le logiciel est intuitif et personnalisable en fonction des besoins des établissements. Les médiathèques clientes peuvent ainsi mettre en avant une sélection musicale de leur choix de manière temporaire, qu’il s’agisse de coups de cœur ou d’une mise en avant d’artiste dans le cadre d’une animation. Une partie réservée à l’actualité locale offre la possibilité aux établissements de mettre en valeur des groupes et événements de leur région.

 

Selon le site web de la société Pragmazik, 42 bornes sont aujourd’hui réparties dans les bibliothèques françaises, chiffre qui ne cesse de croître : la seule commune de Choisy-le-Roi, située dans le Val-de-Marne, a passé commande de 36 bornes pour son nouvel équipement culturel. Ces terminaux, qui possèderont des fonctionnalités élargies (visualisation de DVD, téléchargements de jeux vidéo, diffusion de livres audio, coute d’un fonds de CD numérisés), devraient être livrées dans le courant de l’année 2013.

 

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Sources :

http://www.pragmazic.net/a-propos/pragmazic-historique/

http://www.pragmazic.net/2012/08/14/choisy-le-roi-a-36-bornes/

http://www.inlibroveritas.net/

http://www.dogmazic.net/index.php?op=edito

http://www.bibliopedia.fr/index.php/Biblioth%C3%A8ques_musicales_hybrides

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Les dispositifs techniques de A à Z : S pour Streaming

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      Dans son dictionnaire de l'informatique et d'internet, Eric Goguey en donne la définition suivante : "Le streaming est un principe utilisé principalement pour l'envoi de contenu en « direct » (ou en léger différé)".

      En octobre 2009, l'Observatoire de la musique fait paraître une première étude des offres de streaming, disponibles en France, dans laquelle y sont rappelées les origines du streaming. A la fin des années 90, le lecteur Real Audio Player fait office de précurseur en proposant un plug-in capable de lire en continu des flux audio. Les fichiers encapsulés dans ce plug-in ont donné naissance au format RealAudio, le format majoritaire de diffusion de musique en streaming.

 

      En juin 2012, un rapport du SNEP, le Syndicat national de l'édition phonographique, souligne le succès français des sites de streaming dont les revenus sont proches de dépasser ceux provenant du téléchargement. Le streaming diffère de la technique de téléchargement dans le sens où elle n'oblige pas l'auditeur à enregistrer le son sur disque dur pour pouvoir écouter. Au contraire, les sites de streaming hébergent les fichiers enregistrés sur des serveurs distants. Le logiciel de streaming utilisé va détecter la qualité de bande passante et en déduire ainsi les modalités de chargement progressif des données numériques dans la mémoire tampon. La lecture se déclenche quand le volume de données est suffisamment audible c'est-à-dire accumulé. C'est donc l'instantanéité de l'écoute, sa facilité d'accès, qui rend le streaming si séduisant.

       Le site jamendo.com diffuse ainsi en streaming de la musique libre. Il propose aussi d'intégrer, par le biais d'une API (application informatique dédiée réutilisable), certaines fonctionnalités de son site. Des playlists, sélections de fichiers musicaux à agencer en une liste de lecture musicale, peuvent aussi être constituées. On peut lire sur le blog : "Aujourd’hui Jamendo c’est plus de 10 Teraoctets de stockage, 40 serveurs pour gérer les sites Internet COM et PRO, le streaming des radios et des albums qui représentent plus de 350.000 titres, une bande passante avec des pointes à 500 Mbits."

 

      En bibliothèque, les premières expériences abouties de streaming datent de 2009 quand la médiathèque du Bas-Rhin, éditrice du portail Calice68 s'est rapprochée de MusicMe pour offrir les services de la plateforme musicale aux abonnés des bibliothèques. Ces expériences incluent la musique libre mais sont surtout un moyen d'enrichir les notices du catalogue par un accès direct à des enregistrements sonores. Récemment, la Bibliothèque multimédia francophone de Limoges a mis en ligne un jukebox virtuel, l'e-musicbox, doté d'un player incorporé au site. Les artistes musiciens de la région limousin bénéficient d'une plus forte visibilité.

       

      Actuellement, la tendance du streaming concerne plutôt les fichiers vidéo. Les dernières enquêtes sur les pratiques d'écoutes musicales en ligne montrent que le site YouTube est l'un des principaux point d'accès, de découverte, de partage de musique. On peut y voir le prolongement du goût des français pour la fréquentation des salles de concerts mais c'est aussi le reflet des dernières innovations techniques. L'apparition et la large utilisation d'HTML 5 permet d'incorporer de façon plus efficace les éléments multimédia notamment vidéos, éditées grâce à des lecteurs flash.

      De nombreux sites d'institutions mettent en ligne les captures des concerts et spectacles qu'elles organisent : une autre possibilité de valoriser la musique libre en ligne pour les bibliothèques, à partir d'événements produits localement, en lien avec la programmation culturelle.

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Sources :

Dictionnaire de l'informatique et d'internet, disponible en ligne sur http://www.dicofr.com/

Les sites de streaming musical par l'observatoire de la musique, 2009, disponible en ligne sur http://bit.ly/P8uZCl

Les Français champions du streaming, disponible en ligne sur http://bit.ly/QIUXOM
Site jamendo, http://www.jamendo.com/fr

Ecoutez de la musique en ligne avec Calice68, http://bit.ly/P8xgNQ

 

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Les dispositifs techniques de A à Z : N comme numérisation

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  Le musée des sciences et de la technologie du Canada donne une définition précise de la numérisation d'un signal électrique audio : "[elle] exige de capter une onde plusieurs milliers de fois par seconde, de mesurer l'amplitude de chaque onde et d'y affecter une valeur binaire à partir d'un nombre limité de telles valeurs".  

 

Alors que cette conversion se limitait, dans les années 80 et 90, à transférer sur un nouveau support analogique (cassette, cd, cédérom, disque optique), des pratiques illicites se répandent peu à peu pour reproduire les oeuvres musicales enregistrées au format numérique, les mettre en ligne à des fins d'écoute et de partage illégal (peer to peer).   Ces techniques reposent sur l'utilisation de logiciels de compression qui réduisent la taille des fichiers. A la fin du 20ème siècle, des logiciels de partage sont utilisés pour les transférer sur internet, tels Napster, Kazaa et LimeWire. Le premier lecteur mp3 est commercialisé en 1998.     L'opération de numérisation en tant que telle exige la conversion d'un signal musical sur support physique en des données de nature binaire. 


  A cette fin, il convient d'utiliser des appareils spécifiques, les convertisseurs, pour obtenir le meilleur échantillonnage des fréquences d'ondes audio et optimiser le codage en profondeur (en nombre de bits). Ce principe de conversion complexe n'est pas une traduction fidèle du signal sonore d'origine mais entraîne, à la marge, plus ou moins d'altération de la qualité sonore. Cette qualité se dégrade ensuite selon les formats de données choisis pour la fixation des signaux en fichiers numériques : compression ou non. Voir à ce sujet, l'article dédié aux formats (F comme Formats).


Sources : Musée des sciences et de la technologie du Canada, http://bit.ly/NWV07z, page consultée le 13 juillet 2012.  

 

Crédits photo : By Jean-Jacques MILAN (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons

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Les dispositifs techniques de A à Z : F comme Formats

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    Impossible d'évoquer la musique libre en lien avec le numérique et les bibliothèques sans aborder le sujet des formats digitaux et rechercher parmi ceux-ci ceux qui se rapprochent le plus de "l'esprit du libre".

    Dans les années 80, l'essor puis l'avénement du compact disc audio consacre un standard numérique : l'encodage en 44,1 kHz et 16 bits, connu sous le sigle PCM pour Pulse Code Modulation. Ce type de signal numérique devient vite un format de référence, auxquels sont comparés les formats numériques actuels.

 

    D'un point de vue technique, la mesure en hertz qualifie la fréquence d'échantillonnage du son, tandis que le nombre de bits se réfère à la valeur numérique du signal audio converti.

Les deux mesures sont nécessaires pour estimer la valeur globale numérique du son enregistré. Selon ce principe, le format est la traduction des transformations appliquées au son initialement capté. Autrement dit, le format numérique d'un son enregistré résulte de son encodage. Celui-ci implique une perte d'informations plus ou moins forte selon le type d'opérations réalisées. S'il s'agit d'une compression audio, alors le format sera moins fidèle à la captation en studio mais il sera facilement transportable : peu de "poids" en nombre de bits donc pratique pour le stockage, l'échange et la diffusion.

 

    Les formats de ce type les plus connus sont le : mp3, ogg et wma. Le format RealAudio est plutôt réservé au streaming ou écoute en direct sur internet (voir S pour Streaming).

    Le mp3 est créé en 1992, en Allemagne, à l'origine pour faciliter la radio-diffusion en numérique. Dès 1999, ce format fait la fortune de napster, le plus célèbre des sites de peer-to-peer (échanges de fichiers de pairs à pairs) jusqu'à son démantèlement en 2001. Désormais, le succès du format mp3 est assuré : il a fait l'objet d'une norme ISO officielle en 1995. Aujourd'hui, son hégémonie en fait le format de référence mais les experts pointent de plus en plus les défauts de qualité de restitution sonore : le spectre original est tellement altéré que ce format, au final, favorise une standardisation de la création musicale.

 

     Au moment du traitement informatique du son, il apparaît de plus en plus nettement que la compression numérique se traduit par la mise en avant d'esthétiques musicales similaires : on stimule la perception de l'auditeur par la valorisation des sons "forts" au moment de la compression audio-dynamique. On valorise ainsi certaines créations au détriment d'autres types de musiques, comme pour favoriser l'émergence de succès commerciaux calqués sur un même modèle.

     D'autres formats de compression se développent en prenant appui sur la philosophie de l'open source, comme le format ogg vorbis, provenant du travail militant de la fondation xiph.org, qui s'oppose à la domination des formats propriétaires, dans le domaine du multimédia. Un format "ouvert" se caractère par la libre réutilisation de l'algorithme de compression par les développeurs. En terme de qualité sonore, le format ogg utilise un encodage à débit variable, capable de gérer l'enregistrement multi-canaux : tout en étant un format caractérisé par des pertes de données, il est de meilleure qualité que le mp3.

 

     A contrario de ces formats, le FLAC pour Free Lossless Audio Codec, est un format de plus en plus recommandé par les professionnels de la musique, pour son respect de la qualité sonore de l'enregistrement audio. Avec l'amélioration de la bande passante d'internet, ce format, plus lourd que le mp3, peut désormais être lu et téléchargé aussi vite que les formats compressés habituels. Comme il est souligné dans Wikipédia, "FLAC est approprié pour tous les archivages de données audio, avec le support des métadonnées, image de couverture, ainsi que pour la recherche rapide". C'est donc un format d'avenir pour la valorisation en ligne des enregistrements sonores en bibliothèque, que ce soit pour mettre en ligne de la création libre de droits ou bien des fichiers numérisés. Ce type de format, respectueuse de l'intégrité sonore des enregistrements, est à privilégier par les bibliothèques, pour éduquer l'oreille à tous les modes d'expression musicale.

 

     De la part des bibliothèques, tout projet de mise en ligne de fichiers sonores devrait donc comporter le signalement du type de compression utilisé. Cette indication permettrait à l'auditeur de juger de la qualité des enregistrements mis à disposition.

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Sources :

Traitements et mauvais traitements : que vaut la musique que l’on écoute ? par le centre d’information et de ressources pour les musiques actuelles (Irma), disponible en ligne sur http://bit.ly/LWXvcO

Le convertisseur http://bit.ly/Pu5YVk

L’audionumérique, principe, normes par François Para, disponible en ligne sur http://bit.ly/MTbKjc
Les formats ouverts de la fondation xiph.org http://bit.ly/NepyA2
Le flac, par Wikipedia, disponible en ligne sur http://bit.ly/QbnZpy.

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Dispositifs techniques numériques et musique libre : présentation

    La musique libre a connu un développement parallèle à l’apparition et au perfectionnement d’outils techniques numériques et de supports d’écoute dont certaines bibliothèques ont fait l’expérimentation.

   Ces outils et le système économique qui s’y rattache engendrent de nouvelles pratiques, de nouveaux usages, autant de sujets de réflexion pour les bibliothécaires. Ainsi, les dispositifs techniques numériques, favorisant la création et la diffusion de la musique libre,  invitent les professionnels à observer les usages émergents mais aussi à en suggérer de nouveaux, sans oublier de mettre au service de l'usager leurs nouvelles compétences numériques.

    Cet abécédaire inachevé s'en fait l'écho, de façon à mettre en perspectives les services numériques accessibles sur le web.

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Les dispositifs techniques de A à Z : T pour téléchargement

Les dispositifs techniques de A à Z : T pour téléchargement | 2. Musique libre : dispositifs techniques | Scoop.it

     Issu de la pratique du peer-to-peer, échange de pairs à pairs, au début des années 1990, le téléchargement de fichiers numériques est, avant tout, une pratique sociale. La mise en commun des oeuvres musicales converties de l'analogique (microsillons ou cd) constituait un vaste réseau d'échanges, formant une discothèque internationale. Le site napster a popularisé cette pratique à la fin des années 1990. 

Selon Ludovic Tournès, auteur de l'ouvrage "Du phonographe au MP3, XIXe-XXIe siècles, Histoire de la musique enregistrée", "le téléchargement, depuis 2004, occupe plus de la moitié du temps total de connexion au web".

 

     La plupart des sites, offrant du téléchargement audio, donnent l'accès à des fichiers au format mp3. En dehors des grands magasins de musique en ligne comme itunes, s'est développée une pratique de téléchargement de fichiers dits libres dès la fin des années 90, dont l'initiative du site netlabel.org est un bon exemple. Il s'agit de promouvoir la musique libre en en répertoriant les titres disponibles au sein d'un espace, construit comme un wiki. Chaque titre est lié à un netlabel, c'est-à-dire un producteur de musique indépendant, lequel est aussi relié à un genre musical. Chaque netlabel donne accès au téléchargement gratuit, sous licence creative commons ou équivalent, des fichiers en format mp3, zip, ogg vorbis, etc. Le site netlabel offre de la visibilité à Free Music Archive, intégré au site archive.org (archivage du web). FMA, Free Music Archive, permet de découvrir des genres musicaux du monde entier et de télécharger de la musique vivante gratuitement en format lossless, c'est-à-dire proche de la qualité audio du master cd. 

 

    Très récemment, à l'image de netlabel.org, le site soundcloud prend appui sur la philosophie du libre pour inciter les musiciens amateurs ou les artistes à diffuser leurs titres gratuitement. Il permet de mettre en ligne des fichiers de formats propriétaires ou non très différents :ogg, flac, mp3, acc, wave, etc. Soundcloud se veut être un réseau social musical, totalement interopérable avec les réseaux à la mode. Il offre des API, permettant, par exemple, l'intégration de player (lecteurs en ligne) dans des sites tiers ou plus simplement la fonctionnalité de partage du contenu. Le site opsound, dont les principes, portés par la référence à Marcel Mauss ou George Bataille, rejoignent ceux de la musique libre, favorise l'accès à des créations inédites d'artistes. Il permet le remix, le partage et le téléchargement des morceaux si l'artiste l'autorise.

 

     Outre la pratique sociale de l'échange, le téléchargement favorise l'acquisition de morceaux individuels (ou titres) et non plus de l'intégralité de l'album. Il conduit à une individualisation de l'écoute en offrant la possibilité, par chacun, de constituer des playlists mais surtout de structurer, en bases de données personnelles, la collection de fichiers audio constituée. Le téléchargement est une opération technique, qui traduit deux modes apparemment distincts d'appropriation de la musique : un mode collectif, par la création d'un réseau d'échanges, ou bien l'adhésion à un portail musical et un mode plus individualiste, proche de la pratique du collectionnneur, où la possession de titres semble primer et où le fait de stocker des oeuvres musicales n'entraîne pas forcément leur écoute, surtout quand il s'agit de dizaine de milliers de titres collectés et entreposés sur disque dur.

 

    Au final, cette collection sonore pose la question de sa gestion : qui saisit les métadonnées ? qui assure le maintien de la base de données ?

 

    Dès lors, n'est-il pas plus confortable de recourir à des services en ligne qui vont assurer ces traitements, de nature documentaire, tout en mettant à disposition un moteur de recherche ?  L'usage du streaming se répand, qui semble plebiscité par les auditeurs de musique, au point de remettre en question les offres commerciales des géants du commerce musical en ligne. Pour les bibliothèques, le téléchargement gratuit de musique libre semble surtout être un moyen de faire découvrir d'autres genres musicaux, une initiation à d'autres cultures.

 

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Sources : 

 

Tournès, Ludovic, Du Phonographe Au MP3 Une Histoire De La Musique Enregistrée : XIXe-XXIe Siècle, Paris : Autrement, 2008, Collection Mémoires, 138.

Musique en bibliothèque : Webzines, Netlabels et Streaming, compte-rendu, ACIM, disponible en ligne sur http://bit.ly/RQjsvM

Netlabel.org, disponible en ligne sur http://netlabels.org/

Free Music Archive, disponible en ligne sur http://bit.ly/Q2hpVN

Soundcloud : Upload & Share Any Sound, disponible en ligne sur http://bit.ly/RQjFz4

Opsound: free love, free music, disponible en ligne sur http://bit.ly/MokU8i

 

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Les dispositifs techniques de A à Z : P comme Podcast

Les dispositifs techniques de A à Z : P comme Podcast | 2. Musique libre : dispositifs techniques | Scoop.it

         Un podcast se définit comme un fichier sonore ou vidéo, disponible sur internet, auquel il est possible de s’abonner par le biais d’un flux RSS afin d’en recevoir automatiquement les mises à jour. Le podcasting permet ainsi à l’usager de « composer à la carte sa radio ou son programme audiovisuel, en sélectionnant les émissions qui nous intéressent, et de pouvoir les écouter en différé à son rythme »[2]. Les fichiers sonores peuvent être musicaux, mais sont plus fréquemment des enregistrements d’émissions ou de conférences. Les droits qui leurs sont associés varient en fonction de la nature des fichiers, et restent aujourd’hui encore peu clairs en termes de droits de reproduction et de représentation. Quand bien même un fichier serait libre de droits, il importe d’être vigilant au respect du droit d’auteur lors de citations ou de lectures orales d’œuvres.

         Le podcast est aujourd’hui largement utilisé dans les établissements d’enseignement supérieur, qui déposent des enregistrements de cours sur leurs sites internet, s’en servant à la fois comme un moyen de diffusion et comme un support pédagogique. Dans le monde des bibliothèques, l’utilisation du podcast peut être un moyen efficace de valorisation l’action de l’établissement. La mise en ligne d’enregistrements d’animations par le biais de podcasts est un moyen de communication efficace, aujourd’hui utilisé par nombre d’établissements, notamment nord-américains. Comme l’indique Xavier Galaup : « Entendre ou visionner le déroulement d’un atelier d’écriture, d’une séance de conte, d’un spectacle pour enfants, d’une rencontre avec un écrivain ou avec un artiste peut être plus parlant que toutes les explications ».

        Pour que la communication fonctionne, il est tout de même nécessaire que le podcast soit mis en valeur sur internet, par le biais d’un site bien construit ainsi que par les réseaux sociaux. Le podcast peut aussi être au centre de certaines animations : il est possible d’organiser un atelier de création musicale, ou bien d’écriture puis de lecture orale de textes, au terme duquel les créations seraient mises en ligne. Enfin, on peut imaginer que le podcast contribue à valoriser les collections de la bibliothèque, par le biais de lecture orales de textes par les bibliothécaires, et de leur mise en ligne.

 

Quelques exemples de podcast en bibliothèque :

- Archives sonores des conférences de la Bpi : http://archives-sonores.bpi.fr/index.php?html=3

- Sélection de podcasts scientifiques par la bibliothèque d’Universcience : http://www.netvibes.com/les-podcasts-scientifiques-de-la-bsi#Sciences

- Don de voix à la Bibliothèque municipale de Lyon : http://www.vive-laculturenumerique.org/index.php/2012/06/07/161-succes-du-don-de-voix-numerique-a-la-bibliotheque

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Sources :

 

- Galaup, Xavier, « Le podcast », dans Queyraud, Franck et Sauteron, Jacques, Outils web 2.0 en bibliothèque, Paris, ABF, 2008.

- http://www.xaviergalaup.fr/blog/2008/05/03/a-quand-du-podcast-dans-les-bibliotheque-publiques-francaises/

- http://blog.educpros.fr/yannbergheaud/2009/12/22/le-podcast-quelques-elements-de-reflexion-juridique/

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Les dispositifs techniques de A à Z : O comme obsolescence

Les dispositifs techniques de A à Z : O comme obsolescence | 2. Musique libre : dispositifs techniques | Scoop.it

L'arrêt de fabrication des appareils compatibles avec les FORMATS analogiques et l'absence de maintien technique du parc d'appareils existants est un facteur décisif pour transformer les documents sonores en documents patrimoniaux. Ce phénomène concerne, de ce fait, plus particulièrement les institutions publiques comme les musées, les archives et les bibliothèques : comment éviter de perdre l'accès aux contenus audios ?


Par analogie à certains objets archéologiques ou aux manuscrits antiques écrits dans une langue dite "morte", il est plus que pertinent de poser la question du futur de ces enregistrements. Et demain, quels moyens techniques pourront en assurer le décodage, c'est-à-dire le déchiffrement ? Convient-il de convertir sans cesse ce patrimoine analogique ou numérique en données toujours lisibles par les appareils disponibles sur le marché ? Ou bien faut-il conserver à l'identique, lutter contre la progressive altération des dispositifs techniques et des supports ?


A titre d'illustration, de plus en plus d'institutions du monde occidental agissent de façon déterminée pour préserver les enregistrements de la première moitié du 20e siècle. Pour preuve, de nombreuses bases de données numériques donnent accès aux collections de 78 tours ou de cylindres. Il faut ici citer le gramophone virtuel, au Canada, mais aussi la bibliothèque de cylindres de l'Université de Californie à Santa Barbara. Pour cette dernière, le projet de numérisation est né en 2002 et concerne 8000 cylindres, transférés en format numérique. Cette opération a impliqué le recours à un phonographe de fabrication française, le mieux à même de restituer une qualité de lecture optimale pour ces supports. Plusieurs étapes de conversion sont nécessaires et supposent le choix de convertisseurs haut de gamme permettant de contrôler la fréquence d'échantillonnage. Aux termes de ce processus, 36000 fichiers audio ont été obtenus et sont désormais conservés sur un serveur dédié, occupant une place de deux téraoctets.


Un portail web dédié a été créé pour la recherche au sein de cet ensemble conséquent de fichiers numérique. Basée sur un protocole d'échange de données de type Z 39-50, la requête permet de rapatrier les résultats depuis le serveurs de fichiers numérisés vers l'affichage sur les postes publics (OPAC) de la bibliothèque. Sur le portail web, les fichiers audionumériques sont lus par l'inclusion du lecteur d'Apple, Quicktime.


Au final, le site web permet une recherche libre ou avancée et donne accès à l'écoute en ligne des fichiers numérisés à partir de la notice discographique du catalogue : il y a donc intégration totale de cette bibliothèque musicale au sein du catalogue, assurant la cohérence de l'ensemble. Il est également possible de télécharger le fichier mp3 (licence CC-BY-NC 2.5 : attribution de l'oeuvre et usage non commercial).
Dans cet exemple, la bibliothèque a rendu l'accès à des oeuvres, des interprètes, des genres musicaux du passé non seulement en restituant la lisibilité de l'oeuvre mais aussi en les mettant à disposition en ligne, les oeuvres touchent un public hors les murs. Ce patrimoine est devenu visible et audible par le plus grand nombre.

 

Sources :
Le gramophone virtuel, bibliothèque et archives Canada, http://bit.ly/Myftjx, page consultée le 13 juillet 2012.
The UC Santa Barbara Library's department of special collections ' Donald C. Davidson Library, http://bit.ly/NIHd4d, page consultée le 13 juillet 2012.

 

Crédits photo : Par Vee-Jay Records [Public domain], via Wikimedia Commons

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Les dispositifs techniques de A à Z : V comme Vulnérabilité

Les dispositifs techniques de A à Z : V comme Vulnérabilité | 2. Musique libre : dispositifs techniques | Scoop.it

La notion de vulnérabilité du document sonore est au coeur même des tendances actuelles à le considérer comme objet patrimonial. La durée de vie du support audio est plus limitée que celle d'un document textuel.

Les risques encourus sont relatifs à :

- l'usure du document,

- l'obsolescence des équipements pour la lecture des enregistrements,

- l'insuffisante qualité du stockage.

 

Ces risques se manifestent différemment s'il s'agit d'anciens disques gravés, tels les microsillons, ou bien s'il s'agit de bandes analogiques rarement lues. La notion de vulnérabilité s'applique aussi à la musique numérique de libre diffusion en ce qu'il n'existe pas, pour l'instant, de formalisation d'une stratégie de collecte et de conservation des soniels : sons produits numériquement. Le dépôt légal s'intéresse principalement aux oeuvres produites sur support physique et par l'intermédiaire d'un éditeur : la collecte de sites web en France se fait aujourd'hui par échantillonnage.

 

Se pose alors la question de la permanence de ces oeuvres musicales dont le caractère numérique semble accentuer la volatilité. Une oeuvre produite au sein d'un circuit commercial est visible deux mois en magasin ou en ligne : qu'en est-il aujourd'hui d'une oeuvre déposée numériquement ?

 

L'hétérogénéité des plate-formes de musique libre rend toute réponse difficile à l'heure actuelle. Pour la libre diffusion, les oeuvres sous licences ouvertes, il reste à trouver un dispositif de collecte qui en assure le dépôt et la conservation de façon plus pérenne qu'aujourd'hui.

 

Sources :

Dépôt légal des sites Web, site officiel de la bibliothèque nationale de France, page consultée le 17 juillet 2012. http://www.bnf.fr/fr/professionnels/depot_legal/a.dl_sites_web_mod.html

 

Crédits photo : By Roccella (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons

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