Oeuvres ouvertes
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Oeuvres ouvertes : L'employé à la poste d'un village perdu

Oeuvres ouvertes : L'employé à la poste d'un village perdu | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
L’employé à la poste d’un village perdu habitait une maison dans la ville la plus proche, à une trentaine de kilomètres de son lieu de travail. L’employé à la poste d’un village perdu prenait chaque jour sa voiture pour rouler une demi-heure sur la petite route départementale – souvent verglacée en hiver – qui le conduisait jusqu’au village perdu.
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Oeuvres ouvertes : Les marches sur le feu

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Alors que je ne me souviens pas avoir assisté un jour à une marche sur le feu, Asim prétend que, bien au contraire, j’ai participé à de nombreuses cérémonies, et que je fais même partie des purifiés, c’est-à-dire de ceux qui, un jour, ont marché sur le feu. Asim a une excellente mémoire – je la crois même infinie –, si bien que moi qui oublie quantité de choses, je me vois contraint de me fier à lui et à ses souvenirs toujours extrêmement précis.
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Oeuvres ouvertes : La vie, la poésie / Jean Carrière

Oeuvres ouvertes : La vie, la poésie / Jean Carrière | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
L’inadéquation entre la vie et l’art, entre la vie et la culture, entre la vie et le feu, c’est-à-dire la poésie, est à mon sens un des traits les plus dommageables, les plus exécrables de l’homme occidental. Nous nous nourrissons de préférence de mets délicats, nous dégustons parfois du Dom Pérignon, nous faisons notre toilette et nous nous parfumons, nous gagnons plus ou moins bien notre vie, nous faisons l’amour – si tant est que nous le fassions vraiment –, nous lisons des livres, nous visitons des expositions, etc. Notre organisme assure l’intendance, mais c’est à notre esprit que nous déléguons le soin de rêver, de faire que la tête s’élève à des altitudes où, précisément, le corps ne suit pas… Et si, comme le suggère Henri Laborit, notre aptitude à rêver s’enracinait au plus profond de nos tripes, dans la moelle de nos os ?

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Oeuvres ouvertes : Balles perdues

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Etrange comme les balles perdues nous atteignent ces temps-ci. Moi, quarante deux ans, touché au volant de mon véhicule sur une autoroute, balle perdue tirée lors d’une battue dans une forêt à côté. Mais d’après mon enquête – car j’ai eu tout le temps de m’y consacrer –, il s’agirait en vérité d’une balle perdue tirée il y a une dizaine d’années et qui aurait parcouru les années à son rythme, contournant les obstacles, traversant des pays entiers, évitant des milliers de passants innocents, pour me toucher de plein fouet moi, au volant de mon véhicule alors que je rentrais d’un concert.
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Oeuvres ouvertes : Camp militaire

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Le camp militaire était enfin tombé. Depuis plusieurs décennies, les habitants de la ville parlaient entre eux des vastes galeries souterraines qui menaient, disait-on, jusqu’au palais du maître éloigné de plusieurs dizaines de kilomètres. Maintenant que le camp militaire était tombé, maintenant que les prisonniers du régime étaient dehors, on recevait des appels.
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Oeuvres ouvertes : Le plus vieil écrivain du monde

Oeuvres ouvertes : Le plus vieil écrivain du monde | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
Le plus vieil écrivain du monde aura été sans conteste la découverte de l’année. A vrai dire, personne n’imaginait découvrir un jour le plus vieil écrivain du monde, dont il n’était question que dans quelques légendes oubliées. Stupéfaction générale lorsqu’on découvrit le plus vieil écrivain du monde vivant dans une caverne de l’Europe du nord, à quelques kilomètres d’une métropole célèbre pour son ancienne université (le lieu exact ne sera pas rendu public tant que les fouilles se dérouleront sur place).
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Oeuvres ouvertes : Des engloutissements

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Des engloutissements, encore des engloutissements. Partout où il allait, partout où il venait. Des nuits il passait à engloutir, livres, images, idées d’autrui, mais aussi basses nourritures, paroles absurdes, paysages même, tant de paysages. Cesser d’engloutir lui était impossible : voulait-il stopper le flux qui menait tout ce qui l’entourait vers lui, en lui, alors il se sentait dépérir à très grande vitesse et devait reprendre son rythme habituel – frénétique – d’engloutisseur, avalant pierres, maisons, étuis à lunettes, sourires complices, couchers de soleil, oreilles décollées, énigmes depuis longtemps résolues, volcans en éruption, tout ce qui passait, tout ce qui s’offrait délibérément à lui pour finir englouti.
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Oeuvres ouvertes : Seychelles, Cocos de mer / Monique Agénor

Oeuvres ouvertes : Seychelles, Cocos de mer / Monique Agénor | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
Nous ne saurions vous dire à quelle époque exactement nous nous sommes retrouvés sur l’île Curieuse des Seychelles. Il semblerait d’après nos calculs que ce devait être en l’an 1500 de notre ère. L’île était déserte, tout juste abandonnée de navigateurs arabes venus de la côte de Malabar en Inde, qui avaient pris l’habitude de sillonner entre Madagascar, la Réunion et les Comores. Efin, c’était ce que nous en avions déduit, car, à notre arrivée, nous avions eu du mal à nous implanter dans un lieu où tout autour de nous, gisaient des tombes aux inscriptions arabes et indiennes. Elles étaient belles ces tombes, elles le sont toujours, quoique en ruines. Tout en pierres granitiques du pays, lisses et cannelées comme un revêtement de roseaux. Les années passant, elles nous sont devenues si familières qu’il est devenu impossible de dissocier leur présence de la nôtre. Nous nous sommes mêlés et entremêlés en un fouillis heureux duquel jaillissent de savoureux bruissements quand viennent les nuits de pleine lune.

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Oeuvres ouvertes : Un monde sans objets

Oeuvres ouvertes : Un monde sans objets | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
Il habitait un monde sans objets. Il se souvenait vaguement d’un monde où il y avait eu d’un côté des objets usuels – tasses à café, tables et mille autres de cette sorte – et de l’autre des objets exotiques – souvent imaginaires ou situés très loin, hors de sa portée –, mais ce monde avait disparu pour lui, ou il en était sorti suite à diverses opérations qu’il ne s’expliquait pas. Ce qui caractérisait ce monde sans objets, c’est que tout y était variations, formes instables et hésitantes. S’asseyait-il sur une chaise, alors celle-ci pouvait tout à coup se transformer en une chausse-trappe, il lui fallait donc faire attention à chacun de ses gestes et mouvements, car la variation apparemment la plus inoffensive pouvait se changer instantanément en un piège mortel.
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Oeuvres ouvertes : Werner Kofler, Les Urbanz

Oeuvres ouvertes : Werner Kofler, Les Urbanz | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
Né en 1947 à Villach, en Carinthie, Werner Kofler a commencé à publier, d’abord en revue, dès 1963. Auteur à ce jour d’une quinzaine de récits, de pièces radiophoniques et d’une pièce de théâtre, il est l’une des voix majeures de la littérature contemporaine de son pays, où son goût de l’invective et de l’imprécation lui vaut d’être considéré comme l’héritier de Thomas Bernhard. Automne, liberté est sa première œuvre à être intégralement traduite en français. Werner Kofler a obtenu nombre de distinctions littéraires, dont la bourse Elias Canetti et le prix Arno-Schmidt.

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Le Clavier Cannibale: Le trublion Kofler

Le Clavier Cannibale: Le trublion Kofler | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
Il semblerait qu'en France les grands écrivains de langue allemande soient publiés par de petits éditeurs. Reinhard Jirgl par Quidam, Arno Schmidt par Tristram… et Werner Kofler par Absalon. Ce dernier est encore mal connu chez nous, malgré le remarquable travail de contrebande effectué par Bernard Banoun. Pour l'instant, les éditions Absalon nous proposent trois titres de Kofler: Automne, liberté (un nocturne), Caf'conc' Treblinka et Derrière mon bureau, premier volet d'une trilogie intitulée Triptyque alpestre. Le second, Hôtel Clair de crime, est attendu.
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Oeuvres ouvertes : L'illustration du monde

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« Je me souviens des vieux numéros de l’Illustration », Georges Perec, Je me souviens, page 16.

Je possède cinq volumes reliés de l’Illustration, volumes dont j’ai hérité en 2005 avec la Comédie humaine de Balzac, une ancienne édition de la Vie des hommes illustres de Plutarque, et pratiquement tous les livres de Henri Vincenot, fameux Bourguignon. J’ai amené ici avec moi l’Illustration des années 1902, 1903 et 1904, et j’ai redécouvert certaines pages que j’avais feuilletées enfant : depuis longtemps on disait que j’en hériterai, comme si ces volumes eux-mêmes hérités de la famille du Berry étaient le bien le plus précieux qu’il fallait continuer à transmettre, même sans l’ouvrir, car je ne me souviens pas avoir vu quelqu’un à part moi les tirer de la bibliothèque pour les lire. Et sans doute est-ce d’avoir été le seul à m’y intéresser qui a fait de moi l’héritier naturel.

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Oeuvres ouvertes : Les maisons sans murs

Oeuvres ouvertes : Les maisons sans murs | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
Dans ce monde, les maisons sans murs étaient nombreuses, toujours plus nombreuses. Elles couvraient des pays entiers, dans d’autres elles étaient parsemées dans les agglomérations, coincées entre deux bâtiments en dur, ou dans les villages, cachées dans la végétation. Certaines maisons sans murs semblaient abandonnées, mais on soupçonnait les habitants de n’y vivre que la nuit, sans lumière. Qui s’intéressait d’ailleurs aux maisons sans murs, jamais à l’abri du vent, jamais à l’abri du froid ? Ceux qui n’y vivaient pas – de moins en moins nombreux – préféraient les croire abandonnées, d’ailleurs leurs murs à eux permettaient de ne pas y penser.
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Eric Chevillard | Si la main droite de l'écrivain était un crabe - publie.net

Eric Chevillard | Si la main droite de l'écrivain était un crabe - publie.net | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
C'est en 1993 qu'Éric Chevillard fait paraître sa Nébuleuse du crabe, un livre étape dans la construction de son fantastique. Crab, le personnage principal, est une forme, une durée, un système d'idée, une critique de Léonard de Vinci.

Mais, avec Chevillard, les personnages de roman ne s'arrêtent pas au livre qui les fait naître.

Ici, l'auteur inventeur de Crab est aux prises avec son propre personnage. Des voix contestent, assaillent, commentent. Une journaliste de radio veut à tout prix une réponse à des questions insolubles.

Et tout d'un coup, nous voilà sur la piste vertigineuse d'une critique du roman...

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Oeuvres ouvertes : Benjamin Constant, Adolphe

Oeuvres ouvertes : Benjamin Constant, Adolphe | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
La grande question dans la vie, c’est la douleur que l’on cause, et la métaphysique la plus ingénieuse ne justifie pas l’homme qui a déchiré le cœur qui l’aimait. Je hais d’ailleurs cette fatuité d’un esprit qui croit excuser ce qu’il explique ; je hais cette vanité qui s’occupe d’elle-même en racontant le mal qu’elle a fait, qui a la prétention de se faire plaindre en se décrivant, et qui, planant indestructible au milieu des ruines, s’analyse au lieu de se repentir. Je hais cette faiblesse qui s’en prend toujours aux autres de sa propre impuissance, et qui ne voit pas que le mal n’est point dans ses alentours, mais qu’il est en elle. J’aurais deviné qu’Adolphe a été puni de son caractère par son caractère même, qu’il n’a suivi aucune route fixe, rempli aucune carrière utile, qu’il a consumé ses facultés sans autre direction que le caprice, sans autre force que l’irritation ; j’aurais, dis-je, deviné tout cela, quand vous ne m’auriez pas communiqué sur sa destinée de nouveaux détails, dont j’ignore encore si je ferai quelque usage. Les circonstances sont bien peu de chose, le caractère est tout ; c’est en vain qu’on brise avec les objets et les êtres extérieurs ; on ne saurait briser avec soi-même.

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Oeuvres ouvertes : Lire du Roger Poussin

Oeuvres ouvertes : Lire du Roger Poussin | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
Lire du Roger Poussin a été le remède à mes maux. Moi qui souffrais du mal d’écrire, je me suis guéri en lisant du Roger Poussin. Lire du Roger Poussin fait disparaître en moi toute velléité d’écrire. Moi qui devais absolument cesser d’écrire pour guérir, moi qui dépérissais jour après jour faute de pouvoir cesser d’écrire, lire du Roger Poussin m’a sauvé. Roger Poussin est l’écrivain le plus médiocre qui existe, et j’ai eu cette chance de le découvrir. Roger Poussin est l’antidote à la folie littéraire. Depuis que j’ai découvert Roger Poussin, je n’ai cessé d’en lire, achetant ses livres les uns après les autres.
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Oeuvres ouvertes : Trop d'écrivains finissent leurs phrases

Oeuvres ouvertes : Trop d'écrivains finissent leurs phrases | Oeuvres ouvertes | Scoop.it
Trop d’écrivains finissent leurs phrases, disait-il, n’achevant pas la sienne : ainsi moi-même, avant d’avoir découvert l’œuvre de Roger Poussin et cessé d’écrire, j’avais tendance à finir mes phrases à peine les avais-je commencées, comme trop d’écrivains le font, craignant sans doute de ne pas savoir les achever ils en anticipent déjà la fin dès le commencement, oui, sans doute ont-ils cet automatisme dès qu’ils s’engagent dans une phrase de penser déjà à la finir, et ainsi tout le mouvement de leur écriture est dirigé vers cette fin, alors que d’après moi il faudrait surtout veiller à ne pas finir sa phrase...
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