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Quelques actualités sur le continent africain (conflit, économie, sécurité ...)
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"On oublie trop souvent le rôle positif de certaines armées africaines"

"On oublie trop souvent le rôle positif de certaines armées africaines" | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Chercheuse à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (Irsem) et spécialiste des conflits africains, et notamment de la Corne de l'Afrique, Sonia Le Gouriellec est coorganisatrice du colloque « Les nouveaux visages des armées africaines », organisé jeudi 5 et vendredi 6 octobre à l'École militaire à Paris. Elle revient sur la complexité des enjeux de sécurité africains, sur les paradoxes des armées du continent, sur les défis à relever. Sur les aspects positifs, également, trop souvent laissés de côté. Les thématiques abordées se trouvent ici, et le programme est là. Il est possible d'y assister, après inscription obligatoire.
Le Point.fr : Vous coorganisez à l'École militaire de Paris, les 5 et 6 octobre, un colloque sur les armées de l'Afrique subsaharienne. Sont-elles actuellement à la hauteur des enjeux sécuritaires du continent ?
Sonia Le Gouriellec : Elles font effectivement face à un défi véritable, en raison notamment de leurs moyens limités. Globalement, leurs budgets sont très faibles, leurs tailles sont réduites et les populations sont peu engagées dans les forces armées. J'ai noté que 0,2 % de la population africaine est engagée dans les forces armées, quand en France, par exemple, ce chiffre est près de 2,5 fois plus élevé (0,48 %). De plus, elles interviennent souvent sur des terrains très conflictuels, y compris dans les opérations de maintien de la paix qui ressemblent souvent à des guerres. Elles sont souvent sous-équipées, sous-entraînées. Voici quelques mois, Jeune Afrique avait écrit sur les armées africaines « mal équipées, mal entraînées, mal aimées et en piteux état ». Pour autant, leur plus important défi consiste aujourd'hui à s'adapter à de nouvelles formes de conflictualité, comme le djihadisme qui frappe toute la bande sahélienne. Elles sont soutenues dans cet effort par des partenaires comme l'Union européenne, la France, les États-Unis, la Chine, l'Inde et d'autres encore, comme le Brésil ou la Turquie.
Comment se fait-il que ces États faisant face à des adversaires de puissance limitée aient besoin d'armées étrangères pour se défendre ?
Tout d'abord, notons que ces armées ne se sont pas adaptées à l'évolution des conflits. Prenons le cas typique du Nigeria, confronté au groupe Boko Haram. Après la guerre civile de 1967-1970 (guerre du Biafra), les structures militaires ont été remodelées, une culture stratégique nouvelle s'est mise en place. Elle se basait sur l'analyse selon laquelle la menace contre le pays venait de l'environnement régional francophone. C'est pourquoi, dans les années 1980-1990, l'armée nigériane s'est trouvée fortement impliquée dans les opérations de paix sur le plan régional. La conséquence, c'est qu'elle s'est progressivement trouvée incapable de répondre à des menaces infra-étatiques… Elle n'est pas en mesure de faire face aujourd'hui à Boko Haram. D'autres armées uniquement centrées sur la protection des frontières n'étaient pas prêtes à contrer des menaces de nature terroriste lorsqu'elles se sont présentées. Dans d'autres cas encore, on trouve davantage des gardes prétoriennes que des armées nationales. Je pense aux États d'Afrique centrale. Elles forment un groupe de protection autour du président sans être prêtes à affronter les menaces contemporaines.
Ces armées construites autour du clan du chef de l'État sont légion en Afrique. Est-il possible, voire nécessaire, qu'une telle situation évolue, et comment ?
Premier point, ce n'est pas à nous, acteurs extérieurs, d'y remédier. De plus, notre vision très négative est souvent assez biaisée par notre connaissance souvent réduite aux États d'Afrique francophone. Nous les voyons négativement en raison de leur rôle dans les coups d'État, de leur ingérence dans le politique, de la corruption ou du népotisme dont elles sont souvent accusées. On oublie souvent qu'elles ont aussi joué des rôles positifs dans certaines transitions politiques, comme en Guinée en 2008. Le général Sékouba Konaté a mis en place la transition politique, se comportant en véritable modèle, à l'inverse de Moussa Dadis Camara. Au Niger, le coup d'État du commandant Salou Djibo en 2010, resté au pouvoir jusqu'en 2011, visait à restaurer les institutions démocratiques, ce qui a été fait avec succès. En 2014, au Burkina Faso, l'armée a tenté de mettre en place la transition démocratique, mais une de ses factions a appuyé Blaise Compaoré. C'était une armée à deux visages. Les rivalités entre factions sont réelles : bérets rouges et bérets verts au Mali ou encore le régiment de sécurité présidentielle et l'armée régulière au Burkina Faso. Il ne faut pas réduire la complexité des situations.
Les armées africaines sont souvent imbriquées dans les jeux de pouvoir. Est-ce acceptable ?
85 % des pays africains ont été touchés par des coups d'État. Et seuls deux pays (l'Afrique du Sud et la Namibie) n'ont pas connu de régime militaire. L'enjeu réside, à mes yeux, dans la professionnalisation des armées, dont les enjeux sociaux, économiques, mais surtout politiques avec la subordination à l'autorité civile, sont essentiels. C'est particulièrement vrai dans ces pays où des milices ou des groupes de libération nationale sont arrivés au pouvoir par les armes, comme en Éthiopie, en Érythrée, au Soudan du Sud, au Tchad, au Burundi, au Rwanda, etc. On voit que les anciens rebelles mettent en place des régimes très autoritaires, participant davantage que les autres aux opérations de maintien de la paix. Du coup, en devenant indispensables à la résolution des conflits sur le continent, ces régimes forts ne soulèvent que peu de critiques de leurs partenaires internationaux et accroissent leur emprise sur la vie politique et économique de leur pays. C'est particulièrement vrai actuellement avec le Tchad, l'Ouganda, le Burundi et l'Éthiopie
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Soudan du Sud: les casques bleus ont refusé de combattre à Malakal, admet l’ONU

Soudan du Sud: les casques bleus ont refusé de combattre à Malakal, admet l’ONU | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Les Nations unies ont publié un rapport sur l'attaque du camp de Malakal, en février dernier au Soudan du Sud. Des hommes armés avaient fait irruption dans un camp de réfugiés de la Minuss, la Mission de l'ONU au Soudan du Sud. Il y a eu une trentaine de morts et une centaine de blessés. Il y a eu des accusations à l'encontre des casques bleus qui auraient selon des ONG refusé de combattre. Aujourd'hui avec ce rapport, les Nations Unies reconnaissent ce refus de combattre des casques bleus.

Les mots de la commission d'enquête de l'ONU sont durs. « La mission a échoué, à tous les niveaux, à gérer la crise de manière efficace ». Ces 17 et 18 février, des soldats de la SLPA, l'armée nationale sud-soudanaise, sont entrés dans le camp de l'ONU de Malakal où 48 000 civils avaient trouvé refuge. A l'intérieur, des combats entre des jeunes des ethnies shilluk et dinka ont éclaté. Des combats auxquels la SLPA a pris part. Le bilan a été très lourd : une trentaine de morts et plus de cent blessés.

Le rapport explique que les soldats de la Minuss ont réagi pour certains en abandonnant leur poste, et pour d'autres ont refusé d'user de la force sans autorisation écrite préalable.

Par ailleurs, la commission souligne aussi un manque de communication entre les différents contingents « faute de langue commune ». Sur place étaient présents des casques bleus éthiopiens, rwandais et indiens, mais aujourd'hui l'ONU se refuse à donner la nationalité des casques bleus fautifs.

Enfin, et pour éviter que l'événement puisse se reproduire, la commission d'enquête demande à ce que la façon dont les camps de protection des civils sont protégés soit réévaluée en prenant en compte « les réalités du terrain ».
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Selon l'ONU, le jihadiste Mokhtar Belmokhtar est en Libye

Selon l'ONU, le jihadiste Mokhtar Belmokhtar est en Libye | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Un rapport récent présenté par Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, au Conseil de Sécurité, indique que l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, chef de l'organisation extrémiste Al-Mourabitoune et responsable de plusieurs attentats en Algérie et dans le Sahel, est bien en Libye. Il se déplace très facilement et il y a ses appuis.

Après plusieurs mois d'absence, et alors qu'il est donné pour mort par certains services de renseignement, le chef d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) réapparait en menaçant à nouveau la France en Libye, comme dans le Sahel.

Aqmi est-elle dirigée aujourd'hui par Mokhtar Belmokhtar depuis la Libye ? Ce pays est-il devenu la base arrière des opérations destinées à frapper plus fort dans le Sahel ? Tout porte à le croire. A commencer par la multiplication de communiqués sur les sites jihadistes, citant Belmokhtar.

Ces sites annoncent même la responsabilité d'Aqmi dans la mort de trois Français en Libye la semaine dernière, alors que ce sont les Brigades de défense de Benghazi et le Conseil de la Choura de Benghazi qui ont annoncé leur responsabilité les premiers. Ces milices sont réputées comme proche d’al-Qaïda.

Belmoktar a su s'allier avec des milices qui s'activent entre le désert du sud, Ajdabya et Benghazi. Avec leur aide, il contrôle un vaste trafic d’armes, de drogues et d'hommes armés, selon les Nations unies.

Belmokhtar, connu surtout sous le nom de Khaled Abou al-Abbas, n'est pas le seul chef de guerre jihadiste à s'activer depuis la Libye. Toujours selon les Nations unies, Iyad Ag Ghaly, le chef du groupe malien Ansar Dine, est lui aussi en Libye. Il possède même une base dans le sud du pays.
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Les deux camps ordonnent un cessez-le-feu

Les deux camps ordonnent un cessez-le-feu | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Le président sud-soudanais Salva Kiir et son vice-président et grand rival politique Riek Machar ont chacun ordonné lundi à leurs troupes de cesser le feu. Ces déclarations interviennent après quatre jours de violents combats dans la capitale Juba entre forces loyalistes et ex-rebelles.

«Tous les commandants des forces ont pour consigne de cesser les hostilités et de se soumettre aux ordres, de contrôler leurs troupes», a dit le porte-parole de la présidence, Ateny Wek. Il a précisé que Kiir et Machar s'étaient parlé au téléphone lundi dans la matinée.

Journée la plus violente

«Le président a déclaré un cessez-le-feu unilatéral. Je veux rendre la pareille en déclarant un cessez-le-feu unilatéral», a déclaré par la suite Riek Machar à la radio. Il a aussi ajouté qu'il avait enjoint à ses troupes de cesser le feu à 20h00 (19h00 en Suisse), deux heures après l'heure de trêve fixée par Salva Kiir.

La journée de lundi a été l'une des plus violentes depuis la reprise des combats, jeudi dernier dans la capitale, peu avant la célébration du deuxième anniversaire de l'indépendance le 9 juillet. Plusieurs sources ont attesté la présence d'artilleries lourdes, ainsi que de chars et d'hélicoptères de combat de l'armée gouvernementale dans le ciel de Juba.

La Maison Blanche condamne les violences

La Maison Blanche a dénoncé lundi ces violences qui ont secoué le Soudan du Sud pendant quatre jours, appelant tous les combattants à regagner leurs casernes. «Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts le retour de la violence au Soudan du Sud. Cela doit cesser», écrit la conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama, Susan Rice, dans un communiqué.

«Cette violence insensée et inexcusable, menée par ceux qui placent encore une fois leurs propres intérêts au-dessus du bien-être de leur pays et de leur peuple, met en danger tout ce à quoi le peuple du Soudan du Sud aspire depuis cinq ans», poursuit-elle.

Les Etats-Unis avaient soutenu l'indépendance du Soudan du Sud, le plus jeune pays du monde, qui a fêté samedi ses cinq ans lors d'un anniversaire marqué par les violences.

«Les chefs armés, leurs commandants et leurs troupes doivent concentrer leurs efforts sur l'arrêt immédiat de la violence», ajoute-t-elle. «Nous appelons ceux qui se battent à retourner dans leurs casernes.»

Civils touchés

Depuis vendredi, les combats auraient fait près de 300 morts, dont des civils, selon des sources locales. Mais ce bilan est très certainement en deçà de la réalité puisqu'il porte essentiellement sur les pertes de vendredi. Les causes précises de cette flambée de violence à Juba étaient encore inconnues lundi.

Des milliers de civils ont dû fuir à la hâte les quartiers les plus touchés par les affrontements. Certains se sont réfugiés dans un camp de l'ONU, à proximité duquel les combats ont éclaté. Celui-ci abrite déjà 28'000 déplacés. D'autres se réfugiaient par centaines dans les églises de la ville. Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés a dit s'attendre à une vague de réfugiés vers l'Ouganda voisin.

Illustrant l'anarchie qui règne dans les rues de Juba, un habitant a dit avoir vu des policiers en train d'essayer de piller une boutique de son quartier. D'autres habitants avaient fait état de scènes analogues dimanche.

Casques bleus attaqués

Deux Casques bleus chinois ont été aussi tués, a déclaré à Pékin le ministère chinois des Affaires étrangères. Selon un responsable de l'ONU, au moins 11 autres de diverses nationalités ont été blessés.

Le président de la Commission de surveillance et d'évaluation (JMEC) de l'accord de paix signé le 26 août 2015, Festus Mogae, a appelé à «une mise en œuvre immédiate» de cet accord de paix.

Réuni en urgence à New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a, pour sa part, exigé de Salva Kiir et de Riek Machar de «faire le maximum pour contrôler leurs forces respectives et mettre fin d'urgence aux combats». Il a également affirmé envisager de renforcer la mission de l'ONU au Soudan du Sud et demande aux pays de la région «de se préparer à fournir des troupes supplémentaires au cas où le Conseil le déciderait».

Embargo demandé

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a exhorté le Conseil de sécurité à imposer au Soudan du Sud un embargo sur les armes et à imposer des sanctions contre les dirigeants et les chefs militaires qui empêchent la mise en œuvre de l'accord de paix.

A Genève, le rapporteur spécial de l'ONU sur les déplacés internes, Chaloka Beyani, a condamné les récentes attaques contre les déplacés et les civils. Il a aussi demandé la fin immédiate des attaques contre la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (MINUSS), qu'il a remerciée d'avoir accueilli des civils.

Indépendance du pays

Ces nouvelles violences coïncident avec le 5e anniversaire de l'accession à l'indépendance du Soudan du Sud. Elles font craindre une reprise des combats à grande échelle dans tout le pays, déchiré depuis décembre 2013 par une guerre civile dévastatrice. Cette dernière a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et près de trois millions de déplacés.

Une réunion des ministres des Affaires étrangères de la sous-région (Igad) est prévue lundi après-midi à Nairobi pour discuter de la crise. (ats/nxp)
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Le Maroc fait les yeux doux à la Chine

Le Maroc fait les yeux doux à la Chine | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
« Nous sommes une porte d’entrée vers l’Afrique », lance le représentant en Chine de la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE), Adil Zellou. A l’heure où la Chine n’a d’yeux que pour sa « route de la soie » qui l’emmène plus à l’Est, vers l’Egypte et Djibouti, Rabat joue une autre carte, celle de trait d’union entre l’Afrique francophone et l’Europe du Sud.

Le message a semble-t-il été bien reçu la semaine dernière à Pékin lors de la visite en grande pompe du roi Mohammed VI. Signatures d’un partenariat stratégique avec le président chinois et de quinze accords économiques et partenariats public-privé représentant plus de 110 millions d’euros de contrats. A terme, le Maroc se verrait bien conclure un accord de libre-échange avec Pékin et devenir ainsi le carrefour des investissements chinois en Afrique du Nord, devant l’Algérie pourtant en pointe dans ce domaine.
Quatrième partenaire commercial du Maroc

En 2015, le volume des échanges commerciaux entre la Chine et le Maroc a atteint à peine 3,4 milliards de dollars (3 milliards d’euros), soit trois fois moins qu’entre l’Algérie et la Chine ! La Chine est le quatrième partenaire commercial du Maroc quand elle est le premier en Algérie depuis trois ans maintenant, devant la France.

Près de huit cents entreprises chinoises sont présentes en Algérie, notamment dans le bâtiment, les travaux publics et l’import-export. Différents projets très ambitieux y sont confiés à des entreprises chinoises, dont la grande mosquée et l’opéra d’Alger. A l’inverse, seuls une trentaine de groupes chinois opèrent pour l’instant au Maroc.

La visite de Mohammed VI à Pékin avait donc pour ambition de donner un coup d’accélérateur dans les relations sino-marocaines, avec une spécificité cependant : l’importance que revêt le secteur bancaire.
Accord d’échange de devises entre les deux pays

Les grands établissements du royaume dominent en effet la scène bancaire en zone francophone. Symboliquement d’ailleurs, cette visite avait débuté par la signature d’un accord d’échange de devises entre les deux pays. L’objectif étant de fournir aux banques des liquidités en yuan pour les comptes de leur clientèle et ainsi de fluidifier les investissements chinois au Maroc et dans le nord du continent.
Bank of China, l’une des quatre grandes banques commerciales d’Etat, a inauguré en mars à Casablanca son premier bureau de représentation au Maroc. Quant à Attijariwafa Bank, elle multiplie également les initiatives afin d’apparaître comme le partenaire local indispensable pour accompagner les entreprises et les investisseurs entre la Chine et l’Afrique francophone.
Un coup de fouet aux investissements chinois au Maroc

Il y a tout juste un an, la banque chinoise d’import-export ouvrait elle aussi son premier bureau au Maroc et son deuxième bureau en Afrique après celui de Johannesburg. Vingt-six pays du continent sont ainsi traités depuis Rabat. L’Exim Bank est le bras financier de Pékin sur le continent. C’est elle qui finance la plupart des gigantesques projets d’infrastructures menés par les entreprises chinoises. La banque chinoise ICBC prend également pied au Maroc via un partenariat avec le groupe Anouar Invest, la BMCE étant pour l’heure la seule implantée en Chine via son bureau de représentation de Pékin.
La signature la semaine dernière d’importants contrats allant d’une cimenterie aux bus électriques, en passant par un parc industriel à Tanger et un ambitieux projet de déviation des eaux du nord vers le sud du Maroc, sur le modèle de celui mené en Chine, devrait donner un coup de fouet aux investissements chinois au Maroc. Un fonds spécifique a également été mis en place entre le China Africa Development Fund et Attijariwafa Bank pour financer ces projets spécifiques sino-marocains.
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Au Mozambique, un nouvel emprunt caché pour acquérir des bateaux militaires

Au Mozambique, un nouvel emprunt caché pour acquérir des bateaux militaires | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Durant quelques jours seulement, Maputo s’est cru débarrassé d’une polémique qui a profondément entaché la crédibilité du Mozambique auprès des investisseurs et déçu ses partenaires financiers. C’était sans compter sur de nouvelles révélations, qui ont encore amplifié « l’affaire Ematum », le plus gros scandale politico-financier qu’ait connu le pays: la dette, que le gouvernement a dissimulée pour financer l’achat d’embarcations militaires, d’abord sous couvert d’une banale activité de pêche au thon, serait en réalité deux fois plus élevée.

Lire aussi : De Cherbourg à Maputo, les millions disparus de la Compagnie mozambicaine de thon

Entre deux sujets, le porte-parole du gouvernement a discrètement annoncé, mardi 5 avril, que l’accord de renégociation de la dette de la Compagnie mozambicaine de thon, Ematum, avait été ratifié. L’emprunt de 850 millions de dollars (745 millions d’euros), levé en catimini en 2013 par cette entreprise publique inconnue, pour financer l’achat de 30 bateaux aux chantiers navals cherbourgeois des Constructions mécaniques de Normandie (CMN), était depuis suspecté de détournements et accusé de plomber l’économie.
En toute opacité

Si le gouvernement s’est gardé de célébrer un accord que tous les analystes financiers spécialisés dans les pays émergents commentent depuis plusieurs mois, c’est qu’il a une nouvelle fois été pris la main dans le sac. Il s’avère qu’un autre emprunt, d’au moins 622 millions de dollars, aurait également été réalisé en 2013, dans la plus grande opacité, par une autre entreprise publique. Ici aussi, la somme aurait servi à acheter des embarcations militaires à la maison mère des CMN, Abu Dhabi Mar, la firme présidée par Iskandar Safa, le sulfureux milliardaire franco-libanais.

Lire aussi : L’économie du Mozambique dans le rouge sur fond de scandale Ematum

Ces dernières semaines, une issue satisfaisante semblait pourtant émerger du long processus de renégociation de la dette. Dès le 23 mars, plus de 80 % des investisseurs – une myriade de fonds de pensions et de fonds d’investissements en grande partie européens – ont accepté en quelques heures la proposition du gouvernement. Selon les termes de l’accord, l’emprunt obligataire souscrit en toute opacité par Ematum est échangé par des obligations émises par l’Etat mozambicain. Au passage, le taux d’intérêt est passé de 6,5 % à 10,5 %, une aubaine pour une dette souveraine de pays émergent. « La structure devient plus lisible, moins opaque. On se retrouve avec une vraie dette souveraine du gouvernement », détaille le gérant d’un fonds d’investissement européen qui détient une part de l’emprunt, et témoigne de la satisfaction partagée des investisseurs.

Du côté du Mozambique, la dette passe d’échéances semestrielles à un remboursement en totalité en 2023, soit trois ans de plus que l’emprunt initial. D’ici là, le gouvernement parie sur les revenus liés à l’exploitation des immenses réserves de gaz du bassin du Rovuma (nord), qu’il devrait commencer à encaisser à l’horizon 2020. Futur « Qatar » africain, le pays a le potentiel pour, à terme, faire partie des trois premiers pays producteurs de gaz au monde.
Marché juteux de la sécurité maritime

Empêtré dans le scandale depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2015, le gouvernement du président Filipe Nyusi pouvait espérer, par cet accord, reprendre un peu d’air. « Jusque-là, les remboursements étaient de l’ordre de 200 millions de dollars par an. Désormais, les montants sont passés à 75 millions de dollars par an, ce qui devrait réduire énormément la pression sur le budget de l’Etat », détaille le porte-parole du ministère des finances, Rogerio Nkomo.

Affecté par la chute des cours des matières premières comme d’autres économies africaines, le Mozambique s’enfonce dans une crise économique. Sa monnaie a perdu plus de 30 % de sa valeur face au dollar depuis 2015 et les remboursements de la dette ont creusé les réserves de change. En parallèle, le président est fortement discrédité par son incapacité à régler le conflit larvé avec la branche armée de la Renamo, le principal parti d’opposition. La situation s’est particulièrement dégradée depuis janvier dans le centre du pays, où les affrontements se multiplient.

Lire aussi : Priorité au business pour le président mozambicain en visite à Paris

Mais avant même que le gouvernement ne puisse se réjouir, la banque Crédit suisse a révélé aux investisseurs, le 24 mars, que le gouvernement avait 787 millions de dollars de dette à son actif en plus. Une annonce coup de tonnerre provoquée par la décision de Standard & Poor’s d’abaisser la note du Mozambique à « CC » le 15 mars, considérant que le gouvernement obligeait les investisseurs à restructurer la dette pour éviter d’être en défaut de paiement, comme l’a détaillé le média Internet basé à Maputo, Zitamar News.

Le 3 avril, le Wall Street Journal a enfoncé le clou, citant une source « proche de l’emprunt » : avant même qu’Ematum n’aille à son tour sur les marchés, le Crédit suisse aurait prêté au moins 622 millions de dollars en 2013 à une autre entreprise détenue par des capitaux publics, Proindicus SA. La société aurait même tenté, l’année suivante, d’augmenter le montant du prêt, ce qui porterait la dette à près de 800 millions de dollars.

Lire aussi : Le Mozambique, futur allié stratégique de la France dans l’océan Indien ?

L’histoire se répète : comme Ematum avant que le scandale n’éclate, Proindicus est restée discrète au Mozambique, avant qu’Africa Confidential ne revèle son existence en juillet 2015. Enregistrée en décembre 2012 comme société anonyme de « prestations de service de sécurité aux infrastructures » d’après le Bulletin officiel, Proindicus est detenue à 50 % par une holding d’Etat créée par le ministère de la défense. Le reste appartiendrait aux services de renseignement mozambicains, d’après les médias locaux. Selon le Wall Street Journal, l’emprunt aurait servi à acheter des embarcations militaires et des installations anti-piraterie.

De fait, une source au port de Maputo affirme au Monde Afrique qu’au moins huit vedettes ont été livrées à l’entreprise en septembre 2014 et sont depuis en cale sèche pour une raison inconnue. D’autres bateaux auraient également été livrés à d’autres ports mozambicains, notamment à Pemba (nord), le point de départ vers les blocs de gaz offshore. Ainsi l’entreprise cherche-t-elle très probablement à se positionner sur le marché juteux de la sécurité maritime des futures installations gazières.
Pièces du puzzle

Petit à petit, les pièces du puzzle se rassemblent, et toujours plus, l’ombre d’Iskandar Safa plane sur l’affaire de bout en bout. Déjà, en novembre 2013, l’hebdomadaire indépendant Savana dévoilait que, en marge des trente bateaux commandés aux CMN, un autre contrat avait été signé avec Privinvest, la holding de Safa « pour la construction de trente autres bateaux [de type non spécifié] à travers l’entreprise du groupe Abu Dhabi Mar, dans des chantiers navals d’Allemagne et des Emirats arabes unis ». Le lien entre ce contrat et Proindicus reste à prouver formellement. Mais le précédent d’Ematum, les amitiés supposées entre l’ancien président Armando Guebuza et le milliardaire franco-libanais, ainsi que la présence du Crédit suisse dans l’équation laissent peu de place au doute.

Lire aussi : La ruée des entreprises françaises vers le Mozambique

Alors que la réaction du Fonds monétaire international (FMI) et des pays donateurs à ces nouveaux éléments est attendue, les médias internationaux se sont empressés de rapporter le mécontentement de certains investisseurs. Ceux-ci ne devraient pourtant pas être trop lésés, puisque la valeur des obligations d’Ematum est déjà passée, vendredi 8 avril, de 0,75 dollar à 0,90 dollar à la suite de l’opération de restructuration de la dette.

La situation est nettement moins réjouissante pour les Mozambicains, éternels laissés-pour-compte. En 2020, les revenus du gaz serviront débord à rembourser les investissements hasardeux de l’ancien président Guebuza, réputé pour sa propension aux affaires. Les investissements promis en infrastructures qui sont indispensables au développement de l’un des dix pays les plus pauvres au monde, eux, attendront.
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La Namibie reconnaît que la Corée du Nord a construit une usine d'armement dans son pays

La Namibie reconnaît que la Corée du Nord a construit une usine d'armement dans son pays | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it

Le gouvernement namibien a confirmé que la Corée du Nord avait construit une usine d’armes et de munitions dans le pays et qu'elle était sur le point de conclure d’autres contrats pour la construction de bâtiments liés à la défense.

La confirmation est arrivée une semaine après le démenti apporté par le gouvernement namibien aux accusations du Panel des experts des Nations unies. Ce dernier a établi que Pyongyang avait violé les sanctions de l’ONU imposées en représailles à son programme nucléaire militaire en fournissant des armes et en participant à des projets militaires dans des pays africains, dont l’Ouganda et la Namibie.

Cette semaine, le vice-Premier ministre namibien, Netumbo Nandi-Ndaitwah, a confirmé que la firme d’Etat nord-coréenne Mansudae Overseas Projects, au travers de sa filiale KOMID, avait bien construit une petite usine de fabrication d’armes et de munitions dans la capitale Windhoek.

Le département du Trésor américain défini KOMID comme «le premier vendeur d’armes nord-coréen et le principal canal de prolifération» des biens et équipements relatifs aux missiles balistiques et aux armes conventionnelles. Netumbo Nandi-Ndaitwah a déclaré que la Corée du Nord et la Namibie avaient une longue histoire de coopération militaire, qui remonte à la lutte pour l’indépendance».

Selon le rapport qui a fuité des Nations unies, la Namibie a aussi confirmé que KOMID avait signé des contrats gouvernementaux s’élevant à plusieurs milliards de dollars, dont la construction du palais présidentiel, ou encore du musée militaire des forces namibiennes et du musée de l’indépendance.

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Chine-Afrique : la Chine confirme son aide au développement du continent

Chine-Afrique : la Chine confirme son aide au développement du continent | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Dans une interview récemment accordée à Reuters, La Yifan, l’ambassadeur de Chine en Ethiopie, a annoncé que Pékin investirait bien les 60 milliards de dollars promis à l’Afrique en 2015, ce en dépit du ralentissement de son économie.

La perte de vitesse de l’économie chinoise ne remettra pas en cause l’exécution de la promesse de Pékin d’investir 60 milliards de dollars sur trois ans en Afrique.
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Gabon: Coopération spatiale pour la surveillance de la biomasse, la Nasa et l'Ageos s'ouvrent au public à Libreville

Gabon: Coopération spatiale pour la surveillance de la biomasse, la Nasa et  l'Ageos s'ouvrent au public à Libreville | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
L’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS) a renforcé sa coopération internationale avec l’Administration nationale américaine de l’aéronautique et de l’espace (NASA) dans le cadre de la campagne AfriSAR apprend KOACI.COM.

En ce sens, l’AGEOS et la NASA ont organisé ce mercredi une journée portes-ouvertes sur le tarmac de la base aérienne 01 de Libreville en vue d’effectuer des visites guidées d’aéronefs spécialisés, tels que le Gulfstream III C 20-A opéré par le Centre de recherches Neil Armstrong, le King Air B-200 ainsi que le Dornier 228 mis en oeuvre par le Centre aérospatial allemande (DLR) pour le compte de l’Agence spatiale européenne (ESA).

L'AGEOS mentionne que l'initiative avait pour ambition de mieux faire comprendre l’intérêt d’une expérience scientifique unique qui s'est déroulée pour la toute première fois en Afrique subsaharienne : le calibrage des instruments radar (SETHI, F-SAR, UAVSAR et LVIS) de l’ESA et de la NASA sur des sites d’essai riches en biomasse comme La Mondha, La Lopé, Rabi, Mabounié, Pongara et Mouila. Des expériences placées sous l’ombrelle de la campagne scientifique aéroportée AfriSAR.

Ces instruments seront embarqués à bord des prochains satellites BIOMASS de l’ESA, NISAR et GEDI de la NASA - lancements prévus en 2021 - destinés à fournir à la communauté scientifique des données précises sur les quantités de biomasse et le stock de carbone contenus dans les forêts tropicales.

Le 4 février dernier, l’AGEOS a signé avec la NASA un mémorandum d’entente qui engage une collaboration sur des projets scientifiques et le développement de services applicatifs d’intérêts communs dans le domaine de l’observation de la Terre.

Ces activités prendront la forme d’échanges d’informations et de données par le biais de programmes de formation, d’ateliers et de séminaires. AfriSAR constitue une opportunité exceptionnelle, après la COP21-Paris, de renforcer les discussions autour des transferts de technologie, la recherche et l’innovation, dans l’objectif d’une gestion durable des forêts et de la lutte contre les changements climatiques.

Ces opérations ne peuvent se tenir sans le concours des partenaires internationaux (NASA, ESA, ONERA, DLR) et des acteurs locaux que sont le Ministère de l’Economie numérique et de la Poste, le Ministère de la Défense nationale, le Ministère des Affaires étrangères, de la Francophonie et de l’Intégration régionale, l’Ambassade des États-Unis au Gabon, l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN), l’Agence nationale de l’aviation civile (ANAC), le Centre national de la recherche scientifique et technologique (CENAREST), l’Aéroport de Libreville (ADL) et la Base de l’Armée de l’air de Libreville.
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Kayoola, le premier bus solaire d’Afrique, conçu en Ouganda

Kayoola, le premier bus solaire d’Afrique, conçu en Ouganda | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
« Kayoola », le premier bus solaire d’origine africaine a été conçu par Kiira Motors Corporation (KMC), une entreprise ougandaise, en collaboration avec l’université de Makerere.

Le prototype de 35 places, qui fonctionne à partir de panneaux solaires installés sur le toit, a effectué un premier test réussi ce dimanche à Kampala, la capitale ougandaise. Il a une autonomie de 80 km grâce à une batterie intégrée capable d’emmagasiner l’énergie générée par les panneaux.

Paul Isaac Musasizi, le directeur de Kiira Motors, cité par la BBC, espère attirer davantage d’investisseurs pour une production de masse à partir de 2018. Le produit devrait coûter alors 58 000 dollars.

Kiira Motors, a déjà conçu la Kiira Smack, une berline, et la Kiira EV, un véhicule solaire de 2 places.
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Cette guerre entre Toubous et Touaregs que tout le monde ignore

Cette guerre entre Toubous et Touaregs que tout le monde ignore | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Le sud libyen reste déchiré par les affrontements entre tribus et milices armées pour le contrôle des richesses pétrolières.

La situation est particulièrement explosive dans les zones du sud du pays, véritable no man’s land frontalier du Niger, du Tchad et de l’Algérie, aux confins du Sahel. A la présence de mouvements terroristes repliés dans cette région s’ajoute une bataille sanglante opposant Touaregs et Toubous dans l’indifférence générale.

Installées sur ces terres où elles cohabitent depuis la signature d’un accord de paix à la fin du XIXe siècle, ces deux tribus nomades se disputent aujourd’hui la sécurisation des gisements pétroliers et le contrôle des trafics dans la région. Ravivées par la chute du dictateur Mouammar Kadhafi qui a précipité le pays aux mains des milices armées, les tensions sont montées en flèche lorsque les Touaregs ont accusé les Toubous en septembre 2014 d’avoir mis en place un trafic d’essence dans la ville d’Oubari, majoritairement peuplée de Touaregs. Ce à quoi les Toubous ont répliqué par de violentes attaques.

Un conflit instrumentalisé

Les racines des affrontements sont cependant plus profondes. Les Touaregs voient d’un mauvais œil l’afflux important dans leur pré carré de Toubous venus en grand nombre du Niger et du Tchad depuis le renversement de Kadhafi. Entrés en compétition pour le contrôle sécuritaire des gisements pétroliers et des nombreux trafics dans la région, les représentants des deux tribus se livrent une intense bataille sur le terrain et dans les médias. Tandis que les Touaregs, choyés du temps de Kadhafi, exigent le départ de ceux qu’ils qualifient de « mercenaires », les Toubous, tenus à la marge du pouvoir sous l’ère du « Guide », s’affichent comme les alliés de l’Occident en dénonçant les liens entre les Touaregs et les terroristes qui opèrent dans la zone.

Devenu violent, le conflit fait désormais l’objet d’une instrumentalisation par les différents clans qui se partagent le pays et les puissances étrangères qui souhaitent préserver leurs intérêts dans la zone.

Après la chute de Kadhafi, la tribu des Zintanis installée au nord ouest du pays et aux prises avec les groupes islamistes, s’est emparée des sites pétroliers des bassins de Mourzouk et Ghadamès grâce à une alliance formée avec les Toubous. En échange de ce soutien, les Zintanis accordent des avantages aux Toubous, comme l’accès à l’aéroport pétrolier de Sharara à 50 kilomètres d’Oubari, au grand dam des touaregs qui se sentent concurrencés sur leurs propres terres.

La guerre civile qui éclate en 2014 entre les tribus soutenant le gouvernement de Tobrouk reconnu par la communauté internationale et celles alliées au gouvernement de Tripoli dominé par les islamistes jette de l’huile sur le feu. Ralliés à la coalition militaire dirigée par le général Haftar, les Toubous affirment être la dernière ligne de défense contre une prise de pouvoir par « les islamistes » dans la zone sud. Depuis sa participation aux affrontements territoriaux entre la Libye au Tchad dans les années 1980, le général Haftar nourrit une forte proximité avec les tribus Toubous qui ont notamment aidé à organiser son exfiltration du pays permettant son exil vers les Etats-Unis. Les milices touaregs, autrefois protégées par Kadhafi, se rangent quant à elles du côté du gouvernement de Tripoli qui les aide a remettre la main sur le gisement de Sharara. Les puissances étrangères en quête d’influence tentent également de tirer leu épingle du jeu. C’est le cas du Qatar qui, en soutenant les milices touarègues, lutte sur le terrain libyen contre l’influence des Emirats arabes unis qui appuient les Toubous.

Dans un entretien à Mondafrique, Ibanakal Tourna, spécialiste des conflits au Sahel et chercheur à l’université Catholique de Louvain Laneuve en Belgique livre son point de vue sur la situation dans le sud libyen.

Mondafrique. Où en sont aujourd’hui les hostilités entre Toubous et Touaregs dans le sud libyen ?

Ibanakal Tourna. Jusqu’à présent, le conflit entre ces frères sahariens a fait plus de 400 morts, des centaines de blessés et des milliers de déplacés appartenant aux deux communautés. Les chemins de l’exil les ont menés vers Ghât, ville libyenne frontalière de l’Algérie, vers le Niger ou le Tchad, vers la Tunisie voisine, le Soudan ou encore l’Egypte. Ces migrations pour des raisons sécuritaires viennent s’ajouter au million de libyens déplacés depuis l’éclatement des conflits d’après la révolution entre les milices de Tripoli et de Tobrouk, conflits largement orchestré et entretenu par les deux gouvernements libyens actuels (celui de Tripoli et celui de Tobrouk) et leurs parlements.

Depuis le début du mois de juillet 2015, où un dixième cessez-le-feu a été rompu, des milliers familles du Fezzan ont pris les routes de l’exil, fuyant l’intensité des combats, qui ont fait dans la seule journée du 20 juillet plus de 150 morts.
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Des combattants toubous morts à Oubari, dans le sud libyen

On estime à environ 50 000 personnes le nombre de déplacés entre Sebha et Ghât. Sans parler de ceux qui viennent s’échouer dans la précarité à Agadez ou à Djanet sans aide ni assistance. Ils tentent de se réfugier dans des écoles, sur des terrains de foot ou dans des parcs. Vulnérables, ces populations civiles sont à la merci des criminels et des règlements de comptes incessants. Les viols et les enlèvements se sont multipliés depuis 2011. La situation humanitaire est catastrophique et les hôpitaux manquent de médicaments et de sang.

M. Comment s’organisent les soutiens des uns et des autres ?

I.T. Pour l’heure, les Toubous se sont unis aux anciennes tribus amies de Kadhafi et à des mercenaires soudanais et tchadiens pour attaquer les Touaregs à Oubari et Sebha. Ils recrutent tous azimuts y compris parmi les migrants qui tentent de traverser le Sahara libyen pour gagner l’Europe en leur promettant d’assurer leur transfert vers la terre promise. Les Toubous sont également approvisionnés en armes lourdes par Haftar et les Emirats Arabes Unis. Récemment, cet arsenal leu a permis de raser le quartier d’Atyori, dans la ville de Sebha, ainsi que les environs de l’aéroport et des zones résidentielles.
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Prisonniers de la tribus des Kadhafa à Oubari dans le sud libyen

Dans la Libye post-révolution, entre 2011 et 2013, les Touaregs ont quant à eux payé au prix fort leur loyauté à Kadhafi lorsque les révolutionnaires libyens ont libéré le pays. Contraints et forcés d’abandonner l’armée de Kadhafi, ils se sont finalement ralliés, au gouvernement de Tripoli et aux vainqueurs de la révolution : les Misratis. Ces derniers détiennent les ports de cette zone. Riches et puissants, ce sont eux qui contrôlent aujourd’hui effectivement Tripoli et une partie de la Libye.
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Milice touarègue, sud libyen

M. Outre les rivalités pour la sécurisation des gisements pétroliers, que savons-nous des trafics convoités dans cette zones ?

I.T. D’après mes informations, les frontières sont aujourd’hui en grande partie tenues par les chefs de milices Toubous Ali Sida et Barka Wardougou. Ces deux seigneurs de guerres originaires du Niger et du Tchad voisins sont aussi les chefs du plus grand cartel des drogues dures déversées en Libye, Egypte, Israel et l’Europe depuis plus d’un quart de siècle. En lien direct avec le chef d’Etat equato guinéen et les cartels americains, ils sont à la tête d’un des plus grands reseaux des trafiquants au monde.

Aujourd hui, à la faveur du chaos qui regne en Libye, ces deux hommes influents jouent la carte des chefs d’une minorité de Toubous qu’ils vendent a Tobrouk pour Haftar et en même temps aux Misratis comme de la chair a canon ! Ils monnayent par ailleurs le passage des frontières entre la Libye, le Soudan, le Niger, le Tchad au prix fort. Entre le 21 janvier 2013 et le 13 janvier 2016 plus de 750.000 migrants erytreens,soudanais, nigerians, congolais ont transités vers Mourzouk et Gatroun, leurs fiefs.



M. En l’absence d’un Etat fort en Libye, quel impact pourrait avoir ce conflit sur l’ensemble de cette région en proie à la menace terroriste ?

I.T. Le paradoxe de cette situation est que pour l’instant les Touaregs et les Toubous combattent ensemble aux côtés des deux armées libyennes pour tenter de contenir la menace terroriste. Mais une fois revenus chez eux au Sud (dans les villes de Sebha, Mourzouk et Oubari), les rivalités tribales refont surface. Les conflits entre Toubous et Touaregs reprennent alors sur fond d’insatiable appétit de pétrole et de pouvoir. S’estimant chez eux à Sebha et Oubari, les Touaregs considèrent qu’ils sont en légitime défense lorsqu’ils sont attaqués par des Toubous. Depuis des semaines, ils tentent de contenir les assauts meurtriers et répétés des Toubous sur leurs familles, leurs quartiers et leurs villes. Les Toubous tentent de se faire une place au soleil dans la « nouvelle Libye » qui émerge peu à peu.

Il ne fait aucun doute que ce conflit raisonnera dans tout le Sahara dans les semaines à venir si aucune solution n’est trouvée. Agresser un Touareg ou un Toubou, même en Libye, ne sera pas sans conséquence pour les ressortissants de ces communautés dans les autres Etats. Le conflit risque donc de s’étendre dans tous les pays où Touaregs et Toubous cohabitent : Niger et Tchad, notamment. Or il se trouve précisément que ces deux pays sont actuellement les clés de voute de la stabilité dans la zone et la base arrière de nombreux états qui cherchent à se positionner sur le marché international des matières premières.

Par ailleurs, les deux tribus Touaregs et Toubous sont parmi les groupes armés les plus puissants d’Afrique de l’Ouest, rompus aux combats dans des contextes sahariens extrêmes. Elles sont sans doute les seules à être potentiellement efficaces dans la lutte anti terroriste en Libye comme au Sahara. Le conflit qui les oppose pourrait embraser l’espace qu’elles sont pourtant précisément en mesure de libérer du terrorisme. Les états de la zone saharo-sahélienne sont actuellement fragilisés par les luttes contre Al Qaïda au Maghreb islamique et au Sahara, Al Mourabitoune, le Mujao et Boko Haram. Un conflit supplémentaire entre deux communautés fortement implantées sur leur territoire risquerait de plonger tout le Sahel dans le chaos. Enfin, il est urgent pour la communauté internationale d’intervenir afin d’empêcher les groupes terroristes et les trafiquant de renforcer les jonctions entre Daech et Boko Haram.
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Burkina Faso : le dépôt d’armes de Yimdi attaqué ce matin

Burkina Faso : le dépôt d’armes de Yimdi attaqué ce matin | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Des individus armés ont tenté de prendre possession d’un dépot d’armes près de Ouagadougou.

Le dépôt d’armes de Yimdi situé à une vingtaine de kilomètres à l’Ouest de Ouagadoudou a été attaqué ce matin vers 3h.

Selon notre correspondant au Burkina Faso, l’armée dans un communiqué affirme avoir identifié les assaillants comme étant “des éléments récalcitrants de l’ex régiment de la sécurité présidentielle” de Blaise Compaoré.

L’attaque a été repoussée par les soldats en faction et n’a fait “aucune victime”, selon le colonel Williame Yameogo, Directeur de la communication et des relations publiques des Armées.

En septembre dernier déjà, cette poudrière de l’armée burkinabé avait été le théâtre du premier accrochage entre l’ex-régiment de la sécurité présidentielle et l’armée régulière lors du putsch manqué.
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L’Afrique se mobilise contre les pêcheurs chinois illégaux

L’Afrique se mobilise contre les pêcheurs chinois illégaux | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Les côtes africaines sont les plus pillées au monde et les pêcheurs chinois sont à la manœuvre. Avec des prises qui dépassent les 3 millions de tonnes par an, les conséquences sont désastreuses. Les deux tiers des prises chinoises à l’étranger se font dans les eaux du continent, ce qui pose plusieurs problèmes.

D’abord, la biodiversité est en danger. La plupart de ces navires sont en effet des chalutiers de fond parmi les plus destructeurs. Des bateaux de plus en plus imposants et qui mettent directement en danger la survie des espèces. En deux décennies, la population de mérous a diminué de plus de 80 % en Afrique de l’Ouest.

La diminution des stocks de poissons explique cette extension des entreprises chinoises vers l’Afrique. Alors que seuls treize navires opéraient dans les eaux africaines en 1985, ils sont plus de cinq cents aujourd’hui à battre pavillon chinois.
24 milliards de dollars par an

Ensuite, les conséquences sur le travail des pêcheurs locaux. Les navires chinois revendent environ un tiers de leur production sur les marchés africains et concurrencent ainsi directement les pêcheurs du continent. Ils exportent un tiers de leur poisson en Europe et le dernier tiers en Chine continentale. On estime qu’en raison du pillage de ses eaux territoriales l’Afrique perd une grande partie des 24 milliards de dollars (22 milliards d’euros) générés par la pêche chaque année. Et ce sont les petits pêcheurs, qui ramènent 46 % de la production, qui pâtissent le plus de la situation.

Lire aussi : « La Chine ne croit pas en la charité »

Comment procède la Chine ? « Des entreprises chinoises peu scrupuleuses profitent de la faible supervision par les autorités locales et chinoises », nous explique Rashid Kang, responsable de la campagne « Océan » pour Greenpeace Asie.

L’ONG démontre, preuves à l’appui, qu’au moins soixante-quatorze navires de pêche détenus et exploités par trois grandes entreprises chinoises sont responsables de ces activités illicites le long des côtes africaines. La plupart de ces chalutiers sont exploités par trois sociétés : Lian Run, Boyuan et, surtout, China National Fisheries Corporation (CNFC), dont le siège est à Pékin. CNFC est une entreprise d’Etat, qui dépend du ministère de l’agriculture et de la pêche. Spécialisée dans la pêche en eaux lointaines, elle exploite plus de 220 navires à travers le monde et a envoyé ses premiers bateaux en Afrique de l’Ouest il y a trente ans.
Responsabilité du gouvernement chinois

Falsification de tonnage brut, détournement des autorisations ou encore pêche dans des eaux interdites : Greenpeace met sur la table l’ensemble des documents récoltés au cours de ces deux années d’enquête.

« Rien qu’en 2014, en Afrique de l’Ouest, nous avons réussi à démontrer seize cas de pêches illicites, nous précise Rashid Kan. Nous avons mené une enquête pointilleuse en dépêchant sur place notre principal navire, en organisant des surveillances avec un hélicoptère et en utilisant des radars et des liaisons radios pour suivre en temps réel les mouvements de ces bateaux. »

Lire aussi : L’Afrique risque de payer cher sa dépendance à la Chine

Pour Greenpeace, le gouvernement chinois est donc responsable, d’autant que ce sont généralement des officiers chinois qui tiennent la barre. Ils viennent des provinces du Shandong, du Zhejiang et du Liaoning. « L’absence de gestion des pêches efficace dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest a permis aux entreprises chinoises de piller les ressources marines dans une relative impunité. Il est temps que les gouvernements africains renforcent leur gouvernance et corrigent les manquements dans les lois existantes », demande Greenpeace.
L’appel de Yaoundé

La réponse de ces gouvernements est venue en décembre 2015 avec la rencontre au Cameroun de représentants officiels de vingt-quatre pays africains pour s’attaquer à cette pêche illégale. Les ministres ont lancé un appel à la Chine pour qu’elle mette un terme à ces pratiques. Mais la réponse ne doit pas être seulement diplomatique. Le chef de la Commission régionale pour la pêche dans le golfe de Guinée, Emille Essema, explique ainsi que le problème s’aggrave, car « les pays africains n’investissent pas suffisamment pour moderniser le secteur de la pêche. L’Union africaine incite les pays de l’Ouest à investir dans l’aquaculture et l’élevage de poissons, car ce secteur peut générer de nombreux emplois pour les jeunes et aider à nourrir la population ».
Une pirogue sénégalaise de pêche traditionnelle à Dakar en juillet 2015.

Pas moins de 90 millions de personnes sont concernées, mais l’appel de Yaoundé risque de faire plouf auprès de pêcheurs chinois tellement avides de ressources africaines. Certaines espèces parmi les plus rares et les plus recherchées par les gourmets chinois, comme les fameux ormeaux beiges d’Afrique du Sud, des requins ou certains crustacés, sont en effet directement achetés par les mafias de Hongkong. Les triades 14k et Wo Shing Wo font ainsi leur marché auprès des pêcheurs locaux en échangeant parfois contre des drogues de synthèse leurs précieuses cargaisons.

Lire aussi : Chinafrique : les exportations chinoises sous surveillance

Le journaliste indépendant britannique Ivan Broadhead a enquêté avec les policiers sud-africains sur ce trafic : « Les triades de Hongkong échangent de l’éphédrine contre des ormeaux, nous raconte-t-il. Ce qui a contribué à l’explosion des addictions à la drogue dans le sud de l’Afrique » et à la disparition progressive de ce gastéropode. Quand ce n’est pas contre de la drogue, ces ormeaux s’achètent plus de 30 dollars le kilo. Un trafic très lucratif et qui met en danger l’une des espèces les plus rares des côtes sud-africaines.
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Le Japon s’engage à investir 27 milliards d’euros en Afrique

Le Japon s’engage à investir 27 milliards d’euros en Afrique | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Le Japon va investir 30 milliards de dollars (27 milliards d’euros) en Afrique sur les trois prochaines années, dont 10 milliards de dollars dans le développement des infrastructures, a promis, samedi 27 août, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, lors d’un sommet Japon-Afrique à Nairobi.

« Je m’attends à ce que la somme s’élève à 30 milliards de dollars », a déclaré M. Abe à l’ouverture de la 6e Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (Ticad), précisant qu’il s’agit d’investissements aussi bien publics que privés.

Une trentaine de chefs d’Etat doivent participer à ce sommet, dont les principaux axes de travail sont l’industrialisation de l’Afrique, l’amélioration des soins de santé ainsi que la stabilité d’un continent miné par de nombreuses crises. Y seront également signés plus de 70 protocoles divers et accords commerciaux entre le Japon et les pays africains.
D’anciens engagements à respecter

« Il s’agit d’un investissement qui a confiance dans le futur de l’Afrique », a affirmé M. Abe, selon lequel un tiers de cette somme sera consacré à l’amélioration des infrastructures africaines.

Les 30 milliards de dollars promis par le Japon incluent des nouveaux engagements à hauteur de 21 milliards de dollars ainsi que 9 milliards de dollars provenant de la précédente promesse d’investissement, prononcée trois ans plus tôt lors de la cinquième édition de la Ticad, a expliqué un porte-parole du gouvernement nippon, Yasuhisa Kawamura.

En 2013, le Japon avait promis 3 200 milliards de yens d’assistance sur cinq ans (28 milliards d’euros au cours actuel). A la fin de 2015, 33 % de cet objectif restait encore à réaliser, soit un peu plus de 9 milliards de dollars, selon le gouvernement japonais.
Le Japon veut se consolider sur le marché africain

Organisée conjointement par les Nations unies (ONU), l’Union africaine, la Banque mondiale et le Japon, la Ticad est une opportunité pour l’Afrique d’attirer des capitaux japonais pour accélérer son développement, et elle est, pour Tokyo, le moyen de consolider sa position sur le marché africain, notamment en démarquant son offre de celle de son voisin chinois.

Les échanges commerciaux entre le Japon et l’Afrique s’élevaient à 24 milliards de dollars en 2015, bien moins que les 179 milliards de dollars d’échanges entre la Chine et ce continent.
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Affrontements meurtriers entre l'armée et des trafiquants d'armes

Affrontements meurtriers entre l'armée et des trafiquants d'armes | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Onze militaires nigérians ont été tués samedi lors d’affrontements avec des trafiquants d’armes présumés dans le centre du pays.

Il s’agit d’un officier, de deux aviateurs et de huit soldats. Deux militaires ont également été blessés alors qu’un autre est toujours porté disparu, selon le bilan communiqué par le porte-parole de l’armée nigériane. L’armée affirme, néanmoins, avoir tué huit trafiquants et procédé à l’arrestation de 57 autres. Des armes et des munitions ont aussi été saisies au cours de ces opérations.

Les soldats nigérians ont été attaqués alors qu’ils menaient des opérations dans les villages de Kopa, Dagma et Gagaw, dans l‘État de Niger où se développe un intense trafic d’armes illégales. “Alors qu’ils s’approchaient et se déployaient pour mener à bien leur mission, les soldats ont essuyé des tirs simultanés et sporadiques dans ces trois emplacements. Ils ont riposté en accord avec les règles de leur engagement’‘, a déclaré le colonel Sani Usman, porte-parole de l’armée nigériane.

Cette partie centrale du pays est minée par des conflits sur les droits de pâturage entre éleveurs peuls et agriculteurs chrétiens. Des différends qui ont fait plusieurs centaines de morts ces derniers mois.

Selon l’Organisation des Nations-Unies, plus de 350 millions d’armes illégales circulent au Nigeria.
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Soudan du Sud: des milliers d'habitants fuient Juba, l'ONU demande l'aide de la région

Soudan du Sud: des milliers d'habitants fuient Juba, l'ONU demande l'aide de la région | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Le Conseil de sécurité de l'ONU a sollicité dimanche l'aide des pays de la région, leur demandant des Casques bleus supplémentaires, pour mettre fin aux combats au Soudan du Sud qui font fuir des milliers d'habitants de la capitale Juba.

Dans une déclaration unanime, les 15 pays membres du Conseil exigent aussi du président sud-soudanais Salva Kiir et de son rival, le vice-président Riek Machar, de "faire le maximum pour contrôler leurs forces respectives et mettre fin d'urgence aux combats".

Réuni en urgence, le Conseil a demandé aux "pays de la région" et à l'Union africaine de "discuter fermement avec les dirigeants sud-soudanais pour traiter cette crise".

Les membres du Conseil "envisagent de renforcer" la Minuss, la mission de l'ONU au Soudan du Sud, et demandent aux pays de la région "de se préparer à fournir des troupes supplémentaires au cas où le Conseil le déciderait".

La déclaration ne précise pas quels pays seraient sollicités ni l'ampleur du renforcement envisagé.

Selon un responsable de l'ONU, un Casque bleu chinois a été tué dans les combats à Juba et 12 autres de diverses nationalités ont été blessés dont deux grièvement. Parmi les blessés se trouvent des soldats rwandais de la Minuss.

Des milliers de civils fuyaient dimanche les combats intenses opposant les forces régulières et les ex-rebelles, les deux camps s'accusant mutuellement d'être responsables de ces nouvelles violences.

Ces affrontements, qui ont fait au moins 270 morts depuis deux jours selon des médias locaux, mettent en péril le fragile accord de paix signé l'année dernière dans le plus jeune Etat du monde, qui fêtait samedi ses cinq ans d'indépendance.

Le Soudan du Sud est déchiré depuis décembre 2013 par un conflit féroce qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et près de trois millions de déplacés.

Le Kenya et le Soudan ont appelé à mettre fin aux combats. Les ministres des Affaires étrangères de l'organisation régionale des pays d'Afrique de l'Est (Igad) doivent se réunir en urgence lundi à Nairobi.

- 'Armes d'assaut lourdes' -

Dimanche, l'ONU a fait état de tirs de mortiers, de lance-grenades et d'"armes d'assaut lourdes" à Juba. La présence d'hélicoptères de combat et de chars a également été signalée. Des milliers d'habitants de la capitale se terraient chez eux ou fuyaient leurs maisons, selon des témoins.

Dans la soirée, les Etats-Unis ont réclamé la fin immédiate des combats et annoncé le retrait de Juba de tout le personnel de leur ambassade jugé non-essentiel.

Washington demande "aux deux dirigeants et à leurs alliés politiques et militaires de retenir leurs soldats, de les ramener dans leurs casernes et d'empêcher de nouvelles violences et effusions de sang", a déclaré le porte-parole du département d'Etat, John Kirby.

L'organisation humanitaire Human Rights Watch a sévèrement critiqué l'attitude du Conseil de sécurité de l'ONU dans la crise au Soudan du Sud.

"Pendant trop longtemps, le Conseil de sécurité s'est reposé sur la bonne volonté des dirigeants du Soudan du Sud" et "a brandi des menaces vides d'embargo sur les armes et de sanctions individuelles", a déclaré dimanche dans un communiqué Akshaya Kumar, directeur adjoint de HRW pour l'ONU.

"Les événements de cette fin de semaine confirment que cette stratégie perdante a échoué", relève-t-il.

Dans le cadre d'un fragile accord de paix et de partage du pouvoir signé en août 2015, M. Machar est revenu avec un fort contingent d'hommes armés en avril à Juba, où il a été réinstallé vice-président et a formé avec M. Kiir un gouvernement d'union nationale.

Dimanche, des combats intenses ont repris dans la partie ouest de Juba puis se sont étendus à d'autres zones de la capitale.

Des habitants se sont réfugiés dans un camp de l'ONU, à proximité duquel les combats ont éclaté, et qui abrite déjà 28.000 déplacés.

Hors de la capitale, dans plusieurs régions du pays, les violences se poursuivent depuis des mois malgré l'accord de paix, le conflit politique initial se compliquant d'hostilités entre ethnies et de luttes au niveau local.
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L’Ouganda va se retirer de la force menée par l’Union africaine

L'Ouganda a annoncé qu'elle retirerait ses soldats de la force régionale menée par l'Union africaine qui combat l'armée de résistance du Seigneur, la LRA, depuis 2011. La force est composée de soldats de l'Ouganda, de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud. L'armée de résistance du Seigneur est un groupe ougandais qui a mutilé, enlevé, tué et torturé des citoyens ougandais et dans les pays voisins au cours des 30 dernières années.

Depuis 2011, l'Ouganda, la République démocratique du Congo, le Soudan du Sud et la République centrafricaine ont été engagés dans un effort militaire régional pour poursuivre Joseph Kony et ses rebelles de l'armée de résistance du Seigneur, la LRA. L'Ouganda a été son plus grand contributeur avec 2000 hommes. Cependant, il a désormais décidé de retirer tous ses soldats de l'opération régionale d'ici la fin de l'année.

L'Ouganda va se retirer de la force menée par l'Union africaine

DAVID MUHOOZI
Général de division, Commandant des forces terrestres de l'Ouganda

"Et nous avons fixé deux dates butoir. L'une fin juillet, et le dernier appel pour la fin octobre. Et celle-ci pour permettre à nos partenaires, les autres pays contributeurs ainsi que l'Union africaine, de travailler à d'autres mesures d'interposition."

Le retrait de l'Ouganda sème également la panique parmi les pays touchés par les actes de l'armée de résistance du Seigneur. En particulier en République centrafricaine, alors que le pays n'a pas de réelle capacité militaire, et dépend uniquement de l'armée ougandaise.

DESIRE BAKOSA
Chef d'État-major adjoint, Forces centrafricaines

"Nous pouvons dire que cela a été une réussite pour 80 à 90%. Désormais nous nous concentrons sur la façon de capturer Joseph Kony et éradiquer l'armée de résistance du Seigneur."

L'Union africaine s'inquiète du retrait de l'Ouganda, car cela va affaiblir la force régionale et d'autres groupes régionaux tels que Janjaweed et Séléka pourront en tirer avantage et relancer des attaques.

KIPRONO TUWEI
Envoyé spécial de l'Union africaine pour l'armée de résistance du Seigneur

" Donc nous parlons de l'armée de résistance du Seigneur mais à l'heure actuelle vous créez un vide, dès que vous retirez les soldats qui poursuivent ces rebelles, alors nous commencerons à avoir un nouveau problème."

La menace posée par l'armée de résistance du Seigneur demeure réelle. Le Soudan, qui ne fait pas partie des pays touchés, fait état des activités de la LRA à sa frontière avec le Soudan du Sud. La présence de l'Ouganda en République centrafricaine a souvent été contestée dans le pays. La force régionale a été un fardeau financier pour le pays et le retrait des soldats va réduire considérablement les dépenses militaires du gouvernement.
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Coopération : le président nigérian en visite en Chine

Coopération : le président nigérian en visite en Chine | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Muhammadu Buhari, président du Nigeria, entame ce dimanche une visite chez le géant asiatique, axée sur le renforcement des liens économiques. Au menu, notamment, un forum sur l’investissement entre les deux pays, prévu à Pékin.

D’après le porte-parole du président Buhari, Abuja espère parvenir, au terme de cette visite, à la signature d’accords pour développer les infrastructures nigérianes dans les domaines de l’eau, des transports ou de l’immobilier.

“Nous nous attendons à ce que cette visite soit ponctuée par la signature de plusieurs accords et lettres d’intention visant à doper les relations commerciales et économiques entre la Chine et le Nigeria”, a souligné Femi Adesina dans un communiqué.

Des accords-cadres devraient notamment être signés entre le ministère nigérian de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement et la Commission nationale pour la réforme et le développement national de la République populaire de Chine ainsi qu’entre le ministère nigérian des Postes et Télécommunications et la Société chinoise des sciences aérospatiales et des Technologies.

Par ailleurs, un mémorandum d’entente devrait être signé entre les deux pays dans le domaine de la coopération scientifique.
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Nigeria : des drones pour combattre Boko Haram

Nigeria : des drones pour combattre Boko Haram | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Nouvelle étape dans la lutte contre Boko Haram au Nigeria avec l’utilisation de drones pour traquer les troupes djihadistes.

Les forces armées nigérianes ont publié lundi des images de frappes contre une base présumée des islamistes dans l‘État de Yobe. Il s’agirait d’un dépôt de munitions et de carburant.

Ces frappes visent à affaiblir les sources logistiques des terroristes de Boko Haram. L’armée nigériane a affirmé avoir également mené un autre assaut dans la forêt de Sambisa contre des terroristes présumés, portant à 55 le nombre d’opérations antidjihadistes en l’espace d’un mois.
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Boomerang saoudien contre l’Algérie

Boomerang saoudien contre l’Algérie | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
L’Algérie voit sa position envers le Maroc s’affaiblir dans le monde arabe sur l’affaire du Sahara occidental alors que l’Onu est plutôt proche de ses thèses, à savoir l’autodétermination.

Le Maroc est un allié sûr de l’Arabie Saoudite en s’engageant militairement au Yémen, en soutenant la proposition des monarchies du Golfe considérant que le Hezboullah est une organisation terroriste et, enfin, à participer aux manœuvres militaires (Tonnerre du nord) réunissant vingt pays sunnites, y compris africains (Niger, Soudan, Sénégal notamment) à la frontière saoudo-irakienne. L’Algérie n’a soutenu ni participé à aucune de ces initiatives alors que la Tunisie et la Mauritanie, autres pays maghrébins, y étaient.

L’Arabie Saoudite compte, en effet, investir dans les territoires sahraouis revendiqués par le Maroc comme étant les siens. Cette initiative est une aide économique supplémentaire dans un territoire où l’investissement européen est proscrit ainsi que la production. Le Maroc a connu d’immenses déboires dernièrement sur ce registre.

En défendant «l’intégrité du territoire marocain», l’Arabie Saoudite compte à la fois alléger les dépenses marocaines sur le plan militaire, pour faire face à l’Algérie, qui s’est considérablement renforcé sur ce plan, et sortir le Maroc de son isolement diplomatique. C’est aussi un signe fort envers l’Algérie.

Les «services» algériens sont persuadés que les Saoudiens peuvent fomenter des entreprises terroristes contre l’Algérie pour la punir. L’alerte n’est pas seulement sur les frontières orientales mais également occidentales.
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L’Angola marquée par la baisse des prix du pétrole

L’Angola marquée par la baisse des prix du pétrole | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Avec une économie fortement dépendante de l’industrie pétrolière, l’Angola traverse l’une des plus graves crises de son histoire.

L’Angola est l’un des pays africains les plus marqués par la baisse des cours mondiaux du pétrole. Le manque de ressources est visible dans tous les secteurs, y compris celui très sensible de la santé.

Les hôpitaux peinent à obtenir les stocks de médicaments nécessaires pour faire face aux besoins des patients.

Les Angolais ont de plus en plus de mal à remplir le panier de la ménagère. De nombreuses entreprises et grandes surfaces ont fermé, ce qui en dit long sur l’ampleur de la crise que traverse l’Angola. A cela vient s’ajouter la grande sécheresse amplifiée par le phénomène El Niño dans le Sud du pays.

La rareté des vivres et autres biens de première nécessité a pour conséquence la montée de l’inflation. A Luanda la capitale, elle est estimée à 1,4% entre septembre et octobre 2015, selon l’Institut national de la statistique.

D’après le PNUD, Programme des nations unies pour le développement, l’Angola a la deuxième économie la moins diversifiée du monde, après l’Irak. La monnaie locale, le Kwanza, a perdu près de 26% de sa valeur face au dollar.
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LE PREMIER TGV DU NIGERIA SERA INAUGURE DANS DEUX MOIS

LE PREMIER TGV DU NIGERIA SERA INAUGURE DANS DEUX MOIS | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
Le premier TGV du Nigeria sera inauguré en Mars 2016, c’est un train d’une vitesse de 120 à 150 km à l’heure.
Ce TGV qui fera Lagos-Kaduna permettra aux populations de parcourir ces distances en moins d’une heure de temps.
D’un cout total de 849 millions de dollar, le projet a été réalisé par la China Civil Engeneering Construction Company (CCECC).
Après leur fusion en 2014, les deux plus grandes entreprises chinoises de fabrication de Trains à grande vitesse (CNR et CSR) vont exporter leurs technologies en Afrique, douze pays prioritaire dont cinq africains : Angola, Éthiopie, Nigeria, Kenya, Zimbabwe.
Le nouveau groupe chinois viendra donc mettre en mal les leaders européens dans le secteur du train à grande vitesses notamment Alstom et Siemens, la Chine à elle seule disposant du plus grand réseau de TGV au monde, plus de 11 000 kilomètres.
Le mariage entre la Chine et le Nigeria scellé depuis 2008 avec l’arrivée au Pouvoir du président Yar Adua ne va pas se limiter au TGV.
En Novembre 2014 le gouvernement nigérian et le géant du rail China Railway Construction Corporation vont signer un accord pour la construction d’une ligne de chemin de fer de 1 400 kilomètres, un contrat record de 12 milliards de dollars pour construire une ligne ferroviaire longeant la côte du pays africain.
La ligne de chemin de fer de 1 402 kilomètres reliera, en suivant la côte et en traversant notamment le delta du Niger, la capitale économique nigériane, Lagos, à la ville de Calabar (est) a la frontière du Cameroun. Il s’agira du plus gros contrat pour une entreprise chinois hors de Chine.
En Décembre 2013, le Kenya a lancé les travaux du TGV Nairobi-Mombasa financé par la Chine qui sera destinée à remplacer une ligne de chemin de fer vétuste datant de l’époque de la colonie britannique, les 1300 kilomètres devront permettre de rallier l’Ouganda et le Sud-Soudan.
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Xavier Niel investit...dans une mine française de bauxite en Guinée

Xavier Niel investit...dans une mine française de bauxite en Guinée | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
L'homme d'affaires Xavier Niel aura sans doute un rôle stratégique à jouer dans le rapprochement éventuel entre les groupes Orange et Bouygues, en tant que fondateur du groupe Iliad (Free / Free Mobile) mais c'est aussi un investisseur avisé à titre privé.

Via son fonds privé NJJ Capital SAS, il vient de prendre une participation minoritaire dans la société française AMR (Alliance Minière Responsable) qui l'amène sur le terrain...de la prospection minière en Guinée.

AMR gère dans la région une mine de bauxite, minerai riche en alumine utilisé dans la production d'aluminium. L'investissement, dont le montant n'est pas connu mais est qualifié d'"investissement significatif" par le cofondateur d'AMR, n'est pas anodin car la Guinée, qui représente un tiers des ressources mondiales du minerai, pourrait bientôt devenir le premier fournisseur de bauxite pour l'immense marché chinois.

Les perspectives sont donc excellentes et la mine de bauxite devrait générer un retour sur investissement attractif dans les années à venir, avec une production qui intéressera de nombreux secteurs économiques, et pas uniquement les télécoms.
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L'Ethiopie, nouvel enfer du textile disséqué sur RFI

L'Ethiopie, nouvel enfer du textile disséqué sur RFI | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
L'Ethiopie est devenue la nouvelle destination “low cost” des grandes marques de textile, après l'Asie du Sud-Est. Charlie Dupiot a enquêté pour RFI et livre un reportage accablant. A découvrir en podcast.

Obnubilées par leurs profits, les marques occidentales ferment les yeux sur les conditions de travail dramatiques dans les pays de sous-traitance. Les conséquences sont terribles avec notamment, en avril 2013, l'effondrement d'un immeuble de confection textile au Bangladesh (le Rana Plaza), faisant 1 138 morts. Quelques mois plus tard, H&M délocalise ses usines en Ethiopie, emboîtant le pas aux investisseurs chinois et turcs attirés par de nombreux avantages économiques, et une main-d'œuvre moins onéreuse – avec des salaires 8 à 10 fois moins élevés qu'en Chine. Le gouvernement éthiopien multiplie les aides fiscales pour appâter ces marques étrangères. Et compte devenir, à l'horizon 2050, le nouvel atelier industriel du monde. Pour 7 miliards de voisins sur RFI, Charlie Dupiot a visité l'une de ses usines.

Pourquoi vous être intéressée au développement de l'industrie textile en Ethiopie ?

J'ai été frappée de voir en 2013 qu'H&M, le numéro 2 mondial de l'habillement, annonçait travailler avec des fournisseurs éthiopiens. J'ai aussi été étonnée de constater la vitesse surprenante avec laquelle d'autres usines ont commencé à ouvrir dans le pays, grâce aux nombreux avantages offerts par le gouvernement : aucune taxe pendant une durée pouvant aller jusqu'à 5 ans après l'installation, et exemption de droits de douane sur l'importation de machines et de matériaux. Un décollage dû aussi au faible niveau des salaires, entre huit et dix fois plus bas qu'en Chine ! Quoi de mieux pour des investisseurs en quête de low cost ? J'ai donc décidé de partir en Ethiopie pour réaliser ce reportage avec une question en tête : comment comptent-ils ne pas reproduire les mêmes erreurs qu'en Chine, qu'au Bangladesh ou que dans d'autres pays de sous-traitance où l'on sait que les conditions de travail peuvent être désastreuses ?
Journées de 14 heures de travail

Comment avez-vous pu obtenir les témoignages accablants de ces ouvriers ?

Accompagnée de mon interprète, je suis allée à Dukem, une ville à une trentaine de kilomètres au sud d'Addis-Abeba où s'est implantée une immense usine chinoise de chaussures, Huajian. Cela n'a donc pas été trop difficile de rencontrer en ville des hommes et des femmes qui avaient tous travaillé pour Huajian, et avaient démissionné ou avaient été licenciés. J'ai interviewé beaucoup de ces ex-employés, au micro ou en off, pour voir si les témoignages concordaient. Et oui, tous racontaient la même cadence au travail, les journées de 14 heures, les semaines sans jour de repos, les pénalités prélevées sur les salaires au moindre prétexte, les « cours de discipline » qui ressemblent à des entraînements militaires pour « civiliser » les employés – pour reprendre les mots du responsable de l'usine qui m'en fera plus tard la visite. Et puis les violences à coup de chaussures…

Prenaient-ils des risques à vous répondre ?

La plupart d'entre eux préféraient témoigner anonymement, même s'ils ne travaillaient déjà plus dans l'usine. Par la suite, quand j'ai pu visiter l'usine avec le responsable commercial de Huajian et mon interprète, j'ai interrogé les salariés mais presque tous éludaient les questions et semblaient gênés, comme s'ils craignaient d'être compris par le responsable qui m'accompagnait. Pourtant, ils parlaient amharique, la langue pratiquée par la majorité des Ethiopiens qui risquait peu d'être comprise par le responsable qui me suivait. Je pense surtout qu'ils ne voulaient pas, à leurs expressions ou leurs tonalités de voix, lui donner l'impression d'émettre le moindre jugement négatif.

Pourquoi votre choix s'est-il précisément porté sur cette usine ?

Elle est emblématique : elle emploie 5 000 personnes, alors qu'elle a ouvert il y a seulement un an et demi. Le groupe prévoit même d'ouvrir une autre usine, qui emploiera entre 30 000 et 50 000 personnes dans les prochaines années ! L'Ethiopie et la Chine entretiennent des relations économiques très fortes. D'ailleurs, en entrant dans l'usine Huajian, on est accueilli par un mur couvert de photos représentant des rencontres entre dignitaires chinois et les différents premiers ministres éthiopiens. La Chine investit aussi dans des routes, des lignes de chemin de fer, et même des fermes éoliennes. D'autres usines chinoises, de chaussures ou autres, j'en suis certaine, seront amenées à ouvrir en Ethiopie.

Etonnant, donc, qu'ils aient accepté de vous faire visiter les lieux ?

Oui, cela m'a beaucoup surprise… Pour moi, c'était évident qu'ils ne pouvaient qu'être perdants en nous ouvrant les portes de leur usine et que la communication serait aussitôt verrouillée. Mais le fait que RFI soit écoutée en Afrique francophone a eu l'air de les intéresser. A la réflexion, je pense que cette responsable communication, ainsi que le responsable commercial qui m'a fait visiter les lieux, pensent tous deux qu'il n'y a rien de grave à cacher. Rien qu'on puisse leur reprocher. Après tout, ils respectent la promesse faite au gouvernement éthiopien, celle d'embaucher de la main-d'œuvre locale… Et je pense que tous deux étaient fiers de la réussite de leur entreprise.

Avez-vous rencontré des complications particulières ?

Pas vraiment, quoiqu'une fois au sein de l'usine Huajian, j'ai vu un contremaître chinois frapper un employé d'une claque sur la tempe – il semblait lui reprocher de ne pas avoir rangé des paires de chaussures au bon endroit. Le contremaître ne nous avait pas vues, mon interprète et moi et, en croisant nos regards surpris, je pense qu'il a compris que l'on avait été témoins de son geste. J'en ai parlé plus tard au responsable commercial qui nous guidait, mais il a tout de suite répliqué : « Non, cela ne peut pas arriver dans notre usine. Si jamais cela arrivait, nous licencierons l'employé concerné sur le champ ». Même en insistant sur le sujet, je n'ai pas réussi à le faire sortir de ce discours prémâché. Ils ne mettent jamais en doute leur vision.
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Cameroun : MTN, Orange et Camtel doivent 291 millions de dollars à l’Etat

Cameroun : MTN, Orange et Camtel doivent 291 millions de dollars à l’Etat | NOUVELLES D'AFRIQUE | Scoop.it
La Commission nationale anti-corruption a publié les résultats d’une enquête auprès des trois principaux opérateurs du secteur de la téléphonie mobile au Cameroun ce mardi.

MTN, Orange et l’entreprise publique Camtel épinglés dans un rapport de la Commission nationale anti-corruption (CONAC). Une mission de contrôle mandatée par l’institution a revelé de nombreuses entorses aux bonnes pratiques commerciales et au respect de la loi. Au total, les trois principales sociétés de téléphonie mobile doivent la somme de 179 milliards de francs CFA au Trésor public soit 291 millions de dollars au cours actuel. Cet argent aurait dû être versé à l’Etat sous forme de taxes et de redevances diverses. Mais prévient-on, il y a des d’autres zones d’ombres à explorer.

Lors d’une rencontre tenue ce 19 janvier à Yaoundé en présence des différentes parties prenantes du secteur des télécommunications, le président de la CONAC Dieudonné Massi Ngams a dénoncé “des inégalités diverses, des malversations financières, les documents non conformes à l’esprit des lois et des conventions [qui] ont fait leur lit dans le secteur de la téléphonie mobile au Cameroun”. Une responsabilité que l’ancien ministre et membre de la Commission Garga Haman Adji impute au laxisme soit des opérateurs de téléphonie mobile, soit des services publics soit des deux.
La régulation passive

A côté des questions de malversations financières, les autorités de lutte contre la corruption ont également relevé le non-respect de la concession accordée à l’opérateur vietnamien Viettel. La Conac lui reproche notamment de ne pas faire mention de l’avenant qui le lie à l’Etat du Cameroun dans ses annonces publicitaires.

Sur l’ensemble de ces actes d’accusation, le rapport de la CONAC dénonce le silence de l’Agence de régulation des Télécommunications (ART). Une attitude qui inquiète puisque c’est cette agence qui est censée faire respecter les règles dans le secteur.

Orange et MTN qui ont annoncé le lancement de la 4G au Cameroun en décembre 2015 sont sous le feu des critiques. Il leur est reproché d’avoir un discours marketing qui ne correspond pas toujours à la qualité de service. Depuis le début de l’année, les deux entreprises de téléphonie mobile ont été contraintes de reconnaître que les services internet qu’elles offrent ne disposent pas encore de la technologie 4G. Un rétropédalage qui avait déjà braqué l’opinion contre la passivité de l’ART.
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