Non à la mort programmée du CIF
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Discours de la secrétaire du Comité Central d’Entreprise du CIF / 17.09.2013

" Monsieur le Président de la République, quelle responsabilité entendez-vous réellement exercer à l’égard des salariés du Crédit Immobilier de France ? "

Le CIF en DANGER's insight:

 

Mesdames et Messieurs les élus, la direction, les administrateurs, les actionnaires et plus généralement, Mesdames et Messieurs les représentants de toutes les autorités publiques et politiques concernées par l’avenir des salariés du Crédit Immobilier de France,

 

Depuis le 28 août 2012, les salariés du Crédit Immobilier de France vivent dans la tourmente, et sont devenus, d’espoirs en déceptions, incollables sur les notions de rating, de faillite, d’adossement, de nationalisation, de SIEG, de Bridgebank, puis finalement de Résolution Ordonnée.

 

La « Résolution Ordonnée », un terme si politiquement correct, qu’il a permis aux fonctionnaires de l’Etat et, semble t-il également, à certains de nos politiques, d’occulter ou du moins d’oublier bien rapidement la réalité qu’il porte, à savoir la disparition de 2500 emplois et celle du principal acteur du financement du logement social.

 

Et aujourd’hui nous sommes réunis car, pour que le dossier soit bien propre, bien « ordonné » justement, il est demandé aux salariés, par la voie de leurs élus, d’accepter la disparition, présentée comme inéluctable, de leur entreprise.

 

Quelle ironie pour les élus, ne jamais avoir été une seule fois consultés dans la gestion de ce groupe, ne jamais avoir pu donner leur avis sur ses choix stratégiques, et finalement être tant sollicités à l’heure de sa disparition : « Dites-nous, Mesdames et Messieurs les élus, le projet de fermeture de votre entreprise, y êtes vous favorables ? Est-il bien écrit ? ».

 

Mais d’ailleurs, ce projet, qui l’a écrit ?

 

Le texte nous annonce très clairement que c’est le Comité de Suivi qui l’a écrit. C’est à dire le Trésor et le Commissaire du Gouvernement, et non la Direction du Crédit Immobilier de France. C’est ce qui aura été compliqué, c’est ce qui reste compliqué dans ce dossier, notre interlocuteur n’aura été ni le Trésor, ni le Gouvernement, mais une Direction qui, en l’espèce, ne sert que de boîte aux lettres et qui, lorsque les questions deviennent trop complexes, ou trop politiques, nous oppose le fait du Prince : le Trésor a décidé, et cela de manière arbitraire.

 

Mais dites-nous : n’aurions-nous pas été nationalisés à notre insu, sans en obtenir les avantages ?

 

Alors oui, bien sûr, nous avons été reçus par le Trésor. Ils sont à notre écoute. Ils sont rassurants : « Nous avons cherché tous les moyens de sauver le Crédit Immobilier de France. Hélas, trois fois hélas, il n’y avait pas d’autre solution que l’extinction ! Mais ne vous inquiétez pas, nous travaillons activement sur le reclassement de chacun. La Banque Postale et la FBF vont reprendre les salariés ». Et même si, à ce jour, la FBF n’a pris aucun engagement, aucune mesure en faveur des salariés  du Crédit Immobilier de France, ne nous inquiétons pas : tout est sous contrôle.

 

Pourtant ce qui ressort avant tout de ces discussions, c’est que, pour le Trésor, l’extinction a toujours été la seule issue envisagée. Alors, on a fait l’exercice à l’envers, on est parti de la solution appelée Résolution ordonnée, et on a ensuite bâtit le développement et la justification de celle ci, en écartant systématiquement les autres options possibles.

 

Mais finalement, peut-on leur reprocher cette obstination à se débarrasser du Crédit Immobilier de France, quand nos propres dirigeants et administrateurs n’ont jamais pris la mesure de leurs prérogatives, n’ont jamais anticipé la fragilité du Groupe, n’ont jamais développé les solutions qui auraient pu assurer sa pérennité, ni jamais montré aucune considération pour les autorités de tutelle et pour l’Etat, donnant même le sentiment qu’ils mettaient un point d’honneur à être le plus possible en mauvais terme avec eux ?

 

Nous avons découvert, au fil des comptes-rendus de conseils d’administration,  que chacun d’entre eux était là pour défendre ses intérêts avant ceux du Crédit Immobilier de France.

 

Mais comment pouvait-il en être autrement ?

 

Car finalement, après les expertises menées, et même si la Direction considère que nous avons fait de l’archéologie, nous nous apercevons que nous n’avions pas les bonnes personnes aux bons endroits. La consanguinité évidente de notre organisation, avec des directeurs généraux également administrateurs d’une,  ou de plusieurs filiales, voire même administrateurs de la Holding, a fait qu’ils se tenaient tous, et tellement, qu’ils ne prenaient jamais aucune décision. Etouffé dans les conflits d’intérêts, le contre pouvoir qu’ils auraient du exercer à l’égard du PDG n’a finalement jamais existé.

 

Ainsi, tandis que le monde basculait dans une terrible crise financière, nos administrateurs s’en tenaient à discuter longuement de leurs dividendes, de leurs rémunérations,  ou encore des assurances à mettre en place si par malheur leur responsabilité devait un jour être engagée.

 

Et les décisions stratégiques, celles qui témoignent de l’existence d’une gouvernance, où étaient elles prises ? Nulle part, en tous cas  il n’en existe aucune trace.

 

Les marchés financiers ne se portent pas bien ? Qu’à cela ne tienne, les solutions trouvées seront les coupes budgétaires drastiques des frais généraux,  et l’invention de nouveaux produits financiers autour de la titrisation. A aucun moment, semble-t-il, on a cherché  à s’exonérer des marchés financiers, directement ou indirectement.

 

Ah si, pardon ! Il y a eu les tentatives d’adossement. Depuis 2006, un véritable poème!

 

Nul ne semble vraiment capable d’expliquer pourquoi ces tentatives n’ont pas fonctionné. Il n’y a aucune raison logique, rationnelle. Ni écrits, ni réponses. On nous suggère souvent que cela viendrait de notre ancien Président. Soit. Mais alors, qu’ont fait les administrateurs ? Les actionnaires ? Où étaient-ils ? Pourquoi ne trouve t-on pas dans les comptes-rendus des Conseils d’Administration et des Assemblées Générales, de réponses claires sur le sujet ?

 

Peut être tout simplement parce que ces personnes, dites responsables, n’ont jamais posé de question, ou ne se sont jamais posées de question.

 

Alors puisque visiblement, il y a différentes catégories de personnes responsables, je profite de la présence de Monsieur le Commissaire du Gouvernement pour poser la question au Président de la République, Monsieur Hollande. Vous qui affirmiez publiquement le 10 janvier dernier à nos collègues Bordelais : « la situation sera assurée pour chacun, j’en prends l’engagement » :

 

Monsieur le Président de la République, quelle responsabilité entendez vous réellement exercer à l’égard des salariés du Crédit Immobilier de France ?

 

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CIF : « Le plus grand plan social de 2013 » / Direct Matin

CIF : « Le plus grand plan social de 2013 » / Direct Matin | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it


«Nous sommes une entreprise bénéficiaire, explique Anne-Marie Ouvrard, responsable marketing et communication au sein de l’agence bordelaise. Nous avons fait 70M€ de bénéfices en 2011 et 40M€ en 2012. Nous avons des fonds propres à hauteur de 3 milliards d’euros consolidés et pourtant, 2300 personnes vont être licenciées. C’est un scandale ! Ce sera le plus grand plan social de 2013 et peut-être même de 2014...»

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CIF : les salariés interdits d'information sur les projets avant Bruxelles / AFP via CBanque.com

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La justice a refusé le droit aux salariés du Crédit Immobilier de France (CIF) de s'exprimer sur les projets concernant la banque, vouée à la disparition, avant leur agrément par l'Etat et leur examen par la Commission européenne, a-t-on appris...
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Grève suivie au CIF / Sud-Ouest

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Les salariés de cette banque en extinction protestaient contre les mesures de plan social. Les salariés du Crédit immobilier de France (CIF) étaient en grève hier pour protester contre...
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Grève nationale des salariés du CIF promis à la disparition / BusinessImmo.com

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Les salariés du Crédit Immobilier de France ont manifesté à Paris et devant les sièges des agences régionales. En cause : la disparition du CIF et un plan social qui concerne ses 2 500 salariés.
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Rennes. Les salariés du CIF en grève / ouest-france.fr

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Le personnel du Crédit immobilier (125 salariés 25 agences en Bretagne) est en grève ce jeudi au moment où débute la négociation du plan social consécutif à la fermeture à terme de leur...
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Les salariés du CIF en grève / La Provence

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Demain mercredi, les salariés du Crédit Immobilier de France se mobilisent au niveau national, afin de réclamer un plan de sauvegarde de l'emploi amélioré. Ils estiment que les propositions de la direction sont insuffisantes.

 

Des actions sont prévus dans toute la France. A Marseille, les salariés se rassembleront devant le site administratif de République à partir de 9 heures. Le sitting pourrait durer toute la journée.

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AGEFI Quotidien

Le CIF dévoile son plan social


Cela s'annonce comme l'un des plus gros plans sociaux en France en 2013. Le Crédit Immobilier de France (CIF) présente ce matin aux partenaires sociaux du groupe les conditions du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) rendu nécessaire par sa restructuration. Le gouvernement a décidé de soumettre d'ici à la mi -juillet à la Commission européenne un plan de résolution ordonnée du prêteur immobilier, qui a dû être secouru par l'Etat en 2012 faute de pouvoir se refinancer sur les marchés. Sur 2.300 collaborateurs, environ 1.300 seraient ainsi contraints au départ en 2014. Les syndicats du CIF brandissent déjà la menace d'un mouvement de grève le 19juin si les conditions de la réorganisation proposée ne leur donnent pas satisfaction. Le PSE sera ouvert à tous les collaborateurs, et devrait permettre la suspension du contrat de travail pour chercher un CDI à l'extérieur sans renoncer aux bénéfices du plan, et prévoira un soutien renforcé pour les personnes fragiles et les plus bas salaires.

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1.200 salariés menacés au Crédit Immobilier de France

1.200 salariés menacés au Crédit Immobilier de France | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it

"Le CIF doit présenter demain aux partenaires sociaux du groupe les impacts de sa restructuration.Une grève est annoncée pour le 19 juin. Un prélude au PSE, qui pourrait concerner 1.200 salariés."

Le CIF en DANGER's insight:

 

Le climat social se tend au Crédit Immobilier de France (CIF). C’est demain que la direction doit présenter à l’intersyndicale et à la « Commission Centrale de Négociation » les « mesures de gestion sociale », qui serviront de contour au futur plan social à venir, et qui devrait a priori concerner 1.200 postes, principalement des commerciaux. C’est une étape importante, puisqu’il s’agit a priori de la première base de négociation officielle sur ce dossier.

 

Le climat ne semble pas serein à la veille de ce rendez-vous. L’intersyndicale a invité les salariés à envoyer le même mail à la direction : « Sachez que je serai attentif aux propositions qui seront faites, afin de m’assurer qu’elles seront à la hauteur de la situation dans laquelle vous m’avez mis ». De plus, les syndicats ont déjà prévenu qu’ils se mettraient en grève reconductible à partir du 19 juin. « En fonction des propositions du 18 juin, nous verrons alors si le mouvement se poursuit », précise Carine Mazzoni, secrétaire du comité central d’entreprise du CIF. Interrogée, la direction n'a pas souhaité commenter, indiquant seulement que le plan se voulait ambitieux.

 

Pour rappel, l’établissement spécialisé, dégradé par l’agence Moody’s en février 2012, vit depuis grâce à la garantie provisoire de l’Etat, mais son activité commerciale a été fortement limitée. Paris doit présenter d’ici à la mi-juillet à la Commission européenne un plan de résolution du CIF, en vue de rendre cette garantie définitive. Ce plan doit en particulier préciser les parties qui seront cédées.

 

ASSIGNATION

 

Au lendemain de la grève, le climat ne devrait pas s’apaiser, puisque les représentants des salariés ont assigné en référé leur direction au Tribunal de Grande Instance de Paris. Ils réclament en particulier que leurs experts aient accès à une « information claire » sur les projets de cession de filiales envisagés. « Nous avons le sentiment qu’ils n’ont pas avancé. Si elles sont averties trop tard, les instances du personnel ne pourront pas rendre un avis informé », déplore Carine Mazzoni. Parmi les possibles cessions reviennent souvent Banque Patrimoine et Immobilier (BPI) ainsi que le courtier Assurances et Conseil.

 

Pour ce qui est de l’emploi, le périmètre du plan pourrait faire débat. « On entend parler des 1.200 postes concernés à court terme. Mais avec l’extinction, c’est l’ensemble des personnels qui est concerné à terme », soit près de 2.500 personnes, reprend Carine Mazzoni. Pour l’heure, jusqu’à 300 salariés pourraient rejoindre la Banque Postale. « Quatre personnes sont déjà parties. D’autres entretiens ont eu lieu, avec semble-t-il des retours positifs », souligne Carine Mazzoni. En vertu d’un accord passé récemment, les salariés rejoignant un autre employeur verraient leur contrat de travail avec le CIF uniquement suspendu, ce qui leur permettrait de toucher des indemnités au moment du plan social. En outre, les courtiers en crédit CAFPI et Immoprêt ont pris également position pour une centaine de postes chacun, sous divers statuts.

 

Edouard Lederer

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Communiqué du CE suite à l'assignation de toutes les Directions Régionales et de CIFD / CIFACTION

Communiqué du CE suite à l'assignation de toutes les Directions Régionales et de CIFD / CIFACTION | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it

Les REPRESENTANTS DU PERSONNEL du CREDIT IMMOBILIER DE France demandent à l'Etat de se présenter devant la justice dans le cadre d'une assignation délivrée le 6 juin 2013 POUR UNE AUDIENCE DU 20 JUIN 2013.


En effet, le Comité Central d'Entreprise de l'Unité Economique et Sociale du CIF et son expert TANDEM EXPERTISE ont décidé de saisir le juge des référés contre la direction en présence de l'ETAT, afin d'obtenir les informations nécessaires sur le processus en cours.

 

Plus de 2.500 emplois sont en jeu et les prétendues recherches de la direction pour sauvegarder les emplois, sous le contrôle du Ministère de l'économie, restent totalement opaques.

 

Les représentants du personnel ne sont pas informés des démarches réelles effectuées pour trouver des solutions alternatives ou pour trouver des repreneurs, notamment dans les filiales régionales, alors que les offres de reprise doivent être reçues avant le 15 juillet 2013.

 

La direction présente des éléments aux partenaires sociaux totalement différents de ceux communiqués à la commission des finances de l'assemblée nationale. Ainsi, lors de son audition devant la Commission des finances le 29 mai 2013, Monsieur Yannick BORDE, Président du CIF, présentait une solution au nom des actionnaires : créer un SIEG (Service d'intérêt Economique Général). Problème : aucun financement n'est prévu et Monsieur Henri EMMANUELLI émet des doutes sur cette possibilité en l'absence d'accord de la Caisse des Dépôts et de Consignations pour se faire. Les élus ont appris cette alternative dans le compte rendu de l'assemblée nationale !


Entre-temps les cessions préconisées par l'Etat n'avancent pas.

Les parlementaires de la commission se sont alarmés de cette inertie lors de cette audition au cours de laquelle elle avait demandé la présence de Monsieur Yannick BORDE et Monsieur François MORLAT, Directeur général. Le rapporteur général précise « J'ai la même impression que le Président, à savoir que les transferts tant d'activité que de personnels sont gelés ».

 

Le rapport du gouvernement qui devait être rendu fin mars à ce sujet n'est toujours pas communiqué à la commission.


Les salariés du CIF, par l'intermédiaire de leurs élus, entendent que l'Etat soit représenté à l'audience du 20 juin prochain et se prononce clairement sur son action, pour trouver des solutions afin de sauvegarder les emplois et garantir l'information claire, fiable et précise des comités d'entreprise.

Les salariés estiment à ce jour que le Ministère de l'Economie condamne leurs emplois en imposant une gestion en extinction de l'activité et reste, dans le même temps, totalement inerte quant à la recherche de solutions alternatives condamnant 2500 salariés au chômage.

 

Aujourd'hui, l'entreprise, bénéficiaire, dispose de 2,4 milliards de fonds propres: les salariés s'inquiètent, les actionnaires et l'Etat auraient-ils décidé de se partager le gâteau et laisser les salariés sur le carreau ?

Des éléments parus dans la presse soulèvent des craintes : Madame VIDALENCHE nouvellement recrutée en qualité de directrice générale adjointe en charge des cessions est l'épouse du directeur de cabinet de la Ministre des Affaires Sociales, Madame Marisol TOURAINE.

 

La situation sociale se détériore sur le terrain. Une grève générale est prévue à partir du 19 juin 2013. Les salariés et leurs élus entendent se battre jusqu'au bout pour lutter contre l'inertie de la Direction et du Ministère de l'Economie et empêcher le désastre social qui se prépare.

 

RAPPEL HISTORIQUE

 

Rappelons l'historique : la note du CIF avait été dégradée par l'agence bancaire MODDY'S le 28 août 2012 au prétexte de la fragilité de sa structure alors que l'entreprise dégageait des résultats colossaux : 78 milliards de résultat net pour l'année 2011 et 37 milliards nets en juin 2012.
L'argument évoqué : la société ne peut se financer par des dépôts de clients et doit chercher des financements sur les marchés, ce qui la rendrait trop dépendante de ces derniers. Pourtant, avant cette dégradation, le CIF n'a jamais connu de difficultés de financement.


L'Etat a octroyé sa garantie afin de faire face aux encours suite aux difficultés de refinancement résultant de la dégradation de la notation : le serpent se mord la queue.


Non sans conditions: selon le Ministère de l'Economie pour obtenir l'aval de la commission de Bruxelles, l'activité de l'entreprise doit être gérée en extinction. Pourtant, selon les débats à l'assemblée nationale du 29 mai 2013, le commissaire européen en charge du dossier n'exige absolument pas l'extinction de l'activité. Alors quels sont les intérêts en jeu ?

 

Cette analyse du Ministère de l'Economie entraîne la suppression de pas moins de 2500 emplois dans une entreprise dont les résultats sont très positifs et ont été obtenus grâce au savoir-faire de salariés compétents et particulièrement efficaces en vue de permettre l'accession sociale à la propriété.

 

La parade : la direction, sous le contrôle du Ministère de l'Economie, cherche des repreneurs.

 

Or, à ce jour, les représentants des salariés n'ont pas connaissances de démarches concrètes à ce sujet sur les filiales régionales.

 

Le manque de transparence de la direction est une constante : en février dernier, les élus n'ont pas été consultés sur les conditions définitives de la garantie, son coût pour l'entreprise et donc pour les salariés. La direction les a pressés pour donner des avis, sous la menace d'un dépôt de bilan si celui-ci n'était pas donné, sans leur avoir transmis au préalable les informations nécessaires.

 

Aujourd'hui, ils sont dans une situation identique face notamment aux cessions et n'ont pas l'intention de se laisser faire.


En réalité, ils apprennent que les solutions présentées aux partenaires sociaux ne sont pas celles présentées aux élus de l'assemblée nationale. Ils feront tout avec les salariés pour lutter contre le carnage qui se prépare.

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CIF : les dirigeants se battent toujours pour la survie de la banque / Le Figaro

CIF : les dirigeants se battent toujours pour la survie de la banque / Le Figaro | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it
Les députés ont auditionné jeudi matin les dirigeants du Crédit immobilier de France. Ces derniers ont voulu les convaincre de revenir sur le plan de démantèlement, acté par Bercy. En vain.
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"Nous ne sommes pas une bad bank", assure Yannick Borde, président du CIF / Le Monde

"Nous ne sommes pas une bad bank", assure Yannick Borde, président du CIF / Le Monde | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it
Le dirigeant se bat contre l'extinction programmée du Crédit immobilier de France.
Le CIF en DANGER's insight:

 

Yannick Borde, le président du Crédit immobilier de France (CIF), ne désarme pas. Le processus de cessation progressive des activités de la banque a beau être (très) engagé, et le gouvernement, de Bercy à l'Elysée, résolu à le mener à bien, le dirigeant de la banque placée sous garantie de l'Etat depuis le 31 août 2012 continue de plaider pour un virage à 180 degrés. Et le "maintien en activité d'un CIF restructuré".

 

C'est ce que M. Borde doit dire aux députés, mercredi 29 mai, lors de son audition devant la Commission des finances de l'Assemblée : "Il est encore temps derouvrir le dossier, argumente le président du CIF. Sans quoi, on va engager la première "résolution ordonnée" en Europe d'un groupe qui, non seulement n'est pas déficitaire, mais qui a tout à fait les moyens de financer une restructuration."

 

Si le CIF a dû s'adosser à l'Etat à l'été 2012, rappelle son président depuis quatre mois, ce n'est pas du fait de problèmes de solvabilité – il possède 2,5 milliards d'euros de fonds propres, un montant élevé par rapport à ses risques –, mais de doutes sur son modèle de refinancement, trop dépendant des marchés financiers...

 

Jouer la carte des parlementaires, attachés au CIF et à sa mission historique de financement de l'accession sociale à la propriété des ménages modestes, contre les "technocrates de Bercy", convaincus de l'obsolescence de son modèle : voilà l'option retenue par les dirigeants du CIF pour faire plier l'Etat.

 

Ceux-ci jouent leur va-tout, alors que de précédentes tentatives pour empêcher la disparition du groupe ont échoué, dont celle du prédécesseur de M. Borde, l'ex-député UMP de Savoie, Michel Bouvard, fin 2012. Et que le temps presse : début juillet, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a prévu de notifier à la Commission européenne son plan de "résolution ordonnée". Le feu vert de Bruxelles, qui traque les aides d'Etat, est un préalable à la garantie publique définitive, qui doit permettreau CIF de se démanteler sans heurt.

 

Pour convaincre les députés de l'intérêt de faire machine arrière, M. Borde déroule ses arguments : "Les 2,5 milliards du CIF, aujourd'hui gelés, ne seraient-ils pas utiles à l'économie, en ces temps de disette ?, interroge-t-il. Ne pourrait-on pas, par exemple, aider l'Etat à financer la lutte contre la précarité énergétique ?" "Les Sacicap sont disposées à réinvestir leurs fonds propres dans des actions répondant aux politiques publiques dans le domaine du logement", précise le dirigeant.

 

"Il faut explorer toutes les options d'adossement ou de restructuration. Revenir sur une décision d'extinction prise en 48 heures, poursuit M. Borde. Sinon, dans trois ou quatre ans, on réalisera qu'une grave erreur a été commise et qu'en dépit des promesses, les banques n'ont pas remplacé le CIF pour l'accession sociale..."

 

VIABILITÉ

 

La publication des comptes de 2012 et un audit du cabinet Deloitte plaideraient en sa faveur, attestant de la viabilité du groupe : "Il y a six mois, quand nous disions que le CIF était solide, le Trésor nous accusait de mensonge. Maintenant, nous avons des chiffres à lui opposer. Nous ne sommes pas une "bad bank" comme on a voulu le faire croire !"

 

Finalement, M. Borde met en garde le gouvernement : "Si on ferme le CIF, ce sera l'un des plus gros plans sociaux de 2013, avec au bas mot 1 200 suppressions d'emplois immédiates sur 2 500 salariés." Et d'avertir l'Etat : "Le projet de résolution final devra recueillir l'approbation de deux tiers des actionnaires... Or ils ne se résoudront pas à la fermeture si tout n'a pas été tenté."

 

A Bercy, l'offensive de M. Borde agace. "Il n'y a pas d'alternative à la résolution, il est temps de l'accepter, martèle-t-on dans l'entourage du ministre de l'économie.Sans garantie d'Etat, le CIF est fini, aucun investisseur n'achèterait ses titres. Et en échange de la garantie, la Commission européenne demande la mise en extinction." Dont acte.

 

Une réunion vient de se tenir à Bruxelles, avec la direction du CIF, qui a balisé le scénario des mois à venir, dont la vente des filiales viables. Bercy estime avoir donné des gages pour éviter un choc trop rude, avec l'octroi d'une garantie quasi gratuite et des efforts pour associer le secteur bancaire au reclassement des salariés. Alors que 800 à 900 salariés géreront l'extinction, la Banque postale (qui n'a repris que 30 salariés à ce jour) fera des offres d'emploi au fil de l'eau, pour en intégrer comme convenu 300. Un accord est en cours avec les autres banques.

 

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CIF Action - Médiapart

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Les articles de Médiapart, le seul média qui s'est intéressé à la réalité de cette affaire...

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CIF : quel gâchis ! / UFAL

" L’extinction programmée du Crédit immobilier de France (CIF) est un scandale d’État. Les 2500 salariés qui, depuis plus d’an an, se tournent les pouces dans leur bureau, attendent enfin une décision gouvernementale sur leur avenir. Les Hauts fonctionnaires de Bercy veulent récupérer les fonds propres (quelques milliards) du CIF pour alimenter le tonneau des Danaïdes des finances publiques. Avec cette politique, une institution financière atypique va disparaître : elle s’occupait de financer le logement essentiellement pour des ménages modestes. "

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Moscovici et l’avis de décès du CIF / L'Est Réuplicain

Moscovici et l’avis de décès du CIF / L'Est Réuplicain | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it
Ce qui ressemble à un ironique avis de décès interpelle forcément le quidam qui déambule dans les rues pittoresques de Dinan, en cette fin du mois d’août.
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CIF : l'argent, le nerf de la grève / La Nouvelle République

CIF : l'argent, le nerf de la grève / La Nouvelle République | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it
Salle Monaco de l'Hôtel de Paris à Poitiers. Quelques dizaines de salariés du Crédit Immobilier de France Centre-Ouest (CIFCO) venus de Châteauroux, Niort, Tours, Brive, ...
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Les salariés du CIF veulent des indemnités de départ "dignes" / France 3 Bourgogne

Les salariés du CIF veulent des indemnités de départ "dignes" / France 3 Bourgogne | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it
Une grève de toutes les filiales du groupe CIF (Crédit immobilier de France) est organisée mercredi 19 juin 2013. Les salariés protestent contre le plan social qui touche au moins 1 200 salariés.
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Anglet (64). Les salariés du CIF en grève / Sud-Ouest

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Ce mercredi, les salariés du Crédit immobilier de France (CIF) sont en grève à Anglet comme dans toute la France, pour alerter sur le plan social qui pourrait concerner 2.500 salariés...
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Grève du personnel du CIF à Paris contre la proposition de PSE

La direction du CIF a annoncé le 18 juin 2013 sa proposition pour le Plan Social qui mettra à terme 2 500 personnes au chômage d'une société rentable et saine ! 
Suite à cette annonce, un mouvement de grève illimitée et très suivi a été lancé dans toutes les filiales réparties sur l'ensemble du territoire.

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CIF : À quoi joue le gouvernement français ? / Michel SAVIN (Sénateur)

CIF : À quoi joue le gouvernement français ? / Michel SAVIN (Sénateur) | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it

 

La Commission européenne a temporairement autorisé en février dernier la garantie de 18 milliards d’euros apportée par l’Etat français au Crédit immobilier de France (CIF). Cette garantie doit permettre de laisser le temps à cet établissement financier, spécialisé dans le crédit immobilier aux ménages modestes, d’établir un plan de restructuration ou de résolution ordonnée que l’Etat français s’est engagé à présenter à la Commission européenne dans un délai de six mois à compter de la date de la décision d’autorisation temporaire.

 

La Commission européenne n’a pas réclamé l’extinction du CIF


La Commission européenne n’a donc pas réclamé à cet instant l’extinction du CIF en contrepartie de la garantie de la France. Or, l’Etat français fait des pieds et des mains depuis quelques mois pour essayer de rallier la Commission européenne à son scénario qui consisterait à l’extinction progressive du CIF, et donc à sa disparition dans un futur proche (probablement 2020).

 

Cette volonté du gouvernement français de liquider le CIF est profondément scandaleuse, injuste et choquante. Ce scénario déboucherait ainsi sur le licenciement des 2500 salariés et sur l’abandon de la vocation d’accession à la propriété immobilière pour les ménages modestes alors que la construction de logements s’effondre en France et que la situation financière du CIF est saine.

 

Un rapport d’audit du cabinet Deloitte confirme que le CIF est une entreprise saine et rentable


Le cabinet Deloitte a en effet produit un rapport d’audit qui confirme que le CIF est une entreprise saine, rentable et qu’elle est seulement confrontée à un problème de liquidité et non de solvabilité. Le CIF n’est donc pas du tout dans une situation comparable à celle de la banque Dexia.

Alors dans ces conditions, pourquoi le gouvernement français ne veut-il pas envisager d’alternative à la liquidation du CIF ? Pourquoi la liquidation du CIF est-elle le seul scénario alors qu’un autre établissement financier, le Crédit foncier de France, a été sauvé il y a quelques années ?

 

Le gouvernement veut à tout prix mettre la main sur le joli pactole et la manne financière du CIF


La réponse est fort malheureusement purement comptable et financière. Le gouvernement français veut par tous les moyens mettre la main, en ces temps de disette budgétaire, sur tout ou partie des fonds propres du CIF (environ 2,5 milliards d’euros) et sur les liquidités qui résulteraient de la gestion en extinction du CIF. Et on ne parle pas de petites sommes puisqu’après le paiement du plan social, le CIF devrait dégager un résultat de 100 millions d’euros par an, sans sa force commerciale qui sera licenciée.

 

Toutes ces liquidités devraient être ainsi bloquées sur un compte séquestre et disponibles au terme de l’extinction. On comprend donc mieux pourquoi le gouvernement français veut absolument procéder à la liquidation du CIF. L’objectif pour l’Etat français, dont les caisses sont vides, est que sa garantie soit levée le plus rapidement possible afin de mettre la main sur les fonds propres du CIF et le compte séquestre joliment garni. Peut-on accepter que l’Etat fasse son beurre sur le dos des ménages modestes français et des 2500 salariés du CIF ?

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Le plus gros plan social du secteur bancaire en approche / ABC Bourse

Les plans sociaux s'enchainent un peu partout dans l'hexagone depuis
maintenant de long mois et le plus gros d'entre eux dans le secteur bancaire...

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Video mobilisation Paris des salaries du credit immobilier de france

Les salariés parisiens du Crédit Immobilier de France (3CIF, BPI, IDF, GIE CIF SERVICES, GIE I-CIF) ont organisé un rassemblement des salariés dans la cour de Madrid le 5 juin à 14h.


L'idée première était de soutenir nos délégués syndicaux qui devaient avoir une réunion avec la direction générale à 14h30 ce même jour. Les salariés parisiens du CIF ont répondu présent. Nous étions près de 150 personnes.


Après avoir occupé la cour de Madrid, les salariés ont décidé d'aller occuper le 2ème étage (celui de la direction générale). Peu après notre arrivée, nous avons appris que certains administrateurs étaient en réunion de travail dans
un bureau du deuxième avec une partie de la direction générale à savoir Yannick BORDE, François MORLAT, Patrick AMAT, Claude-Michel DESBORDE et Thierry GILLOUIN. Les salariés se sont donc dirigés vers le bureau afin d'être reçus par ce groupe de travail.


Devant le brouhaha des salariés, les dirigeants ont retiré la poignée de la porte afin de s'enfermer dans la salle. Après beaucoup de bruit de notre part François MORLAT est sorti, et a proposé de nous parquer une nouvelle fois dans la salle du sous-sol de Madrid. Les salariés ont refusé d'aller dans la salle du -1 et ont tambouriné sur la porte et le mur demandant à être reçus par ce groupe de Travail.


Après de longues minutes d'attente et de bruit de notre part, la porte s'est ouverte et nous nous sommes engouffrés à l'intérieur. 

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Recours en justice des représentants du personnel du Crédit Immobilier de France / CBanque

Recours en justice des représentants du personnel du Crédit Immobilier de France / CBanque | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it
Les représentants du personnel du Crédit Immobilier de France (CIF), promis à la disparition, ont déposé jeudi un recours en justice contre la direction afin d'obtenir des informations sur les démarches en cours concernant la situation de la banque.
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Les dirigeants du CIF plaident pour des aménagements au plan de résolution / Les Échos

Les dirigeants du CIF veulent plus de temps pour trouver des repreneurs. La porte est étroite pour le Crédit...
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CIF : le Trésor veut rallier Bruxelles à la cause de la liquidation / Médiapart

CIF : le Trésor veut rallier Bruxelles à la cause de la liquidation / Médiapart | Non à la mort programmée du CIF | Scoop.it
Le CIF en DANGER's insight:

Par Philippe Riès

 

Du « champion national » type Alstom au cas social désespéré façon SNCM, quand un gouvernement français doit se confronter à la direction de la concurrence de la Commission européenne, c’est en général pour sauver une entreprise. Dans le cas du Crédit immobilier de France, c’est tout le contraire et c’est inédit. La direction du Trésor, qui gère le dossier dans l’indifférence manifeste ou avec la complicité du pouvoir politique, veut par tous les moyens rallier l’exécutif européen à la liquidation progressive – on dit « l’extinction » – de cette institution financière dont la vocation était de faciliter l’accession à la propriété immobilière des ménages modestes.


Le gouvernement français devrait transmettre à Bruxelles dans les prochains jours une « communication » sur la garantie financière que l’État français a apportée au CIF pour lui permettre de se refinancer et les conditions qui lui sont attachées, dont la principale est un plan de disparition progressive d’ici 2020. Avec à la clef des milliers de suppressions d’emplois et de graves incertitudes sur le sort réservé à
une clientèle traditionnellement ignorée par les grands réseaux bancaires. Au moment où la construction de logements s'effondre.


Les documents consultés et les témoignages recueillis par Mediapart démontrent que le Trésor, qui a fait du CIF sa « chose », veut convaincre la Commission que l’extinction est la seule solution possible, qu’elle n’aura aucun impact sur le niveau de concurrence sur le marché français du crédit immobilier, que le CIF ne remplit aucune « mission sociale » spécifique qui pourrait justifier une tentative de sauvetage. Sous la houlette du très sarkozyste Ramon Fernandez, la nouvelle patronne du service du financement de l’économie, Delphine d’Amarzit, qui a servi dans quatre cabinets de ministres de droite (dont Nicolas S. soi-même), poursuit le travail de Hervé de Villeroché, parti à Washington, avec Corso Bavagnoli 

(ex du cabinet Fillon à Matignon) et Jérôme Reboul comme
exécutants.


Ces documents, un épais rapport d’audit réalisé à la demande de la direction générale du CIF par le cabinet Deloitte et un plan détaillé de « résolution ordonnée » par une « gestion extinctive » (en français dans le texte), négociés avec le Trésor dans un « comité de suivi », ont été transmis dernièrement aux représentants du personnel, ultime formalité avant leur communication à la Commission européenne.

 

Le travail de Deloitte, daté du 8 mars 2013 et portant la mention « strictement confidentiel », confirme, en bloc et en détail, que le CIF est une entreprise saine, rentable, qui est confrontée à un strict problème de liquidité et pas du tout de solvabilité. « Il n’y a pas de bombe à retardement comme chez Dexia », commente une source proche du dossier. Les associés de Deloitte, dont les dizaines d'experts ont analysé pendant deux mois tous les éléments de la structure complexe du CIF, à la fois à étages et régionalisée, « n’ont pas trouvé de sous-provisionnement significatif des risques ». « Le modèle mis en œuvre par le CIF produit des résultats prudents », écrivent les deux dirigeants de Deloitte, en relevant cependant que le groupe « reste malgré tout très exposé à une évolution adverse du marché immobilier en France ». Mais ce serait le cas de toutes les banques françaises. Au total, « les ajustements comptables suggérés ne dépassent pas 2,3 % de la situation nette consolidée au 30 juin 2012 », soit une quarantaine de millions d’euros sur un encours de 34 milliards. À comparer aux plus de 15 milliards d’euros que Dexia a déjà coûté aux contribuables belges, français et luxembourgeois, selon des estimations indépendantes.

 

Enjeu, la cassette d'une machine à cash

Ce n'est pas étonnant. Alexandre Ribot, le député du Nord père de la loi d’avril 1908 qui voulait permettre aux foyers ouvriers d’accéder à la propriété de leur logement, affirmait déjà que « le petit travailleur est le débiteur le plus consciencieux, le plus probe et le plus sûr qu'on puisse trouver ». C'est cette histoire et cette spécificité que les représentants du Trésor, selon les témoignages recueillis, se sont évertués à faire retirer dans le plan qui sera communiqué à Bruxelles. Objectif : gommer tout ce qui pourrait donner une image positive du CIF. En d’autres termes, c’est « TINA », il n’y aurait pas d’alternative à la liquidation de cette institution financière. Un point crucial concerne la part de marché du CIF et par conséquent l’impact qu’aurait sa disparition sur la concurrence. Rappelons que la part de marché du CIF dans la clientèle des foyers à revenus modestes est évaluée à quelque 20 %. Le Trésor n’aurait pas apprécié non plus que l'on fasse figurer dans le plan le rappel des nombreuses tentatives lancées pour adosser le CIF à un établissement bancaire classique (comme cela avait été fait pour le Crédit foncier de France), dès lors que son modèle de financement par appels au marché se trouvait temporairement inaccessible (comme nous l’avions analysé ici).

 

Il faut d’ailleurs souligner que ce modèle financier, qui a conduit assez récemment à la création de structures ad hoc comme 3CIF et CIF euromortgage, n’aura été qu’un épisode dans l’histoire plus que centenaire de l’institution financière. D’autres modes de financement avaient existé auparavant, à travers notamment les liquidités disponibles à la Caisse des dépôts. Une source proche du dossier souligne que la CDC avait fait du portage pour sauver le CFF en difficulté en attendant de l’adosser (aux Caisses d’épargne), une solution proposée à l’été 2012 par l’ancienne direction générale du CIF, qui pointait l’augmentation des fonds collectés par le livret A après le relèvement du plafond, mais rejetée par le Trésor.

 

Les marchandages en cours confirment que la clef de ce comportement se trouve dans la volonté de Bercy de mettre la main sur une bonne partie des fonds propres du CIF, quelque 2,5 milliards d’euros, et sur la véritable machine à cash que sera la gestion extinctive. Une cassette appréciable en ces temps de disette budgétaire.

 

Pour le comprendre, il faut s’intéresser au mécanisme de la garantie que l’État accorde au CIF pour lui permettre de continuer à lever des fonds sur les marchés. De grosses tombées ont été refinancées en mars dernier, une autre venant à échéance en juin. « Le Trésor tient le calendrier », explique-t-on en interne. Jusqu’à présent, le Trésor s’est refusé à indiquer le coût de cette garantie, information qu’il faudra évidemment communiquer à la Commission européenne.

 

Les chiffres sont éloquents, indique une source proche du dossier. Après paiement du plan social, dont la facture strictement légale est évaluée à quelque 93 millions d’euros (les syndicats demandant quatre ou cinq fois plus, avec Dexia comme référence), le CIF, sans la force commerciale qui sera démantelée, avec des effectifs se réduisant comme peau de chagrin et un coût du risque dégressif, devrait dégager un résultat annuel de 100 millions d’euros. Dans l’état actuel du projet, ces sommes seront bloquées sur un compte de séquestre et disponibles au terme de l’extinction.

 

S'agissant du prix de la garantie de l'État, le Trésor hésiterait entre le prix fort, consistant en fait à « se payer sur la bête ». Mais c'est une autre stratégie qui tiendrait désormais la corde. La garantie, que l'on qualifierait “d'aide” par abus de langage, serait facturée aux mêmes conditions que celles offertes à Dexia, soit 5 points de base. Ce qui veut dire que si le CIF émettait à 50 points de base (0,5 %) au-dessus du taux de marché (Euribor), l’État se rémunérerait à hauteur de 0,05 %. À titre de comparaison, on rappellera que la garantie de l’État coûte 200 points de base à PSA Banque.

 

«L’opération, telle que nous la comprenons, consiste désormais à faire en sorte que la garantie de l'État puisse être levée le plus vite possible afin de mettre la main sur les fonds propres et le compte de séquestre », explique une source proche du dossier. Une manœuvre qui s’appuie sur un raisonnement simple : au fur et à mesure que son bilan va maigrir, le CIF aura de moins en moins besoin de fonds propres et de refinancement. CQFD.

 

Il faut enfin compter avec le patrimoine immobilier du groupe, qui comporte quelques pépites, à commencer par le bel immeuble particulier de la rue de Madrid à Paris, siège du groupe CIF. La réalisation de ces opérations est désormais de la responsabilité de Perrine Vidalenche, nommée récemment directrice générale adjointe en charge des cessions d’actifs. Épouse de Denis Morin, directeur de cabinet de la ministre des affaires sociales Marisol Touraine, Mme Vidalenche, administrateur civil passée par le Trésor (surprise, surprise !), vient de la société privée Cible Expansion, groupe d’investissement immobilier qui possède notamment l’Hôtel Intercontinental à Paris (et accessoirement la marque du vélomoteur Solex). « Nous ne voulons pas sombrer dans la paranoïa, relève une source interne, mais il est difficile de ne pas s’interroger sur le risque de conflit d’intérêts que comporte ce placement des copains. » Dans la « République exemplaire » de François Hollande ?

 

 

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