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La criminalisation de la dissidence politique aux États-Unis -- Tom CARTER

La criminalisation de la dissidence politique aux États-Unis -- Tom CARTER | Infos en français | Scoop.it
Avec une série de procès aux États-Unis, les précédents juridiques qui vont criminaliser la dissidence politique en Amérique. La semaine dernière, un (...)
Juan Carlos Hernandez's insight:

Avec une série de procès aux États-Unis, les précédents juridiques qui vont criminaliser la dissidence politique en Amérique.

La semaine dernière, un étudiant du secondaire du Massachusetts, Cameron D’Ambrosio fut arrêté et accusé en vertu des lois « terroristes », simplement pour avoir mis en ligne des paroles de chansons sur Facebook qui faisaient référence aux attentats à la bombe de Boston. Il encourt 20 ans de prison. Une série de poursuites « terroristes » similaires à travers le pays s’en prennent au premier amendement et à sa protection de la liberté d’expression et de l’expression politique.

Les autorités ont déjà étiqueté certains participants d’Occupy Wall Street et des manifestations anti-OTAN comme étant des « terroristes ». L’année dernière, des commandos contre le « terrorisme intérieur », lourdement armés, ont pris d’assaut des maisons de protestataires d’Occupy Wall Street dans l’État de Washington et de l’Oregon, utilisant des béliers et des grenades assourdissantes. Les commandos avaient l’autorisation de saisir tout « matériel ou littérature anti-gouvernemental ou anarchiste ».

Tout comme pour la liberté d’expression, la liberté de rassemblement, qui est aussi garantie par le premier amendement, n’a pas été officiellement révoquée. Cependant, la réalité est que le rassemblement politique est déjà une activité semi-criminelle en Amérique. Des manifestations à caractère politique font régulièrement face à des mobilisations policières disproportionnées, au confinement à de paradoxales « zones de liberté d’expression » ou à « l’encerclement » (en anglais, « kettling », lorsque les protestataires sont encerclés et poussés dans une direction ou empêchés de quitter une zone confinée), à des passages à tabac, à des gaz lacrymogènes, au poivre de Cayenne à des grenades assourdissantes ou à des balles de caoutchouc. La réponse standard du gouvernement à une manifestation politique est une démonstration massive de force, complétée avec des tireurs d’élite sur les toits.

La tentative d’établir un état policier américain, lancée sous l’administration Bush, est passée en cinquième vitesse sous Obama. Pendant près de 12 ans, la « guerre contre le terrorisme » bidon a été utilisée comme un prétexte passe-partout pour des guerres illégales et im

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#Nestlé et ses secrets .. #harcèlement #sécuritéalimentaire #mobbing

#Nestlé et ses secrets .. #harcèlement #sécuritéalimentaire #mobbing | Infos en français | Scoop.it
Juan Carlos Hernandez's insight:

merci de liker cette page pour soutenir Yasmine dans sa lutte contre Nestlé et ... pour nous tous https://www.facebook.com/justiceforyasmine?fref=ts

 

Selon Yasmine Motarjemi, ex vice directrice de la sécurité alimentaire chez Nestlé qui est actuellement en procès contre eux pour harcèlement moral, lorsqu'elle est entrée chez Nestlé, elle pensait que cette entreprise était saine avec quelques fruits pourris mais elle pense désormais que c'est le contraire. Nestlé est une entreprise malsaine avec quelques fruits sains. On ne la laissait pas faire son travail concernant la sécurité alimentaire. Elle désirait faire son travail. Elle a donc été harcelée. Elle se bat pour l'éthique. C'est une héroïne des temps modernes et elle mérite notre large soutien. Nestlé a, pour sa part, porté plainte contre elle pour divulgation de "secret professionnel". Et des sales petits secrets, il y en a beaucoup chez Nestlé. Plus ici .http://www.lacite.info/dans-les-coulisses-dune-plainte-pour-harcelement-contre-nestle/

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Mehdi BH's comment, September 12, 2013 5:13 AM
Juan Carlos, le lien est mal construit : Il devrait être comme ceci :http://www.lacite.info/dans-les-coulisses-dune-plainte-pour-harcelement-contre-nestle/
Juan Carlos Hernandez's comment, September 12, 2013 5:18 AM
merci de me l'avoir signalé .. triste néamoins que tu sois le premier à me le signaler car ceci est en ligne depuis de nombreux mois ;-(
Mehdi BH's comment, September 17, 2013 9:25 AM
Effectivement....
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Révélations d #EmileLahoud (prés #Liban 98-07,chef armée 89-98) s/ #israel qui corrompt élites liban #corruption

Les révélations d #EmileLahoud (prés #Liban 98-07,chef armée 89-98) s/ #israel qui corrompt les élites libanaises et rend ce pays ingouvernable ... aidé par les Saoud   #corruption #géopolitique

 

Ajoutée le 15 août 2016

Entretien exceptionnel accordé par Émile Lahoud à Sylvain Durain lors de son séjour au Liban.

L'ancien Président du pays revient sur ses expériences passées, les tentatives de corruptions dont il a été victime, ainsi que ses espoirs pour le Liban et termine par délivrer un message pour la France.

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#FrançoisBurgat , blanchisseur d’ #AlQaïda #Syrie - #DictatureDesExperts #SavantsSots #Corruption (?) #France

#FrançoisBurgat , blanchisseur d’ #AlQaïda #Syrie - #DictatureDesExperts #SavantsSots #Corruption (?) #France

Par Bruno Guigue le 20 août 2016

Les amis de la « révolution syrienne» nous disaient que Bachar Al-Assad était un tyran sanguinaire coupable d’atrocités sans nom. Ils clamaient que le peuple syrien dressé comme un seul homme aurait bientôt raison du « boucher de Damas ». La main sur le cœur, ils juraient que l’opposition démocratique congédierait les djihadistes, préparant la Syrie de demain. Huilée comme un roulement à billes, cette narration, en accréditant la fiction d’une révolution vertueuse, nous étourdissait de ses promesses. Rassurante pour l’esprit, elle distribuait les rôles selon un axe manichéen, confortant la bonne conscience occidentale et justifiant l’ingérence étrangère.

Pour peu, on aurait fini par y adhérer tant la désinformation sur le drame syrien était massive. On nous servit hier le « false flag » d’une attaque chimique attribuée en dépit du bon sens au gouvernement syrien. On nous vend aujourd’hui la photo accusatrice d’un enfant blessé, image cruelle désignant aussitôt le coupable, le frappant d’indignité à la vitesse trompeuse d’une émotion sur commande [*]. Conflit entre le bien et le mal, la « guerre civile » syrienne se coule dans le moule d’un récit préfabriqué, elle se laisse happer par les fausses évidences d’une compassion sélective.

Mais cette fable politique semble avoir épuisé ses charmes. Le mythe d’une opposition laïque et démocratique s’est évanoui comme un écran de fumée. Il ne laisse derrière lui que des vapeurs d’alcool se dissipant peu à peu dans les salons feutrés des grands hôtels de Paris et Doha. Vautrée dans les fauteuils en moleskine, une coterie de patriciens déchus, de renégats vieillissants et de rombières appointées en dollars y devisa longuement sur l’avenir d’un pays qu’elle trahissait. Puis ces héros de pacotille sont partis, les uns après les autres, oubliant leurs rêves de gloire. De cette mauvaise farce, il ne reste rien d’autre que l’odeur rance d’un lendemain de fête triste.

Cette révolution-bidon s’est effondrée comme un château de cartes. Dans le fracas de sa chute, elle a laissé la place à une réalité tenace, de ces réalités qui émergent à marée basse, résistant obstinément aux tentatives de dénégation : la Syrie est un champ de bataille titanesque où s’opposent un Etat souverain soutenu par la majorité de la population et une armée de mercenaires lourdement armés par les maîtres du monde. C’est l’affrontement sans pitié entre deux projets incompatibles. D’un côté, un nationalisme arabe séculier, respectueux des minorités, intransigeant sur l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale. De l’autre, un islamisme rétrograde vendu au plus offrant, décidé à régler leur compte aux minorités récalcitrantes et à instaurer un Etat confessionnel fondé sur une charia rigoriste.

Cette réalité, il faut croire que les défenseurs les plus acharnés de la « révolution syrienne » ont fini par l’admettre. Car ils font leur deuil des modérés en costume-cravate et se rallient sans vergogne aux djihadistes. Le Front Al-Nosra ayant ravalé la façade en rompant son affiliation à la maison-mère, le tabou peut être transgressé. Au lendemain même du changement de label, voilà que commence l’opération de blanchiment. « Al-Nosra », ex-« Al-Qaida » rebaptisé « Fatah Al-Cham » ? Des gens bien, des gens fréquentables ! Un grand chercheur français nous le dit : « Je pense que l’un des grands défis des Occidentaux, c’est d’être capables de mettre le curseur sur des forces politiques que l’on va considérer comme fréquentables, ou dont on va accepter qu’elles font partie de ce lot de forces politiques parmi lesquelles les Syriennes et les Syriens choisiront, le jour venu. Et je pense que oui, l’ex-Front al-Nosra devrait faire partie des forces politiques considérées comme fréquentables », déclare François Burgat sur RFI le 9 août 2016.

Merveilleux pays que la France, où un chercheur du CNRS tresse des couronnes à une bande d’assassins revendiquant l’héritage d’Oussama Ben Laden. Fonctionnaire français s’exprimant sur une chaîne de service public, il affirme non seulement qu’Al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaida jusqu’à la semaine dernière, est « fréquentable », mais que cette organisation responsable d’innombrables atrocités doit faire partie de l’avenir de la Syrie. Les Syriens sauront gré à M. Burgat, n’en doutons pas, de cette touchante sollicitude pour leur avenir ! Mais il est vrai que pour M. Burgat et ses condisciples, la volonté du peuple syrien ne pèse pas lourd.

Notre chercheur conseille aux Occidentaux davantage de bienveillance à l’égard des émules fraîchement reconverties d’Al-Qaida pour vaincre Bachar Al-Assad. Quel brillant stratège ! Il doit ignorer que la collaboration entre Al-Nosra et Daech fonctionne déjà à plein régime dans la bataille d’Alep, et que ses amis n’ont pas attendu ses conseils pour recevoir l’aide précieuse des Occidentaux qui leur fournissent armes et munitions depuis belle lurette. Débordant d’empathie pour Al-Nosra reconvertie, M. Burgat ignore-t-il aussi que cette organisation criminelle a approuvé les attentats, commis par Daech le 13 novembre 2015, qui ont coûté la vie à 130 de nos compatriotes ? Nul doute que les familles des victimes apprécieront à leur juste valeur ses savantes recommandations.

Bruno Guigue | 20 août 2016

Bruno Guigue, ex-haut fonctionnaire, analyste politique et chargé de cours à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles.

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Décryptage : Les #médias ont caché le rôle d’ #alQaïda en #Syrie - #Syria #presse #journalisme #désinformation

Décryptage : Les #médias ont caché le rôle d’ #alQaïda en #Syrie - #Syria #presse #journalisme #désinformation | Infos en français | Scoop.it

Important et factuel.

A lire d'urgence si on veut comprendre dans le détail comment les médias de masse ont manipulé l'opinion publique sur la #Syrie depuis 2011  (les hyperliens pour les sources et des cartes sont disponibles si vous cliquez sur le site)

 

Décryptage : Les #médias ont caché le rôle d’ #alQaïda en #Syrie - #Syria #presse #journalisme #désinformation

 

Par Gareth Porter le 16 avril 2016
 
 
Gareth Porter est un journaliste superbe. Dans l’article ci-dessous il analyse la couverture des médias aux Etats-Unis. Nous avons constaté la même couverture mensongère de la part des médias traditionnels européens. SC
 
Lorsque les frappes aériennes russes ont débuté en Syrie, les médias des États-Unis [la presse occidentale en général, ndlr] ont affirmé mensongèrement que le président Poutine avait promis de frapper uniquement l’EIIL et avait attaqué à la place des rebelles « modérés ». Mais le secret gênant est que ces rebelles travaillaient avec al-Qaïda, écrit Gareth Porter.

Par Gareth Porter

Il y a eu un problème crucial dans la couverture médiatique de la guerre civile syrienne, c’est la façon de caractériser la relation entre l’opposition prétendument « modérée » armée par la CIA, d’une part, et la franchise d’al-Qaïda le Front al-Nosra (et son allié proche Ahrar al-Sham), d’autre part.

Mais c’est un sujet politiquement sensible pour les dirigeants des États-Unis, qui cherchent à renverser le gouvernement de Syrie sans avoir l’air de faire cause commune avec le mouvement responsable du 11 septembre, et le système de production de l’information a effectivement fonctionné pour empêcher les médias d’information d’en rendre compte de façon exacte et complète.

L’administration Obama a depuis longtemps dépeint les groupes d’opposition à qui elle a fourni des armes antichars comme étant indépendants du Front al-Nosra. En réalité, l’administration s’est appuyée sur la coopération proche de ces groupes « modérés » avec le Front al-Nosra pour exercer une pression sur le gouvernement syrien.

Les États-Unis et leurs alliés, en particulier l’Arabie saoudite et la Turquie, veulent que la guerre civile s’achève sur la dissolution du gouvernement du président syrien Bachar el-Assad, soutenu par les rivaux des États-Unis comme la Russie et l’Iran.

Étant donné que le Front al-Nosra a été créé par al-Qaïda et lui a confirmé sa loyauté, l’administration a désigné al-Nosra comme une organisation terroriste en 2013. Mais les États-Unis ont effectué très peu de frappes aériennes depuis, ce qui contraste avec l’autre rejeton d’al-Qaïda, l’État islamique ou EIIL (Daech), qui a été l’objet d’intenses attaques aériennes de la part des États-Unis et de ses alliés européens.

Les États-Unis sont restés silencieux à propos du rôle de leader du Front al-Nosra dans les efforts militaires contre Assad, dissimulant le fait que le succès d’al-Nosra au nord-ouest de la Syrie a été un élément clé de la stratégie diplomatique pour la Syrie du secrétaire d’État John Kerry.

Quand l’intervention russe en soutien au gouvernement syrien a commencé en septembre dernier, visant non seulement l’EIIL mais aussi le Front Nosra et les groupes alliés à lui soutenus par les États-Unis contre le régime d’Assad, l’administration Obama a immédiatement estimé que les frappes russes visaient des groupes « modérés » plutôt que l’EIIL, et a exigé que ces frappes cessent.

La volonté des médias d’information d’aller plus loin que la ligne officielle et de rendre compte de la vérité sur le terrain en Syrie a ainsi été mise à l’épreuve. Il a été bien documenté que ces groupes « modérés » avaient été intégrés en profondeur dans les campagnes militaires dirigées par le Front al-Nosra et Ahrar al-Sham sur le front principal de la guerre dans les provinces d’Idleb et d’Alep au nord-ouest de la Syrie.

Par exemple, une dépêche d’Alep de mai dernier dans Al Araby Al-Jadeed (Le Nouvel Arabe), un journal quotidien financé par la famille royale qatarienne, a révélé que chacune des dix factions « modérées » de la province, voire plus, soutenues par la CIA, avait rejoint Fatah Halab (Conquête d’Alep), le commandement tenu par al-Nosra. Officiellement, le commandement était dirigé par Ahrar al-Sham et le Front al-Nosra en était exclu.

Mais comme le journaliste d’Al Araby l’a expliqué, cette exclusion « signifie que l’opération a une plus grande chance de recevoir le soutien régional et international. » C’est une manière détournée de dire que l’exclusion supposée d’al-Nosra était un dispositif qui visait à faciliter l’approbation de l’administration Obama d’envoi de plus de missiles TOW aux « modérés » dans la province, parce que la Maison-Blanche ne pouvait pas soutenir de groupes travaillant directement avec une organisation terroriste.

Le Front al-Nosra était d’autant plus engagé qu’il permettait à des groupes « modérés » d’obtenir ces armes des États-Unis et de ses alliés saoudiens et turcs, parce que ces groupes étaient perçus comme trop faibles pour opérer indépendamment des forces djihadistes salafistes, et parce que certaines de ces armes seraient partagées avec le Front al-Nosra et Ahrar.

Après que le Front al-Nosra a été formellement identifié comme organisation terroriste dans le but d’obtenir un cessez-le-feu syrien et des négociations, il est pratiquement devenu clandestin dans les zones proches de la frontière turque.

Un journaliste qui habite au nord de la province d’Alep a dit à Al-Monitor que le front al-Nosra avait arrêté de battre son propre pavillon et dissimulait ses troupes sous celles d’Ahrar al Sham, qui avaient été acceptées aux discussions par les États-Unis. Cette manœuvre visait à soutenir l’argument que c’étaient les groupes « modérés » et pas al-Qaïda qui étaient visés par les frappes aériennes russes.

Mais un examen de la couverture des frappes aériennes russes et du rôle des groupes armés soutenus dans cette guerre par les États-Unis lors des toutes premières semaines dans les trois journaux les plus influents des États-Unis avec le plus de ressources pour rendre compte précisément du sujet, le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal, révèle un schéma-type dans les articles, qui penchait fortement dans la direction désirée par l’administration Obama, soit en ignorant entièrement la subordination des groupes « modérés » au Front al-Nosra, soit en n’en faisant qu’une légère mention.

Dans un article du 1er octobre 2015, la correspondante du Washington Post à Beyrouth, Liz Sly, a écrit que les frappes aériennes russes étaient « conduites contre l’une des régions du pays où les rebelles modérés ont toujours un point d’ancrage et d’où l’État islamique a été éjecté il y a plus d’un an et demi. »

À sa décharge, Sly a précisé « Certaines des villes touchées sont des bastions de la coalition récemment formée Jaish al Fateh », dont elle a dit qu’elle comprenait le Front al-Nosra et « un assortiment d’islamistes et de factions modérées. » Ce qui manquait, cependant, c’était le fait que Jaish al Fateh n’était pas simplement une « coalition » mais une structure de commandement militaire, ce qui veut dire qu’il existait une relation bien plus étroite entre les « modérés » soutenus par les États-Unis et la franchise al-Qaïda.

Sly faisait spécifiquement référence à une attaque qui a touché un camp d’entraînement à la périphérie d’une ville de la province d’Idleb aux mains de Suqour al-Jabal, qui avait été armé par la CIA.

Mais les lecteurs ne pouvaient pas évaluer cette description sans le fait essentiel, rapporté dans la presse régionale, que Suqour al-Jabal était l’une des nombreuses organisations soutenues par la CIA qui avaient rejoint le Fatah Halab (« Conquête d’Alep »), le centre de commandement militaire d’Alep apparemment dirigé par Ahrar al Sham, l’allié le plus proche du Front al-Nosra, mais en fait sous le contrôle strict d’al-Nosra. L’article a ainsi communiqué la fausse impression que le groupe rebelle soutenu par la CIA était toujours indépendant du Front al-Nosra.

Un article de la correspondante du New York Times à Beyrouth Anne Barnard (cosigné par le pigiste du Times en Syrie Karam Shoumali, 13 octobre 2015) semblait s’écarter du sujet en traitant les groupes d’opposition soutenus par les États-Unis comme une partie dans la nouvelle guerre par procuration États-Unis/Russie, détournant ainsi l’attention de la question : le soutien de l’administration Obama aux groupes « modérés » contribuait-il ou non au pouvoir politico-militaire d’al-Qaïda en Syrie ?

Sous le titre « Les armes des États-Unis changent le conflit en Syrie en une guerre par procuration avec la Russie », on a appris que les groupes armés d’opposition venaient de recevoir de grosses livraisons de missiles antichars TOW, qui avaient forcément été approuvées par les États-Unis. En citant les déclarations confiantes des commandants rebelles à propos de l’efficacité des missiles et le bon moral des troupes rebelles, l’article suggérait qu’armer les modérés était un moyen pour les États-Unis de faire d’eux la force principale d’un camp d’une guerre opposant les États-Unis à la Russie en Syrie.

Vers la fin de l’article, cependant, Barnard a effectivement ébranlé ce thème de « guerre par procuration » en citant l’aveu des commandants des brigades soutenues par les États-Unis de leur « gênant mariage d’intérêt » avec la franchise al-Qaïda, « parce qu’ils ne peuvent pas opérer sans le consentement du plus grand et plus puissant Front al-Nosra. »

Faisant référence à la prise d’Idleb au printemps précédent par la coalition d’opposition, Barnard s’est souvenue que les missiles TOW avaient « joué un rôle majeur dans les avancées des insurgés qui ont finalement mis en danger la domination de M. Assad. » Mais elle a ajouté :

« Même si cela semblerait un développement bienvenu pour les décideurs politiques des États-Unis, en pratique cela présente un autre dilemme, étant donné que le Front al-Nosra était parmi les groupes bénéficiant d’une amélioration de leur force de frappe. »

Malheureusement, la remarque de Barnard, que les groupes soutenus par les États-Unis étaient profondément intégrés dans une structure militaire contrôlée par al-Qaïda, était enterrée à la fin d’un long texte, et pouvait donc facilement échapper à la lecture. Le gros titre et l’introduction en Une garantissaient que, pour la grande majorité des lecteurs, cette remarque serait noyée dans l’idée générale plus large de l’article.

Adam Entous du Wall Street Journal s’est approché du problème sous un angle différent mais avec le même résultat. Il a écrit un article le 5 octobre qui reflétait ce qu’il a qualifié de colère de la part des responsables des États-Unis parce que les Russes visaient délibérément les groupes d’opposition que la CIA avait soutenus.

Entous a rapporté que les dirigeants des États-Unis ont cru que le gouvernement syrien voulait que ces groupes soient visés à cause de leur détention de missiles TOW, qui avaient été le facteur clé dans la capture par l’opposition d’Idleb plus tôt cette année. Mais l’article ne reconnaissait nulle part le rôle des groupes soutenus par la CIA à l’intérieur de structures de commandement militaires dominées par le Front al-Nosra.

Un autre angle du problème était adopté dans un article du 12 octobre par le correspondant à Beyrouth du Journal, Raja Abdulrahim, qui a décrit l’offensive aérienne russe comme ayant stimulé les rebelles soutenus par les États-Unis et le Front al-Nosra à former un « front plus uni contre le régime d’Assad et ses alliés russes et iraniens. » Adbulrahim a ainsi admis la collaboration militaire étroite avec le Front al-Nosra, mais en a rejeté toute la faute sur l’offensive russe.

Et l’article a ignoré le fait que ces mêmes groupes d’opposition avaient déjà rejoint des accords de commandement militaire conjoint à Idleb et Alep plus tôt en 2015, en anticipation des victoires au nord-est de la Syrie.

L’image dans les médias de l’opposition armée soutenue par les États-Unis victime des attaques russes et opérant indépendamment du Front al-Nosra a persisté jusqu’au début 2016. Mais en février, les premières fissures de cette image sont apparues dans le Washington Post et le New York Times.

Rapportant les négociations entre le secrétaire d’État John Kerry et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sur un cessez-le-feu partiel qui a commencé le 12 février, la rédactrice en chef adjointe et correspondante principale de la sécurité nationale Karen DeYoung a écrit le 19 février qu’il y avait un problème non résolu : comment décider quelles organisations devaient être considérées comme des « groupes terroristes » dans l’accord de cessez-le-feu.

Dans ce contexte, a écrit DeYoung, « Jabhat al-Nosra, dont les forces sont entremêlées à des groupes rebelles modérés au Nord-Ouest près de la frontière turque, est particulièrement problématique. »

C’était la première fois qu’un organe de presse majeur rapportait que l’opposition armée soutenue par les États-Unis et les troupes du Front al-Nosra étaient « entremêlées » sur le terrain. Et dans la phrase juste après, DeYoung a lâché ce qui aurait dû être une bombe politique : elle a rapporté que Kerry avait proposé dans les négociations de Munich de « laisser Jabhat al-Nosra en dehors des limites des bombardements, dans le cadre du cessez-le-feu, au moins temporairement, le temps que les groupes puissent être triés. »

Au même moment, Kerry exigeait publiquement dans un discours à la conférence de Munich que la Russie interrompe ses attaques contre les « groupes d’opposition légitimes », comme condition pour un cessez-le-feu. La position de Kerry à la négociation reflétait le fait que les groupes de la CIA étaient certains d’être touchés par les frappes dans les régions contrôlées par le Front al-Nosra, tout autant que la réalité que le Front al-Nosra et Ahrar al-Sham liés à al-Qaïda étaient cruciaux pour le succès des efforts militaires appuyés par les États-Unis contre Assad.

À la fin, cependant, Lavrov a rejeté la proposition de protéger les cibles du Front al-Nosra des frappes aériennes russes, et Kerry a laissé tomber cette demande, permettant l’annonce conjointe des États-Unis et de la Russie d’un cessez-le-feu partiel le 22 février.

Jusqu’alors, des cartes de la guerre syrienne dans le Post et le Times identifiaient des zones de contrôle uniquement pour les « rebelles » sans montrer où les forces du Front al-Nosra avaient le contrôle. Mais le même jour que l’annonce, le New York Times a publié une carte « mise à jour »accompagnée d’un texte affirmant que le Front al-Nosra « est intégré dans la région d’Alep et au nord-ouest vers la frontière turque. »

Au briefing du département d’État le lendemain, les journalistes ont cuisiné le porte-parole Mark Toner sur l’éventualité du fait que les forces rebelles soutenues par les États-Unis soient « mélangées » avec des forces du Front al-Nosra à Alep et au nord. Après un très long échange sur le sujet, Toner a dit « Oui, je suis convaincu qu’il y a un mélange de ces groupes. »

Et il a continué, parlant au nom de l’International Syria Support Group, qui comprend tous les pays impliqués dans les négociations de paix en Syrie, dont les États-Unis et la Russie :

« Nous, le ISSG, avons été très clairs en disant que al-Nosra et Daech [EIIL] ne font partie d’aucune sorte de cessez-le-feu ou d’aucune sorte de cessation négociée des hostilités. Donc si vous traînez avec les mauvaises personnes, alors vous prenez cette décision. […] Vous choisissez avec qui vous sortez, et cela envoie un signal. »

Bien que j’ai montré l’importance de la déclaration (Truthout, 24 février 2016), aucun média principal n’a jugé opportun de rapporter cet aveu remarquable du porte-parole du département d’État. Toutefois, le département d’État a clairement alerté le Washington Post et le New York Times du fait que les relations entre les groupes soutenus par la CIA et le Front al-Nosra étaient bien plus étroites que ce qu’il avait admis par le passé.

Kerry a évidemment calculé que le fait que les groupes armés « modérés » soient prétendument indépendants du Front al-Nosra ouvrirait la porte à une attaque politique des Républicains et des médias s’ils étaient touchés par les frappes russes. Ce prétexte n’a donc plus été utile politiquement pour essayer d’obscurcir la réalité aux médias.

En fait, le département d’État a depuis semblé vouloir inciter autant que possible ces groupes à se détacher plus clairement du Front al-Nosra.

La confusion dans la couverture des trois principaux journaux sur les relations entre les groupes d’opposition soutenus par les États-Unis et la franchise al-Qaïda en Syrie montre ainsi comment les sources principales ont méprisé ou évité le fait que les groupes armés clients des États-Unis étaient étroitement interdépendants avec une branche d’al-Qaïda, jusqu’à ce qu’ils soient incités par les signaux des représentants des États-Unis à réviser leur ligne et fournir un portrait plus honnête de l’opposition armée en Syrie.

 Gareth Porter | 23 avril 2016

 

Gareth Porter, journaliste d’investigation indépendant et historien sur la politique de sécurité nationale des États-Unis, est le lauréat du prix de journalisme Gellhorn 2012. Son dernier livre est Manufactured Crisis: The Untold Story of the Iran Nuclear Scare, publié en 2014. [Cet article est paru à l’origine chez Fairness and Accuracy in Reporting.]
Article original : Consortiumnews.com

 

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr.

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Reporting (or Not) the Ties Between US-Armed Syrian Rebels and Al Qaeda’s Affiliate

Un problème essentiel dans la couverture médiatique de la guerre civile syrienne a été de savoir comment qualifier les relations entre l’opposition soi-disant “modérée” armée par la CIA d’une part, et la filiale d’al-Qaïda le Front al-Nosra (et son proche allié Ahrar al Sham), d’autre part. Il s’agit d’un point important pour la politique étatsunienne qui cherche à renverser le gouvernement syrien sans se lier avec le mouvement responsable du 11 septembre, et le système médiatique a travaillé efficacement pour empêcher les médias d’aborder ce point et d’en parler de manière précise.

L’administration Obama a pendant longtemps déclaré que les groupes qui étaient armés avec du matériel antitank étaient indépendants du Front al-Nosra. En réalité le gouvernement comptait sur la coopération étroite de ces “modérés” avec le Front al-Nosra pour exercer une pression sur le gouvernement syrien. Les États-Unis et leurs alliés – en particulier l’Arabie saoudite et la Turquie – souhaitent que la guerre civile se termine par la destitution du président syrien Bachar el-Assad, qui est soutenu par des rivaux des Américains comme la Russie et l’Iran.

Le gouvernement a désigné le Front al-Nosra comme organisation terroriste en 2013, sachant qu’il a été créé par al-Qaïda et qu’il lui a confirmé son allégeance. Mais les États-Unis ont mené peu de raids aériens contre lui depuis, en comparaison de l’autre filiale d’al-Qaïda, l’État islamique ou ISIS (Daech) qui a fait l’objet de nombreux raids américains et européens. Les États-Unis sont restés silencieux sur le rôle prédominant qu’a eu le Front al-Nosra dans la guerre contre Assad, cachant même que le succès d’al-Nosra dans le Nord-Ouest a été un élément clef dans la stratégie diplomatique pour la Syrie du secrétaire d’État John Kerry.

Quand l’intervention russe pour soutenir le gouvernement syrien a commencé en septembre dernier, visant non seulement ISIS mais aussi le Front al-Nosra et leurs alliés soutenus par les Américains, le gouvernement Obama a immédiatement déclaré que les frappes russes visaient plus des groupes modérés qu’ISIS et a insisté sur le fait que ces attaques devaient cesser.

La volonté des médias d’information d’aller au-delà de la version officielle et de raconter la vérité du terrain fut mise à l’épreuve. Beaucoup d’informations démontrent que ces groupes “modérés” ont été complètement intégrés au sein des campagnes militaires menées par le Front al-Nosra et Ahrar al Sham sur le principal front à Idleb et Alep au nord-ouest de la Syrie. Par exemple, une dépêche d’Alep en mai dernier dans Al Araby Al-Jadeed (The New Arab), un quotidien financé par la famille royale qatari, a révélé que chacune d’au moins dix factions “modérées” dans la province, soutenues par la CIA, avait rejoint la nébuleuse Nosra sous commandement Fatah Halab (Conquête d’Alep). Auparavant le commandement était dirigé par Ahrar al Sham et le Front al-Nosra en était exclu.

Mais comme le reporter d’Al Araby l’expliqua, cette exclusion “signifiait que l’opération avait de meilleures chances de recevoir de l’aide régionale ou internationale.” C’était un moyen détourné de dire que la prétendue exclusion d’al-Nosra était un stratagème destiné à faciliter l’approbation par l’administration Obama d’envois supplémentaires de missiles TOW aux “modérés” de la province, parce que la Maison-Blanche ne pouvait pas soutenir des groupes impliqués directement avec une organisation terroriste. Ou dit autrement, le Front al-Nosra permettait à ces groupes “modérés” d’obtenir ces armes des États-Unis et de ses alliés l’Arabie saoudite et la Turquie, parce qu’ils étaient perçus comme trop faibles pour agir de manière indépendante des forces salafistes djihadistes – et parce que certaines de ces armes seraient partagées avec le Front al-Nosra et Ahrar.

Apres que le Front al-Nosra a été formellement identifié comme organisation terroriste en préalable à la réunion de cessez-le-feu syrien, il se retira dans les environs de la frontière turque et s’y est fait discret. Un journaliste vivant dans une province au nord d’Alep écrivit dans l’Al Monitor que le front al-Nosra avait cessé de faire flotter son drapeau et cachait ses troupes parmi celles d’Ahrar al Sham, qui avait été accepté par les États-Unis comme participant aux négociations. Cette tactique avait pour but de propager l’idée que c’était les groupes “modérés” et non al-Qaïda qui étaient visés par les frappes aériennes russes.

Mais une analyse de la couverture médiatique des trois journaux américains les plus influents et disposant de suffisamment de moyens pour enquêter avec précision – le New York Times, le Washington Post et le Wall Street Journal – sur les cibles des raids aériens russes ainsi que du rôle des groupes armés soutenus par les Américains dans la guerre au cours des premières semaines met en évidence des articles qui allaient dans le sens souhaité par l’administration Obama, soit en ignorant le ralliement des “modérés” au Front al-Nosra soit en ne le mentionnant qu’à peine.

Dans un article du premier octobre, la correspondante du Washington Post à Beyrouth, Liz Sly, a écrit que les frappes aériennes russes ont “été menées contre les quelques régions du pays où les rebelles modérés sont toujours implantés et desquelles l’État islamique a été expulsé il y a plus d’un an et demi.” A son crédit, Sly mentionne “Certaines des villes touchées sont des bastions de la coalition récemment formée Jaish al Fateh” qui, d’après elle, inclut le Front al-Nosra et “un mélange d’islamistes et de factions modérées.” Ce qui manque cependant, c’est le fait que Jaish al Fateh n’était pas seulement une “coalition” mais plutôt une structure de commandement militaire, impliquant une relation étroite entre les “modérés” soutenus par les Américains et la franchise d’al-Qaïda.

Sly fait directement référence à une attaque contre un camp d’entraînement aux abords de la ville d’Idleb, une province sous contrôle de Suquor al-Jabal, qui a été armé par la CIA. Mais aucun lecteur ne pouvait mettre cette déclaration dans son contexte sans la connaissance d’un fait essentiel,rapporté dans la presse régionale, que Suquor al-Jabal était l’une des nombreuses organisations soutenues par la CIA ayant rejoint Fatah Halab (“Conquête d’Alep”), le centre de commandement militaire d’Alep dirigé par Ahrar al Sham, un proche allié du Front al-Nosra, mais en fait sous contrôle strict de Nosra. L’article répandait l’idée fausse que les groupes de rebelles soutenus par la CIA étaient toujours indépendants du Front al-Nosra.

Un article de la correspondante du New York Times à Beyrouth Anne Barnard (coécrit par le correspondant local du Times en Syrie Karam Shoumali – 13 octobre 2015) semble déraper en considérant les groupes d’opposition soutenus par les États-Unis comme faisant partie de la guerre États-Unis/Russie par procuration, tout en éloignant l’attention sur le fait que le soutien de l’administration Obama aux groupes “modérés” contribuait au pouvoir politico-militaire d’al-Qaïda en Syrie. Sous le titre “L’armement américain est en train de transformer la Syrie en guerre par procuration avec la Russie,” il raconte comment des groupes d’opposition armée viennent de recevoir de grandes quantités de missiles antitanks TOW qui ont dû être approuvés par les États-Unis. Citant les déclarations pleines de confiance de commandants rebelles quant à l’efficacité des missiles et au moral des troupes rebelles, l’article suggère que l’armement des “modérés” était un moyen pour les États-Unis d’en faire la principale force d’une des facettes de la guerre qui oppose les États-Unis contre la Russie en Syrie.

A la fin de l’article, cependant, Barnard amoindrit en fait l’idée de guerre “par procuration” en citant [ce qu’admettent] les commandants des brigades soutenues par les États-Unis au sujet d’un “mariage de raison peu commode” avec la division al-Qaïda, “car ils ne peuvent rien faire sans le consentement du Front al-Nosra qui est bien plus fort et important.” En citant la capture d’Idleb au printemps précédent par la coalition d’opposition, Barnard rappelle que les missiles TOW ont “joué un rôle majeur dans l’avancée des insurgés qui a fini par menacer le pouvoir de M. Assad.” Mais elle ajoute :

Bien que ça semble une avancée heureuse de la politique américaine, dans les faits cela pose un autre dilemme, étant donné que le Front al-Nosra était parmi ceux qui ont bénéficié de cette formidable puissance de feu.

Malheureusement, l’idée de Barnard démontrant que les groupes soutenus par les Américains étaient profondément impliqués dans la structure militaire contrôlée par al-Qaïda se trouvant tout à la fin d’un long article, il était facile de passer à côté. Le titre et le chapeau faisaient en sorte, pour la majorité des lecteurs, de diluer cette idée dans l’article.

Adam Entous du Wall Street Journal prit le problème sous un angle différent mais obtint le même résultat. Il a écrit un article le 5 octobre que l’on peut résumer à la colère des responsables américains que les Russes ciblent délibérément les groupes d’opposition soutenus par la CIA. Entous continue en écrivant que les responsables américains étaient convaincus que le gouvernement syrien voulait que ces groupes soient expressément ciblés à cause de leur possession de missiles TOW, ce qui était un facteur déterminant dans la capture d’opposants à Idleb au début de cette année. Mais rien dans l’article ne traitait du rôle des groupes soutenus par le CIA au sein de la structure militaire dirigée par al-Nosra.

Un autre aspect du problème fut abordé dans un article du 12 octobre par le correspondant du journal à Beyrouth, Raja Abdulrahim, qui raconte que ce sont les raids aériens russes qui ont encouragé les rebelles soutenus par les États-Unis et le Front al-Nosra à former un “front plus uni face au régime d’Assad et ses alliés russes et iraniens.” Abdulrahim reconnaît ainsi la proche collaboration militaire avec le Front al-Nosra, mais en reporte la faute sur l’offensive russe. Et l’article ne traite pas du fait que ces mêmes groupes d’opposition avaient déjà uni leur commandement militaire à Idleb et Alep quelques mois plus tôt en 2015, en prévision de victoires dans le nord-est de la Syrie.

****

L’image présentée dans les médias de l’armée d’opposition soutenue par les États-Unis opérant distinctivement du Front al-Nosra, et victime des attaques russes, a persisté au début de l’année 2016. Mais en février, les premières failles dans cette image sont apparues dans le Washington Post et leNew York Times.

En rendant compte des négociations entre le secrétaire d’État John Kerry et le ministre des Affaires étrangères Sergei Lavrov concernant un cessez-le-feu débutant le 12 février, le rédacteur en chef adjoint au Washington Post et correspondant principal de la sécurité nationale Karen DeYoung a écrit le 19 février que le problème non résolu dans cet accord était de savoir comment décider quelles organisations devaient être considérées comme “groupes terroristes”. Ainsi, DeYoung écrit “Jabhat al-Nosra, dont les forces sont mélangées avec des groupes rebelles modérés dans le nord à proximité de la frontière turque, pose particulièrement problème.”

C’était la première fois qu’un média important racontait que l’opposition armée soutenue par les États-Unis et le Front al-Nosra étaient “mélangés” sur le terrain. Et dans la phrase suivante DeYoung lâche ce qui aurait dû être une bombe politique : Elle raconte que Kerry avait proposé aux négociations de Munich d’”exclure al-Nosra des bombardements, durant le cessez-le-feu, au moins temporairement, jusqu’à ce qu’on puisse faire le tri dans ces groupes.” Dans le même temps, Kerrydemandait publiquement dans un discours à la conférence de Munich que la Russie cesse ses attaques sur “les groupes d’opposition légitimes” comme condition pour le cessez-le-feu. La position de Kerry reflétait le fait que les groupes [soutenus par] la CIA étaient sûrs d’être la cible de tirs lors des attaques dans les territoires contrôlés par le Front al-Nosra, ainsi que le fait que le front al-Nosra lié à al-Qaïda et Ahrar al Sham étaient essentiels au succès de l’action militaire soutenue par les États-Unis contre Assad.

Finalement, Lavrov rejeta la proposition d’exclure les cibles Front al-Nosra des attaques aériennes russes et Kerry abandonna cette idée, permettant une annonce commune États-Unis/Russie d’un cessez-le-feu partiel le 22 février. Jusqu’à cet instant, les cartes de la guerre en Syrie dans le Post et leTimes identifiaient les zones comme contrôlées uniquement par des “rebelles” sans montrer ce que les forces du Front al-Nosra contrôlaient. Mais le jour de cette annonce, le New York Times présenta une carte “mise à jour” accompagnée d’un texte expliquant que le Front al-Nosra “était présent dans les environs d’Alep et au nord vers la frontière turque.”

A la réunion du département d’État du lendemain, les journalistes ont harcelé le porte-parole Mark Toner pour savoir si les forces rebelles soutenues par les États-Unis étaient “mélangées” avec le Front al-Nosra à Alep et au nord. Après un long échange sur ce sujet, Toner a déclaré : “Oui, je crois que ces groupes sont imbriqués.” Et il a enchaîné en parlant au nom du International Syria Support Group qui inclut tous les pays impliqués dans le processus de paix en Syrie, en particulier les États-Unis et la Russie :

Nous, l’ISSG, avons été très clairs en disant qu’al-Nosra et Daesh [ISIS] ne sont pas inclus, en aucune façon, dans le cessez-le-feu et les négociations pour l’arrêt des hostilités. Alors si vous faites affaire avec ces mauvaises personnes, vous agissez en connaissance de cause… Vous choisissez avec qui vous vous impliquez, et ça envoie un signal.

Bien que j’aie déjà démontré l’importance de cette déclaration (Truthout, 24 février 2016), aucun média dominant n’a vu l’intérêt de révéler cette formidable confirmation de la part du porte-parole du département d’État. Quoi qu’il en soit, la CIA avait alerté de manière claire le Washington Post et leNew York Times du fait que les relations entre les groupes soutenus par la CIA et le Front al-Nosra étaient bien plus proches qu’ils ne l’avaient admis dans le passé.

Kerry avait à l’évidence anticipé que si des groupes armés “modérés” indépendants du Front al-Nosra venaient à être touchés par les frappes aériennes russes cela servirait de prétexte pour une attaque politique de la part des Républicains et des médias. En fait, le département d’État semblait à présent intéressé par faire pression sur le plus grand nombre de groupes armés possibles afin qu’ils se démarquent de manière claire du Front al-Nosra.

Les contorsions et retournements dans la couverture par trois médias dominants de la question des relations entre les groupes de l’opposition soutenus par les États-Unis et la franchise d’al-Qaïda en Syrie reflètent la manière dont les grandes sources d’information ont méprisé ou évité clairement de parler du fait que les groupes armés par les États-Unis ont été étroitement liés à une branche d’al-Qaïda – jusqu’à ce que des signaux provenant des responsables américains les invitent à revoir leur ligne et à fournir une image plus honnête de l’opposition armée de la Syrie.

Par Gareth Porter | 21/03/2016

Gareth Porter, un journaliste d’investigation indépendant et historien de la politique américaine de sécurité nationale, a remporté le prix Gellhorn 2012 pour les journalistes. Son dernier livre est Manufactured Crisis: The Untold Story of the Iran Nuclear Scare, publié en 2014.

Aricle original: Fairness & Accuracy In Reporting

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr.

Source: http://www.les-crises.fr/les-medias-des-etats-unis-ont-cache-le-role-dal-qaida-en-syrie-par-gareth-porter/

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Les #MST ne font-elles plus assez peur ? - France Culture 40 mn #sexualité #sexe #santé

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Les #MST ne font-elles plus assez peur ? - France Culture 40 mn #sexualité #sexe #santé

On la croyait disparue. La syphilis est de retour. Un cas parmi d’autres d’infections sexuellement transmissibles, qui reviennent à la faveur d’une moindre vigilance, et qui mettent en péril la prévention contre le Sida.

Le virus du Sida peut-il se transmettre par la salive ? A cette question, 15% des 15-24 ans répondaient Oui l’an dernier, ce qui était déjà beaucoup. Ils sont 20 % désormais, selon un sondage Ifop publié à l’occasion du 22e Sidaction, ce qui devient franchement inquiétant. Pour les organisateurs de cette manifestation, ces résultats sont le signe d’un relâchement de l’attention des jeunes vis-à-vis d’une maladie moins présente dans les médias, et jugée moins dangereuse du fait des progrès médicaux (même si, rappelons-le, le vaccin contre le Sida n’existe toujours pas)

Pour autant, cette moindre vigilance ne touche pas seulement les jeunes. Les comportements à risque sont plus fréquents, et se traduisent globalement par une recrudescence des infections sexuellement transmissibles. Ainsi la syphilis, qu’on croyait éradiquée il y a 20 ans, est elle de retour. Les gonococcies (l’autre nom de la chaude-pisse) ont doublé en France entre 2012 et 2014. C’est ce qui a poussé le syndicat des dermatologues-vénéréologues à organiser fin mars la 1ère Journée nationale de prévention et d’information sur les MST. Car dans ces deux domaines, il y a beaucoup à réapprendre.

Intervenants

  • Adrien Minard : Docteur et agrégé en histoire, chargé d'enseignement à Sciences Po, spécialiste de la santé publique
  • Michel Janier : Dermatologue vénérologue aux hôpitaux de Paris Saint-Louis et Saint-Joseph, membre du Syndicat National des Dermatologues Vénérologues (SDV)
  • Marie M'Sika Razon : Médecin généraliste du Planning Familial de Paris
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Audio RTS 6 mn: Que représente la figure de l' #intellectuel en #France aujourd'hui? #ShlomoSand #islamophobie

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Audio RTS 6 mn: Que représente la figure de l' #intellectuel en #France aujourd'hui? #ShlomoSand #islamophobie

La rentrée littéraire aura lieu dans quelques jours. C'est l'occasion de se demander ce que les intellectuels en France ont à dire sur le monde d'aujourd'hui. C'est la question qui occupe l'historien israélien Shlomo Sand dans un livre paru avant l'été. Son constat est plutôt pessimiste.

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Cinquantaine de bombes nucléaires #US stockées dans une base en #Turquie à 2 pas de la frontière avec la #Syrie

Cinquantaine de bombes nucléaires #US stockées dans une base en #Turquie à 2 pas de la frontière avec la #Syrie | Infos en français | Scoop.it

je vous le dis .. être atlantiste c'est militer pour la sécurité mondiale .. vive l' #OTAN, vive l'Empire .. 

je vais aller à l'ONU, tel Colin Powell, pour demander de déclarer la guerre aux USA car ils stockent des armes de destruction massives dans des pays étrangers ...

sauf que là, c'est vrai ..

ah, j'oubliais, je suis con, les USA ont le droit d'exercer la violence où bon leur semble

 

Cinquantaine de bombes nucléaires #US stockées dans une base en #Turquie à 2 pas de la frontière avec la #Syrie - RFI

Publié le 15-08-2016 Modifié le 15-08-2016 à 13:56

Ces armes sont entreposées dans la base aérienne d'Incirlik à une centaine de kilomètres seulement de la frontière syrienne. Et lors du coup d'Etat manqué du 15 juillet dernier contre Reccep Tayyip Erdogan, cette base a été pendant plusieurs heures coupée du monde.

Que ce serait-il passé si la tentative de coup d'Etat du 16 juillet avait réussi, et si une guerre civile avait éclaté en Turquie ? Cette question, un groupe de réflexion américain la pose dans un rapport consacré à l'arsenal nucléaire américain en Europe.

Le rapport du Stimson Center relève que le soir du coup d'Etat l'électricité a été coupée durant plusieurs heures sur la base, et que le commandant turc de la base d'Incirlik - qui accueille aussi les avions américains qui bombardent l'EI en Syrie-, a été ensuite placé sous les verrous pour sa participation supposée au coup de force manqué. « Stocker plusieurs dizaines d'armes nucléaires sur cette base revient à jouer à la roulette russe », estiment les auteurs du rapport.

Le rapport pointe aussi le risque de voir cet arsenal tomber dans les mains de terroristes ou d'autres forces hostiles aux Etats-Unis. « Les garde-fous existent » reconnaît le Stimson Center, « mais dans le cas d'un coup d'Etat on ne peut pas dire avec certitude que nous aurions été capables de garder le contrôle ».

Interrogé sur cette question le Pentagone assure avoir pris les mesures appropriées pour assurer la sécurité des installations. Outre l'arsenal stocké dans cette base turque d'Incirlik, des dizaines d'armes nucléaires américaines ont été entreposées dans plusieurs pays européens membres de l'Otan : en Belgique, en Italie, en Allemagne ou encore aux Pays-Bas. Il faut cependant rappeler qu'en mars dernier déjà le Pentagone a ordonné, pour raisons de sécurité, l'évacuation des familles de militaires et du personnel civil stationnés dans le sud de la Turquie.

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interview 22 mn - #JeanZermatten, ex-président du comité des #DroitsDelEnfant de l' #ONU - #australie #israel

interview 22 mn - #JeanZermatten, ex-président du comité des #DroitsDelEnfant de l' #ONU - #australie #israel | Infos en français | Scoop.it

interview 22 mn - #JeanZermatten, ex-président du comité des #DroitsDelEnfant de l' #ONU - #australie #israel

Sévices sexuels, agressions physiques, souffrances morales... Relégués sur Nauru, une île reculée du Pacifique, les demandeurs d'asile refoulés par l'Australie y subiraient de très nombreux abus. Malgré des années de lutte, assisterait-on à une régression de la protection des mineurs de par le monde? Ancien juge des mineurs du canton du Valais, Jean Zermatten a également été président du Comité des droits de l'enfant de l'ONU.

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Exclusif : L’argent de la #MafiaDuCO2 a financé les cartels de la #cocaïne d’Amérique du Sud - Mediapart

Exclusif : L’argent de la #MafiaDuCO2 a financé les cartels de la #cocaïne d’Amérique du Sud - Mediapart | Infos en français | Scoop.it

Exclusif : L’argent de la #MafiaDuCO2 a financé les cartels de la #cocaïne d’Amérique du Sud - Mediapart

Des flux financiers, identifiés grâce à des documents officiels et des témoignages, permettent de lier l’affaire du CO2, la plus grande escroquerie que la France ait jamais connue, à la cocaïne colombienne et au cartel de Sinaloa, dont le baron est le célèbre trafiquant de drogue “El Chapo”. Révélations

Après les assassinats en plein Paris et les liens de certains escrocs avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, après les soupçons de corruption policière et le fiasco de l’État français face à cette arnaque historique, le dossier de la mafia du CO2 prend une nouvelle dimension.

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Audio RTS 7 mn: L'interdiction de la #burqa en #Suisse obtient des soutiens #PS ( #jRisquePasDRevoterPS )

Audio RTS 7 mn: L'interdiction de la #burqa en #Suisse obtient des soutiens #PS ( #jRisquePasDRevoterPS ) | Infos en français | Scoop.it

Les socialistes n'ont rien d'autre à faire que d'attaquer une burqa portée par quelques dizaines de femmes en Suisse et de récupérer les attaques contre la religion musulmane de l' #UDC au nom d'une soi-disante défense de notre "société libérale"  ?

Sans compter que cela peut donner fortement envie à Daech  de commencer à commettre des attentats aussi en Suisse.

En tous cas, entre ça, et la lâcheté inconmensurable de la ministre socialiste  Simonetta Sommaruga sur les migrants, j'ai de plus en plus l'impression de vivre une époque de fascisme rose et ce n'est pas demain la veille que je revoterai pour ces social-traîtres que sont devenus les Socialistes

#ALaPoubelleLePS (I Ada Marra et les rares autres qui valent encore la peine .. tirez-vous de ce parti et fondez en un autre, de grâce  ! )

 

Audio RTS 7 mn: L'interdiction de la #burqa en #Suisse obtient des soutiens #PS ( #jRisquePasDRevoterPS )

Le ministre zurichois Mario Fehr estime ce jeudi dans les colonnes de la NZZ que la burqa ne devrait pas être tolérée en Suisse. Le socialiste rejoint donc le camp des partisans d'une interdiction du voile intégral en Suisse. L'interview de Marlyse Dormond, ancienne conseillère nationale socialiste vaudoise.

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Témoignage s/situation ds Etat de #Borno, place forte de #BokoHaram -Vs souvenez-vs de #BringBackOurGirls ?

Témoignage s/situation ds Etat de #Borno, place forte de #BokoHaram -Vs souvenez-vs de #BringBackOurGirls ? | Infos en français | Scoop.it

Témoignage s/situation ds Etat de #Borno, place forte de #BokoHaram -Vs souvenez-vs de #BringBackOurGirls ?

Elles n'ont jamais été bringuebackées et personne n'en a plus rien à foutre même l'opportuniste Michelle Obama qui avant lancé le hashtag . Ca fait bien, ça fait du buzz, ça a fait parler d'elle ainsi que de milliers de politiques opportunistes locaux ou internationaux  et redorer le blason de son assassin de mari (des milliers de civils tués au Moyen Orient avec des drones ... Obama signe les ordres de tirer chaque jour depuis qu'il est président au nom de "la lutte contre le terrorisme )

 

 

Stefan Heunis est un photographe sud-africain qui vit au Nigéria. Il est l'un des rares Occidentaux à avoir pu se rendre dans l'Etat de Borno, dans le nord-est du Nigéria, une région célèbre pour être le lieu de naissance et d'activité de Boko Haram.

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#Histoire : Les fantômes de Vichy : le cas #RenéBousquet 53 mn  France Inter - #France #collaboration #nazisme

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#Histoire : Les fantômes de Vichy : le cas #RenéBousquet 53 mn  France Inter - #France #collaboration #nazisme

Les fantômes du régime de Vichy à travers le prisme de l’affaire Bousquet. Rediffusion du 28 octobre 2015.

Vichy, c’est le nom d’un fantôme dans l’histoire française. Un fantôme qui hante notre mémoire et réapparaît de temps en temps au gré des évènements, des commémorations, des sorties de films ou de livres. Cette trace nous rappelle les quatre années où, au nom de l’Etat Français, des militaires, ministres, hauts fonctionnaires ou simples agents de l’ordre ont commis l’irréparable.

 

De ces heures et de ces drames sous le joug nazi, nous connaissons pour la plupart, toute l’étendue. Nous avons en mémoire le 10 juin 40, où une assemblée se jeta dans les bras d’un Maréchal vieillissant, mais aussi Montoire où le Maréchal serra la main d’Hitler, plongeant la France dans la collaboration. Quatre ans pendant lesquels deux Frances se sont affrontées, celle du Maréchal, qui s'est couchée et celle du Général De Gaulle qui a voulu rester debout... quatre années pendant lesquelles le gouvernement de Vichy s’est impliquée dans la politique anti-juive des nazis jusqu’à participer en zone occupée et libre, à leur arrestation, détention puis déportation vers l’est, vers ces camps d’où on ne revenait pas.

Ce passé, nous avons mis du temps à y faire face. Non qu’il fut caché ou tenu secret, mais parce qu’il y a des temps où la réconciliation devance le devoir de mémoire, où la mémoire des disparus prend le temps de se construire, d’être portée et de revendiquer sa place au sein du roman national.

Alors aujourd’hui, par le cas René Bousquet, de 1978 à 1994, nous allons suivre les aléas et hésitations de notre mémoire collective et politique face aux crimes de Vichy dont les plus importants furent sans doute ceux commis pendant l’été 1942, lorsque des milliers de juifs furent arrêtés et déportées de zone occupée et libre par des agents français.

Pour parler de cette affaire hautement sensible, nous recevrons en seconde partie Pascale Froment, journaliste, spécialiste de l'histoire de la Collaboration, auteur d’une biographie de René Bousquet.

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Audio RTS 05:20 : La croissance démographique en #israel met le pays sous pression

Audio RTS 05:20 : La croissance démographique en #israel met le pays sous pression | Infos en français | Scoop.it

Audio RTS 05:20 : La croissance démographique en #israel met le pays sous pression

Avec un taux de natalité élevé de trois enfants par femme en moyenne et 8,5 millions d'habitants actuellement, Israël connaît une forte croissance démographique, avec d'importantes conséquences sociales, économiques et écologiques.

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Les #médias français commencent à lever le voile sur la profonde #corruption de #HillaryClinton .. ici #Europe1

Les grands #médias commencent à lever le voile sur la profonde #corruption de #HillaryClinton .. ici #Europe1

Ajoutée le 24 août 2016

Après l'affaire des emails, l'ancienne secrétaire d'Etat pourrait être rattrapée par les financements de sa fondation.

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Plusieurs groupes rebelles seraient sur le point de fusionner en #Syrie - L'Orient Le Jour 24.08.2016

Plusieurs groupes rebelles seraient sur le point de fusionner en #Syrie - L'Orient Le Jour 24.08.2016 | Infos en français | Scoop.it

Si après avoir lu ça, certains continuent à soutenir la "révolution syrienne", je leur recommande l'achat d'un nouveau cerveau

 

Plusieurs groupes rebelles seraient sur le point de fusionner en #Syrie - L'Orient Le Jour 24.08.2016

Éclairage

Si le rôle de Fateh el-Cham (ex-Nosra) au sein de cette possible entité reste à déterminer, ses intentions réelles sont extrêmement ambiguës.

24/08/2016

La dynamique a changé de camp depuis que les rebelles sont parvenus le 7 août courant à briser le siège imposé par le régime syrien et ses alliés à Alep-Est. Fort de leur victoire à l'issue du premier round, les différents groupes composant les forces rebelles sont désormais plus enclins à coopérer et pourraient même fusionner au sein d'une même entité. Plusieurs informations révèlent en effet que des tractations sont en cours depuis lundi entre les différents groupes, parmi lesquels les deux plus importants : le groupe salafiste Ahrar el-Cham, soutenu par la Turquie, et le groupe jihadiste Fateh el-Cham (ex-Front al-Nosra).
Des discussions informelles auraient lieu entre les deux groupes depuis plusieurs semaines concernant une possible fusion. Elles font suite à l'annonce, le 28 juillet dernier, par le leader du Fateh el-Cham, Abou Mohammad el-Jolani, de la rupture, d'un commun accord, des liens qui unissaient son groupe à el-Qaëda. Cette manœuvre avait clairement pour objectif de permettre un rapprochement entre le Fateh el-Cham et les autres groupes rebelles et de parvenir à l'unité de la rébellion contre le régime de Bachar el-Assad. « En » abandonnant « son affiliation avec el-Qaëda, al-Nosra a essayé de bouger d'un demi-millimètre vers la gauche, en espérant que les autres groupes, islamistes, salafistes ou autres, tendent, eux, à bouger d'une dizaine de mètres, ou d'un kilomètre vers la droite », estime Émile Hokayem, expert sur le Moyen-Orient à l'Institut international d'études stratégiques (IISS).
Malgré les divergences idéologiques entre les différents mouvements, la possibilité d'une fusion entre ces groupes armés semble vraiment sérieuse, et ce pour la première fois depuis le début du conflit syrien. S'il a toujours récusé soutenir la mouvance jihadiste, optant pour un discours plus « modéré » afin de ne pas finir sous la loupe des Occidentaux, Ahrar el-Cham est en train de jouer un rôle de premier plan dans cette évolution. Un porte-parole militaire du mouvement a annoncé dans une vidéo diffusée lundi les intentions du groupe de former une coalition avec plusieurs factions armées présentes dans l'arène syrienne. « Des discussions ont lieu en ce moment », affirme Abou Youssef el-Mouhajer, précisant qu'une annonce devrait être faite dans les prochains jours. Hier soir, un haut commandant d'Ahrar el-Cham déclarait via Twitter : « Avec la permission de Dieu, nous aurons bientôt un seul émir, une seule armée et un seul tribunal. »

« Jeu intelligent »
D'autres groupes seraient également intéressés par cette fusion, devenue une nécessité pour leur survie depuis la reprise de la bataille d'Alep. « Des mouvements plus petits, tels que Ajnad el-Cham, Liwa' el-Haqq ou Jund el-Aqsa, seraient enclins à accepter une telle fusion. Ce sont tous des groupes très dangereux », note Émile Hokayem.
Si le rôle de Fateh el-Cham au sein de cette possible entité reste à déterminer, ses intentions réelles sont extrêmement ambiguës. La fusion entre le groupe jihadiste et les autres factions rebelles marquerait-elle une rupture nette avec el-Qaëda? Où est-ce une preuve supplémentaire de la capacité du groupe à s'adapter au contexte local pour parvenir, à long terme, à son objectif de construire un émirat islamique en Syrie? « C'est un jeu intelligent que Fateh el-Cham joue, et c'est un jeu très dangereux pour le reste du monde. Il y a beaucoup d'ambiguïtés sur cette question-là, et ils en profitent. En revanche, certains groupes vont profiter de cela et se dire que puisque Fateh el-Cham n'est plus lié à el-Qaëda, on peut s'associer avec eux. Mais cela serait une erreur assez tragique », poursuit-il.

 

Accord russo-américain
Hier, en soirée, le chercheur du Tahrir Institute for Middle East Policy, à Washington, Hassan Hassan, rapportait, via Twitter, la défection de trois leaders représentant la branche la plus extrême de Fateh el-Cham. Il s'agirait de dissensions internes dues à un « mécontentement » de ces cadres concernant la fusion avec d'autres groupes rebelles. Selon Charles Lister, du Middle East Institute, d'autres membres du Fateh el-Cham auraient également quitté le groupe, considérant la fusion comme « la goutte d'eau qui fait déborder le vase ».
Cette évolution majeure du côté de la rébellion syrienne interviendrait notamment après que la Russie et les États-Unis se sont engagés, le 15 juillet dernier, à coopérer de manière étroite pour frapper les positions du groupe État islamique (EI) et du Fateh el-Cham. L'accord semble toutefois en suspens depuis la reprise de la bataille d'Alep. En jouant la carte de l'alliance avec d'autres groupes dits « modérés », Fateh el-Cham espère probablement se faire plus discret vis-à-vis des Occidentaux. Mais il pourrait, dans le même temps, contribuer à accentuer le discrédit de la rébellion et à valider la propagande russo-syro-iranienne sur le conflit syrien. « La question n'est pas de savoir si les Américains ou les Russes vont frapper ou cesser de frapper al-Nosra. Ils vont continuer à le faire, mais la question sera plutôt est-ce qu'ils le feront ensemble ? » conclut Émile Hokayem.

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Docu audio 27 mn : Le #sexe sous ordonnance - France Culture 27 mn #sexualité #impuissance #santé #érection

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Docu audio 27 mn : Le #sexe sous ordonnance - France Culture 27 mn #sexualité #impuissance #santé #érection

A l'hôpital Edouard Herriot de Lyon, le docteur Béatrice Cuzin, andrologue-sexologue reçoit des patients atteints de troubles de l'érection.

Rediffusion du 24 septembre 2013

Reportage : Delphine Saltel

Réalisation : Emmanuel Geoffroy (Jean-Christophe Francis)

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Comment les armes se retrouvent-elles dans les mains des terroristes ? France Culture 40 mn #terrorisme #armement

Comment les armes se retrouvent-elles dans les mains des terroristes ? France Culture 40 mn #terrorisme #armement | Infos en français | Scoop.it

Comment les armes se retrouvent-elles dans les mains des terroristes ? France Culture 40 mn #terrorisme #armement

C’est avec des armes de guerre, le plus souvent en provenance des Balkans, que les attentats de janvier et novembre 2015 ont été commis. Des armes dont certaines avaient pu circuler légalement en Europe. Comment est-ce possible ?

Intervenants

  • Jean-Charles Antoine : Docteur en géopolitique de l’Institut Français de Géopolitique Paris 8
  • Fabrice Arfi : journaliste d'investigation à Mediapart
  • Virginie Rozière : Eurodéputée et conseillère régionale Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Parti Radical de Gauche (PRG)

Des explosifs, des armes de poing, et plusieurs kalachnikov : c’est le ‘’butin’’ récupéré hier matin à Argenteuil, dans le Val d’Oise, au domicile d’un Français de 34 ans, soupçonné de préparer un attentat. L’homme a été arrêté et placé en garde à vue. Son arsenal a été neutralisé. Il n’est pas rare, c’est le moins qu’on puisse dire, de découvrir des armes de guerre lors de telles opérations. Depuis la mise en place de l’état d’urgence, et selon le dernier bilan communiqué, 41 armes de ce type ont été découvertes lors de perquisitions. Elles font partie intégrante de l’attirail du terroriste.

D’où viennent ces armes ? Essentiellement des pays d’Europe de l’Est, les Balkans en particulier. Elles font l’objet d’un vaste trafic. Mais toutes ne circulent pas dans l’illégalité. Ainsi le fusil d’assaut utilisé par Amedy Coulibaly à l’hyper casher de Vincennes avait été neutralisé, c'est-à-dire rendu inoffensif avant d’être remis en circulation. L’Union européenne, après avoir longtemps fermé les yeux sur ce sujet, au nom de la libre circulation, semble aujourd’hui décidée à s’attaquer au problème, via une nouvelle directive.

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#Terrorisme ou légitime résistance à l'occupation p/ #israel?-Quand le défenseur de #Snowden appuie #BDS - #Palestine

#Terrorisme ou légitime résistance à l'occupation p/ #israel?-Quand le défenseur de #Snowden appuie #BDS - #Palestine | Infos en français | Scoop.it

#Terrorisme ou légitime résistance à l'occupation p/ #israel?-Quand le défenseur de #Snowden appuie #BDS - #Palestine

Par Glenn Greenwald pour The Intercept 25.04.2016

Toutes les formes de lutte contre l’occupation illégale de la Palestine qui dure depuis des décennies sont systématiquement qualifiées de « terrorisme » par Israël, et la campagne internationale de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), pourtant non violente, fait l’objet d’intimidations, voire d’interdictions dans plusieurs pays occidentaux, dont la France. Tout indique donc qu’il n’y a aucun moyen qui puisse être considéré comme une forme légitime de résistance à l’occupant israélien, explique l’avocat du lanceur d’alertes Edward Snowden.

Tout le monde a bien compris à présent que le mot «  terrorisme  » est un terme de propagande adaptable à n’importe quoi. Il n’a pas de sens déterminé et n’est pas cantonné à une situation particulière. Pourtant, son application récente à une recrudescence de la violence ciblant les soldats de l’occupation israélienne en Cisjordanie est si manipulatrice et abusive que cela vaut la peine de la mettre en évidence.

Israël occupe militairement la Cisjordanie depuis des dizaines d’années — et toujours Gaza, de fait. Cette occupation est illégale au regard du droit international et les Nations unies demandent régulièrement au gouvernement israélien de quitter le territoire palestinien. Les plus ardents défenseurs d’Israël eux-mêmes admettent que la Cisjordanie est sous un régime d’occupation belligérante et que l’entreprise de colonisation est, et a toujours été, clairement illégale au regard du droit international. En dépit de ce consensus mondial, les colonies israéliennes continuent de s’étendre à grande vitesse. Israël ne fait aucun effort significatif pour négocier un accord visant à mettre fin à l’occupation, et désormais, les principaux ministres s’y opposent même ouvertement.

En réponse à cet état de fait, il y a eu en 2015 une série d’attaques de Palestiniens contre des soldats israéliens en Cisjordanie1. Dans la presse américaine de l’«  Israeliland  », les Palestiniens attaquant des soldats israéliens sont invariablement appelés «  terroristes  » et leurs attaques qualifiées de «  terrorisme  ».

Pour ceux qui, comme moi, dénoncent depuis longtemps le fait que le terme «  terrorisme  » n’a quasiment plus d’autre signification que «  violence exercée par des musulmans contre l’Occident et ses alliés  », et pas d’autre but que de délégitimer la violence d’un côté tout en la justifiant de l’autre, y a-t-il preuve plus éclairante que celle-ci  ? Dans quel sens acceptable peut-on parler ici de «  terrorisme  »  ? Si la lutte contre une armée d’occupation est du «  terrorisme  », tout simplement parce que l’armée appartient à Israël et que les attaquants sont Palestiniens, la façon dont ce terme est exploité n’est-elle pas incroyablement évidente  ?

Les États-Unis ont souvent agi de la même façon : envahir et occuper des pays comme l’Irak et l’Afghanistan puis étiqueter quiconque lutte contre leurs armées d’occupation comme «  terroristes  », éventuellement en les emprisonnant à Guantanamo pour cela. Inutile de le dire, les Américains comme les Israéliens (ainsi que la plupart des autres peuples) se réservent le droit absolu de combattre toute armée étrangère qui envahit leur territoire. Hollywood, dans les années 1980, produisit un film intitulé Red dawn (L’aube rouge), qui imaginait l’occupation des États-Unis par l’Union soviétique et ses alliés nicaraguayens et cubains. Il raconte l’histoire de citoyens américains héroïques qui, sous la conduite de lycéens, mènent une guérilla contre les troupes occupantes, tuant des dizaines et des dizaines de soldats. On imagine sans peine la confusion générale et l’indignation qui auraient suivi si quelqu’un avait accusé les cinéastes de glorifier le terrorisme et diabolisé les résistants américains en les requalifiant en terroristes.

Ainsi, quand des Américains résistent à l’occupation militaire en se battant sur leur propre sol, ce sont de nobles héros. Mais quand ce sont des Palestiniens qui le font, ce sont des terroristes. Ce discours assimile sciemment les Palestiniens qui résistent à l’occupation en luttant contre l’armée israélienne à Al-Qaida et à l’organisation de l’État islamique (OEI), et postule donc que tout usage de la force par les Palestiniens — même sur le territoire palestinien, même dirigé exclusivement contre des cibles militaires israéliennes — est illégitime.

Si la résistance violente est illégitime et si c’est du «  terrorisme  », qu’en est-il des autres moyens de résister à l’occupation israélienne  ? La voie de la non-violence adoptée par des militants palestiniens et leurs amis et soutiens dans le monde entier est la campagne de boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) dirigée contre Israël, sur le modèle de la mobilisation internationale qui a contribué à la fin du régime d’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980 (un régime qui, soit dit en passant, était l’allié fidèle des États-Unis et d’Israël). Pourtant, il y a une campagne très réussie de la part d’Israël et de ses alliés américains non seulement pour décréter le boycott illégitime, mais pour le proscrire carrément. Les organismes officiels adoptent des règlementations pour censurer et interdire la campagne BDS en l’assimilant à de l’antisémitisme même si, comme l’écrit le fervent ami d’Israël qu’est Eric Alterman dans le New York Times, «  elle compte dans ses rangs un grand nombre de jeunes juifs  ».

The Intercept et d’autres médias ont rapporté à plusieurs reprises des actions gouvernementales et universitaires pour interdire le militantisme BDS au motif qu’il s’agit d’antisémitisme. En Californie, les dirigeants du plus important complexe universitaire national viennent d’adopter une résolution qui affirme avec force que le BDS est antisémite et donc en violation de l’éthique universitaire. À New York, récemment, des dizaines de législateurs des deux partis2 ont exigé que l’université de la ville de New York (City University of New York, CUNY) cesse de financer un groupe pro-palestinien  ; une décision dénoncée par le groupe de parole FIRE du campus de l’université. Le premier ministre canadien Justin Trudeau a annoncé que le BDS «  n’avait pas sa place sur les campus canadiens  ». En France, les gens sont arrêtés comme de vulgaires criminels sous l’accusation d’«  incitation à la haine  » parce qu’ils portent des t-shirts avec des slogans en faveur du BDS. Des mesures ont été prises au Royaume-Uni pour interdire légalement tout soutien à des mouvements pro-boycott. Plusieurs lois et propositions de lois en Israël interdisent tout plaidoyer en faveur du mouvement et les militants sont empêchés d’entrer dans le pays.

Si lutter contre les forces d’occupation israéliennes est condamné en tant que «  terrorisme  » et si le boycott non violent d’Israël est interdit en tant que manifestation de l’«  antisémitisme  », alors qu’est-ce qui peut être considéré comme un moyen légitime pour les Palestiniens et ceux qui les soutiennent de résister et de tenter d’en finir avec une occupation israélienne illégale qui dure depuis des décennies  ? La réponse est : rien. Les Palestiniens sont obligés de se soumettre à Israël comme on ne l’exigerait jamais d’aucun autre peuple dans des conditions similaires. Toutes les formes de résistance à l’occupation israélienne sont considérées comme illégitimes. C’est manifestement tout ce qu’il y a à comprendre.

1NDLR. Les attaques de Palestiniens durant l’«  Intifada des couteaux  » qui se poursuit depuis quelques mois ne sont pas menées que contre des soldats ni uniquement en Cisjordanie occupée. Mais soldats (et colons) fournissent de loin le plus gros contingent des victimes et celles-ci sont massivement agressées en Cisjordanie.

2NDLT. Conservateurs et démocrates.

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Tic… Tac… Tic… Tac…, par Noam Chomsky #nucléaire #USA

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Tic… Tac… Tic… Tac…, par Noam Chomsky #nucléaire #USA

Source : TomDispatch.com, le 12/06/2016

Posté par Noam Chomsky, le 12 juin 2016

Cela faisait trois mois qu’il n’avait pas mis les pieds à son bureau lorsqu’il se rendit à Prague, capitale de la République Tchèque, et fit une allocution sur le dilemme nucléaire mondial. Ses déclarations semblaient venir de militants antinucléaires, pas du président des États-Unis. En appelant à utiliser de nouvelles formes d’énergie, Barack Obama a parlé avec une rare éloquence des dangers d’une planète où les armes nucléaires se sont répandues à tel point que leur utilisation va s’avérer « inévitable ». Il a plaidé pour un « monde sans armes nucléaires » et a même affirmé : « En tant que puissance nucléaire, en tant que seule puissance nucléaire à avoir utilisé l’arme nucléaire, les États-Unis ont la responsabilité morale d’agir. » Il a même promis de prendre « des décisions concrètes » pour commencer à construire un tel monde sans de telles armes.

Sept ans plus tard, il est temps de faire le bilan de notre soi-disant premier président abolitionniste. L’arsenal nucléaire américain – 4 571 ogives (quoique bien moins que les 19 000 de 1991 lors de l’implosion du l’Union Soviétique) – reste assez puissant pour détruire plusieurs planètes de la taille de la Terre. Selon la Fédération des Scientifiques Américains, les derniers chiffres du Pentagone sur cet arsenal indiquent que « l’administration Obama a réduit les réserves moins que n’importe quel autre depuis la fin de la guerre froide, et que le nombre d’ogives démantelées en 2015 était le plus faible depuis l’arrivée au pouvoir du président Obama. » Pour mettre cela en perspective, Obama a fait significativement moins que George W. Bush en matière de réduction de l’arsenal.

Dans le même temps, notre président abolitionniste s’occupe actuellement de la modernisation du même arsenal, un projet en cours depuis trois décennies, dont le coût est estimé à au moins 1000 milliard de dollars – sans compter, bien sûr, les habituels surcoûts impromptus. Dans l’opération, de nouveaux systèmes d’armement seront produits, la première bombe atomique dite « intelligente » (c’est à dire plus précise et plus destructrice), et Dieu sait quoi d’autre.

Un seul succès antinucléaire peut lui être attribué, son accord avec l’Iran s’assurant que ce pays ne produise pas une telle bombe. Un bilan aussi dérisoire venant d’un président qui semblait sur la voie de l’abolitionnisme nous éclaire sur la réalité du dilemme nucléaire et l’emprise que la sécurité nationale a sur sa pensée (et probablement sur celle de n’importe quel futur président).

Il est effrayant que, sur notre planète, l’humanité continue d’encourager deux forces apocalyptiques, dont chacune – l’une immédiate (menace nucléaire) et l’autre sur la durée (réchauffement climatique) – pourrait mutiler voire détruire l’humanité telle que nous la connaissons. Cela devrait tous nous faire réfléchir. C’est ce dont nous parle Noam Chomsky dans cet essai extrait de son remarquable nouveau livre Who Rules the World? (« Qui dirige le monde ? »). Tom

L’horloge de la fin du monde (Doomsday Clock)

Armes nucléaires, changement climatique, et les perspectives de survie

Par Noam Chomsky

[Cet essai est extrait du dernier livre de Noam Chomsky, Who Rules the World? (Metropolitan Books)]

En janvier 2015, le bulletin des scientifiques atomistes a avancé sa célèbre horloge de la fin du monde à minuit moins trois minutes, un niveau de menace qui n’avait pas été atteint depuis 30 ans. Le communiqué du bulletin explique le choix d’avancer l’horloge par deux menaces majeures pour notre survie : les armes nucléaires et le changement climatique non contrôlé. L’appel accuse les dirigeants mondiaux, qui « ont échoué à agir à la vitesse requise pour protéger les citoyens d’une catastrophe potentielle, » mettant en danger chaque personne sur Terre en échouant à accomplir leur plus important devoir : assurer et préserver la santé et la vitalité de la civilisation humaine.

Depuis lors, il y a de bonnes raisons de penser que nous sommes encore plus proches de la fin du monde.

Fin 2015, les dirigeants mondiaux se sont réunis à Paris pour résoudre le grave problème du « changement climatique incontrôlé. » Pas un jour ne se passe sans nouvelles preuves de la gravité de la crise. Pour prendre un exemple presque au hasard, peu de temps avant l’ouverture de la conférence de Paris, le Jet Propulsion Laboratory de la NASA a publié une étude surprenante et alarmante de deux scientifiques qui ont étudié la glace de l’Arctique. L’étude a montré que l’énorme glacier du Groenland, Zachariae Isstrom, « est passé d’une position glaciaire stable en 2012 à une phase de recul accéléré, » par un développement inattendu et de mauvais augure. Le glacier « contient suffisamment d’eau pour élever le niveau global de la mer de plus de 18 pouces (46 centimètres) s’il venait à fondre complètement. Il a maintenant entamé un régime de fonte rapide, perdant 5 milliards de tonnes de masse chaque année. Toute cette glace se désagrège dans l’océan Atlantique Nord. »

Cependant il y a peu d’espoir que les dirigeants du monde à Paris « agissent avec la vitesse ou à l’échelle requise pour protéger les citoyens de la catastrophe potentielle. » Et même si, par miracle, ils l’avaient fait, cela aurait été d’une portée limitée, pour des raisons qui seraient profondément troublantes.

Lorsque l’accord a été approuvé à Paris, le ministre français des affaires étrangères Laurent Fabius, qui a accueilli les débats, a annoncé qu’il était « juridiquement contraignant ». Cela peut nous permettre d’espérer, mais de nombreux obstacles doivent retenir toute notre attention.

Si l’on considère l’ensemble de la couverture médiatique de la conférence de Paris, peut-être les commentaires les plus importants sont ceux-ci, enfouis à la fin d’une longue analyse du New York Times : « Traditionnellement, les négociateurs se sont efforcés de rédiger un traité juridiquement contraignant qui requière des gouvernements des pays participants à la conférence que la ratification ait une valeur. Dans le cas présent, il n’y a aucun moyen de l’obtenir, à cause des États-Unis. Un tel traité serait mort-né en arrivant à Capitol Hill sans les deux tiers des voix de majorité requis au Sénat contrôlé par les Républicains. Ainsi, les objectifs volontaires prennent la place des objectifs contraignants et obligatoires. » Et les plans volontaires sont une garantie d’échec.

« A cause des États-Unis. » Plus précisément, à cause du Parti républicain, qui maintenant est en train de devenir un réel danger pour une survie humaine décente.

Les conclusions sont soulignées dans un autre article du Times sur l’accord de Paris. A la fin d’un long texte louant la réalisation, l’article note que le système créé à la conférence « dépend en grande partie des points de vue des futurs leaders mondiaux qui appliqueront ces politiques. Aux États-Unis, chaque candidat républicain à la présidence de 2016 a publiquement remis en question ou refusé d’admettre le changement climatique, et s’est opposé aux politiques de M. Obama à ce sujet. Au Sénat, Mitch McConnell, leader républicain, qui a mené la charge contre le programme de M. Obama concernant le changement climatique, a déclaré : “Avant que ses partenaires internationaux ne sabrent le champagne, ils feraient mieux de se rappeler que c’est un objectif inatteignable, basé sur un plan énergétique probablement illégal, que la moitié des États l’ont attaqué en justice pour l’arrêter, et dont le Congrès a déjà voté le rejet.” »

Les deux partis se sont déplacés vers la droite pendant la période néolibérale de la génération précédente. Les démocrates mainstream sont maintenant à peu près ce que l’on appelait « les républicains modérés ». Pendant ce temps, le Parti républicain a largement dérivé hors du spectre, devenant ce que le respecté analyste politique conservateur Thomas Mann et Norman Ornstein appellent une « insurrection radicale » qui a pratiquement abandonné la politique parlementaire normale. Avec la dérive droitière, le dévouement du Parti républicain à la richesse et aux privilèges est devenu si extrême que ses politiques réelles pourraient ne pas attirer les électeurs, il a donc dû chercher une nouvelle base populaire, mobilisée pour d’autres motifs : les chrétiens évangéliques qui attendent la seconde venue, nativistes qui craignent qu’« ils » mènent notre pays loin de nous, racistes impénitents, les gens avec de vrais griefs qui confondent gravement leurs causes, et d’autres comme eux qui sont des proies faciles pour les démagogues et peuvent facilement se transformer en insurrection radicale.

Au cours des dernières années, l’establishment républicain a réussi à ignorer les voix de la base qu’il avait mobilisée. Mais plus maintenant. À la fin 2015, l’establishment exprimait la consternation et un désespoir considérable pour son incapacité à le faire, alors que la base républicaine et ses choix sont hors de contrôle.

Les élus républicains et prétendants à la prochaine élection présidentielle ont exprimé un mépris clair pour les délibérations de Paris, refusant même de participer à la procédure. Les trois candidats qui menaient dans les sondages du moment – Donald Trump, Ted Cruz et Ben Carson – ont adopté la position de la base largement évangélique : les humains n’ont pas d’impact sur le réchauffement climatique, si tant est que le réchauffement existe.

Les autres candidats rejettent l’action du gouvernement face à la question. Immédiatement après le discours d’Obama à Paris, promettant que les États-Unis seraient à l’avant-garde de la recherche d’une action mondiale, un vote du Congrès dominé par les Républicains a sabordé les dernières règles de l’Agence de Protection de l’Environnement destinées à réduire les émissions de carbone. Comme la presse l’a rapporté, ce fut « un message provocant adressé à plus de 100 dirigeants du monde, soulignant que le président américain n’a pas le plein soutien de son gouvernement sur la politique climatique » – un euphémisme, en quelque sorte. Pendant ce temps, Lamar Smith, chef républicain de la commission de la Chambre sur la science, l’espace et la technologie, a renforcé son djihad contre les scientifiques du gouvernement qui osent dénoncer les faits.

Le message est clair. Les citoyens américains sont confrontés à une énorme responsabilité chez eux.

Sur ce même sujet, le New York Times souligne que « les deux tiers des Américains sont favorables à ce que les États-Unis adoptent un accord international contraignant pour freiner la croissance des émissions de gaz à effet de serre. » Et trois Américains sur cinq considèrent le climat comme plus important que l’économie. Mais ce n’est pas le problème. L’opinion publique est ignorée. Ce fait, une fois de plus, envoie un message fort aux Américains. Il leur incombe de corriger les dysfonctions du système politique, dans lequel l’opinion populaire est une donnée marginale. La disparité entre l’opinion publique et la politique, dans ce cas, a des conséquences importantes pour le sort du monde.

Nous ne devons pas, bien sûr, nous lamenter sur un « âge d’or » révolu. Néanmoins, en examinant simplement l’évolution actuelle, on y voit des changements importants. L’affaiblissement du fonctionnement de la démocratie est l’une des conséquences de l’agression néolibérale sur la population mondiale de la dernière génération. Et cela ne se produit pas seulement aux États-Unis ; en Europe l’impact est peut-être pire.

Le cygne noir que nous ne verrons jamais

Passons maintenant à l’autre (et traditionnelle) préoccupation des scientifiques atomiques qui ajustent l’horloge de la fin du monde : les armes nucléaires. La menace actuelle de la guerre nucléaire justifie amplement leur décision de janvier 2015 d’avancer l’horloge de deux minutes vers minuit. Ce qui est arrivé depuis révèle encore plus clairement la menace croissante, une question qui suscite une préoccupation insuffisante, à mon avis.

La dernière fois que l’horloge de la fin du monde a atteint trois minutes avant minuit c’était en 1983, au moment des exercices Able Archer de l’administration Reagan ; ces exercices d’attaques simulées sur l’Union Soviétique ont servi à tester leurs systèmes de défense. Des archives russes publiées récemment révèlent que les Russes étaient profondément préoccupés par les opérations et se préparaient à répliquer, ce qui aurait signifié, tout simplement : La Fin.

Nous en avons appris plus sur ces exercices irréfléchis et inconscients qui ont conduit le monde à deux doigts de la catastrophe, de la part de militaires américains et de l’analyste américain du renseignement Melvin Goodman, qui était chef de la division de la CIA et analyste principal au Bureau des affaires soviétiques de l’époque. « En plus de l’exercice de mobilisation Able Archer qui a alarmé le Kremlin, écrit Goodman, l’administration Reagan a autorisé des exercices militaires inhabituellement agressifs près de la frontière soviétique qui, dans certains cas, ont violé la souveraineté territoriale soviétique. Les mesures risquées du Pentagone comprenaient l’envoi de bombardiers stratégiques américains sur le pôle Nord pour tester les radars soviétiques, et des exercices navals de temps de guerre où les navires américains ont été plus proches de l’URSS que jamais. Ainsi que des opérations secrètes de simulation d’attaques navales surprises sur des cibles soviétiques. »

Nous savons maintenant que le monde a été sauvé de la destruction nucléaire probable dans ces jours effrayants par la décision d’un officier russe, Stanislav Petrov, de ne pas transmettre aux autorités supérieures le rapport des systèmes de détection automatisés prévenant que l’URSS subissait une attaque de missiles. Par conséquent, Petrov prend sa place aux côtés du commandant de sous-marin russe Vasili Arkhipov, qui, à un moment dangereux de la crise des missiles cubains de 1962, a refusé d’autoriser le lancement de torpilles nucléaires lorsque des sous-marins ont été attaqués par les destroyers américains qui maintenaient le blocus maritime.

D’autres exemples révélés récemment viennent enrichir le dossier déjà effrayant. L’expert de la sécurité nucléaire Bruce Blair déclare que « le moment où les Etats-Unis ont été le plus proche de voir le Président décider par inadvertance d’un lancement stratégique a eu lieu en 1979, quand le système d’alerte précoce NORAD (North American Aerospace Defense Command) a détecté une attaque soviétique de grande ampleur. Le conseiller de sécurité nationale Zbigniew Brzezinski a été appelé deux fois dans la nuit pour lui annoncer que les États-Unis étaient attaqués. Il a aussitôt décroché le téléphone pour convaincre le président Carter qu’une réponse à grande échelle était nécessaire et devait être immédiate, quand un troisième appel l’a informé que c’était une fausse alerte. »

Cet exemple nouvellement révélé évoque un incident critique de 1995, lorsque la trajectoire d’une fusée américano-norvégienne transportant du matériel scientifique ressemblait à la trajectoire d’un missile nucléaire. Ce qui a provoqué l’inquiétude russe qui a atteint rapidement le président Boris Eltsine, qui est en charge de décider de lancer une frappe nucléaire.

Blair ajoute d’autres exemples tirés de sa propre expérience. Dans un cas, pendant la guerre du Moyen-Orient en 1967, « un équipage d’avion porteur de charge nucléaire a reçu un ordre d’attaque réelle au lieu d’un exercice de formation et d’entrainement nucléaire. » Quelques années plus tard, au début des années 1970, le Strategic Air Command de Omaha a « réémis un ordre d’exercice de lancement comme un ordre de lancement réel. » Dans les deux cas, les contrôles de code avaient échoué ; une intervention humaine a empêché le lancement. « Vous avez là un exemple de la dérive, » ajoute Blair. « Il n’était tout simplement pas rare que ce genre de SNAFU se produise. » [SNAFU : « Situation Normal: All Fucked Up », acronyme ironique indiquant que la situation est mauvaise, mais que c’est la situation normale, NdT]

Blair a fait ces commentaires en réaction au rapport du pilote John Bordne qui a été récemment blanchi par l’US Air Force. Bordne servait sur la base militaire américaine à Okinawa en octobre 1962, au moment de la crise des missiles de Cuba et au moment de graves tensions en Asie. Le système d’alerte nucléaire des États-Unis avait été augmenté à DEFCON 2, un niveau inférieur à DEFCON 1, niveau auquel des missiles nucléaires peuvent être lancés immédiatement. Au sommet de la crise, le 28 octobre, un équipage de missiles a reçu l’autorisation de lancer ses missiles nucléaires par erreur. Ils ont décidé de ne pas le faire, évitant probablement la guerre nucléaire. Ils rejoignent ainsi Petrov et Arkhipov dans le panthéon des hommes qui ont décidé de désobéir au protocole et ainsi sauvé le monde.

Comme Blair l’a observé, ces incidents ne sont pas rares. L’étude récente d’un expert a révélé des dizaines de fausses alertes chaque année au cours de la période examinée, de 1977 à 1983 ; l’étude a relevé un nombre de cas variant de 43 à 255 par an. L’auteur de l’étude, Seth Baum, résume avec les mots appropriés : « La guerre nucléaire est le cygne noir que personne ne voit jamais, sauf en ce bref instant où il nous tue. Nous retardons la suppression de cette menace à nos risques et périls. Il est grand temps de le faire, tant que nous sommes encore en vie. »

Ces études, comme celles reprises dans le livre d’Eric Schlosser, Command and Control, se bornent principalement aux systèmes américains. Les systèmes russes en revanche sont bien plus sources d’erreurs. Sans oublier les autres systèmes, notamment pakistanais.

« Une guerre n’est plus inimaginable »

Parfois, la menace n’est pas un accident, mais de l’aventurisme, comme dans le cas d’Able Archer. Le cas le plus extrême est celui des Missiles Cubains de 1962, quand la menace d’un désastre était bien trop réelle. La façon dont cela a été géré en est choquante ; de même que la manière dont cela a été interprété par la suite.

Avec ce triste record en tête, il est utile d’observer les débats stratégiques et leur préparation. Un cas qui fait froid dans le dos est celui de l’étude du STRATCOM (United States Strategic Command) “Eléments essentiels de la dissuasion post-Guerre Froide” (« Essentials of Post-Cold War Deterrence »), sous Clinton en 1995. L’étude appelle à conserver le droit de la « première frappe » [en stratégie militaire, une première frappe désigne une attaque surprise préventive avec un grand nombre d’armes, NdT], même contre les pays ne possédant pas l’arme nucléaire. L’étude explique que les armes nucléaires sont constamment utilisées, dans le sens où elles « assombrissent chaque crise ou conflit. » Elle incite également à renvoyer l’image d’un pays au caractère vindicatif et irrationnel, afin d’intimider le monde.

La doctrine actuelle est analysée dans l’éditorial du journal International Security, un des journaux de référence dans le monde de la doctrine stratégique. Les auteurs expliquent que les États-Unis sont engagés dans une primauté stratégique – c’est-à-dire éviter les représailles. C’est la logique de la « nouvelle triade » d’Obama (renforcer les sous-marins et les missiles au sol ainsi que les forces de bombardement), en plus de missiles de défense pour contrer des représailles. Le problème levé par les auteurs est que la demande américaine pour une primauté stratégique pourrait mener la Chine à réagir en abandonnant sa politique consistant à ne pas lancer de première frappe et en étendant les limites de sa dissuasion. Les auteurs pensent que cela n’arrivera pas, mais les perspectives restent incertaines. Clairement, cette doctrine augmente les dangers dans une région conflictuelle et à risque.

C’est également vrai pour l’OTAN et son expansion vers l’est en violation avec les promesses verbales faites à Mikhaïl Gorbatchev alors que l’URSS s’écroulait et qu’il donna son accord pour permettre à l’Allemagne, une fois unifiée, d’intégrer l’OTAN – concession assez remarquable quand on repense à l’histoire du XXe siècle. L’expansion vers l’Allemagne de l’Est s’est faite dans un premier temps. Dans les années qui ont suivi, l’OTAN s’est étendue jusqu’aux frontières russes ; il y a maintenant des raisons de craindre que cela puisse aller jusqu’à une inclusion de l’Ukraine, cœur géostratégique de la Russie. On imagine très bien comment les États-Unis réagiraient si le pacte de Varsovie existait encore, si une grande partie de l’Amérique latine l’avait rejoint, et si maintenant, le Mexique et le Canada étaient candidats également.

Mis à part cela, la Russie comprend comme la Chine (et les stratèges américains, d’ailleurs) que les systèmes américains de défense antimissile près des frontières de la Russie sont, en effet, des armes de première frappe, visant à établir la primauté stratégique – l’immunité contre les représailles. Peut-être que leur mission est tout à fait impossible, comme certains spécialistes le soutiennent. Mais on ne peut être sûr de rien. Et les réactions militaires de la Russie sont interprétées naturellement par l’OTAN comme une menace pour l’Occident.

Un éminent chercheur britannique spécialiste de l’Ukraine présente ce qu’il appelle un « paradoxe géographique fatidique » : que l’OTAN « n’existe que pour gérer les risques créés par son existence. »

Les menaces sont maintenant bien réelles. Heureusement, l’abattage d’un avion russe par un F-16 turc en novembre 2015 n’a pas mené à un incident international, mais il aurait pu, particulièrement au vu des circonstances. L’avion était en mission de bombardement en Syrie. Il est passé pendant à peine 17 secondes au-dessus d’une frange du territoire turc qui forme une saillie dans la Syrie, et se dirigeait de manière évidente vers la Syrie, où il s’est abîmé. L’abattre apparaît comme ayant été un acte inutilement imprudent et provocateur, et un acte suivi de conséquences.

En réaction, la Russie a annoncé que ses bombardiers seraient dorénavant accompagnés par des avions de chasse et qu’elle déploierait des systèmes sophistiqués de missiles anti-aériens en Syrie. La Russie a également ordonné à son croiseur lance-missiles Moskva, avec son système de défense aérienne longue portée, de se rapprocher de la côte afin qu’il puisse être « prêt à détruire n’importe quelle cible aérienne portant un potentiel danger contre sa flotte aérienne, » a annoncé le ministre Sergei Shoigu. Tout cela jette les bases de confrontations qui pourraient être létales.

Les tensions sont également constantes aux frontières entre la Russie et l’OTAN, incluant les manœuvres militaires des deux côtés. Peu après que l’horloge de la fin du monde ait été, de manière inquiétante, rapprochée de minuit, la presse nationale déclara que « des véhicules de combat militaire américains ont paradé mercredi à travers une ville estonienne qui jouxte la Russie, un acte symbolique qui souligne les enjeux pour les deux côtés au milieu des pires tensions entre l’Occident et la Russie depuis la guerre froide. » Peu avant, un avion de guerre russe est passé à quelques secondes d’une collision avec un avion de ligne civil danois. Les deux côtés pratiquent une mobilisation rapide et un redéploiement des forces vers la frontière Russie-OTAN, et « tous deux pensent qu’une guerre n’est plus impensable. »

Perspectives de survie

S’il en est ainsi, les deux côtés sont au-delà de l’imbécillité, car une guerre pourrait bien tout détruire. Il est reconnu depuis des dizaines d’années qu’une première frappe d’une puissance majeure pourrait détruire l’attaquant, même sans représailles, simplement des effets d’un hiver nucléaire.

Mais c’est le monde d’aujourd’hui. Et pas seulement celui d’aujourd’hui – mais celui dans lequel nous vivons depuis 70 ans. Le raisonnement de toutes les parties est incroyable. Comme nous l’avons vu, la sécurité pour les populations n’est, typiquement, pas le premier souci des politiciens. Cela est vrai depuis les premiers jours de l’âge nucléaire, quand dans les centres de formation politique il n’y avait aucun effort – apparemment même aucune pensée exprimée – pour éliminer la sérieuse menace potentielle pour les États-Unis, ce qui aurait pu être possible. Et ainsi le même problème continue de persister, comme le montrent les exemples que nous venons de citer.

C’est le monde dans lequel nous avons vécu et vivons encore aujourd’hui. Les armes nucléaires posent un danger constant de destruction instantanée, mais au moins nous savons comment réduire la menace, et même comment l’éliminer ; une obligation qui engageait les puissances nucléaires qui ont signé le traité de non-prolifération, et dont ils n’ont pas tenu compte. La menace du réchauffement climatique n’est pas immédiate, bien qu’elle soit pressante à long terme et pourrait empirer soudainement. Notre capacité à la gérer reste à préciser, mais il n’y a aucun doute que plus le délai sera long, plus extrême sera le désastre.

Les perspectives d’une survie décente à long terme ne sont pas élevées à moins qu’il n’y ait un changement significatif dans la trajectoire. Une grande partie de la responsabilité est entre nos mains – les opportunités également.

Noam Chomsky est professeur émérite dans le département de linguistique et de philosophie au Massachussetts Institute of Technology (MIT). Dans son œuvre de réinformation [Allusion au site TomDispatch.com, qui se définit comme antidote aux médias mainstream, NdT], on trouve parmi ses récents livres Hegemony or Survival (« Hégémonie ou Survie ») et Failed States (« Des États ratés »). Cet essai est tiré de son nouveau livre, Who Rules the World? (« Qui dirige le monde ? », Metropolitan Books, the American Empire Project). Son site est www.chomsky.info.

Copyright 2016 Valeria Galvao Wasserman-Chomsky

Source : TomDispatch.com, le 12/06/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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L’armée #US a « manipulé les #renseignements pour atténuer la menace représentée par l’ #EI » - AFP - #daech

L’armée #US a « manipulé les #renseignements pour atténuer la menace représentée par l’ #EI » - AFP - #daech | Infos en français | Scoop.it

L’armée #US a « manipulé les #renseignements pour atténuer la menace représentée par l’ #EI » - AFP - #daech

L’armée américaine a « manipulé les renseignements pour atténuer la menace représentée par l’EI »
Par AFP le 15 août 2016
 
 
 

Selon un rapport intérimaire du Congrès américain, l’armée a développé une vision « significativement plus positive » des efforts américains contre l’État islamique, ce qui pourrait avoir mis en danger des soldats.

D’après le rapport, les dirigeants du CENTCOM ont « violé l’éthique professionnelle » pour dresser un portrait flatteur des efforts américains.
 

Des dirigeants militaires américains ont dressé un tableau trop optimiste des efforts américains pour lutter contre le groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie, selon un rapport du gouvernement publié jeudi.

Le rapport intérimaire provient d’un groupe de travail du Congrès américain qui enquête sur les allégations faites par des lanceurs d’alerte et selon lesquelles des responsables du renseignement triaient sur le volet des informations qui minimisaient le risque représenté par l’État islamique, tout en exagérant les efforts déployés par les Américains pour former les forces locales à la lutte contre les militants.

« De la mi-2014 à la mi-2015, les chefs du renseignement les plus haut placés du Commandement central des États-Unis [CENTCOM] ont manipulé la production de renseignements du commandement pour atténuer la menace représentée par le groupe État islamique en Irak », a affirmé dans un communiqué Mike Pompeo, membre républicain du Congrès.

« Résultat : ceux qui se servaient de ces renseignements ont eu constamment une vision un peu trop « rose » des succès opérationnels américains contre l’État islamique », a-t-il ajouté, soulignant que cela avait « très bien pu » mettre en danger des soldats américains.

Les enquêteurs du groupe de travail ont interrogé des dizaines d’analystes du CENTCOM, dont beaucoup ont considéré leur encadrement à l’époque comme toxique.

« 40 % des analystes ont répondu qu’ils avaient subi des pressions pour déformer ou supprimer des renseignements au cours de l’année écoulée », souligne le rapport.

En outre, le CENTCOM a diffusé des communiqués de presse et fait des déclarations publiques présentant une situation « significativement plus positive » qu’elle ne l’était en réalité, ont découvert les enquêteurs.

Des dirigeants de haut rang du CENTCOM ont « violé les réglementations, les normes en matière de techniques [d’espionnage] et l’éthique professionnelle » en modifiant les renseignements pour présenter des évaluations excessivement positives des efforts américains initiaux pour former les forces de sécurité irakiennes à la lutte contre l’État islamique.

L’inspecteur général du Pentagone mène actuellement une enquête interne sur ce sujet ; ainsi, les responsables n’ont pas été en mesure de formuler des commentaires sur le rapport publié jeudi.

« La communauté du renseignement donne régulièrement un vaste éventail d’évaluations basées sur des données multidimensionnelles liées à l’environnement sécuritaire actuel », a déclaré le lieutenant-commandant Patrick Evans, porte-parole du Pentagone.

« Ces évaluations et les experts qui les effectuent revêtent un caractère absolument essentiel pour nos efforts, étant donné en particulier la nature incroyablement complexe des combats menés actuellement sur plusieurs fronts en Irak et en Syrie. »

« Les experts sont parfois en désaccord sur l’interprétation de données complexes ; la communauté du renseignement et le département de la Défense sont très ouverts à un dialogue sain sur ces sujets vitaux de sécurité nationale. »

Le membre du Congrès Brad Wenstrup a souligné qu’il était encore difficile de déterminer pourquoi ces renseignements avaient été déformés.

« Nous ne comprenons toujours pas complètement les raisons et les motivations sous-jacentes à cette pratique, pas plus que nous ne savons à quelle fréquence les analyses exclues se sont en fin de compte avérées correctes », a-t-il déclaré.

Les responsables du CENTCOM doivent rendre des comptes s’ils ont fait pression sur des analystes pour qu’ils déforment les informations sur la lutte contre l’État islamique, a demandé la sénatrice républicaine Kelly Ayotte, qui siège à la commission des forces armées du Sénat.

« Une stratégie réussie pour vaincre le fléau du terrorisme islamiste radical doit être fondée sur des faits, et non sur des évaluations flatteuses manipulées pour soutenir un récit politique », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Le CENTCOM est responsable des opérations militaires à travers le Moyen-Orient et en Afghanistan.

AFP | 12 août 2016
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#Renseignement : des membres de #Daesh arrivés en #Allemagne comme réfugiés prêts à passer à l’acte

#Renseignement : des membres de #Daesh arrivés en #Allemagne comme réfugiés prêts à passer à l’acte | Infos en français | Scoop.it

Oui, oui et reoui,  il faut accueillir un MAXIMUM des réfugiés (et arrêter de les appeler des "migrants" par ailleurs) MAIS il faut former bien mieux les personnes chargées d'enquêter sur ces demandes car il y a bel et bien des gens de Daesh parmi eux.

 

#Renseignement : des membres de #Daesh arrivés en #Allemagne comme réfugiés prêts à passer à l’acte

 

Parler de Daesh uniquement revient à faire croire aux gens que les autres groupes terroristes en Syrie – que la presse occidentale qualifie de « rebelles » – ne représentent aucun danger.

Nous sommes gouvernés par des autorités qui se sont avérées totalement aveugles et incompétentes à gérer les crises. Nous pensons que la Suisse, sous la présidence de Simonetta Sommaruga, n’a pas pris la mesure du danger potentiel représenté par des familles de réfugiés syriens dont certains membres peuvent se battre avec les groupes terroristes depuis 2011. Ses services, possiblement désinformés par la presse traditionnelle, ne prenaient pas en compte le fait que les Syriens qui fuient ne sont pas persécutés par Assad. Ils fuient avant tout la centaines de groupes terroristes – qualifiés improprement par notre presse « rebelles modérés ». Pour preuve: huit millions de Syriens se sont réfugiés dans les zones sous le contrôle du gouvernement.

La présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, lors d’une conférence de presse avec Angela Merkel, le 3 septembre 2015, y tenait des propos culpabilisants à l’adresse des citoyens inquiets, comme si ces derniers étaient racistes. Ainsi elle a «remercié sincèrement» Angela Merkel pour ses récentes prises de position condamnant le racisme et précisé «Je considère moi aussi que certaines réactions sont inacceptables, et qu’il faut se désolidariser du racisme au profit d’une attitude solidaire». Aujourd’hui, Mme Merkel et Mme Sommaruga paniquent. Les attentats ont frappé en Europe et l’une et l’autre ont modifié leur discours.

Nos autorités n’ont pas entendu nos messages leur reprochant d’avoir accordé aveuglément le statut de réfugié à des Syriens « radicaux ». Nous étions bien isolés, voir stigmatisés, quand nous diffusions des informations qui alertaient sur les possibles dangers (*) en disant ceci:

Nous avons pu vérifier qu’en Suisse, des Syriens – jeunes femmes et personnes âgées provenant d’une zone « rebelle » de la banlieue de Damas, tenue notamment par le groupe terroriste al-Nosra – ont rapidement obtenu le statut de réfugié en affirmant avoir été persécutés par le « régime Assad ». Le fait de savoir s’ils avaient des liens avec le terrorisme, s’ils étaient parents ou sympathisants de combattants armés qui persécutent les Syriens qui demeurent attaché à l’Etat syrien légal, ne semble pas entrer en ligne de compte pour les fonctionnaires suisses qui les interrogent. Nous avons cru comprendre, qu’il y a (...)

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Audio RTS 8:40 : Les Genevois doivent-ils avoir leur mot à dire sur l'aéroport? #environnement #écologie #Genève

Audio RTS 8:40 : Les Genevois doivent-ils avoir leur mot à dire sur l'aéroport? #environnement #écologie #Genève | Infos en français | Scoop.it

Audio RTS 8:40 : Les Genevois doivent-ils avoir leur mot à dire sur l'aéroport? #BienSûrQueOui #environnement #écologie #Genève

 

Des groupes de citoyens genevois lancent une initiative cantonale pour un "pilotage plus démocratique" de l'aéroport de Genève. Débat entre Lisa Mazzone, présidente de la Coordination régionale pour un aéroport de Genève urbain, respectueux de la population et de l’environnement (CARPE), et Jean-Pierre Jobin, ancien directeur général de l’Aéroport de Genève et membre du PDC.

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Audio RTS 6:42 : #SolidaritéSansFrontière déçue par la position  #Suisse s/les migrants - #Sommaruga #PS

Audio RTS 6:42 : #SolidaritéSansFrontière déçue par la position  #Suisse s/les migrants - #Sommaruga #PS | Infos en français | Scoop.it

Audio RTS 6:42 : #SolidaritéSansFrontière déçue par la position  #Suisse s/les migrants - #Sommaruga #PS

Simonetta Sommaruga, Conseillère Fédérale (socialiste)  a affirmé que la Suisse ne va pas ouvrir un passage pour les migrants de Côme et va appliquer les accords de Dublin. L'interview d'Amanda Ioset, secrétaire politique de Solidarité sans frontières et membre du POP.

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Audio RTS 3:43: #israël doit 1,1 milliard de dollars à l' #Iran, confirme le Tribunal fédéral #suisse #pétrole #oil

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Audio RTS 3:43: #israël doit 1,1 milliard de dollars à l' #Iran, confirme le Tribunal fédéral #suisse #pétrole #oil

Le Tribunal fédéral de Lausanne a confirmé un jugement arbitral dans un litige qui oppose Israël et l’Iran depuis plus de 30 ans sur des livraisons de pétrole à la fin des années 1970.

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Audio RTS 6 mn  : La fonte des sols gelés libère des bactéries d'anthrax #environnement #mining #santé

Audio RTS 6 mn  : La fonte des sols gelés libère des bactéries d'anthrax #environnement #mining #santé | Infos en français | Scoop.it

Audio RTS 6 mn  : La fonte des sols gelés libère des bactéries d'anthrax #environnement #mining #santé

La fonte des sols gelés serait responsable de la libération de bactéries d'anthrax, responsables de la maladie du charbon, dans le Grand Nord russe. La maladie s'est propagée, causant la mort d'un enfant et l'hospitalisation de dizaines de personnes. Interview de Chantal Abergel, directrice de recherche au CNRS.

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Un des articles les plus sensés que j'ai pu lire sur le #djihad et le #terrorisme ...  A lire  #JacquesBaud -Le Temps

Un des articles les plus sensés que j'ai pu lire sur le #djihad et le #terrorisme ...  A lire  #JacquesBaud -Le Temps | Infos en français | Scoop.it

Un des articles les plus sensés que j'ai pu lire sur le #djihad , le #terrorisme #livre -   #JacquesBaud -Le Temps

(L'article date du 4 mai 2016, à savoir avant la vague de terreur en Allemagne, Irak et France qui a stupéfié les opinions publiques. Il est temps d'ouvrir les yeux, de dézoomer et de sortir d une pensée binaire subtilement imposée par des mauvais esprits  )

 

Jacques Baud: «Le djihad est un mouvement de résistance»

Les attentats récents ont stupéfié l’opinion européenne. Ils ne sont pourtant guère étonnants, affirme Jacques Baud, un ancien analyste des services de renseignement stratégique suisses

 

«Je monte sur mon bureau pour ne pas oublier qu’on doit s’obliger sans cesse à tout regarder sous un angle différent.» C’est par ce fameux conseil du professeur de lettres interprété par Robin Williams dans Le Cercle des poètes disparus que commence «Terrorisme – Mensonges politiques et stratégies fatales de l’Occident», un livre tout juste paru qui s’impose comme l’un des plus décapants jamais publiés sur le phénomène djihadiste.

Un ouvrage si iconoclaste qu’il prêterait au scepticisme s’il n’était solidement documenté et rédigé par un spécialiste confirmé du sujet, Jacques Baud, ancien analyste des services de renseignement stratégique suisses et cofondateur du Service de renseignement opérationnel de l’ONU, organisme dont il a dirigé la première unité, au Soudan, au milieu des années 2000.

- Le Temps: Quinze ans après le début de la «Guerre au terrorisme», lancée par les Etats-Unis dans la foulée des attentats du 11 septembre, les djihadistes n’ont jamais été aussi nombreux et aussi puissants. Comment expliquer ce paradoxe?

- Jacques Baud: La vague djihadiste actuelle représente essentiellement un mouvement de résistance aux attaques illégitimes perpétrées par l’Occident au Moyen-Orient. Or, l’Occident y a répondu en aggravant son cas, soit en intervenant toujours plus dans la région sur la base de mensonges et sans mandat des Nations unies. Son comportement a eu pour effet de nourrir davantage encore la réaction de rejet.

- Quand cet engrenage s’est-il mis en place?

- Il remonte à la première Guerre du Golfe, qui s’est traduite par l’installation d’une force américaine en Arabie saoudite malgré l’opposition du gouvernement et de la population. La situation a commencé à mal tourner lorsque les Etats-Unis ont décidé de maintenir leur présence dans le royaume au-delà des délais fixés. De premiers attentats ont eu lieu sur place en 1995 pour convaincre Washington de retirer ses troupes… mais sans succès. Les djihadistes ont alors multiplié leurs opérations dans un rayon toujours plus large.

- Que représentent dans ce contexte les attentats du 11 septembre?

- Ils ont souvent été présentés comme le début d’une guerre. Mais c’est faux. Ils s’inscrivent dans le conflit engagé au milieu des années 1990 autour de la présence américaine en Arabie saoudite. Ils ont représenté des réponses aux bombardements menés en 1998 par les Etats-Unis au Soudan et en Afghanistan. Des bombardements qui avaient paru contre-productifs à beaucoup.

- En raison des centaines de victimes qu’ils ont causées?

- Pas seulement. Ces frappes avaient été présentées comme des ripostes aux attentats sanglants perpétrés deux semaines plus tôt contre les ambassades américaines de Nairobi et de Dar es Salam. Mais elles ont été conduites avant que l’identité des coupables n’ait été découverte – elle ne l’a toujours pas été, d’ailleurs – et contre des cibles qui n’avaient rien à voir avec ces événements. Soit une usine de médicaments et des camps d’entraînement destinés au djihad dans le Cachemire indien. Les avions utilisés le 11 septembre se voulaient une réplique des missiles employés trois ans plus tôt.

- Quel rôle a joué dans cette guerre Oussama ben Laden?

- Il a représenté avec d’autres une référence intellectuelle sur la scène djihadiste. Mais rien ne prouve qu’il a joué le moindre rôle dans l’organisation d’attentats. Le vice-président des Etats-Unis Dick Cheney l’a avoué lui-même en 2006, en confiant que l’administration américaine n’avait jamais considéré qu’Oussama ben Laden était directement mêlé au 11 septembre. Si le Saoudien (devenu apatride) a été présenté comme le grand instigateur de ces événements, c’est principalement parce qu’il était connu des services occidentaux.

- Dans ce cas, pourquoi Barack Obama a-t-il tenu à le neutraliser une décennie plus tard en lançant une opération risquée à son encontre sur territoire pakistanais?

- De nombreuses opérations militaires ont des raisons de politique intérieure. Cela a été le cas des bombardements de 1998, à l’origine du 11 septembre, des opérations lancées par Bill Clinton suite à l’affaire Lewinski qui avait soulevé contre lui une bonne partie de la classe politique américaine. Pareille motivation explique l’activisme français en Lybie: Nicolas Sarkozy cherchait une occasion de rebondir alors qu’il était en baisse dans les sondages à une année de l’élection présidentielle.

Lire aussi: L'Etat islamique, une histoire violente

L’élimination d’Oussama ben Laden s’est inscrite dans ce genre de logique. Elle a été utile à la réélection de Barack Obama mais elle n’a eu aucun impact sur la lutte contre le djihadisme. L’homme avait été arrêté par les Pakistanais en 2006, année au cours de laquelle la CIA a fermé la cellule qui le pourchassait. Et comme l’ont confirmé les documents saisis dans sa résidence d’Abbottabad, il n’était plus dans le circuit.

- Quelle a été l’importance d’Al-Qaida durant toutes ces années?

- Al-Qaida n’a jamais existé comme organisation. Ce terme, qui signifie «la base», a été utilisé dans les années 1980 pour nommer un camp où étaient accueillis et triés les volontaires étrangers décidés à s’engager dans la résistance afghane. Utilisé plus tard par les autorités américaines pour désigner la mouvance djihadiste, il a acquis une telle notoriété qu’il s’est converti en label. Un label que toutes sortes d’organisations ont repris ces dernières années pour des raisons plus publicitaires que structurelles. Le principal dénominateur commun de ces groupes est la volonté de combattre les armes à la main, au moyen du terrorisme si nécessaire, la présence occidentale au Moyen-Orient.

- Quelles erreurs ont commis les Etats-Unis et leurs alliés au cours de leur guerre au djihadisme?

- La principale erreur est d’avoir dédaigné les reproches d’interférence qui leur étaient faits, en accroissant leur présence au Moyen-Orient au lieu de la réduire. Les Occidentaux n’avaient rien à faire en Afghanistan au lendemain du 11 septembre. Les pirates de l’air étaient pour la plupart des Saoudiens, qui avaient préparé leur coup en Allemagne. Et Oussama ben Laden, qui s’y trouvait, n’était pas mêlé aux attentats.

Les Etats-Unis ont même été beaucoup plus loin puisqu’ils ont préparé dans la foulée l’invasion de l’Irak et, de manière plus discrète, le renversement de cinq gouvernements de la région, de la Libye au Soudan en passant par la Syrie. Un vaste programme révélé il y a quelques années par l’un des officiers les plus prestigieux de l’histoire américaine récente, le général Wesley Clark.

- Afghanistan, Irak, Libye, Syrie: tous ces pays sont aujourd’hui à feu et à sang…

- Les Occidentaux sont intervenus avec une grande maladresse sur ces théâtres d’opération. Les Etats-Unis bombardent l’Etat islamique en Irak et en Syrie mais ils n’ont pas de plan pour le cas où ils remporteraient la partie. Et ils ont commis la même erreur partout où ils ont renversé un régime ces dernières années. De l’Afghanistan à la Libye en passant par l’Irak, ils ont causé des dizaines de milliers de morts pour aboutir à un chaos général.

- Comment les attentats de Paris et de Bruxelles s’inscrivent-ils dans cette guerre?

- Les djihadistes pratiquent en Occident la stratégie que les Alliés ont conduite en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils frappent les populations civiles pour les pousser à exiger de leurs gouvernements la fin des hostilités. Entre les deux existe principalement une différence de moyens: des bombardiers d’un côté, des kamikazes de l’autre. Des organisations comme l’Etat islamique et Al-Qaida dans la Péninsule arabique décrivent clairement leurs intentions, en assumant pleinement l’usage du terrorisme.

- S’agit-il aussi pour ces organisations d’imposer peu à peu leur loi en Occident?

- C’est là une idée courante. Les responsables occidentaux ont tendance à interpréter les événements actuels à l’aune de leur expérience, soit du terrorisme d’extrême-gauche des années 1960-1970, des Brigades rouges et autres Fraction armée rouge qui avaient pour but de transformer la société. Mais les terroristes djihadistes n’ont pas du tout cette ambition. Contrairement à leurs devanciers, ils ne disposent d’ailleurs d’aucun relais susceptible de transformer leurs opérations militaires en succès politique.

Lire aussi: Une galaxie du djihad toujours plus mondialisée

Si leurs attentats ont un effet politique, c’est celui de détourner les populations occidentales des migrants musulmans d’où pourrait venir à long terme une certaine islamisation de l’Europe. Donc un impact contraire à celui qui serait recherché.

- Comment se fait-il que la puissance de feu occidentale, bien supérieure à celle des djihadistes, ne l’emporte pas?

- Les Occidentaux mènent cette guerre avec les mêmes principes qu’en 1914-1918, en liant la victoire à la puissance de feu. Mais la guerre d’aujourd’hui est asymétrique: les succès de l’un entraînent la victoire de l’autre. Comment dissuader en menaçant de mort quelqu’un prêt à mourir? Elle s’assortit d’une interprétation différente de la notion de victoire en Occident et en Orient.

La culture occidentale est plus attentive au résultat du rapport de forces, aux pertes reçues et infligées. La notion de «djihad» privilégie la volonté de résister. Les Egyptiens célèbrent comme une victoire leur guerre de 1973 contre Israël alors que leur armée a subi à nos yeux une défaite cuisante. Ce qu’ils célèbrent n’est pas le résultat matériel mais leur détermination dans une lutte contre un adversaire technologiquement supérieur.

- Quelle issue voyez-vous à la guerre qui oppose aujourd’hui djihadistes et Occidentaux?

- Nous sommes entrés dans un cercle vicieux. Plus le temps passe et plus il est difficile d’en sortir. Des pays comme la France et la Belgique n’avaient aucune raison impérative de se mêler au conflit irako-syrien, qui ne les concerne en rien. D’autant que leur contribution ne pèse guère: le premier compte pour 5% des frappes et le second pour 1%. Paris a réagi de manière particulièrement absurde à l’attentat de l’an dernier contre Charlie Hebdo en bombardant la Syrie, alors que le méfait avait été revendiqué par Al-Qaida dans la Péninsule arabique.

La seule issue raisonnable serait un retrait occidental du Moyen-Orient. Mais les capitales concernées auront à cœur de l’opérer sans perdre la face. Ce qui supposerait l’exploitation d’un bon prétexte à la faveur, par exemple, d’une élection présidentielle.

«Terrorisme – Mensonges politiques et stratégies fatales de l’Occident», de Jacques Baud, éditions du Rocher, Monaco, avril 2016.

 

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