Les Chroniques de Benito Pelegrín : L'ORFEO,  favola in musica | oAnth's day by day interests - via its scoop.it contacts | Scoop.it

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(L)e Concile de Trente (1545-1563) qui lance la contre-offensive contre le protestantisme, la Contre-Réforme, impose un retour à une musique plus simple, qui donne le primat au texte religieux, au dogme. Cette réforme musicale est confiée à Palestrina.

Les conséquences, au niveau artistique, seront considérables : c’est le retour à la monodie, à un chant simplifié d’une seule voix à la fois, simplement accompagné d’une basse continue qui permet au chanteur d’orner le texte à sa guise. Car à Florence, parallèlement aux impératifs religieux, dans la Camerata, le salon du comte Bardi, artistes et érudits s’employaient à retrouver la tragédie antique dont on savait qu’elle était en partie chantée sans qu’on sache comment.

 

Peri, dans la préface de son Euridice, prônait « une forme intermédiaire » entre la mélodie du « parler ordinaire » et du chant. Ce sera ce fameux « recitar col canto», 'réciter en chantant', ce « favellare in armonia », ce 'parler en musique', souple et serpentine déclamation chantée qui épouse les accents de la parole dont la mélodie ne semble qu'une prolongation, qu'une naturelle accentuation. C’est la musica rappresentativa, ‘la musique théâtrale’, au texte et à l’intrigue compréhensibles, le dramma per musica, le ‘drame en musique’ qu’on n’appellera « opéra », ‘œuvre’ en italien, que bien plus tard. Il appartiendra à Monteverdi de lui donner sa forme la plus parfaite avec cet Orfeo, à la fois manifeste pratique et aboutissement de ces recherches.

 

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Via Emmanuel Auray