Quand l’Afrique est votre berceau et Dakar votre terrain de jeu, quand la bande son de votre enfance mêle aussi bien la musique traditionnelle du Sénégal que James Brown ou les Pink Floyd, quand la déflagration Public Ennemy change radicalement votre vision de la musique et décide de la voie à emprunter, et quand, sur le chemin de l’école , on croise tous les jours celui qui partage sans le savoir vos rêves artistiques et d’émancipation culturelle ou sociale, alors, il se peut qu’au point de rencontre naisse un projet musical qui détermine votre voie d’adulte... Quand Faada Freddy et N’Dongo D décident de travailler ensemble en 1992, cette façon de scander la vie quotidienne que porte le hip hop leur semble venir de loin, de très loin même, elle est comme inscrite dans une mémoire collective qui leur est naturelle… Car elle n’est finalement pour eux que le prolongement moderne des rhapsodies griot de leur pays natal. L’évidence s’impose : la musique et les espoirs de communion qu’elle fait naître seront leur chemin de vie. Ils se mettent donc à rapper en wolof, puis ouvrent leur musique à toutes les influences qui les ont construit, funk , soul, pop, reggae, musiques traditionnelles… Ils créent alors le groupe Daara J, et s’élancent, avec la fougue et l’urgence que donne la sensation d’une mission à accomplir, à la conquête d’un monde de promesses …