Musées, art & médiation culturelle
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Musées, art & médiation culturelle
Art contemporain. Histoire de l'art. Muséologie. Expositions. Dispositifs de monstration des images. Médiation culturelle et médiation numérique. [Avec la contribution des étudiant.e.s du M2Pro Muséologie & Nouveaux Médias et du M2Pro Didactique de l'image, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, depuis octobre 2014.]
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Tour de France des expositions et de leurs dispositifs numériques - automne 2015

Tour de France des expositions et de leurs dispositifs numériques - automne 2015 | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

Osiris à l’IMA, Picasso au Grand Palais, la Joie de Vivre à Lille, les Médicis à Paris, la Biennale de Lyon, les trésors du verre aux Arts Déco … le Clic France vous offre un tour de France des expositions et de leurs dispositifs numériques.  

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Le Centre Prévieux

Le Centre Prévieux | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

Exposition "Julien Prévieux. Des corps schématiques", Prix Marcel Duchamp 2014, Centre Pompidou, Paris, du 23 septembre 2015 au 1er février 2016.

Interview de Julien Prévieux réalisée par Anne-Frédérique Fer, Paris, 22 septembre 2015, durée 8'43”.

 

Crédit photo : Julien Prévieux, Patterns of life, 2015, vidéo HD/2K, 15’ - Photos de tournage. © Julien Prévieux. Courtesy galerie Jousse Entreprise, Paris. Danseurs : Camille de Belfon, Grégory Dominiak, Allister Madin, Ninon Raux, Yann Saiz. Producteur : Galerie Jousse Entreprise, Paris. Producteur délégué : Anna Sanders Films. Coproducteurs : Anna Sanders Films, Opéra National de Paris, Nanterre- Amandiers Centre dramatique national. Avec la participation du CNAP Centre National des Arts Plastiques (avance remboursable). Remerciements chaleureux à Anouschka - Paris.

Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Tiphaine Carrère et Anastasia Cadart,

(M2 Pro Muséologie & Nouveaux médias, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

Depuis 2000, le Prix Marcel Duchamp organisé par l’IDIAF permet aux artistes émergents, résidents en France, d’obtenir leur exposition personnelle au Centre Pompidou pendant 3 mois au sein de l’espace 315. En décembre 2014, c’est donc Julien Prévieux, représenté par la galerie Jousse Entreprise qui a remporté le prix. Un artiste qui, depuis ses « roulades » des années 1990, n’a cessé de s’intéresser au mouvement. Retour sur cette omniprésence à Beaubourg, son exposition “Des corps schématiques” et l’obnubilation du geste.

Julien Prévieux quitte fin juillet 2015 son « Musée du bug » exposé lors de la 6ème édition du Nouveau Festival au Centre Pompidou pour revenir avec son exposition personnelle, « Des corps schématiques ». Dans la continuité de son œuvre What Shall we do next? s’inspirant directement des gestes brevetés que nous utilisons au quotidien sur nos smartphones et tablettes, Julien Prévieux s’intéresse un peu plus à leur chorégraphie.

On peut aisément parler d’actes performatifs pour exprimer la multitude des champs d’action de cet artiste. Ses fameuses Lettres de non motivation ont dernièrement inspiré un jeune metteur en scène (Vincent Thomasset) qui vient d’en proposer une adaptation théâtrale, créée au Centre Pompidou (30 septembre-2 octobre 2015). On retrouve cet intérêt porté aux gestes dans le film Patterns of life créé spécialement pour l’exposition. Il s’agit d’expliquer l’Histoire des mouvements par les mouvements. Quoi de mieux pour exprimer le sens du corps que la danse ? De ce fait, les danseurs de l’Opéra de Paris se joignent au projet. Six expériences se distinguent par des ambiances colorées différentes dans un huit clos.

La diversité des supports et des champs artistiques est flagrante dans cette exposition. On remarque l’importance du schéma qui prédomine l’exposition. Julien Prévieux fait prévaloir l’expérience par rapport au résultat. Les taches ou traits de couleurs prennent seulement leurs sens en lisant les cartels. Sans ces explications, il semble difficile de comprendre à quels faits ils sont rattachés. L’élément central de cette exposition réside dans l’installation du labyrinthe constitué de grilles en bois dans lequel le visiteur peut déambuler au milieu de l’exposition. Ces  « grilles de lectures » s’adaptent  en fonction des interstices créés dans la structure qui facilite ou perturbe l’accès aux dessins, et surtout le point de vue du visiteur sur l’exposition. L'éclairage projette les ombres de ces faisceaux sur les cimaises, comme des reflets de la structure, les déformations d'une grille qui décomposent et recomposent l’espace.

En cela, l’exposition de Julien Prévieux semble constituer un dispositif de « monstration » de dispositifs. Petit clin d’œil, anecdotique ou non : dans la Galerie Sud, juste à côté, est actuellement exposée Dominique Gonzalez Foerster, ancien Prix Marcel Duchamp. On souhaite à Julien Prévieux, par cette proximité, le même avenir...

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Tadashi Kawamata se réapproprie la galerie Kamel Mennour

Tadashi Kawamata se réapproprie la galerie Kamel Mennour | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

Dans l’atelier de Tadashi Kawamata, des papiers collés voisinent avec des maquettes, et des constructions en carton avec des objets de récupération. Parallèlement à ses interventions spectaculaires et monumentales conçues dans un esprit participatif, Kawamata assemble seul ses maquettes. Il y travaille avec application, sans mesure et sans repos, dans une quête d’inspiration et de méditation. Cette phase d’introspection est aussi importante dans son travail que celle de la construction. Kawamata assigne donc une place décisive à la production de maquettes, qui sont à ses yeux de véritables microcosmes du monde, de son monde. (extrait du communiqué de presse)

 

Vidéo de l'exposition & interview de l'artiste (Réalisée par Erwann Lameignère) : https://vimeo.com/141168391

Exposition « Tadashi Kawamata - Maquettes 1983-2015 », galerie Kamel Mennour - 12 septembre / 10 octobre 2015

Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Miranda Gunnarsson et Eventhia Moreau, (M2 Pro Muséologie & Nouveaux médias, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

L' artiste Tadashi Kawamata investit une nouvelle fois la galerie Kamel Mennour avec l'exposition « Maquettes 1983-2015 ».

Des dizaines d'habitations faites de petites planches de bois parcourent tout l'espace d'exposition : elles courent sur les murs, s'insinuent dans les coins, et envahissent le sol de la galerie. Les dispositifs d'accrochage disparaissent, laissant ainsi les œuvres se déployer à leur guise : la galerie n'est plus seulement écrin architectural, elle devient un élément essentiel du travail de l'artiste qui a pour habitude de partir de l'espace pour développer son processus créatif.  Des Corner Pieces, constructions abstraites composées de fines lamelles de bois, entre habitations animales et constructions humaines, se nichent par exemple dans les recoins de la galerie Kamel Mennour. En s’adaptant ainsi à l'architecture des salles, les Corner Pieces auraient pu passer inaperçu  : pour autant, ces fragiles habitations invitent notre regard vers les interstices parfois oubliés de l’espace d’exposition. Œuvres de ponctuation qui rythment la visite et volent un instant le regard du visiteur, elles ne sont pas sans rappeler les fameux BLP de Richard Artschwager, marques noires de forme oblongue disposées par l'artiste dans  dans de nombreux lieux publics aux États-Unis et en Europe et aussi au sein de l’exposition When Attitudes Become Form à Bern en 1969. 

A la verticale comme à l'horizontale, Tadashi Kawamata crée donc de fragiles architectures liées  entre elles dans la galerie. People's Garden, maquette en bois de plusieurs mètres, constitue le poumon de cette création :  Dylan Lessel, directeur associé de la galerie, nous confie que cette œuvre datée de 1993 et réalisée pour la Documenta de Kassel, est le point de départ de sa réflexion esthétique et sociale. L'artiste japonais tisse un réseau d'habitations interrogeant notre société ; tel un microcosme de notre monde, son œuvre cristallise une critique sur les disparités sociales.  L'exposition revêt en effet une dimension politique et sociale  : ses habitations aériennes rappellent  les favelas, quartiers pauvres du Brésil, qui ne cessent de se développer et de courir sur les hauteurs des collines.

Partant donc d'une œuvre réalisée il y a plus de dix ans, Tadashi Kawamata souligne la continuité de son travail ; ses installations doivent en effet être comprises comme une seule et même œuvre, un work in progress infini, à l'image du Mertzbau de Kurt Schwitters. Il affirme à ce sujet que “Son projet n’est jamais achevé, il se prolonge indéfiniment. C’est de l’action pure"

Cette continuité artistique se révèle par un effacement de toutes frontières ; celles qui parfois opposent architecture et art, passé et présent, artiste et commissaire,  ou encore espace et temps. Tout est lié chez Tadashi Kawamata, à commencer donc par son oeuvre et la galerie dont la topographie est ici redéfinit. Le spectateur, tout entier immergé dans la galerie-œuvre,  expérimente  un flottement esthétique et temporel. Tadashi Kawamata s'amuse en effet avec notre perception en créant des œuvres qui tantôt semblent s'écraser sur elles-mêmes tantôt s'allonger, s'ériger vers le ciel. Selon sa position, le visiteur  modifie la perception même de l’œuvre, il l'active, lui donne vie. Ce jeu avec nos sens est d'autant plus palpable que l'artiste fait sienne la temporalité du lieu, il la redéfinit, l'inverse, la suspend. Comme un arrêt dans le temps, l’œuvre ne cesse pour autant d'évoluer ; cet apparent paradoxe est au cœur de la recherche esthétique de Tadashi Kawamata. Il s'inscrit en cela dans l'esthétique japonaise du « Ma » sur laquelle repose toute la poésie des Haiku. Le Ma signifie l’intervalle, l’espace, la durée : pas celle qui sépare, qui isole mais bien celle qui unit.  C'est l'idée d'espace transitoire et éphémère qui sépare tout en reliant les opposés. Aussi, œuvre issue du Ma, le dispositif artistique de Tadashi Kawamata fait fi de l'espace, de la temporalité comme des frontières qui cherchent à opposer art et architecture, en proposant une œuvre poétique, suspendue dans le temps, prise dans son processus créatif. Avec « Maquettes 1983-2015 » Tadashi Kawamata nous offre donc  une véritable immersion poétique et sociale.  

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Visiting the exhibition with Yervant Gianikian and Angela Ricci Lucchi - contrepoint

Visiting the exhibition with Yervant Gianikian and Angela Ricci Lucchi - contrepoint | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

Par Miriam De Rosa (Catholic University of the Sacred Heart – Milan), in Necsus, European Journal of Media Studies, Autumn 2012.

 

Lecture en contrepoint suggérée par Maria Reggiani (M2 Pro Didactique de l'image, Sorbonne Nouvelle Paris 3),

en écho avec la rétrospective intégrale présentée au Centre Pompidou jusqu'au 15 novembre 2015

dans le cadre du Festival d'automne

http://www.festival-automne.com/edition-2015/yervant-gianikian-et-angela-ricci-lucchi-retrospective-integrale-exposition-installations

Cécile Camart's insight:

Le (double) point de vue critique de Maria Reggiani,
(M2 Pro Didactique de l'image, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

YERVANT GIANIKIAN ET ANGELA RICCI LUCCHI

Au Centre Pompidou,  du 25 septembre au 15 novembre, les cinéastes Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi présentent la rétrospective intégrale de leurs cinquante films et une exposition consacrée à leurs installations.

« Chaque homme porte en soi la forme entière de l’humaine condition. »

Yervant Gianikian et Angela Ricci Lucchi ont fait leurs films à partir de documents d’archives de la première moitié du XXe siècle dont les thèmes sont le fascisme, les colonialismes, les guerres, les exodes. Ils les collectent puis les re-filment, avec le projet de retrouver parmi ces images un geste de la main, un visage, un regard, qui nous fasse éprouver au présent les traces de l’Histoire. En re-filmant photogramme par photogramme — souvent des bobines de films amateurs —, ils font de la technique un usage analytique. Étirant le temps, décomposant le mouvement, ils nous permettent ainsi de voir ce que nous n’aurions pas remarqué lors d’un visionnage brut.

Cette  dilatation du temps, rubato dans le battement des images filmées, est la première chose qui m’a frappé lorsque j’ai découvert leur travail. La plus part de leur films sont silencieux, d’un silence parfois assourdissant qui nous oblige à lire. Il suffit de se laisser transporter, — voyage hallucinant et halluciné — où tôt ou tard nous sommes cueillis par la présence de ces plans re-filmés par leur caméra analytique.

Tout aussi passionnantes sont leurs installations, notamment les trois projections vidéo : Fragments électriques, 2002-2004 (13’) Triptyque du XXème siècle, 2002-2008, (5’) Cesare Lombroso, 2008-2009, (12’). La perception de leur travail est différente alors qu’il s’agit de la même matière que celle composant leurs films. Nous assistons à une autre forme de montage grâce à un dispositif simple : la projection simultanée d’images sur des grands écrans disposés en arc de cercle. Une banquette nous invite à nous s’asseoir dans l’obscurité face à l’écran central, point d’orgue dans la perspective, où sont projetés des plans parfois choquants comme la trépanation d’une femme qui semble être entrée dans le cadre en tombant en arrière. Les images défilent séparément et côte à côte, mais la bande son est la même, les reliant dans une seule et même séquence. Les rythmes internes du montage de chaque extrait produisent une sorte de pulsation qui passe d’un écran à l’autre, introduisant une part d’aléatoire dans le montage ; je ne peux pas embrasser du regard toutes les images, à moi d’orchestrer mon propre va et vient d’apparition / disparition.                                                                   

Il peut aussi s’agir d’une séquence simple. Trois plans différents sont projetés à la suite, sur le même écran, tandis que sur un autre apparaît à deux reprises un intertitre ; quelques mots redoublent la force des images, une lecture silencieuse, intime, qui me confirme dans l’impression d’éprouver, enfin, de quoi elles sont la trace (Terra Nullius).

Tandis qu’au cinéma je souscris au rituel de la projection, préparée à voir un film dès que le noir se fait dans la salle, le dispositif des installations rend la rencontre avec l’humanité des fragments de Gianikian et Ricci Lucchi presque forfuite, mais aussi plus brutale, plus électrique, pour reprendre le titre d’une des séries de leurs fragments.

Publiée en 2012, à l’occasion d’une précédente exposition au hangar de la Bicocca à Milan, le texte de Miriam De Rosa est une analyse remarquable de leur travail.

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New on the Rialto : les choix de Okwui Enwezor

New on the Rialto : les choix de Okwui Enwezor | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
OKWUI ENWEZOR, the artistic director of the 2015 Venice Biennale, which opens next month, speaks the slippery, abstract language so common to high-flying...
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Proletarians Performance, des travailleurs du divertissement ?

Proletarians Performance, des travailleurs du divertissement ? | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Julie Gelé et Lily Berthou,
(M2 Pro Muséologie & nouveaux médias, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

La diffusion de l'image en streaming est considérée par les artistes Lili Renaud-Dewar et Benjamin Valenza comme une étape de création. Le 19 octobre 2014, ces artistes ont relégué des performances en simultané sur une plate-forme de streaming.

La notion de "prolétaire" renvoie à celle du labeur, du travail, tandis que "to perform" signifie effectuer, interpréter. Deux visions s'opposent pour questionner la notion de travail et de production des artistes : l'artiste réalise-t-il un produit de divertissement ? A-t-il une notion de plaisir dans la réalisation des performances ? Peut-on regarder une performance comme l'on regarde la télévision ?
Au centre d'art du Magasin à Grenoble, ces Prolétaires de la performance ont créé des images de performances qui deviennent divertissement mais surtout, qui deviennent des produits télévisuels. Car c'est cette vision de la performance que veulent pointer du doigt les artistes. Ils reprennent ainsi les propos de Diederich Diederichsen qui inventa le terme « the performance proletarians » : « ces produits, dit-il, ne se distinguent pas par leur originalité mais au contraire par leur identification répétitive à des motifs performatifs et spectaculaire pré-existants, par leur reconstruction incessante d'identités déjà produites et mises en circulation. Ces nouveaux produits culturels sont interchangeables, disponibles, transformistes. Ils s'adaptent volontiers aux formats dans lesquels ils apparaissent et disparaissent continuellement. »

Les images filmiques de ces performances sont multiples, elles ne sont plus seulement des outils de documentation de la performance : elles existent par elles-mêmes sur plusieurs supports.

Diffusées depuis le Magasin, l'expérience pour le spectateur est alors modifiée. Le spectateur devient « visionneur » lorsqu'il se retrouve face à un écran pour une transmission instantanée (qu'il pourra re-visionner à sa demande). Par ce médium, la performance s'insinue chez le spectateur comme n'importe quel autre produit culturel. En utilisant la diffusion en streaming, on pourrait constater comme une tentative d'inscription dans le temps de cet art si évanescent qu'est la performance.

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« Mapping », « light painting » : les mots du street art

« Mapping », « light painting » : les mots du street art | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

"Présenter les évolutions des pratiques dans le graffiti et le Street Art par le prisme de l'innovation dans les quelque 400 m2 de l'Espace Electra, l'élégant lieu d'exposition de la Fondation EDF : le défi à relever pour Jérôme Catz, commissaire d'exposition indépendant, n'était pas aisé. Plutôt qu'un large panorama de la production internationale autour de certaines techniques, la priorité a donc été donnée aux créations et aux dispositifs interactifs." Par Emmanuelle Jardonnet.

Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Camille Maisons et Mathilde Castel (M2PRO Muséologie et nouveaux médias, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

Après avoir fait son entrée au MoMA en 2013 avec Pac Man et autre Tetris, le jeu vidéo poursuit son ascension des mondes artistiques. Notre propos vise ici à aborder une illustration possible de ses rencontres, confrontations ou fusions, notamment via le courant du Street Art. 

La commande émanant des développeurs d'Ubisoft pour leur nouveau Far City à l'artiste C215 – Christian Guemy de son vrai nom – est assez parlante. Le projet étant de faire figurer les visages peints des protagonistes sur les murs de la ville fictive de Kyrat dans l'Himalaya. Le tout bien sur sans que le street artiste n'ait à quitter le sol français. Nous sommes aux sources de la projection des œuvres de Street Art dans le jeu vidéo qui, dans le cas présent, les ingère, les comprend et les fait siennes.

Toutefois, le pochoir représentant Pagan Min, héros du jeu, est également exposé en version réelle dans #StreetArt L'innovation au cœur d'un mouvement  à l'Espace Fondation EDF. Que les deux versions soient conservées et présentées distinctement souligne que nous sommes au cœur d'un questionnement quant à l'avenir du Street Art et les variations de ses pratiques.

L'accroissement de sa notoriété et de sa popularité auprès des acheteurs rend primordial les résolutions de ce type d'interrogations. Sur le même plan, la question des modes d'exposition des œuvres de Street art reste pour ainsi dire entière. Peut-on et doit-on transposer des pièces originairement élaborées pour la rue au contexte et contraintes muséales ? Y conserveraient-elles leur essence, leur pertinence et la force de leur discours ? Doit-on commencer à envisager que l'art puisse conserver toute sa puissance hors de l'institution du musée ? Et de ce fait, doit-on, pour la survie du Street Art, remettre à jour le débat philosophique qui avance que l’œuvre d'art n'existe que dans le contexte de son exposition au sein d'une institution culturelle ?

Le jeu vidéo se propose comme alternative à des débats trop souvent inféconds. Cette année, le 18 Novembre marquera la possibilité d'incorporer des œuvres de Street Art dans les rues et villes fictives des jeux vidéo. Si ce procédé a déjà été exploité (les créations de King Robbo ornaient déjà les rues de Seattle dans InFamous: Second Son, jeu sorti en début d'année), l'innovation joue sur le statut accordé à l’œuvre de Street Art au sein même de cette nouvelle matrice. Non plus comme simple ornement de décors mais comme véritable morceau d'exposition urbaine et virtuelle. Ce qui, souhaitons-le, aura pour effet de profiter à la réception artistique de ces œuvres hors les musées mais également à l'expérience du jeu vidéo, désormais enrichie de contenus solidement ancrés dans la réalité.

Détournant plusieurs interrogations poussées jusqu'à l'impasse, de la question de l'exposition du Street Art ou à celle du statut du jeu vidéo comme dixième art, cet exemple joue la carte de la fusion. Le jeu vidéo comme support de l'art. Ce nouveau rapport permettant aux deux éléments de s'auto dynamiser, le jeu vidéo concurrencerait désormais les dispositifs d'expositions virtuelles, les œuvres d'art relèveraient la pertinence visuelle des mondes virtuels.

À mi-chemin entre fictif et réalité, une brèche prometteuse semble enfin s'ouvrir.

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Hommage à Garry Winogrand - Regardez voir

Hommage à Garry Winogrand - Regardez voir | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

Regardez voir, une émission produite par Brigitte Patient. France Inter. Jeudi 23 octobre 2014.
Visite de la très belle rétrospective Garry Winogrand au Jeu de Paume, en compagnie du photographe Jean-Christophe Bechet. Une émission toute en déambulation avec des pauses images...

Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Sophie Jean et Christelle Rault
(M2PRO Didactique de l’image, Sorbonne Nouvelle Paris 3)

 

Les clichés inédits de Garry Winogrand, comment appréhender ces images posthumes ?

En partenariat avec le SFMOMA (The San Francisco Museum of Modern Art) et la National Gallery of Art, le Jeu de Paume expose du 14 octobre au 8 février la première rétrospective complète de l’œuvre du photographe de rue américain Garry Winogrand. Après sa mort en 1984,  Winogrand a laissé derrière lui un nombre considérable de photographies non tirées et non archivées (soit près de 250 000 images que le photographe lui-même n’a jamais vues). L’exposition est divisée en trois parties, les deux premières (« Descendu du Bronx » et « C’est l’Amérique que j’étudie ») rassemblent des photographies éditées de son vivant et la dernière partie (« Splendeur et déclin ») des photographies inédites, tirées après sa mort. Cette déambulation à travers l’exposition, commentée par Brigitte Patient et Jean-Christophe Bechet (rédacteur en chef de Réponses Photo) permet de s’interroger sur le statut des photographies exposées dans la troisième partie. Peut-on les considérer comme étant l’entière propriété de Winogrand ? Le travail de la tireuse (autour du développement des photographies) et des commissaires d’exposition (la sélection des photographies) n’entre-t-il pas dans le processus de création ?  Ces photographies peuvent être perçues comme le résultat d’une seule étape du travail photographique, celle de la prise de vue. Le caractère instantané, « sur le vif » de ces tirages peut être également vu comme une mise en valeur de la philosophie de Winogrand qui prenait des clichés pour « voir ce à quoi ressemble le monde une fois photographié ».

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Niki de Saint Phalle

Niki de Saint Phalle | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Rachel Preterre
(M2PRO Didactique de l'image, Sorbonne Nouvelle Paris 3)

Un pas dans la première pièce de l'exposition sur l'oeuvre de l'artiste plasticienne, et nous voilà plongés dans l'univers de Niki de Saint Phalle. Il n'y a pas que des érudits en ce samedi matin au Grand Palais, mais aussi des familles, venues avec leurs enfants. Des enfants, pour une expo comme celle-ci ? Oui, et ils ont l'air d'apprécier. La première pièce nous présente une chronologie et biographie de l'artiste sur un mur, où se mélangent écriture et photographies. Les thèmes abordés en premier lieu sont la peinture, "Peindre la violence", et renvoie à l'histoire personnelle de l'artiste : mélange de "choc, violence et chaos", avec l'importance du "jeu et de la joie de vivre". Le jeu entre peinture et objet se retrouve dans cette première pièce, ce qui intrigue les plus jeune spectateurs venus découvrir l'exposition : beaucoup d'enfants sont intéressés pas l’œuvre "Le cheval et la mariée" (1964). A hauteur des pieds du grand cheval, les plus petits découvrent des objets intriguant que peut-être les plus grands ne prennent pas le temps de regarder, plus intéressés par ce qui se passe "plus haut", à hauteur de leurs yeux d'adultes. Mélange de tissu, de jouets, d'objet divers et de grillage. Le sujet de la femme comme héroïne est déjà très présent dans cette première pièce, et guidera le spectateur tout au long de l'exposition, riche en couleurs. Les tons bleus amènent le spectateur dans la seconde pièce, puis dans une autre, très sombre et aux murs noirs, ce qui permet de faire ressortir les œuvres éclairées, avec une magnifique mise en valeur des objets d'art. Le spectateur découvre alors peu à peu les Nanas de Saint Phalle : ces généreuses et colorées femmes détentrices du pouvoir. Encore des œuvres qui intriguent et attirent le regard des plus jeunes : couleurs fortes et mélange d'objets. Dans la cinquième pièces, après un passage dans un couloir jaune-orange présentant des agrandissements de photographies sur les murs, les Nanas sont accrochées au plafond et apportent dès l'entrée une forte idée de mouvement dans cette énorme pièce : les Nanas "dansent" et bougent au dessus de nos têtes, tout comme les Nanas - pourtant immobiles - placées sur le plateau tournant au centre de la pièce. La musique en fond sonore ne fait qu'ajouter une dimension toute particulière à cette pièce placée sous le signe de la couleur et de la femme, de la femme en couleurs. Dans la pièce, les extraits vidéos projetés sur un grand écran pendu au plafond qui prend la forme d'une toile de tableau vierge, présentent encore du mouvement : musique et danse. Ensuite, la série de sculptures intitulée "Mères dévorantes" intrigue encore et toujours les plus jeunes : les sculptures imposantes sur fond rouge font ressortir une idée de violence forte, la couleur rouge insistant sur cette idée en mettant en valeur les sculptures. Le spectateur continue son chemin, pour découvrir, après les pièces de tirs, après "Le rêve de Diane", une dernière pièce qui semble lui être dédiée : "Le grand public est mon public". Cette dernière pièce présente des éléments très variés, et le spectateur est plongé dans une ambiance particulière comme s'il était dehors : les sons ambiants sont des bruits de la nature, des bruits d'insectes... Une dernière pièce qui attire encore non seulement l’œil des plus jeunes spectateurs, mais aussi leur oreille. L'exposition du Grand Palais est donc pensée pour tous, et présente des dispositifs de monstration qui sont destinés à mettre en valeur les œuvres, les images, et la vision de l'artiste.

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National Gallery : entretien avec l'historien Dominique Poulot

National Gallery : entretien avec l'historien Dominique Poulot | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

Comment les musées peuvent attirer le public d’aujourd’hui devant les grandes œuvres du passé, sans perdre de vue leurs missions de conservation et de recherche ? À l'occasion de la sortie en salles du documentaire-fleuve National Gallery de Frederick Wiseman, (...) nous avons interrogé l’historien des institutions culturelles Dominique Poulot. Pour lui, le film de Frederick Wiseman pose parfaitement les défis auxquels sont confrontés les grands musées contemporains…

Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique d'Irina Metzl et Bérengère de Thonel d'Orgeix

(M2PRO Muséologie et nouveaux médias, Sorbonne Nouvelle Paris 3)

 

National gallery, ou un film sur l'apprentissage du regard de, pour et vers l'art. 170 heures de plans, pour ne garder que 3 heures. La Ville Louvre de Nicolas Philibert proposait, en 1990, de voir le ballet des gens qui vivent et travaillent pour le Grand Louvre. Wiseman offre un ballet, celui du regard. Du visiteur, des portraits, du conseil d'administration, des restaurateurs, des médiateurs, etc... Tous ces regards se rencontrent et se croisent pour former une réflexion sur ce qu'est la National Gallery, mais aussi sur ce que devient le Musée, l'art et sa médiation. Dominique Poulot, historien - INHA, dévoile ici des questions de muséologie qui relient le film de Wiseman aux réflexions sur l'évolution des musées, face à leurs collections et face à leurs publics. Il propose de réfléchir à la médiation, la vulgarisation et l'adaptation des musées au monde actuel (numérique, médiatique). Nous pouvons évoquer aussi les notions d'accessibilité, de temporalité des œuvres, ou encore de gestion des budgets. Ce film est long, certes, mais la discussion qui le suit l'est bien plus.

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Le musée sans les murs - Pratiques numériques - France Culture

Le musée sans les murs - Pratiques numériques - France Culture | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
Podcast de l'émission "Les Nouvelles vagues" (prod. Marie Richeux) - France Culture
Le musée (3/5) : Troisième étape d’une semaine qui arpente les musées.Comme chaque mercredi, le numérique est en jeu. Nous explorons aujourd’hui les nouvelles pratiques numériques des musées, tant du point de vue de l’approche des publics (constitution de communauté de visiteurs) que de celui de la médiation (musée virtuel, visite en ligne…) Avec Sébastien Magro, chargé des projets multimédia au Musée du Quai Branly et Stéphanie Van den Hende, community manager du Grand Palais.
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Mélanie Eledjam's curator insight, October 27, 2014 10:22 AM

Belle émission au sujet de la redéfinition des pratiques muséales avec le numérique.

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Les œuvres du futur Louvre d'Abou Dhabi présentées à Paris

Les œuvres du futur Louvre d'Abou Dhabi présentées à Paris | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
Près de dix ans après son lancement et avant son ouverture prévue en décembre 2015, le musée va présenter à Paris le noyau de la future collection d'Abou Dhabi.

Par Vincent Noce.

Cécile Camart's insight:

"C’est l’exercice le plus délicat qui clôt la première année de présidence au Louvre de Jean-Luc Martinez. Le dossier se trouvait au sommet de sa pile, avec une lettre furieuse arrivée des Emirats en 2011. Equivalent du ministre de la Culture, le cheikh Sultan se plaignait de l’accumulation des retards et des blocages ainsi que du comportement de l’équipe française. Rien n’avait changé depuis, ou si peu. (...)"

 

Exposition « Louvre Abou Dhabi, la naissance d’un musée », musée du Louvre, du 2 mai au 28 juillet 2014.

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Des œuvres numériques d'Andy Warhol exhumées trente ans après

Des œuvres numériques d'Andy Warhol exhumées trente ans après | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
Des experts en informatique de la Carnegie Mellon University ont exhumé une dizaine de tableaux inédits d'Andy Warhol réalisés sur ordinateur par le maître du pop art au début des années 1980, a annoncé l'université jeudi.
Cécile Camart's insight:
" (...) La mémoire, quand elle est numérique, ne s'efface pas. Une dizaine d'œuvres inédites du maître américain du pop art réalisées sur ordinateur au début des années 1980 ont été mises au jour à partir des disquettes informatiques sur lesquelles elles avaient été enregistrées et archivées au Musée Warhol. Elles représentent des sujets familiers de l'artiste, dont la célèbre boîte de soupe Campbell ou une Marilyn Monroe. (...)
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Met Museum: un nouveau site web jeunesse et une troisième saison de la série vidéo The Artist Project

Met Museum: un nouveau site web jeunesse et une troisième saison de la série vidéo The Artist Project | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
Le Met Museum, qui vient d’être désigné première destination muséale mondiale par les utilisateurs de TripAdvisor, poursuit l’enrichissement des contenus de son site web. Un nouveau dispositif destiné à la jeunesse vient de voir le jour et la 3ème saison de la série vidéo The Artist Project vient d’être mise en […]
Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de
Coline De Haro, Margaux Khalil et Yasmina Kheffache

(M2 Pro Muséologie & Nouveaux médias, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

Le 10 septembre dernier, Le Metropolitan Museum Of Art dévoilait sa nouvelle extension numérique à destination du jeune public, une plateforme prometteuse conçue « par, avec, et pour les enfants ! ». C’est à cette nouvelle que se consacre en partie cet article du Clic Innovation et Culture France, site communautaire qui recense activement les propositions numériques des musées et institutions culturelles internationales.

#METKIDS est présenté comme un outil accessible sur support mobile, permettant aux 7-12 ans de découvrir, d’approfondir et de mener une réflexion sur les collections et les galeries du MET.

Il s’utilise aussi bien avant, pendant ou après la visite. Avec le slogan « par, avec, et pour les enfants », le MET met en avant l’importance d’intégrer les attentes et les modes d’interprétation de ses publics à ses stratégies de médiation. Ainsi, il fait de la plateforme un véritable dispositif participatif dans laquelle s’engage le public visé. La réussite du dispositif s’explique par la complémentarité des domaines professionnels qu’il a impliqués dans sa conception, mais aussi dans l’implication locale et internationale d’enfants.

#METKIDS, qui reprend le hashtag de Twitter, est alors présenté comme une plateforme interconnectée, au cœur d’un réseau, venant renforcer la présence en ligne du musée. Une présence soulignée tant dans l’article, que sur #METKIDS, qui mentionne également le blog de METKIDS, forum de discussion autour de la plateforme, le site internet du musée, la chaine Youtube mais aussi Tripadvisor, le réseau social touristique. On note d’ailleurs que #METKIDS a son propre référencement (grâce au hashtag) tant sur le Facebook que sur le Twitter de l’institution. L’article permet d’avoir une idée de l’articulation du site à travers ses trois onglet principaux : une « map » représentant les différents espaces et objets phares du musée (qui n’est pas sans rappeler l’esthétique de « Où est Charlie ») ; une « time laps » qui fait référence à la machine à remonter le temps, à laquelle se réfère les enfants pour parler du musée et qui permet de sélectionner les œuvres que l’enfant souhaite découvrir ; une recherche personnalisable directement connectée à la « map » ; et enfin de courtes vidéos où les jeunes utilisateurs prennent le rôle de médiateurs. Un résultat complet et d’autant plus interactif qu’il fait appel aux réseaux sociaux et à la participation du public cible.

Un bémol cependant, malgré la volonté internationale mise en avant dans l’article, #METKIDS n’est disponible qu’en anglais ce qui le rend difficile d’accès pour des enfants dont la langue maternelle est différente. Pourtant, bien qu’il s’agisse, comme bien souvent lorsqu’il est question de dispositifs interactifs jeune public, de démocratiser et d’accroitre un accès aux collections, l’enjeu touristique aussi clairement exposé. L’interface est avant tout présentée comme une façon de « renforcer » les relations avec un public international et familial. Le jeune public étant tout autant captif que prescripteur, il est une cible intéressante dans la sensibilisation d’un nouveau public. En effet le jeune public correspond souvent au public « famille », et détermine les activités de loisirs et de tourisme dans lesquelles ces dernières investissent.

Les dispositifs numériques jeunes publics, permettant de développer la visite hors les murs, sont de plus en plus pris au sérieux et demandent un réel investissement de la part des musées. Ils ne peuvent se contenter de dématérialiser des contenus simplifiés.

Le MET n’est pas le premier musée à tenter l’expérience d’une plateforme pour le jeune public, le Louvre y consacre un onglet de son site (Le Louvre Expliqué aux Enfants). Le Centre Pompidou avait proposé le junior.centrepompidou.com, et proposait des ateliers pour enfants, des modes d’appropriation et d’interprétation des œuvres, mais il fut rapidement laissé à l’abandon. #METKIDS répond à un bon nombre d’attentes actuelles face aux dispositifs numériques ; proposé en responsive et avec un design attractif, il est simple et intuitif d’utilisation, mais surtout il promet une mise à jour constante ainsi qu’un contenu exclusif. Une interface suffisamment vivante pour ne pas lasser son utilisateur ?

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Dominique Gonzalez-Foerster au Centre Pompidou, la rétro futuriste

Dominique Gonzalez-Foerster au Centre Pompidou, la rétro futuriste | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

Par Magali Lesauvage.

A l’occasion de son exposition au Centre Pompidou, l’artiste française Dominique Gonzalez-Foerster nous guide dans les méandres de son espace-temps. Bienvenue dans une rétro futuriste.

Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Farah Tounkara et Laura Pfohl,

(M2 Pro Muséologie & Nouveaux médias, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

 

Le Centre Pompidou présente du 25 septembre 2015 au 1er février 2016 une rétrospective de l’artiste française Dominique Gonzalez-Foerster intitulée 1887-2058. L’exposition se positionne dans la continuité des choix de la commissaire d’exposition Emma Lavigne qui présentait en 2014 la rétrospective de Pierre Huygue. Les deux artistes, qui ont l’habitude d’exposer ensemble, furent membres d’un trio générationnel formé avec Philippe Parreno. 1887-2058 est une exposition qui présente une biographie fictive de l’artiste dont la chronologie étendue se situe dans un faisceau de références. L’année 1887 est un point de départ donné en souvenir de la naissance de Marcel Duchamp et Georgia O’Keefe, et de la construction du Splendide Hôtel à Lugano, lequel renvoie au titre d’une récente exposition de l’artiste au Palacio de Cristal de Madrid. La futuriste année 2058 renvoie pour sa part au titre de son installation présentée en 2008 au Turbine Hall de la Tate Modern (TH2058). Dans cette exposition, l’espace a une place primordiale puisqu’il est pour Dominique Gonzalez-Foerster le seuil d’entrée vers un autre temps, tout comme la littérature à laquelle elle fait référence dans une installation présente au Centre Pompidou actuellement. Cette dernière renvoie à l’exposition Splendide Hôtel présentée au Palacio de Cristal de Madrid en 2014, et offre aux visiteurs la possibilité de s’asseoir sur des chaises à bascule tout en lisant des passages d’ouvrages de Marcel Proust et Arthur Rimbaud. La présence des écrits du père de La Recherche n’est pas anodine puisque l’auteur avait l’habitude de passer tous ces étés à l’Hôtel Splendide d’Évian-les-Bains. Le Splendide Hôtel de Lugano est pour sa part mentionné par Rimbaud dans ses Illuminations. Le parcours de l’exposition présentée dans la galerie sud du Centre Pompidou est géométrique. Il est fait de telle sorte qu’il y a une pièce centrale avec à l’intérieur un rectangle de cimaises qui recèlent différents environnements et chambres avec comme fil conducteur des dates expliquées par Dominique Gonzales-Foerster. Ainsi, comme aime le préciser l’artiste, le visiteur ne se trouve pas en face d’« œuvres -objets » mais d’ « œuvres-sensations » dont l’œuvre Cosmodrome, créée au Consortium de Dijon en 2001 et présente actuellement au Centre Pompidou, est particulièrement bien représentative. Pour créer cet impressionnant dispositif qu’est le Cosmodrome, Dominique Gonzalez-Foerster s’est inspirée d’expositions de la fin du XIXe siècle et de leurs environnements complets créés pour simuler des naufrages ou des orages par exemple. Elle s’inspire également de l’imaginaire de la science-fiction des années 1970. L’œuvre Cosmodrome se trouve dans un couloir légèrement en marge de l’exposition. Les visiteurs intrigués par les panneaux de mise en garde qui préviennent les publics épileptiques attendent sur un banc, impatiens de vivre cette expérience surprenante. Un instant plus tard, un médiateur culturel vient chercher les spectateurs, et les conduit, à l’aide d’une lampe de poche, dans une pièce totalement obscure. La lumière de cette dernière permet de distinguer uniquement un sol parsemé de sable noir mais à part cela, rien ne peut être dissocié dans l’opacité de la pièce. L’expérience peut alors commencer car en perdant peu à peu la vue, le visiteur a l’impression que ses autres sens se démultiplient et s’éveillent considérablement. Commence alors un jeu de lumière. Un mur s’allume, puis un second puis un troisième, exactement comme si un chef d’orchestre dirigeait ces derniers. Trois tableaux lumineux et galactiques s’offrent aux visiteurs accompagnés de la composition du musicien suédois Jay-Jay Johanson en rythme avec les lumières. La voix masculine de cette bande son, comme un gourou psychédélique permet au visiteur de sortir du réel pour entrer pendant neuf minutes dans cet univers contemplatif très proche de la méditation. Cosmodrome nous fait l’effet d’une véritable expérience immersive en dehors du monde réel dont on ne sort que métamorphosée. Les tableaux de lumière et le rythme inhérent à l’œuvre facilite le choc aussi bien physique qu’esthétique. L’artiste réussit ainsi magnifiquement bien à créer un espace à part, où les sens se perdent pour laisser place à l’émotion. Après tout, n’est-ce pas le rôle de l’art ?

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Les musées français tardent à restituer les biens juifs spoliés par les nazis

Les musées français tardent à restituer les biens juifs spoliés par les nazis | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

France Inter - Émission du 20 février 2015 -

Un certain nombre de tableaux appartenant à des familles juives ont été spoliés par les nazis pendant la guerre. Depuis, 45 000 objets ont été rendus à leurs propriétaires… Mais 2000 tableaux non identifiés ont été placés dans les musées nationaux. 70 ans plus tard, ils n’ont toujours pas été restitués. Les familles, confrontés à de multiples lenteurs, ont parfois l'impression de se battre contre des moulins à vent.

 

[Addendum de Cécile Camart //
Ce contexte débattu l'hiver dernier est de nature à susciter des discussions approfondies, et nécessite de revenir aux sources de l'histoire, comme ce fut le cas du 2 au 11 juillet 2015 à l'occasion de l'Université d'été organisée par la Bibliothèque Kandinsky (Centre Pompidou), sous le titre "Les sources au travail. Les spoliations d’œuvres d'art par les nazis - la scène parisienne" (voir : http://carnetbk.hypotheses.org/412).
Cette décade a réuni jeunes chercheurs, historiens et historiens de l’art, étudiants conservateurs, anthropologues et sociologues, artistes, critiques, commissaires d’expositions, autour de cinq thématiques : Biographies des œuvres et des collections, Biographie des fonds d’archives et des sources écrites ; Vie des images et des représentations ; Les récits et leur construction ; Lieux de l’histoire – la scène parisienne.]

Cécile Camart's insight:

Sur un sujet toujours d'actualité...
Le point de vue critique en muséologie d'Alix Cattoir et Delphine Hôtel (M2 Pro Muséologie et Nouveaux Médias, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

Dans une émission du 20 février 2015, France inter revient sur la question des spoliations d’œuvres d’art pendant la Seconde guerre mondiale et sur leur restitution. En effet, 70 ans après la Libération, la question des restitutions des œuvres d’art spoliées par les Nazis aux familles juives pendant la guerre n’est pas résolue, et plusieurs tableaux et objets d’art gardent une provenance inconnue.

L’émission se présente comme une enquête faisant intervenir différents protagonistes - spécialistes ou simples témoins - de la question des restitutions. On compte entre autre les interventions d’avocats comme Corinne Hershkovitch, de conservateurs comme Didier Schulmann (précisément en charge de la Bibliothèque Kandinsky), des témoignages de rescapés des camps ou de descendants en quête de la restitution de leur patrimoine.

Elle retrace, à travers différents exemples de spoliations et de demandes de restitutions, le parcours de ces œuvres depuis la Seconde guerre mondiale jusqu’à leur atterrissage dans des musées français ou étrangers. Le sigle MNR (Musées Nationaux Récupération) a été apposé sur 2000 œuvres dont les propriétaires n’ont pas été retrouvés (ou n’étaient tout simplement pas connus) à la fin de la guerre et qui ont été distribuées dans les musées français. Si la restitution semble limpide en théorie, elle soulève plusieurs débats épineux : par commencer qui doit faire la démarche de rendre l’œuvre, est ce aux anciens propriétaires (qui pour certain ont été déportés et ont probablement péris dans les camps) ou aux musées ? Si le cas du tableau de Moroni évoqué peut en effet choquer, il ne faut pas oublier de prendre en compte que des équipes sont chargées de travailler sur les restitutions dans des conditions peu adéquates : une absence de preuves éloquentes et de mauvaises photographies en noir et blanc peuvent compliquer la tâche.

Par ailleurs, la lenteur des musées à restituer ces œuvres s’explique aussi par d’autres facteurs. Selon Antoine Comte (avocat spécialiste de la question des restitutions) les musées auraient peur d’ouvrir une « boîte de Pandore » où chaque restitution ferait l’objet d’une jurisprudence et entraînerait la possible restitution de toutes œuvres de musée acquise dans des conditions obscures, sans pour autant qu’il y ait de preuves d’acquisition « frauduleuse ». L’émission se termine ainsi sur l’anecdote de Catherine Trauttmann (ancienne ministre de la culture) à qui un responsable égyptien avait laissé entendre qu’il pourrait demander la restitution de l’obélisque de la Concorde. D’autres cas de demandes de restitutions d’œuvres sont connus  comme celle du célèbre buste de Nefertiti conservé au musée de Berlin et dont le responsable du Service des Antiquités Egyptiennes, Zahi Hawass, avait réclamé la restitution à l’Egypte.

Cette problématique complexe n’a pas laissé Simon Curtis indifférent. En effet, dans son film sorti en 2015 La femme au tableau, il met en scène le combat de Maria Altman contre le gouvernement autrichien pour la restitution des tableaux confisqués à sa famille lors de l’Anschluss, parmi lesquels le fameux portrait de sa tante Adele Bloch-Bauer peint par Klimt en 1907. Bien plus qu’un conflit artistique, le débat autour de cette œuvre prend une véritable tournure « sociale », une dimension mémorielle. Car la restitution de ces œuvres est aussi un moyen de retrouver pour ces personnes leur dignité, du moins en partie, et d’obtenir la reconnaissance des souffrances subies durant la Shoah.

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Musée de l’empathie : Oeuvre d’art ou expérience, à quoi faut-il s’attendre ?

Musée de l’empathie : Oeuvre d’art ou expérience, à quoi faut-il s’attendre ? | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
A l'occasion du Festival londonien « Totally Thames », le philosophe Roman Krznaric lancera en septembre le musée de l'empathie, une installation itinérante qui voyagera dans le monde entier pend...
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Suggested by Brendan Escandell
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Gone Home : un musée virtuel interactif

Gone Home : un musée virtuel interactif | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

 

“For me, moving through the Greenbrier home was like walking through a museum, a collection of what I spent my childhood and teenaged years with”

Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Brendan Escandell

(M2PRO Didactique de l'image, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

Gone Home est un jeu vidéo nous plongeant dans les souvenirs physiques et immatériels d’une famille américaine dont la plus jeune des filles, Sam Greenbrier, a grandi dans les années 1990. La maison est imprégnée de son univers que l’on arpente au fur et à mesure des salles, et l’expérience a tout de celle que l’on peut vivre dans un musée. En l’occurrence, un musée de la culture populaire de cette époque précise. Nous incarnons donc Katleen, la grande sœur de Sam, revenue d’un long voyage à travers l’Europe, et qui se trouve confrontée à l’absence de ses parents dès son retour au domicile familiale. Mais ce qui leur est arrivé est secondaire face au désir et à la possibilité pour Katleen de redécouvrir sa maison, fouiller dans son passé et apprendre comment ont vraiment évolué ses proches pendant son absence à elle. C’est donc en caméra subjective que nous allons pouvoir, porte après porte, observé et manipuler les objets de leur quotidien - avec, en toile de fond, les histoires « rock-ambolesque » et moderne de Sam dont on glane ci et là des citations tirées de son journal intime.

Cet article est donc touchant et intéressant puisqu’il est anonyme et subjectif. Signé d’un pseudonyme, il relate l’expérience particulière de l’auteur, un joueur américain qui s’est fortement retrouvé dans cette exposition de la vie banalement unique des Greenbrier. C’est tout l’intérêt du jeu, selon moi. Le rôle du joueur dépend aussi de son désir de s'approprier Gone Home et de la valoriser dans son contexte - pour les utilisateurs qui n’auraient pas connue, l’époque que le titre met en scène,  comme pour ceux qui douteraient que le jeu-vidéo puisse avoir un autre but que celui d’exploser des scores. Le joueur passe alors en revue chacune des nombreuses références présentes dans l’œuvre et explique ce qu’elles évoquent pour celui qui a grandi dans les années 1990.

Pour résumer, cet article se présente comme une sorte de catalogue d’exposition officieux. Il est infiniment exhaustif mais n'entre pas dans les détails de la construction du dispositif. L’auteur fait ainsi comprendre que n’importe qui aurait pu l’écrire avec ses propres références, ses propres souvenirs et ses propres émotions.

L’essence même de Gone Home prend son sens dans le dispositif : il s’agit là d’un musée virtuel interactif « créé » par les visiteurs. Chaque objet exposé est manipulable et déplaçable par le spectateur. La disposition de base des « œuvres » du quotidien donne alors lieu à une histoire linéaire finement ficelée, mais rien n’empêche le joueur de parcourir les couloirs de la demeure comme il le souhaite et d’y découvrir des reflets de son propre passé.

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Suggested by Delphine Peresan
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Mark Lewis au Musée du Louvre

Mark Lewis au Musée du Louvre | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Delphine Peresan-Roudil,
(M2PRO Didactique de l'image, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

Les quatre films présentés dans le cadre de l’exposition « Mark Lewis ‘Inventions au Louvre’ » (et non trois films, comme l’article le précise) sont projetés dans la salle de la Maquette du musée du Louvre jusqu’au 5 janvier 2015.

Diffusés successivement, leur visionnage attentif demande presque 45 minutes, et plonge le spectateur dans une réflexion sur le musée qui se filme et s’expose lui-même, sur la circulation et les flux, ou encore sur le visiteur comme sujet.  

Ces films interpellent, intriguent, questionnent : ils montrent le musée du Louvre d’une manière inédite, que l’on soit un visiteur néophyte ou régulier. Le léger ralenti, l’aspect déambulatoire du plan-séquence, le silence des vidéos confronté au bruit du musée réel, tout contribue à provoquer un décalage, une apaisante étrangeté. Les visionner successivement donne immédiatement l’envie d’aller dans les salles filmée par Lewis pour se réapproprier l’espace du musée en marchant dans les pas du cinéaste, et pour (re)voir les œuvres qui ont attiré son regard.

L’article compare justement ces vidéos à un « poème visuel consacré au passage » : la déambulation de Lewis au Louvre offre au visiteur-spectateur un beau moment onirique, une promenade rêvée, notamment lorsqu’il nous convie dans la galerie des Antiques la nuit, ou dans l’escalier de la Samothrace, exceptionnellement déserté. Des images qui restent en tête, et nourrissent l’imaginaire autour de ce musée.

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Latifa Echakhch, prix Marcel Duchamp 2013 : « Donner un peu plus de moi-même »

Latifa Echakhch, prix Marcel Duchamp 2013 : « Donner un peu plus de moi-même » | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

"Célébrant le prix Marcel Duchamp reçu en 2013, Latifa Echakhch a conçu pour l'Espace 315 du Centre Pompidou une œuvre entre ténèbres et lumière, à la fois légère et pesante, comme ces souvenirs d'enfance qui font autant sourire qu'ils serrent le cœur. Heureuse dans cette étape importante de sa carrière et de sa vie, généreuse malgré la pudeur, l'artiste de quarante ans tout ronds nous guide dans son installation, L'Air du temps, qu'elle a voulue comme une manière de

« rendre un peu de ce qui lui a été donné »." Par Magali Lesauvage.

Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Bertille Van Wassenhove et Noémie Naudi, (M2PRO Muséologie et nouveaux médias, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

C'est le prix Marcel Duchamp 2013 et l'on comprend pourquoi. Latifa Echakhch dévoile une nouvelle fois une œuvre qui sait questionner la notion d'envers du décor, tout en sortant l'art de son cadre traditionnel. Elle affirme d'ailleurs « Je ne voulais pas mettre des cloisons, accrocher des objets aux murs ». Elle nous dévoile alors sa capacité à occuper un espace, à investir pleinement le lieu d'exposition.

Elle crée un champ de nuages en bois. Les nuages sont recouverts d'encre noire et disposés au ras du sol. L'ambiance est pesante. L'objet onirique qu'est le nuage est dépossédé de sa qualité première. Il n'est ni léger, ni voluptueux. Cependant, les nuages donne une contenance à la pièce vide, en créant un certain parcours qui invite à la déambulation. Le spectateur se situe alors entre ciel et terre. L'espace semble perdre toute loi de gravité et se renversé, mélangeant le haut et le bas.

On traverse la mise en scène et ce n'est qu'une fois arrivé au fond de la pièce que l'on découvre l'arrière de ces panneaux. Les nuages sont peints, et transmettent à nouveau l'image que l'on se fait d'un nuage, bleu, blanc, gonflé, aérien.

Alors on se perd. L'envers devient endroit et vice versa. Le spectateur ne sait plus dans quel sens se lit l'installation de Latifa Echakhch.

Arrive-ton par le fond de l'exposition ou bien par l'avant de la scène ? D'autant plus que des objets sont déposés au pied de chaque groupement de nuages. Ces objets, tout autant recouverts d'encre, sont-ils du côté de l'envers, et par là cachés; ou bien dévoilés par leur mise en avant, en étant situés du côté de l'endroit ?

Par nos aller-retour dans l'espace d'exposition, on perturbe la réalité et la notion d'endroit-d'envers chère à l'artiste. Latifa Echakhch crée un lien réel avec le théâtre, la création de décor, où les fils, le subterfuge de lévitation reste visible. Alors que la magie devrait cesser d'opérer, l'artiste sait nous intégrer tout entier dans une scène dramatique, apocalyptique, théâtrale.

La mise en scène nous rappelle sans équivoque son œuvre La dépossession qui interrogeait déjà les questions relatives à l'espace scénique, à l'extraction de l’œuvre hors du cadre, au lieu entre l’œuvre et le spectateur... À voir, absolument.

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Polémique autour d'Exhibit B au Barbican - une exposition censurée

Polémique autour d'Exhibit B au Barbican - une exposition censurée | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
The cancellation of the Barbican's Exhibit B event last night marks a new low for censorship in Britain
Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique de Catherine Bazin
(M2PRO Didactique de l'image, Sorbonne Nouvelle Paris 3)

 

Il s’agit d’installations où les exclus et esclaves du monde moderne sont mis en scène. Cette exposition s’apparente pour une part à ces zoos humains qu’on a vus fleurir au tournant du siècle dernier (on pense à l’exposition « Exhibitions. L’invention du sauvage », au musée du quai Branly en 2011), et pourtant le projet de l’artiste est tout autre. Dans des espaces reconstruits (une chambre, une cave, un centre d’asile...) de « vraies » personnes jouent le rôle d’esclaves. L’expôt, habituellement chose, est de fait homme ; et c’est cela qui dérange. Sur l’image reproduite dans le journal, on voit une femme noire assise sur un lit. Elle montre son dos nu et son visage se reflète dans le miroir qui lui fait face. À son cou un collier de métal prolongé d’une chaîne fait d’elle une esclave, de même que le numéro collé sur sa robe la catalogue en tant que marchandise. Les scènes sont présentées dans des sortes de boites qui reconstituent des espaces cloisonnés réels. Cette mise en abyme à l’intérieur même du musée réfère en quelque sorte à un paradoxe qui fait message : le lieu de monstration qu’est le musée révèle ce qui nous est dissimulé, ce que l’on se dissimule aussi. Le propos est clair : il s’agit de nous mettre face à ceux que nous ne voyons pas et qui, par l’absence de considération que nous leur portons, sont réifiés. En nous les donnant en spectacle, nous sommes obligés de les voir et donc de savoir ce qui se passe. Ces hommes et ces femmes sont mis en boîte et semblent en attente. Présenter de vrais êtres humains et non des représentations (sculptures, photos...) perturbent, car la limite entre le réel et le fictif s’amincit, et dès lors la dimension artistique de l’œuvre perd de son évidence, du moins pour certains. C’est oublier que ces « personnes » jouent un rôle non seulement au service d’une cause mais aussi d’une œuvre. Envisager cette exposition comme une performance plutôt que comme une œuvre figée pourrait sans doute lever l’ambiguïté et surtout signifier que le corps exposé n’est plus expôt mais acteur.

La question reste tout de même de savoir si l’on peut ainsi exposer/présenter de manière si directe la misère humaine. C’est là que, par-delà des problèmes de délimitation de genre, la polémique prend place. Une vraie question de muséologie, du moins dans ses problématiques expographiques.

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Tatoueurs, Tatoués au Quai Branly | Carnet d'Art

Tatoueurs, Tatoués au Quai Branly | Carnet d'Art | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

Pratique jadis confinée aux marges sociales, le tatouage est aujourd’hui devenu le phénomène de masse que l’on connaît, étendard d’une culture jeune oscillant entre avant-garde et mainstream.
Par Arnaud Idelon.

Cécile Camart's insight:

Le point de vue critique d'Alison Granger
(M2PRO Didactique de l'image, Sorbonne Nouvelle Paris 3) :

 

L'exposition temporaire « Tatoueurs Tatoués » au musée du quai Branly offre une déambulation extrêmement didactique, riche et variée.

On compte plus d'une dizaine d'espaces différents délimités par des panneaux introductifs à dimension anthropologique nous donnant la possibilité de situer avec précision les styles, les origines sociologiques ainsi que les réappropriations contemporaines de chaque région du monde. La diversité et le nombre d'expôts accompagnant la scénographie  est une réussite permettant d'aller au-delà de la seule vision frontale du tatouage. On peut y découvrir des pièces archéologiques, tels un bras de momie tatoué ou un fragment de peau tatouée conservée dans un bocal ; des objets spécifiques comme ce paravent, « répertoire à tatouage »  appartenant au monde forain, ou encore différents outils de tatouage selon leur provenance géographique et traduisant la variété des techniques de savoir-faire. Autant de curiosités visuelles et matérielles qui rendent compte de la perméabilité des pratiques du tatouage à travers le globe et du phénomène de mondialisation actuel. A noter toutefois que le défi de disposer des moulages en silicones très réalistes de bras, de jambes et de buste est une démarche risquée. Pas au goût de tous, mais cette initiative permet néanmoins de représenter le travail de dix grands tatoueurs de renom qui ont accepté d'ancrer leur travail sur ces « faux corps », forme de synthèse entre cette pratique ancestrale et ses réappropriations contemporaines.

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Le GIF animé : de la kitscherie à l'œuvre d'art

Le GIF animé : de la kitscherie à l'œuvre d'art | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it
Ce pur produit de la culture geek acquiert ses lettres de noblesse avec le concours Motion Photography Prize, lancé par la Saatchi Gallery et Google. Retour sur une success-story au charme hypnotique.
Cécile Camart's insight:

L'entrée au musée

Début février, la Saatchi Gallery, à Londres, s'associait à Google+ pour lancer le « Motion Photography Prize », concours de photographies en mouvement sous format GIF, ouvert à tous. Le 16 avril, le jury – qui comptait dans ses rangs le réalisateur Baz Luhrmann, ainsi que les artistes Cindy Sherman, Tracey Emin et Shezad Dawood – présentait les œuvres retenues parmi quelque 4 000 propositions. Visibles en ligne, sur le site Internet de la galerie, celles-ci font également l'objet d'une exposition dans le musée jusqu'au 24 mai  (...)

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Trois idées reçues sur le numérique au musée - par Sébastien Magro

Trois idées reçues sur le numérique au musée - par Sébastien Magro | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

"Alors que les dispositifs numériques (réseaux sociaux, dispositif in-situ ou mobile, en ligne ou hors-ligne) sont aujourd’hui omniprésents dans les institutions patrimoniales, il n’est pas rare de tomber sur des articles de blogs, des conférences de professionnels ou encore des discussions de comptoirs qui regorgent d’idées reçues sur le numérique, supposément sauveur ou démon de la culture, selon les paroisses. (...)"

Par Sébastien Magro.

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Valérie Mréjen, Robert Cantarella et Joris Lacoste au Centre Pompidou

Valérie Mréjen, Robert Cantarella et Joris Lacoste au Centre Pompidou | Musées, art & médiation culturelle | Scoop.it

Séries de rendez-vous imaginés par un artiste, Les Sessions proposent un parcours dans les espaces et les programmes du Centre Pompidou: une autre façon de découvrir ses oeuvres, ses activités, son actualité, les disciplines et les territoires de la création.
Valérie Mrejen est l'invitée du Centre Pompidou et la « metteuse en scène » de la première Session. L'artiste et auteure imagine des visites scénarisées plongeant le visiteur dans une fiction.

Cécile Camart's insight:

Samedi 26 avril 2014

 

17h – 20h / Musée / Robert Cantarella
Les visiteurs du musée peuvent arpenter les collections modernes tout en découvrant le Musée vivant, une création de Robert Cantarella. Des récitants disent des textes d'écrivains à propos d'oeuvres qui les ont marqués. À savourer individuellement, en tête à tête avec les comédiens. « Ils se sentent comme chez eux dans le musée qu'ils investissent temporairement tel un gigantesque appartement, en s'installant dans toutes les pièces pour donner leurs brèves représentations à la carte. »

 

19h00 / Bibliothèque publique d’information / Performance de Joris Lacoste
Joris Lacoste investit la Bibliothèque publique d'information avec Lecture, une performance collective qui donne de la voix au travail habituellement silencieux des lecteurs, et se déroule jusqu'à 21h.

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