Musées et muséologie
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La culture prend ses marques – Institutions culturelles et stratégie de marque Culture et Communication

La culture prend ses marques – Institutions culturelles et stratégie de marque  Culture et Communication | Musées et muséologie | Scoop.it

Dans un rapport, rendu en 2006 au Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, Maurice Lévy et Jean-Pierre Jouyet mettent en avant la nécessité de valoriser les marques dont sont dépositaires les institutions culturelles.

 

Dans leur rapport, ils soulignent la valeur de l’immatériel. La richesse, la croissance ne sont pas à trouver dans le concret mais l’abstrait. Elles ne sont pas dans le matériel mais dans l’immatériel.

 

Qui mieux que le monde culturel peut apporter cette richesse immatérielle ? La stratégie de marque est-elle essentielle pour se distinguer ? Pour augmenter ses ressources propres ? Comment la mettre en place sans se dévoyer ?

Un public omnivore, une concurrence omniprésente

 

Considérons un élément central à toute stratégie d’un établissement culturel : le public.
Dans le contexte post-moderne, dans lequel il évolue, le consommateur est :

- individualiste : les nouvelles technologies (image, son, etc.) lui permettent d’affirmer ses goûts, d’exprimer sa propre opinion personnelle. Ses choix vont se faire en fonction de ses aspirations, de ses projets existentiels personnels. De fait, c’est un consommateur actif (un consom’acteur). Ce qu’il consomme détermine qui il est.

- confronté à l’immatériel en permanence : les produits (la musique par exemple), les services sont dématérialisés, les concepts abstraits valorisés : bien-être, émotion, plaisir (il suffit de regarder une coupure publicitaire). L’imaginaire est également très présent et la frontière entre réalité et fiction est parfois mince (réalité virtuelle, jeux vidéo, télé-réalité…).

- en mouvement : la mobilité est partout : physique évidemment mais aussi virtuelle (avec tous les objets connectés : téléphones, tablettes, montres…), professionnelle… Il est donc dans l’urgence permanente (même si, paradoxalement, son temps libre augmente de plus en plus)

- sur-sollicité et sur-informé : l’information qui lui parvient est plus complexe, plus riche qu’auparavant. Les sollicitations / stimuli qu’il reçoit sont plus nombreux, dans un monde dominé par la communication de masse. La concurrence est notamment rude dans le secteur de la culture et des loisirs où l’institution culturelle a besoin de communiquer toujours plus.

 

Conséquence : le public est désormais de plus en plus « omnivore » et l’opposition savante – populaire / élitiste – divertissant tend à disparaître. De nombreux profils culturels « dissonants » ont fait leur apparition. Soit un public pouvant passer de sorties culturelles « classiques » (opéra, musées…) à des produits culturels dits divertissants  » (boîte de nuit, jeux vidéos, télévision, événements sportifs…). Il recherche aussi un accès personnalisé, souvent dématérialisé, à la culture. Et, de fait, ses attentes en matière de consommation culturelle sont diverses : lorsqu’il va dans un musée, il recherche l’émotion esthétique, mais aussi le divertissement, l’évasion…

 

L’homme post-moderne étant pressé, il veut vivre intensément ces expériences culturelles, il recherche l’immersion, veut « faire corps » avec l’expérience vécue. Dans un musée, le visiteur veut y voir une exposition, mais aussi y prendre un café, y acheter un livre ou un produit griffé, y trouver des activités pour ses enfants… Paradoxalement ce consommateur individualiste recherche le lien social, l’appartenance à une communauté (c’est le cas, par exemple, du public des festivals).

 

Marketing et culture : un mariage nécessaire ?

 

Le marketing en milieu culturel fait peur… Culture et communication a déjà évoqué le sujet. Mais revenons sur ce qui peut effrayer les acteurs culturels. Le marketing ce n’est pas « vendre à tout prix par tous les moyens », mais installer une relation de confiance avec son public, ses partenaires, pour un profit durable. Il donne les moyens d’atteindre un objectif, de mener un projet à bien. Et ainsi que le dit Dominique Bourgeon-Renault : "Le Marketing peut se définir par l’ensemble des outils dont dispose une organisation pour susciter de la part de ses publics, des comportements favorables à la réalisation de ses objectifs organisationnels."

 

Dans le contexte sus-cité (concurrence accrue, consom’acteur exigeant…) il est important pour les acteurs culturels : de se distinguer, de batailler pour exister, de comprendre les attentes de son public, de satisfaire ses exigences. Enfin, la recherche de sponsors et de mécènes nécessitent pour eux de mettre en avant les valeurs immatérielles leur permettant de dialoguer d’égal à égal avec leur partenaires financiers tout en restant exigeants.  Ces objectifs économiques, artistiques ou sociaux sont parfois en concurrence…
Comment les concilier ? La stratégie de marque est-elle une réponse ?

 

Qu’est qu’une marque culturelle ?

 

Nous l’avons vu, l’abstrait et l’immatériel sont très présents dans la société actuelle. Et le consommateur cherche tout d’abord à satisfaire ses aspirations personnelles. La marque propose à son public un projet de sens. C’est sa capacité à donner du sens, à formuler une promesse qui fait sa valeur.

 

Car la marque est un capital, un actif immatériel qui peut être vendu, acheté. C’est ainsi que Le Louvre a loué sa marque pour trente années à Abu Dhabi. Ou que la Fondation Guggenheim a vendu sa franchise à Bilbao. Deux projets, certes contestés, mais qui traduisent la valeur que peut prendre une marque culturelle.

 

Mais vendre sa marque n’est pas le seul objectif : celle-ci peut conforter l’institution dans ses relations avec un partenaire. C’est ainsi que depuis 2013, la marque « Opéra de Paris » est décliné sur des vêtements et parfums (dessiné par Christian Lacroix), en association avec les textiles « Petit Bateau ». L’objectif affirmé ? Dynamiser les ressources propres de l’Opéra, mais aussi  protéger une marque déjà utilisée à des fins commerciales.

 

"Cette démarche s’inscrit dans la mission de valorisation du patrimoine immatériel qui incombe aux établissements publics. Nous sommes responsables d’une marque forte, d’une image publique de dimension internationale et d’un héritage culturel de tout premier plan. Nous veillerons à ce que l’ensemble de nos partenaires véhiculent ces valeurs qui font de l’Opéra national de Paris la grande institution culturelle qu’elle est aujourd’hui."

Christophe Tardieu, Directeur adjoint de l’Opéra national de Paris

 

La marque est aussi une promesse, un « contrat » passé avec le public : elle lui garantit certaines qualités, des valeurs auxquelles il peut s’identifier. Elle donne du sens au produit. Si cette promesse est tenue, elle apporte fidélité et confiance du public à cette marque.
Certaines voix s’élèvent, par exemple, contre la politique de la Fondation Guggenheim, rebaptisée par certains « Mc Guggenheim » : politique sociale critiquée, choix d’expositions contestées parce que trop commerciales, Pour ces personnes la Fondation a été trop loin, a rompu son contrat…

 

En 2000, La Tate Modern a décidé de se positionner comme un concurrent de Harrods dans l’esprit de son public, pour profiter de l’essor de l’Eurostar. Elle a mis en place des expositions thématiques / transchronologiques qui ont rencontré un grand succès. Ce « contrat » passé avec le public l’amène également à offrir une expérience totale au public : expositions, boutique, restauration, lien social… Car la marque détermine la somme de toutes les expériences / les points de rencontres avec son public. C’est la raison du lancement de Tate Media.

 

"Nous sommes un acteur majeur de l’art contemporain, nous faisons des expositions qui durent douze semaines. Après ? Plus rien. Il faut donc créer des contenus (…) que l’on peut ensuite diffuser…"
Will Gompertz, responsable de Tate Media à la Tate Modern

 

Une marque permet la construction d’un monde, d’un univers psychologique et / ou fictionnel. Une stratégie de marque va permettre d’organiser ces éléments qui créent du sens en un récit attractif, pertinent pour le public. Celui-ci doit s’articuler avec des prestations concrètes (ou manifestations de la marque)

 

Notre objectif est de faire du musée (le MoMa NDR) un lieu d’expérience : une salle de gymnastique pour l’esprit, une école pour le coeur, une expérience sensorielle, cérébrale, émotionnelle et spirituelle

Kim Mitchell, MoMa

 

Enfin sans public, la marque n’est rien. Auprès de celui-ci, elle va véhiculer une image cohérente, focaliser son attention par une synergie des messages. Elle lui propose un projet de sens sans pour autant se renier. Le projet de marque doit donc être solide pour éviter une programmation clientéliste répondant uniquement à la demande. Par ses manifestations (expositions, programmations, communication, boutique, restaurant…), la logique de la marque doit se fondre avec celle des publics qu’elle vise. Il ne s’agit donc pas de répondre aux attentes des publics via une offre matérielle. Mais par un projet de sens. La connaissance des publics (mais aussi de la concurrence) est donc au coeur de la stratégie de marque. C’est ce qui lui donnera sa force, sa différenciation, son magnétisme.

 

La marque culturelle  et l’autofinancement

 

Rechercher des mécènes ce n’est pas tendre la main en espérant l’obole. Développer une stratégie de marque permet de dépasser cette logique de la nécessité et de construire une relation partenariale « gagnant-gagnant ». Pourquoi ? Car les entreprises ont aussi besoin de la culture, de ses propositions riches en sens, de ses valeurs, de son imaginaire, de sa créativité…

 

Ainsi un musée, un théâtre ou tout autre institution qui développe ce projet de sens peut choisir ses partenaires en fonction de la compatibilité / la complémentarité avec ses valeurs. Mais c’est aussi la perspective de développer la crédibilité nécessaire à un dialogue équitable entre l’institution culturelle et ses partenaires. Ainsi les entreprises du luxe se sont rapprochées de l’art contemporain. C’est le cas du groupe LVMH (commande à Murakami pour Vuitton, sponsoring d’expositions au Centre Pompidou…). La valeur des noms / institutions culturelles auxquels s’associe le groupe participe à la construction de leur identité.
La marque culturelle, nous l’avons vu, peut être exploitée de différentes façons. De nombreux musées l’ont compris et mettent en avant des produits griffés de leur marque ou bien dérivés de leurs « icônes » (La Joconde au Louvre, Les Impressionnistes à Orsay, Jérôme Bosch au Musée du Prado…).

 

Mais cette commercialisation à outrance ne peut-elle pas abîmer l’image d’une institution culturelle ?

 

Une marque… Oui mais une marque culturelle : ne pas se dévoyer

 

Comment ne pas se fourvoyer ? Il s’agit tout d’abord de bien connaître son identité. Toutes les institutions culturelles ne peuvent être Le Louvre, La Tate Modern ou l’Opéra de Paris. Au lieu de se perdre, de se tromper, il est possible de mettre en place un projet crédible, original et pertinent, accepté de son public.

 

Le Louvre accueille environ 8 Millions de visiteurs par an. Qui peut rivaliser avec une telle « machine »?
La question n’est peut être pas là. Mais plutôt : comment peut-on être différent du Louvre ? Peut-on vivre une expérience globale, une émotion artistique autrement qu’au milieu d’une foule immense ? Cela ne peut-il pas être contre-productif à terme ?

 

Un projet de marque peut justement proposer une contre-tendance, occuper une niche. Comment ?  En mettant en avant le caractère extraordinaire d’un lieu culturel, son calme, son échelle humaine, sa logique de rencontre, de mise en présence du public… Nul besoin de pousser la démarche à l’extrême

 

La stratégie de marque est un atout indéniable pour faire face aux mutations de la société et pour les institutions culturelles, un moyen de répondre aux enjeux actuels (exister, évoluer, s’autofinancer) :

- En construisant un horizon de sens dans lequel le public pourra projeter ses aspirations, ses interrogations…

- En se matérialisant de façon cohérente avec le contrat « passé avec le public » sans se fourvoyer et tomber dans le clientélisme.

 

Afin qu’elle se construise de manière durable, celle-ci doit se construire sans « vendre son âme », sans tomber dans la démagogie. Pour cela, l’élément principal d’une stratégie de marque culturelle doit être la primauté de son projet artistique, éducatif ou culturel.

 

Aller plus loin :
– Dominique Bourgeon-Renault, Stéphane Debenedetti, Anne Gombault, Christine Petr Le marketing des arts et de la culture, Dunod, 2014
– Elsa Vivant, Du musée conservateur au musée entrepreneur dans TEOROS, revue de recherche en tourisme, 2008

 

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Musées : quelle médiation pour les jeunes ? - Information - France Culture

Musées : quelle médiation pour les jeunes ? - Information - France Culture | Musées et muséologie | Scoop.it
A la veille de la Nuit des musées, quid des rapports que ceux-ci entretiennent avec les jeunes générations ? Si la médiation culturelle est l’un des enjeux, si ce n’est l’enjeu principal de la conquête de ce public par essence volatile, les formes qu’elle prend nous interrogent sur son devenir. Plutôt guide-conférencier et ateliers ou smartphone et réalité augmentée ? Un reportage de Marie-Alix Autet complété par vos réactions.
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Grande fracture entre les grands et les petits musées

Grande fracture entre les grands et les petits musées | Musées et muséologie | Scoop.it
Plus de 1 300 établissements ouvrent leurs portes aujourd’hui à l’occasion de la Nuit des musées. Si les « gros » attirent toujours plus de monde, ceux de petite taille perdent en fréquentation.

 

La 11e édition de la Nuit européenne des musées se déroule aujourd’hui. L’occasion pour les petits établissements d’être mis en lumière.

Si les Français ne sont jamais autant allés au musée qu’en 2014, les grandes institutions, tels que le Louvre, Orsay, ou encore le quai Branly, cachent la forêt. Car dans le même temps, les « petits » musées sont de moins en moins visités. Soutenus financièrement, pour la plupart, au niveau communal ou départemental, leur pérennité est mise à l’épreuve avec la réduction progressive de la dotation globale de fonctionnement (DGF), accordée par l’État aux collectivités locales. Parfois raillés pour leur manque de modernité ou leur image poussiéreuse, ils peinent à exister. Et la Nuit des musées ne peut pas à elle seule résoudre les maux de ces petites structures.

 

La culture en difficulté

La culture en général est affectée par la baisse des dotations. Plusieurs festivals ont ainsi été réduits, annulés ou supprimés. Philippe Laurent, de la commission des finances de l’Association des maires de France, le regrette : « Il y a forcément des choix politiques contraints faits par les élus locaux. Nous pensions que la culture était un marqueur fort, d’autant plus que l’enveloppe dédiée ne pèse pas bien lourd dans les budgets des communes. » Désormais, les subventions allouées permettent de payer le fonctionnement des structures, et prennent le pas sur la programmation. « Les départements n’ont globalement pas baissé leur crédit accordé à la culture. Mais avec le gel de la DGF, les arbitrages vont se faire en faveur des compétences obligatoires, lourdes, au détriment des optionnelles, comme la culture », estime-t-on à l’Association des départements de France (ADF).

Le pessimisme est de rigueur pour Philippe Laurent : « Nous craignons que le travail de décentralisation et d’éducation culturelles, engagé depuis 30 ans, et donc la diversité qu’offrent les petits musées, soient mis à mal. »

 

« Faire le dos rond »

Si les petits musées sont pour l’instant peu touchés par le gel de la DGF, ils le seront à l’avenir prophétise Philippe Laurent. Des collectivités ont déjà anticipé en développant une offre de « pass » culturel qui permet de visiter plusieurs structures pour un prix attractif. Autre possibilité : la mutualisation des moyens, notamment en termes de communication, pour dégager une plus grande marge de manœuvre pour la scénographie ou l’organisation d’événements. D’autres enfin, font appel à des partenariats avec des entreprises privées pour sponsoriser des événements culturels. Pour Philippe Laurent, il faut attendre et « faire le dos rond » : « L’outil doit rester en état de marche. Les bâtiments construits dans les années 1980 doivent être rénovés. Pour cela, il faut une volonté politique forte. »

Une volonté qui semble faire défaut aujourd’hui. Et qui devrait être mise en question lors du prochain festival d’Avignon puisque, promet Philippe Laurent, « il devrait y avoir de nombreux débats ».

 

Laura STEEN et Baptiste MARSAL

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Philippe Tilly - Pour réussir dans l'entrepreneuriat culturel, il faut être bien acoompagné

Philippe Tilly - Pour réussir dans l'entrepreneuriat culturel, il faut être bien acoompagné | Musées et muséologie | Scoop.it

Si se lancer dans l’entrepreneuriat est toujours complexe, c’est encore plus vrai dans le secteur culturel, où l’on manque parfois de compétences business. Heureusement, des dispositifs initiés par le gouvernement existent pour aider ceux qui souhaitent se lancer.  À ce sujet, nous avons rencontré Philippe Tilly, chargé de mission pour le ministère de la Culture et de la Communication.


Philippe Tilly, merci d’accorder une interview à Coulisses, la revue pratique de la production artistique. Pouvez-vous nous présenter votre rôle au sein du ministère de la Culture et de la Communication ?

 

Je suis chargé de mission au bureau du financement des industries culturelles de la DGMIC (Direction générale des médias et des industries culturelles) du ministère de la Culture et de la Communication. Je m’occupe plus particulièrement de l’action territoriale et de l’entrepreneuriat culturel afin notamment de favoriser la professionnalisation des entrepreneurs et la structuration des industries culturelles.

 Concrètement, quelles actions a mis en place le ministère de la Culture et de la Communication, dirigé par Fleur Pellerin, pour aider les entrepreneurs à se lancer ?

 

Dès la création de la DGMIC en 2010, nous avons engagé une réflexion autour de l’entrepreneuriat et réalisé une étude pour mieux connaître les besoins et les attentes des entrepreneurs du secteur des industries culturelles. À partir de celle-ci, nous avons mis en place plusieurs choses. Un guide « Entreprendre dans les industries culturelles » a été publié en 2013, puis actualisé l’année suivante. Il recense plus de 90 dispositifs nationaux de soutien à la structuration des entreprises. Nous nous sommes en effet aperçu que les entrepreneurs du milieu culturel ne connaissaient pas très bien les aides de droit commun auxquelles ils pouvaient prétendre. Ce guide est là pour leur apporter des réponses.

 

Ensuite, nous avons contribué à renforcer l’action de l’IFCIC (Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles). Cet établissement de crédit a reçu pour mission du ministère de la Culture et de Communication et du ministère de l’Économie et des Finances de contribuer au développement des industries culturelles, en facilitant pour ces entreprises l’accès au financement bancaire. Il propose désormais des fonds d’avances remboursables à certains secteurs comme les industries musicales, les librairies indépendantes ou les entreprises de presse.

 

Troisième action concrète, la création du site entreprendre-culture.fr, une plateforme collaborative dédiée à l’entrepreneuriat dans le secteur culturel. Elle recense et présente notamment 110 dispositifs d’accompagnement dédiés à la culture et financés par les pouvoirs publics. Elle permet de favoriser la mise en réseau des différents acteurs, qui affichent une vraie volonté de se connaître et de travailler ensemble.

Enfin, cette année a eu lieu le premier forum Entreprendre pour la culture, à Paris et dans 6 villes en région. Un grand moment de rencontre pour les professionnels des industries culturelles et d’échange sur les problématiques du secteur, avec conférences, tables rondes et autres « speed meetings ».

 Ce forum Entreprendre pour la culture s’est terminé, à Paris, le 27 mars dernier. Quel bilan tirez-vous de cette première édition ?

 

Un bilan très positif ! Il y a eu beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme autour du forum et nous avons eu beaucoup de participants, à la fois des entrepreneurs, des étudiants et des institutionnels. Les 33 ateliers et tables rondes proposés ont été extrêmement riches et les interventions étaient de grande qualité. Cela confirme notre intuition de départ : les entrepreneurs culturels recherchent des informations pratiques pour se développer. Ils ont besoin d’échanger et de mieux connaître les autres acteurs du secteur. Le forum Entreprendre dans la culture va devenir un rendez-vous régulier qui va revenir tous les ans. L’année prochaine, nous espérons ouvrir plus largement le champ des secteurs abordés, car l’entrepreneuriat culturel concerne l’ensemble du périmètre d’intervention du ministère.

 Que conseilleriez-vous à quelqu’un qui souhaite entreprendre dans la culture ?

 

Entreprendre, c’est prendre des risques. A cet égard, il est nécessaire d’en avoir conscience pour mieux les maîtriser. Au-delà des projets artistiques et culturels, il semble essentiel d’avoir un projet d’entreprise et une vision à long terme de celle-ci. La capitalisation insuffisante des entreprises et le manque de fonds propres les freinent souvent dans leur développement et sont la cause de beaucoup de blocages, voire de défaillances. Il ne faut pas négliger la protection sociale du dirigeant d’entreprise. L’isolement de l’entrepreneur est une réalité qui peut être très mal vécue et il est important d’être bien conseillé et accompagné. À ce titre, la diversité des dispositifs d’accompagnement peut répondre efficacement à ces différents points.

 Merci, Philippe Tilly !

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Ouvrir les musées la nuit - Tourisme Culturel

Ouvrir les musées la nuit - Tourisme Culturel | Musées et muséologie | Scoop.it

Vous êtes chez vous, à l’heure du loup? Alors c’est parfait, les enfants, l’apéro ou le repas à préparer vous attendent…Vous êtes touriste, Touriste culturel? En vacances? Alors rien ne va plus car ce sont les heures creuses du touriste culturel :  les musées sont fermés, les monuments aussi, le théâtre ou les concerts n’ont pas commencé, les restaurants et les terrasses des bars, pleins à craquer, constituent rarement une « nouvelle expérience de visite ».

 

C’est sans doute à cela que les anglais pensaient quand ils ont décidé, il y a plusieurs années, de créer de nouvelles plages horaires, 18h- 21h ou 22 heures, en pensant aussi mobiliser des communautés de jeunes anglais avides de sorties et d’expériences, comme celle d’un « musée la nuit » ou d’un « concert de musique/apéro » dans son hall d’accueil.Jeunes actifs qui, de plus, travaillent au moment où les sites culturels sont ouverts….Habitants et touristes, tout le monde en profitera, l’entrée sera gratuite et la plupart des performances artistiques aussi! Leur pari a réussi, les petites communautés ont grossi, se sont diversifiées et les musées ont fidélisé ces nouveaux adeptes en renouvelant régulièrement leurs programmations et le format de ces soirées.

 

- I- DES MUSÉES OUVERTS EN FIN DE SOIRÉE !

 
Nous prendrons l’exemple de Londres, car ce qui nous intéresse c’est que tous le musées (Sciences, art, histoire) ont mis en pratique une ouverture nocturne une fois par mois .Elles sont bien préparées, nous le verrons, et , du coup, les sponsors semblent les adorer et en financent de nombreuses !


- Les jours d’ouverture se concentrent, comme on pourrait s’en douter, en fin de semaine, le vendredi soir étant particulièrement riche!
- Les musées ouvrent le soir pour la simple visite de leurs collections, ou, comme nous le verrons pour le Musée Victoria and Albert, organisent des événements spéciaux.
- La communication est toujours assez drôle, jouant sur les effets de la nuit, même quand l’ouverture n’est pas accompagnée de festivités créatives « : au Musée Sir John Soane soane.org, le premier mardi de chaque mois, de 18 heures à 21 heures, visite libre annoncée comme suit » , la visite de la maison du célèbre architecte Sir John Soane est déjà une expérience muséale unique. Mais ce n’est rien, comparé
à l’atmosphère macabre de ses collections à la nuit tombée, éclairées par la seule lueur
des bougies ».
- Les jeunes et les Geeks privilégiés! On lit, à travers les programmation, que les musées veulent surtout approcher et intéresser les plus jeunes – 16-40 ans- individuellement ou en couples, et les « leaders d’opinion de tout ce qui est « créatif ». Soit ceux qui fréquentent peu les sites culturels car ils travaillent et/ou qui n’ont pas toujours de clubs festifs pour se retrouver! Mais les musée invitent aussi, grâce à une communication virale (réseaux) les minorités (LGBT) ainsi que les associations ou groupes « par affinités, comme celles du Numérique – Geeks réjouissez-vous!-  ou de la Musique. « Le Science Museum de Londres a organisé des soirées « Réservées aux adultes », le dernier mercredi de chaque mois (18h45-22 heures). Pour donner une idée du contenu, l’événement, le jour de la Saint Valentin, a mobilisé son Equipe scientifique et la British Heart Foundation. L’itinéraire de visite comprenait…un speed-dating et une conférence scientifique sur le  cœur.

- Le Camden Arts Centre camdenartscentre.org invite tous les mercredis, jusqu’à 21 heures, des artistes internationaux émergents pour « faire connaître et se rencontrer  » les artistes et les tendances dans le monde de l’art.

- MÊME LES EXPOSITIONS S Y METTENT! Les fans de l’artiste surréaliste Man Ray, lors de sa rétrospective à la National Portrait Gallery , faisaiant la visite en musique musique et des débats , séances de dessin et films étaient organisés.La Whitechapel Gallery fait de même chaque jeudi, jusqu’à 21 heures, libre, le British Museum et leDesign Museum, ou la Tate Modern organisent des visites à thème et laissent visiter leurs expositions temporaires chaque vendredi, jusqu’à 20h30 pour le BN et 22.30 pour le DM,


II- DES VENDREDIS TRÈS CHARGÉS 

 

Le vendredi est le soir le plus riche en événements   »After Hours » dans  la plupart des gros musées (Cf. ci-dessus), auxquels on ajoutera le London Transport Museum (18h45-22 heures), la National Gallery jusqu’à 21 heures, le Royal Academy of Arts, le  Barbican Art Gallery,etc…
 

1) LES PLUS FESTIFS : 

 

- 1- Le Musée d’Histoire Naturelle de Londres dispose d’un un restaurant de pop-up et d’un bar pour faire des croquis en musique live.Tous les deux mois, les adultes peut assister Dino Snores, une soirée pyjama toute la nuit dans le musée au cours de laquelle les participants peuvent se blottir sous Dippy, le Diplodocus emblématique à l’entrée du Musée (le dernier vendredi de chaque mois, jusqu’à 22h30). Musique live, nourriture et  boissons accompagnent les visiteurs.
- Ce musée propose aussi de ‘Rencontrer des experts, manipuler les échantillons et voir ce qui se passe dans les coulisses ». à tous ses publics 
habituels.
- La création d’une nouvelle marque pour les ouvertures tardives par SumoDesign : Le muséum a créé récemment une marque « After Hours » (notre photo),  assez forte pour rivaliser avec les choix infinis de l’offre nocturne de Londres, mais assez subtile pour travailler aux côtés de la marque globale Musée d’Histoire Naturelle« , disent ses concepteurs . »La lettre O dans les «Heures» a été positionnée pour représenter le coucher du soleil et le tag-line « Explorez le musée dans une lumière différente» a été conçu pour compléter l’identité de la marque pour mieux communiquer les After ». La marque « After Hours permet en effet de communiquer vers de nouveaux publics (bannières, affiches de la publicité en ligne et hors ligne).

- Les ouvertures en soirée de la Tate Britain sont les plus « prisées »( Vendredi 18 heures-22 heures) .Libres d’accès comme totues les autres, sont tellement pleines de monde que les annonces de la programmation se font « au dernier moment » (musique , performances, entretiens, poésie.. )sur son  site Web et sur Twitter.

2) -LES SOIRÉES ÉTRANGÈRES DU VICTORIA AND ALBERT MUSEUM (18h30-22 heures) 
Des spectacles toujours extravagants, des débats insolites,des pique-niques, des ateliers en famille, leV§A, fidèle depuis des années à ses expérimentations, est sans doute le musée qui « ose » le plus mais aussi le plus « convivial » et donc celui qui accroît le plus sa fréquentation. Des one-off écrans, des DJ invités sont devenus, comme ceux de la Tate, des musts, mais les soirées consacrées à rencontrer des pays étrangers nous paraissent aussi exemplaires ! Cette rencontre avec les artistes d’autres pays évitent l’effet d » ‘entre-soi » des traditionnels vernissages de nos chers musées d’art contemporain français, où « tout le monde se connait » et se fait un bisou. Le partage, dans les programmations, est aussi, de toute évidence, la priorité des soirées du V§A.
- EXEMPLE : La soirée Fryday Late organisée avec des opérateurs de la  CORÉE du SUD à South Kensington : « Rencontrez la culture coréenne et l’innovation technologique » dans les salles du musée pollinisées par leurs créations.Tous les événements étaient  gratuits et on pouvait tout   filmer et photographier librement lors des événements.Une très forte communication sur les réseaux annonçait des « bribes  » de la programmation pour donner envie.
Le Programme (18,30 à 21,30 heures) : 
- Gastronomie expérimentale et visite de l’expo design en musique, avec, la KpopTeam Ltd qui présente DJ Phat qui inondera le Musée de K-Pop et beats électroniques. www.kpopteam.com
- Le Voyage en rouge : Borim Jun et Seung Hwan Lee :  le Laboratoire Sung Jang vous invitent à inventer votre créature, tête d’un ours et corps d’un dinosaure, en utilisant les EQB (Emotion Quotient blocs) et les  » Snap articulations.
- Questions de surface : « Dans un monde de tablettes tactiles et grille-pain qui envoient des e-mails, le rôle de la surface est en train de changer radicalement. Audio 01 conçu par Eunhee Jo est une interface de texture tangible. Vous pourrez contrôler le son en utilisant une interface de tissu et sentir la réponse de la surface sous vos doigts. Sponsor : Samsung
D‘autres pays ont été choisis en thèmes de soirées (Notre photo de la soirée Brésil, rencontre du Design brésilien avec la culture visuelle du Royaume Uni),   en partenariat avec Master Card.

 

CONCLUSION En plus d’avoir un impact évident sur le nombre de visiteurs des sites culturels, l’ouverture en soirée offre l’avantage de recevoir de nouveaux publics : ceux qui travaillent, les touristes qui ne veulent pas être des « les touristes », ( espèce la plus répandue…) et souhaitent rencontrer des modes de vie et des vrais habitants »!Ou au moins se « faire une petite idée  » de l’art de vivre local, rapporter des histoires à raconter et des photos-souvenir de leur nouvelle expérience . Pour les institutions, elles permettent aussi un décalage dans les programmations, avec des propositions plus insolites,moins classiques, plus « jeunes », dont ces soirées sont les terrains d’expérimentations. Et puis ces événements sont une belle façon de faire entrer le Présent dans des sites culturels souvent entièrement imprégnés du Passé, avec des débats, des « fabriques » et la présence d’artistes.

 

POUR EN SAVOIR PLUS / L’incontournable « Going Out » et les réseaux sociaux des musées anglais.  . Voir le dernier article de WILLIAM MOORE sur le sujet.(Photo: devant le V§A, rendez-vous des participants) et, bientôt, c’est la Nuit des Musées à Londres! Du 13 au 16 mai  puis du  30 au 31 octobre, 2015, choisissez votre séjour et votre programme!

 

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Pourquoi les conservateurs de musées sont-ils fragilisés ?

Pourquoi les conservateurs de musées sont-ils fragilisés ? | Musées et muséologie | Scoop.it

Dans l’ouvrage « Les conservateurs de musées », qu’ils ont codirigé, les universitaires Frédéric Poulard et Jean-Michel Tobelem passent au crible les différentes facettes de cette profession. Le diagnostic est sans concession. Tour d’horizon avec Frédéric Poulard.


«Les conservateurs de musées connaissent une déstabilisation inédite.». Tel est le constat de Frédéric Poulard, maître de conférence en sociologie à l’Université Lille 1, et de Jean-Michel Tobelem, directeur de l’institut d’études et de recherche Option Culture. Au départ, il s’agissait d’une hypothèse fondée sur la lecture du Livre Blanc des musées, rédigé en 2011 par l’Association des conservateurs de collections publiques de France(AGCCPF).

 

A l’époque, les conservateurs pointaient déjà des motifs d’inquiétude pour leur avenir : nouvelles professions montantes dans les musées (médiateurs, restaurateurs…), démographie professionnelle en berne, lourdeurs administratives etc. Après une analyse des conditions d’exercice du métier, les deux universitaires voient leur hypothèse confirmée. Dans l’ouvrage qu’ils ont codirigé - « Conservateurs de musées, atouts et faiblesses d’une profession » (1) – ils identifient les courants qui fragilisent le positionnement de cette profession dans l’univers des musées. Pour la Gazette, Frédéric Poulard développe ces constats.

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La Factory NPA – Comment les musées investissent les réseaux sociaux ? – MuseumWeek

La Factory NPA – Comment les musées investissent les réseaux sociaux ? – MuseumWeek | Musées et muséologie | Scoop.it

Musées & réseaux sociaux :Des présences fortes mais des marges de progression importantes à exploiter.

 

A l’occasion de la Museum Week, comme en 2014, La Factory NPA s’est penchée sur les stratégies digitales des musées en étudiant les dispositifs de 10 des musées français les plus fréquentés et analysé en fonction de leurs performances sur le web, les réseaux sociaux et le Mobile. En exclusivité, elle publie les premiers éléments d’analyse concernant la partie « réseaux sociaux ». 

 

En moyenne les musées sont présents et actifs sur 5,7 réseaux contre 6,6 sur l’ensemble des 100 premiers annonceurs en France. Leur utilisation est plus restreinte et seul le musée du Louvre est présent sur les 9 réseaux étudiés. La Cité des Sciences et de l’Industrie possède le deuxième écosystème social le plus étendu avec une  présence entretenue sur 8 des 9 réseaux.

 

Le musée de l’Orangerie est peu présent sur les réseaux puisqu’il concentre toute son activité sur Facebook et Twitter. Toutefois, cette concentration des efforts paient puisqu’il affiche de bons niveaux d’engagement sur ces deux plateformes.

 

Facebook et Twitter sont les deux réseaux les plus plébiscités, tous les musées y sont présents avec un ou plusieurs pages/comptes. YouTube reste la première plateforme vidéo utilisé par les musées même si Dailymotion comme plateforme principale et avec de vraies performances par certaines institutions comme le Museum National d’histoire naturelle, le musée d’Orsay et le Centre Pompidou.

Google+ et Pinterest sont peu sollicités et souvent les lieux de maigres performances. Le Louvre et le château de Versailles étonnent par contre sur Google+ avec des audiences larges et engagées, majoritairement internationales, sur ce réseau qui a peu séduit en France.


Facebook : Le Louvre largement en tête

 

Les musées réunissent près de 3 millions de fans cumulés sur l’ensemble de leurs pages principales sur Facebook. C’est de loin le premier carrefour d’audience sociale pour les musées.

Puissance : des communautés inégales

 

Le musée du Louvre y est surperformant par rapport à ses confrères puisqu’il réunit à lui seul 54% de la base de fans des pages avec sa page principale et ses 1,62 millions de fans. Le Centre Pompidou est son premier challenger avec une communauté de 458k fans devant le château de Versailles qui est distancé et réunit 225k fans. Ces deux derniers musées devraient pouvoir attirer un public plus large compte tenu de leur aura internationale.

 

Plus effacés sur Facebook, on retrouve La Cité des Sciences (41k), le MNHN (31k), le Musée de l’Orangerie (17k) et le Musée de l’Armée (7k fans).

 

Des marques très actives

 

En termes d’activité, les musées font preuve d’un dynamisme certain puisqu’en moyenne ils publient 2 posts/jour. La Cité des Sciences et de l’Industrie est la plus dynamique sur sa page avec de très nombreuses publications quotidiennes. Le Quai Branly et le muséum national d’histoire naturelle sont les moins actifs avec moins d’un post/jour.

 

Des contenus plébiscités

 

Le Musée de l’Orangerie avec une communauté encore restreinte (17k fans) fait preuve d’une vraie capacité à engager sur ses contenus avec une utilisation importante d’images et de vidéos. La tonalité des posts qui jouent la proximité avec la communauté est un des ressorts de cette performance.

 

Après le Quai Branly, le Le Centre Pompidou fait partie des musées les plus actifs sur Twitter. Il utilise le réseau pour promouvoir ses expositions et évènements en utilisant et promouvant des hashtags officiels d’exposition ou le nom des artistes pour ouvrir des espaces de discussions sur le réseau (#Telemaque, #Picasso, #QuestCeQueLaPhoto…). Twitter est aussi utiliser pour viraliser les offres commerciales du musée avec des contenus images adaptés =>

 

Instagram : Un réseau en plein développement mais encore sous-exploité

 

Alors que la petite polémique sur les perches à selfie et les photographies de Fleur Pellerin ont occupé un peu l’attention, Instagram est le réseau qui monte dans les stratégies des musées au vu de l’engouement de leurs visiteurs pour ce réseau et de leurs forts engagements. 6 musées sont présents aujourd’hui et seulement 4 entretiennent une véritable activité sur le réseau : Musée du Louvre, Château de Versailles, Cité des Scienceset le Grand Palais. Le Musée du Louvre est le véritable témoin du potentiel du réseau avec une communauté de 120 000 abonnés et des niveaux d’engagement élevés. Toutefois, on peut regretter que le musée n’exploite pas tout le potentiel de son compte avec une fréquence de publication peu régulière, et une charte éditoriale dont les contours ne sont pas entièrement clairs.

 

Quand on observe la résonance des musées en termes d’UGC sur Instagram, on voit que le potentiel est très important : plus d’un million de médias publiés avec les hashtags #Louvre, 200k pour Pompidou, 500k pour Versailles. Les musées au public international et même français devront intégrer ce réseau qui s’impose comme deuxième plateforme sociale chez de plus en plus de marques outre-Atlantique.

  

Notre étude complète l’écosystème digital des musées en France
La Factory NPA révèle le classement des 10 premiers musées français en fonction de leurs performances sur le web, les réseaux sociaux et le Mobile. En exclusivité et à l’occasion de la #MuseumWeek, elle publie les premiers éléments d’analyse concernant la partie « réseaux sociaux », la totalité de l’étude (web, social & mobile) est disponible sur demande via le formulaire ci-après.

 

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François Boutard's curator insight, April 10, 11:31 AM

1 billet pertinent puisqu'il s'intéresse à l'engagement,; au-delà des chiffres...

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Les nouveaux musées sociaux - Information - France Culture

Les nouveaux musées sociaux - Information - France Culture | Musées et muséologie | Scoop.it
La "Museum Week" bat son plein. Ou comment Twitter permet à des musées du monde entier de se valoriser, tout en s'établissant une belle image culturelle jusque sous les ors de la rue de Valois. Mais quantité d'établissements n'ont pas attendu cette opération et de nouveaux métiers sont nés vaille que vaille pour exposer les collections auprès de communautés de plus en plus réactives.

 

« A mon arrivée il y a six ans, on était pas présent sur les réseaux sociaux. Et fin 2011, j'ai pris l'initiative de créer les pages Facebook et les comptes Twitter et Linkedin de la Cité de l'architecture. Du coup, de fait, je devenu community manager ». L'histoire de Claire Gayet, 30 ans, est emblématique des transformations récentes de beaucoup de musées français. Ces initiatives personnelles, souvent d'abord peu ou pas considérées, ont généré de nouvelles vies en réseaux auprès d'un public mondialement connecté et titillé par la Museum Week et ce qui investit Twitter. Peu à peu, des stratégies digitales se sont établies après « une vraie prise de conscience à un moment qu'être sur les réseaux sociaux, ça fait venir des visiteurs dans le musée, ça amène des conversations avec les visiteurs que l'on a pas si l'on est pas physiquement dans les salles du musée, et cela apporte de nouveaux visiteurs sans frontières, sans limites ». Face à ces nouveautés et à la croissance des réseaux sociaux, le ministère de la Culture a donc initié en 2012 des réunions régulières des animateurs de communautés d'établissements sous tutelle. Ce groupe qui s'appelle @CMMinfr a été ouvert à d'autres, comme les musées de la Ville de Paris, et Claire Gayet raconte qu'il ne rentre plus dans des salles de moins de 50 places et doit limiter les participants pour pouvoir échanger au mieux.


Et c'est toujours en 2012, à l'été, qu'est né le désormais fameux #jourdefermeture. Son auteur, Sébastien Magro, chargé de projets nouveaux médias au musée du quai Branly, le présente dans un passionnant billet de blogPour lui, « ce dispositif joue un rôle de médiation, aussi modeste soit-il en 140 caractères. Il remplit pleinement l’une des missions du musée en apportant aux visiteurs des informations sur les rotations des collections exposées, le cycle de vie d’une exposition, la conservation préventive, le fonctionnement de l’institution (mécénat, relations presses, etc). En satisfaisant leur curiosité, #jourdefermeture pallie également à la frustration de visiteurs qui trouveraient porte close, et participe à rapprocher le musée de ses utilisateurs, l’institution de ses citoyens ». Aujourd'hui, plusieurs milliers de musées francophones et de passionnés communiquent ainsi. Écoutez le reportage à ce sujet, il y a deux ans, de Pierre Crevoisier, de la RTS (Radio Télévision Suisse romande)


Enfin, en novembre dernier, le ministère a publié un "guide pratique : Lumière sur les réseaux sociaux - Animation des communautés connectées", imaginé initialement par Universcience et à lire ci-dessous. On y apprend notamment qu'en 2012, la moitié des lieux culturels étaient déjà sur Facebook. Fin 2012, notre "Pixel", reportage multimédia interactif, sur le patrimoine numérique avait bien rendu compte de cette éclosion.


Le site "Louvre pour tous" et son compte Twitter sont parmi les plus influents dans le monde des "muséo geeks" en France. La toute récente levée de l'interdiction de photographier à Orsay l'a prouvé. Et son maître, Bernard Hasquenoph, a aussi par exemple été invité en tant que blogueur influent à la conférence de presse de la Museum Week, rue de Valois. Le journaliste, graphiste, artiste aux 23.500 abonnéssuit de très près ces évolutions pour en rendre compte et tenter de faciliter l'accès citoyen à la culture, comme il l'entend.

Il estime qu'il y a désormais une mobilisation dans les musées très importante à ce sujet, avec des métiers invisibles, nouveaux, émergents, pour lesquels les formations existent à peine. « Des métiers qui ont une part d'ingratitude aussi parce que les personnes sont derrière les comptes, au nom de l'institution (...). En sachant tout de même que Twitter reste un immense entre soi, et j'ai le sentiment que ce sont surtout des communautés de passionnés qui existent, même si après les choses peuvent s'agrandir ».

 

Bernard Hasquenoph évoque aussi comment de petits musées se distinguent par leur audace et gagne en notoriété, à l'image du musée du protestantisme Jeanne Albret, à Pau.


Les responsables et les conservateurs s'y mettent

 

Avec des têtes d'affiches sur Twitter, comme Catherine Pégard, la Présidente du château de Versailles, ou l'un des premiers : le président du Centre des monuments nationaux, Philippe Bélaval, qui « brise un peu la hiérarchie parce que l'on peut s'adresser à lui et il vous répond ». A tel point qu'au début « Monsieur Bélaval, les gens s'imaginaient qu'il y avait quelqu'un derrière son compte. Après, ils le font vivre avec plus ou moins de réactivité selon leur personnalité, mais cela change complètement le rapport à l'institution. »

Chef du service communication numérique du Louvre, Élise Maillard confirme. Elle met en avant cinq conservateurs twittos sur 46, dont Guillaume Kientz, conservateur du partimoine particulièrement actif. Pour tous serait développé un travail d'acculturation et d'éducation de longue d'haleine, et des efforts pour avoir un référent réseaux sociaux par département.

 

Mais toujours un manque de moyens, y compris au Louvre

 

Élise Maillard a du mal à préciser (lâcher ?) l'information : le musée le plus visité au monde ne bénéficie que de trois personnes pour administrer ses 13 comptes sur les réseaux sociaux et plus de 2 millions d’abonnés !!!
« Une taille correcte », affirme-t-elle dans un sourire gêné. 

Avant d'expliquer suite à notre question que le Metropolitan Museum of Art de New York s'appuie sur un service numérique de près de 70 personnes, même si toutes ne se consacrent pas aux réseaux sociaux. Le service multimédia du Louvre étant lui d'une quinzaine de personnes. Faites les comptes... 
Et comme le souligne aussi Claire Gayet, de la Cité de l'architecture, « il ne faut pas croire que les réseaux sociaux, c'est complètement gratuit. Il faut quand même y mettre un certain budget si l'on a envie d'y faire des choses très interactives, très inédites, très innovantes. Et puis en termes de moyens humains, il faut que les personnes qui s'occupent de cela soient reconnus en tant que telles, notamment parce que c'est un métier qui prend énormément de temps. »

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Musées virtuels : les technologies au service de l’art

Musées virtuels : les technologies au service de l’art | Musées et muséologie | Scoop.it

La convergence entre le monde de la culture et des nouvelles technologies commence à porter ses fruits. Des initiatives visant à diffuser et partager les trésors du patrimoine culturel sur Internet se multiplient. Les plus remarquables nous proposent de porter un nouveau regard sur l'art, l'histoire ou encore la science. 

Peu à peu, les plus prestigieuses institutions culturelles de la planète mettent à disposition leurs chefs d'œuvre sur Internet. Sites archéologiques, monuments, tableaux de maîtres, sculptures, etc. sont numérisés en haute définition pour être exposés via des sites Web ou des applications culturelles. Confortablement installés derrière leur écran, les internautes peuvent partir à la découverte du patrimoine culturel mondial à travers des galeries photos, des visites virtuelles ou des reconstitutions 3D, et passer en quelques clics du musée MoMa de New York, au Palais Garnier de Paris, ou au plateau de Gizeh en Égypte.

Si rien ne remplace une visite en chair et en os, les expositions virtuelles ne manquent pas d'attraits. En plus d'offrir un accès à la culture au plus grand nombre, elles permettent de montrer des lieux habituellement inaccessibles au public, d'immortaliser des œuvres éphémères des artistes de rue, ou encore de découvrir des détails imperceptibles à l'œil nu. Différentes méthodes et technologies sont utilisées pour créer des visites virtuelles : modélisation 3D, photos panoramiques à 360°, numérisation au format gigapixel (Google), vidéos, réalité augmentée, etc. Voici quelques exemples de sites et d'applications culturelles.

 

Google Art Project : le musée universel du futur ? 

 

Comme les livres, les rues, les chemins, Google s'emploie depuis quelques années à numériser le patrimoine culturel mondial pour le rendre accessible à tous gratuitement sur son site Google Art Project. Depuis son lancement en 2011, la firme s'est associée à des centaines d'institutions culturelles (musées, monuments, opéras, bibliothèques, galeries d'art...) d'une quarantaine de pays. À ce jour, le site héberge les chefs d'œuvres de 430 institutions, dont 26 françaises : Musée de l'Orangerie, Château de Chantilly, Institut du Monde Arabe, Chambord...

Avec les moyens financiers et techniques considérables dont la firme dispose, le service est devenu en l'espace de quatre ans le plus grand musée virtuel du monde. Il totalise plus de 40 000 images d'œuvres en haute définition, tombées pour la plupart dans le domaine public. Certaines sont mondialement connues comme La chambre de Van Gogh à Arles, La naissance de Vénus de Sandro Botticelli, ou La tahitienne avec une fleur de Paul Gauguin.

 

Au mois de mars 2014, l'Institut Culturel de Google et l'Opéra National de Paris dévoilaient leur partenariat visant à valoriser l'histoire et le patrimoine du Palais Garnier. Du mystérieux lac sous-terrain du palais, aux loges, en passant par les salles de répétition, ou même les toits, cette visite virtuelle permet de découvrir des endroits du palais généralement inaccessibles au public. On y découvre entre autres les fabuleuses prises de vue du plafond de l'opéra peint par Marc Chagall à 20 mètres de hauteur ! 


Exploration virtuelle


Pour certains lieux culturels, Google propose des visites virtuelles créées notamment à l'aide de la technologie Street View et de la modélisation 3D. Lorsque l'icône Pegman (le petit bonhomme jaune comme dans Maps) apparaît à côté du nom d'une institution, il suffit de cliquer dessus pour démarrer la visite dans les photos panoramiques à 380° comme si on y était. Sur la gauche de l'écran, un plan permet de se rendre en un clic dans les différentes parties de l'enceinte, les étages, les jardins, etc. Pour des questions de droits d'auteur, certaines œuvres d'art sont parfois floutées.

 

Au-delà des visites virtuelles, le site permet de découvrir des milliers d'images d'œuvres d'art en haute définition : huiles sur toile, sculptures, mobilier, etc. Certaines peintures (généralement une par musée) sont disponibles au format gigapixel : une précision numérique de 7 milliards de pixels par image offrant la possibilité de zoomer au point d'obtenir un niveau de détail impressionnant. Un logo « Gigapixel » signale toutes les images disponibles dans ce format. Comme dans un vrai musée, chacune des œuvres se voit accompagnée d'une fiche descriptive accessible via l'onglet Détails. Ces informations techniques proviennent des institutions culturelles, mais aussi de partenaires comme l'UNESCO ou encore de Wikipédia.

 

Avec ses technologies maison novatrices, Google offre la possibilité de scruter une peinture jusqu'à la trame du pinceau comme sur ce tableau « Le cri d'Edvard Munch » au format gigapixel appartenant au Munch Museum d'Oslo. 

Il est possible d'effectuer des recherches par mots-clés ou via les différentes catégories : Collections, Artistes, Oeuvres d'art, et Galeries d'utilisateurs. Des filtres permettent également d'affiner les recherches en indiquant le nom d'un artiste, d'un courant artistique, ou d'un musée. À condition de posséder un compte Google ou d'en ouvrir un gratuitement, chacun peut disposer d'un espace personnel afin de créer des galeries dans la partie Galeries d'utilisateurs pour y exposer ses œuvres et ses monuments préférés, par exemple. À noter que l'utilisation du service sollicite énormément les ressources de l'ordinateur et a la fâcheuse tendance à faire planter les navigateurs : Chrome, Firefox... Une raison qui explique sans doute l'absence à ce jour d'applications mobiles pour Google Art Project.

 

Le service représente une manne d'informations précieuse pour les étudiants, les professeurs, les professionnels et amateurs d'art, mais il est toutefois impossible d'imprimer ou d'enregistrer ses contenus en dehors de son espace personnel à moins de faire des captures d'écran. Les images demeurent la propriété exclusive des institutions culturelles.

Vitrine de l'art de rue


Au mois de juin 2014, l'Institut Culturel de Google a lancé une autre plateforme entièrement dédiée au mouvement artistique street art. Baptisée Street Art Project, elle héberge déjà plus de 5000 images en haute résolution de travaux de grapheurs à travers le monde ainsi que de nombreuses expositions de collectifs de l'art urbain. On peut y admirer le travail d'artistes de rue célèbres comme JR ou Banksy, mai saussi de remarquables expositions comme celles du 5 Pointz à New York, ou de la Tour Paris 13 aujourd'hui détruite. Une initiative qui a pour but de pérenniser les œuvres de cet art éphémère de plus en plus populaire.

 

Dassault Systèmes : immersions stéréoscopiques

 

Spécialisée dans les logiciels d'édition 3D, la société française Dassault Systèmes met son savoir-faire au service de la culture par le biais de son Institut Passion for Innovation. En collaboration avec institutions culturelles et scientifiques, ses équipes ont réalisé des reconstitutions 3D de sites historiques et archéologiques majeurs en France et en Égypte. Disponibles sur Internet ou via des applications mobiles, elles nous plongent dans l'histoire du patrimoine mondial de façon ludique et originale.

Giza3D


Ce projet d'envergure, lancé en 2012 et toujours en cours de développement, permet d'explorer le plateau de Gizeh en Égypte, la tombe de Meresankh, la pyramide de Khefren, la vallée de Khefren, ou encore, le célèbre Sphinx et son temple par le biais d'un navigateur Web. Pour reconstituer la nécropole, les équipes de Dassault ont collaboré avec l'université d'Harvard et le MFA de Boston (musée des Beaux-Arts) qui détient plus d'un siècle d'archives sur les recherches archéologiques : photos, carnets personnels, dessins et documents de la région de Gizeh.

Avant de commencer la visite sur le site Internet dédié, il faut télécharger et installer le petit plugin « 3Dvia ». À noter que le service est compatible avec les moniteurs et TV 3D avec lunettes, les casques immersifs ou les dispositifs spécifiques aux musées comme les tables tactiles. Destinés aux étudiants, aux chercheurs, mais aussi au grand public, il dispose de plusieurs niveaux d'informations des plus accessibles aux plus techniques à travers quatre rubriques : Découvrir, Apprendre, Explorer et Approfondir. Il est possible de naviguer librement dans les reconstitutions 3D ou de suivre les visites guidées commentées par Peter der Manuelian, un éminent égyptologue de Harvard. Giza3D s'enrichit chaque année de nouveaux monuments. Un outil pédagogique remarquable pour découvrir l'ancienne Égypte et le travail des archéologues.

 

Paris 3D saga


Admirer Notre-Dame, le Louvre, la Bastille, la Tour Eiffel et leurs environs à différentes époques de leur histoire, voici le but de l'application et du site Paris 3D Saga. Réalisé en collaboration avec des historiens et des archéologues spécialisés dans l'histoire de la capitale française, le projet s'appuie sur des archives dont certaines remontent au Moyen-Âge. À travers un mélange de reconstitutions 3D, de commentaires audio, d'incrustations de vidéos et de photos panoramiques, les utilisateurs peuvent remonter le temps jusqu'à l'antiquité lorsque certains endroits de Paris n'étaient encore que des champs et des forêts...

En cliquant sur un monument, on accède directement à sa reconstitution 3D de l'époque (indiquée en haut à droite). Des petits picots brillants signalent la présence de contenus : Apprenez en plus sur le parvis de Notre-Dame, Découvrez les bâtiments de Napoléon à Paris, par exemple. Sur l'application mobile (iOS ou Windows 8 uniquement), une fonction « gomme » compare les reconstitutions d'époque de certains monuments avec des photos d'aujourd'hui, comme dans la capture ci-dessous. L'Institut ne compte pas s'arrêter en si bon chemin et vient d'ajouter une reconstitution 3D du Collège des Bernardins de Sainte Chapelle au XIV siècle. En dehors de Paris, il propose notamment une fascinante reconstitution 3D du Phare de Cordouan à différentes époques.

Les apps culturelles 

 

Les applications culturelles transforment les smartphones et autres tablettes en véritables guides de poche interactifs. Géolocalisation d'œuvres d'art, commentaires audio, informations pratiques (horaires, tarifs, événements...), parcours thématiques, visites virtuelles, fiches techniques en réalité augmentée, etc., elles fourmillent de fonctions intéressantes. En voici quelques-unes...

MyParisStreetArt


Les murs de Paris regorgent de superbes graffitis, mais il n'est pas évident de savoir où ils se trouvent. Grâce à une initiative commune de la ville de Paris et de l'association Lartefact, il y a maintenant une application qui fait le bonheur des amateurs du genre : My Paris Street Art. Celle-ci permet notamment de géolocaliser ces œuvres éphémères et de se faire guider jusqu'à elles dans tous les quartiers de la capitale et les communes limitrophes : Évry, Montreuil, Vitry, etc. Après avoir créé gratuitement un compte, chacun peut enrichir l'application en prenant des photos de graffitis et en les partageant avec la communauté. Disponible gratuitement sur Android et iOS.

CultureClic


Très complète, l'application CultureClic référence 1350 musées français, 850 œuvres d'art et une multitude d'informations pratiques : adresses, horaires, tarifs... Une sorte de guide interactif permettant de géolocaliser des tableaux dans les musées et de visualiser leurs fiches descriptives en réalité augmentée. À l'occasion de prochaines mises à jour, elle devrait s'enrichir de nouveaux contenus littéraires issus notamment de la BnF (Bibliothèque nationale de France) et offrir la possibilité de partager des informations culturelles via les réseaux sociaux. Disponible gratuitement sur iOS et bientôt sur Android.

Museo Thyssen


Pour son application, le musée Thyssen de Madrid a fait le choix de la simplicité, et autant dire que le résultat est assez bluffant. Son interface se présente comme une bibliothèque avec des livres représentant les différentes rubriques : Éducation, Expositions, Exhibitions, Restaurations, etc. En cliquant sur l'une d'entre elles, on accède à différents contenus que l'on peut consulter en les feuilletant comme les pages d'un magazine : œuvres, fiches descriptives, visites virtuelles... Ses images en très haute définition combinées à de nombreux contenus pédagogiques (en anglais et espagnol uniquement) en font l'une des références du genre. Disponible gratuitement sur Android et iOS.

Inédit : l'art dans l'œil des robots ! 

 

Quelques internautes ont eu la chance de vivre une expérience inédite : visiter les galeries du musée londonien Tate Britain en... pleine nuit. Baptisé After Dark, ce projet hors norme imaginé par trois artistes a pour but de faire découvrir l'art dans les musées sous un autre angle, en l'occurrence la nuit quand il n'y a plus personne. Pour cela, ils ont fait fabriquer des petits robots équipés de caméras, de détecteurs d'obstacles et de lampes à LED. Par le biais d'un site Web dédié, les internautes pouvaient ainsi prendre le contrôle à distance des robots et se balader dans les galeries pour observer les œuvres d'art en les éclairant dans la pénombre.

Las, seuls quelques chanceux sélectionnés au hasard parmi les inscrits ont pu vivre cette expérience étonnante organisée durant seulement quelques jours, du 13 au 17 aout 2014. Reste à savoir si ces visites nocturnes temporaires se verront un jour proposées de façon régulière. Aucune autre date n'a été avancée pour le moment, mais les concepteurs espèrent bien pouvoir réitérer l'expérience et réussir à convaincre d'autres musées d'accueillir leurs guides bioniques.

Une culture numérique pleine de promesses 

 

Un vent nouveau souffle dans le domaine de la culture grâce aux nouvelles technologies. Les initiatives de Google et de Dassault Systèmes permettent non seulement de pérenniser le patrimoine, mais également d'ouvrir la voie à de nouveaux modes de partage et de diffusion de la la culture à travers les supports numériques. Reste à trouver le bon équilibre pour que ces projets ne se fassent pas d'une part au détriment des droits d'auteurs, et d'autre part au dépens des visites « réelles » dans les institutions et les musées.

Quant aux applications mobiles non exhaustives passées en revue, elles montrent une vraie volonté de la part des institutions de se moderniser et de s'adapter au public d'aujourd'hui. Elles se présentent comme de formidables outils pour promouvoir la culture et la découvrir de façon originale notamment grâce aux fonctions de géolocalisation et de réalité augmentée. L'expérience After Dark du Tate Britain nous laisse rêveurs quant à toutes les innovations technologiques qui nous attendent sans doute encore dans les années à venir dans le domaine de l'art.

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Sandrine Delage (Borgé)'s curator insight, February 4, 11:33 AM

Très complet et intéressant. Le sujet #museogeek me fascine !

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Facebook et Twitter comme outils de « médiation numérique »

Facebook et Twitter comme outils de « médiation numérique » | Musées et muséologie | Scoop.it

L’expression « médiation numérique » semble de plus en plus populaire, alors que les professionnels des musées se forment au numérique. Je ne suis pas fan de ce terme : l’ajout de l’adjectif « numérique » au nom « médiation » sous-entend que cette pratique aurait une nature fondamentalement différente d’une médiation non numérique. À mon sens, il n’y a qu’une seule médiation, la médiation culturelle, héritée de plus de trente ans de réflexion en muséologie, à la fois par les professionnels des musées et dans diverses champs de la recherche en sciences humaines, parmi lesquels la sociologie, l’esthétique et les sciences de l’art. Ces pratiques ont pour objet la transmission d’un message aux visiteurs, pour leur permettre d’appréhender des éléments qui ne sont pas immédiatement explicites à propos des œuvres, des objets ou des concepts exposés. Des différences existent entre les écoles de muséologie, notamment en fonction des pays,  on parle d’interpretation ou d’educational programs dans le monde anglo-saxon, et parfois d’interprétation au Québec et ailleurs dans le monde francophone.

 

En l’état actuel de ma réflexion, je ne suis pas sûr que les méthodes et les techniques qui sont mobilisées dans le cadre d’actions sur des supports numériques diffèrent tant que ça de celles qui sont à l’œuvre dans les actions de médiation dite traditionnelle, qu’il s’agisse de supports papier (textes de salle ou de section, cartels, dépliants type « journal de l’exposition », etc.) ou d’actions de médiation présentielle (c’est-à-dire qu’elles nécessitent la présence in situ des visiteurs ainsi que de représentants du musée : visite guidée ou contée, ateliers en groupe, spectacles vivants, etc.). Je vous propose donc d’explorer quelques pistes de réflexion autour de la médiation sur supports numériques, illustrées d’exemple issus des projets mis en place au musée du quai Branly, que ce soit en ligne ou hors ligne, in situ ou hors les murs.

Je commence avec les réseaux sociaux, et je complèterai par d’autres articles autour des applications mobiles et des dispositifs de narration transmedia, avant de proposer quelques éléments de réflexion.

 Sur Facebook : s’appuyer sur la vie quotidienne de nos visiteurs

 

Sur les réseaux sociaux, aussi souvent que possible, nous nous efforçons de nous appuyer sur l’actualité. Renvoyer les visiteurs à leur vie quotidienne permet de leur montrer les collections sous un angle décalé et surprenant. Nous avons consacré des albums photos à l’éducation chez les peuples dont le musée traite lors de la rentrée des classes ou à leurs conditions de vie face au froid de l’hiver. C’est un exemple que je cite souvent (notamment ici), mais je continue de penser qu’il est pertinent.


Vivre la neige à travers les collections Asie et Amériques

En février 2013, la France a connu un épisode neigeux, un événement qui a toujours pour conséquence une certaine frénésie dans la capitale. Plusieurs de mes confrères et consœurs d’autres établissements ont posté des photos de leur jardin ou de leur terrasse sous la neige. Bien que le musée comprenne un superbe jardin qui fait entièrement partie de son architecture, j’ai d’abord voulu me concentrer sur nos collections, toujours dans l’objectif de les valoriser. J’ai demandé aux responsables des collections Asie et Amériques de m’aider à sélectionner des pièces issues de leurs aires géographiques respectives. Ainsi, j’ai posté un petit album photos de pièces représentatives des conditions de vie avec la neige et le froidpour les populations Nganassan et Nivkh pour l’Asie et Yupik, Montagnais et Sioux pour les Amériques. Cet album a généré plus de 400 likes, une centaine de partages et quelques commentaires. Le lendemain, j’ai tout de même posté un second album sur la thématique, avec des photos du jardin sous la neige cette fois. Cet album a eu plus de succès que le précédent, ce qui m’a un peu déçu à titre personnel, mais c’est une autre histoire.

 

Même s’il commence à dater, je continue de penser que cet exemple est assez représentatif de ce que nous nous efforçons de mettre en place. Ici, nous utilisons un ressort traditionnel de la médiation : aller chercher le public en lui parlant de ce qui lui est familier. Ce déplacement des techniques vers les supports numériques ne créé pas en soi une médiation fondamentalement différente. La seule différence ici est propre aux réseaux sociaux : les visiteurs peuvent réagir et interagir directement avec le musée.

 Sur Twitter : associer les abonnés les plus investis à nos actions en ligne

 

J’ai déjà eu l’occasion de parler de #jourdefermeture, ainsi que de nos actions pendant la #MuseumWeek (ici et là). Plus récemment, nous avons associé un de nos plus fidèles abonnés sur Twitter à nos actions en ligne, à l’occasion du lancement de l’exposition « L’Éclat des ombres, L’Art en noir et blanc des Îles Salomon ». Cet abonné, Laurent Granier (@perlesduquai) est, à titre personnel, un collectionneur passionné d’arts d’Afrique et d’Océanie. Depuis environ deux ans, il participe spontanément à la médiation autour de nos collections, sans être d’ordinaire relié à la programmation. En effet, il a entrepris d’explorer les bases de données du musée pour en extraire ses coups de cœur, en s’efforçant notamment de montrer des pièces non exposées sur le Plateau des collections, notre espace d’exposition permanente. Il bénéficie d’une communauté d’abonnés restreinte mais très impliquée, constituée de musées confrères, de responsables de collection de musées et d’autres collectionneurs.

 

Au printemps dernier, Laurent a créé une timeline personnalisée, une sorte d’exposition en ligne, consacrée à une anthropologue qui a travaillé au musée de l’Homme, l’un des ancêtres du quai Branly. Suite à cette opération, nous avons eu envie de lui proposer de mettre en place quelque chose ensemble, et il nous a devancé en nous proposant de couvrir la semaine de lancement de l’exposition « Salomon », une zone géographique dont il est fan. Nous avons donc organisé une rencontre avec la commissaire Magali Melandri, responsable des collections Océanie au musée, qui a permis de définir ensemble le contexte de l’intervention de Laurent.

 

Les tweets qu’il a publiés, thématisés quotidiennement par support, sont venu éclairer le propos de l’exposition, approfondissant certains points non traitées dans l’exposition. Ce dispositif a été une belle occasion d’associer directement un visiteur passionné et érudit à la création du discours entourant l’exposition. Celui-ci ne se substitue pas à celui de la commissaire, qui se déploie notamment dans l’exposition physique et sur divers supports, mais il vient la prolonger en ligne, auprès d’une communauté de fans de nos thématiques.

 

Dernier exemple en date, certes plus anecdotique, mais qui a fait parler de lui : vendredi 28 novembre, à l’occasion du dévoilement du teaser de Star Wars VII, attendu pour décembre 2015, j’ai posté un tweet qui y faisait allusion. Ce message, simple clin d’œil un peu geek aux utilisateurs de Twitter, sans hashtag et avec une faute d’orthographe à Tataouine (village tunisien lieu du tournage de la première trilogie qui a inspiré le nom de la planète Tatooine), a été retweeté plus de 1000 fois, soit un record absolu pour le compte Twitter du musée. Mon seul regret ici est de ne pas avoir plus véritablement mettre en place une action de médiation à proprement parler puisque, compte-tenu des limites de la plateforme et de notre site actuel, je n’ai pas pu accompagner les quatre pièces sélectionnées de leur notice ou d’éléments contextuels. Ici, on touche aux limites entre médiation et communication, l’un des principaux enjeux de la présence des institutions culturelles sur les réseaux sociaux, sur lequel j’aurai l’occasion de revenir.

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Le Musée des Arts Décoratifs de Paris - Art Design Tendance

Le Musée des Arts Décoratifs de Paris - Art Design Tendance | Musées et muséologie | Scoop.it

Art Design Tendance poursuit son travail d’investigation sur le thème de l’irruption du numérique dans les institutions muséales et les lieux de patrimoine. Après le Centre Pompidou et le Musée d’Art Contemporain de Lyon, me voici reçu au Musée des Arts Décoratifs de Paris.

La dernière fois que j’avais mis les pieds aux Arts Décoratifs, c’était pour l’édition 2013 de Museomix durant laquelle j’avais perçu le patrimoine singulier de cette institution. Deux musées, une école, des Ateliers de pratique artistique, une bibliothèque avec fonds documentaire exceptionnel : les ressources scientifiques du musée sont riches. 

Alors justement, quand on a à sa disposition un tel patrimoine, comment vit-on les transformations numériques en cours ? Pour en parler, j’avais fort à faire avec devant moi trois interlocuteurs passionnés et… passionnants !

 

Pascale de Sèze : Je suis chargée de la communication pour l’ensemble des activités de l’Association des Arts Décoratifs association privée loi 1901. Cette association gère à la fois des musées - le  musée des Arts Décoratifs,  avec des collections d’arts décoratifs, design, mode et textiles, publicité, graphisme – et le musée Nissim de Camondo qui se trouve Rue de Monceau. Elle gère également l’Ecole de Camondo qui forme des architectes d’intérieur et des designers, des ateliers de pratiques artistiques –les Ateliers du Carrousel – ainsi qu’une bibliothèque qui se trouve également rue de Rivoli. Au sein de la communication, Fabien Escalona s’occupe à la fois du site internet et des réseaux sociaux. Catherine Collin elle,  a en charge le service des Publics et dépend de la Direction des musées.

 

Catherine Collin : Au sein du service des publics, nous avons un département pédagogique et culturel qui s’adresse directement à nos visiteurs mais également le centre de documentation davantage dédié aux chercheurs et la photothèque. Je suis venue au numérique par la numérisation des œuvres et des bases de données des œuvres. Avant même le premier Museomix*, nous étions déjà sollicités par des étudiants dans le domaine du numérique ; les Arts Décoratifs leur paraissaient être un chantier propice d’investigation et de proposition. Je peux citer par exemple Kevin Boezennec, qui dans le cadre de son diplôme à l’Ensci-les ateliers a inventé un dispositif appelé La visite est à vous, mais également des éléves de Telecom Paris autour de la thématique du toucher puis des sociétés spécialisées nous ont sollicités pour concevoir ensemble des parcours de visite innovants jusqu’à l’arrivée de l’agence Web Mosquito.

 

Fabien Escalona : Je suis en charge du site Internet et des réseaux sociaux pour l’institution. Pour le site, je travaille avec la société Mosquito. Cette structure, petite mais réactive, nous accompagne à chaque développement de notre site Internet. C’est d’ailleurs une préoccupation actuelle puisque nous travaillons à une refonte du site.

 

C.C. : Nous avons accueilli les éditions 2011 #1 et  2013 #3 de Museomix, c’est une reconnaissance du numérique au sein des Arts Décoratifs même s’il n’y a pas encore de dispositif mis en place. La Fondation Bettencourt-Schueller nous appuie aussi bien pour la numérisation des collections des musées et des ouvrages de la bibliothèque que pour la mise en place de dispositifs numériques innovants installés dans le parcours des collections. Ces systèmes seront mis en place en 2015.

 

Art Design Tendance : Quand avez-vous démarré la numérisation des collections ?


C.C. : La photothèque existe depuis longtemps et lorsque nous avons eu le souhait de diffuser nos collections par le web, nous sommes passés de la numérisation des diapositives que nous avions déjà, jusqu’à la prise de vue numérique des œuvres. Nous avions un budget interne déjà conséquent pour réaliser cela, mais surtout, nous avons bénéficié d’une bonne écoute et d’un bon relais du Ministère de la Culture et de la Communication. Le Ministère, dans le cadre d’appels à projets de numérisation, a retenu un certain nombre de corpus que nous leur avons présentés. Il est d’ailleurs intéressant de constater que les projets sont passés de la sauvegarde du patrimoine culturel via la numérisation à la mise en place de dispositifs usant de ces ressources. Le Ministère vient ainsi de boucler le troisième appel à projets numériques innovants.   

                    

F.E. : Je fais partie de la direction de la Communication. Avant mon arrivée, le webmaster était rattaché à la Direction informatique, preuve que les choses ont évoluées depuis. Mon poste s’inscrit dans un processus global de communication sur l’institution et ses collections. J’exploite la richesse des Arts Décoratifs avec les différentes entités que sont les musées, l’école, les ateliers et la bibliothèque. Dans un premier temps, j’étais en charge du site Internet puis progressivement s’est greffée la gestion des réseaux sociaux. Ce qui est fascinant dans mon travail, c’est la complémentarité entre l’entité «matérielle» du musée et celle dématérialisée des réseaux. Ou comment disséminer, sur la toile, notre patrimoine !

 

A.D.T. : A partir de quand peut-on situer la mise en place d’une présence sur les réseaux sociaux ?               


F.E. : Nous sommes arrivés sur les réseaux sociaux sans véritable stratégie. Cela n’a pas très bien marché au début puisque nous nous contentions de relayer les informations déjà diffusées sur le site institutionnel, en utilisant un ton qui l’était tout autant. Nous avons alors décidé de changer la forme en nous adressant directement à l’utilisateur : il fallait que le communicant du musée sur les réseaux sociaux s’adresse directement aux membres de la communauté et que ceux-ci puissent s’adresser à lui directement. En somme, une manière de communiquer moins institutionnelle et plus de proximité. A partir de là, les choses se sont améliorées. En parallèle, nous avons développé des approches différentes. Par exemple, j’ai intégré des objets mystères des collections du musée dans des quizz. Nous interrogions les internautes sur leurs provenances, leurs époques, les matériaux qui les constituaient. Cette interaction nous a permis de fédérer un noyau communautaire solide.              En 2010, Pascale a eu l’idée d’organiser une soirée réservée aux fans Facebook du musée. Nous les avons invités à venir découvrir les collections du musée durant une nocturne. 400 personnes se sont déplacées, soit un chiffre bien au-delà de nos espérances !


P.D.S. : En même temps, comme c’était une première, nous ne savions pas combien de fans nous allions accueillir. Mais sur une communauté de 2000, c’est un beau succès. Chose intéressante : des gens habitant la Province se sont déplacés, d’où un bon retour « opérationnel ».


F.E. : Quelques jours avant l’opération,nous avons bénéficié d’un quart de page dans A NOUS PARIS puisque nous étions, il me semble, le premier musée français à organiser un événement de ce type. Suite à ce relai dans la presse, d’autres fans ont rejoint notre communauté Facebook pour découvrir cette nocturne. Le soir de l’événement, nous avions mis à disposition des fans un rapide questionnaire. En plus de la diversité des publics, un point nous a particulièrement frappés : 33% des personnes déclaraient venir aux Arts Décoratifs pour la première fois !


C.C. : Fabien ne le dira pas, mais les gens venaient pour le voir ! (rires). Il y avait une curiosité naturelle pour rencontrer leur interlocuteur dédié sur la page Facebook du musée.


F.E. : Oui en effet. J’ai discuté avec des gens que j’ai reconnu de par les conversations que nous avions nourries lors des quizz par exemple. Aujourd’hui, les internautes sont habitués à faire l’objet d’invitations de la part des musées. Les standards événementiels s’homogénéisent, ce qui rend plus difficile le succès d’opérations similaires.

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Les musées ouverts 7j/7 : un plus pour le public mais à quel prix ?

Les musées ouverts 7j/7 : un plus pour le public mais à quel prix ? | Musées et muséologie | Scoop.it
Le gouvernement prévoit dans son budget l'ouverture 7 jours sur 7 des trois musées français les plus visités - Le Louvre, Versailles et Orsay.

 

Des musées ouverts tous les jours ? C’est le projet que le gouvernement souhaite imposer pour le Louvre, Orsay et le château de Versailles. La mise en œuvre de ce dispositif devrait se faire progressivement entre 2015 et 2017, après "concertation des personnels", affirme le ministère de la Culture et de la Communication.

Dans les grandes capitales du monde, nombre de musées ont déjà adopté cette formule : parmi eux, le Metropolitan Museum et le MoMA à New York, le Prado à Madrid, le British Museum, la National Gallery, la Tate Modern et la Tate Britain à Londres.

 

Le jeu en vaut-il la chandelle ?

 

Mais ces ouvertures quotidiennes ont un coût car il faudra certainement prévoir de nouveaux emplois (de gardiens notamment). Le ministère de la Culture affirme que l’augmentation de la fréquentation des musées permettra d’accroître leurs recettes. Mais cela sera-t-il suffisant ? Au Louvre par exemple, la fréquentation a diminué entre 2012 et 2013 (9,2 millions de visiteurs contre 9,7 millions de visiteurs). En 2014, il est fort probable que ce mouvement se poursuivra, le nombre d’expositions temporaires ayant été réduit… pour des raisons d’économie notamment.

Dans le même temps, le budget du ministère de la Culture a lui aussi été amputé (-4% en 2013, -2% en 2014 ; il devrait être stabilisé pour les trois prochaines années). On peut se demander dans ces conditions si cette ouverture quotidienne permettra des recettes suffisantes au regard des dépenses qu’elle nécessitera. Le public, lui, en tout cas devrait apprécier.

 

Pour la petite histoire, rappelons qu’au moment de son ouverture en 1793, le Louvre (que l’on appelait alors le Museum central des arts de la République) n’était ouvert au public que le dimanche, les autres jours étant réservés aux artistes. Un usage qui se prolongea jusqu’en 1855…

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L'industrie culturelle, troisième employeur européen

L'industrie culturelle, troisième employeur européen | Musées et muséologie | Scoop.it

La culture génère des revenus de 536 milliards d'euros.
Elle ne veut pas être sacrifiée sur l'autel de l'austérité. 

Au moment où beaucoup au sein de l'Union européenne voudraient abattre les barrières économiques nationales pour la culture ou couper dans ses crédits publics, ses représentants contre-attaquent. Sous la houlette du Groupement européen des sociétés d'auteurs et de compositeurs (GESAC), ils ont demandé à E&Y d'évaluer le poids économique du secteur pour mieux démontrer qu'il fallait le protéger plutôt que le fragiliser. 

 

Les conclusions du rapport sont frappantes. Les industries culturelles et créatives au sens large, du livre à la publicité en passant par les arts visuels ou le spectacle vivant, pèseraient, selon les consultants d'E&Y, 536 milliards d'euros de revenus, soit 4,2 % du PIB européen. 

Elles emploient 7,1 millions de personnes, ce qui en fait le troisième employeur de l'Union européenne (hors secteur public), derrière le secteur de la construction et celui des services de restauration. 

 

« Le secteur de la culture est souvent accusé de peser sur l'activité, explique Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem.  Toutes les conclusions de cette étude démontrent exactement l'inverse, comme l'avait fait une étude similaire publiée l'an dernier à propos des industries culturelles en France ». Le patron de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, qui a joué un rôle moteur dans la publication de cette étude, note tout d'abord que 90 % de la création de valeur provient du secteur privé. Il fait ensuite remarquer que le secteur a continué à voir le nombre de ses emplois croître de 0,7 % pendant les années de crise (de 2008 à 2012), alors que l'Union dans son ensemble perdait des emplois au même rythme. Enfin, note Jean-Noël Tronc,  « beaucoup de ces emplois émanent de PME très flexibles et réactives, parfois même constituées d'une seule personne : c'est ce que les économistes présentent comme la catégorie d'emplois la mieux placée pour résister à la mondialisation. »  

 

La fragmentation, un atout

 

L'étude, baptisée « Creating Growth » (« créer la croissance »), qui sera publiée mardi, souligne par ailleurs que les emplois de la culture sont non seulement difficiles à délocaliser, mais aussi occupés par des jeunes et garants de dynamisme économique : les villes comptant le plus d'industries culturelles, comme Londres et Paris, les deux pôles les plus importants en Europe, sont celles qui ont le mieux résisté aux secousses de l'après 2008. 

 

S'ensuivent deux grands appels en direction des pouvoirs publics. D'abord, le document déplore que les crédits publics alloués à la culture aient baissé de 1 % en moyenne entre 2008 et 2012, alors même que le secteur a crû. Même s'ils sont très médiatisés, ces crédits ne représentent que 1 % des budgets des 28 pays de l'Union. Ensuite, comme le souligne Jean-Noël Tronc,  « les efforts pour abattre les frontières, de type marché européen des droits d'auteur, sont une ânerie suicidaire : il faut comprendre qu'on doit vivre avec la fragmentation culturelle et que c'est un atout. » Et de citer les leaders mondiaux européens, comme Universal dans la musique , Hachette dans le livre ou Endemol dans la télévision. Pour lui, il faut au contraire renforcer les dispositifs efficaces qui existent, comme une TVA réduite sur le livre, un financement du cinéma pareil à celui mis en place par le CNC, etc. Et les diffuser dans l'ensemble de l'Union. Ou, en tout cas, tenter de le faire...  

 

Nicolas Madelaine, Les Echos

 

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Les entreprises aussi ont leurs musées

Les entreprises aussi ont leurs musées | Musées et muséologie | Scoop.it

Dégustation dès les premières salles, animations, jeux, rien ne laisse penser que nous sommes dans un musée, et pourtant, il s'agit bien de la découverte ludique d'une fabrique de bonbons. De quoi forcément plaire aux enfants, qui pourront en plus acheter les produits à la boutique en fin de visite.

 

Une aubaine pour l'entreprise, qui vend beaucoup de paquets de bonbons lors de ses visites organisées en famille, et en profite pour proposer de nombreux produits dérivés.

 Plus de 1 500 musées d'entreprises

 

Bonbons, roquefort ou même pneus, les marques sont de plus en plus nombreuses à proposer leur musée pour faire découvrir leurs secrets. Il y en aurait aujourd'hui plus de 1 500.

 

En plein cœur de Grasse, 300 000 personnes visitent chaque année l'usine historique d'un parfumeur. Ici, on montre le savoir-faire et la qualité, deux arguments qui ne peuvent qu'attirer les consommateurs, français et étrangers.

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Dix bonnes raisons de vulgariser

Dix bonnes raisons de vulgariser | Musées et muséologie | Scoop.it

Pourquoi vulgariser ? C’est un sujet que j’ai déjà traité, car il me tient à cœur. Mais aujourd’hui, je souhaite lancer un débat et recueillir vos témoignages. Pourquoi vulgarisez-vous ? Pourquoi cela vous semble-t-il important, ou au contraire, une perte de temps ? Quelle sont les raisons profondes qui vous font parfois braver le scepticisme voire la réprobation de vos collègues, pour partager vos connaissance avec des non-experts. J’ai ici recensé dix motivations, il en existe sûrement plein d’autres !

 

Des raisons personnelles

 

1-      Faire progresser ses recherches

Tous les vulgarisateurs le savent : vulgariser oblige à réfléchir sur les bases de sa discipline, et à se poser des questions que l’on avait perdues de vue depuis longtemps. Cette prise de recul est bénéfique pour trouver de nouvelles idées. D’ailleurs, une étude publiée en 2008 par le physicien Pablo Jensen a montré que, contrairement aux idées reçues, les personnes les plus actives en vulgarisation obtenaient en moyenne plus de promotions que les autres (sans qu’on puisse en déduire des liens de cause à effet).

 

2-      Se faire recruter

Si vous candidatez à un poste de maître de conférences ou dans un organisme de recherche, tous les membres du jury ne seront pas spécialistes de vos recherches. Et pour un emploi dans l’industrie, c’est encore plus vrai. Pourtant, il vous faudra convaincre vos interlocuteurs de la qualité de vos travaux, donc leur expliquer clairement ce que vous avez fait et ce que vous avez appris. Il s’agit bel et bien de vulgarisation, même si celle-ci ne s’adresse pas au grand public.

 

3-      Trouver des financements

Là encore, comment convaincre un jury de l'Agence nationale de la recherche (ANR) ou un financeur de start-up de vous financer, si vous êtes incapable d’expliquer clairement vos travaux et leurs retombées ? Avec l’essor des financements sur projets et des collaborations avec le secteur privé, expliquer et convaincre devient un point clé pour tout chercheur. « Un politique qui vous voit dans les médias vous financera plus facilement », souligne ainsi Cédric Villani.

 

4-      Favoriser les collaborations pluridisciplinaires

Deux physiciens de domaines différents ont parfois du mal à se comprendre. Alors que dire des collaborations mathématiciens-biologistes, ou physiciens-sociologues ! Il faut s’intéresser à ce que connaît l’autre, son vocabulaire spécifique, ses manières de raisonner, et expliquer les spécificités de sa propre discipline.

 

5-      Se faire connaître

Bien qu’elle soit souvent un travail d’équipe, la science est aussi une activité très compétitive, où seuls quelques-uns parviennent à décrocher les postes permanents et les financements. Or, dans cette compétition féroce, être connu est un atout indéniable. Certes, les chercheurs sont surtout reconnus grâce à la qualité de leurs travaux, mais avoir des activités vis-à-vis du grand public augmente cette visibilité.

 

Des raisons altruistes

 

6-      Un devoir vis-à-vis des contribuables-financeurs

Même si de plus en plus d’argent privé vient compléter les budgets des labos, les chercheurs sont majoritairement financés par des fonds public. Cela crée des devoirs vis-à-vis des citoyens qui permettent, grâce à leurs impôts, de mener ces recherches. Certes, ils bénéficient des retombées de ces travaux, mais ils ont également le droit de connaître les avancées de la recherche.

 

7-      Informer les citoyens

Les sciences et les technologies qui en découlent ont un impact sur nos vies. La liste des découvertes scientifiques ayant eu des retombées est bien trop longue pour être déroulée, il serait plus court de répertorier celles qui n’ont pas débouché sur des applications.  Or, les citoyens ont un droit de regard sur ces applications. Par leur vote et leur action public (via des associations notamment), ils peuvent influer sur des décisions technico-scientifiques. Encore faut-il qu’ils soient informés ! C’est le travail des journalistes, mais aussi des scientifiques eux-mêmes.

 

8-      Faire naître des vocations scientifiques

Combien de chercheurs exercent aujourd’hui ce métier grâce à un oncle scientifique et passionné, un animateur au Palais de la Découverte, ou encore un prof génial ? Rien de mieux que de partager son enthousiasme pour faire naître une vocation. A l’heure où les filières scientifiques peinent à recruter, parler de son métier autour de soi peut faire découvrir et aimer la science, et pourquoi pas créer des vocations. C’est encore plus important vis-à-vis des filles, peu encouragées à faire de la science. D’où la nécessité d’encourager les vulgarisatrices, qui seront des modèles pour les jeunes femmes.

 

9-      Rencontrer des gens

La science est une maîtresse exclusive et ombrageuse. Quoi que passionné, le scientifique a parfois besoin de vivre autre chose. Combien de stagiaires, lors de mes formations à la vulgarisation, citent comme motivation « sortir du labo » lorsque je leur demande pourquoi vulgariser ! Et oui, il est parfois bon de discuter avec d’autres personnes que ses collègues, et la vulgarisation est une activité idéale pour cela.

 

10-   Pour le plaisir !

Sans plaisir, les neuf autre raisons ne tiendront pas longtemps ! La vraie et principale raison de vulgariser est que c’est un vrai bonheur. Le scientifique est un amoureux des sciences, et le vrai amoureux souhaite clamer sa passion à la terre entière. Quel bonheur lorsqu’on parvient à expliquer clairement une notion complexe, au moment où l’on voit une lueur de compréhension s’allumer dans le regard des interlocuteurs, ou quand des dizaines de mains d’enfants se lèvent après une présentation réussie ! Car oui, vulgariser est avant tout le plaisir de partager.

 

Et vous, pourquoi vulgarisez-vous ? Débat à poursuivre ici et sur twitter avec le hashtag #JeVulgariseCar

 

Cécile Michaut

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Aube Lebel - Digital media, Innovation, Médiation,Tourisme & Culture

Aube Lebel - Digital media, Innovation, Médiation,Tourisme & Culture | Musées et muséologie | Scoop.it

Cette nuit j’ai rêvé que d’interminables queues se formaient devant tous les musées, petits et grands, chaque samedi soir. Suis-je une utopiste ? Peut-on agir pour que ce rêve devienne quelque peu réalité? Pourquoi ? Pourquoi tant de personnes se précipitent dans les musées cette nuit-là et pas les autres jours ?

 

La nuit aurait-elle un effet magique ?

Peu de musées sont habituellement ouverts le samedi soir… Est-ce là la clé du succès ? 
Le samedi soir est un temps réservé aux sorties pour beaucoup d’entre nous … mais est-ce vraiment le timing idéal pour tous ? Lorsque la nuit dernière, j’ai observé des parents portant leurs enfants à moitiés endormis dans des salles bondées,  sans parler de ma fille ado tenaillée par la faim, je me demande si organiser un événement la nuit, le samedi est vraiment le facteur clé du succès. 

Certains auraient sans aucun doute préféré venir un dimanche, en journée.  Samedi soir est un bon créneau, toutefois le dimanche me semble  LE jour dédié aux loisirs partagés.
> Programmer son offre le bon jour est indispensable mais, toutefois, loin d’être suffisant.

 

Tous fans d’art, de sciences ou d’histoire ?

Tout le monde est-il venu pour en savoir plus sur l’art, l’histoire ou les sciences ? 
Prenons un peu de distance. Vous regardez un match de foot à la télévision avec votre fils, votre amoureux ou vos amis car :

- Vous êtes un véritable fan de foot ?

- Vous voulez partager un moment sympa avec vos proches ?

- Vous aimez criez, débattre, rire ou boire des bières avec vos amis ?

Même raisonnement pour venir au musée. Les personnes se sont déplacées pour  partager ensemble un moment convivial.

 

Trois ingrédients à intéger pour attirer les foules ?

- Pas d’étiquettes – Tous bienvenus quand vous voulez

La plupart des musées proposent des activités ciblées pour un type de public : enfant, jeunes... en excluant les autres. Danser est-il réservé aux teenagers, les chasses aux trésors pour les familles, la cuisine pour les femmes ? Peut-être serions-nous surpris du public touché si nous laissions plus de liberté de choix de leurs activités. 

Pourquoi ne pas tester une approche plus transgénérationnelle des activités proposées ? 

- Vivre mes hobbies au musée

Vous aimez rêver, bricoler, photographier, cuisiner, créer, débattre, danser, jouer, avoir peur ou être surpris… Cette nuit-là tout est possible… vous pouvez vivre vos activités préférées au sein des musées, tisser des liens entre vos passions et les collections.

- L’union fait la force

Pendant cette nuit magique, tous les musées s’unissent pour travailler ensemble… avec succès. Petites et grandes structures en retirent ensemble des bénéfices substantiels dont: 

> Proposer une diversité d’offre et le faire savoir en mutualisant les coûts et les efforts de chacun. Tous sont valorisés, y compris les plus petites structures.

> donner l'image de lieux ouverts, festifs et conviviaux : pendant cette nuit, les musées n’apparaissent plus comme des lieux élitistes à visiter pieusement dans un silence de cathédrale. Tout le monde y va, pourquoi pas moi ?

> Mobiliser toutes les forces vives d’un territoire : des collectivités territoriales, aux transports publics ou acteurs du tourisme.

 

Le musée de tous les talents, un terrain de jeu ouvert à tous

Les musées se saisissent souvent de cet événement spécifique pour inviter les habitants, les associations, les artistes, les écoles à intervenir au sein des musées, à faire vivre le musée autrement, à proposer un autre point de vue sur les collections.

Cette nuit-là, vous n’avez pas besoin d’être un expert en histoire de l’art, un conservateur ou un scientifique pour vous emparer des collections. Peut-être que cette diversité de points de vue correspond-elle effectivement aux attentes et envies.

 

Pour que le rêve devienne réalité... toute l'année

> Avez-vous d’autres ingrédients à rajouter à la recette magique ?

> Pourquoi les musées ont-ils souvent du mal à tirer les leçons de ce succès 
> Quels changements pourraient-on mettre en œuvre pour implémenter cette recette magique plus souvent ?

Peut-être pourrions-nous considérer la nuit des musées comme un terrain de jeu, un bac à sable, pour prototyper, prendre des risques, nouer des partenariats et inventer ensemble, voir ce qui plaît ou non. Puis en tirer les leçons, identifier les meilleures expériences et les mettre en oeuvre régulièrement tout au long de l’année.

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François Boutard's curator insight, May 20, 3:27 AM

Plaidoyer d'@LebelAube pour une Nuit des musées comme terrain d'expérimentation. Oui assez d'accord ce qui donnerait encore plus d'attrait à cette nuit pour la distinguer...

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Art et entreprise : un mariage fédérateur et stimulant

Art et entreprise : un mariage fédérateur et stimulant | Musées et muséologie | Scoop.it

PME et grandes entreprises utilisent de plus en plus l'art comme vecteur de cohésion et de créativité.
Un colloque est organisé par le ministère à Paris sur ce thème jeudi prochain.

 

Le 16 avril, le ministère de la Culture organise un colloque sur le thème de l'art et de l'entreprise, suite au programme qu'il a mis en place l'an dernier avec le ministère de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique. Objectif : inciter les sociétés à accueillir en résidence des artistes afin d'y stimuler l'innovation, la créativité. Restaurateur de patrimoine (château de Lunéville, Salle Pleyel, Royal Monceau, Hôtel Lambert), la PME lorraine France-Lanord & Bichaton a ainsi collaboré pendant un an avec l'artiste Cristina Escobar, pour réaliser vingt tentes noires en polyuréthane et fibre de verre, évoquant la situation des démunis dans les arrondissements parisiens, exposées actuellement au musée des Beaux-Arts de Nancy. 

 Simulations 3D, usinage, traitement des surfaces… 5.000 heures de travail ont été nécessaires : un gros effort pour cette entreprise de 90 salariés et de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, qui s'est appuyée sur l'Ecole des mines de Nancy.

 

L'investissement s'élève à 300.000 euros, en partie financé par des aides régionales, nationales, et une avance remboursable de la BPI. Mais, pour le président de FLB, Olivier Crancée, sa recherche et développement a gagné dix ans.  « Il a fallu développer de nouvelles compétences pour répondre à des exigences très élevées. Ce sera un élément de différenciation face à la concurrence, qui peut générer de 4 à 5 millions d'euros de chiffre d'affaires supplémentaires dans les cinq ans », estime-t-il. Un nouvel élan est né.  « Je vais créer des meubles avec des designers, pour une chaîne d'optique, grâce aux savoir-faire acquis », ajoute le dirigeant.

 

De la peinture à la musique

 

Si les PME sont de plus en plus nombreuses à faire de l'art un élément fédérateur et stimulant, de grandes entreprises l'ont compris depuis longtemps à l'instar de Total qui implique ses collaborateurs dans ses partenariats avec les musées ou de la Société Générale qui constitue depuis 1995 une collection riche d'un millier d'oeuvres, dotée d'un budget d'acquisition annuel de 300.000 euros. La banque a fait de cette collection un vecteur de communication interne comme externe.  « Différents commissaires d'expositions effectuent des accrochages au siège, mais la collection tourne aussi en France et à l'étranger, en écho aux développements du groupe », observe Aurélie Deplus, chargée du mécénat artistique. Le personnel se voit proposer des parcours guidés, des conférences, des vernissages, et nombre de séminaires maison intègrent une visite de la collection. 


« Ouvrir notre mécénat au personnel est un axe fort depuis plusieurs années », souligne la responsable. C'est vrai en art comme en musique : la Société Générale a lancé une formation interne de 250 choristes et instrumentistes, dans laquelle tous les niveaux hiérarchiques sont représentés. Après dix mois de répétition avec le chef François-Xavier Roth et son ensemble « Les Siècles », l'orchestre s'est produit à Pleyel et à Lyon. Devant l'enthousiasme suscité, l'expérience va être poursuivie. Martine Robert, Les Echos

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Cultureux, vous êtes rentables (alors agissez comme tels !)

Cultureux, vous êtes rentables (alors agissez comme tels !) | Musées et muséologie | Scoop.it

Assez régulièrement, des articles reviennent sur la rentabilité et la participation de la culture à l'économie du pays – et non simplement sur l'économie culturelle. Dernièrement, c'est le quotidien d'information économique La Tribune qui publiait un article disponible sur le net, « La culture contribue sept fois plus au PIB que l'industrie culturelle ».

 

Que cache ce genre d'articles, qui pullulent ?

 

Écoles de commerces, HEC et autres hautes écoles de bureaucrates… Issus des plus hauts cercles (pas toujours aussi cultivés que les voudraient les amateurs d'art), et en tout cas avec des perspectives plus globales, tout le management et le top management des institutions culturelles (voire des lieux de culture) contribuent aujourd'hui à élargir le spectre d'action de la culture… ou plutôt à le faire tendre vers le secteur économique. Alors même que le marketing prône que le contenu est roi, on trouve des dirigeants qui cherchent à marketer la culture en ignorant tout de ses particularités.

 

Loin de moi l'idée de vouloir parler d'exception culturelle… j'ai même tendance à penser que la catégorie art qu'on associe parfois exclusivement à cette exception culturelle française en est à la fin de sa vie… elle aura duré quelques siècles et fait long feu.


Le numérique culturel participe de cette évolution forte. Sur quoi me basé-je pour dire que le concept d'art périclite ? Sur la fin de l'auteur, que certaines formes de partage, les (nouvelles) licences, les (nouveaux) financement ou encore les dispositifs de crowdsourcing et d'écriture collaborative amorcent de plus en plus concrètement.


Je me base aussi sur le tournant conceptuel que les études culturelles (cultural studies) ont permis de réaliser et qui sont, au jour le jour, un outil dans ma pratique du numérique culturel. Ces mêmes études culturelles qui permettent selon moi de mieux comprendre ce que sont les politiques culturelles françaises depuis plus de deux siècles. Et que peut-on comprendre, justement ? Qu'au-delà de la reproduction sociale que l'art permet (c'est-à-dire au-delà de Bourdieu), ce concept est venu qualifier et surtout codifier une forme d'expression extrêmement vive et – au départ – libre (exemptée des contraintes du verbe, accessibles à d'autres usages que ceux centralisés et politisés de la parole).


En réalisant des études de phénomènes et d'avatar culturels hors de cette catégorie art, les études culturelles nous renvoient à d'autres formes d'expression, à cet avant art, à d'autres possibles de ces avatars culturels.


Et où ces possibles nous mènent-il aujourd'hui ?


A l'économie ?


Longtemps, on a cru que l'esthétique était une forme professionnelle qui pouvait structurer le secteur culturel. Puis, le numérique culturel a permis d'amplifier un phénomène de démocratisation culturelle qui, au fond, n'a jamais été vraiment ni maîtrisé, ni compris. Les politiques culturelles françaises de démocratisation ont même été un échec dit-on… car elles n'ont pas visé les bons objectifs, et n'avaient pas les bons indicateurs. L'esthétique ne s'est pas diffusée, elle n'a pas professionnalisé le secteur culturel au-delà de ses frontières.


Si on regarde ce que sont les pratiques culturelles avec le prisme des études culturelles, à l'heure des usages numériques, la donne est toute changée. Car les pratiques culturelles sont volatiles, s'échangent, s'hybrident en partie grâce aux outils numériques ou aux cultures numériques. Dernièrement, des formes nouvelles d'avatars et de pratiques culturelles sont apparues, saisies par des individus qui sont issues de cultures hétérogènes. Bref, ce prisme nous permet d'apprécier que la culture et la vie sont dans une phase fusionnelle telle que les artistes l'ont souvent rêvée (enfin, disons que c'est un bon début).

Mais toujours, on cherche à professionnaliser ce secteur (c'est peut-être la seule constante de l'art et de la culture). Or, l'économie dominant aujourd'hui une bonne partie de cette vie quotidienne dans laquelle les avatars culturels sont pris, la tenaille se resserre. Ces avatars culturels deviennent des marchandises ou des services.


Laissant de côté son autonomie, la culture s'inscrit dans les logiques économiques, depuis le marché de l'art (un grand et ancien classique) jusqu'à son économie de services, et son apport au PIB comme le signale l'article. Rassurez-vous donc, cultureux, vous êtes rentables !

On vous a dit trop longtemps que ça n'était pas le cas et vous avez toujours voulu prouver que l'apport intellectuel que vous étiez susceptibles de construire valait le coup d'investir. Vous vous trompiez donc d'argument.


Nous avons déjà les dirigeants bien formés au monde actuel, ils nous apportent les bonnes logiques… notre secteur culturel va se professionnaliser économiquement et donc va enfin acquérir les lettres de noblesse du monde actuel. D'ici à ce que des grandes entreprises investissent de l'argent pour notre développement, il n'y a qu'une grande réforme du mécénat à organiser.


L'apport du numérique culturel n'est pas minime dans ce mouvement. Car sans lui, les industries culturelles auraient pu continuer leur petit bonhomme de chemin en parallèle à l’art et la culture. Mais les pratiques des publics se sont portées des unes vers les autres – il faut dire aussi que les musées se sont blockbusterisés. Le cinéma a construit une économie des produits dérivés, le jeu vidéo est devenu un secteur puissant, la musique s'est schizophrénisée entre le concert et le disque/MP3/streaming, les séries se sont netflixées, (je ne vais pas tous vous les faire), le livre s'est.. (bon, ok, mauvais exemple). Je n'irai pas jusqu'à dire sans étude poussée que les publics sont libres, mais ils ont du moins cette impression que donne le choix des supports. Mixant sans cesse les pratiques, ils ont fini par faire de même avec l’art et la culture.

Le boulevard est ouvert. Les politiques culturelles françaises n'attendaient que ça.


Mais.. attendez… Sont-ce les pratiques culturelles qui intéressent le plus ? Que nous disent les démarches entreprises dans la structuration de notre secteur culturel ? Les CV de notre management ? Les rapports Lescure et autres directives économiques ?


Ah, ok… alors, non : c'est plutôt le « PIB culturel ».


Je ne vais pas commenter le rapport lui-même – il dit des choses intéressantes et on pourrait longtemps discuter, justement, de la place des industries culturelles. Je ne vais pas aller plus loin à propos des potentiels des pratiques culturelles et numériques, vis-à-vis des perspectives politiques de notre monde hypermoderne – même si c'est mon sujet favoris, celui que je trouve le plus porteur.


Non, je voudrais juste tenter de clarifier ce que je crois être le message implicite de l'intérêt de l'économie porté à la culture… je tenterais donc de l'exprimer en ces termes : « Cultureux, vous avez maintenant la responsabilité de 670 000 emplois directs. Soyez donc un peu responsables. »

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Bien utiliser la communication digitale dans le milieu culturel, #JME14

La table ronde « Bien utiliser la communication digitale dans le milieu culturel », organisée par l’association Dauphine Culture, a réuni le 12 septembre 2014 Aurore Gallarino, Responsable de la communication digitale du Centre des Monuments nationaux, Anne Le Gall, Directrice de la communication et du développement à l’Avant Seine, et initiatrice TMNlab (le laboratoire des Théâtres & Médiations numériques) qu’elle est venue présenter, et Noémie Couillard,doctorante en muséologie à l’Ecole du Louvre-Avignon-Montréal, enseignante à Lille III.


J’ai eu le plaisir d’animer la conversation entre ces trois oratrices chevronnées, qui ont sur – je crois – apporter au public des points de vue précis mais accessibles. Je tente ici d’en retranscrire les propos que vous pourrez retrouver également dans les actes du colloque des Journées du Management Culturel.

 Digital ou numérique ?

 

Dès les présentations, Aurore annonce son activité comme ressortissant officiellement d’une cellule « digitale », responsable d’une approche éditoriale, là où la cellule « numérique » du CMN s’occupe des systèmes informatiques. Le vocabulaire a son importance, puisqu’en effet ces deux termes viennent d’horizons différents et représentent bien la pluralité en France des métiers du numérique en rapport avec les publics, coincés entre les approches marketing, de médiation, et d’interfaces techniques. Noémie souligne à ce propos que le métier de Community Manager (CM) n’est pas homogène, qu’il est en pleine structuration : dans de nombreux établissements, des agents qui n’en ont pas le titre en ont les fonctions. C’est une activité diffuse, qui fait d’ailleurs dire à nos trois oratrices que le Community Management (CMnt) n’est pas l’apanage d’une personne mais doit être décentralisé au sein de la structure. Anne souligne que cela est d’autant plus vrai dans les lieux de spectacles vivants, où une part importante des professionnels est déjà en contact direct avec les publics. Aurore souligne d’ailleurs que son pôle digital s’occupe de la marque CMN, mais que les agents dans les monuments sont les plus aptes à parler et à mettre en valeur leurs contenus, qu’elle exploite pour une seconde vie (numérique) ensuite.

 L’humain et l’entropie au centre.

 

D’un commun accord, il est dit que la spécificité du numérique entraîne des changements dans ces pratiques préexistantes de contact aux publics. Interrogées sur cet aspect, les trois oratrices semblent cependant s’intéresser principalement au versant communication de cette réalité, en expliquant que les craintes d’un bad buzz, par exemple, ne sont que rarement justifiées – Noémie ajoute à la suite d’Anne qu’il y a une autorégulation des internautes. Cette importance de l’internaute dans l’équilibre de la communauté semble parfois mis à mal quand les envies de personnal branding des chefs d’établissement viennent interférer avec le travail du CM : Aurore souligne que la présence d’un chef d’établissement est aussi un élément à prendre en compte, puisque celui-ci est susceptible de prendre la parole au nom de l’établissement et donc de venir perturber la communication de celui-ci. Les oratrices s’accordent alors à nouveau sur le besoin de formation qui existe pour le métier, afin de bien maîtriser les outils en relation avec les objectifs d’établissement. En outre, le CM doit en effet anticiper les réactions des internautes, afin notamment de ne pas éviter les sujets sensibles comme le souligne Aurore qui avoue avoir un rôle d’avertisseur auprès de sa hiérarchie mais aussi de ses collègues programmateurs. Les peurs de la hiérarchie quant à la nuisance possible issue des Réseaux Sociaux Numériques (RSN) sont rarement justifiée : Anne affirme que la plus grande partie des éléments négatifs se cantonnent aux critiques de spectacles, engendrant le dialogue entre les protagonistes sur les RSN et Noémie ajoute que le CMnt a principalement pour rôle de recruter de nouveaux publics.

 Sur quoi repose une communauté ?

 

Ainsi, la question de l’engagement se pose : à partir de quand un internaute devient membre de la communauté ? Que veut dire s’engager auprès d’un établissements, d’un contenu ? Nos oratrices montrent que les publics numériques des institutions et leurs communautés sont dépendants du territoire en grande partie, mais aussi de l’activité. Il n’y pas de recette miracle ! Il faut donc pouvoir structurer sa stratégie sur les études des publics physiques : Anne souligne que dans les théâtres parisiens, la relation avec le public est moins concrète que dans son théâtre actuel où l’inscription dans la vie du territoire compte beaucoup, engendrant une stratégie intimiste autour de la monstration et du dévoilement des coulisses, par exemple. Ces stratégies de personnalisation se retrouvent aussi dans les institutions patrimoniales, comme au musée Saint Raymond de Toulouse où les personnels compétents d’un domaine répondent directement aux questions via des profils identifiés. Une pratique de la personnalisation qui a aussi un autre versant : celui de l’événementiel, souvent soutenu par une agence de communication venue mettre en place le projet, comme pour le projet #AuPanthéon du CMN, mis en place avec une petite agence faute d’un budget plus conséquent.

 Un CM, ça bosse vraiment ?

 

Si cet externalisation permet au domaine patrimonial de prendre en charge des pratiques dont il n’a pas la maîtrise, elle est quasiment structurelle aux lieux de spectacles vivants, comme nous l’explique Anne : en effet, ceux-ci n’ont que peu de temps pour s’approprier et prendre en charge des spectacles qui sont joués sur quelques jours au maximum et sont donc très dépendants des contenus produits par les compagnies elles-mêmes.

 

D’autres contingences matérielles président à la structuration de l’action de communication numérique ; Aurore donne l’exemple du CM, qui peut intégrer une partie de l’activité de CMnt propre à la programmation : l’agent en charge de l’alimentation de ces informations sur le site les édite également pour les RSN, créant ainsi de la cohérence entre les plateformes. Ces réalités opérationnelles et RH font que la stratégie semble absente des plus petits établissements où le travail est donc moins segmenté – pour Noémie, il s’agit d’une stratégie par à-coups. Nos oratrices soulignent le fait que la stratégie de nombreux établissements est encore une question de pratiques des personnes en interne, de manière quasi individuelle et personnelle parfois.

 Vieilles recettes, nouveaux pots et économat.

 

Cette question humaine est donc au cœur des organisations, mais également des publics. Les espaces numériques, prolongation de l’activité physique, doivent participer de l’expérience utilisateur. Anne cite le théâtre d’Alençon, qui utilisera bientôt une webcam pour créer des rencontres entre le public et les artistes… voire le non-public, puisque cet échange via le canal numérique se fera dans un bar à plusieurs kilomètres de la scène !

 

Cette table ronde est donc l’occasion de constater que des recettes traditionnelles du numérique ou de la médiation sont encore appliquées avec grand espoir. C’est l’une des missions du TMNlab que de tenter de (re)penser le numérique dans ces lieux – Anne nous explique par exemple que la question de la diffusion en direct peut être remplacée par la diffusion de captations plus anciennes, le direct n’apportant rien que des coûts supplémentaires qui peuvent être avantageusement réinvestis sur la qualité de la captation. Ces équilibres économiques posent d’ailleurs la question des partenaires : lorsqu’un théâtre tente de mettre en place une interface numérique innovante pour la retransmission d’un de ses spectacles, il doit le faire en collaboration avec un média plus puissant, et donc en déséquilibre et sur une programmation plus grand public.
En quelque sorte, cette question de la captation des spectacles rapproche ce domaine de celui du patrimoine et des politiques du Ministère de la Culture et de la Communication dans le domaine patrimonial, longtemps tournées vers la numérisation – avant qu’une orientation supplémentaire autour de l’ouverture des données n’ait été donnée. Le théâtre est moins représenté par cette numérisation et cette archive que la danse, selon Anne, à cause du dispositif même basé sur la parole. Là encore, la spécificité du contenu semble venir en contradiction de volontés plus larges. Mais comme pour les politiques mises en œuvre dans le domaine patrimonial, les mêmes craintes reviennent : la numérisation pourtant ne vide pas les salles ! La comparaison n’est pas possible avec le secteur de l’industrie musicale qui a trouvé sa rentabilité dans le live, mais des éléments d’expérience commune sont nombreux.

 

Dans le domaine patrimonial, on constate certes que l’audience progresse surtout pour les expositions blockbuster, mais il semble acquis selon les études que l’usage des éléments de patrimoine numérisé se fait surtout dans l’avant-visite, en préparation de celle-ci, et non au détriment de la visite des collections permanentes et des fonds. Aurore souligne également que la numérisation peut donner accès à un patrimoine caché ou fragilisé par son exposition (elle cite la Grotte de Font de Gaume, dont la fermeture au public pourrait intervenir pour sa conservation), pour faire découvrir ou encore donner envie au public. Noémie rebondit en revenant sur la distinction des métiers, entre communication et médiation numériques : impossible selon elle de distinguer ! La spécificité de l’outil numérique serait donc de rendre cohérent des fonctions qui hier étaient séparées de manière un peu artificielle y compris dans les espaces physiques. C’est le grand rêve de la transversalité qui pointe son nez…

 Prenons la mesure de la révolution…

 

Cependant, ces changements apportés par le numérique ne semblent pas pour le moment s’inscrire dans une dynamique de fond. Ou peut-être est-ce car on ne sait pas quantifier ces évolutions et leurs impacts ? Pour Aurore, c’est justement un horizon vers lequel le CMnt ne doit pas regarder : il faut selon elle garder « la relation au cœur du numérique ». Ce disant, il semble qu’elle pense surtout aux questions de l’audience, qui obsède certaines hiérarchies à tort. La valeur de l’activité sur les RSN est ailleurs – cette relation humaine avec les internautes se double de la relation humaine au sein de la structure et du plaisir des équipes à diversifier leurs pratiques. De nouveau, les oratrices semblent plaider pour cette transversalité… Et peut-être une envie que le secteur ne se professionnalise pas trop ? Anne, cependant, insiste sur la nécessaire évaluation, pour une raison très pragmatique : les actions sur les RSN sont très chronophages, il faut donc pouvoir mesurer et gérer l’investissement qui y est réalisé. Le retour sur investissement (ROI) se fait également quant au nombre de visiteurs en salles issus des RSN, mais aucun outil n’existe vraiment, à l’instar des affiches et des supports traditionnels de communication. Le tracking de billetterie est certes une piste, mais encore trop faible car le processus d’achat peut parfois être très long et de manière non linéaire dans le secteur culturel.

 Questions de la salle.

 

Quand la salle prend la parole, c’est la question du ROI qui est tout de suite débattue, de manière pragmatique : quelle suite donnée au sondage mené par le CMN cet été ? Aurore répond que l’adhésion ou le rejet de certains éléments par les internautes est tout de suite pris en compte – l’investissement dans la création d’une communauté numérique permet donc de mieux inclure le retour des publics.

 

La question du lien entre les interfaces est ensuite posée : des contenus sont-ils distincts ? Comment l’internaute ou le visiteur passe-t-il d’un support à l’autre ? Pour Anne, le supports ont leur fonction propre : le site donne l’information plus institutionnelle, quand les RSN se basent sur ces mêmes contenus mais avec des points de vue différents. Tout cela doit participer d’un référencement global des activités des institutions dans les moteurs de recherche.

 

Qui dit interactions entre les plateformes, dit chronologie des contenus! Aurore cite alors les pratiques transmédia, mais explique tout de suite les contraintes liées à l’évolution des contenus même dans les métiers du patrimoine. La chronologie des événement live et in situ est également à prendre en compte – il s’agit de jongler entre les temps longs et les temps courts, et des contenus à mettre en avant selon une éditorialisation parfois complexe.

 

Enfin, une dernière question porte sur l’application de la pratique des RSN dans les PME : comment prouver que tout ceci est efficace ? Aurore explique qu’il y a un besoin d’évangélisation, de simplement montrer à ses collègues l’impact concret en termes humains. Il ne faut pas oublier non plus que la mesure de l’impact doit être pensée dès la construction d’un projet : en effet, pour chaque objectif fixé il faut déterminer dès le départ l’analytique qui permettra de mesurer la réussite de celui-ci. Enfin, Anne précise que l’analyse de l’existant et simplement le rapport – façon revue de presse – de l’activité des réseaux sociaux est une marque intéressante de l’intérêt des RSN.

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François Boutard's curator insight, April 14, 5:37 AM

Billet intéressant car pragmatique,, s'attaque enfin à la question de l'engagement communautaire : pas de recette magique, suivant le type d'institutions culturelles

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Visiter un musée en ligne, une expérience esthétique ?

Visiter un musée en ligne, une expérience esthétique ? | Musées et muséologie | Scoop.it

Les grands musées proposent désormais leurs collections… en ligne. Une véritable révolution dans notre rapport aux oeuvres d’art puisqu’il est désormais possible de les découvrir de chez soi. Mais on peut se demander si cette visite virtuelle n’est pas une expérience esthétique appauvrie : voir la Joconde au Louvre, ce n’est pas la même chose que sur tablette, même en haute résolution. En parallèle, des initiatives autour de l’art et du numérique voient le jour, comme la startup Artips, qui diffuse chaque jour une newsletter consacrée à l’art à ses 70 000 abonnés. Alors, qu’apporte l’expérience numérique au public ?

 

En mai dernier, le MET de New York a mis en ligne près de 400 000 oeuvres sur son site. Le Rijksmuseum d’Amsterdam faisait figure de précurseur puisque ses collections sont numérisées depuis 2012. Le public est même incité à “copier les oeuvres et à s’en servir sur toutes sortes d’objets de papeterie, t-shirts, tatouages, assiettes, ou même papier toilette” précise le New York Times. Avec le “Google Art Project”, le géant du numérique américain s’est lancé dans cette aventure en s’associant à 400 musées. Le résultat ? Une promenade 2.0 à travers les plus grands chefs-d’oeuvre de la planète. La navigation est en elle-même une expérience esthétique puisque vous pouvez zoomer, comparer les oeuvres et même créer votre propre galerie.

 

Alors certes, toutes les oeuvres sont accessibles et chacun peut devenir critique d’art depuis son canapé. Mais parle-t-on de la même expérience esthétique qu’une visite en bonne et due forme dans une institution culturelle ? Le sociologue George Ritzer a des mots très durs envers ces musées virtuels : il y voit un symptôme de la “McDonaldisation” de la culture. L’expérience contemplative de l’oeuvre d’art devient consommation superficielle, le visiteur naviguant au milieu des collections sans réfléchir et en les survolant.

Pour Gonzague Gauthier, chargé de projets numériques au Centre Pompidou, une visite en ligne n’est pas réellement une expérience esthétique : 

"A mon sens, il ne s’agit pas d’une expérience esthétique. S’il existe des expériences esthétiques numériques, produites soit par les interfaces ou par les œuvres d’art numérique, le simple fait de numériser une œuvre lui fait perdre son aura (au sens où l’entend Walter Benjamin), c’est-à-dire ce qui produit l’expérience esthétique dans le contact à l’œuvre. "

 

Numérisée, l’oeuvre est désacralisée et perd de sa valeur. Le choc esthétique de la confrontation avec l’oeuvre disparaîtrait au profit d’un ersatz sans saveur. On est loin de l’expérience du “sublime”, l’exaltation des sens ici et maintenant, telle qu’elle est décrite par le philosophe Barnett Newman. Aucune trace de sacré et de magie dans l’Institut culturel de Google. Niko Melissano, social media manager au Musée du Louvre nous donne l’exemple des collections du Louvre : 

"Le Louvre n’est pas un musée d’art contemporain. Ses collections, pour la plupart royales, n’ont pas été conçues pour le numérique. L’adaptation ou la lecture en version numérique des œuvres est une exigence ou mieux une invention du monde moderne."

 

Cela étant dit, les écrans empêchent-ils vraiment de regarder les oeuvres ? Pour Sébastien Magro, chargé de projets nouveaux médias au Musée du Quai Branly, c’est une idée reçue : 

"Dans un musée en ligne, on fait l’expérience d’une image, qui est une reproduction. S’il faut se méfier des reproductions (différence de format avec l’original, etc), cela ne veut pas dire qu’elle ne génère pas d’émotion. Je me méfie du terme “virtuel” : ce sont des supports numériques mais la rencontre avec l’art est réelle."

 

Une visite en ligne est un premier pas vers la découverte des oeuvres : les musées vont donc au-delà de la communication institutionnelle, comme en témoigne Niko Melissano, du Musée du Louvre :

"Rien ne remplace la confrontation directe avec l’oeuvre mais la mise en ligne des collections permet d’enrichir l’expérience, de susciter l’envie, de créer une émulation. Un espace virtuel peut prolonger, rappeler ou simplement susciter l’envie de revisiter un lieu culturel. Par ces dispositifs, nous essayons de pousser à la contemplation d’une oeuvre d’art ou d’un ensemble architectural et de créer une émotion, avec par exemple l’aide d’une séquence vidéo. Cela permet aussi de faire découvrir des aspects méconnus ou oubliés d’une oeuvre, qu’on redécouvre soudainement."

 

Mais alors, les musées en ligne ne seraient que le prolongement de la mission des musées, qui valorisent leurs collections et la diffusent à un plus large public, sans spécificité particulière. Une sorte de livre 2.0. qui permet de communiquer efficacement sur les oeuvres. Rien de mieux qu’une reproduction sur carte postale, en somme ? N’allons pas si vite, nous dit Gonzague Gauthier du Centre Pompidou. Pour lui, il s’agit d’une véritable expérience documentaire : 

"En général, je rapproche l’expérience numérique des œuvres d’une expérience documentaire. Tout l’enjeu du numérique aujourd’hui est de faire de cette recherche d’information en soi une expérience pour l’utilisateur. On doit prendre du plaisir ! Du côté du design et du graphisme, il y a aujourd’hui de nombreuses recherches sur la mise en espace des données, sur la mise en forme innovante, autour de la datavisualisation par exemple."

 

Nous assistons donc bien à une mutation de l’expérience esthétique à travers la réinvention de la médiation culturelle ! Et ce n’est que le début continue Gonzague Gautier :

A mon sens, l’expérience numérique des œuvres non numériques en est à ses balbutiements : demain, ce sera un objet complètement hybride, entre communication, médiation et expérience esthétique, qui risque de remettre en cause le rôle de l’institution artistique voire de l’œuvre elle-même – car qui dit numérique et nouveaux usages, dit aussi réappropriation des usages par les internautes voire détournement.

 

Désormais, les gardiens d’exposition ne vous regardent plus d’un air réprobateur quand vous tentez un selfie avec un Delacroix. Une communauté d’amateurs d’art grandit depuis plusieurs années sur les réseaux sociaux : ce sont les muséogeeks. Ils sont très attentifs à la manière dont les musées interagissent avec leur public. A leur tour, Gonzague Gauthier tient compte de ces réactions. Pour lui, c’est un défi pour les institutions culturelles :

"Les institutions dépendront littéralement demain, grâce à leur présence numérique, de leurs publics et leurs non-publics. Les institutions se constitueront en partie grâce à leurs réactions, à leurs envies, à leurs projets…  Je ne sais pas si l‘institution saura se saisir de cette capacité des internautes et des publics à légitimer leurs usages auprès de leurs propres communautés. Si elle y arrive, elle aura complétement muté. Si elle n’y arrivera pas, elle recentrera son public sur une petite élite culturelle ou sur des expos blockbuster."

 

Cette réinvention de la médiation passe par de nouvelles formes de diffusion des connaissances auprès du public. Artips, une startup qui fait découvrir chaque jour une anecdote sur une oeuvre d’art par le biais d’une newsletter quotidienne (vous pouvez en découvrir un exemple ici ou encore ici). On nous raconte par exemple pourquoi le ciel est bleu dans les peintures de Fra Angelico ou encore comment Le Pouce, l’oeuvre géante du sculpteur César, est née. Coline Debayle, la co-cofondatrice, explique sa démarche : 

"J’ai eu l’idée de ces newsletters parce que j’avais un professeur à Sciences Po qui nous racontait toujours des anecdotes sur les oeuvres, et c’est grâce à ces histoires que je retenais les oeuvres en question. Et ce cours était extrêmement précieux pour cette raison. Quand j’ai commencé à travailler après mes études, je n’avais plus le temps d’aller voir des expositions ou de visiter des musées. Mais j’avais le temps de lire mes emails dans le métro. C’est ainsi qu’est née l’idée d’une dose d’art quotidienne sous la forme d’un email"

 

Un réseau de 80 bénévoles aident Coline Debayle et son associé Jean-Perret à diffuser chaque jour une dose d’art, pour ceux qui manquent de temps ou qui n’ont pas la chance de vivre près d’un lieu d’exposition. Coline décrit pour nous cette expérience esthétique : 

"On peut comparer Artips à un conférencier qui vous guide à travers les oeuvres. Il vous permet de les appréhender avec un regard documenté et de vous en souvenir. Il s’adresse à tous les publics, quel que soit l’âge, le niveau d’études ou les connaissances en histoire de l’art. Il doit satisfaire la mère de famille qui n’a jamais entendu parler de l’oeuvre comme le connaisseur grâce à des détails et des précisions dont il n’avait jamais entendu parler"

 

Et visiblement, le succès est au rendez-vous, preuve d’un vrai appétit pour ces doses d’art inspirantes.

 

 

Que pensent les musées de cette initiative ? Ils l’encouragent. Artips noue même des partenariats avec certaines institutions, comme le Grand Palais. Pour Sébastien Magro, du Quai Branly, les musées n’ont jamais eu le monopole de la médiation culturelle, et c’est une bonne chose : 

"Les formes de médiation culturelle ont toujours été très variées. Cela s’est encore plus développé avec les supports numériques et c’est bien pour le public, cela fait partie de la vie culturelle."

 

Envie d’en savoir plus sur les musées en ligne et les dispositifs interactifs dans les expositions ? N’hésitez pas à poursuivre le débat avec la communauté des amateurs d’art, les #museogeeks.

 

Et vous, aimez-vous regarder des oeuvres en ligne ?

 


Via Aurélie Romand - Consultante RP
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Elodie Beaumont's curator insight, April 7, 9:18 AM

"Rien ne remplace la confrontation directe avec l’oeuvre mais la mise en ligne des collections permet d’enrichir l’expérience, de susciter l’envie, de créer une émulation. Un espace virtuel peut prolonger, rappeler ou simplement susciter l’envie de revisiter un lieu culturel...

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#Museumweek: Un mot-dièse qui témoigne de la vitalité des musées sur Twitter

#Cocorico. La MuseumWeek, initiée en 2014 par des musées français, est devenue un événement international. Cette année, du 23 au 29 mars, plus de 1800 musées dans au moins 58 pays participeront à l’opération. Mouvement spontané de quelques community managers d’institutions françaises, au premier rang desquels la Cité des Sciences et de l’industrie, la MuseumWeek a pour objectif d’augmenter la visibilité des musées sur Twitter.

 

Pendant une semaine, les musées vont tweeter sur un thème différent chaque jour. Lundi, le mot-dièse #SecretsMW invite les musées à révéler des mystères de leurs collections. Mardi, ce sera au tour des #SouvenirsMW, mercredi l’#ArchitectureMW sera à l’honneur… Mondialisation oblige, chaque mot-dièse de l’édition 2015 peut se lire aussi bien en français qu’en anglais.

 

Dick Costolo à Paris

 

En 2014, l’initiative avait généré des centaines de milliers de tweets et montré l’inventivité et la vitalité des musées. «La MuseumWeek est, pour les musées, l’occasion de se montrer sous leur meilleur jour», expliquait la ministre de la Culture Fleur Pellerin. Cette année, le ministère a ainsi apporté son soutien logistique à l’opération, avec une conférence de presse sous les ors de la République.

 

Dick Costolo, le très rare PDG de Twitter était venu à Paris pour l’occasion et s’est, de l’aveu de ses équipes, senti honoré par l’enthousiasme des musées français autour de sa plateforme et impressionné par le mot-dièse géant #MuseumWeek qui va se balader toute la semaine devant les musées parisiens.

 

Un réseau bien réel

 

S’ils espèrent des retombées en termes de notoriété et de fréquentation, notamment le week-end du 28 et 29 mars avec les mot-dièses engageant le public #favMW et #poseMW, les musées participent avant tout pour montrer une autre facette de ce qu'il savent faire.

 

Ben King, responsable américain de la communication d’un musée dans l’Ohio, explique s’être laissé séduire cette année par l’opération après avoir vu Dick Costolo tweeter à son propos. «J’ai d’abord cru que c’était une manière, pour les grands musées, de se montrer. Mais j’ai beaucoup aimé la façon dont la première MuseumWeek a créé des réseaux internationaux entre différents musées.»

 

Twitter a même organisé ces derniers jours deux webinars, séminaires en ligne gratuit à l’attention des musées, pour échanger sur les bonnes pratiques connectées.

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Les applications mobiles : la médiation dans la poche

Les applications mobiles : la médiation dans la poche | Musées et muséologie | Scoop.it

Après avoir évoqué les réseaux sociaux comme supports numériques de médiation, je vous propose d’étendre ma réflexion aux applications mobiles. Parmi les applications proposées par le musée, trois sont orientées vers la médiation in situ. Je précise que les deux premières ont été conçues par mes collègues de la Direction des publics et que, même si je les ai accompagnées, je n’ai pas directement travaillé sur ces projets.

 De la musique au musée… au Musée en musique 

Traversant le musée sur 6 niveaux, la réserve des instruments de musique est une imposante colonne transparente, offrant un aperçu sur les collections, sans être toutefois accessible aux publics. Elle fait régulièrement l’objet d’une incompréhension : pourquoi ne peut-on pas y entrer ? Pourquoi est-elle si mal éclairée ? Les agents d’accueil, les guides-conférenciers et, à chaque fois que possible, les supports d’information expliquent qu’il s’agit d’une réserve, et qu’elle n’est pas visitable pour des raisons liées à la conservation préventive de la collection d’instruments de musique. Cette incompréhension a été confirmée par l’une des nos enquêtes de publics. Le service de la médiation et de l’accueil y a vu l’opportunité de valoriser les collections en créant une application, projet porté par Candice Chenu, en charge des outils numériques de médiation à la Direction des publics.

 

« Le Musée en musique » est une application proposée pour les terminaux Android. Réalisée dans le cadre d’un mécénat de compétence d’Orange, elle est disponible en ligne sur Google Play ou sur des terminaux prêtés à l’accueil du musée. Elle contient une sélection d’une vingtaine de pièces, accompagnées de commentaires textuels, de captations sonores et de vidéos issues de nos collections d’ethno-musicologie. La navigation repose principalement sur la technologie NFC/RFID, dont les bornes sont placées sur les vitres de la réserve, mais une navigation linéaire classique est également possible. En parallèle à l’application, une mallette pédagogique a été développée, comprenant un plateau de jeu et des smartphones. Il est utilisé dans des actions de médiation hors les murs, notamment en bibliothèque ou pour le milieu associatif.

 Une application pour tous

 

L’application « Les Experts quai Branly » fonctionne exclusivement sur iPad et, pour le moment, elle est uniquement disponible in situ, sur des terminaux prêtés gratuitement à l’accueil du musée. Elle a été imaginée en collaboration avec Signes de Sens, qui travaille sur l’accessibilité universelle, et a bénéficié du mécénat de la Fondation Orange et de la Fondation d’entreprise France Télévisions. Le principe est le suivant : les utilisateurs suivent un ethnologue facétieux dans une exploration des quatre continents couverts par le musée (quatre applications distinctes ont été développées).

 

Le personnage s’exprime en LSF, la langue des signes française, principalement utilisée par la population sourde. Il est accompagné d’une voix off et ses paroles apparaissent également en sous-titres. L’objectif était de s’adresser au plus grande nombre de visiteurs avec le même outil, que chacun peut s’approprier. Un objectif qui semble atteint, puisque les retours montrent que l’application est populaire, bien sûr auprès des visiteurs sourds mais aussi auprès de ceux en situation de handicap mental, notamment en raison du travail effectué autour d’une langue simple et accessible. En outre, l’application a été distinguée par trois prix, qui s’ajoutent à ceux reçus par le musée pour l’ensemble de sa politique générale d’accessibilité.

 Une offre de médiation coordonnée
L’application PHQ4, disponible gratuitement pour iOS à l’automne 2013, a été développée et exploitée à l’occasion de Photoquai, la biennale de photographie qui a lieu sur le quai Branly en face du musée, les années impaires et est consacrée aux photographes émergents non-occidentaux. Elle a été réalisée dans le cadre d’un partenariat avec les étudiants en multimedia de Gobelins, l’école de l’image, et en collaboration avec notre producteur délégué, ARTER et précisément Clélia Dehon, en charge de l’offre de médiation autour de Photoquai.

Cette application proposait des contenus institutionnels, textes et images présentant la biennale et son fonctionnement, ainsi que des notices pour chacun des 42 photographes sélectionnés en 2013. Mais la véritable plus-value résidait dans les six parcours de médiation, proposés en échos aux visites qui étaient présentées in situ, complétés par des interviews vidéos des photographes exposés.

Photoquai 2013 a été, pour le musée, la première occasion de présenter une offre de médiation cohérente, déclinée sur plusieurs supports. Les visites guidées, les parcours contenus dans l’application et la ligne éditoriale sur la page Facebook créée pour l’occasion proposaient ainsi une expérience globale.

 Des outils numériques complémentaires

 

Ces applications, principalement tournées vers un usage in situ, constituent des outils de médiation que les visiteurs peuvent utiliser seuls ou en groupe, en famille ou entre amis, et qui viennent compléter les informations accessibles dans les espaces d’expositions. Les captations sonores, les vidéos, les textes enrichissent l’expérience de l’utilisateur lorsqu’il souhaite approfondir sa visite. Ces outils répondent également à un besoin d’information sur les objets exposés, en partie lié aux choix scénographiques sur le plateau des collections, besoin qui a été mis en évidence lors de nos enquêtes auprès des publics. À l’exception des Experts quai Branly, pour le moment uniquement disponible sur des iPads prêtés par le musée, ces applications offrent l’avantage de s’installer directement sur les terminaux personnels des visiteurs.

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Ce que nous apprennent les leaders des plus influentes institutions culturelles mondiales

Ce que nous apprennent les leaders des plus influentes institutions culturelles mondiales | Musées et muséologie | Scoop.it

Et si la réflexion concernant la direction des institutions culturelles fournissait un cadre exemplaire pour l’analyse générale du leadership dans les organisations et les entreprises ?

 

Le  leadership – peu importe qu’on l’appelle ascendant, autorité, charisme ou pouvoir – est un sujet qui a toujours occupé une place importante dans la réflexion philosophique et morale, aussi bien que dans l’histoire et la littérature. 

 

Platon, Machiavel et Shakespeare ont ainsi légué à l’humanité des œuvres qui se sont inscrites au cœur de nos civilisations et qui demeurent aujourd’hui empreintes d’actualité. 

 

Mais au-delà de ces vues pénétrantes sur la conduite des affaires humaines, des théories sur le leadership, à la base de la formation en gestion, ont commencé à être élaborées au cours du vingtième siècle. 

Ces théories ont pris leur distance par rapport aux grandes problématiques éthiques de la direction des personnes pour s’inscrire dans une approche privilégiant une perception de la réalité résultant de l’observation des comportements et des situations. 

 

Cette approche, à la fois pragmatique et scientifique, a fait appel aux outils mis au point par les sciences sociales et emprunté aux méthodes empiriques des sciences politiques, de la psychologie, de l’économie et de la sociologie. 

 

Or les organisations culturelles et artistiques, fondées sur la notion de mission, fournissent un cadre idéal à l’analyse de la question du leadership (cf. Art et gestion de l’art. Leadership et institutions culturelles, éditions Liber). 

 

Elles doivent en effet parvenir à la résolution du conflit (pas nécessairement dans une acception négative, mais plutôt de dépassement au sens de l’ aufhebung hégélien) entre art et gestion, culture et économie, fins et moyens, raison d’être et action. 

Que nous apprend en effet l’expérience des grands dirigeants du monde de l’art et de la culture, dans un environnement de plus en plus complexe et exigeant, au sein duquel dominent la performance, le commerce, la rentabilité et la concurrence ? 

 

1. Que compétence, expérience et professionnalisme sont essentiels pour forger une vision singulière, capable d’exprimer toutes les potentialités de développement de l’organisation, sur le plan culturel et artistique, mais aussi du point de vue de ses publics, de ses partenaires et de ses ressources. 

 

2. Que le management représente un outil essentiel à la conduite de toute organisation, mais à la condition qu’il permette de garantir ses capacités d’innovation, de créativité et d’expérimentation, tout en favorisant l’épanouissement des individus qui la composent. 

 

3. Que la question de l’éthique est essentielle pour faire prévaloir en toute circonstance la mission de l’institution ; car si la démarche éthique est occultée, elle risque tout simplement d’affaiblir la confiance des diverses parties prenantes sur laquelle repose l’organisation. 

 

4. Que l’investissement personnel des dirigeants, gage d’une autorité naturelle, fondé sur leur passion et leur enthousiasme, et non sur d’obscurs jeux de pouvoir, est à même d’inspirer durablement l’ensemble des membres de l’organisation dans la recherche de l’excellence, qu’il s’agisse des salariés ou des bénévoles. 

 

5. Qu’être un bon gestionnaire est une condition nécessaire, mais loin d’être suffisante pour sélectionner le meilleur des dirigeants possibles, si du moins l’objectif n’est pas seulement de faire perdurer l’institution dans ses routines organisationnelles, mais bien de dessiner un avenir capable de répondre aux besoins de la société. 

 

6. Que le profil idéal du dirigeant est celui d’un individu hybride, spécialiste reconnu dans son domaine tout en étant familier des enjeux managériaux, capable d’inspirer la confiance des parties prenantes et de motiver les membres de l’organisation, conscient des contraintes organisationnelles mais apte à les surmonter. 

 

En définitive, l’analyse de la question du leadership dans le monde des arts et de la culture permet de faire apparaître, dans toute leur complexité, les défis qu’affronte toute entreprise. 

 

Car l’esprit qui anime les dirigeants des institutions culturelles et artistiques et les exigences dont ils font preuve valent, mutatis mutandis, pour toute organisation.

 

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Actu - Nouvelles pratiques de mutualisation et de coopération dans le secteur culturel | Observatoire des Politiques Culturelles

Actu - Nouvelles pratiques de mutualisation et de coopération dans le secteur culturel | Observatoire des Politiques Culturelles | Musées et muséologie | Scoop.it
Marie Deniau, Rapport de recherche, Deps, 101 p., juillet 2014 
Si au fil des quatre dernières décennies, les opérateurs culturels ont appris à multiplier les collaborations d’ampleur et de formes diverses, on assiste depuis le début des années 2000 à une intensification de ces mises en commun et au développement de nouvelles pratiques de mutualisation ou de coopération inter-organisationnelles. Cette tendance se manifeste dans un contexte marqué par des mutations profondes du paysage culturel inscrites dans des mouvements économiques et sociaux globaux. Les agents sont incités à repenser l’organisation de leurs activités et à interroger leurs modèles de financement et notamment à se regrouper tant il devient difficile de s’adapter aux transformations en restant isolés. Comment appréhender dans leur diversité ces nouveaux modes de fonctionnement pour caractériser les phénomènes de mutualisation ou de coopération ?  
Le rapport est téléchargeable.  

 

www.culturecommunication.gouv.fr/content/download/98118/878307/file/Nouvelles+pratiques+mutualisation+coop%C3%A9ration_2014_1.pdf

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Musées – leurs sites web au cœur de la médiation culturelle Culture et Communication

Musées – leurs sites web au cœur de la médiation culturelle  Culture et Communication | Musées et muséologie | Scoop.it

La démocratisation des musées suit son cours avec toujours plus ou moins d’embûches. Si le secteur culturel s’est – dans un premier temps – difficilement adapté aux révolutions technologiques de ces dix dernières années, les musées ont su trouver une utilité à l’expansion d’Internet. Le comportement des visiteurs a évolué, s’est digitalisé et nécessite aujourd’hui un accès omniprésent au numérique. Accueil, inscription, visites guidées, fidélisation… la majorité des activités du musée a pris un réel tournant digital. S’il subsistait pour le secteur culturel des doutes sur la nécessité de créer un site web, il est aujourd’hui impensable de ne plus apparaître sur la toile. Sites Internet et Web 2.0 stimulent la médiation culturelle comme jamais.

 

La difficulté des musées pour se positionner

 

Il y a deux ans à peine, Geoffrey Dorne et Julien Dorra lançaient la « Responsive Museum Week », jugeant les sites culturels trop peu adaptés aux supports mobiles de plus en plus utilisés par les internautes. L’initiative s’est construite à partir du constat que le nouveau site du Centre Pompidou – au budget démentiel de 12 millions d’euros – n’est absolument pas compatible avec les smartphones et autres tablettes.

Cet exemple figure parmi des centaines de sites et démontre – ô combien – les institutions culturelles ont connu certaines difficultés pour se positionner sur l’utilisation du web et s’adapter aux nouveaux usages. Bien que les musées présentent une véritable source d’information et un savoir unique, les visiteurs des temps modernes attendent un véritable échange. Les outils de communication actuels, tels que les réseaux sociaux, permettent à chacun de partager ses opinions et ses émotions. Les musées s’imprègnent peu à peu de ces pratiques qui encouragent la co-production plutôt qu’un échange unilatéral. La majeure difficulté réside dans les droits de diffusion et d’appropriation. Aujourd’hui encore, certains musées ont du mal à accepter que les œuvres puissent se retrouver à la portée de tous et que chaque personne puisse en faire l’usage qu’elle souhaite.

 

L’initiative du Rijksmuseum

 

Dans de nombreux pays, dont les Pays-Bas, le numérique est parfaitement intégré au sein de la sphère culturelle. Les explications sont digitalisées, les écrans omniprésents et les visiteurs en constante interaction. Situé à Amsterdam, le Rijksmuseum a choisi d’évoluer dans l’ère du temps, en numérisant ses œuvres. Dans cet article de Slate, le discours de Tacco Dibbits, à la direction des collections du musée depuis 2008, témoigne d’une grande ouverture d’esprit et de la considération des nouveaux médias : « Nous sommes une institution publique, donc les œuvres et les objets que nous possédons, d’une certaine manière, appartiennent à tout le monde ».

 

Grâce aux moyens actuels, même les plus petites institutions culturelles sont en mesure de lancer un site web responsive. Pour un non-initié, il est possible de se tourner vers des plateformes simples telles que wordpress ou joomla. Pour un rendu plus professionnel, vous pouvez vous tourner vers des services d’hébergement en ligne. L’hébergeur 1and1.fr offre par exemple une solution tout-en-un pour concevoir une interface web personnalisée et adaptée à la mobilité. En créant un compte Twitter, une page Facebook et en participant au Google Art Project, chaque musée parviendrait à s’intégrer progressivement à l’ère numérique.


Via MuseumExperts, Aurore Alcalay
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