Mots & Langage
2.9K views | +1 today
Follow
 
Rescooped by MHB Numerik from Aisthesis
onto Mots & Langage
Scoop.it!

Bartleby, Wittgenstein et le perfectionnisme littéraire : herméneutique et hermétisme, les limites du langage - I would prefer not to...

Bartleby, Wittgenstein et le perfectionnisme littéraire : herméneutique et hermétisme, les limites du langage -  I would prefer not to... | Mots & Langage | Scoop.it

1853. Melville publie Bartleby, ou l’histoire d’un étrange copiste asocial et incompris (et incompréhensible ?), n’ayant aucun proche et aucun passé, refusant d’être payé et se nourrissant exclusivement de gâteaux au gingembre. Littéralement emmuré dans son bureau, il ne le quitte jamais, pas même pour la nuit où il y loge en secret ; mais surtout, Bartleby répond à toutes les demandes qu’on peut lui faire un unique et très efficace « I would prefer not to », jusqu’à en mourir, à la fin de la nouvelle.


Via JBR, Dominique Demartini
more...
JBR's curator insight, March 29, 2013 4:44 AM

Bartleby, le défi au langage

1853. Melville publie Bartleby, ou l’histoire d’un étrange copiste asocial et incompris (et incompréhensible ?), n’ayant aucun proche et aucun passé, refusant d’être payé et se nourrissant exclusivement de gâteaux au gingembre. Littéralement emmuré dans son bureau, il ne le quitte jamais, pas même pour la nuit où il y loge en secret ; mais surtout, Bartleby répond à toutes les demandes qu’on peut lui faire un unique et très efficace « I would prefer not to », jusqu’à en mourir, à la fin de la nouvelle.

Bartleby fut analysé à de nombreuses reprises par divers penseurs, critiques littéraires et philosophes : Deleuze, Agamben, Derrida ou encore Bataille. Malgré ces nombreuses tentatives d’élucidation, l’œuvre de Melville conserve son caractère mystérieux autour de la fameuse formule[1]. Certains y ont vu une œuvre résolument politique érigeant au rang de héros de la désobéissance civile le protagoniste éponyme, d’autres en ont proposé une lecture plus pessimiste et psychologisante de la figure de l’échec absolu. Dans un cas comme dans l’autre, la nouvelle donne à penser par sa brutalité, son hermétisme et son apparente absurdité. Nulle part dans la nouvelle, nous n’aurons d’indice de la part de l’auteur quant au sens de cette étrange formule. Le sens est à construire, et cette tâche échoit au lecteur, quel qu’il soit : amateur, psychanalyste, philosophe ou critique littéraire. Plus encore, c’est un véritable défi au langage que lance Melville par cette nouvelle déroutante d’absurdité, donc de vérité. Et risquer aujourd’hui de s’y attarder malgré la haute probabilité de se trouver aussi démuni que l’est le narrateur, c’est précisément parce que la philosophie s’attaque à des problèmes ; et Bartleby en est bel et bien un.

Ce qui nous dérange, chez Bartleby, c’est son ambiguïté. Tantôt figure du triomphe paisible et désarmant de la résistance passive, tantôt figure suprême du néant de volonté, de l’échec et de la frustration, cette ambivalence est toute condensée dans la fameuse formule : I would prefer not to. La formule qui, traduite en français, équivaudrait à un « je préfèrerais ne pas », fait bien entendre l’étrangeté grammaticale. Dans un anglais rigoureux, Bartleby devrait exprimer son refus par un «I would rather not », qui correspond plus à une notion de volonté et de préférence. Néanmoins, en plaçant ce « not to » tranchant en fin de phrase, l’auteur nous avertit de la portée bipolaire du personnage de Bartleby : à la fois dans une positivité marquée fortement par la présence d’un modal engageant, mais en même temps dans une mordante négativité, l’ambivalence se trouve accentuée par un conditionnel empêchant toute prise de position radicale. Impénétrable dans cet entre-deux, Bartleby, semble tout au long de la nouvelle, rester fidèle à lui-même au vu de la persévérance dans sa réponse, quasi-invariable. C’est au regard de cette volonté de rester en accord avec soi-même que Bartleby peut être envisagé comme une réflexion philosophico-littéraire sur la question du perfectionnisme et de la place du refus dans celui-ci. Si, bien sûr, la nouvelle comporte des enjeux sociaux et politiques communs à la tradition perfectionniste, comme la remise en question de la démocratie ou une réflexion concernant la désobéissance civile, avec Bartleby, le perfectionnisme chez Melville dépasse l’ordre de la morale ou de la politique, interroge le mot et sa portée, le langage et son sens et nous pousse surtout à questionner notre relation à l’expressivité, à la justesse, au dire, au vouloir dire. En ce sens, le perfectionnisme de Melville est un perfectionnisme littéraire. C’est alors l’individu qui est mis en avant : un individu non pas exclu du groupe, différent d’autrui, mais exclu de lui-même.

« I would prefer not to ».

En accordant une telle importance à ces cinq mots, Melville attire l’attention sur la question du refus individuel dans le perfectionnisme, et surtout sur l’expression de ce refus qui semble incompréhensible au narrateur. Il s’agit d’interroger toute logique d’expressivité. Le perfectionnisme s’exprimerait alors dans l’aveu de l’impossibilité de dire, via l’expérimentation et l’exploration des limites du langage. Si le perfectionnisme moral c’est être en accord avec le meilleur de soi, le perfectionnisme littéraire se manifeste ici par la volonté de trouver le mot juste, exigence aisément imaginable en philosophie aussi, afin que les mots ne trahissent pas ce que nous voulons dire.

Le titre entier de la nouvelle est Bartleby, le scribe, ou histoire de Wall Street. Pourquoi cette précision ? La présence du nom de la rue, la célèbre Wall Street, n’est pas anodine dès lors que l’on remarque la place accordée à l’élément du mur dans Bartleby. Dans la description des lieux du narrateur, l’une des extrémités du bureau donne sur « le mur blanc d’une spacieuse cage vitrée », et l’autre, sur « un haut mur de briques noirci par l’âge et par une ombre sempiternelle ». Wall Street serait donc plutôt une Walled Street annonçant une rencontre de l’ordre de l’impasse (nature du mur), fort en contraste (couleurs des murs : un blanc, un noir).  Mais cet amusant arrangement de Melville ne s’arrête pas là : le bureau de Bartleby, en effet, ne donne pas sur des murs extérieurs, mais intérieurs puisqu’il ne comporte aucune fenêtre donnant sur le monde extérieur, mis à part une petite lucarne, laissant entrer un puits de lumière au-dessus de lui, comme pour le mettre en lumière. Son espace de travail est également délimité par des paravents, le cachant aux yeux de tous les autres occupants du cabinet. Littéralement emmuré, il est incapable de communiquer, et les autres, incapables de le comprendre: ce préférer ne pas, plus qu’un caprice, rappelle le silence dans lequel Wittgenstein s’est retiré après la dernière proposition du Tractatus Logico-Philosophicus : « sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence ». Et si Bartleby était l’incarnation littéraire avant-gardiste de la désillusion wittgensteinienne ?

Tentative de la conversation

Pour se rendre compte de l’échec d’une pratique, il est nécessaire de l’essayer. C’est ainsi que Melville met en scène les diverses tentatives et prises de conscience du narrateur pour apprivoiser l’étrange Bartleby. L’ébranlement progressif des certitudes du narrateur qui, rappelons-le, est un dirigeant, sa volonté de comprendre Bartleby et ses tentatives de l’apprivoiser en douceur mettent en lumière la nécessité de s’adapter ; d’autant plus que Bartleby représente la figure du marginal isolé, c’est-à-dire une figure de l’extrême. Le heurter, l’exclure du bureau n’a pas aidé. Le narrateur envisage et admet donc peu à peu l’inévitable : la conversation – autrement dit un pas vers la compréhension. Au début de la nouvelle les discours du narrateur se caractérisent par les nombreuses exclamations et une certaine brutalité dans le propos : « Je veux que vous m’aidiez à collationner ce feuillet, tenez ! »[2], « Bartleby, vite,  j’attends ! », « POURQUOI refusez-vous ? », « Répondez ! » [3], « Allez dans la pièce voisine et dites à Pincettes de venir me trouver »[4] . Après ces derniers ordres, s’ensuivent sept pages de longs monologues qui conduisent finalement le narrateur à tenter d’engager une conversation. Désormais, les questions ne concernent plus l’exécution des tâches mais l’exécutant :

Bartleby, dis-je d’un ton encore plus doux, venez ici ; je ne vais pas vous demander de faire quelque chose que vous aimeriez mieux ne pas faire. Je désire tout simplement vous parler.

Le narrateur s’adoucit au contact de Bartleby, remettant en question ses propres convictions et mécanismes. La conversation fait partie des exigences et idéaux de la tradition perfectionniste :

Car une caractéristique du perfectionnisme moral, […] est qu’il est de nature langagière. Il s’agit d’arriver à la perfection (ou à progresser) par l’expression, la conversation, et une attention à nos usages moraux.[5]

La valeur thérapeutique et salvatrice de la parole

De plus, cette invitation à la conversation semble motivée par la conviction que la parole possède un pouvoir thérapeutique voire curatif. En effet, dans une perspective psychologisante, on pourrait penser que si Bartleby avait été plus loquace, sa mort à la fin de la nouvelle aurait pu être évitée. Cependant, la parole peut également être bavardage et dès lors inféconde. Plus encore, sa complexité peut réduire au silence quiconque se sentirait incapable de la manier : ne parle-t-on pas de la rhétorique comme un art réservé à une poignée d’hommes ? Notre rapport au langage revêt alors son aspect tortueux dans de telles réflexions. Pensons aux travaux de Freud concernant ses méthodes de talking cure qui eurent un certain mal à être acceptées (ce qui témoigne du caractère non évident de la parole salvatrice), ou encore à son concept de lapsus qui mettait en lumière le manque de contrôle ou le handicap auquel on est confronté dans la communauté de langage. Le caractère intimidant et frustrant du langage est également à son paroxysme dans les réflexions de Wittgenstein pour qui il existe de l’inexprimable. Stanley Cavell établit d’ailleurs ce parallèle entre Freud et Wittgenstein « dans leur découverte que nous ne sommes pas maîtres chez nous, non parce que nous ne nous connaissons pas – mais à cause de cette inadéquation radicale de la parole, cette absence de contrôle sur notre expression, notre voix, qui tout à coup tourne à vide »[6] :

Parce que la rupture d’un tel contrôle est le propos constant du dernier Wittgenstein, son écriture est profondément pratique et négative, à la manière de celle de Freud. Et comme la thérapie de Freud, elle désire empêcher une compréhension qui ne s’accompagne pas d’une transformation intérieure. Chez tous deux, ce malheur se révèle par le manque de congruence entre ce qu’on dit et ce qu’on veut dire ou ce que l’on exprime ; pour tous les deux, le moi se dissimule dans l’affirmation et l’action, et se dévoile dans la tentation et le souhait.[7]

Bartleby, pour sa part, se dissimulerait dans l’affirmation du refus de l’action et se dévoilerait dans le souhait ambigu de ne pas souhaiter (ou de ne pas préférer, plus exactement). La formule, à la fois positive et négative, s’inscrit dès lors pleinement dans la question de la signification et du vouloir dire. C’est bien la question que l’on se pose à travers les manœuvres du narrateur : que veut donc dire Bartleby ? Qu’exprime ce refus ?

Échec de l’art de converser

En effet, le narrateur entend bien Bartleby, et saisit bien les conséquences de son refus. Mais le refus lui-même demeure en revanche incompris. En d’autres termes, nous pourrions dire que le narrateur comprend le sens de la proposition de Bartleby mais qu’il n’en comprend pas la structure (nous reviendrons sur cette question). S’il mesure les conséquences de ce refus, il n’est en revanche pas en état de comprendre ce qui structure ce refus, c’est-à-dire ce qui l’explique : il ne peut que le constater. La  bonne volonté du narrateur dans son entreprise de décryptage semble en effet insuffisante dans le cas extrême de Bartleby. L’échec du dirigeant à se débarrasser de ce dernier, de le faire parler, de le comprendre, et enfin la mort peu anodine de l’employé, rongé par son mutisme mourant face à un mur (encore un mur) et déclenchant une étrange culpabilité chez le narrateur impuissant, participent de nouveau à mettre en lumière les difficultés rencontrées par la tradition perfectionniste à l’égard de la question du langage et tracent les limites de la fonction salvatrice de la parole. La conversation semble être un idéal qui en réalité n’est que l’art de s’écouter parler. Plutôt que le compromis hypocrite de la conversation où chacun signifie sans pouvoir être parfaitement compris, peut-être vaudrait-il mieux ne pas attendre la réponse de notre interlocuteur mais l’interpréter de nous-mêmes. Tentons. Un premier élément pour mieux cerner la signification d’une telle formule : la mort de Bartleby, que l’on ne peut pas ne pas commenter et analyser, tant elle paraît riche de sens et de pistes. Elle fournit en effet des indices pour le narrateur et pour le lecteur, au niveau de l’intrigue mais répond aussi à la problématique plus générale de l’herméneutique.

The Dead Letter Office

La question de l’interprétation est en effet centrale dans l’œuvre, tout d’abord à travers l’enquête du narrateur concernant les origines ou le passé de Bartleby dans le but de comprendre et interpréter le Bartleby actuel. Ainsi, pour décoder l’attitude de l’employé, le narrateur se reporte à une information biographique à propos de ce dernier (bien que ce ne soit qu’une rumeur) : il aurait travaillé au bureau des lettres au rebut, au Dead Letter Office dans la version originale. L’interprétation du narrateur se concentre sur le caractère symboliquement morbide d’une telle profession, soulignée par ailleurs par le nom du bureau dans la version originale, qui dans une traduction littérale signifierait « Bureau des lettres mortes ». Rappelons-le, le travail de Bartleby aurait consisté en la destruction des lettres qui n’auraient pas trouvé de destinataires. Ces lettres porteuses de vie allant au feu seraient, pour le narrateur, en continuité avec la vie (ou la mort) de Bartleby, qui meurt également, faute de n’avoir trouvé aucun destinataire en mesure de saisir son discours. Ayant refusé de s’ouvrir, il périt de son hermétisme. Mais au-delà de cette interprétation psychologisante, nous pouvons aussi voir à travers Bartleby une image concernant l’œuvre elle-même. Ces lettres, porteuses de vie peut-être, mais porteuses de sens surtout, sont mieux détruites qu’ouvertes par n’importe quel quidam. Appliquée à Bartleby, une telle conclusion laisse entendre que mieux vaudrait ne pas chercher à ouvrir Bartleby/Bartleby. Cet être surréaliste ne nous est peut-être tout simplement pas destiné, à nous, lecteurs ancrés dans une société similaire à celle à laquelle appartient le narrateur et que Melville tourne en dérision.

Mais plus encore, Melville ne tourne-t-il pas toute société en dérision ? Sommes-nous capables de nous entendre ? Sommes-nous inévitablement condamnés à nous écouter parler et ne jamais être entièrement compris ? Bartleby reste impénétrable pour le narrateur mais aussi pour tout être humain, et peut-être pour Bartleby lui-même. Bartleby est le mystère de l’interaction du moi au monde.

Le recroquevillement fœtal de Bartleby de l’image finale manifeste ce retour ou ce repli sur soi. Celui-ci est pensé par Derrida à travers le Phédon de Platon, dans lequel sont évoqués les derniers moments de Socrate. Ces derniers mènent à réfléchir sur le but du philosophe qui serait de se détacher de son corps autant que possible, pour ne pas gêner l’âme dans sa quête de vérité. J’ai déjà souligné la présence de cette thématique ascétique dans l’étude de la question de l’emprisonnement du corps et de la liberté d’esprit. Ainsi, la question de la mort de Bartleby sort du cadre psychologisant et semble un acte de retrait philosophique, tout comme son refus d’obéir manifestait un retrait politique. Bartleby s’exerce à la mort par

une sorte d’intériorisation subjectivante, ce mouvement de rassemblement de soi sur l’âme, cette fuite du corps vers le dedans d’elle-même où elle se replie pour se rappeler à elle-même, pour être auprès d’elle-même, pour se garder dans ce geste de remembrement.[8]

 

Non-préférence de l’interprétation

La mort de Bartleby aide à montrer la structure de son personnage. Que ce soit à travers une méthode psychologique – comme celle du narrateur qui exploite le passé du héros, ou autrement, la mort de Bartleby ancre ce dernier un peu plus profondément dans son histoire. La mort est l’irremplaçable, ce que personne ne peut faire à la place d’un autre, en ce sens elle est cet événement entérinant un moi unique. On peut à ce propos noter que les tâches que Bartleby refuse d’accomplir échoient à d’autres, contrairement à sa mort, qu’il accomplit bien seul. Le lieu de vie de Bartleby aussi est mouvant : rampes d’escaliers, rues, halls d’entrée, bureau ; ils participent également à souligner l’ambiguïté de la vie nomade de Bartleby et de sa paradoxale non-préférence sédentaire (« stationary » dit-il), inflexible.

 …l’individualisme, qui n’est qu’un individualisme du rôle, du masque, du personnage social (pensons aux clercs de l’étude, à leurs surnoms aussi), repose sur la méconnaissance du moi singulier dont le secret demeure caché. Dans cet univers du simulacre, la mort reste le lieu de l’irremplaçabilité, de la singularité, de la responsabilité, car elle est ce que personne ne peut faire pour moi, la mort est ce que l’on doit prendre sur soi, elle est également ce qui permet au sujet de dire « moi ».[9]

Bartleby affirme sa singularité par sa formule plus que particulière, mais c’est en mourant ou en se laissant mourir – on ne saura sans doute jamais – qu’il s’impose définitivement. En emportant son secret avec lui, et du même fait, le secret de la nouvelle, Bartleby triomphe, sans n’avoir jamais véritablement engagé de bataille. Il laisse le lecteur dans la perplexité, et l’irremplaçabilité du personnage autorise paradoxalement une interprétation totalement ouverte mais frustrante car nécessairement infinie. Le lecteur se demande « s’il lit bien ce qu’il lit »[10], il cherche un sens à la formule de Bartleby, restant en suspens et gardant du même fait son secret, « le secret d’un secret qui n’en est peut-être pas un, et qui, de ce fait, annonce la littérature » et qui pose « la question du secret comme secret de la littérature »[11]. C’est donc en ce sens que la nouvelle peut se penser comme volontairement mystérieuse, prônant l’hermétisme sur la question de l’interprétation d’une œuvre. I would prefer not to résonne alors comme non-préférence de l’interprétation.

Ainsi, la mort de Bartleby qui emporte dès lors le secret de sa formule avec lui dans les Tombes, semble être la monstration de l’unique et de l’ineffable. Bartleby est l’authentique et l’inavouable inaccessible. L’incarnation d’une limite que l’on voudrait ne pas voir. C’est en ce sens que son personnage se rapproche des murs rencontrés par Wittgenstein à travers plusieurs concepts : celui de langage privé, de limite du langage, de non-sens, de la distinction entre dire et montrer ; en somme, sur les limites de l’individualité isolée dans un absolu.

Soubattra Danasségarane (Paris 1)Suite

[1] Expression empruntée à Gilles Deleuze, suite à son article « Bartleby ou la formule », dans Critique et Clinique, Paris, éd. de Minuit, 1999

[2] H. Melville, Bartleby, trad. de Michèle Causse, GF-Flammarion, 1989, p.21 (toutes les notes concernant l’œuvre en français feront référence à cette pagination)

[3] Ibid., p.22

[4] Ibid., p.27

[5] Sous la direction de S. Laugier, La voix et la vertu, variétés du perfectionnisme moral, PUF, coll. « Ethique et philosophie morale », Paris, 2010, p.7

[6] S. Laugier, Wittgenstein le mythe de l’inexpressivité, « Problèmes & controverses », Librairie philosophique J. Vrin, 2010,  p.85

[7] S. Cavell, Dire et vouloir dire, trad. fr. S. Laugier et C. Fournier, Paris, Le Cerf, 2009, p. 163, je souligne.

[8] Jacques Derrida, Donner la mort, éd. Galilée, Paris, 1999, p. 30

[9]Marie Christine Agosto,  « Bartleby et les philosophes », Cned, Melville, The Piazza Tales, Paris, Armand Colin, 2002, p. 96

[10] Jacques Derrida, Donner la mort, p. 176

[11] Ibid., p. 176

mot langage expression nouveaux mots poésie écriture Citations littéraires Orages de cerveaux mots clics
Curated by MHB Numerik
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Bref, j’ai lu un bon polar, mais pas que… Impressions de Franck Balandier à propos de #Jenaipasportéplainte

Bref, j’ai lu un bon polar, mais pas que… Impressions de Franck Balandier à propos de #Jenaipasportéplainte | Mots & Langage | Scoop.it

Reçu ces impressions à propos de #Jenaipasportéplainte, d’autant plus précieuses qu’elles viennent de Franck Balandier, un auteur que j'admire.


Marie-Hélène,

Voici mes impressions après avoir achevé la lecture de ton roman policier. Je dis « policier », mais il me semble que c’est plus que ça : la chronique désabusée d’une société en voie de décomposition avancée. En ce sens, j’ai également lu un roman à connotation fortement sociale.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Dix dessins pour ne plus faire de fautes

Dix dessins pour ne plus faire de fautes | Mots & Langage | Scoop.it
La langue française est riche en pièges et mots difficiles à orthographier. Avec ces dessins, ludiques et pédagogiques, plus d'excuses ! Dans son livre ''99 nouveaux dessins pour ne plus faire de fautes'', Sandrine Campese réussit l'exploit de rendre l'orthographe amusante.
more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

#projet 86 Leaves : Habitante de New York, Elena Zaharova écrit des poèmes sur 86 feuilles mortes, éparpillées dans New York

#projet 86 Leaves : Habitante de New York, Elena Zaharova écrit des poèmes sur 86 feuilles mortes, éparpillées dans New York | Mots & Langage | Scoop.it

86 feuilles, pas moins, sur lesquelles la graphiste s’est vengée d’une vilaine période pour les États-Unis. « La semaine a été super difficile. J’étais émotionnellement épuisée, comme tout le monde. L’apathie post-électorale, associée à quelques décisions personnelles que j’ai dû prendre. C’est pourquoi j’ai décidé de créer ce projet 86 Leaves, avec des citations manuscrites de poèmes », explique-t-elle sur son site. À travers différents squares de la ville, elle a donc rendu ces morceaux de nature aux habitants, avec l’espoir de faire sourire, rêver un instant. On a ainsi pu découvrir ses feuilles à Manhattan, Washington Square, Union Square, Madison Square, Bryant Park ainsi que Tompkins Square.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Rencontre : Hélène Nicolas alias Babouillec, écrivain autiste sans parole

Rencontre : Hélène Nicolas alias Babouillec, écrivain autiste sans parole | Mots & Langage | Scoop.it
A 30 ans, Hélène Nicolas est une artiste hors norme. Diagnostiquée autiste très déficitaire, elle n'a jamais parlé ni appris à lire. Murée dans le silence pendant 20 ans, elle s'est mise à communiquer il y a 10 ans à l'aide d'un abécédaire. Auteure de plusieurs textes adaptés au théâtre, la jeune femme est l'héroïne d'un documentaire réalisé par Julie Bertuccelli, "Dernières nouvelles du cosmos".
more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Marie Cosnay : « Chargé de poésie sans plus être poète » (Création et politique 6)

Marie Cosnay : « Chargé de poésie sans plus être poète » (Création et politique 6) | Mots & Langage | Scoop.it

Le blog témoigne, essaie de le faire. Ne laisse pas filer. Il fait aussi autre chose : chaque fois que quelque chose déborde, je me mets à l’écriture d’une chronique. Cela peut être douloureux. Ce n’est pas tout à fait le genre d’un livre d’être douloureux. Un livre, chez moi, ce n’est pas douloureux. Voici une grosse différence.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Le mot « autrice » a bel et bien existé, au même titre que bien d’autres mots féminins de métiers d’ailleurs...

Le mot « autrice » a bel et bien existé, au même titre que bien d’autres mots féminins de métiers d’ailleurs... | Mots & Langage | Scoop.it

(...) L’entreprise profondément sexiste de l’Académie française a en effet eu une conséquence très concrète qui a été l’invisibilisation des femmes dans de très nombreux domaines et qui se vérifie encore aujourd’hui. Il suffit de jeter un coup d’œil aux programmes lycéens de français pour constater l’absence criante de femmes parmi les personnalités étudiées.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

"Pour "Sombre aux abords" j’ai voulu #écrire un livre en forme d’album 33t" Julien d'Abrigeon 

"Pour "Sombre aux abords" j’ai voulu #écrire un livre en forme d’album 33t" Julien d'Abrigeon  | Mots & Langage | Scoop.it

- Roman en patchwork, porté par une bande originale des plus rock #BruceSpringsteen


Le rythme [de mon écriture] ici vient de deux sources. La première est ma pratique de la lecture publique. Voilà 20 ans que j’écris pour la lecture publique des textes destinés à cela, que je ne publie pas sur papier. Je viens de la poésie-action, de la poésie sonore, milieu dans lequel je suis très actif, notamment avec le collectif BoXoN et mon site, tapin2.org.


Chroniques Bookalicious 6 septembre 2016

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

#littérature et #musique avancent de front, forment l'attelage qui fait reculer l'obscurantisme - "Un autre jour pour mourir..." roman sensible de Carole Declercq

#littérature et #musique avancent de front, forment l'attelage qui fait reculer l'obscurantisme - "Un autre jour pour mourir..." roman sensible de Carole Declercq | Mots & Langage | Scoop.it
C'est l'histoire d'une violoniste virtuose qui parvient à un carrefour de sa vie. Une déception amoureuse la fait douter d'elle même, de son aptitude au bonheur... La musique de Stefan Fraundorfer et son enseignement vont la réconcilier avec la vie et surtout l'aider à "attraper" cette émotion qui manquait tant à son jeu. Celle qui lui permettra de jouer parfaitement La Chaconne de Bach... Mais avant cela il lui faudra découvrir le secret du vieux professeur. 
more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Le souffle de Denis Strulevitch Marrisson:  une plume exigeante, pleine de souffle, de poésie. Des textes à savourer lentement, sur lesquels revenir à l’envi.

Le souffle de Denis Strulevitch Marrisson:  une plume exigeante, pleine de souffle, de poésie. Des textes à savourer lentement, sur lesquels revenir à l’envi. | Mots & Langage | Scoop.it
J’ai grandi dans une grande bibliothèque inaccessible. Elle occupait tout un pan de mur dans un grand salon-salle-à-manger. Je n’ai pas vu comment tous les livres qui la composaient étaient arrivés là.
more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Petit manuel à l'usage des poètes hésitants : De la lecture - L'Ivre de Lire

Petit manuel à l'usage des poètes hésitants : De la lecture - L'Ivre de Lire | Mots & Langage | Scoop.it
Vous êtes ce qu'on appelle un poète hésitant ? Aliénor Samuel-Hervé vous aide à franchir le pas en nous parlant avec passion de la lecture !
more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

L'exil : une crise de la langue 

L'exil : une crise de la langue  | Mots & Langage | Scoop.it

Aux souffrances de l’exil, s’ajoute celle de ne pas toujours pouvoir le dire. Les émissions que l’on réécoute aujourd’hui évoquent cette crise de la langue à travers réflexions philosophiques et propos d’artistes.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

"Auteure" Autrice"... Éliane Viennot décrit son combat pour une langue française non sexiste,

"Auteure" Autrice"... Éliane Viennot décrit son combat pour une langue française non sexiste, | Mots & Langage | Scoop.it

Depuis le XVIIe siècle, les intellectuels s’acharnent contre l’appellation d’« autrice », disqualifiant les femmes du milieu des lettres. Aujourd’hui, l’Académie française s’oppose toujours fermement à la féminisation des noms de métiers prestigieux, bien que ceux-ci s’immiscent progressivement dans les usages... À l’occasion de la publication de son nouvel ouvrage ce mois-ci, intitulé L’Académie contre la langue française : le dossier « féminisation », l’historienne et militante féministe Éliane Viennot décrit son combat pour une langue française non sexiste, ainsi que la condition des femmes dans le milieu du livre.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

"Je sais ça. Je sais que je travaille la malangue, autant qu’elle me travaille" Yannick Torlini @Diacritik_Mag

"Je sais ça. Je sais que je travaille la malangue, autant qu’elle me travaille" Yannick Torlini @Diacritik_Mag | Mots & Langage | Scoop.it

Je peux dire que je suis un homme jeune qui fait des textes. Je parle de malangue : ma-langue, mal-langue. La sale langue. Je n’ai pas trouvé mieux pour désigner ce phénomène qui creuse la phrase, qui creuse le désastre, qui creuse avec des doigts de sang et en moi-même également, comme dans une argile, évide la peau, les muscles, les os – car la malangue ronge cette langue du On dont je suis entièrement fait. Je sais cela. Je sais que j’ai vingt-sept ans, que je suis un homme jeune qui écrit, sans savoir ce qu’est écrire. Je sais ça. Je sais que je travaille la malangue, autant qu’elle me travaille : je suis un homme jeune travaillé par cette idée, absolument angoissé par cette idée. Cette idée qu’écrire est travailler une matière.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

"Un roman noir, très noir, et toutes nos plus sombres peurs actuelles s'y terrent comme de la vermine..." CALCAIRE de Caroline de Mulder | Quatre Sans Quatre

"Un roman noir, très noir, et toutes nos plus sombres peurs actuelles s'y terrent comme de la vermine..." CALCAIRE de Caroline de Mulder | Quatre Sans Quatre | Mots & Langage | Scoop.it

J'aime l'écriture, dont je n'ai rien dit encore, cette capacité complètement incroyable qu'a Caroline de Mulder à triturer la langue, à lui faire dire ce qu'elle n'a encore jamais dit à coup de ruptures, de jeu sur les sons et les images, d'alliances de mots inédites. Elle décrit magnifiquement, les gens, les lieux, les petits détails qui rendent des scènes inoubliables là, derrière la rétine, incrustées pour longtemps. Parsemée d'expressions étonnantes tirées du flamand (et aussi en VO, c'est beau et surprenant, c'est de la langue qui roule sous la dent ), le texte oblige le lecteur à considérer sa propre langue d'un œil neuf, elle le surprend par un petit décalage de la pensée à la fois drôle et profond.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Pour nous, les livres, c’était un peu le symbole de tout ce qui nous excluait. Alors on les excluait en retour, comme une vengeance. Edouard Louis

Pour nous, les livres, c’était un peu le symbole de tout ce qui nous excluait. Alors on les excluait en retour, comme une vengeance. Edouard Louis | Mots & Langage | Scoop.it
Il n’y avait aucun livre à la maison. Pour nous, les livres, c’était un peu le symbole de la vie qu’on n’aurait jamais, de tout ce qui nous excluait. Alors on les excluait en retour, comme une vengeance. On se vengeait de la culture. Même au lycée, au début, je ne lisais pas : j’ai fait un bac littéraire, mais je n’ai lu aucun des livres au programme, seulement des fiches, parce que je gardais cette haine de la culture légitime. C’était pourtant des livres super, que maintenant j’adore…
more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

King Kong Théorie de Virginie Despentes (...) communique une combativité qui en font un livre assez à part. Cloé Korman #écriture #féminine

King Kong Théorie de Virginie Despentes (...) communique une combativité qui en font un livre assez à part. Cloé Korman #écriture #féminine | Mots & Langage | Scoop.it

"Beaucoup d’écrivaines françaises se moquent de savoir s’il faut mener un combat féministe dans la vie civile, mais choisissent pourtant leur cheminement, leurs thèmes, avec le désir de parler à des femmes en vue de leur émancipation : en levant des tabous sur les violences, en racontant des destins de femmes qui surmontent les limites sociales, ou par le geste même de l’écriture qui lève ces limites. Elles ne porteront pas un discours public militant, mais elles croient au courage qu’on fait passer dans l’intimité du texte. Je pense que cette transmission a un vrai pouvoir – dans une grande diversité de textes, qui irait de Christine Angot à Delphine de Vigan. Ces écrivaines n’appellent pas à une action ou une prise de conscience collective des femmes, mais leur écriture elle-même est libératrice.


Mais il y a une force galvanisante dans un texte qui veut susciter le collectif ou la conscience collective, et j’ai beaucoup d’admiration pour King Kong Théorie de Virginie Despentes. Ce texte a une énergie et un humour vraiment exceptionnels, et j’ai constaté maintes fois qu’il communiquait aux femmes et aux hommes d’ailleurs une combativité qui en font un livre assez à part.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Comment donc parler des livres de Stefán Máni ? À ma façon, je n’en connais pas d’autres, et en plusieurs fois. Marie Van Moere

Comment donc parler des livres de Stefán Máni ?  À ma façon, je n’en connais pas d’autres, et en plusieurs fois. Marie Van Moere | Mots & Langage | Scoop.it

Un petit matin de septembre, je relis les papiers écrits à son propos et je pars marcher à l’arrière de la pointe de la Parata, sur un chemin qui tourne le dos aux rumeurs de la ville ajaccienne. C’est là que je comprends ce qui manque. J’aurais voulu écrire un article bien formaté « papier » type magazine littéraire ou supplément hebdomadaire et culturel au journal local mais ce n’est pas moi, finalement (même si j’ai proposé sans avoir de réponse – coquin de sort), et c’était ce sillon que je creusais depuis plusieurs mois. À trop turbiner ou vouloir bien faire, on prend le risque de perdre sa propre plume. Or, comment donc parler des livres de cet auteur islandais au nom si simple (ses deux premiers prénoms) que les Thorarinsson et autres Indriðason le font oublier sur les étagères des librairies françaises ? À ma façon, je n’en connais pas d’autres, et en plusieurs fois.

Marie Van Moere

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Chacun prend son élan, s’engage sur son chemin d’écriture, arpente le sentier de ses mots... Pensez Bibi

Chacun prend son élan, s’engage sur son chemin d’écriture, arpente le sentier de ses mots... Pensez Bibi | Mots & Langage | Scoop.it

Ils ont incité les piétons clermontois, les visiteurs de la Ville d’un jour à une déambulation d’écriture sauvage, tout au pied de la Cathédrale et de ses flèches noires. Tout le monde est en invitation d’écrire : Mamy en redingote, Papy à casquette, Prof en goguette, Skater du Samedi, Admirateur de loin, Ecrivant tout proche, Coutelier de Thiers, Buveur d’Aubière.


Ainsi maraudent les écritures, semant les mots par-delà les frontières du Département, mots surgissant des Puys, de nos anciennes colères, de nos présents volcans. Tout est bon pour le voyage : idées noires de nos nuits blanches, bleus à l’âme, fruits rouges, vertes espérances.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Victor Hugo "Demain, dès l’aube..."  #poèmes en emojis de @raloufpiston via ‏@tapin_2 

Victor Hugo "Demain, dès l’aube..."  #poèmes en emojis de @raloufpiston via ‏@tapin_2  | Mots & Langage | Scoop.it
Victor Hugo - Demain, dè
more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

#CeuxQuiFont Une prof de français pousse ses élèves de Clichy-sous-Bois à se réapproprier leur vie par l’#écriture 

#CeuxQuiFont Une prof de français pousse ses élèves de Clichy-sous-Bois à se réapproprier leur vie par l’#écriture  | Mots & Langage | Scoop.it

Le problème, c’est qu’il est très difficile d’enseigner parce que les élèves sont dans une grande distance par rapport aux savoirs scolaires, raconte-t-elle. A la maison, ils baignent dans plusieurs langues et cultures, ils ne sont pas imprégnés de culture scolaire comme peuvent l’être les enfants de milieu favorisé. » A cette distance s’ajoute le vécu de la relégation. Celui d’être « loin du centre », à l’image de l’enclavement de Clichy-sous-Bois. Pas un train, pas une autoroute n’y passent. Si près de la capitale, et si loin à la fois.

Pour casser cette distance, elle fait rencontrer à ses élèves des écrivains, des metteurs en scène. « Il fallait créer un lien avec la culture vivante, avec la littérature en train de se faire, pour que la littérature classique prenne tout son sens. » Dès la fin des années 1990, elle monte des ateliers d’écriture avec l’écrivain François Bon. Chaque semaine, ils se retrouvent dans un théâtre pour découvrir des textes, écrire, se lire.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Mots bleus : Commencée dans le magazine Planète Spook, cette collection d’extraits littéraires ayant trait au LANGAGE, aux NOMS propres et impropres, continue de s’enrichir…

Mots bleus : Commencée dans le magazine Planète Spook, cette collection d’extraits littéraires ayant trait au LANGAGE, aux NOMS propres et impropres, continue de s’enrichir… | Mots & Langage | Scoop.it
Une langue incroyablement étrangère…

Il n’y a pas de vitres aux fenêtres, il y a des stores et des persiennes. Sur les stores on voit les ombres des gens qui passent dans le soleil des trottoirs. Ces foules sont toujours énormes. Les ombres sont régulièrement striées par les raies des persiennes. Les claquements des sabots de bois cognent la tête, les voix sont stridentes, le chinois est une langue qui se crie comme j’imagine toujours les langues des déserts, c’est une langue incroyablement étrangère.

Marguerite Duras – L’Amant
more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

Injuriez-vous! est un petit ouvrage sérieux et instructif sur les usages de l'insulte.

Injuriez-vous! est un petit ouvrage sérieux et instructif sur les usages de l'insulte. | Mots & Langage | Scoop.it

"Tête de con", "salaud"...: certes, "les injures font partie du langage ordinaire". Mais, pour toucher à coup sûr, mieux vaut recourir aux insultes "par ricochet", notamment celles qui s'en prennent aux origines - "fils de pute", jugée très humiliante par les ados; "nique ta mère", qui touche au tabou de l'inceste. Il y a aussi un temps et un moment pour "injurier correctement", avec "une bonne analyse situationnelle et de langage".

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

"Imaginez le monde dans 70 ans" Concours de nouvelles et d'illustrations

"Imaginez le monde dans 70 ans" Concours de nouvelles et d'illustrations | Mots & Langage | Scoop.it

À l’occasion de ses 70 ans, Techniques de l’Ingénieur organise un concours de nouvelles et d’illustrations sur le thème de la prospective : « Comment la science et les techniques façonneront le monde en 2086 ». En dessins ou en textes, partagez votre vision du futur et imaginez le monde de demain avec Techniques de l’Ingénieur ! La date limite pour les envois est le 30 octobre 2016.

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

"Il est nécessaire de créer de nouveaux territoires purs sans arrêt" Tom Buron #poésie BooKalicious

"Il est nécessaire de créer de nouveaux territoires purs sans arrêt" Tom Buron #poésie BooKalicious | Mots & Langage | Scoop.it

C’est difficile de parler de son travail, hein ? Je trifouille les recoins. Tout changement, toute réforme doit se faire à l’intérieur avant d’envisager de bouleverser le dehors il me semble. Il est permis, et même absolument nécessaire de créer de nouveaux territoires purs sans arrêt – je parle de l’action vitale, des rythmes, de formes, de musiques et de sons, de style… Il y a tellement de choses à faire avec le langage et ses structures, non pas pour tromper, mais pour épuiser toutes les palettes de l’esprit…

more...
No comment yet.
Scooped by MHB Numerik
Scoop.it!

«Casseurs», «enfants malades» : Certains #mots sont plus égaux que d’autres. Devinez lesquels ?

«Casseurs», «enfants malades» : Certains #mots sont plus égaux que d’autres. Devinez lesquels ? | Mots & Langage | Scoop.it

«Des casseurs ont cassé les baies vitrées de l’hôpital des Enfants malades» : dans cette phrase, tous les mots ne sont pas à égalité. Certains disparaissent, s’évaporent avant d’arriver au cerveau. Certains mots sont plus égaux que d’autres. Devinez lesquels. «Enfants malades», évidemment. Et puis, «casseurs». Casseurs. Enfants. Malades. Casseurs. Enfants. Malades. Ils résonnent plus fort que tout, ces mots. Ils tournent dans les têtes comme un tambour de machine à laver. Ils éclipsent tous les autres mots de n’importe quel récit pouvant servir à décrire l’action.

more...
No comment yet.