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L’efficacité d’un système éducatif est liée à celle du système économique et po-litique dans lequel il s’inscrit. La faiblesse économique et idéologique de la bourgeoisie et du système politique espagnol durant le XIXe siècle et le premier tiers du XXe s’est traduite par une division entre les « deux Espagne », l’Espagne traditionnelle et l’Espagne moderne, dont l’expression éducative fut la division école publique/école privée. Cette dernière, essentiellement monopolisée par l’Église catholique, a toujours été, à quelques exceptions près, l’école des classes privilégiées.
En Espagne, la loi Générale sur l'Education (LGE) de 1970 établit un enseignement commun de 6 à 14 ans en le concentrant sur les anciennes école primaires, clairement séparées des secondaires (Lycé...
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Cet article analyse la manière dont l’obligation de rendre compte s’articule avec la définition traditionnelle de la profession enseignante dans les pays de l’Europe du Sud. Historiquement, la profession enseignante s’est définie en rupture avec la société civile et en lien fort avec l’État pour une école indépendante des Églises, des notables et des communautés où seuls des pairs peuvent évaluer la qualité d’un enseignant. Cette définition est interrogée aujourd’hui par la notion anglo-saxonne d’obligation de rendre compte (accountability) et de nouveaux modes de coordination de l’action en réseaux qui se développent autour des établissements. L’auteur caractérise cette évolution par la convergence de trois logiques d’action : le professionnalisme (reconnaissance par les pairs), la capacité à rendre compte à la société de l’utilisation des moyens mis au service de l’école et l’adaptabilité (capacité à innover en fonction des besoins locaux). En conjuguant ces logiques, les pays de l’Europe du Sud peuvent s’insérer dans les systèmes de régulation internationaux fondés sur l’obligation de résultats sans rompre avec leurs traditions.
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