(Media & Trend)
70.1K views | +0 today
Follow
(Media & Trend)
Media, audiovisuel, TV, création, réseaux sociaux, ciné, Actu, chiffres, événements, analyses. Retrouvez les news sur la page Up2date Media sur Facebook : https://www.facebook.com/up2datemedia/
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

La fusion entre Comcast et Time Warner Cable n’aura pas lieu

La fusion entre Comcast et Time Warner Cable n’aura pas lieu | (Media & Trend) | Scoop.it
Les deux cablos-opérateurs, qui avaient annoncé leur rapprochement le 13 février 2014 ont préféré jeter l’éponge face au scepticisme des autorités américaines de la concurrence.

 

La fusion géante entre les câblo-opérateurs américains Comcast et Time Warner Cable (TWC) ne verra finalement pas le jour. Les deux groupes, qui avaient annoncé leur rapprochement le 13 février 2014, ont préféré jeter l’éponge face au scepticisme des autorités américaines de la concurrence, selon des sources proches du dossier et citées, jeudi 23 avril, par l’agence Bloomberg. L’abandon de l’opération devait être officialisé dans la journée de vendredi.

Comcast, le leader du secteur aux Etats-Unis, avait initialement proposé de racheter TWC, le numéro deux, pour 45,2 milliards de dollars (41,7 milliards d’euros), soit 67 milliards de dollars dette comprise.

 

A l’issue, les deux groupes auraient cumulé 30 millions d’abonnés. Mais, depuis cette annonce, d’intenses négociations se sont engagées avec le régulateur américain du secteur, la Federal Communications Commission (FCC), pour savoir si l’opération respectait les règles de la concurrence. Il y a quelques jours, le ministère de la justice avait commencé à émettre de sérieux doutes sur la faisabilité de la fusion.

 

Mercredi, le parcours d’obstacles s’est encore un peu plus compliqué. Comcast et TWC ont rencontré des membres de la FCC et du ministère de la justice, dont le feu vert était nécessaire pour que l’opération puisse aller à son terme. Leurs interlocuteurs ont exprimé leur inquiétude quant à l’impact qu’aurait une fusion sur les consommateurs.

 

Le précédent AT&T

 

La FCC a proposé que le feu vert donné à l’opération le soit par un juge administratif. Cette procédure, qui en dit long sur le scepticisme du régulateur, a sans doute été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. L’issue finale devenant très incertaine, et malgré des dépenses en lobbying, en 2014, de 17 millions de dollars, Comcast a donc préféré renoncer.

C’est le même type de procédure qui avait été imposé à AT&T pour valider son rapprochement avec T-Mobile en 2011. On sait ce qu’il advint : la fusion avait été cassée par le juge, et l’opérateur avait dû payer 4 milliards de dollars d’indemnités à Deutsche Telekom, la maison mère de T-Mobile.

Comcast a eu beau répéter, ces derniers mois, que la fusion était dans l’intérêt public parce qu’elle permettrait de fournir aux clients de TWC un meilleur service, les autorités américaines ne se sont pas laissées convaincre.

Il faut dire que le nouveau groupe aurait détenu 30 % du marché de la télévision payante aux Etats-Unis et 57 % de celui des fournisseurs d’accès à Internet. Les deux acteurs avaient proposé quelques concessions pour faire passer la pilule. Il était notamment question de rétrocéder environ trois millions d’abonnés au challenger du secteur, Charter Communications, qui serait ainsi passé de la quatrième à la deuxième place. Mais, visiblement, la concession n’a pas été jugée suffisante.

 

Bonne nouvelle pour le consommateur

 

Le renoncement à cette fusion fait les affaires de groupes de média, comme Time Warner – dont les activités n’ont plus rien à voir avec celles de TWC –, de Walt Disney, de 21st Century Fox ou encore de Netflix, qui voyaient d’un mauvais œil la constitution de ce nouveau géant. Reed Hastings, le fondateur et patron de la société de streaming (lecture sans téléchargement) était d’ailleurs l’un des plus virulents opposants à ce projet de mariage. Netflix avait déjà dû accepter de verser d’importantes sommes d’argent à Comcast et à TWC, afin d’assurer une vitesse de connexion optimale pour ses abonnés. Réunis, les deux opérateurs auraient encore plus de poids dans ces négociations.

Du côté du consommateur, qui paie déjà des prix prohibitifs comparés à ceux pratiqués en Europe pour accéder à Internet, cette réduction du nombre d’acteurs n’aurait pas été non plus une très bonne nouvelle.

La recomposition du secteur est donc relancée. Charter Communications et son principal actionnaire, Liberty Media, l’une des holdings du milliardaire américain John Malone, qui avait fait une offre sur TWC quelques semaines avant l’annonce de la fusion, pourrait revenir dans le jeu. Mais, à l’époque, la valorisation proposée, beaucoup moins généreuse que celle de Comcast, avait été rejetée par la cible.

Il y a quelques mois, lors d’une réunion avec des investisseurs, M. Malone avait dit qu’il était prêt à envisager une nouvelle offre si jamais l’opération avec Comcast échouait. C’est désormais chose faite.

Pour TWC, qui avait fait de cette fusion la pierre angulaire de stratégie, c’est assurément un coup dur. La direction de l’entreprise a prévu d’organiser une conférence téléphonique avec ses actionnaires, le 30 avril. Le PDG du groupe, Robert Marcus, arrivé à la tête de la société seulement un mois et demi avant la vente à Comcast, avait empoché une rémunération astronomique de 80 millions de dollars. Il va maintenant lui falloir trouver un plan B capable d’assurer un futur à TWC.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Vu de Twitter : les Twittos scotchés devant "Disparue", la nouvelle série de France 2

Vu de Twitter : les Twittos scotchés devant "Disparue", la nouvelle série de France 2 | (Media & Trend) | Scoop.it
REVUE DE TWEETS – Mercredi 22 avril était diffusé le premier épisode de "Disparue", une série d'enquête autour de la disparition d'une adolescente. L'atmosphère oppressante et la qualité du casting ont convaincu sans peine les Twittos.

 

Nous sommes à Lyon, le soir de la Fête de la musique. C'est aussi l'anniversaire de Léa, 17 ans. Comme tant d'autres ce soir-là, Léa et sa cousine Chris sortent pour s'amuser. Mais au petit matin, Léa n'est toujours pas rentrée. Son père, Julien, décide de mener l'enquête. Intrigue classique, dites-vous ? Oui, mais elle fait toujours recette quand elle est bien traitée, avec les bons comédiens.

 

 


Le premier épisode de Disparue, la nouvelle série de France 2, a fait carton plein si l'on en croit les commentaires enthousiastes sur Twitter. Les humoristes Pierre-François Martin Laval et François-Xavier Demaison ont convaincu dans des rôles totalement à contre-emploi, de même qu'Alix Poisson en mère éplorée. Avec des débuts aussi prometteurs, l'attente est forte pour les deux prochains épisodes.
 

 

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Les femmes dans les séries: "Cersei Lannister joue sur le fantasme absolu"

Les femmes dans les séries: "Cersei Lannister joue sur le fantasme absolu" | (Media & Trend) | Scoop.it
La 6ème édition du Festival Séries Mania prévoit plusieurs rencontres autour de la place des femmes dans les séries. L'occasion de demander à Laurence Herszberg, responsable de l'évènement, le nom de ses héroïnes de série préférées.

 

Quid des femmes dans les séries? Passionnée par le sujet, la directrice du Forum des Images Laurence Herszberg introduit une réflexion autour de la place de la femme dans l'univers des séries dans la sixième édition de son Festival Séries Mania: "Série, genre féminin". En trois conférences et tables rondes, le festival se veut aussi un lieu de décryptage pour faire bouger l'industrie de la série à l'international, en faveur des femmes. 

 

 

Quelles sont les séries qui vous ont convaincu que cette année était la bonne pour monter "Série, genre féminin?"

 

De magnifiques séries: deux américaines avec Olive Kitteridge et Transparent et une française, Nina . 

 

Quels sont pour vous les bons personnages féminins dans les séries en ce moment?

 

Le personnage central de Tellus, Eevi, est fascinant: elle renonce à sa vie personnelle pour ses convictions et doit en même temps gérer une histoire d'amour, dans un mélange de fragilité et de force. Il y a aussi les trois personnages de jeunes femmes des années 1970 de La vie devant elles (France 3). Et aussi tous les personnages de Girls, parce qu'ils sont réels et racontent une histoire. 

 

The Affair raconte des intrigues d'adultère à travers deux points de vue: celui de l'homme et celui de la femme. La créatrice de la série (une femme!) a très bien montré combien le rapport à la séduction est différent chez les deux protagonistes.  

 

Dans Olive Kitteridge, on a une femme revêche qui a du mal à s'ouvrir à la vie.Frances McDormand (qui est aussi la femme de Joel Cohen, et la lauréate d'un oscar pour Fargo) qui porte le rôle éponyme de la série, n'est pas maquillée. En plus, on la voit vieillir: ça change! 

 

 

Justement, qu'est-ce qui a changé dans la représentation des femmes dans les séries ces dernières années?

 

Il y a vraiment eu une évolution. Pendant longtemps, les femmes ne tenaient pas les rôles centraux, se contentant d'être en tandem, notamment dans les séries policières. Là, on commence à voir un changement. La série Sirens développe un personnage intéressant: l'héroïne est toute seule à mener ses enquêtes alors que normalement les femmes-flics sont en tandem.  

 

Autre exemple, Homeland, adaptation de la série israélienne Hatoufim. Le personnage central est une enquêtrice de la CIA, qui n'existe pas dans la série originelle. Les Américains ont voulu créer une femme, avec des fêlures. De même, le personnage central de How to get away with murder est une femme, avocate et noire. C'est quelque chose qui émerge chez les Américains. 

 

Pour vous, quand a commencé le changement?

 

Ce sont les Etats-Unis qui ont commencé à mettre les femmes à l'honneur. Dans les années 2000, il y a évidemment eu Sex and the City qui a ouvert beaucoup de portes dans le monde de la série et de la télé. Enfin, on parlait explicitement de la sexualité des femmes. Desperate Housewife a ensuite abordé le thème de leur frustration sexuelle. Ce qui a donné Weeds, et Girls aujourd'hui. Cette série montre autre chose que des stéréotypes et place un langage cru sortant de la bouche des femmes. Il y a aussi Orange is the New Black, qui montre l'homosexualité dans un univers carcéral féminin.  

Sex and the city

 

 

 

Qu'en est-il de cette évolution dans les séries françaises?

 

En France, on a du retard, mais on bouge. Chez nous, les femmes sont encore flic, avocate, infirmière. Il y a une sorte de poids institutionnel qui pèse sur les représentations de la femme, sans doute lié au poids de la République. Dans Maison close (Canal +) par exemple, le sexe est abordé par l'entremise de la prostitution, admis dans un code que les gens comprennent. Il y a également une tentative de ce genre, avec Q.I. (OCS), où l'héroïne passe du porno à la philo. On commence à peine à faire bouger le rôle des femmes. On avait Nathalie Baye qui portait la série Les Hommes de l'ombre. Mais l'histoire et les contraintes de contrat (Nathalie Baye ne signe pas pour la saison 2, ndlr) ont fait qu'elle est devenue la femme du président lors de la saison suivante, démarche inverse de la prise de pouvoir de la femme dans cette histoire. Candice Renoir présente bien un personnage féminin fort, mais dans le cadre des codes policiers classiques, en prenant moins de risque. Par contre, Mafiosa sort de l'ordinaire. 

 

Vos invitées au coeur des "rencontres" du Festival sont toutes britanniques. Est-ce pour montrer que la Grande-Bretagne a un coup d'avance sur la place des femmes?

 

Les grands invités sont souvent des showrunners. Je ne pense pas que les Anglais soient plus en avance que les Américains. Shonda Rhimes, scénariste américaine de Grey's Anatomy, Scandal et How to get away with murder est d'ailleurs la grande "showrunneuse" des personnages féminins dans les séries. Je rêve de l'avoir un jour au festival. Mais elle reste une exception dans le panel de l'industrie des séries. 

 

Comment la femme est-elle représentée dans les séries en général?

Il y a deux faces: d'un côté les séries parlent d'émanciper les femmes, et de l'autre, il y a des gros clichés. L'évolution n'est donc pas complétement linéaire. Dans la réalité, on ne s'assoit pas sur le bureau des collègues, on ne porte pas toujours des blousons en cuir et surtout, on ne court pas avec des talons: ça, on ne sait pas faire! On a encore du mal à sortir des rôles archétypaux.  

 

J'aimerais que les scénaristes donnent de beaux rôles aux femmes entre 40 et 50 ans, mais on est sur la bonne voie. C'est pourquoi le Festival Séries Mania organise une table ronde autour de la question de la femme-flic, parce que c'est là qu'il y a le plus de boulot. Tout en sachant que la série est souvent en avance sur le cinéma, au niveau des représentations, comme celle du sexe. 

 

Candice Renoir, "femme-flic"

 

 

 

 

Quels sont les personnages féminins qui fonctionnent davantage auprès du public et pourquoi?

 

En général, il s'agit d'une femme atypique et forte, qui puisse séduire le public. Borgen a présenté une femme avec une grosse personnalité, et ça a marché. Pareil pour The Bridge. Bien que l'héroïne forme un tandem avec l'inspecteur, elle a clairement le lead alors même qu'elle est atteinte du syndrôme d'Asperger. Je pense aussi à Game of Thrones qui réussit un tour de force par son côté choral, le côté fouillé de chacun de ses nombreux personnages, le visuel, et les souccouches politiques de l'intrigue. Les femmes de cette série sont fortes et accèdent au pouvoir tant convoité. Daenerys Targaryen est le personnage qui marque le plus, avec tout son potentiel de pouvoir et de sexualité. D'ailleurs, dans notre sélection de personnages féminins, il y a plein de beaux rôles de femmes, mais s'il y a un rôle que l'on retient, c'est celui de Daenerys. A ses côtés, on retient le personnage de Cersei Lannister qui joue sur le fantasme absolu. Et Arya Stark, un rôle transformant une petite fille en garçon. 

Daenerys Targaryen 

Emilia Clarke incarne le rôle de la princesse au caractère ferme et généreux.

 

Dans un autre registre et un autre format, le côté loufoque et girly de la web-série franco-chinoise Ex-Model, qui retrace l'effort d'une mannequin trentenaire, obligée de se reconvertir professionnellement, marche très bien. 

 

A votre avis, y a-t-il plus de places pour les personnages de femmes sur le Web qu'à la télé?

 

Le Web est un laboratoire qui permet une forme d'expression encore plus libre, mais les femmes ont tout autant leur place à la télévision. Si l'on prend la série syrienne Umm Abdo, c'est très impressionnant: en Syrie, dans les décombres, on suit le quotidien du personnage central qui n'est autre qu'une petite fille de 9 ans qui joue le rôle d'une mère de famille. Ça, c'est osé! 

 

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Faire mieux avec moins : le défi de la nouvelle capitaine de France Télévisions

Faire mieux avec moins : le défi de la nouvelle capitaine de France Télévisions | (Media & Trend) | Scoop.it
Numérique, fusion des rédactions France 2-France 3 et identité de France 3 comptent parmi les grands chantiers à venir pour France Télévisions .

 

Les jeunes, le numérique, l’audace, France 3, la fiction française… Sur le bureau de Delphine Ernotte, la nouvelle responsable de la télévision publique française, les dossiers – plus ou moins chauds – s’accumulent.

 

En théorie, les ouvrir n’est déjà pas une mince affaire. En pratique, ce sera encore pire. Car la présidente de France Télévisions devra faire avec des équipes soucieuses et, surtout, avec une contraction de ses moyens financiers, au moins jusqu’en 2017. La direction sortante, qui dit avoir diminué les charges du groupe de 300 millions d’euros par an par rapport au contrat initial 2011-2015 avec l’Etat, juge compliqué, voire impossible, de faire davantage d’économies – « sauf à repenser le périmètre d’activité », soufflait mi-avril Fabrice Lacroix, le directeur financier actuel, aux « Echos ». Ou les limitations en matière de publicité…

 

La « chance du débutant », si l’on ose dire, c’est que le gouvernement a promis, suite au rapport Schwartz, de passer d’une « logique de tutelle à une logique actionnariale ». En clair, le gouvernement s’est engagé à moins s’immiscer dans la vie interne de l’entreprise et des programmes. Et à ne pas modifier sans cesse ses engagements financiers – ou ses exigences –, l’un des grands drames de France Télévisions.

 

Dans ce cadre, Delphine Ernotte va devoir jouer finement sur deux tableaux tout aussi complexes. En interne, elle devra poursuivre la réforme de l’entreprise, dans la sérénité – si possible. Depuis son arrivée, Rémy Pflimlin s’est attaché au chantier de la fusion des rédactions de France 2 et France 3. Il est déjà engagé, mais il faudra finaliser les négociations avec les syndicats – sachant que la CGT vient de redemander le retrait du projet.

 

France 3, point sensible

 

Concrètement, France 3 est le point sensible. Avec 3.550 salariés, la chaîne est au cœur du service public offert par France Télévisions, avec sa dimension « territoires », comme on dit vilainement à Paris. Mais, le rapport Schwartz le pointait, la chaîne manque de cohérence entre son antenne nationale et ses décrochages régionaux et mériterait une mise à jour de ses programmes.

 

En externe, la présidente devra affronter « l’entourage » de France Télévisions : le petit monde de la production audiovisuelle et ses différentes tutelles étatiques. Pour résumer sommairement, chacun demande à France Télévisions de faire preuve de plus d’audace et d’innovation dans sa programmation, notamment dans la fiction. Et certains, mais pas tous, de penser davantage à la jeunesse.

De fait, la moyenne d’âge de l’audience de France 2 et de France 3 approche la soixantaine d’années. A cet égard, le numérique a un joli rôle à jouer dans le rajeunissement de l’audience.

 

Le groupe a dépensé 78 millions d’euros en 2014 pour ses plates-formes (Pluzz, France TV Info, Culturebox…) qui n’ont rapporté que 23 millions. A vrai dire, France Télévisions ne peut décemment pas faire l’impasse sur ces deux questions. De fait, la part d’audience du groupe est tombée à 28,8 % en 2014, contre 35 % en 2008. Contre 22,9 % pour TF1. La faute à la concurrence (la TNT), mais surtout aux nouveaux écrans. Aujourd’hui, la télévision fait partie d’un tout médiatique qui dépasse largement la petite lucarne. A France Télévisions de s’adapter et de montrer la voie.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Polémique : la une du magazine ELLE en Ukraine jugée prorusse

Polémique : la une du magazine ELLE en Ukraine jugée prorusse | (Media & Trend) | Scoop.it
Une polémique agite l'Ukraine à propos de la une de l'édition ukrainienne du magazine ELLE, montrant une actrice vêtue d'une robe orange et noir, les couleurs du patriotisme russe et signe de ralliement des séparatistes dans l'Est.La controverse a démarré quand des publicités pour le prochain numéro, daté de mai et censé paraître lundi, ont été affichées dans les rues, révélant une couverture consacrée à l'actrice américaine Michelle Williams.

 

Elle y porte une robe rayée orange et noir, les couleurs de l'ordre russe de Saint-Georges, utilisé par les rebelles prorusses.

La rédaction du magazine s'est défendue de tout soutien aux séparatistes, expliquant avoir repris la même une que l'édition britannique du mois d'avril.

«L'héroïne de la couverture de notre magazine de mai est l'actrice Michelle Williams, qui porte une robe de la collection printemps-été de la marque française Louis Vuitton. Les photographies, réalisées par l'équipe internationale de ELLE, proviennent de l'édition britannique», a-t-elle écrit sur sa page Facebook. «Les lecteurs, qui ont vivement commenté la couverture sur les réseaux sociaux, en déduisent des choses qui n'existent pas», a ajouté la rédaction de ce journal de langue russe, tiré à 72.000 exemplaires en Ukraine.

Jointe par l'AFP, la rédaction a précisé qu'un système de «double couverture» allait être mis en place, une nouvelle image se superposant à la précédente pour la vente en kiosque. Présentée sur Facebook, la nouvelle une montre toujours Michelle Williams, portant cette fois une tenue blanche et noire.

«C'est pour éviter des actes de vandalisme au niveau des points de vente», a ajouté ELLE Ukraine, précisant qu'une «telle réaction ne s'expliquait que par une seule chose: la politisation de la société». Plusieurs affiches montrant la une controversée du magazine avait déjà été retirées jeudi des rues de Kiev.

Le conflit entre forces régulières ukrainiennes et séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine a fait plus de 6.000 morts en un an et a largement divisé la société ukrainienne.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

D’Orange à France Télé, Delphine Ernotte-Cunci, une femme de réseaux

D’Orange à France Télé, Delphine Ernotte-Cunci, une femme de réseaux | (Media & Trend) | Scoop.it
Après plusieurs semaines de procédure chaotique, le CSA a choisi un profil de «manager» pour succéder à Rémy Pflimlin à la tête du groupe audiovisuel public.
Qui est Delphine Ernotte-Cunci, nouvelle présidente de France TV ?

Avec une journée de retard, la fumée blanche a fini par sortir de la tour Mirabeau, le siège du CSA : c’est Delphine Ernotte-Cunci, l’actuelle directrice exécutive d’Orange France, qui présidera à partir du 22 août et pour les cinq prochaines années aux destinées de France Télévisions. A 48 ans, cette ingénieure de formation est un pur produit du monde des télécoms : elle a effectué l’ensemble de sa carrière chez l’opérateur historique du secteur dans l’Hexagone. Elle devient la première femme à diriger le mastodonte de l’audiovisuel public français aux 10 000 salariés - 88 000 chez Orange France - et 2,85 milliards d’euros de budget.

 

Un profil de «manager», voire de «cost killer», s’étaient déjà émus plusieurs syndicats de France Télé à l’annonce de sa candidature, officiellement restée secrète. En outre, elle n’a pas la moindre expérience de la télévision. C’est pourquoi elle s’est entourée de nombreux soutiens (l’ex-conseiller audiovisuel et culture à l’Elysée David Kessler, qui s’occupe depuis de cinéma chez Orange, le consultant en communication Denis Pingaud déjà présent aux côtés du PDG de Radio France, Mathieu Gallet). Ils l’ont aidée à ficeler son projet, dont on ne connaît rien si ce n’est qu’il ferait 30 pages. Delphine Ernotte s’est imposée face à Pascal Josèphe, pour le coup un vrai pro de la petite lucarne. En l’élisant, le CSA a en tout cas pris à nouveau le risque de la nouveauté, un an après avoir choisi à la surprise générale l’outsider Mathieu Gallet pour préparer, avec le succès que l’on sait, la mutation numérique de Radio France.

Échelons. Jusqu’au bout, cette nomination aura donné l’image d’une procédure chaotique, secrète et mal maîtrisée. Alors que la réforme du mode de nomination des dirigeants de l’audiovisuel public mise en place par François Hollande en 2013 était censée mettre fin au fait du prince sarkozyste et à l’arbitraire, le choix du CSA se sera déroulé dans la plus grande opacité. «Pantalonnade», «Dallas», la décision de procéder jeudi après-midi à d’ultimes auditions de dernière minute afin de départager les deux derniers candidats aura relancé de plus belle la polémique sur l’anachronisme d’une sélection anonymisée à l’ère de l’information instantanée et des réseaux sociaux.

 

Le CSA a eu beau s’en tenir à annoncer une seconde audition «des deux personnalités concernées», le secret de Polichinelle avait déjà fuité sur la toile depuis les premières heures de la matinée.

Les finalistes sortis d’une «short list» qui comprenait sept noms étaient donc Pascal Josèphe, consultant en expertise médias à la tête sa propre structure, IMCA, et Delphine Ernotte. Autrement dit, un pur produit de la télévision grandi dans l’ombre d’Hervé Bourges, grande figure du PAF triomphant de la fin du XXe siècle et une ingénieure femme de «réseaux» - fixes et mobiles, mais aussi politiques et économiques -, qui a gravi tous les échelons de l’opérateur historique depuis 1989, jusqu’à en devenir la numéro 2 à partir de 2011, en charge de l’Hexagone. Un profil de créatif, concepteur de grilles et de programmes qui aura connu les grandes années d’une «folle du logis» dont la consommation ne cessait alors de croître, face à une gestionnaire rompue aux logiques industrielles.

 

Mercredi soir, au terme de deux longues journées d’auditions - deux heures par candidat à raison de quarante-cinq minutes de «propos linéaires» et de quatre-vingt-dix de questions-réponses -, un premier vote avait attribué quatre voix à Delphine Ernotte, trois à Pascal Josèphe et une à Rémy Pflimlin, actuel PDG de France Télé. Les autres candidats - Christophe Beaux, Nathalie Collin, Robin Leproux, Cyrille du Peloux - ont fait chou blanc.

 

Bookmakers. Les huit «sages» du CSA avaient donc convenu de se retrouver jeudi matin afin de choisir rapidement et à bulletins secrets un successeur à Rémy Pflimlin, alors que le microcosme en était déjà à évaluer les chances des deux derniers prétendants. Sauf qu’au lieu de sortir un nom de leur chapeau, le collège s’est divisé en deux blocs d’importance égale : quatre voix pour Delphine Ernotte qui selon les bookmakers du PAF tenait la corde et quatre autres pour Pascal Josèphe.

Une situation de blocage d’autant plus insoluble que le président du CSA, Olivier Schrameck, a renoncé à la prérogative prévue par le règlement intérieur de l’autorité : elle lui donne droit à une voix prépondérante comptant double mais qui l’oblige dans ce cas à rendre public son vote. Il aura donc fallu 24 heures aux 8 sages pour se mettre finalement d’accord et choisir une inconnue du PAF désormais en charge d’inventer la télévision publique de demain.

 

LA DÉCISION MOTIVÉ DU CSA :Décision du CSA sur Delphine Ernotte publié par Liberation.fr
more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

“La télé publique doit en finir avec le pouvoir excessif des sondages”, Thierry Garrel, ex-patron du doc à Arte

“La télé publique doit en finir avec le pouvoir excessif des sondages”, Thierry Garrel, ex-patron du doc à Arte | (Media & Trend) | Scoop.it
Laisser le temps aux responsables de programmes de constituer un public sans se soucier de l’Audimat : c'est ce que prône Thierry Garrel, ancien directeur de l'unité documentaire d'Arte France, dans cette lettre ouverte.

A quoi devrait ressembler une télévision de service public en 2015 ? A quelques jours de la nomination d'un nouveau président à la tête de France Télévisions, nous avons posé cette question à dix personnalités – philosophe, chercheur en communication, producteur, réalisateur de fiction et de documentaire, publicitaire. A chacun sa réponse, en fonction de profils que nous avons voulus volontairement très différents. Aujourd'hui Thierry Garrel, ancien directeur de l'unité documentaire d'Arte France. Demain : Alexandre Moatti.

 

Deux ou trois choses que je sais d’elle     

 

Vancouver, le 4 avril 2015

 

Cher téléspectateur, mon frère,

 Je l’ai servie trente-neuf ans et quelques mois, puis laissée il y a sept ans bientôt, pour d’autres délices à l’autre bout du monde. Est-il pour autant bien sage, comme m’y invite votre hebdomadaire préféré, de « revenir sur le lieu de mes crimes » pour faire la leçon à ceux qui restent ou viennent après moi ? Comment ignorer que dessiner une télévision de service public idéale, à l’heure où « un nouveau pape va être appelé à régner » sur France Télévisions, implique, outre quelques fortes convictions sur ses usages et ses pratiques, une très complexe ingénierie sociale, réglementaire, voire législative ? Aussi faut-il rester modeste : il ne s’agira dans ce courrier que de quelques réflexions « de bon sens », nourries d’une (longue) expérience en terrain miné. Voyons un peu ! Je m’étais amusé l’an dernier à envoyer à mes anciens collègues et amis, responsables des programmes documentaires de la télévision publique, des vœux en forme de prêche, leur souhaitant d'« être plus courageux dans[leurs] choix, d'avoir plus que jamais le goût des œuvres fortes, de ne pas douter des insondables mais riches attentes du public de [leurs] contemporains, d'outrepasser avec conviction [leurs] certitudes établies ou [leur] résignation ». Leurs réactions promptes ou tardives m’ont montré l’irrévérence, l’impertinence d’un tel acte à l’égard de ces hussard-e-s noir-e-s de la République médiatique, qui quotidiennement « rament » et se débattent – entre les contradictions et les rigidités du système et les incertitudes inhérentes à toute création – pour préserver leur foi dans une mission qu’ils savent de la plus haute importance pour la santé de nos sociétés en crise. Mais puisque les récentes mobilisations du milieu professionnel et des créateurs y invitent, commençons par le documentaire qui, comme nous en avions fait un temps notre slogan à l’unité documentaire d’Arte France – vous êtes trop jeune pour vous en souvenir ! –, « est la télévision même ». Qu’est-ce qu’un documentaire ? Et d’abord qu’est-ce qu’un documentaire, au fond, sinon le plus court chemin entre deux têtes ? Une manière pour des auteurs de partager avec leurs prochains – nous, les spectateurs de tout âge et de toute origine – leurs expériences du monde, leurs interrogations comme leurs révoltes ou leurs passions. Sans laisser de côté aucun domaine de ce patrimoine mondial d’œuvres, de pensées et de luttes que le passé nous a légué. Mais non plus la réalité vibrante et incandescente de « ce qui est » (« le monde est tout ce qui arrive »). De le faire – bien souvent en deçà et au-delà des mots, les mots savants qui creusent des fossés entre les classes et les générations – avec des images et des sons organisés dans une continuité, ce qu’on appelle des « films ». C’est toute une génération qui pratique désormais cet art du temps qui est aussi un art de notre temps, et simultanément une entreprise de connaissance et une nouvelle forme d’engagement citoyen pour une société meilleure. Peut-on dire que la télévision d’aujourd’hui a fait sienne cette vision ? J’en doute fort. Alors qu’une nouvelle culture est en train de se développer avec le film documentaire, à l’émergence de laquelle la télévision publique a indéniablement contribué dans les années 90, elle me semble avoir accumulé ces dernières années d’inquiétants retards, confirmant une fois de plus l’adage selon lequel les télévisions sont toujours plus primitives et conservatrices que les sociétés et les publics mêmes qu’elles ont la mission de servir. Certes, le documentaire a apparemment reconquis dans les grilles la place de choix qu’il mérite. Mais, à y bien regarder, sous des formes et des formats de plus en plus conformistes. La télévision publique reste obsédée par les « questions de cours » – les contenus ou les gens qu’il serait bon de mettre au programme parce qu’ils sont « connus » ou que les anniversaires du calendrier y invitent. Tout plutôt que les aventures de connaissance et les expériences de poésie pratique que lui proposent des auteurs engagés dans leur époque. « Du nouveau, du nouveau… pourvu que cela ressemble à l’ancien ! » écrivait déjà Michel Bonnemaison. Le « succès » des émissions historiques est à cet égard un bon exemple : on se contente le plus souvent d’y répandre une vulgate de troisième main dans des formats souvent très pauvres et convenus. Les célébrations y succèdent aux exécrations, sans le trouble que le rapport au passé devrait créer pour mieux nous inciter à vivre autrement notre présent. Aspirer à une télévision d'auteur Non, la « qualité française » des « professionnels de la profession » – et il y a assurément parmi eux des professionnels vraiment talentueux – ne me semble plus suffire. C’est à une télévision de première main, une télévision d’auteur que nous aspirons. Vous l’ignorez peut-être : nombre d’auteurs de grand talent ne trouvent plus aujourd’hui que dans les petites chaînes et une économie de misère les moyens de financer leurs documentaires et de poursuivre leur œuvre, confinée dans les nombreux festivals qui ont éclos un peu partout mais restent limités à des publics de taille modeste. Au nombre des missions de la télévision publique, il faudrait donc désormais compter celle de diffuser – sinon de financer – cette culture nouvelle, capable de communiquer des complexités, des éclairages, voire des paradoxes sur toutes les questions de la vie. C’est pourquoi il me semblerait salutaire de créer dans les grilles de programmes, à côté des cases dites « thématiques », non une mais plusieurs cases régulières dédiées aux documentaires de création. Et que l’on ne réplique pas que ces cases deviendront des « ghettos ». L’argument a déjà été abondamment utilisé au démarrage de la Sept, l’ancêtre d’Arte, pour la déconsidérer. Voyez où elle en est aujourd’hui ! Une case « confidentielle » comme La lucarne, qui va bientôt fêter ses 20 ans, a montré, en dépit de moyens financiers très limités, qu’elle savait regrouper un public varié et constituer une référence dans le monde de la création audiovisuelle mondiale. Ne jouons plus sur le mot « création » : toutes les productions audiovisuelles ne se valent pas. C’est pour cela que l’on trouve dans les musées des conservateurs permanents ou des commissaires dont la tâche est de détecter les créateurs et de les aider à faire mûrir leur talent. C’est pourquoi une télévision publique ambitieuse doit savoir, pour mieux servir son public, remettre plus que jamais les responsables de programme au centre de son dispositif, en confiant à des personnes porteuses d’une vision une vraie fonction d’éditeur de programme – de « commissioning editor » ou de « curator » –, sans lesquelles il ne saurait y avoir de culture vivante. Leur donner (dans des mandats déterminés mais renouvelables, car le travail de programme demande la longue durée) plus de pouvoirs, tout le pouvoir pour initier, coproduire et programmer les œuvres et les auteurs qu’ils estiment pour vous les plus novateurs, pour prendre des risques calculés sans être contraints d’en référer à deux ou trois niveaux de hiérarchie. Leur laisser aussi le temps de vous rassembler, de constituer un public sans être immédiatement jugé à l’aune de l’Audimat. Il faut en finir avec le pouvoir excessif donné aux services des sondages et du marketing ! C’est une idée trop étroite des publics auxquels la télévision s’adresse qui a amené les programmateurs à reculer devant la prise de risque de la singularité d’une approche ou d’une écriture. Et puis il y a les indices d’écoute qui neutralisent implacablement et sans appel toutes les données qualitatives – ou simplement la foi intuitive dans la richesse d’un nouveau programme. « Le documentaire a fait 1 % ? Chouette, on va pouvoir le rediffuser parce que 99 % des gens ne l’ont pas encore vu ! » disait dans un sourire Claude Torracinta de la Télévision suisse. Vous le savez bien, les indices ne mesurent en aucune façon l’écoute réelle d’un programme, mais sont seulement des extrapolations arithmétiques du nombre de postes allumés d’un échantillon. Cela va – à la rigueur – pour compter les « cibles » que les publicitaires souhaitent bombarder. Certainement pas pour se faire une idée de ce que le programme apporte aux spectateurs. On en sait toujours aussi peu sur ce que les images font aux gens et sur ce que les gens font des images qu’ils consomment, sur leur impact réel par conséquent, qui devrait rester la préoccupation première d’un service public. Des chaînes malades Les mesures d’audience – assez primitivement « pré-pavloviennes », quand on y songe ! – ne sauraient se substituer à une ambition culturelle assumée. Elles le font pourtant chaque jour, et les « meilleures » chaînes sont malades, malgré toutes les dénégations, de ce thermomètre permanent que le système publicitaire a imposé.« Le public n’est grand que quand on le fait grandir », disait déjà il y a plus de vingt ans le regretté Yves Jaigu. A trop chercher à conquérir son public en lui présentant ce qui va « faire » de l’audience plutôt qu’essayer de le construire, la télévision publique a détourné d’elle une partie non négligeable de la population. Le ver est dans le fruit quand on s’obstine à vouloir à tout moment « rassembler le plus grand nombre possible de spectateurs », ce qui, bien entendu, contribue à privilégier une vision globale et unifiée du monde, aux antipodes de visions plurielles – subjectives mais humainement fondées – des vraies questions qui l’agitent. L’érosion des publics de notre télévision n’est-elle pas également causée par la perte de son caractère surprenant, par la prévisibilité de ses écritures tout autant que de ses thématiques ? Plutôt qu’à « tous les spectateurs », il s’agirait de s’adresser à « tout le spectateur », comme le contre-proposait déjà finement – encore lui – Yves Jaigu ! C’est-à-dire à toutes ses dimensions sensibles, poétiques, politiques et existentielles. La télévision publique doit savoir cultiver sa différence dans un univers où tout concourt désormais à forger de l’indifférence. La télévision linéaire et programmée, que l’on a trop vite enterrée depuis Internet, a encore de beaux jours devant elle. Ne la laissons pas se scléroser dans la répétition de formats éculés ! Il faut oser l’inattendu, proposer (allez, une fois par mois au moins !) de bouleverser la grille, s’essayer à des formes nouvelles de programme en confiant la programmation de soirées entières à des personnalités. Créer des événements de télévision autonomes avec l’ambition d’enrichir l’expérience des téléspectateurs – votre expérience. Mais aussi offrir des émotions mémorables, fût-ce pour un moindre public, susciter des controverses, de vrais forts intérêts individuels sans lesquels il n’est pas d’impact réel sur une société, ce qui en dernière analyse reste la véritable raison d’être d’un service public. Un dernier souhait, puisqu’il est permis – sinon requis – de rêver : que la télévision publique… soit dotée d’un budget supérieur ! Depuis la funeste diminution de la redevance audiovisuelle (à ma connaissance, unique en Europe), démagogiquement mise en œuvre, il y a trois décennies, par un certain François Léotard, ministre de Chirac, la France n’a jamais pu rattraper ce décrochage de ses deux grands voisins anglais et allemand. Je doute cependant qu’aucun des prétendants se sente autorisé à rappeler devant les sages du CSA cette désolante mesure, qui a durablement amputé les moyens de notre service public. L’heure n’est pas à l’augmentation des taxes et impôts : moins d’Etat, moins d’espace public ! Mais en attendant – et alors que la « contribution à l’audiovisuel public » se monte en France à moins de 12 euros par mois, le prix d’une place de cinéma ! – les services privés de communication fournis par les grands groupes se « goinfrent » insolemment, le plus souvent pour déverser à flots ce qu’Armand Robin nommait déjà « la morne ondée du sous-langage ».

 

Voilà, cher téléspectateur, quelques idées dans le désordre – et une colère – qui, je vous l’accorde, valent à peine mieux que le café du commerce du « y a qu’à ».

 

Aussi m’arrêterai-je ici, vous souhaitant le meilleur et remerciant votre hebdomadaire pour cette initiative en tout état de cause salutaire.

 

Bien cordialement,

 

Thierry Garrel

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Télé publique : “La prise de risque, c'est l'antidote de la sclérose”, Julie Bertuccelli

Télé publique : “La prise de risque, c'est l'antidote de la sclérose”, Julie Bertuccelli | (Media & Trend) | Scoop.it
France Télévisions reste trop obnubilé par les courbes d’audience, dénonce la réalisatrice Julie Bertuccelli, qui invite le futur président du groupe d'audiovisuel public à expérimenter davantage. France Télévisions, pour l’amour du risque 

France Télévisions. Un nom porteur d’une ambition, celle d’un service public. Au même titre que l’éducation nationale, la santé publique ou la justice, le pouvoir politique a estimé en son temps que la télévision publique était, à juste titre, essentielle au citoyen. Un fameux triptyque résume les tables de la Loi : « cultiver, informer, distraire ». Nous sommes nombreux à penser que l’existence d’un service public de l’audiovisuel devrait être inscrite dans la constitution. Manière de sanctuariser la vocation de ce bel outil, au-delà des modes, des époques, de ses dirigeants et du pouvoir en place. Il est tout aussi impératif d’obtenir du législateur une sanctuarisation de son financement qui ne peut être soumis chaque année au vote du budget ou aux revirements politiques de la tutelle. Non, France Télévisions n’est pas une entreprise comme les autres et France Télévisions a besoin de stabilité.

 

Les attentats de janvier – les avons-nous déjà oubliés ? –  nous ont rappelé que l’éducation, l’information et la culture devaient être des priorités nationales. En 1848 déjà, Victor Hugo expliquait à l’Assemblée pourquoi il voterait contre les économies budgétaires en matière culturelle.  

 

« … Quel est le grand péril de la situation actuelle ? L'ignorance. L'ignorance encore plus que la misère. L’ignorance qui nous déborde, qui nous assiège, qui nous investit de toutes parts. C'est à la faveur de l'ignorance que certaines doctrines fatales passent de l'esprit impitoyable des théoriciens dans le cerveau des multitudes. Et c'est dans un pareil moment, devant un pareil danger, qu'on songerait à attaquer, à mutiler, à ébranler toutes ces institutions qui ont pour but spécial de poursuivre, de combattre, de détruire l'ignorance. (…) Quand donc comprendra-t-on que la nuit peut se faire dans le monde moral et qu'il faut allumer des flambeaux dans les esprits ? » Dans certains domaines, la raison doit résister à l’air du temps.

Les difficultés structurelles et conjoncturelles de l’audiovisuel public (télévision ET radio) sont le fruit d’une responsabilité partagée par les équipes dirigeantes et par le pouvoir politique. Les uns et les autres sont-ils à la hauteur des enjeux et de leurs ambitions affichées ? 

Le prochain président de France Télévisions est prévenu : il lui faudra faire plus et mieux… avec moins de moyens, a annoncé Fleur Pellerin. Est-ce bien raisonnable ? Etranglée dans les contradictions budgétaires, France Télévisions fait déjà beaucoup avec moins. Contrairement aux chaînes commerciales, le groupe public utilise le web ou encore France 4, – sa dernière-née hélas trop confidentielle – comme laboratoire. Tant mieux. Il faut aller plus loin, expérimenter davantage, mobiliser les talents, et surtout leur permettre de s’exprimer en toute liberté sur toutes les chaînes du groupe.

 

Le poison du formatage

 

Si les auteurs de documentaires que je représente expriment parfois leur colère vis-à-vis du service public, c’est qu’ils l’aiment, conscients qu’il demeure leur terrain d’expression naturel. Mais ils s’interrogent : cet amour est-il mutuel ? Leur imaginaire, leur raison d’être, butent souvent sur de mauvais arguments. Toute discussion autour de la création est envenimée par le poison du formatage et la prétendue attente d’un hypothétique téléspectateur-type qui aurait besoin qu’on lui « tienne la main ». Au cours du processus de fabrication des films, nous devons bien entendu être réceptifs aux remarques et critiques de nos interlocuteurs au sein des chaînes. Mais ils outrepassent leur rôle avec leurs injonctions à couper quelques secondes de silence, à choisir nos mots ou le ton de la voix off. À force de voir des films conçus sur le même mode, des narrations formatées, des voix interchangeables, tout finit par se dissoudre et se ressembler. « Des gaufres, toujours des gaufres » dirait Picasso. N’en déplaise, nos films ne sont pas des gaufres, nous auteurs ne sommes pas des prestataires mais des partenaires. Nous pensons qu’un bon film soulève parfois plus de questions qu’il n’apporte de réponses, qu’il doit laisser l’espace à l’imaginaire du téléspectateur. Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : le regard de l’autre est aussi notre première préoccupation.

 

C’est un pari sur l’intelligence qui doit mobiliser France Télévisions. Libérée de la publicité en soirée, le groupe reste obnubilé par les courbes d’audience. La culture du chiffre, celle du plus grand nombre, ne saurait constituer une politique, pas même du coin de l’œil. Le goût du risque, l’audace, la diversité des genres et des regards, le respect des écritures singulières constitueront l’enjeu majeur de la prochaine mandature de France Télévisions. Le futur dirigeant et la tutelle étatique doivent conjointement l’assumer.

 

La peur n’est jamais bonne conseillère et la crainte de l’échec paralyse la réussite. Plus de trente candidats se sont déclarés pour gérer la pénurie, je ne saurai trop les inviter à faire de la prise de risque le fer de lance de leur politique éditoriale car c’est l’antidote de la sclérose, la sève qui permettra à France Télévisions d’être souvent ce qu’elle est parfois, une belle télévision, publique de surcroît.

 

A quoi devrait ressembler une télévision de service public en 2015 ? A quelques jours de la nomination d'un nouveau président à la tête de France Télévisions, nous avons posé cette question à dix personnalités – philosophe, chercheur en communication, producteur, réalisateur de fiction et de documentaire, publicitaire. A chacun sa réponse, en fonction de profils que nous avons voulus volontairement très différents. Aujourd'hui : Julie Bertuccelli, auteure, réalisatrice, présidente de la Scam. Demain : Jean-Louis Comolli.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

A France Télévisions, coup de mou sur le coup de jeune

A France Télévisions, coup de mou sur le coup de jeune | (Media & Trend) | Scoop.it
C'était l'un des objectifs prioritaires de Rémy Pflimlin quand il a pris la direction de France Télévisions : rajeunir l'audience vieillissante des chaînes du groupe. Enquête sur une mission qui a tourné à l'échec.

Le candidat Rémy Pflimlin n'y est pas allé de main morte, le 8 juillet 2010, lors de son audition publique devant le CSA. Lui président de France Télévisions, il insufflerait « de l'innovation », « de la prise de risque» et « du courage » à toutes les antennes. Lui président, il rajeunirait de manière spectaculaire l'auditoire de France 2 et en abaisserait l'âge moyen de 55 à 45 ans. Lui président, la télévision publique serait enfin plus en phase avec les Français, dont l'âge moyen flirte avec les 40 ans.

 

« Il s'en est mordu les doigts, 45 ans d'âge moyen, c'est de la folie ! », commente un proche. « Irréaliste, juge aujourd'hui Claude-Yves Robin, directeur général de France 2 entre août 2010 et septembre 2011. Pour obtenir une moyenne de 45 ans, il faudrait mettre un écran noir le matin et l'après-midi, quand la majorité des téléspectateurs sont des personnes inactives. »

 

Comment imposer une telle cure de jouvence sans délaisser le public traditionnel de France Télévisions ? Le défi est périlleux. Les jeunes s'affranchissent de plus en plus du bon vieux poste pour consommer la télévision sur smartphone ou tablette, grâce au développement du replay. L'explosion des chaînes de la TNT, entre 2005 et 2012, a démultiplié l'offre de programmes à destination des 15-34 ans, en concurrence directe avec France 4.

 

Et si la majorité des chaînes sont confrontées à un vieillissement structurel de leur audience (de 48,2 ans en 2011, l'âge moyen des téléspectateurs est passé à 50 ans en 2014), le service public est le plus fortement touché : les fidèles de France 2, France 3 et France 5 ont aujourd'hui plus de 58 ans en moyenne.

 

Le jeunisme triomphant

 

En août 2010, lorsqu'il succède à Patrick de Carolis, chantre émérite de la télévision patrimoniale, le capitaine Pflimlin se lance pourtant activement à la conquête des jeunes. Il embauche des professionnels venus de chaînes commerciales, comme Emmanuelle Guilbart (ex-Groupe Canal+ et Lagardère), nommée directrice générale déléguée aux programmes et directrice de France 4, et son adjointe Sandrine Roustan (ex-Canal+, M6 et Endemol).

 

« Il fallait que j'apporte un peu d'esprit du privé, se souvient cette dernière.L'objectif était de mêler cultures publique et privée dans les méthodes, dans les stratégies de veille et de marketing, mais aussi dans les programmes, pour faire une télé au goût du jour. » En particulier pour tout ce qui touchait aux talk-shows, aux jeux, et aux divertissements.

 

En mai 2011, l'équipe Pflimlin franchit le Rubicon de la télé-réalité, si honnie par son prédécesseur, avec Une semaine sans les femmes. Gentillette, l'adaptation de ce format de la BBC envoie les femmes d'un petit village faire bronzette au Maroc pendant que leurs compagnons, de fieffés propres à rien, se débrouillent avec leur progéniture sous l'œil des caméras. Lisse, ennuyeux, et plein de clichés. Mais l'émission rassemble 3,7 millions de téléspectateurs et ouvre de nouveaux horizons.

 

Dès l'été, les grilles de France 2 et de France 3 voient naître des programmes aux écritures hybrides, où se mêlent jeu, télé-réalité, coaching et troc d'existence. Un bide. Qui se souvient de Comme si c'était hier et de Partez tranquille, France 2 s'occupe de tout ! (deux répliques du Vis ma vie de TF1) ? Ou de 5 touristes, un jeu trivial et de piètre qualité dont la mécanique mimait celle du Dîner presque parfait de M6 ? Ne reculant devant rien, France 2 lance même Le jour où tout a basculé, la très décriée scripted reality de Julien Courbet, « dans une volonté de rajeunissement, mais aussi d'avoir des programmes pas trop chers et rediffusables », explique Claude-Yves Robin.

 

Même France 3, dirigée par Pierre Sled, est frappée d'une crise de jeunisme : tandis que Christine Bravo partait découvrir, une pince à linge sur le nez, les joies du mobile home à Labenne (Qui vient camper ?), le coach Raymond Domenech rejointL'étoffe des champions, un improbable Koh-Lanta du pauvre tourné dans les Pyrénées, qui sera écourté de trois semaines faute d'audience. Une « aventure humaine » fabriquée « avec un tout petit budget et dans la précipitation », témoigne un membre de l'équipe de production.

 

« Nous étions en pilotage automatique, se souvient Claude-Yves Robin. Dans la même maison cohabitaient ceux qui partaient et ceux qui restaient. Puis il a fallu mettre les bouchées doubles pour que ça roule ». Mises en place très tardivement, les équipes travaillent simultanément à l'élaboration des grilles d'été et de rentrée 2011.

« Tout s'est fait dans l'urgence, sans réelle réflexion, commente a posteriori un membre de l'équipe, qui a notamment suivi l'élaboration du concours de chant Sing off. Nous ne faisions pas toujours de pilotes de programmes ; Sing off a été diffusé au fur et à mesure qu'il était tourné. » « Nous travaillions dans la contrainte, avec l'idée que nous avions une grille à remplir plutôt que des programmes à proposer», explique Perrine Fontaine, ex-directrice des programmes de France 2. Sing-off,Réunion de famille, Hello good bye, Secrets de famille… Après les échecs de l'été meurtrier, les déceptions continuent à la rentrée.

 

L’âge de raison

 

Opéré dans l'empressement, le virage est brutal. Jeunisme mal fagoté, tentatives d'écritures contemporaines inabouties, imprégnées d'une télé-réalité jamais réellement assumée… France 2 et France 3 ne séduisent ni les jeunes, ni le public plus âgé.

 

« Le service public est tellement observé qu'il y a une pression énorme qui s'exerce. Dans le privé, la pression est avant tout celle des audiences. A France Télévisions, les équipes ne savent plus où placer le curseur : un coup on leur dit c'est pas assez culturel, un coup c'est pas assez sociétal, pas assez grand public… On comprend qu'ils ne sachent plus quoi faire », analyse le producteur Samuel Kissous (Pernel media).

 

Car la suppression de la publicité après 20 heures n'a pas rendu moins pesant le diktat de l'audience. Après un été et une rentrée calamiteux, des têtes tombent. Claude-Yves Robin (France 2) et Pierre Sled (France 3) sont débarqués à l'automne 2011.

 

Au tournant de 2012, deux programmes imaginés pour séduire la jeunesse sont rudement boudés par les téléspectateurs… de toutes les générations. D'abord Un monde, six jeunes, un magazine post-révolutions arabes suivant des Français d'une vingtaine d'années partis à la rencontre de jeunes gens engagés, en Libye, en Espagne ou au Maroc. Puis Roméo et Juliette. Adapté d'un format de la BBC, ce docu-réalité retrace l'aventure théâtrale d'adolescents s'attelant à la mise en scène du chef-d'œuvre de Shakespeare.

 

Deux grosses prises de risques qui se soldent par des bides d'audience et marquent un coup d'arrêt aux ambitions de rajeunissement. « Nous avons réalisé qu'il fallait être moins frontal, analyse aujourd'hui Nathalie Darrigrand, directrice des magazines de société de France 2 depuis 2009. Je souhaite que nous arrivions un jour à nous intéresser à la vie des jeunes. Le rajeunissement est une question majeure, mais elle doit se traiter partout, et pas dans des moments consacrés, comme si on s'en dédouanait. »

 

Le temps des familles

 

S'amorce dès lors, du côté des programmes, une inflexion stratégique qui se traduit, dans la bouche du président Pflimlin, par un subtil glissement sémantique. Fini le « rajeunissement », c'est à « l'élargissement » de son audience que devra désormais veiller France Télévisions, qui ne peut plus se permettre de faire fuir les plus âgés (qui sont aussi les plus fidèles) à force d'œillades appuyées en direction de leurs petits-enfants. Il est urgent de ralentir.

Confiée à Thierry Langlois, France 3 se « re-pépérise » tranquillement sur fond de France éternelle. Du côté de France 2, c'est le public familial qu'il faut reconquérir. Comment ? En remettant au goût du jour des programmes fédérateurs autour de grandes tendances de société – la consommation, la science, la médecine, l'art de vivre… –, si possible innovants, sans pour autant être racoleurs.

 

« Nous adorons les formules tout reportage, mais la TNT a amené une très grande concurrence sur ce genre d'écriture. C'est de moins en moins évident de se distinguer sans perdre les valeurs qui sont les nôtres et sans aller sur des chemins que l'on n'a pas envie d'emprunter » résume Nathalie Darrigrand. France 2 met alors le cap sur le décryptage, « des contenus forts » et incarnés, à l'image de Cash investigation, et du magazine de vulgarisation scientifique Les pouvoirs extraordinaires du corps humain, porté par Adriana Karembeu et Michel Cymes, mis à l'antenne en 2012 – le divertissement Tout le monde joue avec la mémoire, coprésenté par Nagui et Michel Cymes et à l'antenne le 21 avril prochain, participe de la même démarche.

 

La chaîne n'arrête pas pour autant de guigner et de singer les tendances qui cartonnent chez ses voisines (la pâtisserie, la brocante, la solidarité…), dont elle aurait parfois pu avoir la primeur, si elle avait su réagir à temps. Mi-2013, quand elle se décide à entrer dans la danse des concours culinaires, elle dégaine Qui sera le prochain grand pâtissier ?, une création originale qui ressemble furieusement auMeilleur pâtissier de M6.

 

Et pour cause. « Nous avions d'abord proposé Le meilleur pâtissier à France 2 et commencé à travailler sur l'adaptation, explique le producteur Jean-Louis Blot (BBC Worldwide France). Mais la chaîne, qui n'aimait pas l'aspect compétition, a abandonné l'idée ». Avant de se raviser et d'en diffuser un ersatz, destiné à ramasser les miettes d'un succès qui aurait pu être celui du service public. Rageant.

Autre programme manqué – bien trop cher pour France 2 : The voice, le télé-crochet à succès lancé sur TF1 début 2012, dont Rémy Pflimlin a plusieurs fois répété qu'il aurait eu toute sa place sur France 2. Jean-Louis Blot en est moins sûr. « Pour installer des programmes comme Masterchef, Danse avec les stars ou The voice, il faut pouvoir compter sur au moins huit ou dix semaines en prime time ». Une liberté de programmation que la grille de France 2 ne permet pas, ou pas assez, tout particulièrement le samedi soir.

 

En cause, la présence de rendez-vous installés depuis des lustres et portés par des figures qui semblent inamovibles – « L'émission Ze Fiesta, pour l'anniversaire de Patrick Sébastien, a réalisé 17% de part d'audience sur les enfants, tout en gardant le public âgé », se défend Stéphanie Brémond, directrice déléguée de l'antenne de France 2. Le premier âge + le troisième âge, telle est l'équation appliquée pour « rajeunir statistiquement » l'audience, selon la formule (magique) de Bruno Patino, numéro 2 du groupe.

 

France 2 a néanmoins travaillé à des concepts événementiels sur mesure, commeProdiges, talent show tendance musique classique produit par Shine (aussi à l'origine de The voice) et programmé sur trois soirées, fin 2014. « Avec la deuxième saison, nous espérons réitérer le coup de la première en réunissant un public familial à la The voice », ambitionne Bruno Patino.

 

Autre exemple récent de création originale adaptée à l'esprit et aux contraintes du service public, Mon food truck à la clé (également élaborée avec Shine), qui assume une mécanique de compétition longtemps rejetée. Ou les premiers résultats de la relance d'une politique de recherche et développement en matière de programmes amorcée fin 2013, au lendemain de l'échec retentissant du talk-show Jusqu'ici tout va bien, aussi mal préparé qu'accueilli.

 

Le péril jeune

 

Si les jeunes ont cessé d'être la première obsession de France 2, France 3 et France 5, ils restent en revanche celle de France 4, vouée depuis toujours à les attirer. Et le lancement de nouvelles chaînes de la TNT a ébranlé la modeste France 4, tiraillée entre ses missions de service public – divertir tout en éduquant – et la tentation d'aller défier ses concurrentes avec leurs armes.

 

Dès son arrivée à la tête de la chaîne, en juin 2012, Sandrine Roustan doit combler la case laissée vacante par Cyril Hanouna et ses chroniqueurs, partis sur D8 avecTouche pas à mon poste, le concept rigolard qu'il avait conçu grâce au denier public – on connaît la suite. Pour imaginer et produire un nouveau magazine, elle fait appel à Sébastien Cauet – « le premier sur NRJ12 et sur Youtube », justifie-t-on alors en interne. Cela aboutit à #Faut pas rater ça !, qui échoue à marier codes classiques du talk-show et suivi des réseaux sociaux.

Nouvelle figure censée rajeunir et féminiser l'antenne, Elodie Gossuin se prend, à son tour, les pieds dans le tapis avec Un coach pour changer ma vie, copie quasi conforme des émissions de coaching de M6, qui n'intéresse personne. La jeunesse n'est pas si désespérée…

Alcootest, une illustration de la nouvelle politique éditoriale de France 4 à destination des jeunes adultes.

 

Au printemps 2014, France 4, parfois débordée par sa consœur France Ô qui lui dispute le terrain des cultures dites « urbaines » voit son identité – qui a toujours fait débat – une nouvelle fois redéfinie. Ses journées sont désormais dédiées à l'enfance et ses soirées tournées vers les 15-30 ans (même si la moyenne d'âge de son public affiche plutôt 45 ans), avec des programmes qui voyagent plus volontiers entre le téléviseur et les plateformes numériques (L'autre JT, Cam clash, Tokyo reverse, Alcootest…) et abordent plus frontalement, voire crûment, certains thèmes de société comme les discriminations, ou encore l'alcoolisme. Une ligne propre se dessine, en marge de ce que propose la TNT privée, même si l'audience traditionnelle reste précaire.

 

Cinq ans après le discours très volontariste de Rémy Pflimlin devant le CSA, la question du rajeunissement reste d'actualité. Dans sa feuille de route à l'adresse du prochain patron de France Télévisions, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, l'a d'ailleurs placée en tête des priorités. Retour à la case départ ?

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

“France Télévisions doit envisager son audience qualitativement”, Thomas Anargyros

“France Télévisions doit envisager son audience qualitativement”, Thomas Anargyros | (Media & Trend) | Scoop.it
A la tête du plus grand syndicat de production audiovisuelle, Thomas Anargyros pense que la télévision publique doit se différencier par l'audace et la qualité de ses créations patrimoniales, tout en se posant en repère dans la course aux nouveaux usages. Faire ensemble de France Télévisions une télévision pour tous

 

Dans quelques semaines, le Conseil supérieur de l’audiovisuel procèdera à la nomination d’un nouveau président pour France Télévisions. Parce que la télévision publique est notre bien commun, son avenir nous importe.

 

Nous sommes des producteurs de fiction, de documentaire, et de spectacle vivant. Nous travaillons avec des auteurs, des réalisateurs, des acteurs, des artistes, des techniciens … Avec eux, nous contribuons chaque jour à créer ce que proposent les chaînes de télévision françaises, et notamment celles de France Télévisions. A ce titre, nous sommes des partenaires de la télévision publique.

En tant que partenaires, nous avons la responsabilité de contribuer, par notre expérience et notre expertise spécifiques, au développement de France Télévisions.

 

Malgré les multiples difficultés de ces dernières années, France Télévisions est parvenu à demeurer le premier groupe audiovisuel français. N’en déplaise à certains, France Télévisions ne souffre pas de la comparaison avec ses homologues étrangers. Son offre reste de qualité et distincte de celle de ses concurrentes privées.

La prochaine présidente ou le prochain président devra annoncer et assumer un cap qui guidera son action, et sur lequel elle ou il devra rendre compte à la fin de son mandat. Compte tenu de la procédure retenue par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, nous allons être privés d’un débat stimulant et constructif sur les projets et les ambitions des différents candidats. C’est regrettable. Une entreprise publique au rôle aussi essentiel que France Télévisions aurait mérité une confrontation, publique et ouverte, des projets.

Pour nous, ce cap doit être de faire de France Télévisions la télévision pour tous. C’est sa raison d’être. C’est aussi une nécessité alors que notre société se morcelle.

 

Ce cap, c’est une mission : celle de rencontrer la société française à la fois dans sa globalité et dans toute sa diversité. 

La fin de la publicité après 20 heures, devait permettre de libérer France Télévisions des contraintes de l’audience. Nous pouvons dire aujourd’hui que l’obsession de l’audience n’a jamais été aussi forte, étouffant peu à peu la prise de risques. 

 

France Télévisions doit conserver une double ambition d’audience. Elle doit demeurer un media de masse qui fédère le public le plus large possible autour de ses programmes : le pays a besoin de ce ciment commun qui paradoxalement suppose une culture du risque et de l’audace. Mais la télévision publique doit aussi s’adresser à tous les publics, y compris lorsqu’ils sont minoritaires, et prendre en compte la diversité démographique, sociale, culturelle et géographique de la France.

 

“ Les programmes ne doivent plus subir de restrictions financières.”

Pour cela, le groupe doit envisager autrement son audience. La mesure d’audience actuelle permet de prendre en compte le public quantitativement, mais pas de prendre en compte tous les publics. Or, France Télévisions, du fait de sa nature spécifique, doit penser son audience globalement, cumulée dans le temps (au-delà de la première diffusion d’un programme), sur l’ensemble de ses antennes (et non ses seules chaînes premium), et sur l’ensemble des supports (linéaires ou non). France Télévisions doit aussi intégrer une dimension qualitative dans l’analyse de son audience : l’appréciation portée par les téléspectateurs, les critiques émises par la presse, et plus généralement la résonance du programme dans la société française. 

 

Pour aller à la rencontre des différents publics et satisfaire à l’ensemble de ses missions, France Télévisions doit pouvoir compter sur un périmètre fort de cinq chaînes nationales hertziennes. Amputer le groupe France Télévisions d’une chaîne gratuite, alors même que les chaînes privées font la queue devant le CSA pour en obtenir une de plus ou se les rachètent entre eux pour se renforcer, est une hérésie stratégique. Envisager la suppression des plus petites chaînes du groupe sous prétexte d’économies, alors même qu’elles ne représentent qu’une part infinitésimale du budget de France Télévisions, est un raccourci qui n’est ni pertinent ni à la hauteur des enjeux et des défis posés.

 

Ce cap, c’est une exigence : celle de satisfaire ses publics et de se différencier grâce à la création. Pour cela, les programmes ne doivent plus subir de restrictions financières. Ils ont été la seule variable d’ajustement de ces dernières années, les véritables réformes structurelles étant éternellement repoussées. Il faut au contraire, désormais, que les économies portent sur les coûts de structure et permettent d'investir dans ses programmes.

 

C’est ainsi que France Télévisions pourra satisfaire ses téléspectateurs et conquérir de nouveaux publics, en donnant un nouveau souffle à la création patrimoniale avec des initiatives de nouveaux programmes à de nouveaux horaires, en élargissant les thématiques traitées, en diversifiant les formats et les cases, en encourageant l’audace et la prise de risque, qui permettront de faire rayonner notre industrie au niveau international. 

 

Ces dernières années ont été marquées par un recul inédit de l’investissement dans la création patrimoniale, dans un contexte de restrictions financières imposées par l’Etat actionnaire. Nous attendons de la prochaine Présidente ou du prochain Président, qu’elle ou il réinsuffle dans le groupe France Télévisions une envie, un désir de création française plutôt que de signer des accords avec les studios américains pour approvisionner ses antennes.

“France Télévisions doit faire émerger des créations françaises plutôt que d'adapter des formats étrangers.”

 

Ce cap, c’est une ambition : celle d’être présent partout. Internet et télévision linéaire ne sont pas en opposition, mais en complémentarité. France Télévisions doit être en capacité de s’adresser à tous, à tout moment, sur tous les supports : sur ses cinq antennes nationales dans leur identité renouvelée, et à travers sa présence sur le web, pour que le groupe public reste dans la course des nouveaux usages et capte les nouvelles audiences. Il faut à la fois penser les programmes par rapport à une offre globale et tous supports, mais aussi créer des programmes pour tous ces supports. La création pour le web reste dotée de moyens marginaux et n’a pas encore trouvé sa cohérence par rapport au reste de l’offre du groupe. France Télévisions doit investir dans des programmes pensés, écrits, produits, diffusés spécifiquement pour les nouveaux usages.

L’enjeu de la proximité est également essentiel pour France Télévisions, car il est partie intégrante de sa mission de service public, ainsi qu’un atout considérable sur lequel le groupe peut s’appuyer pour réinstaller du lien entre la télévision et ses publics. Enfin, dans un monde globalisé, l’entreprise doit dépasser nos frontières nationales, non pour copier ce que les autres font, mais pour faire rayonner la création française et lui permettre de développer ses recettes à l’exportation. Que ce soit dans le domaine de la fiction ou des programmes de flux, France Télévisions doit faire émerger des créations françaises plutôt que d'adapter des formats étrangers.

Ce cap, c’est enfin un devoir pour l’Etat actionnaire : celui de donner une feuille de route claire à la nouvelle équipe pour la durée du mandat et des moyens financiers en cohérence avec les objectifs fixés. Un financement pérenne garanti est la condition de l’indépendance du groupe France Télévisions. Nous appelons donc à la revalorisation de la redevance, sa mensualisation, et l’élargissement de son assiette pour ceux qui ne la paient pas encore alors qu’ils regardent la télévision sur d’autres supports. Si modeste soit-il, cet effort du téléspectateur doit être fléché exclusivement vers le renforcement de l’offre de programmes. 

 

“Il faut de l’audace pour sortir des sentiers battus et surprendre le téléspectateur.”

 

Tout comme ses salariés, nous avons de l’ambition pour le groupe France Télévisions. Celle-ci est un combat constant, qui se gagne, jour après jour, chaîne par chaîne, case par case, et sur le web. France Télévisions n’est jamais aussi fort que lorsque le groupe assume complètement ses missions de service public, se pose en repère dans un paysage audiovisuel marqué par une explosion de l’offre d’images. Cette exigence ne souffre pas de compromis, de tentative malheureuse de « singer » les chaînes privées. Elle nécessite de l’audace pour sortir des sentiers battus et surprendre le téléspectateur, tous les téléspectateurs. Elle nécessite de la confiance envers le monde de la création, autour d’un nouveau pacte respectueux du rôle et des apports de chacun, pour la réussite de France Télévisions et de ses programmes.

 

Nous avons besoin de la télévision publique comme professionnels, mais aussi comme téléspectateurs et surtout comme citoyens, pour informer et décrypter lorsque le monde se complexifie, pour donner sa place aux cultures et aux formats différents lorsque l’offre audiovisuelle tend, paradoxalement, à s’homogénéiser et pour faire une place, comme il se doit, à chaque Français. C’est pourquoi nous voulons la réussite de la prochaine Présidente ou du prochain Président de l’entreprise. Nous sommes déterminés à l’aider à fixer, à expliquer, et à garder ce cap : il faut faire de France Télévisions une télévision pour tous. 

 

A quoi devrait ressembler une télévision de service public en 2015 ? A quelques jours de la nomination d'un nouveau président à la tête de France Télévisions, nous avons posé cette question à dix personnalités – philosophe, chercheur en communication, producteur, réalisateur de fiction et de documentaire, publicitaire. A chacun sa réponse, en fonction de profils que nous avons choisis volontairement très différents. Aujourd'hui : Thomas Anargyros, co-président d'EuropaCorp, président de l’USPA et Le Conseil Syndical (Union Syndicale de la Production Audiovisuelle). Demain : Alexandre Brachet, fondateur d'Upian, société de production multimédia.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

La télévision publique doit cultiver la qualité qui fera sa différence, par Bernard Stiegler, philosophe

La télévision publique doit cultiver la qualité qui fera sa différence, par Bernard Stiegler, philosophe | (Media & Trend) | Scoop.it
A l'heure des profondes mutations des technologies éditoriales, elle doit même la conforter, l'intensifier et la repenser, comme l'a fait Radio France 

Comme le disait Cécile Méadel au cours d’un débat avec des grévistes de Radio France auquel j’ai moi-même participé, l’audiovisuel public tel que le conçoit la radio publique depuis des décennies s’est défini en affirmant et en revendiquant clairement sa différenciation d’avec les radios commerciales. Le slogan de France Inter était et est encore (dans son esprit sinon à la lettre des slogans actuels) : « Ecoutez la différence ». Toutes les radios du service public s’y sont inscrites avec plus ou moins de succès.

 

Cette politique a été singulièrement efficace. Les publics aussi bien que les personnels de Radio France tiennent à cette qualité qui fait la différence, en effet. Les téléspectateurs de France Télévisions attendent sans aucun doute une telle différence eux-mêmes. Or, après la longue grève qui laisse Radio France dans une impasse, le CSA vient de nommer Delphine Ernotte-Cunci présidente de France Télévisions. Au moment où l’ensemble de l’audiovisuel – public aussi bien que privé – est profondément affecté par les effets des industries et médias numériques, le service public de l’audiovisuel, et en particulier la télévision, doit conforter, intensifier et repenser cette différence, ce qui signifie aussi pour France Télévisions lutter contre son indifférence relative en assumant de nouvelles missions lui permettant de faire à nouveau la différence.

 

Dans le contexte hautement « disruptif » qui caractérise l’industrie éditoriale contemporaine sous toutes ses formes, et en particulier l’industrie audiovisuelle qui configure très largement le débat public aussi bien que les modes de vie des Français, la requalification de ce qui fait la spécificité de l’audiovisuel public en général ne saurait être la seule affaire d’un président qui, si rien n’est spécifié et prescrit par l’autorité publique, ne pourra que bricoler plus ou moins malheureusement un compromis boiteux et insatisfaisant pour tout le monde en tentant de répondre à un cahier des charges défini à l’époque de François Mitterrand créant la Haute Autorité.

 

Lorsque le pouvoir socialiste décida de privatiser l’audiovisuel après avoir libéralisé les radios dites locales de la bande dite FM (morceau d’histoire contemporaine qui mériterait que l’on en tire les douloureuses leçons à présent que le « PAF » est entré en désintégration digitale), bien peu de personnes imaginaient les conséquences colossales qu’allait avoir la convergence de l’audiovisuel et des télécommunications avec le numérique – bien au-delà de l’audiovisuel et des télécommunications : dans toutes les dimensions de la vie sociale.

 

A travers l’immense transformation que provoque la numérisation dans les industries éditoriales au sens très large, ce sont tous les auteurs et tous les acteurs de la production de savoirs qui sont menacés bien au-delà des artistes, des universitaires et des savants – qui ne sauraient vivre et exister en France sans vecteurs français de publication : cela concerne aussi médecins, avocats, architectes, ingénieurs et tous ceux qui produisent du savoir sous toutes ses formes, s’il est vrai que l’édition multimédia audiovisuelle et multisupports conditionnera de plus en plus fondamentalement toutes activités de production et de transmission de savoirs.

“Les technologies d’information et de communication ne sont en aucune façon vouées à la démoralisation du monde.”

 

Cette évolution « disruptive » ne transforme pas seulement l’appareillage éditorial à travers les éditeurs et les acteurs de la diffusion des savoirs, des informations, de l’art, aussi bien que les grandes institutions de savoir, les académies, les métiers, la vie politique et la vie économique dans leur ensemble : elle est aussi et d’abord celle du savoir dans son ensemble, précisément en tant que cet ensemble constitue uneépistémè – où les industries de la publication sont la condition de possibilité de l’existence des savoirs et leur valorisation, cependant que les savoirs sont devenus le principal facteur économique.

 

Nous affirmons avec Ars Industrialis depuis dix ans que les technologies d’information et de communication ne sont en aucune façon vouées à la production de « temps de cerveau disponible », c’est à dire à la démoralisation du monde. C’est pourquoi l’Institut de recherche et d'innovation (IRI) et Ars Industrialis développent depuis trois ans le « digital studies network » qui s’est assigné pour mission d’étudier théoriquement les conséquences épistémologiques de la technologie numérique sur l’évolution de l’ensemble des savoirs tout aussi bien que de développer des instruments nouveaux de production et de diffusion des savoirs.

 

Dans cette perspective, nous coopérons avec France Télévisions et Médiapart au développement de nouvelles plateformes de contribution scientifique et de nouveaux protocoles de recherche et d’enseignement avec le CEA en astrophysique, et avec le CNRS et la Sorbonne en histoire contemporaine dans le cadre d’un programme de l’Agence Nationale de la Recherche.

 

Pour projeter ces initiatives à l’échelle des plateformes, des architectures de réseaux et des protocoles de communication, nous organiserons les 14 et 15 décembre prochains au Centre Pompidou des Entretiens du nouveau monde industriel consacrés à « La toile que nous voulons » – dans le sillage de « The web we want », une initiative lancée par Tim Berners Lee à Londres en 2014.

 

“Il faut redéfinir et concrétiser de nouvelles missions de l’audiovisuel public”

 

De telles actions restent cependant microscopiques au regard des immenses enjeux que la mutation des technologies éditoriales constituent pour la France et l’Europe. Dans les années qui viennent, le travail va profondément évoluer sous la pression de l’automatisation intégrale et généralisée résultant de la numérisation, ce qui va évidemment modifier très en profondeur l’organisation du travail, la coopération, l’économie, l’éducation et la recherche. Dans ce contexte, c’est la valorisation des capacités telles que les conçoit Amartya Sen et telles que la réticulation numérique en permet le développement à très grande échelle qui constituera l’enjeu économique primordial. La question de l’avenir du travail se lie ainsi étroitement à celle de l’avenir du savoir, qui dépend lui-même pour sa production comme pour sa diffusion de ses supports de publication.

Il est temps d’ouvrir un large débat sur le rôle du service public de l’audiovisuel – ce qui pourrait éviter que la nouvelle présidente de France Télévisions ne se trouve paralysée par la tétanisation de Radio France avant même d’avoir pris ses fonctions, tout en ouvrant des perspectives intéressantes pour le grand débat qui se prépare à l’occasion des élections présidentielles quant à l’avenir de la nation.

Dans le contexte d’une transition dans tous les domaines où les médias, la presse et l’édition ne sont pas un domaine parmi d’autres, il faut redéfinir et concrétiser de nouvelles missions de l’audiovisuel public au moment où la technologie numérique est appelée à transformer très en profondeur les activités de recherche aussi bien que d’enseignement. Cela suppose une très grande transformation des structures éditoriales pour laquelle les risques incontournables que fait encourir une telle mutation doivent s’inscrire dans le cadre d’une grande politique nationale et européenne, et face auxquels le secteur non concurrentiel de l’audiovisuel devrait être investi d’une mission claire.

 

Bernard Stiegler est philosophe et ancien directeur général adjoint de l’INA. Il publie La société automatique 1. L’avenir du travail aux éditions Fayard et L’emploi est mort. Vive le travail, entretien avec Ariel Kyrou aux éditions Mille et une nuits.


A quoi devrait ressembler une télévision de service public en 2015 ? Alors que Delphine Ernotte-Cunci vient d'être nommée à la tête de France Télévisions, nous avons posé cette question à dix personnalités – philosophe, chercheur en communication, producteur, réalisateur de fiction et de documentaire, publicitaire. A chacun sa réponse, en fonction de profils que nous avons choisis volontairement très différents. 

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

“Top Gear” : l'émission beauf et machiste qui cartonne en France

“Top Gear” : l'émission beauf et machiste qui cartonne en France | (Media & Trend) | Scoop.it
Célèbre émission de la BBC sur la passion automobile, "Top Gear" a débarqué en France sur RMC Découverte. Moins sulfureuse, la déclinaison hexagonale exploite néanmoins le filon beauf et machiste des adeptes des grosses carrosseries, du tuning et des voitures turbo.

 

Traverser Paris d’est en ouest le plus rapidement possible, en pleine journée et au moyen d’un véhicule électrique uniquement, c’est le défi que se sont lancés les trois présentateurs de la seconde émission de Top Gear France. Un casting composé de l’acteur Philippe Lellouche, en monsieur Loyal de l’émission, qui a choisi une Autolib’ ; du pilote professionnel Bruce Jouanny, qui chevauche une sorte de monocycle sans selle ; et du journaliste Yann Larret-Menezo, alias Le Tone, musicien electro à ses heures perdues, qui a choisi de voguer sur la Seine à bord d’un bateau électrique. Dans cette “agence tous risques” du pauvre, n’oublions pas Le Stig, une sorte de Daft Punk tout de blanc vêtu et muet de surcroît, qui prendra lui le métro. Tandis que Le Parisien s’était félicité d’“un casting étonnant mais qui ronronne comme un V8 parfaitement huilé”, en apprenant le défi de la semaine Philippe Lellouche balance au Tone : “Alors, il est content l’écolo de service ?” Le ton est donné.

 

Le défi entre les trois présentateurs fonctionne comme un fil rouge dans cette émission automobile diffusée chaque mercredi sur la chaîne 24 de la TNT, RMC Découverte. Lancé le 18 mars, ce show tout droit venu du Royaume-Uni (il est produit par la filiale internationale de la BBC) a rassemblé 926 000 téléspectateurs lors de la diffusion des deux premiers épisodes – avec une pointe à plus d’un million. On est loin ici des émissions automobiles traditionnelles comme Automoto (TF1) ou Turbo(M6). On roule des mécaniques, dans une ambiance “soirée entre potes sur le parking”. Les présentateurs comme le public restent debout sur le plateau – un hangar aménagé où il fait visiblement très froid, personne n’enlève son manteau.

 

Des voitures malmenées

 

Pour le reste, cette déclinaison française reprend l’essentiel des codes de l’originale : un invité passionné de voitures chaque semaine (des comiques Arnaud Ducret et Jérôme Niel au chef Philippe Etchebest, en passant par l’ancien Premier ministre François Fillon, grand amateur de courses automobiles, invité ce 15 avril), quelques news du monde automobile, de la tôle froissée (des voitures malmenées, une spécialité du show, sorte de symbole d’indépendance vis-à-vis des marques) et des vannes à foison, parfois à la limite du sexisme (“Regarde bien l’arrière, on dirait Kim Kardashian”, entend-on à propos d’une Mercedes AMG GT S).

 

 

Au Royaume-Uni, ce show a été lancé en 1977 (et totalement réinventé en 2002) sur la BBC et réunit 5 millions de personnes chaque dimanche. Avec à sa tête un présentateur emblématique, Jeremy Clarkson. Quand un véhicule ne lui plaît pas, il n’hésite pas à le dire. Son alter ego français Philippe Lellouche semble d’ailleurs avoir bien compris la leçon :“Franchement, elle était dégueulasse la Fiat Multipla”, s’amuse-t-il avec son invité de la semaine Jérôme Niel. S’ensuit une brumeuse citation de Frank Sinatra : “Vous achetez une Ferrari quand vous voulez devenir quelqu’un. Vous achetez une Lamborghini quand vous êtes quelqu’un.”Appréciez la nuance.

 

 

En attendant, le public est hilare et l’émission est un succès pour cette jeune chaîne de la TNT (née en décembre 2012). Outre-Manche, Jeremy Clarkson a gagné ses lettres de noblesse grâce à ce show devenu ultrapopulaire à travers le monde – le communiqué annonce près de 350 millions de téléspectateurs dans 214 pays ! “Le style de Jeremy Clarkson a changé la face du journalisme automobile moderne”,se glorifie la toute-puissante BBC.

 

Un salut nazi devant une BMW

 

Mais ces louanges ont été prodiguées avant le 10 mars 2015, date à laquelle la chaîne britannique a décidé de suspendre d’antenne son présentateur vedette. C’est suite à une “altercation” au cours de laquelle il aurait frappé l’un des producteurs de l’émission que “le beauf triomphant”, comme l’a surnommé Le Monde dans un récent portrait, a été contraint de rentrer au stand. Enième incident pour l’homme de 55 ans, qui avait écrit l’année dernière dans The Sun, où il tient une chronique, qu’il venait de recevoir un “dernier avertissement” de la part de sa chaîne. Selon lui, la BBC le menaçait de licenciement s’il faisait “la moindre remarque offensante, peu importe où et quand”.

Au “palmarès” de l’homme originaire de Doncaster, dans le nord de l’Angleterre, des blagues au goût plus que douteux. Exemple : “La Clio V6 déserte le terrain de la mode, un peu comme les Français face aux Allemands”, peut-il lancer. Faire un salut nazi devant une BMW ou balancer une scandaleuse remarque sur les Mexicains – “fainéants et bons à rien” – selon lui, c’est aussi dans ses cordes. Malgré ces flirts à répétition avec la ligne jaune, une pétition sur le net avait recueilli plus de 400 000 signatures contre sa mise à pied dès le lendemain de son éviction.

 

La version française de Top Gear ne roule pas encore sur les sentiers de sa sulfureuse grande sœur britannique. L’humour y reste encore très potache, plus beauf et machiste que raciste. Face au bâteau suisse du Tone, Philippe Lellouche appuie pied au plancher : “Ah, nous on reconnaît le goût du Suisse et de l’Allemand mélangé.” Et quand il n’ose pas se lancer dans une hasardeuse imitation du général de Gaulle, il grille les radars sur le “strict minimum” (en VF, mais avec un accent issu d’un épisode de Papa Schultz) du confort allemand des anciennes Volkswagen Golf. Il reste encore quelques points sur le permis audiovisuel de Top Gear France, mais attention à la sortie de piste.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

France Télévisions: Delphine Ernotte en pole position

France Télévisions: Delphine Ernotte en pole position | (Media & Trend) | Scoop.it
La patronne d'Orange France est arrivée en tête lors du premier vote du collège du CSA organisé mercredi, échappant de peu à la majorité. Un nouveau vote est organisé jeudi. 

 

Surprise, surprise. Delphine Ernotte semble bien placée pour être nommée présidente de France Télévisions par le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel). En effet, la directrice générale adjointe d'Orange est arrivée en tête lors du premier vote organisé mercredi 22 avril en fin d'après midi par le collège du CSA.

Précisément, cette centralienne a obtenu quatre voix sur huit, dont apparemment celle du président Olivier Schrameck. Il ne lui a donc manqué qu'une voix pour obtenir la majorité nécessaire de cinq voix. Le collège du CSA se réunit à nouveau ce jeudi pour tenter de dégager une majorité. Sauf blocage persistant, l'heureux élu pourrait donc être désigné ce jeudi.  

 

Lors du vote de mercredi, Pascal Josèphe a obtenu trois voix, et le PDG sortant Rémy Pflimlin une voix. Aucune voix ne s'est portée sur les autres postulants Nathalie Collin (la Poste), Cyrille du Peloux (Veolia), Robin Leproux (ex-M6) et Christophe Beaux (Monnaie de Paris). 

 Résultat suprenant

 

Reste que la désignation de Delphine Ernotte serait très surprenante. 

D'abord, le syndicat CGC l'a d'ores et déjà critiquée pour son rôle dans la crise des suicides chez Orange -même si elle n'a jamais été mise en examen dans cette affaire.  

Surtout, la directrice exécutive d'Orange France a effectué toute sa carrière au sein de l'opérateur téléphonique, et n'a donc aucune expérience dans l'audiovisuel. 

 

"Le CSA veut refaire un coup"

 

Bref, cette nomination serait encore plus surprenante que la désignation controversée de Mathieu Gallet à la tête de Radio France il y a un an. D'autant que les difficultés rencontrées par Mathieu Gallet plaidaient plutôt pour la nomination d'un profil consensuel et expérimenté... "Le CSA veut refaire un coup", fulmine un rival. Des recours juridiques sont donc fort possibles, ce qui pourrait bloquer la procédure... 

 

La candidature de Delphine Ernotte (qui n'a jamais été confirmé officiellement) serait bien vue de son PDG Stéphane Richard. Selon la presse, elle aurait aussi été aidée dans sa campagne par Xavier Couture et David Kessler (deux bons connaisseurs de l'audiovisuel travaillant aujourd'hui chez Orange), et par les communicants Anne Hommel et Denis Pingaud. Ce dernier avait précédemment conseillé Mathieu Gallet dans sa campagne victorieuse pour Radio France.... 

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Over Half of US Smartphone Owners Have Social TV Chats

Over Half of US Smartphone Owners Have Social TV Chats | (Media & Trend) | Scoop.it
Social TV conversations are a popular activity with US smartphone owners, according to analysis of a new second screen study by Social TV experts Futurescape.More than half (54%) take part in Social TV chats with friends about their TV viewing.US Social TV Participation – by Second Screen Devices

(Source: Interactive Advertising Bureau, USA, 18+, January 2015.)


The findings appear in the latest research from the Interactive Advertising Bureau (IAB), Changing TV Experience: Attitudes and Usage Across Multiple Screens.

The January 2015 study found that 78% of those surveyed simultaneously use another device while watching traditional TV, with smartphones being the predominant second screen. More than two-thirds (69%) of smartphone users regularly conduct activities on their mobile during TV viewing.

This multiscreening behaviour is rising, with 40% of smartphone users saying that they have increased their multiscreening activity over the past year.

 

For Social TV engagement, communicating with friends about a TV show or movie is the most popular activity for smartphone users, with 54% doing so.

More than a third of PC and tablet owners also take part in Social TV chats: PC owners (38%) and tablet owners (37%).


The top activity for PC and tablet owners is searching for information about a TV show or movie or actor, with 44% of PC owners and 43% of tablet owners doing so.

Even the least popular Social TV activity, reading or posting on related social media pages, still has about one-third or more of all device owners participating: smartphone owners (42%), PC owners (33%) and tablet owners (31%).

FUTURESCAPE’S SOCIAL TV REPORTSocial TV (8th edition)

With over a billion Facebook, Twitter and mobile messaging users discussing their TV viewing on second screens, Social TV is crucial for ratings success and advertising effectiveness.

Futurescape’s Social TV report is the most comprehensive and authoritative analysis of this complex and vibrant digital sector, consulted by media executives worldwide.

It provides a full strategic context and data to plan Social TV activity, set targets and evaluate results, for broadcasters, producers, advertisers and agencies.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Audiences TV: «Disparue» a trouvé son public sur France 2

Audiences TV: «Disparue» a trouvé son public sur France 2 | (Media & Trend) | Scoop.it

France 2 a pris la tête des audiences avec Disparue, portée par François-Xavier Demaison et Alix Poisson. Les deux premiers épisodes de la série française ont réuni 5,3 millions de curieux, soit 21,5% de part d’audience, selon Médiamétrie.

 

«Grey's Anatomy» en légère baisse

 

TF1 est deuxième la saison 10 de Grey's Anatomy, emmenée par Ellen Pompeo. Les deux épisodes inédits ont rassemblé 4,3 millions d’habitués, soit 17,8% de PDA. Sur une semaine, la série américaine perd 164.000 fans  et 0,3% de PDA.

Le magazine Le monde de Jamy a séduit 1,9 million de téléspectateurs, soit 8% du public sur France 3.

M6 est au pied du podium avec un nouveau numéro de  M6 fête les 30 ans du Top 50. Les tubes des années 1980 et 1990 ont fédéré 1,8 million de nostalgiques, soit 8,8% du public. Un score décevant comparé à ceux des deux premiers numéros qui avaient charmé près de 3 millions de téléspectateurs.

 

«Marvel: les agents du SHIELD» en forme

 

Du côté des autres chaînes, W9 s’impose avec la saison 1 de la série américaineMarvel : les agents du SHIELD, avec Clark Gregg et Ming-Na. Les deux épisodes inédits ont été suivis par 1,2 million d’amateurs, soit 4,8% de PDA.

Les Egarés d’André Téchiné, porté par Emmanuelle Béart et Gaspard Ulliel, a réjoui un million de cinéphiles sur Arte, soit 4,2% de PDA.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Les webséries agitent le Paf

Les webséries agitent le Paf | (Media & Trend) | Scoop.it
Depuis leur arrivée sur la toile en 2005, elles ont gagné leurs lettres de noblesse. Leurs auteurs seraient-ils les nouveaux rois de la fiction?

 

Les webséries sont-elles les séries de demain ? La réponse est normande : à la fois oui et non. Oui, car elles sont l'oeuvre de réalisateurs qui veulent surprendre avec ce qui n'a encore jamais été fait. Non, car elles sont déjà les séries d'aujourd'hui. Souvent qualifiées de "nouvelles écritures", elles sont avant tout rejetées par les diffuseurs traditionnels parce qu'elles n'entrent pas dans leurs cases.  

 

"Elles abordent l'horreur, la science-fiction ou la comédie décalée, choses que la télévision ne veut pas exploiter parce que ces histoires font peu d'audience, explique Joël Bassaget, scénariste et journaliste, auteur du blog Web Séries Mag pour Libération. Mais aussi parce qu'elles ne sont pas "monétisables" auprès de leurs annonceurs", continue Patrick Holzman, directeur de CanalPlay. En bref, elles sont le symbole de la liberté de ton, de style, de format, de sujet et de concept. 

 Découvreurs de talents

Ces auteurs appartiennent à une nouvelle génération de talents qui ne se reconnaît pas dans les séries télé existantes. Ils ont des velléités d'indépendance et d'émancipation, et seul internet leur permet de s'épanouir. Beaucoup rêvent de se faire repérer sur la toile et de trouver un producteur. "J'espère que ma websérie passera à la télé, affirme Simon Dubreucq, acteur et créateur de Ça tombe bien, lancé en avril dernier. Internet est un laboratoire ; le but est de passer sur un support de diffusion différent et plus important." C'est déjà ce qui est arrivé au Visiteur du futur, de François Descraques. Diffusée sur internet en 2009, on la trouve maintenant sur France 4. 

Car, contre toute attente, ce sont les tuyaux traditionnels qui s'intéressent le plus aux webséries. "Les chaînes de télé réalisent qu'elles ont accès à un immense catalogue quasiment gratuit de séries inédites déjà tournées et reconnues, remarque Joël Bassaget. Elles n'ont qu'à se servir pour trouver les sujets et les talents." "Nous sommes courtisés parce que nous savons travailler avec des petits budgets et que nous rassemblons un large public", ajoute François Descraques. France4 et Canal+, par exemple, ont créé leurs plateformes de webséries, respectivement Studio 4.0 et CanalPlay/Digital Séries.  

 

"On cherche des choses jamais vues ailleurs, souligne Voyelle Acker, directrice adjointe des nouvelles écritures et du transmédia à France Télévisions. Studio 4.0 est un laboratoire de fiction web, une rampe de lancement pour de jeunes auteurs." L'argent reste le nerf de la guerre. Les webséries sont généralement réalisées avec des bouts de ficelles grâce à des bénévoles passionnés. "Avec plusieurs personnes, nous avons fondé Kiwi Entertainment, explique Simon Dubeucq. Ce qui nous permet d'avoir les outils nécessaires pour fabriquer nos épisodes. Après, chaque investissement supplémentaire vient de ma poche."  

 

Pour s'agrandir et se faire connaître, les webséries vont devoir trouver un modèle économique viable. Certaines séduisent des producteurs, comme Le visiteur du futur, coproduite par Ankama et France TV Nouvelles écritures. Ceux dont les webséries attirent le plus d'audience misent sur le financement participatif, comme Noob, dont le premier volet d'une trilogie de longs métrages tirée de leur série sera mis en ligne en janvier 2015.  

 

D'autres créent une chaîne web ouverte à la pub, d'autres encore font sponsoriser leur série. C'est parfois un bien pour un mal. "Certaines webséries sont achetées par des plateformes qui les retirent alors de YouTube et Dailymotion, pointe Joël Bassaget. Du coup, elles sont moins accessibles et risquent de perdre de l'audience." 

 

Cohabitation harmonieuse

 

Ce n'est pas le seul risque. Il est aussi à craindre que les webséries, devenues un enjeu économique et artistique, pour leurs créateurs comme pour les diffuseurs, perdent leurs spécificités et deviennent plus fédératrices. "Ces nouveaux auteurs vont naturellement vouloir élargir leur audience "'embourgeoiser"", affirme Patrick Holzman. "D'un autre côté, remarque François Descraques, les diffuseurs ne prétendent pas savoir ce qui marche ou non sur internet. Ils sont donc ouverts aux idées et nous laissent faire. Mais cela ne va peut-être pas durer." 

Quoi qu'il en soit, les webséries ne remplaceront jamais les séries télé. Les deux mondes vont probablement cohabiter, se compléter jusqu'à s'entremêler dans un futur plus ou moins proche. "Le web inspire et infuse les antennes, reconnaît Voyelle Acker. Et, peu à peu, les équipes des chaînes de télévision se renouvelleront et intégreront des gens qui pensent plurimédia ou transmédia."  

L'inverse existe déjà. Quand les services de vidéo à la demande sur internet comme Netflix, Amazon ou Hulu se lancent dans la production, c'est avec des formats de séries télé. Et ça marche. Regardez House of Cards et Orange is the New Black : la qualité et le succès sont là. 

 

Où regarder les webséries ?


Plusieurs sites ont des catalogues bien fournis: Dailymotion, YouTube, France4.fr/studio-4-0, Canalplay.com/DigitalSeries (sur abonnement), http://lecollectif.orange.fr/media/carte-webseries, Serieweb.com, Meswebseries.fr ;

 

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Que recouvre précisément l'audiovisuel public français ?

Que recouvre précisément l'audiovisuel public français ? | (Media & Trend) | Scoop.it

Après la grève à Radio France, c'est France Télévisions qui se retrouve dans l'actualité avec la nomination imminente de son nouveau président. A eux deux, ces groupes rassemblent les principales télévisions et radios publiques françaises. Mais d'autres existent, à l'instar de LCP, TV5 Monde, Public Sénat, RFI, France 24 ou MCD. Ces entreprises, qui font un peu moins parler d'elles, sont aussi financées par la redevance et le budget de l'Etat. Pris dans sa globalité, le service public de l'audiovisuel représente un quart des parts de marché de la radio et un tiers pour la télévision. 

 

Tour d'horizon complet de ses différentes composantes :

France Télévisions (France 2, France 3, France 4, France 5, Outre-Mer 1ère, France Ô)Radio France (France Inter, France Bleu, France Info, France Culture, France Musique, Mouv', FIP)France Médias Monde (RFI, France 24, MCD)Les chaînes co-financées (TV5 Monde, Arte)Les chaînes parlementaires (LCP, Public Sénat)L'Institut national de l'audiovisuel (INA)France Télévisions

France 2, France 3, France 4, France 5 mais aussi Outre-mer 1ère et France Ô. Ces chaînes font toutes parties de France Télévisions, le « premier groupe audiovisuel français », comme il se définit lui-même. Rémy Pflimlin, son président, a été nommé en 2009 par Nicolas Sarkozy. C'est le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), chargé aujourd'hui de la procédure de nomination, qui décidera s'il est remplacé ou reconduit dans ses fonctions en août.

France Télévisions rassemble près de 30 % des téléspectateurs (Médiamétrie, mars 2015). Un chiffre porté par l'audience de France 2 (13,8 %), qui se veut la chaîne généraliste « de l'événement, du lien social et du vivre ensemble » et qui est la deuxième chaîne nationale derrière TF1 (21,9 %). France 3, « la chaîne de la proximité », pèse elle 9 % de part de marché grâce à des rendez-vous phares comme le feuilleton « Plus belle la vie », le « 19/20 » ou « Thalassa ».

Loin derrière, France 5 rassemble 3,4 % des téléspectateurs avides de connaissances et de découvertes tandis que France 4 et France Ô peinent à intéresser les jeunes d'un côté (1,6 % de part de marché) et le public ultramarin de l'autre (0,6 %). Cela s'explique sans doute par la concurrence du réseau local Outre-mer 1ère, décliné dans les neufs territoires ultramarins, de la Guadeloupe à Wallis-et-Futuna.

Le maintien de France 4 et France Ô a d'ailleurs été récemment questionné dans un pré-rapport du CSA obtenu par BFM Business. En novembre 2011, le texte, qui n'était qu'un « document préparatoire » selon le CSA, souhaitait notamment que France Télévisions repense au périmètre des chaînes publiques, parfois mal identifiées. Sont alors évoqués un « contrat de lecture peu lisible » pour France 4 et un « problème d'harmonisation » entre France 2 et France 3, alors que le premier diffuse parfois des programmes plus en phase avec la ligne éditoriale de France 3 (le magazine « Secret d'histoire », par exemple).

Le rapport mettait également en avant le vieillissement de l'audience et la faible qualité de certains programmes tout en jugeant satisfaisant l'action de France Télévisions en termes de qualité d'information, de développement numérique et de soutien à la création.

 Radio France
 

Difficile aussi de passer à côté de Radio France, touché récemment par un mois de grève et qui diffuse les sept radios publiques nationales. L'ensemble pèse pour un quart des audiences de la radio (24,1 % de part de marché) sur la période janvier-mars 2015. Le groupe est porté par la généraliste France Inter (9,8 %), suivie du cumul des audiences des locales de France Bleu (6,9 %), puis de France Info (3,3 %).

Les autres stations sont plus confidentielles : France Culture est écoutée par 1,6 % des auditeurs et France Musique par 1,2 %. Cette dernière, une des priorités du PDG Mathieu Gallet avec France Info et le Mouv', a été dans le collimateur de la Cour des comptes, qui préconise une direction commune avec la direction de la musique du groupe. La juridiction financière de la rue Cambon veut également « statuer sur l'avenir » du Mouv', autrement dit poser la question de la suppression de la diffusion hertzienne de cette station destinée aux jeunes, qui ne rassemble que 0,5 % des auditeurs. Autre station peu écoutée, FIP, l'antenne dédiée aux musiques éclectiques. Et pour cause, l'ancienne « France Inter Paris » ne possède qu'une dizaine de fréquences en France, contre plus de 600 pour France Inter.

France Médias Monde
 

France Médias Monde est le troisième groupe public financé par la redevance. Si on connaît moins l'ex-AEF (Audiovisuel extérieur français), c'est sans doute car, selon son cahier des charges, ses programmes sont « destinés au public international ainsi qu'au public français résidant à l'étranger ». Le groupe, présidé par Marie-Christine Saragosse (et qui a été écartée de la short-list des candidats à la présidence de France TV), gère une chaîne d'information et deux radios : France 24, RFI et MCD (Monte Carlo Doualiya).

France Médias Monde a été dans la tourmente ses dernières années. En 2008, la fusion juridique des trois entités au sein d'une même holding a entraîné une crise ouverte entre le président-directeur général, Alain de Pouzilhac, et la directrice générale déléguée, Christine Ockrent, mais également la suppression de 22 % des effectifs, due à deux plans de départs volontaires successifs. Un nouveau contrat d'objectif et de moyen doit être lancé pour 2016 afin de redéfinir la stratégie du groupe.

Radio France international (RFI) n'est écoutée que par 0,1 % des auditeurs français selon Médiamétrie mais en réunit 34,5 millions dans le monde, dans 62 pays. L'Afrique, notamment francophone, constitue 80 % de l'audience de RFI, loin devant l'Amérique du Sud (10 %) et l'Europe (3 %). C'est pourquoi la radio a choisi d'avoir deux grilles distinctes aux heures de grande écoute : une « Afrique » et une « Monde ». La rédaction, qui se trouve à Paris, vise à « offrir les clefs de compréhension du monde », que ce soit en français ou dans l'une des 12 langues étrangères de la station (anglais, cambodgien, chinois, espagnol, haoussa, kiswahili, persan, portugais, brésilien, roumain, russe, vietnamien). RFI souhaite d'ailleurs renforcer le nombre de ses décrochages en langues africaines. Le succès de la station repose aussi sur ses émissions diffusées par 700 radios partenaires.

MCD, pour Monte Carlo Doualiya, est une radio généraliste en langue arabe, principalement axée sur l'information et la culture. Selon un rapport parlementaire, MCD « s'adresse en priorité à des individus instruits. On lui reconnaît des qualités de fiabilité et d'expertise. [C'est] une station incontournable en temps de guerre (Liban, Syrie, Irak) ». La filiale de RFI est écoutée par 8 millions d'auditeurs dans le Proche et Moyen-Orient, une partie de l'Afrique (Djibouti, Mauritanie et Sud-Soudan) et dans une moindre mesure à Marseille. MCD tente aujourd'hui d'ouvrir de nouvelles fréquences : elle s'est notamment installée dans le sultanat d'Oman, en janvier. Elle envisage également un développement au Maghreb, où le marché de l'audiovisuel a été ouvert après les printemps arabes. Depuis 2013, la station a quitté la Maison de la radio en même temps que RFI afin de s'installer aux côtés de France 24 dans les locaux de France Médias Monde, à Issy-les-Moulineaux.

 

France 24 a été créée en 2006 par France Télévisions et TF1, après plusieurs années de débats. Entièrement publique depuis 2008 (TF1 ayant revendu ses parts), elle offre une vision française de l'actualité internationale dans le monde entier (177 pays). France 24 est déclinée en trois canaux (français, anglais et arabe), avec une même ligne éditoriale, résumée par le slogan « Liberté, égalité, actualité ». Une réflexion est en cours pour une diffusion en espagnol. Si l'audience de la « CNN à la française » est difficile à mesurer, France 24 totalise près de 46 millions de téléspectateurs par semaine dans les 64 pays (sur 177) mesurés. En France, l'audience reste faible, la chaîne ne bénéficiant d'un canal sur la TNT que depuis septembre 2014, et uniquement en Ile-de-France.

 
Les chaînes co-financées
 

Le service public a également des parts dans deux médias : d'abord Arte, co-financée par l'Allemagne, mais aussi TV5 Monde, dont la Belgique, la Suisse, le Canada et dans une moindre mesure l'Allemagne (via Arte) sont actionnaires. Dans les deux cas, la France y joue un rôle important.

TV5 Monde

i

Né en 1984, la discrète TV5 Monde a été propulsée au cœur de l'actualité début avril après avoir été victime d'une cyberattaque. Détenu majoritairement par France Télévisions depuis 2013 (à près de 49 %) mais encore un peu par France Médias Monde (13 %), le groupe présidé par Yves Bigot appartient aussi à des médias publics suisses, belges, canadiens ainsi qu'à Arte et à l'INA. Rien d'étonnant, puisque le rôle de TV5 Monde, qui a fêté ses 30 ans en 2014, est de diffuser la culture francophone dans le monde entier (198 pays), à travers des programmes qu'elle produit ou des rediffusions de divertissements, spectacles, jeux, fictions, documentaires... issues des chaînes qui la financent. TV5 Monde est déclinée en 10 chaînes, couvrant chacune une partie du monde (TV5 FBS - France Belgique Suisse, TV5 Europe, TV5 Afrique...).

 

Si 260 millions de foyers ont accès à TV5 Monde, on estime à 55 millions le nombre de téléspectateurs hebdomadaires de la chaîne. Plus des deux tiers de son audience se fait en Afrique, contre un quart en Europe. En France, TV5 FBS n'est accessible que sur le câble et le satellite ou via Internet. Elle rassemble 4,2 millions de téléspectateurs hebdomadaires, en incluant les Belges et les Suisses.

TV5 Monde dépend en grande partie de France Télévisions, mais a un budget propre de 110 millions, 76 millions venant de la France, le reste des autres pays actionnaires. Elle a été baladée plusieurs fois [.pdf] entre France Télévisions, qui lui fournit la plupart de ses programmes français, et France Médias Monde, puisque la chaîne s'adresse à un public étranger.

Arte
 

Arte, pour Association relative à la télévision européenne, est une chaîne de télévision fondée par l'Allemagne et la France en 1991. Symbole de l'amitié de deux pays, elle se veut la chaîne de la culture européenne, « la télé qui vous allume», comme le clame son slogan. Ainsi, près de la moitié de sa programmation est faite de documentaires. Sans publicité, 95 % de ses recettes proviennent des redevances audiovisuelles française et allemande.

Arte est un groupement européen d'intérêt économique (GEIE) composé d'une partie allemande détenue à part égale par les deux chaînes publiques (l'ARD et la ZDF) et d'Arte France, qui dépend de France Télévisions à 45 %, mais aussi directement de l'Etat, de Radio France, de l'INA et plus étonnant, de Radio France (15 %).

La chaîne est diffusée en France et en Allemagne mais aussi en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, en Autriche et aux Pays-Bas. Dans l'hexagone, Arte tourne autour des 2 % de part de marché, ce qui fait d'elle la douzième chaîne française. Un score qui a progressé de 5 points entre 2011 et 2015. Avant l'arrivée de la TNT en 2005, Arte partageait un canal (et une faible audience) avec France 5. Depuis l'extinction du signal analogique en 2011, si les deux chaînes ont définitivement tourné la page de la cohabitation, une situation similaire persiste pour Public Sénat et La chaîne parlementaire - Assemblée nationale (LCP-AN dite LCP).

Les chaînes parlementaires : LCP et Public Sénat
 

On n'en parle moins que pour France Télévisions, mais 2015 est aussi l'année du renouvellement des présidents de LCP et de Public Sénat. Ainsi Gilles Leclerc va être remplacé à la tête de Public Sénat par Emmanuel Kessler à partir du 1er juin. Le remplaçant de Gérard Leclerc (LCP) devrait être connu dans les prochains jours. Contrairement à ce qui se passe pour Radio France, France Télévisions et France Médias Monde, ce n'est pas le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) qui nomme le président des deux chaînes mais un Bureau dans chaque assemblée qui représente l'ensemble des groupes politiques. Le CSA n'a d'ailleurs aucune compétence sur les chaînes parlementaires, qui ne sont étudiées ni par la Cour des comptes ni par Médiamétrie.

De fait, les deux chaînes ont un statut à part, aussi parce qu'elles sont financées directement par le budget du Parlement. Si chaque chambre a sa chaîne, l'Assemblée nationale et le Sénat se partagent un même canal (le 13) sur la TNT. Une situation inédite dans le monde pour des chaînes parlementaires, comme l'expliquait récemment Challenges, qui n'est pas sans poser problème, surtout quand Sénat et Assemblée nationale sont de majorité différente (ce qui est souvent le cas). L'enjeu est important : depuis 1999, LCP et Public Sénat sont chargées de rendre compte de ce que fait le législatif, et ont, plus largement « une mission de service public, d'information et de formation des citoyens à la vie publique, par des programmes parlementaires, éducatifs et civiques ».

Le canal 13 est divisé en huit tranches horaires, faisant alterner programmes de Public Sénat et de LCP. Conséquence : des discours de parlementaires parfois coupés s'ils ne sont pas synchronisés avec les horaires des deux chaînes, des émissions similaires, deux directions et un budget (35 millions d'euros) à se partager. Une telle structure a-t-elle un impact sur l'audience ? Si Médiamétrie ne la mesure pas, elle serait très faible selon un des opérateurs qui diffuse la chaîne en ADSL : autour de 0,25 % de part de marché. Si une fusion des deux chaînes est régulièrement évoquée - encore récemment par Claude Bartelone, le Sénat s'y oppose : il ne veut pas perdre sa visibilité, déjà faible dans les médias. Entre 1 (selon le Sénat) à 7 millions (selon l'Assemblée) d'euros pourraient être économisés.


Loïc Soleymieux 

Journaliste au Monde

 

Le cas de l'INA

Si l'Institut national de l'audiovisuel (INA) n'est ni une radio ni une télévision, il est le garant des archives audiovisuelles. L'INA est financé par la contribution à l'audiovisuel public à hauteur de 128 millions d'euros. Douze millions d'heures de télévision et de radio y sont conservées, dont 43 000 accesssibles sur le site ina.fr. La présidente Agnès Saal a été désignée par l'ancienne ministre de la culture de François Hollande, Aurélie Filippetti. Avant elle, c'est un certain Mathieu Gallet, aujourd'hui président de Radio France, qui était à la tête de l'INA.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Delphine Ernotte, une novice à la tête de France Télévisions

Delphine Ernotte, une novice à la tête de France Télévisions | (Media & Trend) | Scoop.it
Après moult rebondissements, Delphine Ernotte a finalement été nommée par le CSA à la présidence de France Télévisions. Ne connaissant rien à la télé, elle va devoir faire ses preuves.

 

Femme, 48 ans, dirigeant 80.000 personnes : Delphine Ernotte, directrice exécutive d'Orange France, cochait beaucoup de cases pour la présidence de France Télévisions. Pourtant, elle ne connaît rien à la télé. Aussi, la qualité de l’équipe qu’elle réunira autour d’elle sera-t-elle déterminante.

 

C’est une élection qui s’est faite dans la douleur. Par une absurdité de la loi, le CSA compte huit membres (au lieu de neuf précédemment). Cette composition portait donc en germe, le risque d’un potentiel blocage. C’est ce qui s’est passé. Après l’audition de sept candidats, les voix s’étaient réparties à 50/50 entre Pascal Josèphe et Delphine Ernotte. Les deux finalistes ont donc été réentendus, cet après-midi, chacun pendant une heure et demie, soumis à un feu roulant de questions.

 

Manager, connaissant le numérique

 

Combien de voix se sont-elles, finalement, portées sur Delphine Ernotte ? Lors de la nomination de Mathieu Gallet, le CSA s’était glorifié de l’avoir élu à l’unanimité. Là, le communiqué ne mentionne pas de chiffre. Sur quel projet stratégique Delphine Ernotte a-t-elle choisie ? Le CSA indique : 

 

En désignant Mme Delphine Ernotte Cunci, le Conseil a fait le choix de confier la présidence de France Télévisions à une femme dotée de solides compétences de management et d'une expérience reconnue dans la gestion du dialogue social, qui a exercé des fonctions de direction au sein de l'un des plus grands groupes numériques européens, imprégné d'une forte culture de service public.

 

Sa perception des enjeux de l'audiovisuel, en France comme à l'international, ainsi que son intuition des attentes du public dans un monde en mutation, ont convaincu le Conseil qu'elle saurait naturellement mettre ses qualités au service du développement de France Télévisions."

 

Une version publique (les points les plus confidentiels étant retirés) du projet sera mise en ligne, demain soir.

 

Femme de réseaux

 

Le nouvelle patronne de France Télés (à partir du 22 août) devra dompter les syndicats du groupe qui l’associent à la vague de suicides d’Orange. Disons qu’à l’époque, elle occupait déjà un poste important dans la structure d’Orange. Le SNJ FTV a d'ailleurs réagi rapidement : 

 

Au cours de cette procédure bien peu démocratique, certains prétendants se sont publiquement déclarés candidats. Parmi eux, très peu ont joué la transparence complète en partageant avec le public leurs projets stratégiques pour France Télévisions. A l’inverse, Mme Ernotte a préféré rester une candidate 'de l’ombre', jusqu’au dernier jour, sans rien dévoiler de son projet pour le Service Public audiovisuel. C’est un mauvais signe pour les salariés de France Télévisions qui ne savent absolument rien des intentions de leur nouvelle présidente. Tout juste comprenons nous qu’elle cultive le goût du secret."

 

Delphine Ernotte est très "réseautée" : elle est amie des ministres Fleur Pellerin et Najat Vallaud-Belkacem. Stéphane Richard, président d'Orange, l’a aidée à trouver un point de chute car il devenait évident que la place de numéro un qu’elle pouvait briguer à une période ne lui était plus destinée.

 

Elle a également été aidée par David Kessler (ex-Elysée), Xavier Couture (ex-TF1 et Canal+) et par le lobbyiste Denis Pingaud, qui avait fait la campagne de Mathieu Gallet et dont le contrat de conseil auprès de ce dernier, à Radio France, a fait des vagues. Au point que certains rivaux de Delphine Ernotte raillaient une "candidature fabriquée de toutes pièces".

 

Son problème, aujourd’hui, va consister à ne pas être prisonnière de tous les faiseurs de reine qui se sont empressés auprès d’elle.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Twitter investit dans une startup de promo géolocalisée

Twitter investit dans une startup de promo géolocalisée | (Media & Trend) | Scoop.it
Le réseau social de microblogging fait partie des investisseurs de Swirl, une startup américaine spécialisée dans les "beacons", des traqueurs qui envoient des notifications lors qu'un smartphone entre à proximité.

 

Une petite startup spécialisée dans le commerce de traqueurs ("beacon") et installée à Boston a su s'attirer l'attention de plusieurs investisseurs prestigieux. Le réseau social de microblogging Twitter et le fonds de capital risque SoftBank Capital, ont investi, parmi d'autres, 18 millions de dollars (16,8 millions d'euros) dans Swirl, rapporte Re/code. Après ce nouveau tour de table, la startup, qui compte 30 employés, a désormais levé 32 millions de dollars (29,8 millions d'euros), écrit le site spécialisé.

 

Envoi de publicités aux visiteurs d'une boutique

 

Le produit commercialisé par la startup permet de transmettre des offres commerciales ciblées aux smartphones des visiteurs du magasin. Grâce au Bluetooth, les "beacons" sont en effet capables de détecter les téléphones portables proches d'une certaine zone géographique et de leur envoyer une notification, généralement de la publicité.

  

 

Interrogé par TechCrunch, le PDG de Swirl, Hilmi Ozguc, avance que sa société "offre le balises les plus avancées et complètes" du marché, adaptées "aux marques et commerces de grande envergure".  Elle compte notamment parmi ses clients la chaîne d'hôtels de luxe Marriott et la marque de vêtements et chaussures Timberland.

 

Intérêt commercial pour Twitter

 

Si Twitter n'utilise pas encore la technologie de Swirl, Hlimi Ozguc a confié à Re/code espérer que l'entreprise l'intégrera prochainement à son offre de publicité.

 

Le réseau social aux 288 millions d'utilisateurs s'est largement ouverts aux entreprises de taille moyenne, qui pourraient être intéressées par de tels capteurs. Depuis juillet (avril 2013 pour les États-Unis), les TPE et PME français ont la possibilité de créer un compte sponsorisé, permettant l'accès à la plateforme publicitaire de Twitter.

 

L'an passé, le réseau social a également offert la possibilité à ses comptes sponsorisés de tweeter directement cartes de promotions et pourrait ainsi lier ces tweets à l'entrée dans une boutique partenaire. L'entreprise a en effet tout à y gagner. Sur les trois derniers mois de 2014, elle a tiré 90% de ses revenus totaux grâce de la publicité (432 millions de dollars, soit 401 millions d'euros au cours actuel), dont 88% est venue du mobile.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Sans pub, la soirée n'est pas plus folle

Sans pub, la soirée n'est pas plus folle | (Media & Trend) | Scoop.it
Audace, où es-tu ? Plus que jamais cramponnée aux courbes d'audiences, France Télévisions n'a pas profité de la suppression des publicités après 20 heures, ou si peu… Autopsie d'une mini-révolution avortée. 

Ce 8 janvier 2008, il n'est pas peu fier du pavé qu'il va lancer. Il en sourit, gourmand, Nicolas Sarkozy, qui tient conférence de presse à l'Elysée. Il ménage son effet, avant d'annoncer une « réflexion sur la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques ». Il promet rien de moins qu'« une révolution culturelle ». On va voir ce que l'on va voir, ou plutôt ce qu'on n'avait encore jamais vu…

Six mois plus tard, le rapport de la commission présidée par Jean-François Copé, qui a travaillé à définir cette « nouvelle télévision publique » veut croire que « l'absence de recherche d'une audience immédiate (va) permettre à France Télévisions de prendre des risques », et que le service public saura faire de l'audience « une ambition et non plus une obsession ».

 

Personne n'imagine alors un grand soir du service public mais certains se prennent à rêver d'une fiction plus audacieuse dans le sillage de ce qu'ont initié Canal+ et Arte, de documentaires moins formatés ou d'émissions culturelles trouvant plus souvent le chemin du prime time.

 

D'autres esprits plus chagrins, du syndicat CGT à certains producteurs comme Fabienne Servan-Schreiber, dénoncent l'imposture : moins de publicité, ce sera avant tout davantage de recettes pour les chaînes privées. Quant au groupe public, on s'achemine plus sûrement vers des périodes de vaches maigres que d'explosion créatrice.

 

La révolution n’a pas eu lieu

 

Six ans plus tard, difficile de leur donner tort. Même si le gouvernement a renoncé à supprimer la publicité en journée, France Télévisions est déficitaire et l'investissement dans les programmes régresse. Surtout, la révolution promise n'a pas eu lieu. Mais pouvait-il en être autrement ? « Prendre des risques et ne pas se soucier de rencontrer l'audience ne correspond pas à notre mission », a tranché l'actuel président, Rémy Pflimlin. Et si d'aventure France Télévisions oubliait un tant soit peu l'audience, d'autres se chargeraient de la lui rappeler.

 

Quand il s'agit de voter le montant de la redevance, la télévision publique est sommée par les politiques de prouver qu'elle en donne pour son argent au plus grand nombre de contribuables. La nouvelle ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a beau affirmer comme ses prédécesseurs : « Je ne veux pas qu'ils [les dirigeants de France Télévisions, ndlr]aient le nez sur l'audience. L'échec fait partie du risque. » Le passé nous a appris que la réalité résiste souvent aux vertueuses déclarations.

 

Imposé dès le 1er janvier 2009, dans la précipitation, l'arrêt de la publicité a pourtant été vécu comme une chance par certains dirigeants de l'époque. « Nous avions la perspective de commencer la soirée à 20h35, plus tôt que les autres chaînes, et d'enchaîner sur une seconde partie de soirée dès 22 heures », témoigne l'un d'eux. Le slogan « Mettez-vous à l'heure de France Télévisions ! », certains y ont cru. Il a fallu déchanter très vite. Ce décalage empêchait le public finissant un programme sur une chaîne privée de rejoindre les deuxièmes parties de soirée de France 2 ou France 3.

 

Dès janvier 2010, chacun s'est replié sur lui-même. A cette tentative avortée est venue s'ajouter la réorganisation en « entreprise unique », le branle-bas dans l'organigramme et la valse des directeurs (quatre en trois ans à France 2). Personne ne se sent plus responsable, ni ne sait qui l'est. Il faut d'abord sauver son poste, ne pas trop s'exposer, reproduire ce qui marche, ne changer qu'à la marge afin au moins de conserver le public fidèle, même s'il prend de l'âge.

 Instabilité de pilotage et trous d'air

 

Cette instabilité du pilotage a parfois créé des « trous d'air » propices à une initiative culottée. C'est un de ces moments d'« entre-deux » directions qui a facilité l'arrivée sur France 2 de Cash investigation. Programmé à 22h15, le magazine d'Elise Lucet finit par trouver le chemin du prime time et s'impose. Une heure trente d'enquête à cet horaire, c'était nouveau et osé, surtout pour un magazine qui n'hésite jamais à dénoncer les dérives de certaines entreprises, par ailleurs gros annonceurs du petit écran.

 

Sans doute le meilleur exemple de l'utilité d'une télévision sans publicité. Et l'un des rares à ce jour, car l'arrêt de la publicité ne s'est accompagné d'aucune réflexion plus générale sur les programmes et sur la meilleure façon de dépenser un argent plus rare.

Tous les moyens ont continué à être consacrés au prime time. Ce n'est pas tant le conformisme que l'absence de diversité dans les formats, les genres, les univers, les créneaux de programmation que reprochent producteurs et auteurs à France Télévisions. Les diffusions de fictions inédites en première partie de soirée n'ont pas progressé.

 

Or, dès lors que l'on reconduit les séries qui marchent bien, que l'on conserve quelques « vieux » héros récurrents, la place et les moyens pour les nouveautés sont comptés. Et le temps pour les produire, long. Il a fallu attendre 2015 pour percevoir l'ombre d'un renouveau de la fiction sur France 2 avec Chefs ou Les Témoins.

 

Quand il n'était encore que directeur de France 3, Rémy Pflimlin se montrait plus aventureux. Il avait engagé la chaîne dans le projet lourd d'un feuilleton quotidien,Plus belle la vie. Devenu pdg, il n'a pas osé prendre le même risque pour France 2, avant 20 heures. Si la publicité avait disparu après 20 heures, il fallait en engranger un maximum avant. Incompatible avec la moindre prise de risque.

 

Dix-huit nouvelles chaînes gratuites en moins de dix ans

 

Rétrospectivement, la suppression de la publicité est arrivée au plus mauvais moment. Alors que l'argent public se raréfiait en raison de la crise, les chaînes publiques ont dû affronter la concurrence de dix-huit nouvelles chaînes gratuites lancées sur la TNT en moins de dix ans. Leur audience ne pouvait que baisser et ses dirigeants s'en sont trouvés tétanisés.

 

L'arrêt de la publicité ne pouvait rien y changer, plus l'audience flanchait, plus elle devenait l'unique critère de la réussite d'un programme. Cette quête permanente ne pouvait que brider la création et bannir toute audace formelle. « On nous renvoie la figure "totémique" de la boulangère de Montceau-les-Mines, dont le chargé de programmes de la chaîne prétend savoir à quel moment "elle décroche" » témoigne un producteur.

 

Le réalisateur des Enfants de la nuit, un documentaire sur les enfants de déportés diffusé le 29 janvier 2015 sur France 3, avait imaginé en ouverture la lecture d'un poème de Primo Levi. Un poème ! La boulangère, c'est sûr, aurait décroché…

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

“La télévision publique du futur ne sera pas une poubelle”, Jean-Louis Comolli

“La télévision publique du futur ne sera pas une poubelle”, Jean-Louis Comolli | (Media & Trend) | Scoop.it
Pour Jean-Louis Comolli, entre médiocrité et mépris, la politique du pire l’emporte actuellement. Il imagine un meilleur avenir à la télé publique, et à ses téléspectateurs.Une télévision publique en France ?

 

Commençons par soutenir qu’à l’heure actuelle, il n’y a pas de télévision publique en France. Toutes les télévisions, privées, publiques, sont réglées par les mesures de Médiamétrie, Arte compris. L’Audimat régit les télévisions privées comme les télévisions dites (par faiblesse) publiques. Il en résulte un alignement général sur la médiocrité, la vulgarité, le mépris, tares ordinaires du principe de concurrence. Faute de désir, c’est la politique du pire qui l’emporte.

Car on ne s’adresse pas à des millions de téléspectateurs, citoyens comme vous et moi, sans un désir fort. L’argent, qui se dit en termes d’audience, ne remplace pas le désir : il le tue. Les têtes pensantes et agissantes de nos télévisions publiques sont bien plus aliénées à l’argent que celles ou ceux à qui elles destinent leurs programmes. L’argent n’est pas le désir et moins encore le désir de créer.

 

Changer, oui, mais pour qui ?

 

Cela veut dire qu’il y aurait à changer les directions et sous-directions de ces chaînes qui se déguisent en « service public » alors qu’elles sont au service d’intérêts privés – et que tout le monde le sait. Changer, oui, mais pour qui ? J’imagine une télévision publique du proche futur comme étant gouvernée par des créateurs, des producteurs de créateurs, des éditeurs, des directeurs d’opéras, de musées ou de théâtre, bref : par des amants et pratiquants de la culture et de l’art dans la sphère publique. Les actuels directeurs de chaînes ne sont évidemment pas à la hauteur, ils sont même parvenus, horrible exploit, à se fermer à la moindre ambition. Pourtant, les opéras sont pleins, la Comédie française attire des centaines de milliers de spectateurs, les grandes expositions autant. Le Net, même, qui propose le pire et le meilleur, ne renonce pas à diffuser le meilleur. Seule la télévision publique refuse d’entrer dans le cercle des grandes institutions culturelles. Elle a honte. Elle sait qu’elle ne fait pas le poids.

 

Alter ego

 

La télévision publique du futur ne sera pas une poubelle. Tout ce qu’il y a de pourri chez nous n’y pourrira pas davantage. Elle posera que le téléspectateur est un alter ego et non pas un « inférieur », voire un imbécile à qui il faut tout expliquer, un aveugle à qui il faut dire ce qu’il doit voir. La machine à formater les esprits que toute télévision, privée ou publique, ne peut s’empêcher d’être, jouera a contrario le pari de la liberté du téléspectateur. C’est déjà arrivé dans l’histoire de la télévision française. Dumayet ou Desproges, Jacques Thibaud ou Eliane Victor, pour ne citer qu’eux, seraient aujourd’hui au chômage.

Mais oui ! La télévision publique du futur ne sera pas une télévision du mépris : mépris du téléspectateur considéré comme un client, mépris du réalisateur et du producteur considérés comme des fournisseurs, mépris du citoyen qu’il faudrait à tout prix laisser s’assoupir. Enfin, la future télévision publique ne consacrera pas deux-tiers du temps de ses émissions d’information aux péripéties météorologiques. Elle sera donc en mesure de lutter plus efficacement contre le Front national.

A quoi devrait ressembler une télévision de service public en 2015 ? A quelques jours de la nomination d'un nouveau président à la tête de France Télévisions, nous avons posé cette question à dix personnalités – philosophe, chercheur en communication, producteur, réalisateur de fiction et de documentaire, publicitaire. A chacun sa réponse, en fonction de profils que nous avons choisis volontairement très différents. Aujourd'hui : Jean-Louis Comolli, documentariste. Demain : Arnaud Mercier.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Trois recettes de France Télévisions pour réchauffer les succès des chaînes privées

Trois recettes de France Télévisions pour réchauffer les succès des chaînes privées | (Media & Trend) | Scoop.it
Censées proposer une offre différente, les chaînes publiques se laissent parfois aller à accommoder à leur sauce les hits de leurs concurrentes privées. Petit aperçu. 

Devant votre télé, vous êtes parfois envahi d'un terrassant sentiment de déjà-vu ? Les concours culinaires prolifèrent, les émissions de notation n'en finissent plus d'être déclinées, les télé-crochets musicaux se succèdent et se ressemblent. Ce n'est pas nouveau, les chaînes louchent les unes sur les autres, se piquent par-ci par-là quelques bonnes idées. Même France Télévisions, malgré ses airs de ne pas y toucher, cède à l'envie de singer ses voisines du privé. Pâtisserie, notation, solidarité : nous avons décrypté trois exemples d'emprunts particulièrement frappants. Méfiez-vous des imitations !

 

Recette numéro 1 : le concours de pâtisserie

 

En 2012, quand la BBC propose à France 2 d'adapter le concours de pâtisserie The great british bake off, la chaîne tergiverse puis rentre dans sa coquille. Une compétition, de l'élimination ? Trop M6 ! Le projet rose bonbon est abandonné… et s'installe avec succès sur la 6 en novembre 2012 sous le titre Le meilleur pâtissier. Dommage…

Pour rattraper le coup, France 2 lance en juillet 2013 sa création « originale » Qui sera le prochain grand pâtissier ?, finalement beaucoup moins feel good et encore plus portée sur le challenge que le format de M6. Un succédané qui reprend les codes du Meilleur pâtissier mais aussi de Top chef, une autre émission culinaire de M6. Comparatif.

 

Recette numéro 2 : la compét' conviviale (quoique…)

 

Depuis le succès d'Un dîner presque parfait sur M6, dès 2008, les émissions à mécanique de notation se multiplient comme des petits pains sur toutes les chaînes. Obsédée par l'idée d'attirer les jeunes, France 2 s'y est maladroitement risquée, à l'été 2011, avec 5 Touristes, où les candidats partaient en vacances ensemble pour élire le meilleur touriste de la semaine. Concept inconsistant, casting salé, trivialité… Encore une fois, cette déclinaison n'avait rien à envier à son modèle.

 

Recette numéro 3 : l’émission solidaire

 

La solidarité, l'entraide, la cohésion : en voilà des sujets pour le service public. Eh bien non. C'est TF1 qui, en 2009, lance Tous ensemble, un magazine hebdomadaire où toute une région se mobilise pour retaper la maison insalubre d'une famille en détresse. En avril 2013, France 3 se réveille et diffuse Le Chœur du village, un docu-réalité soporifique où tous les villageois s'engagent comme un seul homme dans la rénovation d'un bâtiment public, en prenant part au chantier ou… à une chorale amateur destinée à récolter des fonds. En additionnant bons sentiments et alibis patrimoniaux, France 3 a réussi à surpasser la lourdeur de l'original. On vous laisse découvrir…

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

A l'avant-garde de la webcréation, le service public s'éclate en ligne

A l'avant-garde de la webcréation, le service public s'éclate en ligne | (Media & Trend) | Scoop.it
Alors qu'elles peinent à se renouveler à l'antenne, les chaînes publiques sont à la pointe des nouvelles formes d'écriture sur Internet. En produisant, notamment, des documentaires multimédia ambitieux. 

Internet connaît tout de notre vie privée. Nos goûts, nos déplacements, nos fantasmes. Nous le savions, mais nous ne l'avions jamais perçu avec une telle acuité. A partir de cette semaine, Arte nous en apporte les preuves tangibles, avec un documentaire interactif au concept vertigineux : en face de nous, derrière l'écran, les journalistes Vincent Glad et Zineb Dryef nous aident à traquer nos propres données personnelles, ces traces que nous avons malgré nous abandonnées ici et là sur la Toile.

 

Intitulée Do not track, cette enquête transmédia est sans doute le format le plus ambitieux jamais conçu sur le Web. Six cent quarante mille euros de budget pour une vaste coproduction mondiale (France, Allemagne, Canada). Quatre-vingt-dix personnes ont planché sur le dispositif. Le projet a été écrit à Vancouver, la musique, enregistrée à Detroit, et chaque pays a un présentateur dédié. La société française Upian, à l'origine du programme, ne compte pas s'arrêter là : en 2016, elle récidivera avec un documentaire multimédia encore plus important, une déclinaison deGénération quoi ? (cette étude collaborative sur les 18-34 ans lancée avec France 2 en 2014) élargie à toute l'Europe et diffusée sur le site des chaînes publiques d'au moins quinze pays !

 

Nous savions que la France était en pointe sur la création transmédia — un rapport de l'Institut français célébrait récemment l'émergence d'une french touch (1) autour de nouveaux producteurs parisiens hyperconnectés comme Upian, Honkytonk ou Narrative —, mais le rôle de l'audiovisuel public dans ce rayonnement est aujourd'hui de plus en plus manifeste. Alors qu'il peine à se renouveler à l'antenne, le service public commence à se distinguer sérieusement en ligne, explorant de nouvelles formes d'écriture et semant dans la foulée les chaînes privées, qui réduisent trop souvent le Web aux divertissements préado. « En un sens, c'est logique, explique Alexandre Brachet, directeur d'Upian. Internet est un service public. Sa nature même rejoint les missions d'Arte ou de France Télévisions. »


Avec des valeurs comme la transparence, l'engagement ou le partage du savoir. Rien d'étonnant à ce que ces chaînes se soient intéressées les premières aux webdocs et aux expériences collaboratives comme Prison Valley (sur l'univers carcéral américain) ou Anarchy (qui imagine le destin d'une France sortie de l'euro). Méthode douce pour happer la jeunesse qui déserte la télé. Et positionnement stratégique entre les amateurs du Web et les géants du secteur comme Google ou Facebook.

 

La nouveauté, c'est que cet Internet de service public semble ne plus avoir de frontières. Une bonne partie des projets français sont cofinancés par l'Office national du film du Canada (ONF), en partenariat avec l'ARD (Allemagne), la RTBF (Belgique), des chaînes suisses ou écossaises...

 

Au-delà de la question économique, ces collaborations élargissent le public de programmes hybrides (fiction/documentaire/jeu vidéo) dont l'enjeu dépasse généralement la sphère locale. En théorie, un webdocumentaire sur l'écologie ou la crise économique intéressera autant l'internaute de Strasbourg que celui de Montréal ou de Barcelone. « Le territoire est de moins en moins défini par sa géographie, mais par des préoccupations communes », confirme Hugues Sweeney, producteur à l'ONF. Et le support web s'y prête particulièrement : plus besoin de se mettre d'accord avec les chaînes selon les exigences et les logiques de programmation de chacune. Directeur d'Arte radio, Silvain Gire se souvient de coproductions radiophoniques difficiles avec la BBC, où « tout devenait ­institutionnel et lourd, avec des juristes tatillons qui interdisaient d'évoquer la politique ou de prononcer certains mots ». Sans parler de ces énormes fictions télé européennes — joliment surnommées « europuddings » — insipides à force de compromis.

 

Sur Internet, au contraire, le partenariat international semble à première vue plus souple, plus naturel, « même s'il faut adapter les projets à l'audience et à la culture de chaque pays », précise Margaux Missika, productrice chez Upian. Responsable des nouvelles écritures à France Télévisions, Boris Razon sent également monter « une dynamique de service public » dans différents pays, prêts à mener de front des « campagnes d'intérêt général ou citoyen ». Sensibilisation aux enjeux climatiques, enquête participative sur la surveillance informatique ou sur la malbouffe, etc. « Grâce à Internet, nous pouvons avancer ensemble avec d'autres médias, privilégiant la coopération plutôt que la compétition, comme une association de pionniers », ajoute Boris Razon, persuadé que cette frénésie expérimentale finira par rejaillir un jour sur l'antenne, avec un langage et des modes de narration plus contemporains.

 

France Télévisions et l'ONF canadien viennent de coproduire une très belle expérience poétique en réalité virtuelle, Jusqu'ici, créée par l'artiste Vincent Morisset, réalisateur de clips pour Arcade Fire. La plateforme Arte Creative fédère de son côté de nombreux auteurs et bidouilleurs du monde entier. « Des partenariats électifs se sont construits, expliquent Bruno Cailler et Céline Masoni-Lacroix, enseignants-chercheurs à l'université de Nice. Au-delà de l'échange d'expérience, chacun prend conscience que les formats transmédias, avec leur logique de jeu [on parle de plus en plus de newsgames ou de jeux documentaires, NDLR], peuventséduire un public très large. D'un pays à l'autre, les internautes se retrouvent en ligne pour enquêter ensemble sur de grands sujets fédérateurs. »


En parallèle, les producteurs multiplient les passerelles avec d'autres acteurs : les universités, les musées, les fondations... Et rêvent de faire émerger un véritable service public mondial, au sens large, qui unisse médias nationaux et institutions locales. Arte radio s'est par exemple associée au consulat de France, à la Poetry Foundation et à deux radios associatives de Chicago pour élaborer un parcours sonore sur la mémoire de la ville américaine. Et travaille sur des projets similaires avec le Théâtre de la Ville ou la Cité des sciences, à Paris. Au Québec, l'ONF collabore avec les chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology), pour produire des films interactifs ou des jeux pédagogiques adaptés en cinq ou six langues. A Los Angeles, le Civic Innovation Lab met en relation des ingénieurs et des artistes, des développeurs et des activistes, des ONG et des médias, toujours dans une logique de partage des connaissances.

 

Bien entendu, la raison originelle de toutes ces collaborations reste l'absence de modèle économique — la webcréation coûte cher et ne rapporte pour l'instant pas grand-chose, sinon quelques prix dans des festivals —, mais la dynamique collective commence à porter ses fruits. En France, alors que les chaînes privées renâclent pour l'instant à investir dans la création numérique (2), « Arte et France Télévisions se sont imposées comme des marques de référence, offrant du contenu web de haut niveau », indique l'universitaire Bruno Cailler. Une façon de redorer leur image. Et de rester connectées à leur époque.

 

(1) « Les nouveaux producteurs, la french touch de la webcréation », rapport publié en décembre 2014.

 

(2) Le Syndicat des producteurs indépendants (SPI) réclame des obligations de financement pour l'ensemble du secteur afin d'éviter que le transmédia ne s'enferme dans une « logique muséale ».

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Pour un audioviduel public sans “bible de contraintes”, Natalie Rastoin, publicitaire

Pour un audioviduel public sans “bible de contraintes”, Natalie Rastoin, publicitaire | (Media & Trend) | Scoop.it
La dirigeante de l'agence de pub Ogilvy & Mather Paris estime que la créativité de France Télévisions est bridée par un entrelacs de contraintes. Et plaide pour que le Web guide sa stratégie.

Lorsqu’on rêve une télévision de service public en 2015, il y a vite un accord... de rêve : elle sera ouverte et inspirante, moteur de la créativité française, capable de décrypter la complexité du monde comme de tisser des liens entre les Français pour lutter contre la fragmentation de la société.

 

Et nous avons tous un avis, car la télévision publique nous appartient ! Elle fait partie de nos souvenirs comme de nos moments de détente de retour du travail ; elle est présente dans les soirées électorales, retransmet Roland-Garros et le Tour de France ; elle nous a fait découvrir de nombreux films et… de plus en plus de séries américaines. Bref, il y a des millions de présidents de France Télévisions en France.

 

Hélas, quelques réalités se chargent de rendre la vie du futur président plus dure que nos rêves, et j’aimerais en souligner quelques-unes, dans la foulée du rapport que l’Institut Montaigne a rendu récemment : « Rallumer la télévision ».

 

“Internet est aujourd’hui le ‘système nerveux de la société’, nous dit Julian Assange ; il devra être aussi celui de France Télévisions”

La télévision publique est sur Internet et « l’empreinte digitale s’est améliorée », comme le souligne le rapport Schwartz, mais il n’est pas sûr qu’elle ait fait sa transformation digitale en tant qu’organisation. Internet est aujourd’hui le « système nerveux de la société », nous ditJulian Assange ; il devra être aussi celui de France Télévisions ; il devrait déjà inspirer une offre de VOD puissante et unique, éventuellement dans un modèle freemium permettant la gratuité d’une partie de notre patrimoine, et – bien sûr – de nouveaux formats de création comme ceux que nous découvrons tous sur Internet (en documentaire, en fiction ou en information) et qui sont le creuset des talents de demain.

 

A cet égard, il est décevant de voir que, d'une part, ce n'est pas le service public qui rachète Studio Bagel et Dailymotion (mais, respectivement, Canal+ et Vivendi) et que, d'autre part, France Télévisions n'est pas dans le cluster numérique parisien des médias. C’est pourquoi nous recommandons qu’une partie des fonds alloués à France Télévisions le soit explicitement sur les enjeux digitaux.

La télévision publique travaille avec une diversité de producteurs mais il n’est pas sûr que cela garantisse la diversité et l’audace de la création. Certes, il y a 170 sociétés de production répertoriées en fiction en France... Mais 49% des sociétés qui ont travaillé pour France Télévisions en 2013 ont produit exclusivement pour le groupe public, sans aucun autre client privé. Il est difficile de croire que la dépendance économique va plus souvent avec l’audace que l’inverse ! Lorsqu’il s’agit d'un individu et non d’une entreprise, un tel niveau de dépendance conduit même à le considérer comme un salarié et non une personne extérieure à l’organisation avec laquelle il travaille.

“Renforcer l’objectif de diversité des genres en supprimant celui de diversité des producteurs”

 

C’est pourquoi nous recommandons de donner à France Télévisions un rôle explicite de consolidation de la production dans le prochain contrat d’objectifs et de moyens, et de renforcer l’objectif de diversité des genres en supprimant celui de diversité des producteurs. Remarquons au passage que le dessin animé, qui est par obligation plus lourd en investissement, a pris le chemin de l’excellence internationale ! Non, ne laissons pas dire qu’il y a un rapport entre la taille et l’audace – ni dans un sens, ni dans l’autre !

 

La télévision publique devrait, selon beaucoup, moins penser à l’audience... Certes, mais le système des droits l’oblige à le faire – en ne lui garantissant qu’une fenêtre d’exploitation courte qui ne lui permet pas de gérer la vie d’une œuvre ; en pratique, l’audience doit se faire quasiment au premier passage ! Ne devrait-on pas trouver un moyen de rendre le service public plus intéressé à la gestion dans le temps des œuvres, en particulier à l’heure d’Internet ?

 

J’arrête là ma liste pour rêver à nouveau. Que souhaiter en premier à la/au prochain(e) patron(ne) de France Télévisions ? Avant tout, de négocier avec l’Etat des objectifs clairs et moins de règlementations qui s’additionnent les unes aux autres pour former un monde de contraintes plus que d’audace. Car il n’y a aucune fatalité : nous avons en France les talents et les idées pour faire rayonner à nouveau l’audiovisuel. Il ne suffira pas de répéter « de l’audace, de l’audace ! » Il faudra aussi que le contrat d’objectifs et de moyens ne soit pas une bible de contraintes.

 

Natalie Rastoin est directrice générale de l'agence de publicité Ogilvy & Mather Paris

A quoi devrait ressembler une télévision de service public en 2015 ? A quelques jours (heures ?) de la nomination d'un nouveau président à la tête de France Télévisions, nous avons posé cette question à dix personnalités – philosophe, chercheur en communication, producteur, réalisateur de fiction et de documentaire, publicitaire. A chacun sa réponse, en fonction de profils que nous avons choisis volontairement très différents.

more...
No comment yet.
Scooped by Virginie Colnel
Scoop.it!

Study: Female Directors Face Strong Bias in Landing Studio Films

Study: Female Directors Face Strong Bias in Landing Studio Films | (Media & Trend) | Scoop.it

A three-year study of the marketplace for female directors has found that women are far more likely to work in independent film than on mainstream studiopics. Nearly half of the industryites surveyed believe that female-directed films appeal to a smaller audience than pics directed by men.

 

The study commissioned by the Sundance Institute and Women in Film found that the ratio of male-to-female directed movies in competition at the Sundance fest from 2002 to 2014 was about 3 to 1. By contrast, for the top 1,300 highest-grossing pics released from 2002 to 2014, the ratio was a little more than 23 to 1.

 

The study was authored by Stacy L. Smith, director of the Media, Diversity, & Social Change Initiative. at USC’s Annenberg School.

“After three years of research, the question can progress from ‘why are female directors missing behind the camera in top films?’ to ‘what can be done to create change?’” Smith said.

The study examined distribution deals and results for films coming out of Sundance over a 12-year period, and it incorporates a survey of 59 filmmakers and film buyers and sellers to gauge industry attitudes about femme helmers. The results reinforce pervasive industry attitudes about the commercial limits of female-directed films. But the study also challenges conventional wisdom in some areas, notably regarding distribution opportunities for male vs. female directed indie films.

 

Among the study findings:

 

Gender is a significant factor in the types of stories told by directors in competition at Sundance. Three-quarters of all dramatic competition movies featured drama, comedy and/or romance, with female-directed films (92.5%) more concentrated in these genres than male-directed films (69%).Gender did not affect whether Sundance pics received theatrical distribution. Of 208 movies from 2002-2014, 177 received domestic distribution (85.1%). Female-directed films (88.7%) were just as likely to receive distribution as male-directed films (83.9%).Movies with a female director (70.2%) were more likely than movies with a male director (56.9%) to be distributed by independent companies with fewer financial resources and lower industry clout. Male-directed films (43.1%) were more likely than female-directed films (29.8%) to receive distribution from a studio specialty arm or mini-major.The director gender gap is at its widest in top-grossing films. Across 1,300 top-grossing films from 2002 to 2014, only 4.1 percent of all directors  were female.

 

Among the results of the survey of 39 men and 20 women in the film biz:

 

44% said female directors are perceived to make films for a subset and/or less significant portion of the marketplace.42% believe there is a scarcity of female directors and a small pool to choose from in top-grossing films.25% cited women’s perceived lack of ambition in taking on directing jobs.22% cited the skewed representation of women in decision-making roles in the industry as a factor in limiting job opportunities for female directors.12% cited the belief that women “can’t handle” certain types of films or aspects of production, such as commanding a large crew.

 

“Having completed this three-year study, we have accomplished a thorough analysis of this issue and now know that female filmmakers face deep-rooted presumptions from the film industry about their creative qualifications, sensibilities, tendencies and ambitions,” said Cathy Schulman, president of Women in Film Los Angeles. “Now we need to move a heavy boat through deep waters, and WIF is committed to year-round action until sustainable gender parity is achieved.”

 

 

more...
No comment yet.