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Publicité : le numérique bouleverse le modèle des groupes de communication traditionnels

Publicité : le numérique bouleverse le modèle des groupes de communication traditionnels | Media&More | Scoop.it
Selon une étude de CA Cheuvreux, l'activité des agences médias en particulier pourrait se contracter sensiblement et passer de 20 % du chiffre d'affaires du secteur aujourd'hui à 10 % dans quelques années.

 

Les grands groupes de communication l'ont bien compris : le numérique va bouleverser leur activité. Depuis plusieurs années, de Publicis à WPP, tous multiplient les acquisitions dans ce domaine. Pour autant, ils pourraient malgré tout subir de plein fouet la révolution qui s'annonce. Selon une étude approfondie publiée récemment par les analystes de CA Cheuvreux, le numérique, qui représente aujourd'hui 25 % de leurs revenus en moyenne, en représentera dans quelques années 50 %. Surtout, cette évolution se fera au détriment d'une activité aujourd'hui particulièrement lucrative, le « media planning » et l'achat d'espace : représentant aujourd'hui 20 % de leurs revenus (dont 5 % dans le numérique), sa part devrait tomber à 10 %.


Pour communiquer sur Internet, le métier traditionnel d'agence média (choisir les médias appropriés en fonction de leur audience et de leur cible) est selon eux de moins en moins pertinent. Les circuits sont plus complexes et les intermédiaires plus nombreux. La technologie joue un rôle croissant. Les données sur les internautes et leur comportement sont plus abondantes, les retours sont mesurables et mesurés, souvent en temps réel.


Activité sensiblement réduite

 

En outre, les processus sont de plus en plus souvent automatisés : les AdExchange, ces plates-formes permettant de vendre des espaces publicitaires sur Internet, aux enchères et en temps réel (aussi connues sous le nom de Real Time Bidding), se développent à vitesse grand V, y compris en France. « Le marché est mûr désormais, nous nous attendons à une pénétration très forte rapidement », indique Thomas Jorion, qui a conduit l'étude. Les acteurs de ces nouveaux marchés n‘appartiennent toutefois pas aux grands groupes de communication, mais aux grands noms du Net : il s'agit de Double Click (Google), Microsoft Advertising, RightMedia (Yahoo!) et de nombreuses autres sociétés de toutes tailles. Seul WPP s'est risqué à racheter la plate-forme 24/7 Real Media en 2007. « Les autres préfèrent ne pas investir dans la technologie - ils n'en ont d'ailleurs pas tous les moyens. Ils se limitent à des partenariats », note l'analyste.


Résultat, les agences médias vont voir non seulement leur activité se réduire sensiblement, mais aussi leur fonds de roulement : elles bénéficient aujourd'hui d'un délai, entre le moment où elles reçoivent l'argent des annonceurs et celui où elles le reversent aux médias. « Pour une agence média comme Aegis, la trésorerie correspondante, qui représente aujourd'hui 50 % du chiffre d'affaires en fin d'année, pourrait se réduire à zéro en cinq ans dans un scénario du pire », estime Thomas Jorion.


L'impact sur la rentabilité ne sera pas neutre non plus. Car l'activité médias génère encore, selon Cheuvreux, une marge d'Ebitda d'environ 20 %, sensiblement plus élevée que les autres métiers. « L'impact négatif du numérique ne se voit pas encore, car les agences médias ont pour l'instant compensé la pression sur les prix de l'achat d'espace, par le développement de leurs activités de conseil, lié à la complexité croissante du paysage. Mais cela risque de ne pas durer », indique Thomas Jorion. D'autant que l'arrivée de la télévision connectée provoquera à coup sûr d'autres bouleversements.


Anne Feitz

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Les ventes sur Internet ont bondi de 24 % au premier trimestre

Les ventes sur Internet ont bondi de 24 % au premier trimestre | Media&More | Scoop.it
Le chiffre d'affaires réalisé sur la Toile par les commerçants a atteint 11 milliards d'euros sur les trois premiers mois de l'année. Si le panier moyen diminue, la fréquence des achats augmente.

 

Les sites de vente sur Internet ne connaissent pas la crise. Selon le bilan publié jeudi par la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad), le chiffre d'affaires réalisé sur la Toile par les commerçants, calculé selon les remontées des principales plates-formes de paiement, a encore progressé de 24 % au cours du premier trimestre, à 11 milliards d'euros.

 

La hausse était de 20 % au cours de la même période de 2011. A périmètre constant, selon le baromètre iCE 40 qui regroupe les informations fournies par 40 sites, la croissance est de 10 % pour les trois premiers mois de l'année. La différence est nourrie par la hausse du nombre d'acheteurs sur le Web (31 millions, +11 %) et par l'augmentation du nombre de sites disponible. Il s'en est créé 18.800 au premier trimestre et on en compte désormais 104.100.


« Chercher les bonnes affaires »

 

Le fait marquant de la période est la baisse de 4 % du panier moyen, à 89 euros. « Il s'agit du plus bas niveau enregistré depuis 2009 », note la Fevad. Mais ce recul est compensé par la fréquence des achats. Chaque cyberacheteur en a réalisé 5 en moyenne entre le 1er janvier et le 31 mars, contre 4,4 un an auparavant. « On voit que le e-commerce sert toujours, et plus que jamais en période de crise, à chercher les bonnes affaires, et ce de plus en plus souvent », résume Marc Lolivier, délégué général de la Fevad.

 

Parmi les secteurs d'activité, la mode poursuit sa conquête d'Internet (+14 %). En revanche, la croissance des ventes de produits high tech et d'électroménager s'essouffle (+5 %, contre +7 % au premier trimestre 2011). Mais les sites spécialisés comme Cdiscount, ou ceux de la FNAC ou Darty, surperforment le marché qui, selon la Banque de France, a baissé de 8 % sur la période.


Au terme du premier trimestre, enfin, Amazon (12,6 millions de visiteurs uniques par mois) s'affirme comme le premier site marchand en France, suivi de PriceMinister, eBay, Cdiscount (9 millions environ) et la FNAC. Les sites de La Redoute et Darty sont respectivement septième et quatorzième.
PHILIPPE BERTRAND

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Les Américains lisent de plus en plus leurs journaux sur écran

Les Américains lisent de plus en plus leurs journaux sur écran | Media&More | Scoop.it
Le rapport publié mardi par l'Audit Bureau of Circulation montre que la progression des éditions numériques payantes des journaux compense le déclin du papier aux Etats-Unis.

 

Bonne nouvelle pour les éditeurs de presse : les éditions numériques payantes commencent à prendre le relais du papier. En tout cas aux Etats-Unis. C'est ce que montrent les chiffres de l'Audit Bureau of Circulation (ABC) pour les six mois s'achevant au 31 mars 2012 : le rapport publié mardi montre que la diffusion des quotidiens y est restée stable du lundi au vendredi, à + 0,68 %, et a progressé de 5 % le dimanche. Un résultat largement dû à la forte progression des éditions numériques. En hausse de 8,66 % en mars 2012 par rapport à mars 2011, elles représentent 14,2 % de la diffusion totale des quotidiens étudiés.


Pour certains journaux, le numérique constitue un réel relais de croissance. Au « New York Times », la diffusion sur Internet, tablettes et mobiles représente même désormais davantage que la diffusion papier : 807.026 exemplaires (en semaine), sur un total de 1.586.757 en moyenne en mars 2012. Soit 50,8 % de la diffusion. Les éditions numériques ont dopé la croissance de la diffusion totale, qui a progressé de 73 % en mars 2012 par rapport à mars 2011. Contribuant à la hausse des recettes de diffusion (+ 9,8 % au premier trimestre 2012).


Le quotidien new-yorkais n'est pas le seul à être largement lu sur écran. Au « Wall Street Journal », premier quotidien outre-Atlantique avec 2,1 millions d'exemplaires vendus chaque jour, la proportion des éditions numériques atteint 26 %. Au « Los Angeles Times » (616.575 exemplaires), elles représentent 16 %.


Une partie de cette forte croissance s'explique, il est vrai, par le mode de calcul de l'ABC, qui inclut dans ses chiffres les abonnés payants aux sites Internet des journaux. Mais ce n'est pas une mauvaise nouvelle, à l'heure où les éditeurs se mordent encore les doigts d'avoir donné accès gratuitement à leurs contenus sur Internet et se demandent aujourd'hui comment les monétiser. Car le rapport de l'ABC montre que les internautes ne boudent finalement pas les fameux « paywalls », les péages mis en place par les journaux sur leurs sites. Si le « Wall Street Journal » a adopté le modèle du site payant de longue date, les autres sont plus récents : celui du « New York Times » date de mars 2011, celui du « Los Angeles Times » de mars 2012. Fort de ces exemples, de nombreux autres journaux américains s'y convertissent . Un espoir, même si les recettes de diffusion ainsi gagnées sont encore loin de compenser la baisse des recettes publicitaires du papier.

ANNE FEITZ

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Audience radios : nette baisse pour RTL, record pour France Inter

La dernière vague du baromêtre Médiamétrie des audiences montre une poursuite du recul du leader RTL. France Inter, pour sa part, obtient ses meilleurs résultats depuis 2003.

 

Médiamétrie a publie ce matin son baromètre des audiences radio pour la période de janvier à mars, dont les résultats confirment la baisse de RTL et les performances de Radio France. RTL, toujours première du classement mais qui avait déjà perdu 1,4 point d'audience cumulée sur la période octobre-décembre, confirme sa baisse par rapport aux vagues précédentes avec 6,16 millions d'auditeurs quotidiens : elle perd 440 000 auditeurs et enregistre son niveau le plus faible depuis septembre 2009.


L'écart se resserre avec la station musicale NRJ, qui progresse de 3% par rapport à l'année dernière. Les deux radios n'ont plus qu'une centaine de milliers d'auditeurs d'écart.


France Inter, troisième du classement obtient ses meilleurs résultats depuis 2003. Elle compte désormais 5,79 millions d'auditeurs, 4% de plus qu'il y a un an. Sa matinale est la plus écoutée de France. Elle est suivie à égalité par Europe 1 et France Info : la première obtient des résultats stables, et la seconde est en hausse.


Le réseau France Bleu devance RMC à quelques milliers de paires d'oreilles près (3,79 millions et 3,68 millions). Mais la station généraliste du groupe Next perd sur cette vague presque un point de part d'audience.


Concernant les stations musicales, les résultats restent stables : NRJ, Skyrock et Fun Radio sont en tête du classement, mais il faut noter les mauvais résultats des deux dernières, -7% et moins 8% respectivement.

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Télévision : la course aux CSP +

Télévision : la course aux CSP + | Media&More | Scoop.it
Plusieurs chaînes de télévision cherchent à se positionner sur la cible CSP +, dans l'espoir de capter le marché publicitaire correspondant. Si certains spécialistes estiment que la croissance du marché sera tirée par cette cible, d'autres considèrent qu'elle se fera au détriment d'autres médias.

 

Pour les opérateurs de télévision, les CSP + sont devenus la nouvelle cible à séduire. Canal+ prévoit ainsi de repositionner Direct 8 et Direct Star, en cours d'acquisition, sur ces catégories socioprofessionnelles supérieures. « Cette cible est surconsommatrice de marques et donc intéressante pour les annonceurs », explique Roger Costes, directeur général des régies publicitaires de Canal+.


De même, plusieurs des nouvelles chaînes de la TNT qui verront le jour au dernier trimestre 2012, comme RMC Découverte ou, dans une moindre mesure, HD1 (groupe TF1) et 6Ter (M6), visent elles aussi cette cible hétéroclite, qui représente 12,5 millions d'individus.


Pour les annonceurs, cette cible n'est aujourd'hui pas très facile à toucher : elle est réputée peu consommatrice de télé et protéiforme. Elle regroupe aussi bien les artisans et les cadres d'entreprise que les professions intermédiaires comme les professeurs ou les contremaîtres, par exemple. Et aujourd'hui, très peu de chaînes de télévision s'adressent aux CSP +. Seules les chaînes payantes Canal+ et Paris Première (lire ci-dessous) en ont fait une cible prioritaire. Chez les gratuites, celles qui ciblent plus particulièrement les CSP + sont surtout les chaînes d'information, iTélé et BFM TV, dont l'audience est encore relativement faible. Sur TF1 et M6, il s'agit plutôt d'une cible complémentaire, aux côtés d'autres cibles plus dominantes, comme la ménagère de moins de 50 ans ou les 25-59 ans.


Les annonceurs à la recherche d'une certaine puissance sur cette cible ont longtemps privilégié France Télévisions en soirée. Depuis la suppression de la publicité sur les chaînes du service public après 20 heures, ils se sont positionnés sur d'autres médias, comme la presse, ou se sont reportés sur TF1 ou M6. Avec toutefois un coût supplémentaire. « Nous avons estimé ce surcoût entre 5 et 10 %, lié à une audience supérieure », indique Philippe Nouchi, directeur télévision de Vivaki.


Une opportunité de croissance

 

Seront-ils séduits par les nouvelles chaînes ? Certains spécialistes pensent qu'il existe sur ce segment des CSP + une vraie opportunité de croissance. Natixis estime même que cette cible pourrait tirer « l'essentiel de la progression du marché publicitaire TV d'ici à 2016 ». A condition toutefois que la qualité suive. « Il y a sans doute un potentiel énorme sur les CSP +, c'est une cible très prisée des annonceurs, résume Sébastien Danet, président de Vivaki France. Mais on n'attrape pas des mouches avec du vinaigre. Si on a les mêmes robinets à images que sur certaines chaînes existantes, on ne fera pas croire aux annonceurs qu'on touche cette cible. Il faudra une vraie différence de contenu, de qualité. » Si l'on se base sur les audiences Médiamétrie du mois dernier, les CSP + ont plébiscité « Plus belle la vie » sur France 3, « Le Bal des enfoirés » sur TF1, le match de rugby FranceAngleterre sur France 2 ou encore « NCIS » sur M6.


D'autres considèrent cependant que cette croissance se fera au détriment d'autres médias. « Si les tarifs des nouvelles chaînes sont moins élevés, cela peut faire revenir des annonceurs vers la télévision. Mais les CSP + représentent à peine 10 % des investissements publicitaires en télé : cela ne va pas doubler ! souligne Anne Thétier, directeur général chargé du trading d'Omnicom Media. En outre, la croissance du gâteau ne suffira pas : certains annonceurs désinvestiront des grandes chaînes hertziennes pour des offres plus affinitaires. D'autres cherchent la puissance, c'est-à-dire au-dessus de 12 % d'une cible. Aujourd'hui seuls TF1 et M6 y arrivent. Dans la TNT, cela ne sera pas pour tout de suite. »


Pour Natixis, c'est Canal+ qui apparaît le mieux placé pour profiter du réservoir de croissance de cette cible. Jérôme Bodin, analyste au sein de la banque, évalue ainsi le chiffre d'affaires additionnel potentiel pour le groupe à « environ 110 millions sur cinq ans ». Il prévoit, en parallèle, « une perte de chiffre d'affaires de 45 millions pour TF1 et de 20 millions pour M6 ». Mais la Une n'est pas inquiète. « Un client qui veut faire de la télévision ne va pas concentrer ses investissements juste sur Canal+, Direct 8 et Direct Star. Car, avec des chaînes qui font à peu près 6 % d'audience, il ne touchera pas l'ensemble de la population CSP +. Il aura donc besoin de venir sur TF1 », affirme Laurent Bliaut, directeur général adjoint de TF1 Publicité. Quoi qu'il en soit, en positionnant deux minigénéralistes gratuites sur cette cible, Canal+ fait un vrai pari. S'il réussit, les CSP+ pourraient faire l'objet d'une véritable guerre de tranchées entre les chaînes de la TNT.
ANNE FEITZ ET FABIENNE SCHMITT

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Internet: premiers succès des zones payantes des journaux

Internet: premiers succès des zones payantes des journaux | Media&More | Scoop.it
Quelque 20% des quotidiens américains vont installer un «paywall». The Guardian fait figure de précurseur sur le Net.Tous les journaux français cherchent à étendre les abonnements traditionnels au numérique.Depuis un an, le New York Times fait payer l'internaute qui a déjà consulté 20 articles.

 

Le Los Angeles ­Times propose désormais une partie de ses contenus en payant sur le Web. Le troisième journal américain a rejoint le clan de ceux qui croient aux zones payantes. Près de 20% des 1400 quotidiens devraient avoir installé un «paywall» outre-Atlantique, d'ici à la fin de l'année, selon le spécialiste Ken Doctor. «Le paywall est devenu le nouveau Graal. Mais la question reste: à quelles conditions?»,écrit-il dans le ­Nieman Journalism Lab.

 

Car tous les paywalls ne fonctionnent pas. De nombreux quotidiens ont perdu une large part de leurs lecteurs et du marché publicitaire en monnayant l'accès aux informations, gratuites ailleurs sur le Web. Et d'autres n'y ont pas trouvé de source de revenus notables. En Europe, une douzaine de quotidiens l'ont mis en place et presque tous y réfléchissent. Car la révolution numérique a plongé les médias et surtout les quotidiens dans l'inconnu: comment survivre quand les informations autrefois payantes sont devenues gratuites? Quand les tarifs publicitaires ont été divisés par dix? Et quand, pour chaque dollar gagné dans le «digital», les éditions papier en perdent sept, selon les résultats d'une étude du Pew Center. Pour l'instant, trois voies de financement coexistent: la plupart des médias proposent des informations gratuitement et espèrent se rentabiliser un jour avec la publicité. D'autres font payer tous leurs contenus. Entre les deux, certains essaient des paywalls avec une zone gratuite et une zone premium payante, comme le New York Times.

 

Publications spécialisées


Les expériences sont trop récentes pour tirer des conclusions définitives. D'autant que chaque média s'avère un produit spécifique. The Economist ou encore The Wall Street Journal sont devenus payants avec succès. Mais ce modèle semble fonctionner uniquement pour les publications spécialisées. Les lecteurs (ainsi que leurs employeurs) sont prêts à payer les abonnements pour trouver des informations qui ne sont pas disséminées ailleurs sur le Net.

 

Les généralistes, eux, tentent maintenant d'installer avec succès l'accès payant à certaines informations et services, tout en conservant un site amiral gratuit, qui génère une large audience et des revenus publicitaires. Ces modèles de paywall, après la lecture de 15 ou 20 articles, et d'abonnements vont-ils s'imposer peu à peu, comme l'indiquent les chiffres venus des États-Unis? Sont-ils adaptés aux marchés européens, plus fragmentés?

 

Réunis cet automne à Hongkong pour en débattre à l'initiative du Global Editors Network, la plupart des éditeurs, comme Borja Echevarria, directeur adjoint d'El Pais, doutaient. «On ne reviendra pas à du payant.» Certes, «il y a toujours de 2 à 3% des lecteurs qui sont prêts à s'abonner», estime Benoît Raphaël, consultant à l'origine de plusieurs médias en France, le Post, le Plus, le Lab. «Ils n'achètent pas des contenus, mais l'appartenance à un club.»

 

Et, effectivement, les paywalls ne touchent que les grands lecteurs, ceux qui surconsomment les news. Un tout petit cercle. 1% des lecteurs du site du NYT par exemple. La vaste majorité des lecteurs, plus de 95% selon les chiffres recueillis par Gilles Raymond, de Mobiles Republic, «décrochent lorsque l'on passe au payant». Sachant qu'«un lecteur rapporte environ 2 euros en pub par an sur le modèle gratuit, il faut fixer l'abonnement à plus de 50 euros par an pour juste compenser». Or l'internaute «n'est guère prêt à payer 5 euros par mois», car les news lui semblent gratuits ou interchangeables. S'il peut trouver l'information gratuite ailleurs, il quittera le titre.

 

Comment alors financer l'information générale? «Le modèle publicitaire ne fonctionne pas pour l'instant», reconnaît Frédéric Filloux, à la tête du pôle numérique des Échos. «Car il repose sur la quantité de pages vues, de visiteurs. C'est une vision dépassée. Or Internet n'est pas un mass media, mais un média de cibles, de niches», estime Wolfgang Blau, qui dirige le site ZeitOnline en Allemagne. «Les publicitaires vont le comprendre. Il ne faut pas crier à l'échec prématurément», assure Borja Echevarria d'El Pais. «Bientôt ils vont viser des audiences qualifiées» affirme encore Wolfgang Blau. Son site, adossé à un hebdomadaire, est déjà à l'équilibre et ­devrait «gagner de l'argent l'an prochain».

 

Mais dans ce modèle publicitaire d'avenir, «il faut se différencier». Or pour l'instant, les sites d'agrégation de news ont couru derrière l'audience, car «le premier raflait la mise» publicitaire. Cette massification a parfois rimé avec dégradation. «À vouloir empiler les news à toute allure et démultiplier les clics… on s'épuise. Il n'y a plus de force vive pour produire des contenus propres, qui créent une audience ­qualifiée et fidèle», assure Mohammed Nanabhay, fondateur de al-Jazeera.

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Pinterest, le réseau qui est en train de se faire un nom

Pinterest, le réseau qui est en train de se faire un nom | Media&More | Scoop.it
Facebook lui-même n'a pas connu une progression aussi rapide de son trafic. Créé il y a tout juste deux ans, le site américain qui permet d' « épingler » ses centres d'intérêt sur la Toile attire déjà plus de 20 millions d'utilisateurs dans le monde. Radiographie de la dernière « success story » du Net.

 

Deux ans. C'est le temps qu'il aura fallu à Pinterest pour décoller.Lancé en mars 2010, le service a longtemps végété dans l'anonymat avant d'exploser ces dernières semaines. Phénomène de mode ou nouveau géant du Web ? Les analystes s'interrogent. Car le profil de ce nouveau réseau social est aussi atypique que l'est la croissance de son audience. La hausse de trafic sur Pinterest, ces dernières semaines, est plus élevée que celle jamais connue sur Facebook ou Twitter : + 4.000 % en l'espace de six mois. Sur ces quatre dernières semaines, Pinterest a attiré plus de 20 millions de personnes à travers le monde (mais à peine 100.000 en France).


Les débuts de Pinterest ressemblent à ceux de n'importe quelle start-up. Trois amis, Evan Sharp, Ben Silbermann et Paul Sciarra, imaginent un site Internet sur lequel ils pourraient rassembler les images qui leur ont plu sur Internet. « Je collectionnais les images que je trouvais sur le Web, indiquait en décembre Evan Sharp, responsable du design, dans une interview accordée au site spécialisé Mashable. Mais je devais les enregistrer une par une sur mon ordinateur. Ce n'était pas vraiment le meilleur moyen de se souvenir d'où ces images venaient, ou qui les avait créées. »


Les trois compères quittent leurs emplois respectifs, partagent un appartement à Palo Alto, en pleine Silicon Valley et créent donc Pinterest (de « pin », épingler, et « interest », les centres d'intérêt). La vision : créer un pendant en ligne des collections que l'on peut avoir dans le monde physique. Ce qui s'applique aux photos mais aussi, par extension, à toutes sortes d'objets, de passions... Concrètement, l'utilisateur « épingle » les photos, les liens qui lui plaisent et ceux-ci apparaissent sur sa page Pinterest, avec un lien vers l'original.


Aux Etats-Unis, la plate-forme est toutefois devenue un vrai lieu de création. « Tout le monde n'a pas des talents d'écrivain, affirmait il y a quelques semaines Ben Silbermann à "Business Week". Le blog n'est donc pas fait pour tout le monde. » Un phénomène a surpris, y compris ses fondateurs : des femmes au foyer se sont emparées de Pinterest pour publier des photos de décoration de leur maison, des recettes de cuisine qu'elles expérimentaient ou encore des vêtements qu'elles avaient. Aux Etats-Unis, l'audience est d'ailleurs féminine à 80 %. Ce qui n'est pas encore le cas en Europe, où les geeks se sont saisis du phénomène et constituent pour l'instant la plupart des utilisateurs.
Parmi les passionnés de Pinterest, on trouve aussi certaines professions : les cuisiniers, les architectes, les designers... qui en font un usage professionnel... « C'est la première plate-forme où les "early adopters" ne sont pas des geeks », note Emmanuel Vivier, spécialiste du marketing et des médias sociaux, qui a récemment réalisé une étude sur le phénomène.


Le site du « Middle West »

 

Les trois jeunes fondateurs étaient faits pour s'entendre. Un vrai casting de « success story » comme on sait en faire aux Etats-Unis : un développeur, un financier et un graphiste, rencontrés plus ou moins par hasard et parachutés en pleine Silicon Valley. Google est né sur le campus de Stanford, Facebook sur celui de Harvard. Pour Pinterest, c'est à Yale que deux des cofondateurs, Paul Sciarra et Ben Silbermann, se sont rencontrés. Paul Sciarra fera ensuite ses classes dans des fonds d'investissement, pendant que Ben Silbermann, lui, est vite repéré par Google, où il s'occupe pendant deux ans de plusieurs offres publicitaires, dont le lancement des bannières dans le programme AdSense, ces publicités qui permettent aux sites et aux blogs de monétiser leur audience. Evan Sharp, lui, commence à travailler sur le design du site alors qu'il est à la tête d'une société de graphisme, qu'il a fondée après sa sortie de Columbia, où il a étudié l'architecture. Avant de se dédier entièrement à Pinterest depuis un an, il a aussi fait un passage par Facebook. L'ADN de Pinterest se trouve dans leurs gènes : un site graphique, grand public, qui n'est pas réservé aux élites new-yorkaises et californiennes. Ben Silbermann a grandi à Des Moines, dans l'Iowa, Evan Sharp à Chicago. Et ils ne sont pas peu fiers d'être devenus le « site du Middle West », comme la presse américaine l'a désigné.


Les premières statistiques publiées vont dans ce sens. Outre les 80 % de femmes, le public est moins CSP+ qu'il ne peut l'être sur d'autres services avant-gardistes. Et près des deux tiers des utilisateurs auraient plus de 35 ans. Presque une anomalie pour un réseau social. « Pinterest est beaucoup plus qu'un buzz, car il répond à une attente, affirme Grégory Pouy, consultant en marketing en ligne. Tout le monde a besoin d'outils de tri pour organiser la masse de contenus auxquels il est confronté sur Internet. »


Tout aussi intéressant pour la start-up : l'engagement de ses utilisateurs. Il serait deux à trois fois supérieur à celui observé sur Twitter, selon une étude de RJ Metrics. Et les utilisateurs de Pinterest y passent en moyenne près d'une heure et demie par mois, bien loin devant d'autres réseaux sociaux comme Twitter (21 minutes), LinkedIn (17 minutes) ou Google+ (3 minutes), selon comScore. Pinterest ne serait devancé que par Facebook (6 heures et demie par mois en moyenne) et ferait jeu égal avec Tumblr.


Sur Internet, le même commentaire revient souvent, de la part de ceux qui l'ont testé : « Pinterest est addictif. » « L'interface est extrêmement bien pensée, explique Emmanuel Vivier. Dès l'inscription, on prend l'utilisateur par la main et tout est fait pour faciliter l'usage. » Il est en effet possible de se connecter à la plate-forme avec ses identifiants Facebook ou Twitter. En récupérant le « social graph » de l'utilisateur (toutes les informations partagées sur Facebook, comme les « like », les « fan pages », etc.), Pinterest est ainsi capable de suggérer une liste de personnes à suivre sur la plate-forme ou des thèmes susceptibles d'intéresser l'utilisateur. Des leviers représentatifs d'une nouvelle génération de réseaux sociaux, qui ne cherche pas forcément à concurrencer Facebook, mais utilise sa puissance pour se développer : Path, Instagram, Pinterest...


16 salariés

 

Autre particularité de Pinterest : le service a commencé à être monétisé dès ses débuts. A la différence de ses prédécesseurs, Facebook ou Twitter, qui ont d'abord fait grandir leur base d'utilisateurs avant de penser à un modèle économique, il n'a pas attendu avant de faire rentrer de l'argent dans les caisses. Même si les revenus sont encore faibles et que la rentabilité n'est pas encore en vue. La plate-forme étant beaucoup utilisée pour mettre en valeur des objets, Pinterest a rajouté un lien vers des e-marchands vendant ces objets. Il prend ensuite une commission sur les ventes effectuées.
Mais ce modèle à l'affiliation pourrait changer. « Il y a fort à parier que ce ne sera pas le modèle in fine, annonce Grégory Pouy. La plupart des sites ont vu leur modèle évoluer. Pinterest pourrait très bien aller vers la relation client. Les marques qui s'y positionnent pourraient s'en servir pour mieux connaître leurs clients. »


Autre atout : le site serait plus respectueux de la vie privée. « En insistant sur les centres d'intérêt plus que sur les personnes, Pinterest s'avère être moins intrusif, plus respectueux de la vie privée que Facebook, par exemple », observe Vince Mitchell, professeur à la Cass Business School de Londres. Mais c'est un autre danger qui guette Pinterest : le droit d'auteur. Quid d'une image relayée sur le réseau, à partir d'une simple adresse Internet ? Certains se plaignent déjà de reproductions illicites.
A la manière de Google News, la start-up se défend en expliquant qu'elle est un « apporteur » de trafic et qu'elle valorise le contenu des éditeurs. Une petite concession sur le copyright, au profit de l'audience et de la visibilité. Mais l'argument n'a pas forcément trouvé d'écho : certains éditeurs, notamment des photographes, ont déjà demandé à Pinterest de retirer leurs contenus. La start-up a répondu en développant un code permettant à chaque site d'empêcher les « pin ».


En attendant, comme de nombreuses start-up aux Etats-Unis, Pinterest a su convaincre des investisseurs, même sans « business model ». L'an dernier, il a réalisé deux levées de fonds, l'une de 10 millions de dollars et une autre, en novembre, de 27 millions de dollars, séduisant deux des fonds les plus convoités aux Etats-Unis : Bessemer Venture (qui a notamment investi dans LinkedIn et Criteo) et Andreessen Horowitz (Airbnb, Groupon, Foursquare, Zynga...). De quoi financer la croissance de cet ovni : la société est encore minuscule (16 salariés). Et son cofondateur Ben Silbermann, contacté par e-mail, s'en excuse presque. « Nous sommes une petite structure, nous sommes à peine en train d'embaucher quelqu'un pour s'occuper de notre communication. » Avec un buzz gratuit comme celui que connaît Pinterest, la communication n'est sans doute pas non plus la priorité des cofondateurs...
NICOLAS RAULINE, Les Echos

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Les réseaux sociaux, source de trafic pour les médias

La place des réseaux sociaux dans le paysage médiatique français se confirme. Selon une étude d'AT Internet, Facebook a été à l'origine de 2,9 % des visites sur les sites Internet des médias français en janvier, contre seulement 1,5 % il y a dix mois. La progression du réseau social aux 845 millions de membres, dont 27 millions en France, est constante. En octobre dernier, il pesait pour 2 % des visites.

 

L'étude a été réalisée sur 12 sites Web français d'actualité audités par AT Internet. Ces chiffres confirment à la fois la percée de Facebook dans les habitudes des internautes français, et le rôle du réseau social comme l'une des portes d'entrée du Web. S'il demeure loin des moteurs de recherche comme Google, qui pèse pour certains sites d'information entre un tiers et la moitié des visites, Facebook ne cesse d'étendre son influence. Ces 2,9 % de l'ensemble du trafic, toutes sources confondues, correspondent en effet à 28 % des visites de sites affluents (l'ensemble du trafic provenant d'un site tiers de contenus : blog, réseau social, excluant donc les e-mails, les flux RSS ou les moteurs de recherche).

 

Twitter émerge

 

La place de Facebook pourrait encore croître dans les prochains mois. Le réseau social travaille en effet en étroite collaboration avec les médias français pour développer de nouvelles applications sociales, déjà déployées depuis septembre pour le « Guardian » ou le « Washington Post », par exemple. En utilisant ces applications, les membres de Facebook partagent automatiquement sur le réseau l'article qu'ils sont en train de lire. Un puissant levier viral : depuis que le « Guardian » a intégré ces nouvelles fonctionnalités, Facebook lui apporterait 1 million de pages vues supplémentaires par jour. En France, « L'Express » a été le premier média à déployer cette nouvelle application.


Mais Facebook n'est pas le seul à étendre son influence sur les médias français. Le rôle de Twitter (5 millions d'utilisateurs en France) comme apporteur de trafic commence aussi à s'affirmer. S'il ne pèse encore que 0,5 % du trafic global des sites d'actualité et 5,2 % des sites affluents, le site de microblogging a plus que doublé sa part en moins d'un an (il ne pesait que 0,2 % du trafic global en mars 2011). Les autres réseaux sociaux, tels que Google+, Linkedin ou Pinterest, n'ont pas encore une part significative. « Les réseaux sociaux correspondent à une vraie tendance de fond du Web, explique Sylvie Guéras, responsable des études chez AT Internet. Il y a fort à parier que cette tendance s'accentue à l'avenir. » Aux Etats-Unis, chez un « pure player » tel que le « Huffington Post », plus du tiers du trafic provient des réseaux sociaux, qui ont dépassé les moteurs de recherche comme apporteur d'audience.
NICOLAS RAULINE, Les Echos

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La télévision portée par l'actualité

La télévision portée par l'actualité | Media&More | Scoop.it

Les Français ont passé en moyenne 3h47 par jour devant le petit écran en 2011. Le média résiste bien dans un univers bousculé par la révolution numérique.

 

Le feuilleton à la télévision, ça marche. Même lorsqu'il s'agit de l'actualité et non d'une fiction. C'est ce que montre l'étude L'année TV 2011 publiée cette semaine par l'institut Médiamétrie. Selon celle-ci, les Français ont passé 3h47 par jour devant la télévision en 2011, soit un spectaculaire gain de quinze minutes par rapport à 2010. Pilier de cette surconsommation: une actualité «dense et feuilletonnante», souligne Médiamétrie.

Aux révolutions arabes ont en effet succédé le tremblement de terre au Japon et le drame de Fukushima, l'affaire DSK, la Coupe du monde de rugby, les primaires socialistes et la crise économique. Parmi ces événements, l'intervention du président de la République du 27 février, l'explication de Dominique Strauss-Kahn sur le plateau de TF1 en septembre et le mariage royal britannique en avril ont représenté quelques-unes des plus fortes audiences de l'année.

 

À l'heure des scoops sur Twitter et des alertes envoyées sur téléphones mobiles, le journal télévisé reste la principale source d'information des Français. «Tous les médias sont consultés pour consommer des contenus liés à l'actualité, mais la télévision passe en priorité, explique Jamila Yahia Messaoud, directrice comportements médias et ad hoc de Médiamétrie. Elle représente plus de 90% des opportunités de consommation d'informations», contre 83% pour la radio et moins de 70% pour Internet.

 

Internet comme allié


Fait nouveau, en 2011 - année d'extinction du signal analogique -, les chaînes d'information continue ont commencé à s'imposer dans le paysage. «On retrouve les chaînes d'information continue aux mêmes temps forts du JT, le matin, à 13 heures et le soir. Elles commencent aussi à fédérer une audience plus large», précise Jamila Yahia Messaoud. Car elles répondent à un besoin d'«actualisation» qui était jusqu'ici l'apanage d'Internet.

 

De fait, Internet est désormais un allié de la télévision. La consommation en différé - dominée à 45% par la fiction - a ainsi apporté 3% d'audience supplémentaire à la télévision, selon Médiamétrie. En parallèle, «les réseaux sociaux sont de plus en plus importants pour les chaînes, permettant d'interagir avec le consommateur», observe Julien Rosanvallon, directeur télévision de Médiamétrie. Et de le fidéliser. C'est ce que tentent de faire des programmes comme House of Lies ou The Voice. L'enjeu sera plus important encore à mesure que les Français vont réellement connecter leurs téléviseurs et consommer des programmes sur un nouvel écran, la tablette.

 

Pour Benoît Cassaigne, directeur des mesures d'audiences de Médiamétrie, Internet va à la fois «menacer, modifier et stimuler la télévision». «Concurrent en temps passé, Internet permet la télévision délinéarisée et en mobilité, donc une télévision qui est partout», résume-t-il.

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Les quotidiens veulent taxer les acteurs du numérique

Les quotidiens veulent taxer les acteurs du numérique | Media&More | Scoop.it
Le Syndicat de la presse quotidienne nationale va proposer aux candidats à la présidentielle un mécanisme de redistribution de la valeur créée dans le numérique taxant fabricants, moteurs et FAI au profit de la presse en ligne.

 

L'idée n'est pas totalement nouvelle, mais les éditeurs de quotidiens nationaux veulent saisir la fenêtre politique actuelle pour la faire adopter : il s'agit de faire contribuer les acteurs du numérique à la rémunération de la presse en ligne. Le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) a formalisé des propositions et va demander des rendez-vous aux principaux candidats pour leur exposer ses arguments.


Le raisonnement est simple : la presse en ligne a largement participé au succès du numérique en France, mais n'en a pas retiré les fruits. « Les études menées sur les différents supports d'Internet (tablettes, PC, mobiles) montrent que s'informer sur l'actualité est aujourd'hui l'un de leurs principaux usages », indique Marc Feuillée, président du SPQN (et directeur général du groupe Figaro). « Or la presse est la principale source d'information sur le Net. » De fait, 6 des 7 premiers sites d'information dans l'Hexagone sont issus de la presse écrite. Et les autres, comme Orange News ou Yahoo! News (aux deuxième et huitième rangs) sont des portails, dont de 30 % à 40 % des contenus proviennent d'acteurs de la presse en ligne et le reste de l'AFP ou des groupes audiovisuels, selon une analyse de Kurt Salmon. Et le constat est encore plus frappant pour les moteurs de recherche, qui tirent 72 % de leurs titres d'actualité des sites de presse. « La presse a investi dans le numérique et bouleversé ses habitudes de travail. On peut dire aujourd'hui qu'elle a gagné la bataille de l'audience », poursuit Marc Feuillée.


Un succès sans grand profit

 

Pour autant, les rédactions n'ont pas réellement tiré profit de ce succès. Les recettes numériques de la presse en ligne ont représenté 280 millions d'euros en 2010, dont 45 millions pour la vente de contenus et 236 millions pour la publicité, selon Kurt Salmon. L'essentiel du marché du numérique, qui pèse 10 milliards d'euros par an, va aux FAI (fournisseurs d'accès à Internet), aux portails, ou encore aux moteurs de recherche. Sans compter les recettes captées par les fabricants. Résultat, les rédactions se paupérisent et risquent de disparaître, alors qu'elles contribuent largement à l'intérêt général. « Ce n'est pas un hasard si le public favorise les sites de presse en ligne : il sait qu'il y trouvera des informations vérifiées et hiérarchisées », rappelle encore Marc Feuillée. Le SPQN propose donc, d'abord, d'étendre à la presse en ligne le taux réduit de TVA de 2,1 % réservé à la presse écrite. Une revendication ancienne, mais qui n'a toujours pas abouti, de crainte de s'attirer les foudres de Bruxelles.


Surtout, il propose de mettre en place un mécanisme de redistribution de la valeur générée par le numérique : il s'agirait de taxer les acteurs du numérique, tels que les FAI, les portails, les fabricants de matériel, les moteurs de recherche, etc, et de redistribuer les sommes perçues aux éditeurs de presse en ligne. « Un tel mécanisme existe pour l'audiovisuel, le cinéma ou la musique. En tant que créateur de contenus, il serait légitime pour la presse d'en bénéficier », argumente Denis Bouchez, directeur du SPQN. Le syndicat table sur des recettes comprises entre 140 et 150 millions d'euros par an. Il a déjà rencontré des parlementaires, qui ont, selon le SPQN, réservé un bon accueil à ces propositions.
ANNE FEITZ

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Publicité : les « opérations spéciales » fleurissent sur la Toile

Les régies publicitaires rivalisent d'imagination pour proposer aux annonceurs des contenus sur mesure, produits spécialement pour porter les couleurs de leurs marques.

 

On connaissait le sponsoring classique ou le « publireportage ». Voici venir le temps des « opérations spéciales » : depuis un an ou deux, les régies publicitaires rivalisent d'imagination pour proposer aux annonceurs des contenus sur mesure, produits spécialement pour porter les couleurs de leurs marques. C'est par exemple le Huffington Post, le site d'information lancé récemment, qui publie des blogs de marques, sponsorisés par Orange ou L'Oréal Paris : un onglet du site, intitulé « La vie digitale », comprend des articles sur la high-tech, des publicités, et des « contenus de marque », produits par Orange et identifiés comme tels. C'est aussi le magazine « Elle » (groupe Lagardère), qui produit depuis deux ans des concerts pour la marque Maje (avec Charlie Winston, M, Yael Naim, etc.) qu'elle promeut auprès de son lectorat, aussi bien dans l'hebdomadaire que sur son site Internet ou via les réseaux sociaux. « Ce type d'opération, à la fois plurimédias et multicanaux, est totalement nouveau pour nous », indique Constance Benqué, directrice de Lagardère Publicité, première régie de presse magazine en France. Lagardère Publicité y a constitué il y a un an une équipe dédiée, composée d'une cinquantaine de personnes (sur un total de 500). En 2011, la régie a monté 75 opérations spéciales pour 61 annonceurs. Elles ont représenté 8 % de son chiffre d'affaires total.


Des départements dédiés

 

Comme Lagardère Publicité, de nombreuses régies ont créé ces derniers mois des départements dédiés à ces opérations spéciales pour mieux répondre à la demande croissante des annonceurs. Un engouement directement lié au développement d'Internet et des réseaux sociaux. « Il y a toujours eu des opérations ponctuelles », reconnaît Jean-Paul Lubot, directeur général délégué du groupe Marie-Claire. « Ce qui est nouveau, c'est que les annonceurs veulent désormais une démarche intégrée. Et avec Internet, il est devenu nécessaire de se différencier : ils nous demandent à la fois innovation et efficacité ».


La souplesse et l'interactivité inhérentes à la Toile ont favorisé l'éclosion de blogs participatifs ou de magazines sur Internet. La société Take Part, créée en 2005 et spécialisée dans « l'édition de journaux participatifs » (comme le dossier sur la technologie, sponsorisé par Capgemini et accueilli sur le site des « Echos »), voit son activité décoller depuis deux ans. « Notre chiffre d'affaires a été multiplié par deux l'an dernier », affirme Gilles Prigent, son directeur général.


Les web-séries ou les mini-jeux se multiplient également. Le site Internet du « Monde » a ainsi proposé cet automne un mini-jeu pour Novotel, mettant en scène les différentes pièces des hôtels de la chaîne. « Il a totalisé plus de 60.000 visites », indique Corinne Mrejen, directrice de la régie du groupe. Le portail MSN divertissements de Microsoft a de même hébergé pendant dix mois une « chaîne » (un minisite) spécialisée dans les jeux vidéo, baptisée « Gaming Zone » et sponsorisée par Coca-Cola : comportant à la fois des jeux, un blog, des concours, elle a généré plus de 800.000 visites.
Le segment des « opérations spéciales » représente une part croissance de la publicité « display » sur Internet : selon l'observatoire SRI-Cap Gemini, son poids a augmenté de 20 % l'an dernier, à 55 millions d'euros, soit 9 % des investissements en pub « display ». Et ce type d'opération semble promis à un bel avenir. Au Huffington Post américain, il représente déjà la moitié des recettes publicitaires.
Anne Feitz, Les Echos

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Le groupe L'Equipe mise sur la télévision après une année difficile

Le groupe L'Equipe mise sur la télévision après une année difficile | Media&More | Scoop.it
Le groupe a vu son chiffre d'affaires baisser de 4,2 % l'an dernier, sous l'effet notamment de la baisse des ventes de son navire amiral, le quotidien sportif « L'Equipe ». Il espère inverser la tendance cette année.

 

Toute l'énergie des dirigeants de L'Equipe est tendue vers l'audition qu'ils passeront le 5 mars prochain, devant le CSA, pour obtenir une fréquence de TNT gratuite. En se lançant dans la télévision gratuite, le groupe tout entier retrouverait une nouvelle dynamique, avoue François Morinière, son directeur général. Car pour l'éditeur de « L'Equipe », « L'Equipe Mag », ou encore « France Football », 2011 a été une année difficile. Le chiffre d'affaires a baissé de 4,2 %, à 238 millions d'euros. Les comptes 2011 ne sont pas bouclés, mais il y a de fortes chances pour qu'il repasse dans le rouge, alors que L'Equipe avait renoué avec les bénéfices en 2010.


Désamour des Français pour le football après les déconvenues de l'équipe de France lors de la Coupe du monde, absence de grands événements l'an dernier comme lors de toute année « impaire », décalage horaire défavorable pour les rencontres de l'année, de rugby ou d'athlétisme : autant de facteurs ayant détourné les Français de leur quotidien sportif favori. Les ventes de « L'Equipe » ont baissé de 5 % en 2011, selon François Morinière. Au dernier OJD (juillet 2010-juin 2011), la diffusion France payée est tombée sous la barre des 300.000 exemplaires, à 290.791. La diffusion individuelle payée (hors ventes groupées aux compagnies aériennes ou hôtels) a même baissé de 12,5 % sur la période. « Nous avons aussi pâti de l'actualité chargée qui a profité aux journaux généralistes : les lecteurs achètent de moins en moins deux quotidiens », estime François Morinière.


Cannibalisation numérique ?

 

Autre explication avancée, une cannibalisation croissante avec le numérique. « En 2011, notre trafic mobile a été multiplié par deux, et le nombre de pages vues sur notre site a augmenté de 16 % », indique François Morinière. Le site lequipe.fr séduit environ 5 millions de visiteurs uniques mensuels, comme l'an dernier. Une nouvelle version vient d'être lancée, « plus épurée, plus esthétique », sous la houlette du directeur de la rédaction du quotidien, Fabrice Jouhaud, qui dirige aussi celle du site depuis un an. Mais le succès du numérique, qui reste basé sur un modèle essentiellement publicitaire, ne suffit pas à compenser le déclin du papier. Celui-ci représente toujours 85 % du chiffre d'affaires du groupe - ce dernier misait il y a un an sur 80 % pour 2011.


La publicité, qui pèse un tiers des revenus du groupe, est restée stable sur l'ensemble de l'année. Le supplément « Sport & Style », passé mensuel en mars 2011, a vu ses recettes grimper de 50 %, mais elles ne représentent que quelques millions d'euros. « Notre enjeu est désormais de monétiser l'audience sur mobile », avance François Morinière. Les ventes sur tablette, qui, elles, sont payantes, représentent entre 2.000 et 3.000 exemplaires chaque jour. C'est encore peu significatif.


Le groupe subit aussi la crise de « France Football », dont les ventes ont fortement baissé (- 10 % l'an dernier), malgré le couplage des ventes avec « L'Equipe » depuis l'été, le mardi et le vendredi. Le titre a, selon François Morinière, perdu 6 millions d'euros en trois ans. Le rédacteur en chef a été remercié et remplacé la semaine dernière par le numéro deux de « L'Equipe », Gérard Ejnes, tandis que Fabrice Jouhaud a vu son rôle de directeur de la rédaction étendu au bihebdomadaire. « Nous devons trouver un nouvel élan éditorial », insiste François Morinière, qui espère que l'Euro, puis les jeux Olympiques, inverseront la tendance des ventes pour le groupe.


Mais il mise donc aussi largement sur la télévision. L'Equipe TV, chaîne aujourd'hui payante qui emploie 60 salariés, représente 6 % du chiffre d'affaires du groupe, avec un budget de 13 millions d'euros. Obtenir une fréquence sur la TNT lui permettrait de changer de dimension, avec un budget de 30 millions d'euros. Tout le pari sera alors de la rentabiliser.
Anne Feitz

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Le marché français du disque a nettement ralenti sa baisse en 2011

Le marché français du disque a nettement ralenti sa baisse en 2011 | Media&More | Scoop.it
Les ventes au format numérique ne compensent pas encore la chute du marché physique, mais les producteurs sont optimistes. Ils se félicitent de l'explosion de la vente d'albums en téléchargement.

 

Aux Etats-Unis, le marché de la musique enregistrée est reparti à la hausse l'année dernière et le numérique représente la moitié des ventes, en volume comme en valeur. En France, le marché a accusé une nouvelle baisse en 2011. Mais celle-ci a été assez faible : de l'ordre de 3 %, a indiqué hier le SNEP (Syndicat national de l'édition phonographique). Ce qui constitue une nette amélioration par rapport à 2010 (5,9 %). Une fois encore, les signes en provenance du marché du numérique sont encourageants, même si la baisse du marché physique (CD et DVD) n'est pas encore compensée par la progression des nouveaux modes d'écoute (téléchargements, abonnements, « streaming »...).


Un basculement irréversible

 

« Nous constatons une accélération du rythme de croissance du numérique », constate Denis Ladegaillerie, président du SNEP. L'explosion de la vente d'albums en téléchargement (+ 71 %) constitue à elle seule un très grand motif de satisfaction, un « signe réjouissant » même, pour Olivier Montfort, le président d'EMI en France. Pour les producteurs, cela signifie que les internautes ne se contentent plus de télécharger des singles et qu'ils sont passés aux albums. S'il progresse de façon moins spectaculaire (+ 23 %), le marché des singles reste, lui aussi, très bien orienté. Au total, le numérique a représenté un quart du marché en 2011, un pourcentage à comparer aux 16 % de 2010 et aux 13 % de 2009. Le marché du numérique est constitué de deux grandes masses : le téléchargement d'un côté (50 %), l'abonnement et le streaming de l'autre (un tiers). Le reste est constitué de sources plus secondaires, comme le marché des sonneries téléphoniques, toujours en net déclin. Estimant que Hadopi, avec son processus de riposte graduée, remplit parfaitement sa fonction, les producteurs attendent désormais le point bas du marché. Les plus optimistes parlent de l'an prochain, les autres estiment qu'il faudra attendre quelques années. Une certitude : la bascule vers le numérique est réelle et irréversible.
G. P.

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Transferts de pouvoirs

Transferts de pouvoirs | Media&More | Scoop.it
Comme l’imprimerie, Internet est une technologie subversive.

 

Les Mayas avaient donc raison ! 2012 marque la fin d’un cycle et la disparition progressive d’un monde. Car « le basculement de pouvoirs le plus important à l’œuvre actuellement ne se passe pas entre l’Occident et l’Asie, les Etats-Unis et la Chine, le Nord et le Sud, la Droite et la Gauche, mais entre les institutions et les individus, grâce au numérique »[1].

 

Avoir –enfin- le choix, pouvoir tout connaître –ou presque—du monde, pouvoir s’exprimer, innover, créer, échanger d’un bout de la planète à l’autre, s’organiser, sans passer par les intermédiaires traditionnels, actionne la révolution en marche. Et Internet, réseau invisible du partage, en est l’infrastructure, innervant toute la société, touchant toutes les activités humaines, transformant tout ou presque, alors que la plupart des institutions, aux faibles capacités d’adaptation, ne sont pas prêtes à cette prise de contrôle par les citoyens et les consommateurs.

 

Pour la première fois, les moyens élémentaires de production et de diffusion du savoir, des connaissances et de la culture sont entre les mains de la majorité de la population, interconnectée. Il ne s’agit pas seulement d’une révolution technologique, mais bien d’un basculement économique, sociétal, culturel.

 

Et avant tout, d’un vaste mouvement de décentralisation, où les gens sont en train de (re)gagner du pouvoir, de reprendre du contrôle sur leurs vies, de s’organiser eux-mêmes, entre eux, en réseaux. Ils se gouvernent, se réunissent, apprennent, contribuent, créent, échangent, s’entraident sans l’aide des anciens médiateurs. En temps réel, sans fil et par dessus les frontières.

 

Nous basculons dans un monde nouveau : « Co is King» !

 

Un monde où des campagnes de mobilisation sur Internet renversent des projets de loi (SOPA/SIPA aux USA), où des mouvements politiques se propagent sans frontières et s’appuient sur les nouveaux outils numériques (Printemps Arabe, #Occupy, Indignés, Printemps Erable…), mais où aussi, comme toujours, menacent ceux qui veulent empêcher l’avenir d’arriver (vaste intranet national en Chine, menaces sur la neutralité du Net en Occident ou interceptions légales des communications face au terrorisme …).

 

Un monde où l’économie Internet croît – dans les pays du G20– de plus de 10% par an et devrait doubler d’ici 2016. Avec la production exponentielle de contenus et d’œuvres par le public, c’est aussi une révolution invisible qui s’opère : celle des « Big Data », de l’abondance de données, qui restent à collecter, trier, analyser, exploiter ; du fameux « cloud », pour l’instant entre les mains de grands acteurs privés, et donc de l’hyper-connectivité.

 

De très nombreux business se créent ainsi à partir de la mise à disposition et du partage de capacités non-utilisées (co-location, co-voiturage, co-working, co-production, co-création …). Se connecter, créer, contribuer et partager sont les maîtres mots d’une nouvelle époque, d’une toute nouvelle génération dont le goût marqué pour le collectif semble prendre le pas sur l’individualisme des précédentes.

En ligne, les jeunes passent leur temps à se socialiser, par l’amitié et autour de centres d’intérêt communs. L’innovation surgit de manière décentralisée, localement, dans de petites unités, et n’a plus besoin de passer par la grande entreprise.

 

La création peut se passer d’un éditeur, d’une maison de disque ou d’un studio de cinéma. La participation démocratique et citoyenne n’a plus besoin d’un journal ou d’un parti. C’est la renaissance de la figure de l’amateur, de plus en plus méfiant vis-à-vis de l’ordre établi, d’institutions et de modes de gouvernance aux compétences et à l’autorité contestées.

 

Dans nos sociétés, jeunes, urbaines, ouvertes, voyez ainsi la défiance croissante vis-à-vis du monde politique, juridique, médiatique, économique, financier, syndical, éducatif et, depuis plus longtemps, religieux. Voyez la défiance à l’égard des magistères, du mode linéaire et de surplomb, du « top-down », du haut-parleur, du « je parle, vous écoutez », qui ne marche plus dans l’enseignement ni dans le journalisme, du « je décide, vous obéissez », qui fonctionne de moins en moins dans les entreprises … La grandeur n’est plus de mise dans ce nouveau monde.

 

Le « nous » est plus important que le « je », et les tribus, où tous les membres seront en permanente relation, risquent de l’emporter. De plus en plus, la production est collaborative, l’intelligence et la société collectives. Elles fonctionnent en essaim, grâce aux réseaux, dans des mondes ouverts. Un peu comme si, après avoir cherché, dans la révolution industrielle, à s’imposer par la force sur la nature, l’homme cherchait aujourd’hui, dans la révolution de l’information, à répliquer les systèmes complexes des écosystèmes du vivant.

 

Et ce ne sont pas seulement les humanités — sciences de l’homme et de la société– qui sont concernées par la numérisation des instruments et des objets de savoir, souligne le philosophe Bernard Stiegler, mais aussi toute l’activité scientifique, bouleversée par le nouvel âge de la mémoire collective, où le contenant est aussi important que le contenu, car il relie à l’autre. « L’outil, après avoir désenchanté le monde, est en train de le ré-enchanter ». [2] L’appétit pour les nouvelles technologies et les nouveaux gestes qu’elles inventent semble insatiable !

 

Le mobile, mode d’accès Internet dominant

 

Le rythme des changements dans notre économie et notre culture s’accélère. Le web devient un capteur pour prendre le pouls de l’humanité, grâce à l’adoption des technologies sociales d’animation de nos sociétés.

 

Le web suit le monde réel : il devient chaque jour plus fluide. Notre vie à plusieurs y migre. Et le mobile en devient le mode d’accès dominant, la télécommande de nos vies connectées, une mémoire intelligente externalisée ; l’internet mobile, un nouveau style de vie mondial. Près de la moitié des Américains et des Européens ont un smart phone, les tablettes deviennent « grand public », dans des déclinaisons moins coûteuses.

 

L’hybridation du mobile et du tactile va se poursuivre. Les « ultrabooks » domineront la rentrée universitaire 2012. Les outils classiques se transforment : seule une photo sur deux est prise avec un appareil photo classique, de plus en plus de vidéos et de films sont tournés avec des appareils photos, la tablette remplace le téléviseur pour regarder ses émissions favorites. Amazon est devenu un magasin portable. Les terminaux deviennent des outils pour se connecter au « cloud », aux centres de données des géants du web.

 

Et pour le citoyen consommateur, la question n’est plus de savoir quelle marque de téléphone choisir, mais sur quelle plate-forme organiser sa vie connectée, professionnelle et personnelle : Apple, Android, Facebook, Microsoft ?

 

Le numérique, nouvelle forme d’écriture à apprendre

 

Passant dès lors de l’écriture alphabétique et littérale à l’écriture numérique, avec le son, l’image, le geste … pourquoi ne pas réclamer l’enseignement de la programmation dans les écoles et à l’université, des compétences déjà largement développées dans les pays d’Asie du Sud-Est ? De plus en plus de voix s’en font l’écho aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, pour mieux comprendre et utiliser les outils d’aujourd’hui.

 

Le code, c’est le nouveau latin ! Ceux qui le maîtrisent — programmeurs et développeurs — forment la nouvelle élite des « sachants » d’aujourd’hui. Certains y voient même une forme de poésie (rapprocher des éléments a priori non reliés), voire d’une nouvelle esthétique si cette action est réalisée à plusieurs[3].

 

Parallèlement une nouvelle forme de citoyenneté numérique devrait être enseignée. Mais aujourd’hui, hélas, quand ils vont à l’école, les élèves remontent le temps ! Dans la vraie vie, ils ont grandi avec et sur Internet, partie intégrante de leur réalité.

Pour eux, le web est un autre cerveau extérieur à leur corps, une mémoire en réseau, un disque dur externe. Avec Internet, leur culture est autant individuelle que globale. Le savoir, collectif et partagé.

 

Co-production, co-création

 

Les médias traditionnels, dont l’audience vieillit, sont depuis plus de 15 ans, les premiers touchés par ce basculement démocratique : la presse imprimée, la photographie, la radio, la TV, la musique, le cinéma, le livre, ont perdu le contrôle de la production et de la distribution des contenus et des oeuvres.

 

Ils sont contraints de passer d’un monde unidirectionnel de publication, à un univers de communications, de co-productions, de co-créations, grâce aux médias sociaux, d’échanges généralisés, et même de partage. Là aussi, nous flirtons avec la gestion de biens communs, entre les lois du marché et celles de la régulation, chère au prix Nobel d’économie Elinor Ostrom[4].

 

Par définition, jouant leur rôle d’institution, les médias classiques organisaient la rareté, réduisaient les choix possibles en décidant des contenus et œuvres à consommer. Aujourd’hui, face au tsunami de l’abondance, à la multiplication des créateurs, ils ont du mal à rester en phase avec les désirs de la société.

 

La génération C

 

Car l’homme de la rue ne se contente plus de consommer ce qu’on veut bien lui proposer. Désormais la « Génération Connectée » contribue, programme, créé, produit, réutilise, assemble, commente, recommande, remix, partage. A tout moment et partout.

 

Nous l’avons dit cent fois, et le répétons ici : l’effondrement des barrières à l’entrée, a permis à chacun d’entre nous de devenir un média !

Un iPhone, c’est une station de TV dans sa poche ! Twitter, une salle de rédaction mondiale et une agence de presse personnalisée gratuite mise à disposition de tous ! Avec Google, le monde du savoir et de la connaissance est sur vous ! Facebook devient le système d’exploitation de nos vies connectées ! Avec YouTube, vous créez votre propre chaîne de télévision !

 

Ces nouveaux acteurs offrent une caractéristique commune : vous ne pouvez en profiter vraiment que si d’autres les utilisent. Et vous en en profiterez encore mieux, si vous collaborez avec d’autres. Ce sont les bases d’un nouveau partage sur lequel s’appuient ces géants (Facebook et ses 900 millions d’utilisateurs, YouTube à 800 millions, Twitter, Tumblr, Instagram, Flickr, Pinterest, …). Aujourd’hui, les Français sont « sur Facebook » comme ils sont « devant la télé », en masse, longtemps et tous les jours.

 

La nouvelle profusion exponentielle d’offres bon marché et la commercialisation directe des œuvres par les artistes, désarçonnent les industries du copyright, dont les modèles d’affaires reposaient jusqu’ici sur une poignée de succès rentables et des barrières à l’entrée élevées contre d’éventuels concurrents.

 

Les créateurs ont aujourd’hui de nouvelles et multiples possibilités de se faire connaître sans passer par les mêmes goulots d’étranglement. Les contenus médias du futur seront plus faciles et moins coûteux à produire, plus rapides à commercialiser et à consommer. Il sera de plus en plus difficile d’empêcher les gens d’être connectés et de s’agréger, d’autant que chacun est en mesure de choisir la manière dont il souhaite interagir avec les contenus et les œuvres.

 

Les médias classiques risquent vite de devenir des gouttes d’eau dans l’océan numérique. Leur objectif doit être de redevenir des balises, des repères. Ils doivent se battre pour l’attention du public qui s’éparpille entre mille et une sollicitations, qui ne s’achète plus, mais qui se mérite. Ils ne peuvent plus attendre que le public vienne à eux. Ils doivent aller vers lui. Car, comme d’habitude, le public est bien plus rapide que les professionnels (annonceurs, producteurs, créateurs, journalistes, animateurs, …) à embrasser ces nouveaux usages.

 

Les défis des médiateurs classiques sont importants, mais l’essor du secteur doit leur permettre de trouver de nouvelles sources de revenus : à chaque rupture technologique, le nouveau marché qui s’est ouvert s’est toujours avéré bien plus important que son impact sur le marché existant. Loin de rétrécir, l’industrie de l’information, de la culture et des loisirs est en train de croître rapidement. Le grand gagnant est bien sûr le public, qui a plus de pouvoir, de choix, de possibilités : le directeur des programmes, c’est le téléspectateur !

 

La télévision redéfinie par la manière dont on la consomme

 

Avec son récent virage radical vers des chaînes verticales et thématiques, YouTube est en train de redessiner de manière disruptive l’ensemble du paysage vidéo, en attirant les talents, en créant un univers parallèle au vieux monde de la télévision et de nouveaux rapports de force, tout en cherchant aussi à en effacer les frontières.

 

Chacun a la possibilité de faire aussi bien que les grands diffuseurs sans leurs coûts fixes, avec en prime souvent plus d’aisance pour toucher le public. N’importe qui peut aujourd’hui ouvrir une chaîne YouTube pour un coût quasi nul. Le temps d’antenne y est illimité, contrairement à la télévision. Les outils de publication sont d’ailleurs les mêmes que pour la presse en ligne ou pour les blogs qui vont aussi venir rapidement concurrencer les chaînes traditionnelles.

 

La filiale de Google n’est pas seule : Netflix, Hulu, Amazon, Microsoft, Apple – tous Américains– se battent sur ce terrain de la TV « low cost » ou l’« easy TV » ! De l’Indie TV ! Tous sont en train, ou vont financer de nouveaux programmes vidéo exclusifs en ligne… pour trouver leur place dans nos salons. Nous ne sommes qu’au début de la fragmentation et de la recomposition.

 

Une recomposition qui favorise pour l’instant les films et les séries de qualité, plébiscités plus que jamais, mais permet aussi à d’autres acteurs d’émerger, jusqu’ici peu légitimes. Inévitablement les sources de financement migrent d’un monde vers l’autre, suivant en cela les nouveaux usages du public qui entend participer partout. Le financement direct par le public de projets qui n’intéressent pas les financiers est d’ailleurs aussi en train de décoller.

 

Le mantra « Content is King », derrière lequel s’abritaient douillettement les médias traditionnels, n’est plus tenable depuis des années. Aujourd’hui dominent plateformes, infrastructures et outils contrôlés par les nouveaux géants, auxquels tentent de « coller » les « telcos » et cablo opérateurs qui veulent aussi contrôler la distribution des contenus, textes, photos et surtout vidéos.

 

L’écran global : du cinéma au smart phone !

 

Grâce à l’essor du très haut débit, aux nouvelles plateformes de distribution et au « cloud », la vidéo prend donc une part croissante de notre consommation média multi-écrans. De plus en plus d’options s’offrent à nous pour accéder aux contenus et aux œuvres : TNT, boîtes d’accès, consoles de jeux, câble, satellite, acteurs de la VOD, chaînes payantes, sites, applications, …

 

La télévision n’est plus seulement un terminal dans le salon, mais un contenu disponible partout sur n’importe quel écran. Et parfois sur plusieurs en même temps !

 

Car aujourd’hui, il en faut deux pour profiter et partager pleinement des nouvelles expériences télévisuelles. La « Social TV », c’est la prise de contrôle spontanée de la TV par le public ! Avec elle, c’est l’audience qui est connectée, pas le téléviseur ! La télévision se regarde, dès lors, … reliés ! Et avec un second écran, pour discuter, recommander et partager.

 

Grâce à Internet, la consommation change : les grands directs (sport, politique, téléréalité de qualité, cérémonies …) et les grandes fictions s’accompagnent de plus en plus des réseaux sociaux et sur un second écran avec la participation active de l’audience. La télévision, dans sa version « Social TV », intègre bien progressivement les caractéristiques du web : partage, recommandation, conversation, co-création, co-production.

 

Les grands événements à la télévision sont désormais de grands événements sur Twitter et sur Facebook.

 

L’avenir de la télévision et des médias ne sera pas que social, mais passera par l’innovation et de nouvelles formes narratives de la culture, de l’information et de loisirs combinées avec l’engagement de l’audience et du public. D’autant que les œuvres se consomment de plus en plus souvent en différé, à la carte (films, séries, magazines, documentaires …) et souvent en mobilité (smart phones, tablettes). La télé connectée, c’est le temps retrouvé ! Mais les groupes audiovisuels classiques devront alors passer du stade de diffuseur à celui d’éditeur.

 

Le monde de l’information et le journalisme sont aussi devenus sociaux !

 

Dans un journalisme de plus en plus ouvert, grandit aussi la participation du public, via Twitter, les blogs ou les plateformes d’accueil de contenus amateurs (CNN iReport, YouTube, CitizenSide, ….). Un article, un papier, est aujourd’hui bien plus que la seule contribution d’un seul journaliste, il est le fruit d’une collaboration (Storify) entre de multiples acteurs. Le journalisme d’investigation implique aussi de plus en plus souvent les contributions extérieures (public, ONG, …).

 

Les nouveaux médias sociaux, Twitter, Facebook, YouTube, Google+, deviennent les nouveaux points de ralliement médiatiques des campagnes électorales aux Etats-Unis : les débats sont sponsorisés par eux, ou se déroulent chez eux. Leurs outils sont massivement utilisés, notamment par Barack Obama.

 

Même si les processus de vérification des faits prennent de plus en plus d’importance et pas seulement sur les déclarations de la classe politique, il va devenir de plus en plus difficile de déterminer qui est journaliste et qui ne l’est pas. Les médias doivent donc apprendre à intégrer mieux les participations tiers, car le journalisme est meilleur quand il est fait à plusieurs.

 

Le retrait derrière des murs pour recréer artificiellement de la rareté n’est guère convaincant. Ces murs ne sauveront pas des modèles dépassés, ils font gagner du temps en attendant mieux. Depuis près de 20 ans, les médias d’informations rétrécissent, alors que l’appétit d’infos du public ne fait que croître.

 

De même, l’intégration dans des fonctions de partage et donc de recommandations, assure désormais aux grands sites de journaux (Wall Street Journal, Washington Post, Guardian …) des audiences bien plus grandes. La lecture aussi devient sociale !

 

Information en ligne, information tout court !

 

Etre connectés à Internet devient aussi indispensable qu’être branchés à l’électricité ! Bientôt nous interagirons avec des outils sans nous en soucier, immergés dans les flux du monde. L’information pertinente arrivera à point nommé. Les infrastructures seront plus simples, plus élégantes. Le numérique n’est plus depuis longtemps réservé à notre vie au bureau.

 

Avec les smart phones et les tablettes, il est entré dans notre intimité. Les usages s’orientent vers de nouvelles expériences multi-écrans et multi-terminaux, où la frontière entre vie professionnelle et vie privée s’estompera de plus en plus, comme celle entre les médias. Les technologies de l’information seront présentes partout.

 

Nous sommes dans un nouveau monde de plateformes ubiquitaires et à haut débit, permettant la connexion partout et tout le temps, où les expérimentations d’une nouvelle application ne coûtent presque plus rien, où les capacités de traitement et de stockage continuent de doubler à toute vitesse, les prix de baisser, mais la qualité du réseau ne pas suivre encore l’explosion de l’usage. Un monde où de petites structures avec peu de ressources font mieux que de grandes avec beaucoup.

 

Et ce monde nouveau va vite ! Même des grandes sociétés jusqu’ici à la pointe de la technologie, comme Nokia, Sony ou Philips, voire des distributeurs spécialisés de high tech comme l’américain Best Buy ou « l’agitateur culturel » Fnac sont aujourd’hui en difficulté.

 

Le prochain grand secteur à être désintermédié sera ainsi le commerce de détail, la grande distribution. Déjà, les grands magasins d’informatique et d’électronique deviennent des « show rooms », où les clients ne font que passer, regardant les produits, les touchant, les prenant en photo, avant de commander … en ligne à la maison. Les achats groupés, à la Groupon, qui sélectionnent les meilleures offres en temps réel, se développent à toute vitesse.

 

Le prochain relais de croissance pourrait bien être dans l’essor du « T-commerce » : les achats de contenus, services et objets via les téléviseurs connectés quand ces terminaux seront dans tous les foyers d’ici 18 mois à 2 ans. On est loin de la science-fiction !

 

Puis viendra rapidement la possibilité d’imprimer soi-même en 3D des objets, meubles ou vêtements et même des médicaments, ce qui va révolutionner l’industrie et la recherche. Même les fabricants de hardware s’y mettent et développent des composants extrêmement bon marché. L’open source gagne du terrain. Il sera bientôt possible de fabriquer soi même la plupart des objets qui nous entourent. Vivement l’ère du faire soi-même !

 

Quels rôles pour les anciens médiateurs ? Lâcher prise avec dignité ![5]

 

Alors qu’ils organisaient jusqu’ici la pénurie, les médias classiques devraient – dans ce monde Internet en constante évolution — d‘abord accepter de perdre un peu de contrôle, de lâcher prise, de co-produire et de co-créer.

 

Ils pourraient alors habiliter les jeunes à contribuer et à raconter leur monde, organiser les connexions, puis faire un pas de côté. Ils pourraient ensuite servir de guide et d’accompagnateur pour aider le public à trier et à se retrouver dans ce nouveau paysage vaste, confus, complexe. Réduire aussi le bruit en devenant prescripteur et en certifiant dans la surabondance de contenus les plus intéressants d’entre eux. Ofrir du contexte et du sens, devenus des ressources rares.

 

Ils devraient également contribuer à la diffusion de la littératie numérique, à l’apprentissage de la nouvelle grammaire digitale afin d’aider le plus grand nombre à utiliser les applications et médias numériques, à comprendre et à critiquer leurs contenus, et à créer grâce aux technologies numériques. Ces médias devraient adapter leurs contenus, œuvres, services et expériences aux nouveaux points de contact avec le public. Partager avec des groupes de tailles différentes, produire des recommandations « smart », des personnalisations massives à partir de l’analyse des big data, proposer des filtres pour atténuer la fatigue sociale et donner des résultats plus performants etc…

 

Les anciens médiateurs ont le savoir-faire pour créer les contenus que les natifs digitaux adorent agréger et ils ont de très vieilles relations avec les publicitaires et les annonceurs qu’ils peuvent aider à se moderniser.

 

Même si Apple et Facebook mettent des murs de plus en plus épais, ces nouveaux géants ont besoin de contenus, ceux du public et ceux des professionnels. L’accès ubiquitaire aux œuvres va se généraliser mais il faudra pouvoir y offrir des contenus originaux à valeur ajoutée et avec signatures identifiées. Le public paiera pour des contenus numériques mais fera des choix.

 

Mais les passerelles manquent entre le monde fermé de l’art et de la culture, et ces nouvelles technologies. Et le fossé de connaissance vers la culture numérique devient une barrière de plus en plus difficile à franchir pour les anciens intermédiaires.

 

Veillons à nos vies dans les nuages !

 

Les grands disrupteurs, qui ont porté ces mouvements de fond (Google Facebook, Apple, Amazon…) pour aider à créer un monde meilleur, devraient toutefois eux aussi se méfier des transferts de pouvoir au public qu’ils ont favorisés.

Géants prédateurs, cotés en Bourse pour des centaines de milliards de dollars, cultivant à l’obsession le culte du secret, ils oublient vite qu’ils risquent d’être pénalisés par leurs tentations de tout vouloir contrôler, de clore leurs univers propriétaires et d’exploiter sans vergogne nos données personnelles pour, à leur tour, tenter de garder du … pouvoir !

 

En inventant le Web, Tim Berners-Lee, n’a pas déposé de brevet. Il a partagé ses trouvailles : http, navigateur, serveur, langage HTML. Il vient d’ailleurs de nous exhorter à réclamer à Facebook et Google nos données personnelles…

 

Oui, Internet est, comme l’imprimerie, une technologie subversive, autour de laquelle convergent les autres technologies, dans un nouveau monde numérique, qui commence seulement à s’esquisser, mais qui reste mal compris, mal appréhendé par les dirigeants, souvent digital tardifs.

 

Pourtant, d’ici quelques années, ce qualificatif « numérique » disparaîtra : tout ou presque le sera tout simplement devenu !

 

Eric Scherer

Introduction au Cahier de Tendances N°3 Métamédia Printemps – Eté 2012

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[1] (Alec Ross, conseiller pour l’Innovation d’Hillary Clinton au Département d’Etat, Munich, janvier 2012)

[2] (Michel Maffesoli, sociologue, Montpellier, novembre 2011)

[3] (Bruce Sterling, auteur de science-fiction, 2012)

[4] (Entrée cette année dans le top 100 des personnes les plus influentes du monde pour Time Magazine).

[5] (« Let go with dignity », Kevin Kelly, fondateur du magazine Wired, 2003)

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Lagardère affiche un léger recul de ses ventes au 1 er trimestre

Lagardère affiche un léger recul de ses ventes au 1 er trimestre | Media&More | Scoop.it
Lagardère annonce une baisse limitée de son chiffre d'affaires au 1 er trimestre. Mais le groupe table toujours sur une stabilisation de so résultat opérationnel cette année.

 

Le groupe de media Lagardère affiche un certain optimisme en l'avenir, en dépit des nombreuses incertitudes qui pèsent toujours sur le secteur, notamment en matière publicitaire. Le groupe qu a annoncé ce matin un recul limité de son chiffre d'affaires sur les 3 premiers mois de l'année (-2 % à 1,58 milliards d'euros) a confirmé également son objectif de résultat opérationnel pour 2012.


Le groupe de médias, qui a essuyé une lourde perte nette en 2011, espère de fait toujours pouvoir afficher une stabilisation de son résultat opérationnel (Résop) pour les médias. Une conviction qu'Arnaud Lagardère avait déjà affirmé la semaine dernière en assemblée générale des actionnaires. Il avait alors admis par avance que le premier trimestre avait été conforme aux attentes en termes de résultat mais « un petit peu plus difficile » concernant le chiffre d'affaires.


La baisse constatée est avant tout imputable à un recul recettes publicitaires du pôle médias, qui regroupe notamment la radio Europe 1 et l'hebdomaire Paris Match. Le chiffre d'affaires de ce pôle a en effet reculé de 5,3% à 207 millions d'euros.
Lagardère Unlimited, la plus petite des divisions du groupe dédiée au sport et au divertissement, a par ailleurs vu ses revenus dégringoler de 28,3% à 101 millions d'euros, sous le coup d'un calendrier sportif « moins favorable » sur les trois premiers mois de l'année, explique la société. Lagardère Unlimited devrait d'ailleurs demeurer, dans les mois qui viennent une des maillons faibles du groupe.


L'objectif de stabilité du résultat opérationnel « ne prend pas en compte trois éléments non prévisibles dans la branche Lagardère Unlimited » admet la société dans son communiqué. Il s'agit : -du règlement des réclamations à la Fédération Française de Football, du règlement du litige avec le Board of Control for Cricket in India et des négociations du contrat avec le Comité international olympique.
CLAUDE FOUQUET

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Les médias français misent sur la pub en ligne aux enchères

Les médias français misent sur la pub en ligne aux enchères | Media&More | Scoop.it
Face aux « pure players », les éditeurs de presse, radios et télévisions s'organisent sur le Net. Deux projets vont être lancés pour exploiter la technologie de « Real Time Bidding », la vente d'espaces publicitaires aux enchères et en temps réel.

 

La vente de publicité aux enchères pourrait bien tirer la croissance d'Internet dans les prochaines années. IDC prévoit même qu'elle représentera 25 % du « display » (bannières et vidéo) d'ici à 2015. Face à cette révolution, les acteurs traditionnels des médias s'organisent. Ces jours-ci, deux projets concurrents ont été lancés : l'un, AdMediaPremium, autour de TF1, « Le Figaro », Lagardère et Amaury ; l'autre, Audience Square, réunissant M6, « Les Echos », « Libération », « Le Monde », Express-Roularta, « Le Point », Next Interactive et RégieObs. Les deux plates-formes devraient être opérationnelles pour septembre. D'autres partenaires pourraient les rejoindre d'ici là.


Le concept du « RTB » (pour « Real Time Bidding ») repose sur la vente d'espaces publicitaires aux enchères, en temps réel. Les éditeurs mettent aux enchères des espaces invendus (ou « inventaires ») en s'appuyant sur la « data » : la plate-forme les met en relation avec un annonceur qui recherche un public particulier, réceptif à ses produits et trouve, en quelques millisecondes, la publicité la mieux adaptée à l'internaute à partir de ses habitudes de navigation. L'éditeur fixe un prix plancher en dessous duquel il ne souhaite pas descendre, l'annonceur un prix maximum qu'il est disposé à payer pour qu'un internaute voie sa bannière ou clique dessus. Le système détermine le meilleur prix pour l'un et l'autre.


20 millions de visiteurs uniques

 

« En nous regroupant, nous pouvons proposer aux annonceurs une puissance difficilement égalable, avec plus de 20 millions de visiteurs uniques chez les huit partenaires différents, explique Valéry Gerfaud, directeur général de M6 Web. Le tout dans un environnement premium, avec des marques médias reconnues ». Jusqu'ici, l'un des écueils du système était en effet le risque, pour un annonceur, de voir ses publicités diffusées sur tous types de sites et de blogs. AdMediaPremium revendique la même audience et le même positionnement premium. « Nous avons choisi une structure souple, avec quatre partenaires pour le moment, mais ouverte à d'autres à l'avenir, affirme Constance Benqué, directrice de Lagardère Publicité. Le secteur va s'articuler d'un côté autour de ces places de marché pour le volume avec une mise en commun des inventaires, et de l'autre sur le savoir-faire de chaque régie dans la vidéo, les opérations spéciales ou l'événementiel. »


L'objectif des deux projets est aussi de prendre le contre-pied des spécialistes du Net, Hi-Media ou Google AdSense. accusés de tirer les prix vers le bas avec des inventaires gigantesques mais de faible qualité.
NICOLAS RAULINE

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Le rachat de Direct 8 dans la ligne de mire de l'Autorité de la concurrence

L'Autorité a décidé d'ouvrir une enquête approfondie sur le rachat des chaînes Direct 8 et Direct Star par le groupe Canal+. Elle estime que l'opération présente des risques sérieux d'atteinte à la concurrence.

 

L'entrée en force de Canal+ dans la télé gratuite ne passera pas comme une lettre à la poste. Ce matin, l'Autorité de la concurrence annonce qu'elle ouvre une enquête approfondie sur le rachat par Canal+ des deux chaînes gratuites du groupe Bolloré, Direct 8 et Direct Star.


Dans son communiqué, elle relève des « risques sérieux » d'entrave à la concurrence «sur les marchés amont de l'acquisition de droits relatifs à une diffusion sur télévision payante», ainsi que sur les « conditions dans lesquelles les chaînes gratuites concurrentes pourront accéder au catalogue de films de StudioCanal, par rapport aux chaînes dont groupe Canal+ souhaite prendre le contrôle ». Les sages de la rue de l'Echelle, à Paris, disposent maintenant de 65 jours supplémentaires pour rendre leur décision finale d'autorisation ou non de l'opération, qui devrait intervenir cet été.


Cette décision était attendue alors que beaucoup d'acteurs du secteur dénoncent depuis plusieurs mois les risques qu'une telle opération fait peser sur le secteur de la télévision. Pour tenter de rassurer le marché, Canal+ a pris des engagements il y a quinze jours auprès du gendarme de la concurrence afin d'obtenir son feu vert. Mais les arguments du groupe de Bertrand Meheut n'ont pas convaincu. Il faut dire que Canal+ n'avait présenté que des concessions limitées. Si les milieux du cinéma se sont montrés plutôt cléments sur ce rachat -Canal+ est le principal financeur du cinéma français -, les chaînes gratuites comme TF1, M6 ou France Télévisions le regardent, elles, comme une menace.


Partenaire privilégié des majors américaines

 

L'arrivée d'un nouveau concurrent de poids dans la télé gratuite n'est certes pas une bonne nouvelle pour elles. Canal+ avait fait des concessions concernant les espaces publicitaires de Direct 8 et Direct Star, ainsi que sur l'acquisition des droits de films de catalogue par sa filiale StudioCanal ou encore sur l'acquisition de droits sportifs.


Mais c'est surtout sur l'achat de séries et de films que l'opération pose problème. Acteur dominant de la télé payante, le groupe Canal+ a un accès privilégié aux contenus vendus par les majors américaines (Universal, Fox, Disney...) pour sa chaîne cryptée (Voir page 35 du « document de base » de Canal+). Demain, il pourrait être tenté de négocier parallèlement avec ces ayants-droit la possibilité de diffuser ces mêmes programmes en clair sur Direct 8. Aujourd'hui, une série comme «Desperate Housewives», par exemple, est d'abord diffusée en France sur Canal+, avant de l'être sur M6. Mais demain, Canal+ pourrait très bien en acheter les droits pour Direct 8. Canal+ pourrait ainsi s'offrir les meilleurs films et séries pour ses chaînes payantes et gratuites. Et il ne resterait plus grand chose pour les autres acteurs du marché comme TF1 et M6. Même chose pour les films français.


Dans ses engagements, Canal+ se dit prête à «mener de manière distincte» entre ses chaînes gratuites et payantes, les négociations pour l'achat de films américains. Et pour les films français, le groupe s'engage à «ne pas lier» l'acquisition de droits en clair et en télé payante «pour plus de 20 films acquis» au cours d'une même année. Mais pour les opposants, ces mesures ne sont pas suffisantes car rien ne permet de s'assurer que ces négociations ne seront pas liées en pratique.


Du reste, une chaîne comme M6, au budget beaucoup plus important que Direct 8 et Direct Star, n'achète que dix films récents français par an... On peut donc s'interroger sur le caractère fantaisiste de ce chiffre de vingt films par an pour deux petites chaînes en clair. Par ailleurs, Canal+ ne propose de prendre aucune mesure pour limiter sa puissance en matière d'acquisition de séries américaines, alors que chacun sait que s'il y a un marché sur lequel se battent les chaînes, c'est bien celui-ci, tant il peut rapporter gros en audience.


Imposer des «contraintes»

 

C'est l'ensemble de ces questions que l'Autorité de la concurrence va devoir examiner de près. Elle va probablement demander de nombreuses concessions à Canal+ avant de donner son feu vert à l'opération afin de préserver la concurrence sur le marché de la télévision. C'est ce qui s'est passé quand TF1 a racheté TMC et NT1 en 2010.


Déjà, les opposants au rachat proposent de définir une durée suffisamment longue entre le moment où le groupe Canal+ diffusera un film en payant, puis en gratuit. L'objectif : que les ayants-droit soient incités à céder leurs droits gratuits aux concurrents de Canal+. Ils plaident en outre pour séparer les structures d'acquisition de droits payants et gratuits chez Canal+. Autant de « contraintes » que l'Autorité pourrait retenir. Si cela devait être le cas et si Canal+ n'était pas satisfait, le groupe pourrait toujours se retourner vers le ministère de l'Economie pour demander une révision de ces engagements.
FABIENNE SCHMITT

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35 millions de Français lisent la presse écrite chaque jour

Les premiers résultats de l'étude One d'audience de la presse ont été présentés ce matin, lors de la publication du 22ème observatoire de l'OJD.

 

« La presse écrite est belle et vivante, arrêtons de dire qu'elle est en crise ! ». En évoquant ce matin les résultats de l'étude One, qui mesure pour la première fois l'audience de tous les titres de presse (quotidiens et magazines), Sébastien Danet, président de Vivaki, a tenu à rappeler le dynamisme de certains titres et le rôle majeur de la presse dans les dispositifs des annonceurs.


Car la presse reste un média puissant : 35 millions de Français lisent au moins un titre par jour, soit 69 % des Français. Et toutes les grandes familles de presse restent représentées : 30 % des titres lus appartiennent à la famille Féminins-Santé-Cuisine-People-Famille, 20 % sont des quotidiens, 17 % des magazines dits « à centre d'intérêt », 14 % des magazines de télévision, 10 % des news ou des magazines économiques, et enfin 10 % des titres de la famille Maison-Décoration-Jardin.


Baisse globale des diffusions

 

Pour autant, cette puissance peine à masquer la baisse globale des diffusions l'an dernier. Selon le 22ème observatoire de l'OJD, lui aussi présenté ce matin, la diffusion France payée de la presse grand public a reculé en 2011 de 2,3 %. Elle avait déjà baissé de 2,2 % l'année précédente. Au total, elle a perdu 15 % depuis 2001. Toutes les familles de presse ont baissé l'an dernier : -2,04 % pour la presse quotidienne et -3,1 % pour la presse magazine.


Dans cette dernière catégorie, les news et les autres magazines d'information ont plutôt bien résisté (-0,8 % et -0,5 %), contrairement à la presse people (-4,67 %), la presse de télévision (-3,3 %), ou même les féminins (-2 %). La presse masculine a particulièrement souffert l'an dernier (-27 %). Ayant subi de plein fouet l'impact des mutations numériques, la presse technique et professionnelle a également accusé une baisse de 5,7 % l'an dernier, soit près de 60 % en dix ans.


Dans ce paysage global, certains n'en ont pas moins tiré leur épingle du jeu. Nouvelles formules et innovations ont en effet permis à certains titres de progresser -et de se voir récompensés d'une étoile OJD. Au tableau d'honneur cette année, « Libération », « Les Inrockuptibles », « Le Nouvel Observateur », ou encore, parmi les mensuels, « Modes & Travaux » et « Détours en France ».


Les sites Internet du Figaro et de Sud Ouest ont de même été primés. « Le Télégramme » et lequipe.fr ont de leur côté reçu l'étoile de la constance dans le succès. « Les Echos », enfin, n'ont pas à rougir de leurs performances puisqu'ils ont été nominés dans deux catégories (presse quotidienne et constance dans le succès).
A.F.

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Quand vous ne voyez pas le service, c'est que vous êtes le produit !

Quel est le secret de la valorisation de Facebook ?

 

La lecture de la semaine, il s’agit d’un article de l’hebdomadaire américain The Nation, il est signé par Ari Melber, journaliste et spécialiste des réseaux sociaux, il s’intitule “Le secret de la valorisation de Facebook”. L’occasion de revenir sur un événement largement commenté et dont nous avions dit quelques mots ici même.

 

“Une chose manque dans tous les commentaires au sujet de la valorisation boursière de Facebook”, commence Ari Balmer. “Tout le monde sait à quel point l’entreprise est populaire, avec ses 845 millions d’utilisateurs, et à quel point elle marche bien, avec une valorisation potentielle à 100 milliards de dollars (soit 5 fois celle de Google quand il fut introduit en Bourse en 2004). Mais qu’est-ce qui fait vraiment de Facebook une entreprise aussi rentable ?” demande Ari Melber.

 

C’est vous, répond-il. Ses utilisateurs. Et plus exactement, ce que vous y mettez.

 

Dans les faits, à l’époque contemporaine, l’introduction en Bourse de Facebook constituera l’un des plus gros transferts volontaires de propriété d’une masse de gens à une entreprise.

 

Le mot “volontaire” est, selon Melber, une façon plutôt gentille de voir les choses. Les études montrent que la plupart des utilisateurs de Facebook ne savent pas qu’ils abandonnent tout droit sur leurs photos et leurs informations quand ils acceptent les conditions générales d’utilisation de l’entreprise. Après tout, qui a le temps de lire les 4 000 mots que comptent ces conditions d’usage ?

Mais si vous les lisez, poursuit Melber, vous apprendrez que tout contenu relevant de la propriété intellectuelle de l’utilisateur (comme les photos et les vidéos) est cédé à Facebook “sous une licence mondiale, non exclusive, transférable, sous-licenciable, et gratuite”. Cela signifie que Facebook peut faire ce qu’il veut de ce matériel.

 

C’est un pouvoir vraiment exorbitant ainsi cédé à un fournisseur de service, ajoute Melber – comme si un service de messagerie revendiquait la propriété intellectuelle de chaque mot qui est échangé dans son système.

 

Il n’y a, par ailleurs, aucun moyen de récupérer sa propriété intellectuelle dans Facebook. Si des usagers ferment leurs comptes, Facebook conserve la même licence pour tous les contenus qui “ont été partagés avec les autres”. Chaque mot écrit sur Facebook étant partagé, l’entreprise garde donc la propriété de tout ce qui a été mis sur son site.

 

C’est donc un arrangement à sens unique, qui est d’autant plus remarquable que Facebook a réussi à convaincre toujours plus d’utilisateurs qu’il offre un service “gratuit”. Certes, techniquement, l’entreprise ne fait rien payer à ses usagers. Le micropaiement est réservé aux journaux. Les milliardaires voient plus loin. Facebook trouve ses revenus dans un produit qui a beaucoup plus de valeur : les données personnelles.

 

Il est difficile de mesurer quelle part de la valeur de Facebook réside dans la récolte des données de ses utilisateurs. Pour être tout à fait juste, aujourd’hui, la plus grosse part de ses revenus provient de la publicité, ce qui est carrément démodé, dit Melber. Certaines de ces publicités sont ciblées individuellement, les autres trouveraient sans doute leur place sur n’importe quel site très fréquenté. Les 15 % restant des revenus de l’entreprise proviennent des jeux, qui n’ont rien à voir avec le vol de vos albums photo.

 

Mais la vraie valeur de Facebook ne réside pas dans son bilan comptable. Il s’agit d’un pari sur l’avenir. Beaucoup d’analystes boursiers l’ont dit, les revenus de Facebook aujourd’hui, autour de 3 milliards de dollars, ne justifient absolument pas la valorisation de l’entreprise. Le jackpot, en fin de compte, devra venir d’une monétisation plus agressive de l’expérience Facebook.

 

Alexis Madrigal, qui écrit sur la technologie pour The Atlantic, avance que l’entreprise devra tirer de chacun de ses utilisateurs actifs 4,39 dollars pour justifier une capitalisation boursière de 100 milliards de dollars. Comment ? Madrigal imagine un autre programme pour diriger les utilisateurs dans des publicités pour des produits qu’ils pourraient chercher à se procurer via le site. “Je m’attends à voir la résurrection de quelque chose de l’ordre du malheureux plan Beacon“ (un système publicitaire ciblé lancé par Facebook en 2007 qui utilisait l’activité des utilisateurs sur des sites partenaires, et permettait donc un ciblage très précis. Il a été abandonné suite à un mouvement d’usagers, en 2009). Madrigal écrit : “Cette fois, ce sera plus subtile, mais Facebook arrivera à vous montrer des produits que vous et vos amis aimez. Vous partagerez sans friction tous vos goûts avec vos amis – et avec les publicitaires.”

 

Le partage, reprend Melber, est un de ces mots dont le sens habituel disparaît sur Facebook. Comme “volontaire”. Ou “gratuit”. Ou “ami”. Beacon ne consistait pas à partager tous vos goûts, ce qui implique les notions de choix et de réciprocité. Le programme mesurait les habitudes d’achat des utilisateurs pour leur suggérer des publicités personnalisées, sans aucun avertissement. Le programme a été retiré à la suite d’un backlash, mais le signal était clair. Les utilisateurs de Facebook n’étaient pas des consommateurs à satisfaire : ils étaient des produits à vendre.

 

Le modèle de l’entreprise – de la dépossession première des biens des utilisateurs jusqu’à la manière dont on peut les exploiter – est la démonstration parfaite d’un vieil adage selon lequel la gratuité en ligne est une illusion. Comme l’exprimait un commentaire anonyme sur un site : “Si vous ne payez pas, c’est que vous n’êtes pas un consommateur, mais un produit à vendre”.

Xavier de la Porte

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L'e-magazine Flipboard lance sa version française

L'application « e-magazine » arrive en France, avec un premier média partenaire, « Grazia » du groupe Mondadori.

 

L'application fait un carton aux Etats-Unis. Elle débarque ce jeudi à 15 heures en version française. Souvent décrit comme un e-magazine, Flipboard est bien davantage que cela : l'application, exclusivement disponible sur l'iPad et l'iPhone, remet en scène les contenus préférés des internautes. Les flux RSS de leurs médias favoris, mais aussi leurs fils de réseaux sociaux, sont présentés comme des pages de magazine, avec une maquette mettant en valeur photos et textes.


Par exemple, les liens postés par leurs amis sur leurs comptes Facebook ou Twitter ne défilent plus sur une liste chronologique : à la place, une grande photo apparaît en ouverture de page et des articles de tailles diverses sont répartis sur le reste de l'écran ; sur Flipboard, au lieu de dérouler la page à l'infini vers le bas, comme sur Internet, le lecteur tourne les pages, comme sur un vrai magazine, pour accéder à la suite de sa « tweet line » ou d'un article.


Le lecteur peut choisir d'inclure dans son menu Flipboard les journaux de son choix. Il dispose aussi d'une fonction de recherche. Enfin, la société propose elle-même une sélection de contenus, selon le principe dit de la « curation ». Avec, le plus souvent, des liens vers le site Internet du média ou, si elle a conclu un partenariat avec celui-ci, la mise en page spécifique de Flipboard.


C'est sur ces partenariats que repose le modèle économique de la société : grâce à cette mise en page agréable et ergonomique, l'éditeur peut vendre à des annonceurs des pages de publicité, qui viennent s'insérer dans la lecture pendant le feuilletage, exactement comme dans un magazine papier. Flipboard se rémunère grâce à une commission, non dévoilée mais « favorable à l'éditeur », affirme Mike McCue, fondateur de Flipboard.


Sur les 65 médias dans le monde avec lesquels Flipboard a conclu un partenariat, seuls trois sont pour l'instant autorisés à vendre de la publicité, depuis la fin de 2011 : Condé Nast aux Etats-Unis, « USA Today » et The Oprah Winfrey Network. En France, Flipboard a signé avec « Grazia ». « C'est pour nous extrêmement valorisant d'être présents sur une application magnifique et aussi innovante. Mais on ne sait pas encore quelles recettes nous pourrons en tirer. C'est un pari sur l'avenir », souligne Jérémie Clévy, directeur digital de Mondadori France, éditeur de « Grazia ».


« Nous n'avons pas d'objectifs de revenus à court terme. Nos investisseurs sont derrière nous, ils croient en notre projet. Cela nous permet de nous concentrer sur le produit », affirme Mike McCue. Et cela a plutôt bien fonctionné jusqu'ici : l'application a été téléchargée 8,1 millions de fois, dont plus de 4 millions depuis le lancement de la version iPhone en décembre. Les utilisateurs de Flipboard y passent, selon la société, en moyenne deux heures par mois.


Flipboard a déjà levé 60,5 millions de dollars, dont 50 millions lors du dernier tour de table en avril. Parmi ses actionnaires, on trouve les fonds Index Ventures, Kleiner Perkins et Insight Venture Partners, mais aussi le cofondateur de Twitter Jack Dorsey, l'acteur et investisseur Ashton Kutcher et le cofondateur de Facebook Dustin Moskowitz. Les fondateurs et les salariés restent toutefois « assez largement » majoritaires. Selon Mike McCue, l'équilibre pourrait être atteint fin 2013. D'ici là, la société aura attaqué d'autres marchés. La France est le quatrième pays où Flipboard se positionne, après les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Chine. Plusieurs autres marchés européens devraient suivre et Flipboard regarde également vers l'Asie et l'Amérique latine.


Quant à la concurrence, elle n'inquiète pas vraiment l'entrepreneur. Les mastodontes, tels que Google, Yahoo! et AOL, sont entrés sur le marché en développant leurs propres applications. « C'est flatteur pour nous, cela signifie que nous avions raison. Mais nos concurrents restent pour l'instant assez loin derrière nous et ils n'ont pas encore su intégrer la dimension sociale que nous possédons », se réjouit Mike McCue.

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Publicité en 2012: bond sur le net et à la télé, stagnation dans la presse

Publicité en 2012: bond sur le net et à la télé, stagnation dans la presse | Media&More | Scoop.it

Les investissements publicitaires mondiaux devraient augmenter en 2012 pour s'établir à 362 milliards d'euros, avec un bond sur Internet et à la télévision, mais une stagnation dans la presse écrite, selon les dernières prévisions publiées par Strategy Analytics.

 

Le cabinet d'analyse table sur une confirmation de cette tendance pour les deux ans à venir avec un total d'investissements mondiaux de 389 milliards d'euros en 2014.
La croissance de 4% observée l'an dernier, devrait se confirmer (+4,9%) cette année, avec une progression plus nette pour l'internet (+12,8%) que pour la télévision (+5%) et une quasi stabilité dans la presse (+0,5%).


Ed Barton, Directeur des stratégies médias numériques, assure dans le communiqué que la publicité en ligne "poursuivra sa trajectoire positive" alimentée par la forte croissance des pays émergents et par des dépenses plus importantes consacrées aux sites de réseaux sociaux et aux publicités vidéo.
Mais la télévision reste le premier marché publicitaire, avec 146,6 milliards d'euros d'investissements, soit 40% des dépenses totales prévues, alors que l'internet devrait capter 64,7 milliards, soit 18% du marché.
Les investissements dans la presse, non chiffrés par le cabinet, devraient augmenter de 0,5% (26,4% du marché).


La France fait mieux que l'an dernier mais moins bien que l'ensemble de l'Europe qui devrait progresser (+3,7%) en 2012, avec un total de 106 milliards d'investissements publicitaires. Elle est créditée cette année d'une croissance de 3,2% (+2,1% en 2011) avec 10 milliards d'euros, soit un taux inférieur à celui anticipé pour le marché publicitaire mondial.
Mais elle est le pays qui devrait réaliser la plus forte progression (+ 9,7%) cette année sur Internet qui devrait générer 2,3 milliards d'euros contre 2,4% pour la télévision et 2,4% pour les autres formats traditionnels. La presse devrait connaître une baisse de 0,7%.


M. Barton prévoit qu'en France la publicité en ligne devrait dépasser la presse dès 2013 alors que ce renversement ne devrait avoir lieu qu'en 2017 en Europe et sur le marché mondial.
Par comparaison la publicité en ligne en Europe devrait progresser en moyenne de 11,7%, la télévision de 3,4% et les autres formats publicitaires traditionnels de 2,4%. La presse devrait en revanche décliner de 0,1%.


A l'échelle mondiale, des événements "à fort impact international" (JO, Euro 2012, présidentielle aux USA) et la reprise progressive du marché nippon, un an après le tsunami, "contribuent à dessiner un avenir plus radieux" pour le marché publicitaire en 2012, note M. Barton.
Les déficits et l'endettement des ménages, et "la menace permanente d'un défaut de paiement dans la zone euro signifient qu'un incident marquant suffirait à remettre en question toutes les prévisions effectuées pour l'Europe", nuance toutefois M. Barton.

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La télévision se consomme de plus en plus en différé

La télévision se consomme de plus en plus en différé | Media&More | Scoop.it

On n'a jamais autant regardé la télé qu'en 2011. L'an dernier, les Français ont passé en moyenne 3 h 47 par jour devant leur petit écran, un record, selon Médiamétrie. Cela représente quinze minutes de plus qu'en 2010. Forte actualité, été pluvieux et montée en puissance des chaînes de la TNT expliquent cette progression. Les chaînes TNT pèsent désormais un cinquième de l'audience de la télé et 498 de leurs programmes ont réuni plus de 1 million de téléspectateurs, note l'institut, contre seulement 207 en 2010. Mieux : « six ont pour la première fois franchi le cap des 2 millions ».


La hausse de la durée d'écoute de la télé s'explique notamment par la prise en compte par Médiamétrie, pour la première fois depuis janvier 2011, de la consommation de télévision en différé. Autrement dit, les programmes enregistrés puis regardés sur le téléviseur -Médiamétrie n'intègre pas, pour l'heure, le différé sur PC, tablette ou mobile. Un peu plus d'un an après l'intégration de cette nouvelle mesure dans l'audience globale des chaînes, le visionnage de programmes en différé totalise en moyenne 3 minutes 39 par jour et par personne.


Aujourd'hui, 60,5 % de la population française a les moyens techniques d'enregistrer un programme télé. « La moyenne de 3 mn 39 masque une réalité : tous les jours, 7,7 % de la population pratique le différé pendant 64 minutes », commente Julien Rosenvallon, directeur télévision de Médiamétrie. Chez les personnes équipées de PVR (« personal video recorder » ou magnétoscope numérique), soit un tiers des foyers français, ce pourcentage monte jusqu'à 16,2 % et la durée d'écoute additionnelle s'élève à 1 h 14 en moyenne par jour.


Les séries plébiscitées

 

Mais que regarde-t-on en différé ? Essentiellement de la fiction, c'est-à-dire des séries, des téléfilms ou encore des feuilletons. Le visionnage en différé leur a apporté 2,9 % d'audience supplémentaire, contre 3,1 % pour les films de cinéma. C'est la série de TF1 « Dr House » qui détient le record du différé : elle a récupéré de cette façon 726.000 spectateurs supplémentaires. De même, « Castle » (France 2) réalise un bon score (+ 610.000 téléspectateurs). D'une manière générale, la consommation du différé sur l'écran télé se fait en grande partie le même jour que la diffusion du live ou dans les deux jours qui suivent.

 

A la fin de l'année, Médiamétrie va mesurer la consommation en « catch up » (télévision de rattrapage) sur le téléviseur. On devrait ainsi connaître son apport à l'audience de la télé en général. Il existe aujourd'hui 14,5 millions de « catch-uppers », qui revoient essentiellement leurs programmes télé via leur ordinateur. Le « rattrapage » sur le téléviseur est néanmoins en progression, notamment sur les box ADSL. Pluzz (service de rattrapage de France Télévisions) ou W9 Replay sont, par exemple, arrivés récemment sur SFR. Médiamétrie devrait ensuite s'attaquer à la mesure de la consommation de programmes télévision à partir des tablettes, une pratique aujourd'hui émergente.
FABIENNE SCHMITT

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Les marchands de journaux vont pouvoir alléger leurs linéaires

Les diffuseurs de presse vont enfin pouvoir choisir, dans une certaine mesure, les titres qu'ils vendent. L'ARDP, la nouvelle Autorité de régulation de la distribution de la presse, a indiqué hier avoir décidé de rendre exécutoire la réforme dite « de l'assortiment », votée par l'assemblée du Conseil supérieur des messageries de presse (CSMP) le 22 décembre.


C'est un véritable soulagement pour les 29.000 marchands de journaux français qui se voyaient jusque-là imposer les titres à mettre en vente, au titre de la loi Bichet sur la liberté de la presse. Adoptée en 1947, celle-ci garantit à tous les éditeurs un accès au réseau de distribution : ce sont donc les éditeurs qui choisissent le nombre d'exemplaires, et les magasins où ils sont mis en vente. Résultat, les diffuseurs se sont transformés en manutentionnaires, les linéaires croulent sous les journaux, les titres reçus ne correspondent pas à la demande et le taux d'invendus approche 60 %. Une situation que beaucoup estiment en partie responsable de la baisse des ventes de la presse. Pour y remédier, le CSMP avait mis au point une norme, votée en novembre 2010, permettant au diffuseur d'avoir son mot à dire sur son assortiment, en fonction des statistiques de vente. Et ce, tout en continuant à respecter la loi Bichet. Mais de petits éditeurs, craignant de voir leurs titres déréférencés, bloquaient depuis la réforme. C'est précisément pour résoudre de tels blocages que l'ARDP a été créée en juillet dernier, avec le pouvoir de rendre les décisions du CSMP exécutoires. « C'est une bonne nouvelle », se réjouit Gérard Proust, président de l'Union nationale des diffuseurs de presse. « Les clients vont revenir dans les magasins et les diffuseurs devraient voir leurs finances s'améliorer. » La réforme devrait entrer en vigueur dans les semaines qui viennent.
A. F., Les Echos

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Le Web pèse toujours davantage dans les investissements pub

Le Web pèse toujours davantage dans les investissements pub | Media&More | Scoop.it
Selon le baromètre IAB-SRI-Kantar Media, les investissements publicitaires bruts ont augmenté de 7,6 % l'an dernier sur Internet. Et tous les secteurs sont concernés.

 

Bien, mais peut mieux faire. Le bilan 2011 de la publicité en ligne est contrasté, selon le baromètre IAB-SRI-Kantar Media, qui mesure les investissements bruts sur le « display » (bannières et vidéo). Après un début d'année prometteur et des rythmes de croissance dépassant allégrement les 10 % sur les premiers mois, le secteur a subi les effets de la crise au second semestre. En décembre, les investissements publicitaires ont même reculé de 0,4 %.


Malgré tout, Internet fait mieux que les autres médias, avec une croissance sur l'année de 7,6 % et 3,48 milliards d'euros bruts investis, contre 5,2 % de croissance pour l'ensemble du marché. Des chiffres qui confirment ceux publiés il y a dix jours par l'Observatoire de l'e-pub, qui faisait état d'une croissance de 11 % des investissements nets, pour un marché de 2,56 milliards d'euros.


Orange devant Microsoft

 

Internet est ainsi le quatrième média en France, derrière la télévision (9,38 milliards d'euros bruts), la presse (7,67 milliards) et la radio (4,15 milliards). La publicité en ligne représente 12,5 % des investissements publicitaires totaux. En France, 4.972 annonceurs ont investi l'an dernier sur Internet. C'est légèrement moins qu'en 2010, mais les sociétés qui se sont désengagées pesaient assez peu. Les secteurs les plus actifs sur Internet restent la culture et les loisirs, la banque et l'assurance, et l'automobile et les transports. Mais de nouveaux pans d'activité commencent à s'intéresser de près à la publicité en ligne, comme la distribution, l'alimentation et la mode.


Le Top 10 des annonceurs reste, lui, quasiment inchangé (voir graphique). Orange (97,5 millions d'euros investis en ligne, - 8,8 %) et Microsoft (67 millions d'euros, - 20,1 %), malgré la réduction de leurs investissements, restent les premiers annonceurs sur Internet, devant SFR (62 millions d'euros), la Française des Jeux (53,4 millions d'euros) et... Google (51,3 millions d'euros). Le moteur de recherche a multiplié par deux ses investissements sur Internet en France, notamment pour faire la promotion de son navigateur Chrome. Parmi les autres annonceurs ayant fortement accru leurs dépenses sur Internet, on trouve également le PMU et la Paramount.


Un format a particulièrement progressé l'an dernier : la vidéo « instream ». Il s'agit essentiellement de spots courts placés au début des vidéos de télévision de rattrapage ou sur les plates-formes de partage de vidéo. L'an passé, 690 annonceurs ont utilisé ce format en France, issus surtout des secteurs des loisirs, de l'alimentation et de l'édition.
NICOLAS RAULINE

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Le duo Apple et Samsung règne sur les smartphones

Au quatrième trimestre, le Californien et le Coréen ont pris chacun près du quart du marché mondial. En 2011, Nokia demeure le numéro un du mobile, mais n'est plus que le troisième vendeur de smartphones.

 

L'âge du smartphone s'ouvre sous la férule d'Apple et de Samsung. Le groupe californienet le coréen viennent de boucler un extraordinaire trimestre, qui conforte leur mainmise sur ce marché d'avenir. Au troisième trimestre, ils avaient tous les deux dépassé Nokia en volume de ventes de smartphones. La tendance s'est confirmée à la fin de l'année : Apple a vendu 37 millions d'iPhone et Samsung 36,5 milions, selon Strategy Analytics. Soit une part de marché proche de 24 % pour chacun de ces nouveaux rois de la mobilité.


Au total, en 2011, Apple et Samsung sont parvenus à doubler le géant déchu Nokia. C'est le Coréen qui décroche la première place sur le podium (20 %), suivi de très près par l'Américain (19 %). Nokia, qui détenait le tiers de ce marché en 2010, n'en a plus que 16 %. Il est vrai que le Lumia, son premier Windows Phone, n'a été vendu que pendant les deux derniers mois de l'année. Nokia compte dessus pour redresser la barre, et notamment pour revenir aux Etats-Unis, là où le marché est le plus porteur.


Quant au marché des mobiles en général, Nokia conserve encore sa palme, avec 27 % du marché, suivi par Samsung (21 %) puis Apple (6 %). Toutefois, le Pdg de Samsung a annoncé au CES de Las Vegas il y a quelques semaines qu'il prévoyait de doubler le groupe finlandais dès cette année dans le mobile.


SOLVEIG GODELUCK

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