«Hollande m'a séduit: c'est son métier.» | Média et société | Scoop.it
Dans «Rien ne se passe comme prévu», Laurent Binet chronique la course présidentielle telle qu'il l'a vue depuis le camp socialiste

 

Un passage sur la question des médias / du journalisme politique :

 

"Vous êtes assez critique sur la presse politique".

 

"Oui, pas du tout sur les journalistes de terrain, mais sur un système qui aboutit à une uniformisation de l’information. Comme une caravane suit Hollande partout, une synthèse globale se fait au fur et à mesure. Elle est souvent plutôt intelligente, mais on retrouve les mêmes phrases partout, même indépendamment des clivages politiques des médias.

Par ailleurs, pour les gens que rencontrait Hollande, c’était souvent frustrant de voir que la presse ne s’intéressait pas tellement à eux sur le coup, mais aux déclarations de l’avant-veille et aux commentaires de la veille. Du coup, les pauvres ouvriers avaient l’impression que tout le monde se foutait de leur cas. L’un des problèmes du journalisme politique en France, c’est que la majeure partie du débat se fait autour de la tactique. On s’interroge moins sur l’indépendance de la BCE elle-même que sur l’intérêt qu’a tel homme politique à défendre telle position sur le sujet.

Enfin, j’ai été frappé par le décalage entre le discours des éditorialistes et la réalité du terrain, ou même l’opinion des gens. Par exemple sur la stature. Au début, c’est Fabius qui dit: «Vous voyez Hollande président ? On rêve.» Ensuite pendant six mois, la question a été celle-là: il est mou ou pas ? Et puis d’un coup, sans vergogne, on s’est mis à parler de son «arrogance». Tout ça parce qu’il avait mouché Juppé dans un débat ! Cette sorte d’amnésie était un peu surréaliste. Il est tout de même bizarre d’avoir passé tant de temps sur une question si dérisoire, si peu politique, et si à côté de la plaque."

 

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