Un peu d'histoire
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Twitter / prisonculture: I lied here's one more... ...

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RT @prisonculture: I lied here's one more... Portrait of a Sakalava woman, in Madagascar. circa 1890 http://t.co/4rMMMVVVWJ


Via Alicia McCalla
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MADAGASCAR: La crise financière dans les sabots

MADAGASCAR: La crise financière dans les sabots | Un peu d'histoire | Scoop.it
Loin des places financières du monde, isolé des subprimes, des obligations adossées à des créances et des banques d’investissements qui s’effondrent, Madagascar traverse sa propre crise financière, qui se traduit par la chute des prix du bétail.

Via MSRakotonirainy
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#Madagascar - Histoire Le mouvement des Menalamba au début de la colonisation française

#Madagascar - Histoire Le mouvement des Menalamba au début de la colonisation française | Un peu d'histoire | Scoop.it

Les Menalamba (toges rouges) sont les premiers héros qui à Madagascar, luttèrent contre le système colonial français au nom du nationalisme malgache. Ce sont des héros souvent anonymes, issus des milieux paysans, pour prendre dans la lutte la relève des milieux dirigeants qui acceptaient la défaite.L’insurrection des Menalamba (toges rouges) naît le 22 novembre 1895, jour de la Fête du Fandroana (fête nationale) à Arivonimamo (bourgade située à une cinquantaine de kilomètres d’Antananarivo), dans un groupe de fortes têtes traditionnellement frondeur du pouvoir : les Zanak’antitra Elle gagne les confins Merina – Betsimisaraka menaçant de couper les communications avec Toamasina, les confins Nord – Ouest et Nord – Est de l’Imerina (groupes réputés maraudeurs des Manendy et des Marofotsy), enfin elle menace très sérieusement Antsirabe (siège du 25, 27 mai 1896) à partir des positions retranchées du Vakinankaratra et du Fisakana.

Elle touche ainsi des zones périphériques de l’Imerina central, zones de « marché » relativement peu intégrées dans un système politico- administratif qui donne le pouvoir à une oligarchie issue de la plaine d’Antananarivo. Dans ces zones, le pouvoir merina subsiste au XIXème siècle à condition de fermer l’œil sur bien des choses, et de s’enfermer dans des places fortes et des postes administratifs, tel Rabeony, ce gouverneur d’Ambatondrazaka qui pendant onze ans ne quitta pas une fois sa bourgade.

Dans chaque cas, il est possible de dénombrer les raisons variées de mécontentement de la population ; elles sont dues à la décomposition du régime dans les dix dernières années du pouvoir royal au moins autant qu’à l’occupation des étrangers.

Pour les confins Nord, le brigandage est incessant depuis 1890, mêlant soldats déserteurs, esclaves fugitifs, Sakalava habiles au vol de bœufs, corvéables échappés aux mines d’or de Maevatanana. Pour le Vakinankaratra et le Nord Betsileo, zone de recrutement des corvéables pour les mines d’or, zone de pillage attirant les groupes Bara et Sakalava qui ont rompu le barrage des garnisons frontalières merina, le soulèvement traduit la détresse d’une population rurale totalement désorganisée à la recherche de leaders locaux qui assurent une certaine protection. Les bandes de combattants ainsi formées, regroupent des vieux routiers du « fahavalisme » (grand banditisme) avec des paysans sortis du rang ou des petits notables villageois. Des phénomènes traditionnels se trouvent réactivés et englobés dans un mouvement très nouveau, aux objectifs multiples mais dont la raison d’être, d’après tous ses chefs, est de se refaire une patrie.

Une étude sociologique du recrutement de ces leaders reste encore à faire, pour autant qu’ils soient sortis de l’anonymat. Elle amènerait la révision de bien des idées toutes faites. Ce sont parfois des chefs locaux de clans (Arivonimamo), mais aussi des petits gouverneurs de province utilisant leur clientèle locale, d’anciens chefs de brigands (Ankaratra) ou de modestes instituteurs des missions (assassinat d’Escande et de Paul Minault à Ambatondradama – Ankaratra). La communication entre chefs s’établit par porteurs de textes écrits. Ils s’entourent de secrétaires même si par ailleurs ils font des feux de joie avec les Bibles dans les temples.

Deux fronts de lutte principaux : contre la puissance occupante, contre ses introducteurs ou agents (des éléments merina accusés de collaboration parce qu’ils sont chrétiens). Le fanjakana (administration) merina a été détruit car il avait perdu le soutien des ancêtres lors du baptême royal. Seul un retour aux sources religieuses peut lui rendre sa légitimité, lui permettre d’échapper aux charmes maléfiques des adversaires chrétiens, de redéfinir une patrie malgache dans l’opposition à l’Européen. C’est pourquoi les buts d’attaque des Menalamba sont surtout symboliques : bâtiments européens, livres religieux, temples et églises. Le 10 août 1896, on comptait 141 églises catholiques brûlés, 50 temples luthériens, 64 temples anglicans, 470 temples protestants de la LMS.

Les ambigüités sont donc nombreuses dans les sens que révèlent ces différentes revendications.

-Contre la centralisation merina et son réseau administratif ;

-pour la « libération » de la Reine ;

-pour un ordre politique à instaurer par des leaders locaux ;

-contre le christianisme apporté par les évangélistes ou catéchistes qui sont les agents des Européens ;

-contre la cupidité des classes dirigeantes qui, poussées par leur recherche inique de l’argent, ont vendu leur patrie.

La vie dans les camps nomades des Menalamba où la sagaie prime sur le fusil, formidables déplacements de partisans entraînant les paysans, leurs familles, ainsi que des troupeaux de quelques milliers de bêtes, est une résurrection extraordinaire de rites « païens », des systèmes d’alliance anciens (le fatidra ou le lien de sang), de la géopolitique de l’ancien roi Andrianampoinimerina, bref d’un héritage socio- culturel refoulé dans l’ombre sous la pression de l’école et des églises. Tout n’est pas refusé cependant du système merina : une hiérarchie militaire se reconstitue avec ses généraux, ses commandants. Il ne manque à ces mouvements qu’une tête (la Reine ou un prétendant légitime au pouvoir). Là réside, ainsi que dans la transhumance perpétuelle de ces camps où les non-combattants alourdissent les marches, la principale faiblesse de ces mouvements : la résurrection de la culture et de la société proclamée ne peut se faire qu’au bénéfice d’un souverain régénéré. Or, quoiqu’en disent les Français, la Reine et les milieux dirigeants ne répondront pas à cet appel de la base.

La bourgeoisie éclairée se réfugie dans les bras des Français, trouvant un bon prétexte dans le « paganisme » inadmissible et barbare des Menalamba. Or, ce paganisme n’avait nullement déserté les campagnes merina après la conversion royale au christianisme. Les ody (amulettes), les cultes des sampy (divinités traditionnelles) avaient survécu dans une clandestinité en fait admise par tous. On fermait les yeux. Dès lors, pourquoi ce « traumatisme » qu’invoqueront tant de citadins, sinon pour justifier la nécessité de la présence française, rempart de l’ordre social ! Mieux, les mêmes milieux suggéreront à Gallieni, une fois la Reine exilée, de transporter les corps des souverains morts depuis Ambohimanga jusqu’à Antananarivo, privant ainsi la ville sainte des Menalamba, de sa vertu sacrée. Acte habile et sacrilège qui, accompagné d’une répression très dure, atteignait les fondements de la revendication des Menalamba.

On peut s’interroger finalement sur l’ampleur limitée et les résonances vite éteintes d’un mouvement authentiquement populaire et dans lequel les innovations de la base témoignent sans cesse du courage, d’astuce, de vigueur. Son problème fut celui d’une absence de soutien par la tête : les élites nationales eurent peur et refusèrent tout sens positif au mouvement. Il fut aussi celui du mode d’insertion en milieu paysan. Les zones d’élevage semi nomade du Nord – Ouest et de l’Est soutinrent un mouvement où elles se reconnaissaient. Le Menalamba s’y fondit sans peine parmi les éleveurs de bœufs clairsemés, habitués à une justice expéditive, jamais christianisés. Passer en zone de riziculture signifiait non plus vivre avec, mais vivre sur la population. La nécessité d’un pouvoir politique fort sur la plaine et ses digues amenait chez les habitants la hantise des désordres et l’hostilité des fokonolona (communautés villageoises de base) s’était renforcée depuis 1884 à l’égard des étrangers au village. La participation des esclaves (non encore libérés) au mouvement semble avoir été faible dans une société où l’on souffrait moins, logé et nourri familialement, assimilé à un enfant, que libre mais astreint aux corvées incessantes de l’administration.

Plus généralement, l’échec du mouvement sur la plaine d’Antananarivo met en lumière le clivage socio- culturel entre la bourgeoisie christianisée ainsi qu’une bonne part des petits notables et le pourtour de l’Imerina (paysannat non christianisé et opprimé par la petite administration).

Le même clivage s’était déjà révélé dans le mêmes zones lors des soulèvements qui en 1863 accompagnèrent la mort de Radama II et entraînèrent la répression impitoyable de 1864 (Vakinankaratra, Imamo, Itasy).

Mais quelles sont les interprétations données par les contemporains au mouvement Menalamba ?

Le Président général Laroche refuse d’abord d’y voir autre chose que la présence traditionnelle des fahavalo (brigands). Puis voit un mouvement anti- chrétien, anti- européen partant de groupes paysans. Point de vue assez exact qu’il soutient sans succès.

Pour l’entourage du résident et les militaires, le gouvernement malgache est en accord secret avec l’insurrection. Les ordres partent d’en haut. Les Anglais et les grands pasteurs protestants soutiennent les Andriana (nobles) qui sont « l’âme même de la révolte ».

Prise de position très orientée que reprendra Gallieni avec la déposition de la Reine, le procès inique fait à Ratsimamanga et Rainandriamanpandry.

Ces arguments qui ne sont étayés par aucune preuve sérieuse permettent de mettre en place Rasanjy, comme instrument de la politique française. Les Menalamba sont ainsi utilisés une première fois au service d’un certain « ordre franco- malgache ». L’unité « nationale » se refait contre eux.

Ils symboliseront donc le désordre social. On les intégrera dans les représentations théâtrales scolaires avec le felana (coquillage) au front et le cheveu hirsute : ils sont le « non civilisé », le brigand dont on déjoue finalement les embuscades.

L’influence des églises et des témoignages donnés par les journaux religieux accentue les traits noirs, maléfiques, voire diaboliques : ils ont détruit les livres saints, brûlé les églises, rançonné et réduit à l’esclavage les paysans. La revue protestante Teny Soa ne manque pas de signaler la participation de tel évangéliste à la « pacification » voire la création de tel ou tel petit poste militaire anti-Menalamba où la défense est dirigée par un pasteur. Du côté catholique, même apologie de l’ordre, même accent sur le rôle diabolique des Menalamba (symbolisé par le martyr du Père Berthieu).

Il faut attendre les nationalistes des années 1950, Ranaivo, Ralaimongo, pour voir revendiquer une communauté d’idéal avec le mouvement Menalamba. Encore ceux-ci sont-ils présentés comme poussés par des provocateurs.

Enfin, avec l’Indépendance en 1960, on ose ouvertement et sans complexe attirer l’attention sur ce qui est devenu, avec le temps non plus une masse d’hommes en chair et en os, mais un vague arrière fond sentimental, une notion imprécise mais commode car elle permet d’établir une « tradition » de nationalisme de 1896 aux années soixante, donc de combattre indirectement les propos des mauvais esprits au sujet d’une indépendance octroyée plutôt qu’acquise au prix du sang.


Via Erika Cologon Hajaji
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