a seconde forme de musicalisme n’est plus définie comme la « correspondance des arts » mais comme l’« expérimentation des objets et des environnements sonores  ».À l’encontre de Guillaume Apollinaire qui voit dans la peinture une forme pure, Marcel Duchamp se moque un peu de cette idée et des méditations esthétiques du poète et écrivain. On connaît clairement la réponse dans l’œuvre intitulée Apolinère Enameled (1916-1917) qui se réfère à une affiche pour du vernis coloré. La même année, il fabrique son objet intitulé A Bruit secret (1916), une pelote de ficelle placée entre deux plats en fer, évoquant une bobine magnétique, à l’intérieur un petit objet dont on ne connaît la provenance et qui émet un léger bruit. Marcel Duchamp est assisté de Walter Arensberg :« (A bruit secret). Tel est le titre de ce ready-made aidé : une pelote de ficelle entre deux plaques de cuivre réunies par quatre longs boulons. À l’intérieur de la pelote de ficelle, Walter Arensberg ajouta secrètement un petit objet qui produit un bruit quand on le secoue. Et à ce jour, je ne sais ce dont il s’agit, pas plus que personne d’ailleurs. »30

A Bruit secret de Duchamp inaugure souvent aujourd’hui les expositions consacrées aux sculptures sonores et devient un objet d’études conséquent31. Ainsi, une autre notion du musicalisme voit le jour avec ce ready-made, en même temps que les premières peintures abstraites. Les bruiteurs du peintre Luigi Russolo témoignent par exemple du désir de créer un objet dont on entend le son dans l’espace, contrairement au premier musicalisme précédemment énoncé, qui, au lieu d’un véritable concret, néglige le matériau trop lié au temps et à l’espace et se confine dans une analogie, sans doute très expressive et très sensible, mais purement intellectualisée et spiritualisée... 


Via Desarts Sonnants