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premier vendredi du mois, jour des vases communicants.
Et résultat, à la va comme je te pousse, des perplexités, plaisirs grands, stress entre connexion à fading qui me bouffait temps, et du nombre et de la taille de ce qui me restait à lire et que je ne faisais que ronger.
Ce qui a donné une énorme tartine qui risque fort, prévenus vous êtes, d'être légèrement indigeste, et plus ou moins juste, telle que l'a autorisée ma tension/fatigue/impuissance/désir (devrait être masculin, mais non)
Seulement je m'étais trop précipitée et il y eut ensuite goûter le soir, en relire certains, lire autre pour plaisir et politique, écouter, dénouer nuque (mais pas commenter ou fort peu, me sentais pas capable)
mais bien sûr il y a le regroupement fait par Pierre Ménard http://www.scoop.it/t/les-vases-communicants
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Les vases communicants
Ce qui ici a chu. … articulations autour des vases communicants de mai… (Lecture en guise d’hommage)Ce qui ici a chu. Or mon père est un ouvrier. « Et alors tous les accents circonflexes, vous les supprimez ? ». Il y a un courant d’air humide et, bêtement, j’ai peur d’un court-circuit. L’air ralentit imperceptiblement l’agitation de chacun de ses atomes, le temps lui-même semble se figer. Tu abandonnes ton corps à ces corps cartographes. Toutes les philosophies sont dans les mains du jardinier. J’épouse l’insaisissable. Ce qui ici a chu. De son corps-paysage. Je ne connais aucun paysage qui ne s’articule à l’expérience intime. Vous n’êtes pas seulement là, vous êtes aussi dans le vers, dans la marche, dans la trace. Ivre de fatigue encore d’avoir à trop résister sur le chemin. Combien de particules d’elle les cumulus portent-ils en eux, avant de les déverser sur nos yeux, nos joues ? Ce qui ici a chu. Il y a la preuve que nous existons.
Vous n’êtes pas seulement là, vous êtes aussi dans le vers, dans la marche, dans la trace.
Je fais une revue sommaire : 208 os, plus ou moins engrenés, en continuel remaniement ; 600 muscles, soustraits ou non à notre volonté, contractiles, excitables, élévateurs, fléchisseurs, horripilants ; 360 articulations ; des disques élastiques, des soudures sacrées, des loges, des cloisons, des trous de conjugaison, des organes mono ou multifonctionnels interagissant en niveaux emboîtés, le nerf de la guerre, des glandes, des bulbes, des conduits, des zones motrices et des aires de stationnement. Il y a aussi l’instinct, les désirs, les peurs, les constructions, l’esprit, le fameux gond, la roue de la fortune, les tensions dans les attaches, les degrés de liberté, le brouillard qui vient de soi, la faculté de conviction.
Je suis un outil.
Je ne brulerai rien.
Dans une forêt des Adirondacks,
sans l’arrêter
Quand un jour, un chant paruléen
gone for ever down the river of no return
Parula siffle un air d’été
Puis arrive l’automne,
Cher ami,
vous lire et vous relire. Chaque jour, jusqu'à ce jour. Rien ne m’empêchera de sombrer à nouveau dans ce désespoir qui m’a si souvent tourmentée auparavant. Auparavant, c’est avant de vous avoir lu. C’est avant de recevoir vos longues lettres et vos petits mots qui me faisaient sourire. Ces petits mots qui m’indiquaient que nous étions bien vivants, que nous partagions ces instants d’un quotidien éloigné mais cependant si proche. Nous pouvions nous pencher à la fenêtre, regarder au loin pour laisser poindre cet éclat lumineux qui faisait briller nos yeux.
Dans son lit, tout à la fois nid et maison, l’homme-poussin somnole, médite peut-être, la tête appuyée sur sa main dans un geste enfantin, rassurée par sa propre odeur, et calée sur un traversin. Un cocon. La nuit est trop froide pour dormir, la nuit est noire, la nuit est dangereuse. Le clapotis de l’eau verte berce ses rêves diurnes, rêves d’ailleurs, rêves d’enfance, de jeux de coquilles de noix voguant sur une cuvette d’eau, de bateaux miniature dans le bassin des Tuileries, de moulin de bois construit avec son père sur un ruisseau ?
Errance suspendue l’espace d’un moment, la feuille de platane jaunie annonce la fin de l’été, soir ou matin dit la lumière, dans le cycle renouvelé du jour et de la nuit. Blotti contre le paravent du panneau de signalisation fluviale, protégé par la barrière de métal encapuchonnée d’un chiffon rouge, nul ne sait si l’homme-enfant est en deçà ou en delà du passage défendu au promeneur.
étirer l’adjectif
ne pas trouver
cambrer ses souvenirs
une petite maison
des formes
Je ne sais pas d’où ca vient mon envie d’aller à San Francisco. Parce qu’après tout, même s’il paraît que le monde s’est raccourci, c’est tout de même très loin, que San Francisco. Je ne hais pas les voyages ni les explorateurs comme cet énigmatique Claude Lévi-Strauss, mais il est vrai que je partage tout de même avec lui, ces phrases : « Qu’il faille tant d’efforts, et de vaines dépenses pour atteindre l’objet de nos études… » me décourage. Toutefois, malgré tout, je ne sais pas d’où ca vient cette envie d’aller là-bas, tout comme cette autre envie d’aller à Tokyo, sans doute pour d’autres raisons. Il y en a un ou une qui a dit que ça venait de l’enfance, que tout venait de l’enfance. Suis un poil sceptique… Suis issu d’une famille de non-voyageurs, des casaniers routiniers. Vous avoue que pour que je bouge de mon arpent de terre, il me faut davantage que de l’exotisme ou du changement d’air ou un pont suspendu (encore que pour le pont…). Une maison bleue, j’en ai construite une pour ma fille et peinte en bleue. La maison, pas ma fille. J’ai pourtant souvent changé d’arpent de terre. Une fois décidé, je pourrai faire tous les voyages. En fait, ce qui m’embête, ce sont ces temps très compartimentés. Moi, j’aime les nuages qui circulent sur la terre entière et s’il était possible de s’assoir au bord d’un cumulus et de se laisser dériver pour une circumnavigation autour du globe, cela me rendrait le plus heureux des hommes.
Oh, pourquoi écrire encore sur ce quartier, moi qui voulais tant voyager, l’ai si peu fait – et dis-moi, les raisons ne sont pas qu’économiques. Pourquoi ne jamais réussir à s’organiser pour partir ? Dire : il y aura toujours un regard neuf, on peut y revenir, à Colonel Fabien, à Jaurès, à Stalingrad, aux Buttes Chaumont, à la rue Manin, à la rue de Meaux, au marché Secrétan, à Belleville, à Atlas, à Jourdain à Lille à Béthune stop.
mais y’ a rien sur le papier – tu comprends y ’a rien – eh fils de l’obscur regarde ouvre les yeux – ouvre les yeux – là le centre rien le centre vide – blanc tu comprends blanc – là un peu plus loin une maison – une tu comprends une – et là des carrés sombres – sombre tu comprends sombre - I like Bad Bird and Bad Bird like me- la nuit colle un ange à chaque maison - nulle part t’entends nulle part ça s’étend là - des éclaboussures de noir ça crache ça explose c’est noir d’aussi loin d’aussi près ta gueule dans le noir - et toi tu marches là t’écoutes la chute du linceuil tu sens l’odeur des noms brulés Crazy Body Blue Bird Big Bird Bad Bird Joseph B. l’homme à l’ombre penché tous les noms tombent - la ville sur le papier c’est ça t’entends – le soleil est dangereux ici – t’entends les fissures t’entends – fils de l’obscur réveille toi Blue Bird Blue Bird vole vole et claque tes ailes sur la ville flottante – fils de l’obscur réveille toi – tu vois les murs tu vois la peau grise des murs - marche - marche là là au milieu reste au milieu avance avance non tu ne trouveras pas d’autres rues et quoi des angles de rues et quoi une place eh filsde l’obscur lève les pieds sur les cailloux blancs ronds et lisses - tes mots sont vides de lumière – lève toi fils de l’obscur lève la tête regarde la neige – il neige Blue Bird sur tes ailes blessées il neige sur Bad Bird - marche allez marche
deux femmes siégeaient au jardin
c’est comme une impasse qui serait plus vaste que l’océan
vent léger dans feuilles branches et boucles
pour l’instant la lumière change lentement elles voient la pie dans le noyer
sois rassuré tu existes
les buis font farandole
je suis prête à ramper par terre seulement pour y puiser de la force herbe haute dans les fleurs
Je ne me présente pas. Allez voir mes précédentes aventures ici ou là… Si vous en avez envie, n’hésitez pas. Aujourd’hui, quartier libre ou presque pour moi. Un petit tour incognito au marché… il me faut trouver de nouvelles pensionnaires pour le poulailler, car je manque de compagnie. Mais ne lambinons pas, car la journée n’est pas finie.
Les étoiles en croix scintillent comme des larmes distendues.
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Passé le trou, passé l'angle, on tourne à gauche, on monte une raide volée d'escalier et là, dans un trou légèrement plus ample, était Brigetoun qui, en ce vendredi, tentait de lire, de comprendre, de citer les billets échangés dans le cadre des vases communicants de mai, tête noire de rhume oscillant sur le cou (quand elle ne rêvait ou ne dormait pas, puisque la moisson était spécialement belle mais moins abondante que d'autres)
ARTICULATION n°3
De son corps-paysage
Celui-là qui est moi, qui ouvre ses fenêtres, ses onglets et ses espèces d'espaces, s'arobase, se logue et se modpasse, n'est pas toujours interchangeable avec celui-ci qui répond aux courriels reçus dans la nuit, des messages écrits d'un pays où il faisait jour tandis qu'il rêvait encore de sa #lecturedusoir.
Celui-là qui est moi, qui compose le numéro des deux départements français qui permettront aux grandes portes vitrées et coulissantes de s'ouvrir, n'est pas toujours interchangeable avec celui-ci qui va fumer, va pisser, laisse pisser, laisse passer l'occasion de se taire.
Celui-là qui est moi, qui pose sa main sur la poignée et le badge devant le détecteur, qui court sans sucre de salut en ça va sans savoir pourquoi des fois, n'est pas toujours interchangeable avec celui-ci qui blague, blogue, débloque, écrit, crie, twitte, retwitte, effèfe, plussoie et like.
Qu’est-ce qui brille dans la nuit ? Les flaques d’eau, une paire d’yeux de
Elle s’approche de la fenêtre parce que c’est de cet endroit seulement qu’elle peut voir le monde. Il y a tant de monde, tout ce monde qui bouge et s’agite, qui va et qui vient. Elle se penche légèrement et pose ses deux mains sur l’appui intérieur de la fenêtre. Son regard ne voit plus le cadre qui faisait au monde son entour. Ainsi le monde est plus libre , il n’est plus réduit à la dimension d’un cadre; un monde sans encadrement. Et un monde sans limites, n’est il pas un monde fou? Bien sûr que le monde est fou! Tous les jours des événements attestent de sa folie. Mais cela est une autre histoire à laquelle elle ne veut pas penser. Dehors, ce matin là, beaucoup de monde, un monde fou justement ! Une foule se tient sous sa fenêtre, dans la rue. De petites grappes de gens déambulent, des solitaires aussi. Certains, soudain, s’immobilisent pour parler semble-t-il. Ils font de grands gestes pour renforcer leur propos comme si le corps apportait un argument supplémentaire ou rendait la chose en question moins discutable. Les gestes sont alors une sorte de musique d’accompagnement plus ou moins bien orchestrée. Monstration de ce qui se dit mais ne s’entend pas.
J’avais reçu cette photo par Internet, un peu comme une carte postale, et soudain j’étais embarqué dans une sorte de rêverie, les couleurs et le son se mêlaient au travers d’une farandole endiablée, les petits personnages ou animaux me prenaient par la main, nous tapions des pieds en cadence dans la poussière chaude, et j’étais transporté là-bas, plus rapidement qu’en avion, j’avais atterri sans m’en apercevoir, je n’avais pas eu le temps de boucler ma ceinture ni de relever ma tablette ni de déguster les barquettes sur le plateau-repas rectangulaire, je mangerais sur place, sans doute du manioc pilé par une jolie femme en boubou (le cliché fait souvent plaisir), je me sentais comme « marabouté » mais ce n’était pas du tout désagréable, j’aurais même voulu que cela dure indéfiniment.
C’était ton sang. Trop facile l’allégorie, trop facile d’être en comparaison, pour nous chrétiens qui bénissons chaque dimanche le liquide divin. Mais je l’ai senti si fort couler dans tes veines, saillir tes pensées à chaque fois que tu prenais dans ta bouche le fruit de tes tranchées. Tu l’as mérité ton vin divin, ta gorgée de rouge multipliée à souhait chaque demi-heure de chaque journée. Tu t ‘es usé perché aux quatre vents sur des coteaux arides, tu as frappé ta terre comme si tu voulais la crever de ton désespoir d’être. Que d’outils usés, morts au combat après avoir été maintes fois rafistolés comme tes pioches et leur bout de vieux chiffon dépenaillé qui fixait le sarcloir démis ! Que d’outils, véritables armes de résistant, tu auras laissés là haut dans ta cabane de vigneron se décomposer et mourir comme tu es mort !
Tout en toi épousait la terre, tout en toi avalait le ventre de ces rangées que tu voulais si belles et rectilignes, débarrassées de tout chiendent nuisible. Tu la voulais tienne, ta terre, fierté d’un peuple de paysans, productrice de ton sang, génératrice de vie, de ta vie. Et tu as grandi et tu as vécu, et tu as péri dans et par ces terres. Le vin, ton sang. La vigne, ta religion.
Je ne les ai pas remarqués tout de suite, mon regard distrait par tant de beautés dans cette ville que je parcourais pour la première fois, dans l’excitation de la découverte, l’inédit de l’approche, la lenteur et la chaleur des premiers jours, je me laissais surprendre par ce que je voyais (nature luxuriante dans les rues, des plantes grasses devant chaque maison, les arbres en fleurs, au bout de la ligne de bus l’Océan Pacifique avec la mer à perte de vue, les rues en pente, et tous ces chiens qu’on y promène sourire aux lèvres, la joie de vivre et cette douceur du climat, le ciel bleu au-dessus des maisons victoriennes aux couleurs variées, leurs marches hautes et ces portes d’entrée en deux ou trois exemplaires pour chaque maison), sans remarquer ces hommes et ces femmes que nous croisions, assis par terre, dos au mur, visage au soleil, leurs yeux parfois dissimulés par le verre fumé de leurs lunettes de soleil, lisant un livre, un journal, consultant la messagerie, sur leur téléphone portable ou leur tablette. J’avoue je ne les ai pas vus immédiatement, et surtout je n’ai pas compris ce qu’il y avait d’intrigant et d’étrange dans leur position, leur arrêt qui aurait dû m’alerter. Je les appelais secrètement Les assis. Le poème d’Arthur Rimbaud en mémoire. “Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues / Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs, Le sinciput plaqué de hargnosités vagues / Comme les floraisons lépreuses des vieux murs.”
On y croise les trains qui filent à l’est.
Atacama, métropolis
Tu ne dis que pour faire silence, rendre gorge à celui du monde. Tu n'investis que le seuil qui t'arrache à l'inconfort des apparences, pauvres utopies escamotant ce que l'on nomme. Tu ne t'en remets qu'aux présences calleuses, sans invocation ni ornement, à l'humeur des aubes, à la musique qui tourne, saccage et passe. Tu n'en appelles qu'aux pouvoirs pressentis, dégrisés, à la distance garante - dès avant ton passage - du bon vouloir de leurs contours. Tu n'avoues que la dette investie par qui la comble, à l'heure du déguisement, des évidences maudites. Tu ne t'arraches qu'à ce temps sans fracture, toujours désignant, toujours pétrifiant – là même où plus rien n'est à surmonter, absorber ni redoubler... Que les tréfonds dont tu n'entrevis que les poissons sombres, le remords qui accrédite, les croisées requalifiant « le lieu et la formule »... Loin, très loin, le bord qui contamine, garant de l'infidélité à soi, comme si les mots pressentaient sans enchâsser, comme s'ils étaient hantés à la fois par le fouet et l'apprêt, gage du regard jamais assoupli, de l'échappée amoindrie par le terme néfaste, mais non encore gravé dans la hardiesse de tes lances. En marge Des verges engourdis Des entrailles des clôtures Des longues hibernations Sans images.
dans le bleu si dur, qu'on le dit azur, le bois lancé en plainte, juste le jeu de la lumière, trop discret, pour apaisement
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