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Non ce ne sont pas des vases, et non ils ne communiquent pas, et oui, en sommeil, en frissons, en micro hébétudes, en un peu de narcissisme navré, j'ai failli ne pas avoir temps et intelligence (?) sereine assez pour pénétrer ce qui nous était offert, mais les vases ont remporté la victoire, comme toujours... et à ce moment là, en plaisir, me suis éparpillée avant de siester – on n'est pas sérieux en vieillissant.
Gare de Lyon où on s'embarquait pour Loin, le sandwich mou dans du papier cristal, un prix stupéfiant (et rien à boire)
visages des gens sont paisibles, en attente d'on ne sait quoi, impression de transcendance cernée bleue; il est facile de les regarder. Ils attendent, ils ne sont pas inactifs: il y en a qui lisent sur leur TrucPhone
Merci à Marc Pautrel d'avoir initié cet échange pour les vases communicants entre son texte (ci-dessous) et le mien. J’ouvre la grande boîte à chaussures et je vais directement voir les photos d’enfance.
1601 jours qu’ils sont partis. 1601. J’ai compté chacun de ces jours, chacune de ces minutes, chacune de ces secondes pour en arriver à ce décompte imparfait. Et le 16/01 à 16h01, je me surpris à trouver juste cette numération : 1601. Ce chiffre si mal mené, si mal rond, si grand et si vide de sens se justifie par la coïncidence du temps. La date et l’heure comme un témoin de plus à l’impensable, l’impossible, l’irréelle réalité. 1601. L’incongruité du mal. Parce que c’est bien de cela dont il s’agit, quand je repense à cette suite humaine mise à plat sans aucune dimension, lorsque je me retrouve démuni et lâche pour mes aïeux devant cette fresque immortelle peuplée de vies éteintes.
Dans les toilettes hommes, au-dessus du lavabo, il n’y avait pas de miroir. Un jour je m’en suis aperçu. Pas le premier jour, pourquoi ? Non, un jour quelconque, un autre jour, un jour comme les autres jours. Pas le dernier jour non plus, un jour entre le premier et le dernier, un de ces nombreux jours là. Je me lavais les mains en regardant mousser le savon bleu liquide, je me perdais dans ce spectacle de rivière de montagne sur mes mains, l’eau disparaissant ensuite dans un bouillonnement noir que masquaient mes mains que je glissais l’une sur l’autre plutôt que je ne les frottais. Le bruit de l’écoulement de l’eau. L’eau qui venait toujours, sans jamais vouloir s’arrêter (sauf un jour peut-être très lointain, dans des ruines de ville qu’on n’ose pas imaginer, avec nous errant dans des rues sans lumière et sans eau, mangées des lichens). Je rinçai mes mains, puis baissai encore plus la tête pour la rapprocher de l’eau, je projetai l’eau, de mes mains, sur mon visage, c’était simplement rafraîchissant quand je m’attendais à la sensation de plonger en quelque lagon tropical.
Bleu.
Dans le cadre des Vases Communicants de février, découvrez :
Elle arrive, je l’aperçois de loin, je l’ai reconnue à ses cheveux qui forment comme de jolis volets qui laissent apparaître ses yeux si elle l’estime utile ou aimable. Les adorateurs du cocktail (plus sans doute que de la peinture) se font maintenant assez nombreux mais je la distingue qui vient vers moi, comme dans un travelling au ralenti où je serais moi-même la steadycam tandis que les murs bougeraient en même temps qu’elle, l’escortant avec respect.
Elle se dirige à travers les petits groupes de bavards qui se retournent sur son passage (ils jettent un œil sur ses longues jambes gainées de soie avec nids d’abeilles), mais elle semble les ignorer : elle est superbe, elle fend les flots de la foule comme une caravelle qui porterait un découvreur à son bord.
Je rougis sous ma fourrure du plaisir d’accueillir pour mon premier #vaseco l’indispensable (essentielle ?) Christine Jeanney. Merci infiniment à elle pour m’avoir offert le bonheur de cette expérience (c’est son idée) et pour le cadeau merveilleux que sont ses post-it. Pour, à nouveau, l’envie d’écrire aussi. Merci trois fois Christine, du bout de ma truffe au creux de votre main.
Six heures du même crépuscule. La cylindrée démarre, et son bruit de canettes qui s’entrechoquent. Je lâche le train pour la voiture, mais c’est la même machine, et elle s’appelle bouger. Elle s’appelle mouvement. Et la machine démarre, et avec elle celle d’écrire en route. Plus mauvaise position : parce que tu n’avais pas prévu exactement cela, et donc ni stylo, ni papier. Un critérium peut-être et peut-être une note un ticket de caisse. Pas vraiment commode. Tu avais un livre, un autre s’écrit en sous-main, en arrière-fond, déjà tu ne lis plus, tu écris le tien. Des textes entiers, des textes immenses et verticaux, perpendiculaires, sur les paysages parcourus, dans les paysages, dans la traversée. Se déplacer met en branle la voix. Jamais pu vraiment écrire au bureau, ou alors copier, recopier, coller. Alors à voix haute, dans la bagnole, écrire. Écrire en soi, écrire en corps. Recopier, répéter aussi, la mémoire, parce que sans trace, il a fallu fixer balises, répéter le texte de la voix, lui donner une forme, c’est-à-dire le malmener pour l’absoudre, le travailler pour que le rythme seul se tienne, le tienne.
— J’appelle cela Italie, dit-il, c’est une ville.
Savoir… plutôt que le vide, le plein… suis-je le ciel ou un oiseau ? Une totalité ou une petite brindille ? I want to know am I the sky or a bird. Et vole au vent. La bande son du concert tourne en boucle, et pieds sur le sol, bien accrochés, sur sol pourtant, qui mélange… agglutine la poussière, gluante. Mes ailes sur les trottoirs de ces villes qui nous accueillent, bercés sommes, par la rengaine, entêtante, et la voix grave, rocailleuse ou brisée, ou hésitante du chanteur qui attend. Puis, regagne navire. Sédentaire, suis, sur ma péniche, mais, nomade, sur tes canaux vers cet ailleurs rêvé. Voudrai savoir gai, voudrai plein d’entrain, voudrai gai savoir, sur un fil, courir… S’envoler, et devenir oiseau migrateur… Nous allons tous au même endroit, il est écrit… We're all gonna be in the same place… …quand nous mourrons…
Maumau se met en boîte
Maumau posée sur terre Le poème est une bonne
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Ce matin, le ciel est bas et lourd et pèse comme un couvercle… Oh oui, je sais, cette phrase, je ne peux la revendiquer. Il y a presque trente ans qu’elle fleurit dans l’esprit de mes contemporains. Moi, j’ai un roman à écrire. De la documentation à consulter, en veux-tu en voilà ! Je n’ignore plus rien de la ligne Le Havre - Rouen. Hier, j’ai visité quelques petites gares et fait un bout de chemin avec des roulants: Sotteville, puis Oissel et Pont de l’Arche. Me voici maintenant, à l’aube de ce petit matin frisquet, à l’embranchement de Dieppe. Cette bifurcation me semble un lieu idéal. Pas loin de la gare de Barentin. Que je décrirais peut-être. A moins que je n’y fasse descendre quelques passagers. Le calme avant la tempête.
Dans ce pays désert, parmi les continuels coteaux, coupés de vallons étroits, je commence à voir la scène. Ce ne sera pas en novembre comme aujourd’hui, avec ces brumes qui inondent jusqu’à les noyer ces vergers que je devine devant moi, sans les discerner vraiment. Ce sera avril. Le soleil montait à l'horizon, une tiède averse d'or tombait dans l'air pur ; et elle ne remuait pas, baignée de cette douceur, au milieu de la vaste campagne, toute frissonnante de la sève d'avril. La gamine qui devra renverser ce paysage et lui donner ce gris d’aujourd’hui, je dois lui trouver un prénom : c’est une fille sauvage, pure, entière . Vigoureuse. Chtonienne. Flore, peut-être ? E tout cas, si jamais elle a existé, c’est là, là précisément où je suis, qu’elle sera toute à l'attente, absorbée, la face muette et rigide, les yeux fixés au bout de la voie, du côté de Barentin. Et, là-bas, dans la gaieté du soleil devra se lever pour elle une vision, où s'acharnera la sauvagerie têtue de son regard.
Le métier d'habiller des hommes, je l'aurai fait quelques jours, une expérience comme une autre. Et bien que toute série d'expériences ait pour fonction d'invalider ou de confirmer des hypothèses préalablement définies, j’épouse encore le mouvement inverse, remontant les expériences pour découvrir, je trouve rarement, ce qui a motivé mes actes. Mais le métier d'habiller des hommes, c’était aussi, après plusieurs semaines de rumination, un besoin d’agir sans réfléchir (comme castrer les maïs, l’été, ado). Et quelques centaines d’euros dont j’espérais qu’elles ne seraient pas entièrement déduites, les mois qui suivraient, du RSA. Dans l'espace de moins de 10 m2 où nous cohabitons, les mannequins hommes évoquent leur situation hors fashion week : ils sont architecte indépendant, photographe, comédien ou instituteur pour enfants handicapés. LES CLIENTS SONT LÀ. La chef de cabine est en train de rédiger un mémoire d'esthétique sur la littéralité dans la peinture de Barnett Newman. LE SHOW-ROOM EST VIDE. Nos conversations sont interrompues par l'intrusion des commerciaux qui, plusieurs cintres à la main, veulent voir défiler des looks devant leurs clients. DÉPÊCHEZ-VOUS DE LES HABILLER ! DES SILHOUETTES ! Les Russes sont les plus gros acheteurs. Les femmes russes portent souvent le même masque botoxé (pommettes saillantes, lèvres en boudins, sourcils en v). Au rez-de-chaussée, la plupart des jeunes gens qui servent les repas étudient aux Beaux-Arts.
D’abord les chiffres. Mille six cent un (jamais su s’il fallait jouer l’union par le trait ou pas) (enfin, jamais su, c’est pas sûr parce que je ne sais plus ce qui est de l’ordre du définitif) bref, je reprends. Le professeur Minne m’a demandé d’arrêter de noyer les poissons. Ça m’a fait sourire, cette expression, mon premier sourire qu’il a dit, et que significatif c’était mais dans quel sens ? Peut-être que ça évoque quelqu’un ou quelque chose de particulier pour moi ? Ou à l’inverse c’est une expression que je n’ai jamais entendue de ma vie ? Il m’a demandé d’y réfléchir et sur la photo aussi bien sûr. D’écrire tout ce qui me venait, comme ça. Essayons.
lichen / attendre / laisser déposer / quelque chose d’autre à l’approche / images miennes des lichens sur pierre : vallée de chevreuse / bord de mer / bord de routes / lichen de bord / quelque chose vient sans dire son nom / attendre lichen e-sketches en tentatives, rien todo, presque rien, laisser faire, presque muser / lichen je m’accroche / lichen je m’efface / lichen séné mot lichen bouge aussi dans mot champignon / quelque part ça dit lichen : rencontre entre une algue et un champignon / je prends l’algue il serait le champignon / il y a toujours une musique lichen mais pas encore d’identification / attendre
Nos deux visages,
"Pour Cesare VANNINI" Une vidéo de Giney Ayme à découvrir ci-dessous dans le cadre mensuel des Vases communicants ; tandis que vous pourrez découvrir chez Giney Ayme à l'adresse suivante "An orange in an apple tree" mon Expérimental vidéo (mon texte est composé de qq uns de mes statuts FB 2008)
Je sonne et dès que j’entre je le vois. Devant moi. Adossé à ce mur blanc. Qui donc pourrait l’ignorer en arrivant dans ce lieu où sa force irradie ? Un imperceptible “clic” derrière mon dos. Nous sommes face à face. J’en avais oublié mon hôte, mon ami R.B. qui traverse la pièce, en diagonale, les deux mains tendues vers moi en un geste d’accueil qui détourne mon attention. Pour un instant. Comme toujours il chuchote des mots de bienvenue, coulant un regard vers deux personnes debout, un peu plus loin, chacune d’un côté et d’autre d’une table noire où seule une lampe d’architecte en métal étincelant apporte une lumière douce de ce côté-là. Il me parle d’eux mais je n’écoute pas bien, il ajoute quelques phrases anodines, peut-être un potin, des questions sur un voyage dont je reviens tout juste. Je lui réponds bien sûr, les yeux dans les yeux, mais mon esprit distrait ne le fait que par automatismes.
Les phares miniatures de 20.. à 2008
Il avait suivi la piste. D'abord intrigué, curieux. Puis tour à tour inquiet, amusé et ému. Il suivait les cailloux verts et jaunes qu'elle avait semés derrière elle (devant ?). La suivre ou la précéder ? Etrange tout de même ces quelques mots éparpillés, qui relancent la machine à écrire, à dire, à sentir. Fascinant le contraste, entre la rectitude implacable de ces petits carrés et leur alignement erratique. Entre leur uniformité et la variété des pensées, des sentiments, couchés dessus. Cela avait commencé comme un jeu, remarques légères et intimes à la fois, et puis... Et puis les petits cailloux verts étaient devenus moins rieurs, jusqu'à finir par le toucher, tout au fond. Là où il se croyait caché. Qui était-elle (il savait que c'était une "elle", l'écriture ne trompait pas) ? Et comment pouvait-elle le connaitre aussi bien ? Et, surtout, comment avait-elle pu venir déposer ces petits bouts de papier chez lui sans qu'il s'en aperçoive ?
Trois mots pour dix-sept jours de mijotage. Entrons en cuisine. Prendre une grande casserole… non… une petite casserole… car les trois mots seraient perdus. Donc prendre une casserole transparente, vous savez, en une sorte de verre, pour les voir s’agiter, nager, reprendre leur souffle, monter à la surface, se bousculer, frémir, bouillir, suffoquer… enfin vivre. Donc, vous avez en main une jolie casserole, dont le calcaire n’aura pas obscurci les parois… pas comme celle qui voit depuis maintenant 532 jours un œuf nouveau se trémousser tous les matins pour être dégusté à la coque. Donc, dans la casserole susdite, verser de l’eau et mettez-la à frémir puis déposer délicatement le mot couvrir… pardon se couvrir…. Certainement, un appel pour coiffer, d’un couvercle, la casserole afin d’éviter toute évaporation ou débordement du mot. La casserole craint aussi de s’enrhumer. Par les temps qui courent, normal. Un chaud et froid est vite arrivé. Mais il se trouve bien seul le mot. Tout d’un coup, que voit-il passer, le mot s’exposer…
Salle noire dense l’aigle en toi détend ses ailes, la vie doucement s’insinue, se développe et te réveille. Le phœnix prend feu flamme – lumière pleine – danse, sens le sang couler en toi. Il est 2h48 écriture automatique de la nuit, les premières notes à peine éclosent, s’insèrent, se tissent, se superposent : battements rouges dans les tempes. Recroquevillé sur toi-même, tu te lèves difficilement, genoux à terre, tes pieds se plient, touchent le sol, appui, tu grandis, dos rond tête rentrée tu allonges tes membres, déroules tes bras jusqu’au bout des doigts, t’étires, amplitude, encore, ressors ta tête face, droite, tu es debout, craquement d’os, tu ouvres les yeux.
Tu as cinq ans peut-être quatre et demi, tu regardes tout autour de toi cette agitation dans la maison, personne ne fait attention à toi. Tu te diriges vers la commode interdite, te hisses sur tes pieds, petites mains sur la poignée, tu ouvres le tiroir et vlam badaboum l’emporte avec toi. Tout se rétame par terre, tu te mets à genoux et tentes de ramasser un à un les objets, trop tard ta maladresse ton vacarme ont averti les grands – cris – ton nom – tes pleurs – la peur – je voulais juste savoir ce qu’il y avait dedans.
Ce premier vendredi de février, je suis heureux d'accueillir le travail de Jean-Christophe Cros, entre image et mot (voir par exemple ses "Phalanges terreuses").
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