Kerouac et la Beat Generation. Une enquête, par Jean-François Duval | À toute berzingue… | Scoop.it
L'auteur part sur les traces des compagnons de route de Jack Kerouac dont la rencontre a contribué à son succès. Ici un extrait d'une interview de l'un d'entre eux: Allen Ginsberg.

 

Le rendez-vous a lieu chez lui, dans le Lower East Side new-yorkais qui a depuis longtemps remplacé Greenwich Village comme quartier marginal et underground. Petit, courbé par l'âge, le crâne dégarni, la barbe toujours aussi fournie, il a de grosses lunettes et de grands yeux qui impressionnent derrière les verres épais. Et la voix basse, profonde, naturellement sonore, qui contraste toujours autant (Kerouac déjà l'avait remarqué) avec l'apparence fragile de la constitution. La voix qui seule reflète peut-être encore cet adolescent prenant la pose, mains dans les poches de son pardessus, légèrement rejeté en arrière, sur cette photo prise au milieu du campus de Columbia University, il y a si longtemps: quatre jeunes types à l'aube de la vie, par une journée de 1945. William Burroughs avec un chapeau de feutre noir, Hal Chase qui leur fera bientôt connaître Neal Cassady, Jack Kerouac entourant de ses bras Hal Chase, et Allen Ginsberg justement -une sorte de félicité, de béatitude, de bonheur accompli dans l'expression du visage, les yeux fermés, les paupières rabattues sur un spectacle tout intérieur. Entretien..


Via Vincent DUBOIS