Déficits : "la situation n'est plus tenable" (B. Bernstein) | "Les Centristes humanistes" | Scoop.it

(Boursier.com) -- Interrogé sur la situation financière actuelle, Bruno Bernstein, Gérant chez Keren Finance, estime que la situation n'est plus tenable en l'état : "La France affiche un déficit budgétaire depuis 33 années consécutives, ce n'est plus tenable !" commente le spécialiste. "On observe une rechute de la crise européenne avec des tensions accrues sur les taux longs de la dette espagnole et italienne... L'exécution budgétaire en Espagne s'avère plus compliquée que prévu. Les dernières adjudications espagnoles se sont d'ailleurs très moyennement déroulées... Si la crédibilité du discours de la BCE s'est nettement accrue depuis l'arrivée de Mario Draghi aux commandes, ceci étant, les mesures dites de LTRO ne vont toutefois pas sauver l'Europe à elles seules. Le processus de rétablissement va être long et douloureux... Le marché va évoluer au gré des succès et des insuccès des mesures d'austérité. La trajectoire ne va pas être linéaire".

Le gérant poursuit : "Sous la pression de l'Allemagne, les mesures d'austérité prennent le pas sur la croissance... L'heure du réveil a sonné ! Les investisseurs ont désormais des alternatives aux obligations européennes ou américaines : Les marchés de la dette brésilienne ou chinoise gagnent en profondeur. Il convient de remettre de l'ordre dans la maison afin que les investisseurs ne se détournent pas de la dette européenne. Dans un premier temps, une cure d'austérité est nécessaire, les initiatives de croissance viendront ensuite..."

A la question de savoir si la dette française va être attaquée après l'élection présidentielle, Bruno Bernstein répond : "Eurex lance le 16 avril, juste avant le premier tour des élections présidentielles, un contrat qui permet de spéculer avec un fort effet de levier sur la dette française... Le lancement d'un nouvel outil spéculatif ne règle en rien les problèmes français ! La France doit rendre crédible son budget et rétablir ses équilibres financiers. Il convient de résoudre le fond du problème... Dès lors, les spéculateurs n'auront plus de raison d'agir".