Inquiètudes autour du dernier rapport de la FAO et de l'OCDE sur les perspectives agricoles | Le Monolecte | Scoop.it

Malgré ces perspectives préoccupantes, le rapport cherche à donner une image rassurante de l’avenir. Ainsi, bien qu’il annonce une augmentation de la demande et un ralentissement de la croissance de la production, et qu’il reconnait que la faiblesse des stocks pourra entrainer une instabilité dans les marchés agricoles, le rapport estime qu’on peut s’attendre à un «maintien probable à un niveau élevé des prix» qui pourtant ne parait guère compatible avec les hypothèses faites.

 

Il parait en effet plus probable que si les tendances observées s’avèrent dans les dix ans à venir, cela entrainera nécessairement d’autres crises alimentaires d’un niveau au moins aussi dramatique que celle de 2008. S’il reconnaissait cette éventualité fort probable, le rapport devrait alors s’engager dans le domaine des politiques agricoles, qu’il effleure à peine en faisant l’hypothèses qu’elles resteront globalement inchangées. 

 

Tirer les conséquences du scénario développé par les experts des deux organisations reviendrait à remettre en cause:

 

•Le modèle de consommation alimentaire dominant, caractérisé par une forte augmentation, avec l’amélioration des revenus, de la consommation de produits animaux qui contribuent fortement à la dégradation des ressources naturelles et représentent déjà aujourd’hui l’essentiel des gaz à effets de serre émis par l’agriculture

•La technologie agricole «conventionnelle» fondée sur l’utilisation d’engrais, de pesticides, de semences améliorées et d’énergie, dont la productivité a atteint un pallier, dont les effets sur l’environnement et la santé humaine sont désastreux et qui est inadaptée aux conditions de la grande majorité des petits producteurs vivant dans les pays non industrialisés et dont beaucoup se trouvent en situation d’exclusion et de sous alimentation chronique

•Les politiques agricoles en place qui favorisent la production «conventionnelle» par les soutiens qui sont apportés en termes de subventions, notamment dans les pays industrialisés, et qui subventionnent fortement la production d’agrocarburants qui dans sa grande majorité serait autrement non rentable.