Le Monolecte
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Leviathan ou la nouvelle vague GoPro

Leviathan ou la nouvelle vague GoPro | Le Monolecte | Scoop.it
Et soudain, brutalement, un monde inconnu jusqu’alors se révèle devant nos yeux. Comme une claque violente, à la volée, qui pique de surdité quelqu...
Agnès Maillard's insight:

La volonté des deux anthropologues, directeurs d’études et réalisateurs au Sensory Ethnography Lab à Harvard a été, dans la droite ligne de Jean Rouch, de « faire un film non pas sur les pêcheurs, mais avec les pêcheurs ». Ainsi, ils ont fixé, par exemple, des caméras GoPro sur les pêcheurs, permettant ainsi d’ouvrir un nouveau rapport physique au cinéma. Véréna Pavel le dit clairement lorsqu’elle précise qu’ils voulaient « faire intervenir leurs corps, leur vécu, leur manière plus ou moins consciente pour obtenir un film qui nous plonge avec les hommes au cœur des éléments, comme si la mer, les oiseaux, les pêcheurs, écrivaient le film avec nous ». Il me semble qu’une grande part novatrice se joue dans cette remarque. Mais cette dernière ne trouverait aucune efficience sans les potentialités techniques de ces petites caméras. À l’aide de perches, de harnais et d’autres outils archaïques, les réalisateurs ont pu plonger les caméras et les diriger à distance – produisant ainsi des plans d’une extrême intensité et fluidité. Mais Véréna Pavel et Lucien Castaing-Taylor ont également décidé de faire intervenir, pleinement, la contingence des caméras. Ils ont fixé les caméras sur les filets qui s’engouffrent plusieurs heures en mer, sur la proue du bateau, sur des cordages, sur une bouée en mer etc. Ils avouent eux-mêmes avoir été surpris, le pied à terre, en regardant ce que ces caméras avaient filmé.

 

 

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Vincent Maraval : “l'économie du cinéma est déjà en récession”

Vincent Maraval : “l'économie du cinéma est déjà en récession” | Le Monolecte | Scoop.it

Cannes est un endroit spécial pour nous, qui nous fait rêver. Pendant quinze jours, on peut croire qu'on est important, et pendant les trois cent cinquante jours restants,Iron Man 3 et ses amis viendront bouffer nos films ! Alors, oui, il y a beaucoup de titres Wild Bunch en sélection : il faut bien comprendre qu'être à Cannes fait partie de notre « business plan » et que, sur la cinquantaine de films auxquels nous participons, une grande majorité vise Cannes et la grande majorité de cette majorité n'y va pas ! Les titres ambitieux et chers qui souvent font le bonheur de Cannes n'existent quasiment plus. Les pourvoyeurs habituels de ces films étaient des groupes français, les divisions « arty » des studios américains, de grosses sociétés de ventes internationales. Ils ont tous réduit la voilure, ou même fermé. On est donc un peu tout seul. Il n'y a plus grand monde pour mettre deux millions d'euros sur un film de Desplechin qui raconte la psychothérapie d'un Indien, six sur un hommage aux grands films hollywoodiens des années 1970 par Guillaume Canet, ou dix sur un drame intimiste à grand spectacle de James Gray.

Agnès Maillard's insight:

Le cinéma français se meurt et ne se rend pas...

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