Vincent Maraval : “l'économie du cinéma est déjà en récession” | Le Monolecte | Scoop.it

Cannes est un endroit spécial pour nous, qui nous fait rêver. Pendant quinze jours, on peut croire qu'on est important, et pendant les trois cent cinquante jours restants,Iron Man 3 et ses amis viendront bouffer nos films ! Alors, oui, il y a beaucoup de titres Wild Bunch en sélection : il faut bien comprendre qu'être à Cannes fait partie de notre « business plan » et que, sur la cinquantaine de films auxquels nous participons, une grande majorité vise Cannes et la grande majorité de cette majorité n'y va pas ! Les titres ambitieux et chers qui souvent font le bonheur de Cannes n'existent quasiment plus. Les pourvoyeurs habituels de ces films étaient des groupes français, les divisions « arty » des studios américains, de grosses sociétés de ventes internationales. Ils ont tous réduit la voilure, ou même fermé. On est donc un peu tout seul. Il n'y a plus grand monde pour mettre deux millions d'euros sur un film de Desplechin qui raconte la psychothérapie d'un Indien, six sur un hommage aux grands films hollywoodiens des années 1970 par Guillaume Canet, ou dix sur un drame intimiste à grand spectacle de James Gray.