Le Monde en Chantier
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Economie, politique, énergies, la lutte pour la vérité commence. Dans cet espace, je partage ce que je considère être un petit pas pour l'homme, mais un grand pas pour l'humanité. L'émergence de la robotique, la lutte contre la finance de l'ombre, les balbutiements de la cognition synthétique, l'émergence de l'impression 3D...
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ARTE : Semences, les gardiens de la biodiversité

ARTE : Semences, les gardiens de la biodiversité | Le Monde en Chantier | Scoop.it
L’agriculture mondiale dépend essentiellement aujourd’hui de cinq multinationales de l’agrochimie, qui s'enrichissent en obligeant les paysans à utiliser les semences qu'elles ont sélectionnées. Ce documentaire raconte le combat de petits exploitants, chercheurs et citoyens européens qui se mobilisent contre ce monopole et luttent pour préserver la biodiversité.
Thierry Curty's insight:

C'est un sujet vachement sensible et quand on lit les commentaires, on voit que les esprits sont obnubilés par les rumeurs et les croyances.

Pour mieux savoir de quoi on parle et avoir une fois pour toutes la réalité de la situation sous les yeux, ce genre de reportage est intéressant...mais ça ne suffit pas!

De plus, il est orienté. Parce que les grands groupes ne sont pas responsables, en tous cas pas seuls responsables, de la perte de la biodiversité, mais la nécessité d'une baisse des coûts des produits alimentaires. La biodiversité, ça coûte excessivement cher en logistique. Et si le reportage commence en disant que depuis 100 ans les grands groupes ont fait disparaître la biodiversité, la réalité est qu'il y a 100 ans, l'alimentation représentait près de 70% du budget des ménages, alors qu'aujourd'hui, c'est seulement moins de 10%. Ce n'est pas le revenu qui a augmenté, c'est les coûts qui ont diminué et la société qui subventionne l'alimentation par la production exponentielle de richesse produite par le productivisme consumériste grâce à la diminution progressive de la part alimentaire dans le budget des ménages.

Par ailleurs, avec la diminution de la biodiversité et la hausse de la qualité des semences, on a aussi stabilisé la récolte et les dernières grandes famines en Europe datent du tout début du XXème siècle.

Force est de constater "qu'avant", une année sur cinq était une année de famine et que la population humaine n'a jamais pu se développer. Elle s'est développée plus en un siècle, passant de 1 milliard d'individus à 7 milliards aujourd'hui. Les individus actuels sont également plus grands, plus forts et vivent plus longtemps que ceux du début du siècle. Relativiser et donc quand même bien possible.

Quand on entend dans le reportage que la législation devrait avoir pour rôle de contrôler la production de semences douteuses des grands groupes au lieu de faire le contraire, ça prête à rire. Parce qu'avant cette législation n'existait pas et, résultat, on mangeait mal ou peu. Alors, à moins d'avoir suffisamment de mauvaise foi pour accuser la technologie d'être à l'origine des famines que l'humanité connaissait avant la hausse de qualité de la production agricole grâce à cette législation, je ne vois pas.

D'avoir plus de biodiversité issue de nouvelles semences libres et de bonne qualité à même de garantir l'alimentation de la population implique fatalement une logistique beaucoup plus chère qui se répercutera sur le prix du produit. L'acheteur, lui, cherchant plus volontiers ce qui est moins cher.

Et plus l'alimentation représente une grande part du budget des ménages, moins le ménage consomme d'autres choses et donc contribue moins à la production de richesse et donc à notre niveau de vie (qui est très probablement trop élevé, mais le développement sociétal, lui, par contre, est loin d'être abouti et il a également un coût).

Donc, tout ceci est très bien et c'est un beau combat, mais il faut aussi ne pas se laisser envahir par des sentiments primaires populistes complètement irréfléchis et relativiser n'est pas interdit, surtout face à la vérité de la réalité.

http://www.scoop.it/t/le-monde-en-chantier/?tag=semence

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UNE NOUVELLE RUMEUR COURT : « cultiver son jardin pourrait devenir criminel » ....n'importe quoi!

Et voilà qu'une proposition de loi menacerait, soi-disant, la culture de son jardin privé. Qu'on aurait plus le droit de cultiver ses propres semences, que seuls les grands groupes pourraient alors fournir les semences...et patati et patata...

Je vous laisse juges : 

Page 5 de la proposition de loi : 

« le matériel de reproduction des végétaux échangé en nature
entre deux personnes autres que des opérateurs professionnels est exclu du champ
d’application du règlement. »

Paragraphe suivant : 

« la définition de l’opérateur n’inclut pas
les personnes privées »

Page 7 : 

« il convient d’établir des règles proportionnées et durables pour les activités à petite échelle portant sur du matériel de reproduction des végétaux adapté aux conditions locales et mis à disposition sur le marché en petites quantités. Les exigences relatives à l’enregistrement et à la mise à disposition sur le marché ne devraient pas s’appliquer à ces variétés. Ce matériel est défini comme matériel de reproduction des végétaux de niche. Cette dérogation devrait concerner par exemple les exploitants-obtenteurs ou les jardiniers-obtenteurs, qu’ils soient ou non des opérateurs professionnels. »

Pages 9 et 10 

« Pour ce qui est des VARIETES ANCIENNES, telles que les variétés de conservation (y compris les RACES PRIMITIVES) ou les VARIETES AMATEUR, des EXIGENCES MOINS SEVERES devraient perdurer afin de favoriser leur conservation et leur utilisation dans l’exploitation, telles que régies actuellement par les directives 2008/62/CE et 2009/145/CE. Les variétés continueront à être enregistrées, néanmoins, sur la base d’une «description officiellement reconnue» qui sera reconnue — mais pas établie — par les autorités compétentes. Pour cette description, L'EXAMEN DHS N'EST PLUS OBLIGATOIRE. La description officiellement reconnue décrit uniquement les caractères spécifiques des plantes et parties de plantes qui sont représentatives de la variété concernée et la rendent identifiable, y compris la région d’origine. Cette description peut être basée sur une ancienne description officielle de la variété, à savoir une description établie à l’époque par un organisme scientifique ou universitaire par exemple. L’exactitude de son contenu pourrait être étayée par de précédentesinspections officielles, des examens non officielS ou les connaissances acquises sur la base de l’expérience pratique au cours de la culture, de la reproduction et de l’utilisation. Les restrictions quantitatives existantes sont supprimées. Les utilisateurs sont informés sur le matériel au moyen d’une étiquette indiquant que cette variété est identifiée par une description officiellement reconnue et la région d’origine. »

 

 

En gros, la rumeur dit n'importe quoi. Une fois de plus, c'est une rumeur sur le web qui part de croyances primaires quasi mystiques. En vérité, c'est même le contraire, on cherche à FAVORISER les jardins privés...

Donc bon...en ce qui me concerne, en l'état, cette loi est très bien. Elle favorise la qualité en grandes cultures, indispensable pour la transition agricole vers l'agroforesterie et l'agrobiologie qui nécessitent des semences high-tech, capables de pousser en des conditions très particulières et de garantir une qualité sanitaire et alimentaire sans variation par rapport à l'agriculture traditionnelle chimique actuelle. 

Aucun problème pour moi, cette loi est excellente...il suffit de lire au lieu de se jeter sur la rumeur, qui est reprise même par les journalistes...

Thierry Curty's insight:

Voilà un article de la France Agricole qui traite de la décision de justice qui confirme les dispositions prises jusqu'à présent sur l'interdiction de commercialisation de semences non inscrites au catalogue et précisant bien qu'en réalité, la vente reste possible, mais dans des quantités amateures. http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/semences-anciennes-affaire-kokopelli-l-interdiction-de-vente-hors-catalogues-est-bien-valide-cjue-59870.html

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Et si on cultivait des semences tombées dans le domaine public ou sous licence "open source"?

Et si on cultivait des semences tombées dans le domaine public ou sous licence "open source"? | Le Monde en Chantier | Scoop.it

« Le Projet Open Solutions a pour objectif d’informer et vulgariser la réglementation des semence pour outiller le débat public. Ce dernier est empêtré dans la complexité de la réglementation méconnue de ce secteur. Pour s’en sortir, nous avons combinés humour, créativité et expertise pour rendre ce sujet accessible. »

Thierry Curty's insight:

La semence ne cesse pas d'évoluer. Les semences d'aujourd'hui ne ressemblent plus en rien à celles d'hier. Les grands semenciers investissent des fortunes, en milliards, dans la recherche et le développement des semences. Pour amortir ces recherches, la seule solution est le brevet. Comme l'agriculture est quelque chose de spécial, de plus lent que les autres industries, la durée du brevet a été portée à 26 ans, 30 ans pour les patates. Entre le moment de la découverte  et le moment de la mise sur le marché, il s'écoule plus de 20 ans. Entre le dépôt du brevet et l'acquisition du brevet, il s'écoule déjà plusieurs années. Ensuite, il faut diffuser la semence. Finalement, les chercheurs n'ont guère plus d'une dizaine d'années, quinze au plus, pour amortir la recherche. 

Le brevet est donc une étape incontournable de la recherche, sinon ils ne développeraient pas de bonnes semences. Et, contrairement à ce qu'on peut lire partout, les "semences anciennes", ne sont pas des bonnes semences. A l'époque où elles étaient encore cultivées, le monde était peuplé d'à peine plus du tiers de la population mondiale actuelle et crevait de faim...y compris chez nous.

Contrairement à ce qui est cru, s'il est vrai que la biodiversité à l'intérieur des espèces a fortement diminué, sur les étals des magasins, elle a explosé. Il y a encore 60 ans, l'étal d'un supermarché se composait au plus d'une vingtaine de cageots. Pour avoir plus de varietés, il fallait aller chez le primeur, qui en avait beaucoup plus. Mais c'étaient plusieurs variétés de carottes, plusieurs varietés de pommes, plusieurs varietés de tomates. La biodiversité était donc plus grande, mais la diversité était beaucoup plus faible qu'aujourd'hui, qui est pourtant source de santé. La biodiversité est source de qualité, la diversité est source de santé et d'espérance de vie.

 

Nous avons donc besoin de semences qui respectent les conditions du catalogue, qui sont des conditions élémentaires pour la grande culture. Les semences anciennes sont sorties du catalogue tout simplement parce qu'elles ne les respectaient plus.

En revanche, il existe plusieurs catalogues :

— Il y a celui dédié à l'agriculture nourricière, destiné à la grande culture, où là il s'agit d'avoir le plus de production possible, le plus régulièrement possible, aussi uniformisée que possible pour faciliter la logistique en aval et avoir ainsi une culture aussi prédictible que possible. 

— Il y a le catalogue de la biodiversité. Il permet aux cultures de plus petites tailles de proposer des légumes très variés, son choix est vaste avec plus de 7000 varietés. Certaines sont anciennes, d'autres pas.

— Il y a aussi le catalogue de "conservation", où sont enregistrées les semences dites "anciennes". Elles ne sont plus aptes à nourrir la population, mais pour régaler les papilles, il n'y a pas mieux.

En tout, les catalogues ressencent plus de 19'000 varietés, il y a de quoi faire. Et si vous êtes un particulier qui cultive son jardin avec passion, vous êtes libre de faire ce que vous voulez. Vous pouvez croiser, troquer, distribuer votre production, tant que ça reste à l'échelle d'un bricoleur (mais ça peut aller loin, on parle d'une production légumière de 250kg/mois).  

Maintenant, le problème est que si les semences sous brevet sont intéressantes pour la culture hyperindustrielle, l'agriculture paysanne de petite taille n'a pas à être cconfrontée à ce monde complexe, d'ingénièrie, c'est un modèle qui ne lui correspond bien évidemment pas.

De pouvoir simplement cultiver quand on est un petit paysan est une mesure de simplification évidente. Mais de breveter le vivant est bien évidemment à la base même, l'essence, de notre développement et du nourrissage de masse de la population. Plus d'ailleurs aujourd'hui, où la ressource s'épuise et où les plantes devront bientôt produire la même chose mais avec moins de pesticides, qu'hier, où les sols n'étaient pas érodés. Et l'intérêt du brevet est que, d'une part, il incite à l'invention, puisqu'il permet de se rembourser par l'exploitation exclusive de la découverte. Mais il incite aussi à l'innovation, puisqu'une fois dans le domaine public, n'importe qui peut breveter sur le brevet moyennant une avancée considérable et, surtout, et c'est là que c'est intéressant, tout et n'importe qui peut exploiter tel quel l'objet pour son propre usage.

Autrement dit, les petits paysans, grâce à ce concept, peuvent cultiver ce qui était le top qualité de la culture une quinzaine d'années auparavant, ce qui reste donc parfaitement crédible d'un point de vue agricole, mais sans être soumis à la contrainte du monde complexe de l'ingénierie agro-alimentaire méga-industrielle.

Ce projet génial vise à ce que tout le monde participe pour référencer les produits tombés dans le domaine public qu'il connaît afin de pouvoir les lister et les distribuer et créer un monde agricole produisant de la qualité, mais existant en marge du système industriel et mieux adapté à une exploitation à taille humaine.

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Thierry Curty's comment, November 17, 2013 8:51 AM
Voilà, quelques chiffres précis sur quelques sites choisis. Nous avons eu récemment une petite poussée de faim dans le monde en 2012 à plus d'un milliard de personnes, contre un peu plus de 870 millions en 1970 où la population n'était que 3,7 milliards d'habitants, la moitié moindre. Je t'ai aussi mis des éléments qui t'édifieront sur la réalité des famines en Europe et en France. Tu verras, c'est intéressant d'être informé. xD
Thierry Curty's comment, November 17, 2013 9:19 AM
Ca en fait partie...on est même en plein dedans!
Thierry Curty's comment, November 17, 2013 10:23 AM
L'AMI n'est pas la transition sociétale. Son rôle n'est que d'offrir une solution pour que tout un chacun puisse influer sur les grandes orientations politiques en intégrant les éléments de la transition sociétale issus du libéralisme naissant que sont les mouvances que l'on voit naître partout, dont le financement participatif. La transition sociétale, c'est autre chose, c'est une globalité bien plus large. C'est l'incidence de la troisième révolution industrielle sur le fonctionnement de la société. Et quand on sait l'incidence de la technologie qui vient sur l'énergie, la santé, l'industrie, l'armement, l'agriculture, on comprend alors que non seulement la vie de chaque être humain sera irrémédiablement différente mais, surtout, que même dans les pays les plus rétrogrades et les plus dictatoriaux, le poids de la vox populi sera irrépressiblement plus grand. Et, justement, d'offrir la possibilité aux paysans d'exploiter de la semence de qualité high-tech en se la partageant, en innovant dessus, ce qui permettrait à des groupements de paysans d'éventuellement dégager un revenu, fait partie de cette transition sociétale qui n'est en réalité rien d'autre que l'instauration par le peuple du libéralisme et de la démocratisation du capitalisme. Jusque-là, le capitalisme, c'était la privatisation de l'outil de production. Désormais ce sera la privatisation démocratique de l'outil de production, l'économie contributive. xD