#Energie. La Bretagne mise sur l'hydrogène | Le Monde en Chantier | Scoop.it

L'avenir de la Bretagne passe-t-il par les énergies marines transformées en hydrogène ? Bruno Mansuy (ci-contre) président de l'association erh2(1), en est intimement convaincu. Reste à mettre une filière en place...

 



En quoi l'hydrogène est-il une alternative crédible aux carburants fossiles ? 
Facile à fabriquer, à stocker et à transporter, l'hydrogène, à condition qu'il soit produit à partir d'énergies renouvelables, est une alternative crédible. C'est une solution à même de participer à l'autonomie énergétique et de réduire le déficit de la balance commerciale de la France : 87milliards d'euros de produits pétroliers sont importés chaque année, soit 75 % du solde négatif. 

Quels sont ses usages et applications possibles ? 
L'avantage de l'hydrogène est d'être multivalorisable et de ne pas émettre de CO2. On peut l'utiliser sous forme de gaz ou d'électricité via une pile à combustible. Et ce, pour le chauffage, la mobilité ou tout usage électrique. Avec cinq piles d'un MW, on peut alimenter200 maisons. 

Existe-t-il des réalisations concrètes, aujourd'hui ? 
Le marché des chariots élévateurs alimentés par pile à combustible émerge en France. Cinquante bus de ce type sont également testés dans les grandes capitales européennes mais pas en France. L'Allemagne travaille sur un ferry. Mercedes va déployer 200 Classe B hydrogène et plusieurs constructeurs auto (2) ont prévu de commercialiser un modèle dès 2015. À cette époque, il devrait y avoir 50 stations-service à hydrogène en Allemagne (100 au Japon actuellement). Par ailleurs, il existe de grosses plates-formes de production et de stockage d'hydrogène à partir du solaire et (ou) de l'éolien, que l'on réinjecte dans le réseau électrique, notamment en Corse. 

Quels sont les freins au développement de l'hydrogène ? 
La technologie est mature, utilisée couramment dans les raffineries. Les rendements ? Plus que satisfaisants par rapport à un panneau solaire (17 % en moyenne) : 60 à 70 % pour une pile à combustible et 45 à 50 % sur l'ensemble de la chaîne (de la production par énergie renouvelable jusqu'au réseau électrique). Sans compter qu'on peut aussi utiliser l'oxygène produit par l'électrolyse pour le secteur médical. Les coûts, eux, ne cessent de baisser car on utilise de moins en moins de platine dans les piles à combustible et la recherche devrait encore faire des progrès. Le frein est politique : en France, on sous-évalue l'impact économique de la filière hydrogène. 

La Bretagne est-elle plus prête ? 
Les élus régionaux semblent conscients des enjeux et soutiennent notre association, composée de cinq laboratoires de recherche et d'industriels. Notre objectif est d'élargir ces compétences pour faire émerger une filière industrielle en Bretagne. Nous recherchons d'autres partenaires autour de trois projets de plates-formes technologiques : une en mer, avec transport et stockage d'hydrogène à terre, une autre destinée à l'alimentation d'engins agricoles et, la dernière, à l'alimentation de bus de ville. Parallèlement, l'Ademe a lancé une étude très poussée sur le sujet. 


Via Atlantis RH