France, objets connectés et innovation... Le trio gagnant? | Mobile Troopers | Le monde du mobile et ses nouveaux usages : news web mobile, apps en m sante  et telemedecine, m learning , e marketing , etc | Scoop.it
Vedettes du CES 2014 à Las Vegas, le rendez-vous incontournable des acteurs IT, les objets connectés sont LA tendance lourde de cette année. Les études le prouvent, on va compter près de 30 milliards d’objets connectés en 2020, et selon le cabinet d’étude Gartner, le secteur de l’internet des objets pèsera 1 900 milliards de dollars dans 6 ans. Les petits bijoux de technologies présentés au CES ont souvent eu un point commun. Un même pays d’origine : la France. Kolibree, Sen.se, Netatmo sont tout autant de start up françaises qui ont fait fureur lors de l’événement mondial.En parallèle notre gouvernement affirme vouloir reconstruire une France industrielle, un territoire qui ne serait plus déserté par les investisseurs, mais plutôt un champ de jeunes pousses prometteuses et économiquement profitables au pays.

Mais qu’en est- il vraiment ? France et objets connectés riment-ils avec innovation ? Ce succès est-il durable ? Les avis sont partagés…

Les objets connectés, la nouvelle vitrine d’une France à la pointe de la technologie.

Selon Cisco, leader mondial des réseaux, « the Internet of Everything » représenterait un gisement d’économie de 4 600 milliards de dollars pour le secteur public à l’échelle mondiale d’ici 2022.

Le plus gros potentiel réside dans les villes et concernent donc les municipalités. Et concernant les « smart cities », la France n’est pas en reste. On peut prendre l’exemple de la ville de Nice qui a mis en place « Spot Mairie« ,  une cabine de mairie virtuelle dans un de ses centres commerciaux, ou encore citer son boulevard connecté, source d’économies conséquentes.

Les nouvelles technologies sont même devenues une arme de campagne politique. Nous pouvons prendre l’exemple de Nathalie Kosciusko Morizet qui veut « faire de Paris la capitale du Big Data ». La candidate UMP à la Mairie de Paris consacre un chapitre numérique à son programme politique. Et les NTIC ne sont pas l’apanage d’une droite qui se voudrait avant-gardiste. Le gouvernement actuel se positionne aussi sur le sujet.

Sur la base des travaux du Conseil National de l’Industrie, le gouvernement actuel a présenté récemment 34 plans industriels pour relancer l’industrie française. Et l’un d’eux se nomme … « Objets connectés », chose impossible il y a quelques années encore. Le gouvernement français aurait-il rattrapé son train de retard ? Eric Carreel, Président du célèbre groupe Withings a été nommé « Chef de file » de ce plan. Il est prévu que les premiers résultats de leur groupe de travail sortent courant mars. Cette première feuille de route est attendue avec impatience, notamment pour ceux qui font rimer objets connectés et production à l’étranger.

La France, territoire déserté.

Les Techdays de Microsoft se sont déroulés à Paris en ce février 2014 et ont attiré une nébuleuse d’afficionados des nouvelles technologies. Une plénière a particulièrement fait salle pleine, réunissant en un même espace temps Henri Seydoux, Président de Parrot, des experts de l’univers connecté, et Rafi Haladjian, le sacro saint pape du phénomène. Le créateur du Nabaztag s’est exprimé sur une possible filière française des objets connectés, en expliquant que la production restera en Chine. « On va d’abord en Chine parce que c’est moins cher« , explique t-il. « Ensuite on y reste, non pas parce que c’est moins cher, mais pour des questions de réactivité. La densité industrielle est si forte là-bas qu’on peut faire fabriquer chaque jour un nouveau prototype. Impossible de créer un tissu industriel aussi dense et aussi réactif en France. »

Selon une étude « Doing Business » de 2013, la France n’est que 38ème sur les 189 pays au classement des pays où il fait bon de faire son business. Selon l’étude Expat Explorer d’HSBC, la France, ne figure qu’au 21ème rang des pays les plus agréables à vivre et en 33ème position pour son attractivité économique. Parce que même si les politiques françaises tentent une mission innovation, il n’en reste que le nombre d’expatriés n’est pas en reste, et pour cause. Faire du biz en France reste tabou, être riche c’est mal. Et investir dans un projet inconnu, c’est niet. On laisse ça aux anglo-saxon et aux marginaux. Le modèle gaulois se contente d’investir dans ce qui marche quitte à faire partie des suiveurs ad vitam eternam.

 

Alors face aux handicaps économiques fiscaux et sociétaux, la France peut elle vraiment devenir terre d’innovation et paradis des early adopters ?

Eric Carreel en est persuadé. A la suite de l’intervention du créateur de Mother, le président de Withings a répondu : « Je partage le début de l’avis de Rafi Haladjian : on va d’abord en Chine parce que c’est moins cher. Et, jusqu’ici, on y reste pour des questions de réactivité. Mais je suis convaincu que nous reviendrons produire près de chez nous pour innover plus et plus vite. » N’en déplaise à Rafi, le salut de la France réside peut-être dans les objets connectés. Et pour vous donner envie d’aimer nos jeunes pousses françaises regardez ce panorama de 10 start-up originaires de notre hexagone et qui cartonnent dans le tout connecté : bit.ly/MKEooT


Via Amandine Barrau