Un urbaniste et un paysagiste ont présenté jeudi la transformation qu'ils ont imaginée pour le centre de Toulouse, restaurant une identité mise à mal par la voiture et cessant de tourner le dos à la Garonne.
Dans le centre de Toulouse tel que l'envisagent l'urbaniste espagnol Joan Busquets et le paysagiste français Michel Desvigne dans 10 ou 15 ans, l'automobile partagera la voie avec le piéton, le cycliste et l'usager du tramway et du bus, quand elle ne sera pas stationnée sur des parkings relais à l'extérieur.

L'intérieur des grands boulevards sera traversée "d'épines" vertes plantées d'arbres; une végétation spécifique accompagnera le marcheur de la célèbre place du Capitole vers la Garonne qui deviendra un lien entre les rives droite et gauche; le Canal du Midi redeviendra "une grande avenue de la ville", et non plus un cours d'eau assez ignoré flanqué d'avenues engorgées.
MM. Busquets et Desvigne ont été retenus pour fixer les grands principes d'un réaménagement du centre de la quatrième ville de France.
Il ne s'agit pas de révolutionner la zone concernée (635 hectares de part et d'autre du fleuve), mais de mieux valoriser le formidable patrimoine existant, d'oeuvrer à un meilleur partage de l'espace public et de mieux identifier ce qui doit être le coeur d'un pôle urbain d'un million d'habitants mais qui paie, selon le maire Pierre Cohen (PS), le tribut de l'urbanisme des années 70 dévoué à l'automobile.
Vingt à 25% des automobiles qui traversent le centre-ville n'ont rien à y faire, a fait observer M. Busquets.
Parmi les idées énoncées pour le Toulouse de l'avenir: supprimer les potelets dans les rues; relier les rives droite et gauche de la Garonne par une navette en bateau; élaborer un plan de gestion des arbres.
MM. Busquets et Desvigne n'ont pas été chargés de mener à bien un projet complet mais de fournir les grandes orientations du réaménagement et de ce que M. Cohen appelle la "réappropriation" par les Toulousains de leur centre. Ces orientations commenceront à s'appliquer à de premières opérations pilotes pour lesquelles la consultation avec la population commençait jeudi soir.
Selon M. Desvigne, ce "plan guide" révèle une tendance de plus en plus nette dans les villes de France à non plus juxtaposer les opérations urbanistiques, mais adopter une vision d'aménagement plus large "qui n'a pas toujours existé et dont, je crois, on doit être très heureux".
Le réaménagement de l'hypercentre de Toulouse est un programme urbain parmi tant d'autres dans une cité qui se rêve en métropole européenne, en ville d'eau et de la connaissance, et qui a engagé une vaste concertation publique sur son avenir.