La lettre de Toulouse
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"L'attractivité démographique, cause de la hausse du chômage en Midi-Pyrénées." Interview de Serge Lemaître, Pôle Emploi

"L'attractivité démographique, cause de la hausse du chômage en Midi-Pyrénées." Interview de Serge Lemaître, Pôle Emploi | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Serge Lemaître

 

Le taux de chômage repart une nouvelle fois à la hausse en Midi-Pyrénées. Alors que les adeptes de la méthode Coué attendent les prémices d'un retour de l'activité en 2015, Serge Lemaître, directeur régional du Pôle Emploi, se montre plus mesuré. Du moins concernant la baisse du chômage qui représente déjà plus de 10% de la population active dans la région. Interview.

 

Les chiffres du chômage sont une nouvelle fois dans le rouge alors que les indicateurs économiques semblent repartir au vert en Midi-Pyrénées. Comment l'expliquez-vous ?
Midi-Pyrénées connaît un important dynamisme du fait de son tissu économique porté par l'industrie aéronautique. C'est aussi l'une des rares régions à voir son emploi salarié croître en 2014. Pour autant, l'attractivité du territoire a pour conséquence l'accroissement de la population. Selon l'Insee, Midi-Pyrénées devrait rester la deuxième région en France dont la population active augmentera le plus dans les dix prochaines années. Or, un actif qui trouve du travail ici emmène avec lui son conjoint...

Comment endiguer le chômage ?
Pour que le chômage baisse de façon durable, il faudrait que l'emploi salarié augmente de 1,5 % sur l'année et non de 0,3 % comme l'année dernière. Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi de catégories ABC s'établit aujourd'hui à 258 700 en Midi-Pyrénées (fin février 2015). Ce nombre augmente de 0,4 % par rapport à fin janvier 2015. Sur un an, il augmente de 6,5 %.

Des disparités existent entre les départements. Le Gers et le Tarn-et-Garonne sont particulièrement touchés avec une hausse de 8,1 % sur l'année. Pourquoi sont-ils davantage concernés alors qu'ils sont aux portes de Toulouse ?
L'emploi salarié a augmenté en 2014 mais uniquement à Toulouse et dans l'industrie aéronautique et les services. Les équilibres sont différents pour Montauban et Auch, qui attirent de la population sans pour autant proposer un nombre de postes suffisants pour répondre à la demande.

Vous souhaitez renforcer en priorité l'accompagnement des PME et des TPE, pour quel motif ?
Quelque 130 000 offres ont été confiées à Pôle Emploi en 2014. Cela ne représente qu'environ 38 % des offres de CDI et de CDD de plus de 6 mois proposés dans la région. Paradoxalement, les grands groupes qui ont les moyens financiers d'externaliser leurs procédures de recrutement font appel à nos services tandis que les TPE et petites PME, n'ayant pas de service RH, méconnaissent notre travail. Dès juin, 190 conseillers du Pôle Emploi seront exclusivement missionnés auprès des entreprises de Midi-Pyrénées. Notre priorité est de fluidifier le marché du travail en répondant efficacement aux demandes de toutes les entreprises. Notre démarche sera pro-active.

Un accompagnement spécifique peut-il être engagé auprès des start-up ?
Quand la start-up recrute, elle invente souvent par la même occasion un métier ! Leur mode de fonctionnement est différent. Les start-up recrutent sur les réseaux sociaux ou par le bouche à oreille. Les besoins en main-d'œuvre sont moins prévisibles que dans l'aéronautique... Le cycle est beaucoup plus rapide, c'est donc plus difficile pour nous d'anticiper. Pour autant, et c'est un chantier en cours, le Pôle Emploi doit s'adapter à cette nouvelle réalité afin de mieux comprendre leurs besoins. Pourquoi pas en nous associant à des initiatives telles que la French Tech !

Comment préparez-vous, avec le Languedoc-Roussillon, la future fusion des directions régionales de Pôle Emploi ?
Au 1er janvier 2016, il n'y aura plus qu'une seule direction entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Une instance de préfiguration doit d'ailleurs voir le jour en avril afin d'anticiper la future grande région et préparer l'harmonisation des dispositifs. L'impact est davantage interne, il est sans conséquence pour les demandeurs d'emploi et les entreprises. Nous demeurons un service public de l'État tout en bénéficiant de marges de manœuvre au niveau local pour nous adapter aux particularités du tissu économique.

Un bras de fer a pourtant eu lieu entre l'État et l'Association des régions de France (ARF) dans le cadre de la réforme territoriale. Les régions voulaient gérer le suivi des chômeurs, Matignon s'y est opposé. Le Pôle Emploi s'adapte-t-il suffisamment au tissu économique local ?
Ce n'est pas parce que le Pôle emploi est un établissement national que les réponses ne pourraient pas être régionales. Il faut tordre le cou à cette idée reçue. Nos dispositifs se déclinent et sont parfois différents pour s'adapter au tissu économique local. L'essentiel est de pouvoir collaborer avec les collectivités locales. C'est ce que nous faisons avec la région Midi-Pyrénées, par exemple dans le cadre de la formation professionnelle.

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Quelles sont les formations financées par Pôle emploi Midi-Pyrénées ?

Quelles sont les formations financées par Pôle emploi Midi-Pyrénées ? | La lettre de Toulouse | Scoop.it


En 2013, les demandeurs d'emploi ont bénéficié de 7.000 actions de formations en Midi-Pyrénées. Un nombre croissant sous l'effet du « Plan 100.000 », mais aussi de l'implication de nombreux acteurs. Le point sur les formations "prioritaires" en Midi-Pyrénées.




Frédéric Toubeau, vous êtes le directeur de Pôle emploi Midi-Pyrénées, pouvez-vous nous rappeler quels sont les différents dispositifs de formation accessibles aux demandeurs d’emploi ?
Il en existe plusieurs qui s’inscrivent dans le cadre d’actions collectives ou individuelles. Aide individuelle à la formation (AIF), Action de formation préalable au recrutement (AFPR), Préparation opérationnelles à l’emploi (POE)… chaque dispositif est finalement fonction du projet et du profil du demandeur d’emploi. Leur point commun est de viser le retour à l’emploi via des parcours certifiants, voire qualifiants. Avec succès, le taux de sortie positive étant de l’ordre de 70 à 80% dans le cas des AFPR et des POE.

L’offre a-t-elle beaucoup évolué ces dernières années ?
Le « plan 30.000 », aujourd’hui « 100.000 », a en effet permis de former davantage de demandeurs d’emploi, mais au-delà du volume, il a surtout contribué à réunir autour d’une même table tous les acteurs du financement (État, Région, OPCA et bien sûr Pôle emploi) et les organisations patronales et syndicales, ce qui nous a permis de définir précisément les besoins. C’est à partir de ce diagnostique partagé que nous avons ensuite listé les 50 métiers pour lesquels il existe de réelles opportunités en Midi-Pyrénées, et engagé des actions sur 77 formations prioritaires, quitte à ce que celles-ci coûtent cher…

Quelles sont plus précisément ces formations, et comment s’organisent-elles ?
Le but étant qu’elles permettent au demandeur d’emploi de retrouver rapidement du travail, elles sont liées aux secteurs pour lesquels nous enregistrons un volume d’offres important en Midi-Pyrénées : commerce, industrie, hôtellerie restauration, services à la personne… Une liste accessible auprès de tous les conseillers de Pôle emploi. Selon le profil, les besoins et les débouchés, l’action peut ensuite être inférieure à 400 heures, notamment lorsqu’il s’agit d’une simple adaptation au poste de travail, ou supérieure. Mais la formation peut également être bien plus longue, dans le cas d’une reconversion professionnelle. Au métier de boucher, boulanger ou d’aide-soignant par exemple. Elle est alors prise en charge par le Conseil régional.

A ce propos, certaines formations sont financées par Pôle emploi, d’autres par la Région, d’autres encore par les OPCA… n’est-ce pas un peu compliqué pour le demandeur d’emploi ?
Pour plus de lisibilité, nous avons initié une simplification avec le Conseil régional, Pôle emploi prenant en charge les formations inférieures à 400 heures, tandis que la Région finance celles de plus de 400 heures. Mais le plus important, quelles que soient les modalités de la formation ou son financement, c’est d’adapter le dispositif au projet du demandeur d’emploi. Et c’est le rôle des prescripteurs de le guider.

Peut-on justement obtenir un financement pour n’importe quel projet de formation ?
Non évidemment, il faut qu’il soit cohérent avec le marché. Si un demandeur d’emploi nous sollicite pour le financement d’une formation au métier de pilote de ligne, il a par exemple peu de chance que nous accédions à sa demande.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

Jacques Le Bris's insight:


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  @TOUBEAUfred

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Bienvenue chez Popole - Le Best Of

Quelques extraits de la pièce "Bienvenue Chez Popole", écrite par Kader Nemer, Conseiller à Pôle Emploi.

La plupart des comédiens sont des agents chargés du suivi des Chômeurs.

Enregistré à la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs - www.mpaa.frPlus...

Jacques Le Bris's insight:

Le chômage fait partie de la Comédie Humaine...

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La nouvelle feuille de route de Pôle emploi Midi-Pyrénées

La nouvelle feuille de route de Pôle emploi Midi-Pyrénées | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Accompagnement intensif, personnalisation des services, multiplication des conseillers dédiés aux entreprises… Pôle emploi fait évoluer son offre. Le point sur les objectifs et les moyens de la direction régionale, avec son directeur, Serge Lemaître.

 

Quel bilan peut-on tirer de l’évolution du marché de l’emploi tout au long de cette année 2014 en Midi-Pyrénées ?
Le taux de chômage a progressé à un niveau supérieur à celui enregistré au plan national (10,1% en Midi-Pyrénées au second trimestre, contre 9,7% en France). La demande d’emploi a également continué à augmenter, mais au même rythme cette fois que dans le reste de la France. Quant aux offres collectées par Pôle emploi, elles ont diminué d’environ 8%, particulièrement dans le bâtiment bien sûr, mais aussi l’hôtellerie-restauration ou les services à la personne et à la collectivité, qui restent paradoxalement des secteurs pourvoyeurs d’emplois.
Tous ces indicateurs doivent d’ailleurs être interprétés avec précaution. Les demandeurs d’emploi sont certes plus nombreux, mais dans le même temps, Midi-Pyrénées reste l’une des rares régions qui affiche encore une évolution positive de l’emploi salarié. Si les offres d’emploi sont en repli, c’est aussi parce qu’en période de crise, la mobilité des salariés est moindre et les entreprises reçoivent davantage de candidatures spontanées.
Nous n’assistons donc pas à une diminution drastique des recrutements, le volume de déclarations préalables à l’embauche restant de l’ordre de 1,6 million (Intérim compris) dans la région en 2014. Le dynamisme du marché de l’emploi demeure une réalité en Midi-Pyrénées, seulement le manque de visibilité intime toujours les recruteurs à la prudence. Qui privilégient, de ce fait, les contrats de courtes durées…

Quels sont justement les secteurs qui recrutent toujours ?
L’industrie, aéronautique et plus largement la métallurgie, continue à soutenir le marché de l’emploi, notamment l’intérim. Les services à la personne (santé, action sociale…) et aux entreprises (transport, logistique, informatique…) également. Et puis, le commerce, même si nous observons un certain fléchissement depuis quelques mois.
2015 devrait s’inscrire dans une même tendance. Et l’évolution de la demande, elle, devrait continuer à progresser, mais à un rythme beaucoup moins marqué, les projections nationales estimant à 1,5% la croissance de la demande d’emploi, contre plus de 5% par exemple dans notre région l’année dernière.

L’État, la Région, les Opca, mais aussi vous-même, Pôle emploi, avez multiplié les dispositifs ces derniers mois pour faciliter les retours à l’emploi, avec quels effets ?
En matière de contrats aidés, et plus particulièrement d’emplois d’avenir, ils ont été très nets sur la demande d’emploi des moins de 25 ans, dont l’évolution a pu ainsi être maîtrisée.
Avec le concours de tous nos partenaires, et grâce à la qualité du travail de diagnostic qui a été réalisé en amont, le « Plan 30.000 » formations prioritaires pour l’emploi, devenu « Plan 100.000 » en 2014, a également permis à davantage de demandeurs d’emploi d’accéder à des formations assorties d’emplois. Une enquête a démontré que 58% des bénéficiaires du Plan 30.000 ont par exemple retrouvé du travail en Midi-Pyrénées, contre 53% au national. Un taux qui atteint même 97% dans le cas des Préparation opérationnelles à l’emploi individuelles, contre 83% en moyenne en France.
Au niveau de la direction régionale de Pôle emploi, plusieurs actions ont par ailleurs été expérimentées avec succès, à l’instar du recrutement sans CV, ou de la mise en place de l’accompagnement différencié.

De quoi s’agit-il ?
Midi-Pyrénées a été l’une des premières régions à développer le « 100% Web », c’est-à-dire à mettre à la disposition des demandeurs d’emploi les plus à l’aise avec l’outil informatique des services leur permettant de faire leurs démarches à distance. Lancé sur les sites de Castelginest et Colomiers, en avril 2014, ce service sera proposé aux habitants du Tarn et aux demandeurs d’emploi cadres de de la Haute-Garonne, en février / mars, avant d’être prochainement déployé à l’échelle nationale.
Nous avons parallèlement renforcé le suivi des personnes qui en ont le plus besoin, tels les demandeurs d’emploi inscrits depuis plus d’un an, les seniors ou les jeunes. Grâce à une dotation du Fonds social européen, nous avons notamment augmenté le nombre de conseillers dédiés à ces derniers. Mais plus largement, ce sont 15.000 demandeurs d’emploi qui bénéficieront d’un accompagnement renforcé en 2015, en Midi-Pyrénées, contre 7000 l’année dernière.
Et pour les publics qui cumulent les difficultés d’accès à l’emploi, mais aussi des freins liés à la santé, au logement, à la situation financière… nous avons commencé à signer des conventions avec certains Conseil généraux pour associer nos compétences et apporter des réponses globales. Midi-Pyrénées se distingue là encore, puisque sur 18 départements qui avaient signé une convention fin 2014, quatre se situaient dans la région. Je pense que d’ici mars prochain, sept des huit départements proposeront cet accompagnement global.
Cette approche différenciée des publics s’inscrit parfaitement dans l’esprit de la convention tripartite 2015-2018, que viennent de signer Pôle emploi, l’État et l’Unédic.

Pouvez-vous nous en rappeler les grands axes ?
Le premier porte sur un démarrage plus précoce et plus précis de l’accompagnement, grâce à une amélioration du diagnostic de la situation du demandeur d’emploi. Le second consiste à doubler d’ici la fin 2017, le nombre de bénéficiaires d’accompagnements intensifs, c’est-à-dire renforcé, global ou intensif pour les jeunes. Un objectif que Pôle emploi Midi-Pyrénées pourrait atteindre dès cette année. L’offre de services 100% web sera, je l’ai dit, généralisée pour les demandeurs d’emploi volontaires. Nous aurons par ailleurs, davantage de moyens pour innover et apporter des réponses spécifiques à des besoins identifiés à l’échelle de certains publics ou bassins d’emploi. Nous avons par exemple initié des actions en partenariat avec la société Wimoov ou l’AIL 46, dans le domaine de la mobilité. Dans les Hautes-Pyrénées, le Gers, le Lot, et prochainement l’Ariège, les demandeurs d’emploi présentant des freins à la mobilité pourront bénéficier de services : transports ponctuels, aide au permis de conduire, prêt ou réparation de véhicule, logement pour les saisonniers… Le but est vraiment de continuer à inscrire notre action au plus près des territoires.
Nous allons également adapter notre offre aux besoins des demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite subie, que nous voyons par définition, moins souvent que ceux qui n’ont aucune activité, et qui sont malheureusement de plus en plus nombreux et dans une grande précarité.
Enfin, autre évolution majeure, la mise en place de conseillers dédiés principalement aux entreprises. Ils seront 180 cette année, en Midi-Pyrénées.

Quelles seront leurs missions ?
De traiter toutes les offres que nous confient les entreprises, mais aussi de faire de la prospection ciblée d’employeurs potentiels, en fonction des profils des candidats inscrits à Pôle emploi. Présents dans chaque agence, leur rôle consistera également à s’adresser aux TPE et PME, qui représentent 80% des embauches dans la région, afin de les sensibiliser à l’ensemble des services que nous pouvons leur apporter, et qu’ils méconnaissent malheureusement encore trop souvent. Certains sont assez classiques (aide à la définition de poste, à l’entretien du recrutement…), mais d’autres sont tout à fait innovants, et surtout, personnalisables, à l’image de la Méthode de recrutement par simulation (MRS). Cette innovation devrait contribuer à faire évoluer très sensiblement la qualité de nos services, car si Pôle emploi ne crée pas d’emploi, deux choses concourent au dynamisme du marché : l’accompagnement intensif des personnes en recherche d’emploi, et notre capacité à répondre rapidement aux besoins des entreprises.

Pôle emploi est également un opérateur des nouveaux dispositifs instaurés par la réforme de la formation professionnelle…
Oui, depuis le 1er janvier, les demandeurs d’emploi sont, comme tous les actifs, détenteurs d’un Compte personnel de formation, et peuvent bénéficier d’un Conseil en évolution professionnelle. Nos conseillers ont donc pour mission de les informer de leurs nouveaux droits, et dans le cas du CEP, d’assurer le service. Un outil de plus au service de notre accompagnement personnalisé.
Propos recueillis par Ingrid Lemelle

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Les Infiltrés Au Pôle Emploi Mission Impossible

Publiée le 2 févr. 2013

Saisir la réalité quand elle semble inaccessible, contourner la voie officielle quitte à utiliser des caméras cachées... Si le procédé a fait polémique, « les Infiltrés » n'ont pas jeté les armes. Le magazine d'investigation de France 2 revient avec une troisième saison, présentée par Marie Drucker (qui succède à David Pujadas).

Pour le premier des quatre numéros, suivi d'un débat, les journalistes de l'agence Capa ont infiltré Pôle emploi afin de montrer le quotidien des conseillers. Agents dévoués mais en sous-effectif et obligés de s'occuper de 150 chômeurs chacun, fichier réservé aux demandeurs d'emploi dits « incasables » dont personne ne s'occupe : la preuve par l'image confirme le constat de différents rapports.
Deux reporters ont réussi à se faire embaucher en CDD dans deux agences, dont l'une dans le Sud. Aucune vérification de leur CV n'a été opérée. « Les agences débordées avaient besoin de recruter rapidement. On s'est engouffré dans la brèche, avance Dorothée Cochard, journaliste de Capa. Il était essentiel de vérifier que ce que l'on constatait dans une agence était représentatif. Pôle emploi est une institution où il est compliqué d'obtenir une parole libérée. Tout l'intérêt est d'aller voir ce qu'il s'y passe sans le filtre de la communication. » Dorothée Cochard a mené l'enquête et, en parallèle, a demandé pendant quatre mois à Pôle emploi de suivre un conseiller. En vain.
« J'étais très présente auprès des infiltrés le matin et le soir pour faire le point sur la journée et établir un plan pour le lendemain, ajoute la journaliste. Ce magazine est l'un des plus polémiques du PAF. On se pose donc encore plus de questions, on se demande à chaque fois si l'on pourrait avoir la même chose sans caméra cachée. » La CGT de Pôle emploi s'est émue du procédé, pointant la mise en danger des conseillers filmés à leur insu. Mais Guylaine Loquet, directrice de la rédaction de Capa, rassure : « Notre travail est de protéger ceux qui témoignent sans le savoir. »

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