Immobilier : les agences rattrapées par la crise, 10 000 emplois supprimés en France | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Jean-François Buet, président de la FNAIM était de passage à Toulouse hier, il nous a livré son analyse du marché immobilier ancien, les perspectives pour 2013, et les conséquences de la crise sur la profession. Interview.  

 

Quelle est votre analyse du marché immobilier de l’ancien ?


2012 aura été une mauvaise année comme l’on s’y attendait sur le marché de l’immobilier ancien. Cela se traduit pas un fort recul (-18,6 %) du nombre de transactions et représente 150 000 transactions perdues. Selon nos estimations, l’année 2012 se termine avec 655 000 transactions réalisées, contre 805 000 enregistrées par l’ensemble de la profession en 2011. À côté de cela, nous n’enregistrons aucune baisse des prix. Ils avaient augmenté de 7,3 % en 2011, mais on est aujourd’hui à zéro.


Quelles sont vos estimations pour 2013 ?


Nous tablons pour cette année sur une légère tendance à la baisse de l’ordre de 2 % et un volume de transactions qui devrait osciller entre 600 et 650 000, soit l’équivalent de 2012. Si nous estimons que les prix ne baisseront pas de plus de 2 % c’est parce que le marché est très hétérogène. Certains prix baissent fortement, d’autres pas du tout. Les territoires ruraux souffrent particulièrement, tandis que dans les grandes métropoles comme Lyon, Marseille ou Toulouse, le marché reste tendu avec parfois un manque d’offres.


Quelles sont les conséquences de cette crise sur la profession ?


La conséquence est la fermeture d’agences et de bureaux et nous estimons que 10 000 emplois ont déjà été détruits dans l’ensemble de la profession en 2012. Concernant la Fnaim, nous avons perdu 10 % de nos adhérents au niveau national. Les agences qui sont les plus exposées sont les plus récentes et celles qui ne diversifient par leurs activités par de la gestion de syndic notamment. La situation semble un peu moins problématique en Haute-Garonne. La Fnaim 31 indique la perte de 3 % de ses adhérents.

Cette crise est-elle semblable à celle de 2008-2009 ?
Non. Nous avions à l’époque une crise des subprimes. Nous sommes aujourd’hui dans une crise de confiance. Alors que les taux sont historiquement bas et les prix en recul modéré, les acheteurs hésitent, ils redoutent l’acte d’achat. Le marché est grippé.

Quels seraient selon vous les outils qui pourraient relancer le marché ?
J’en vois deux. D’une part la mise en place d’une mesure claire pour expliquer la fiscalité immobilière : il faut arrêter ce qui ressemble à du "yoyo fiscal" et que le gouvernement engage une politique stratégique fiscale claire et pérenne car aujourd’hui les annonces se succèdent mais ne vont pas toutes dans le même sens.
Enfin, nous ne demandons pas de rétablir le PTZ dans l’ancien tel qu’il existait, mais nous plaidons en revanche pour un "mini PTZ social" qui serait réservé aux ménages les plus défavorisés et qui souhaiteraient devenir propriétaires.

Propos recueillis par Béatrice Girard