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Chômage : la France proche du record de 1997

Chômage : la France proche du record de 1997 | La lettre de Toulouse | Scoop.it
INFOGRAPHIE - Le nombre de demandeurs d'emploi a encore bondi de 43.900 en janvier en catégorie A. Au rythme actuel de progression, le cap des 3,2 millions sera dépassé dans un ou deux mois.

 

Et de 21 !

Le nombre de chômeurs en France métropolitaine a progressé, en janvier 2013, pour le 21e mois d'affilée. Une hausse de 43.900 en catégorie A -dont 48 % dus à une modification comptable des radiations - et de 60.800 en ABC (chômeurs en activité réduite inclus). Si bien que la France compte désormais 3,17 millions de demandeurs d'emploi en catégorie A, à 26.200 du record historique de janvier 1997, qui sera dépassé dans un ou deux mois.

 

Les plus de 50 ans et les chômeurs de longue durée ont, encore une fois, le plus souffert, avec des hausses de 1,5 et 1,9 % respectivement. La situation devient également problématique pour les 509.000 chômeurs depuis plus de trois ans (+18,5 % sur un an). Elle l'est d'autant plus qu'à la difficulté de les réinsérer se conjugue le plongeon vertigineux (-19,7% sur douze mois) des offres d'emploi collectées par Pôle emploi.

 

(...)

 

Autant dire que la promesse de François Hollande d'inverser la courbe du chômage à la fin de l'année - réitérée samedi mais à présent conditionnée à «la reprise» - relève de plus en plus du miracle. Pour ne pas dire du vœu pieux… Michel Sapin, lui, continue d'y croire. «Même avec une croissance plus faible que celle que nous escomptions, les politiques de l'emploi nous permettront d'inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année 2013», a une nouvelle fois assuré le ministre du Travail. Mais jusqu'à quand?

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Quelques informations sur l'entreprise et l'immobilier à Toulouse
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Où se cache le vrai-faux Made in Toulouse?

Où se cache le vrai-faux Made in Toulouse? | La lettre de Toulouse | Scoop.it

ToulÉco le Mag n°19 :

Pour ce numéro d’été, la rédaction s’est intéressée au made in Midi-Pyrénées. Où est le vrai ? Où est le faux ? Comment les filières locales s’organisent-elles pour contrer la concurrence ?

Autant de questions auxquelles cette enquête répond.


VERSION NUMERIQUE :  3,50 €


En savoir plus

Pour ce numéro d’été, la rédaction s’est intéressée au made in Midi-Pyrénées. Où est le vrai ? Où est le faux ? Comment les filières locales s’organisent-elles pour contrer la concurrence ? Autant de questions auxquelles cette enquête répond.

Retrouvez également un large dossier sur l’économie toulousaine à l’heure de la Grande guerre. Entre histoire et portraits d’entreprises plus que centenaires, vous découvrirez comment la mobilisation industrielle de 14-18 a représenté un bon économique pour Midi-Pyrénées.

Le traditionnel cahier ToulEmploi offre quant à lui des pistes pour parfaire son anglais en immersion… dans la région ! Tandis que la biodiversité est au menu de ToulÉco Green ou que la page Réseaux est consacrée à Antoine Jouin, le PDG de Continental Automotive France qui vient de fêter les 35 ans de son usine toulousaine.


Jacques Le Bris's insight:


Pour le fun , j'ai moi aussi une rubrique Made_in_Toulouse ; vous pouvez jeter un oeil  par ici :

http://www.scoop.it/t/epic-pics/?tag=Made_in_Toulouse


Ma rubrique Entreprise  :

http://www.scoop.it/t/la-lettre-de-toulouse/?tag=Entreprise


Ma rubrique Start-up :

http://www.scoop.it/t/toulouse-networks/?tag=Start-Up


Hélas, La Ville Rose n'est pas toute rose.

Attention aux âmes sensibles, ma rubrique Mad_in_Toulouse :

http://www.scoop.it/t/epic-pics/?tag=Mad_in_Toulouse

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Marché de l'immobilier toulousain : quelles sont les perspectives pour 2015?

Marché de l'immobilier toulousain : quelles sont les perspectives pour 2015? | La lettre de Toulouse | Scoop.it
Le site Meilleursagents.com à récemment livré une étude sur le bilan de 2014 et ses prédictions pour 2015. Nous sommes globalement d’accord avec eux et allons nous concentrer sur le marché toulousain.

Bilan de 2014 :

- Au final, on a observé une légère baisse des prix (-0.6%), très hétérogène en fonctions des quartiers et typologies de biens.

- Des volumes de vente en forte baisse

- des délais plus longs

Perspectives pour 2015 :

- Selon Meilleursagents.com, les prix à Toulouse devraient évoluer entre -3% et 0%.

Voici ci-dessous, les 3 critères sur lesquels ils se basent, et qui placent Toulouse en 4eme position pour sa “santé immobilière”.

I. La fluidité (délai de vente moyen en jours)

II. L’équilibre entre l’offre et la demande

III. L’accessibilité (part des ménages pouvant acheter 60m²)

L’année 2015 s’annonce encore compliquée avec des délais de vente encore très longs, des acquéreurs indécis et donc des prix en baisse. Reste encore un gros point positif : les taux d’intérêts qui devraient se maintenir sur des niveaux très bas!
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Les prud'hommes de Toulouse se mobilisent dès le 26 janvier contre la loi Macron

Les prud'hommes de Toulouse se mobilisent dès le 26 janvier contre la loi Macron | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Bernard Cazalbou, président, membre du collège des employeurs, et Jean Mader, vice-président, issu du collège des salariés, unanimes face au projet de loi.

 

A l'appel de cinq syndicats, les conseillers du collège des salariés du conseil de prud'hommes de Toulouse suspendent les audiences à compter du lundi 26 janvier pour s'opposer au projet de loi Macron qui, à la même date, sera examiné par les députés.

 

Levée de boucliers au conseil de prud’hommes de Toulouse contre le projet de loi Macron. Le tribunal, lors de son assemblée générale du 8 janvier, a voté à la quasi-unanimité (157 conseillers sur 172) une motion commune contre le texte. D’ailleurs, les conseillers du collège des salariés, à l’appel de cinq syndicats sur sept, ont décidé de suspendre les audiences en guise de protestation à partir de ce lundi 26 janvier alors que les dispositions sociales du texte seront examinées à l’Assemblée nationale.

Et le mardi 3 février, une manifestation devrait se dérouler à Toulouse en présence des autres conseils de la région. Le collège des employeurs, opposé également au projet de loi, ne s’associe pas au mouvement de protestation « pour ne pas pénaliser les justiciables », souligne Bernard Cazalbou, le président.

« Le paritarisme garantit notre impartialité »

Principale récrimination : le recours fréquent à un juge professionnel. Actuellement, la procédure débute par une phase devant un bureau de conciliation. Si aucun accord n’est trouvé, les parties passent alors devant un bureau de jugement : l’audience publique. Si aucune décision ne ressort du bureau de jugement car il y a partage des voix, l’affaire est envoyée devant une formation de départage, avec un juge professionnel départiteur. Le projet de loi prévoit la possibilité, si toutes les parties sont d’accord, de passer directement de la conciliation à cette formation mêlant conseillers prud’hommes et juge professionnel.

« Ce projet s’inscrit dans l’échevinage rampant, même si le texte ne le dit pas, qui aurait pour conséquence l’élimination des conseillers des jugements. Nous devenons alors des pots de fleur alors que nous sommes aussi des professionnels. De plus, nous connaissons l’entreprise et le droit du travail, contrairement aux juges de carrière », ajoute Bernard Cazalbou.

Collèges des employeurs et des salariés affirment que cette réforme n’atteindra pas son objectif de réduire les délais des affaires. « Impossible car les moyens manquent », assure le président. Confirmant ses propos chiffres du conseil à l’appui qui « montrent la qualité de nos décisions ». « 18% des 5000 dossiers que nous traitons par an à Toulouse sont envoyés à un juge départiteur. Parmi ces 18%, 61% font l’objet d’un vrai recours devant la cour d’appel de Toulouse », note-t-il.

« Le message insinue par cette loi fourre-tout que la juridiction prud’homale fait un peu n’importe quoi. Ce n’est pas vrai », s’insurge Jean Mader, vice-président. « Car le paritarisme garantit l’impartialité du conseil de prud’hommes ».

Audrey Sommazi

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Commerces : le véritable bilan du Nailloux Outlet Village

Commerces : le véritable bilan du Nailloux Outlet Village | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Impacté par la conjoncture économique, le village de marques de Nailloux a connu un démarrage en deçà des prévisions. Mais trois ans après, ses dirigeants et les élus locaux veulent tout de même se féliciter du projet, dont l'extension est toujours dans les cartons.

 

La crise est passée par là. Lors de son ouverture fin 2011, le village de marques de Nailloux annonçait un objectif ambitieux : 3 millions de visites chaque année dans une version agrandie et en rythme de croisière. Trois ans plus tard, il affiche une moyenne de 1,2 million de clients par an, sachant que l’effet de nouveauté avait à lui seul permis d’enregistrer 1,5 million de visiteurs la première année – contre 1,7 million escomptés. « Trois ans, ce n’est rien pour attirer les flux de la nouvelle autoroute », nuance toutefois Franck Verschelle, directeur général du groupe Advantail, gestionnaire du village.

Sur le plan économique en revanche, difficile de dresser une étude comparative. Évoquant des raisons de concurrence, la direction s’était toujours refusée à communiquer ses prévisionnels et ses premiers résultats. Didier Falla, le directeur du site, a cependant livré quelques indicateurs à l’occasion de ce troisième anniversaire. On apprend ainsi que le top 10 des boutiques génère à lui seul 18,1 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ou encore que seules trois enseignes ont choisi de ne pas renouveler leur bail, et que Nike et Zadig & Voltaire figurent parmi les magasins moteurs. Le panier moyen, lui, atteint 120 euros. Une estimation par voiture et non par client, soit pour trois à quatre personnes selon les ratios généralement utilisés par le secteur.

« Pari réussi » pour les élus

Du côté des élus locaux, on se félicite en tout cas d’avoir « su prendre le tournant ». Deux raisons à cela. D’une part, « le pari a été réussi » et les objectifs tenus avec la création de 350 emplois directs, dont 80 % en CDI, et la génération d’une centaine d’emplois indirects. Des chiffres importants pour la communauté de communes des coteaux du Lauragais sud (Colaursud) qui compte moins de 10.000 habitants, même si tous les postes n’ont pas forcément été pourvus par des résidents du territoire.

Mais surtout, le complexe commercial a dopé les finances de l’intercommunalité [1]. Les recettes fiscales perçues auprès des acteurs économiques sont en effet passées de 664.000 euros en 2011 à 1,18 million d’euros en 2013. Une différence essentiellement générée par le complexe commercial, et « plutôt supérieure à ce qui était espéré » selon le président de Colaursud et maire de Calmont, Christian Portet.

Tout bénéfice, donc. D’autant que, si la communauté de communes a fortement appuyé le projet pour stopper l’évasion commerciale qui atteignait 65 % sur le territoire, elle n’y a « pas mis un centime », dixit l’élu. Y compris pour les travaux d’aménagement routier, pris en charge par le conseil général et par le Nailloux Outlet Village lui-même, ou par la formation des personnels, notamment financée par le conseil régional.

L’extension en stand-by

Quid désormais de la suite ? Dès le début, un double-agrandissement était donc programmé. La première extension a eu lieu dès 2012 mais la seconde reste dans les cartons. Le contexte actuel ne favorisant pas sa réalisation, d’autant qu’une vingtaine de cellules restent inoccupées à l’heure actuelle. « La deuxième phase sera déclenchée quand les conditions seront réunies. On ne construit pas 10.000m² de surface commerciale comme cela », justifie Éric Damiron, PDG en France du groupe néerlandais Corio, l’une des premières foncières commerciales d’Europe et propriétaire du village.

L’autre enjeu est de définir la forme que prendra cette extension. Afin d’attirer le chaland, toutes les parties prenantes du village réfléchissent en effet à « proposer d’autres activités que le shopping ». Une des pistes les plus évoquées mène vers le domaine naturel, avec par exemple une salle de spectacles.

Quant aux élus locaux, Christian Portet en tête, ils formulent « forcément le vœu de voir le site grandir ». « La deuxième phase du village est prévue, le foncier existe et le terrassement a déjà été réalisé », ajoute le président de Colaursud. Reste désormais à définir le projet plus en détails. Et à attendre une fenêtre de tir favorable pour sa mise en œuvre.
Thomas Gourdin

Jacques Le Bris's insight:
Notes

[1] Toutes les communes ont délégué leur compétence économique à Colaursud, qui perçoit donc l’ensemble de l’impôt en la matière

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Avoir l’air intelligent, ça se travaille… et ces conseils scientifiquement prouvés peuvent vous y aider

Avoir l’air intelligent, ça se travaille… et ces conseils scientifiquement prouvés peuvent vous y aider | La lettre de Toulouse | Scoop.it
Celui qui cherche à avoir l'air intelligent parle trop, le plus souvent, car il cherche à occuper tout l'espace. 

Atlantico : Lorsque nous essayons de briller intellectuellement aux yeux de nos interlocuteurs, quelles sont les erreurs que nous avons souvent tendance à commettre ? Pourquoi sont-elles de nature à nous "disqualifier" ?

France Brécard : Typiquement, les personnes qui cherchent à paraître intelligentes se trouvent dans l'idée qu'elles ne le sont pas, ou pas assez. Là où il aurait intérêt à être lui-même, le sujet en fait trop. L'erreur vient du fait qu'intérieurement il met la barre trop haut, c’est-à-dire au niveau d'un idéal qui ne reflète en rien sa réalité propre.

Celui qui cherche à avoir l'air intelligent parle trop, le plus souvent, car il cherche à occuper tout l'espace.

S'il a un profil plutôt intellectuel, il assommera les autres à coup d'idées et de citations. Suivant les profils et le contexte, les formes prises par cette tentative peuvent varier. A l'inverse, une personne pourra adopter la posture de celui qui ne parle pas, mais dont l'air entendu laisse entendre qu'il en sait plus que les autres. Sauf que dans ce cas elle ne brille pas vraiment, elle se trouve plus en plus en position de hauteur et de mépris.

Chercher à avoir l'air intelligent, cela revient à se "suradapter" à la situation : l'autre est envisagé comme un juge, auquel il faut nécessairement plaire. Cela est flagrant sur les plateaux de télévision, à tel point que le téléspectateur se sent parfois gêné  par la vision de cette personne qui se trouve "hors d'elle", dans la mesure où celle-ci se dit intérieurement qu'elle doit apparaître meilleure qu'elle n'est en réalité. Cela a pour effet de couper le contact entre les personnes, car celui qui cherche avoir l'air intelligent ne répond pas à la question, finalement.

Une étude a été menée en 2007 auprès de 182 étudiants par Nora A. Murphy, professeur de psychologie au sein de la Loyola Marymount University à Los Angeles (Lire ici en anglais). Certains étaient chargés de "paraître intelligent" au cours d'une conversation filmée, et pour cela regardaient leur interlocuteur dans les yeux pendant qu'ils parlaient ou les écoutaient, ou encore, se tenaient droit, adoptant un air grave, et évitant les gestes nerveux. Des spectateurs devaient leur attribuer le QI qui leur semblait correspondre le mieux. Même si ces attitudes étaient bien notées, les moins bons score ont été attribués aux étudiants qui avaient pour mission d'avoir l'air intelligent. Quelles déductions en tirer ?

J'en déduis que ces étudiants qui devaient jouer à avoir l'air intelligent n'habitaient pas leur comportement, ce qui devait être immédiatement ressenti par l'interlocuteur ou la personne qui visionnait la conversation. Ecouter attentivement, regarder dans les yeux… C'est très bien, tant que c'est fait avec naturel. Si en revanche la posture s'apparente davantage à celle d'un singe savant, l'autre voit bien que ce n'est pas sa réalité que l'interlocuteur est en train de donner à voir. Les non-dits, les regards, ont un rôle prépondérant dans l'idée que se fait de vous la personne en face, car l'intuition s'attache plus à ce qui n'est pas dit qu'à ce qui est montré.  D'où l'importance d'une bonne adéquation entre le comportement adopté et la réalité interne de la personne qui cherche à sa faire valoir.


Dans cette étude, les "juges" accordaient aussi beaucoup d'importance dans leur notation au fait d'apparaître détendu, confiant, à l'écoute, ainsi qu'au fait de parler clairement. Le meilleur conseil pour être considéré comme "intelligent" serait donc de… ne pas chercher à le paraître ? Toute personne qui s'est retrouvée en entretien d'embauche ou en soutenance universitaire vous dira que ce n'est pas aussi simple qu'il n'y parait…

Pour être considéré comme une personne disposant d'une certaine intelligence – notion particulièrement vague, tant il en existe de différentes – il ne s'agit pas tant d'être sincère que d'avoir suffisamment confiance en soi.

 
 

Il n'est pas si simple de penser que ce que l'on est "vaut" quelque chose. Tout le travail interne doit porter sur l'acceptation de soi, sur le fait de se dire que l'on est intéressant et que, par exemple, on vaut la peine d'être embauché. C'est pourquoi je dis qu'il ne faut pas chercher à "passer pour", mais à être au mieux de ce que l'on est. Un sportif ne peut pas faire semblant qu'il est très fort, il doit travailler ses qualités. S'il se met à douter de ces dernières, il devient moins bon.

Chercher à avoir l'air intelligent, cela revient donc à se déprécier ? Difficile dans ce cas de prétendre épater la galerie…

En creux, cela revient effectivement à considérer que l'on n'est pas intelligent. Pendant mes consultations, j'aide les personnes à se valoriser et à trouver leurs ressources réelles. Alors on nous dit que porter des lunettes, cela peut aider... Mais c'est loin d'être le facteur essentiel ! J'ai récemment reçu une patiente à l'approche de sa soutenance de thèse, qui avait peur d'avoir l'air de quelqu'un qui ne sait pas penser, car c'est la vision qu'elle a d'elle-même. Il nous a fallu trouver en elle cette partie qui n'a rien à voir avec la petite fille qui a tort, mais bien au contraire, qui sait que son travail est intéressant.

Si l'important est de laisser voir sa "réalité", cela signifie-t-il qu'une personne qui n'est pas "intelligente" n'a aucun chance d'être considéré comme telle ?

La question devrait surtout être : "qu'est-ce que l'intelligence ?" Même une personne mentalement déficiente, ou bien qui n'a pas eu accès à une bonne éducation, ou encore, qui a du mal à manier les concepts, dispose de qualités spécifiques. Pour chacun d'entre nous, l'enjeu est trouver où se trouve notre intelligence. Un dessinateur, par exemple, ne sera pas forcément un bon orateur. Ne l'attendez pas sur ce terrain-là. Conclusion, il ne sert à rien d'essayer de se faire passer pour ce que l'on n'est pas.

Propos recueillis par Gilles Boutin



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UP IN THE AIR Cinema Utopia Tournefeuille lundi 19 janvier

UP IN THE AIR Cinema Utopia Tournefeuille lundi 19 janvier | La lettre de Toulouse | Scoop.it
Lundi 19 janvier à 20h à Tournefeuille, projection unique suivie d’un débat avec les collectifs CCNAAT et Francazal, autour du projet de privatisation de Toulouse Blagnac (pour cette soirée, achetez vos places dès le 10 janvier).IN THE AIR

(UP IN THE AIR) Jason REITMAN - USA 2009 1h49mn VOSTF - avec Georges Clooney, Anna Kendrick, Vera Farmiga, Jason Bateman, Danny McBride, Melanie Lynskey... Scénario de Jason Reitman et Sheldon Turner, d’après le roman de Walter Kirn.

Du 19/01/15 au 19/01/15 à Tournefeuille

Ryan Bingham est un sale type. Et ce n’est certainement pas parce qu’il est canon comme Georges Clooney qu’il faudrait lui pardonner d’exercer un job aussi détestable : Ryan Bingham est « consultant en transition professionnelle », ce qui en langage patron signifie que c’est lui qui vient annoncer aux salariés qu’ils sont virés. Depuis toutes ces années, il est passé maître dans l’art de l’annonce du licenciement. Il n’a à gérer ni l’avant, ni l’après, il est juste l’oiseau de malheur, le gars qui brise en quelques mots des vies de labeur, de dévouement à l’entreprise… en enrobant la pilule amère d’un nappage de mots sucrés et rassurants : rebond, opportunité, changement d’orientation…
Quand il a terminé sa journée de travail, il rentre dans son quatre étoiles ; ou gagne directement l’aéroport d’où il s’envolera à l’autre bout du pays pour une nouvelle session de licenciements. Il n’a pas d’attache, pas d’amis, pas de chez lui mais il a un smartphone, un agenda électronique, une carte de crédit gold et surtout un rêve qui lui ressemble : obtenir suffisamment de miles pour posséder la carte de fidélité en plaqué or de sa compagnie aérienne de prédilection.

Autant dire que c’est la cata quand on lui annonce que va être mise en place une nouvelle méthode de travail par vidéo conférence interactive, histoire de supprimer le coût des trajets en avion. Fini les salons vip, la business class, retour au bureau, devant un écran d’ordinateur, comme tous ces pauvres bougres à qui il a annoncé qu’ils étaient saqués…
On adore détester ce type qui ne se pose pas trop de questions et dont le but dans la vie semble être la collection ridicule et compulsive de miles aériens. Fidèle à l’esprit qui régnait dans Thank You for smoking, Juno, et Men women and children, Jason Reitman tire le portrait d’une Amérique tournée vers le seul Dieu profit, où les plus faibles n’ont qu’à rester sur le carreau. C’est aussi un monde de technologie complètement absurde où l’humain n’a plus sa place, un monde où les conflits sociaux sont sous-traités par des consultants, où les travailleurs sont des chiffres dans des colonnes. Mais rassurez-vous, le film ne sombre pas dans le cynisme, et les circonstances vont ramener notre wonder Ryan à une appréciation plus saine du sens de la vie…

Jacques Le Bris's insight:

Le Collectif Contre les Nuisances Aériennes de l’Agglomération Toulousaine (CCNAAT) qui regroupe près de 15 quinze comités de quartier de Toulouse et communes survolées a été officiellement créé en 1998. Il a pour objectif la lutte contre les nuisances aériennes sonores et atmosphériques de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le plus urbain de France avec Orly, situé à quelques kilomètres du centre de la ville de Toulouse. Plus de 100 000 habitants sont touchés par les nuisances aériennes, auxquels s’ajoutent les milliers de personnes fréquentant les pôles santé, scolaires et universitaires survolés à basse altitude. La situation s’aggrave avec la montée en puissance de l’Oncopole, le nouveau pôle santé construit aux portes Sud de Toulouse, dans l’axe des pistes de l’aéroport et qui depuis avril 2014 accueille ses premiers malades. La même année, ce sont plus de 1500 personnels soignants ou logisticiens qui se mettent en place sur ce site. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le Ministère de la Santé français ont fixé des seuils de bruit au-delà desquels la santé humaine est durablement affectée. A Toulouse, ces seuils sont tous dépassés avec le trafic actuel. Rappelons également que l'usine Safran Héraklès, de type Seveso II, est survolée par plus de150 avions par jour à basse altitude. Alors l’annonce de la privatisation de la gestion de l’aéroport et de son rachat par Symbiose, qui souhaite développer un « hub » avec triplement du trafic, a mis le feu aux poudres. Les révélations de l'Express et de Mediapart ont ouvert les yeux des citoyens.

Le Collectif Francazal, créé en 2009, lors de la dissolution de la base aérienne 101, regroupe les habitants d'une dizaine de communes survolées par les avions de Francazal. Il a comme but principal la fermeture définitive de la piste de Francazal et, en attendant, il combat l’extension des nuisances de l'aéroport. Depuis l'origine, il dénonce la création d'un 2e aéroport, inutile et nuisible, au sein de l'agglomération toulousaine, dans un secteur entièrement urbanisé et estime que, tôt ou tard, Francazal va devenir une piste de délestage de Blagnac. Aujourd'hui, avec le projet des acquéreurs de l'aéroport de Blagnac, qui est de tripler le nombre de passagers, ses prédictions - que l'on qualifiait de fantaisistes - sont sur le point de devenir réalité, d'autant plus que l'opérateur opérationnel des deux plates-formes serait une seule et même société : SNC Lavalin.

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Bernard Maris dans les colonnes d'Alternatives économiques

Bernard Maris dans les colonnes d'Alternatives économiques | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Parmi les victimes de l'attentat du 7 janvier contre Charlie Hebdo figurait Bernard Maris. Il a longtemps été collaborateur de notre journal. Voici quelques-unes de ses principales contributions, ainsi que les hommages que journalistes et blogueurs d'Alternatives économiques ont souhaité lui apporter. 

Bernard Maris, auteur

Le suicide du libéralisme économique

Mort de l'économie, triomphe du libéralisme

Pourquoi lire Keynes aujourd'hui ?

Enron : le mythe de la transparence

Gilles Dostaler, "un grand économiste et un homme de la vie"


Bernard Maris répond à nos questions 

- Un entretien réalisé en avril 2013 : "Nos sociétés sont dépressives" 

Les ouvrages de Bernard Maris chroniqués par Alternatives économiques

-  Houellebecq économiste 

- Plaidoyer (impossible) pour les socialistes 

Antimanuel d'économie : 2. les cigales 

Keynes, ou l'économiste citoyen 

Le making of de l'économie par Philippe Chalmin, Benjamin Dard et Bernard Maris

La bourse ou la vie Philippe Labarde et Bernard Maris

Jacques Delors, artiste et martyr

Marx, ô Marx, pourquoi m'as-tu abandonné ?

Malheur aux vaincus. Ah, si les riches pouvaient rester entre riches… par Philippe Labarde et Bernard Maris

Lettre ouverte aux gourous de l'économie qui nous prennent pour des imbéciles

Une autre économie

Capitalisme et pulsion de mort

- Le journal

Hommages à Bernard Maris 
Adieu à Bernard Maris, par Philippe Frémeaux (initialement publié sur AlterEcoPlus)

L’attentat contre Charlie Hebdo n’a pas seulement tué des personnes. Il s’est aussi attaqué à la liberté d’expression, à la démocratie et à la cohésion de notre société. Il nous faut lutter contre le terrorisme avec détermination, mais sans perdre de vue que ce serait donner raison à ceux qui le pratiquent que d’abandonner nos valeurs pour adopter la vision du monde qui est la leur, un monde où l’intolérance est loi, un monde où l’identité se fonde sur la détestation de l’autre.   

Parmi les victimes de cet attentat, Bernard Maris, qui signait ses chroniques hebdomadaires dans Charlie Hebdo sous le pseudonyme d’« Oncle Bernard ». Universitaire de formation, Bernard Maris était présent dans de nombreux médias, et notamment France Inter ou I-télé. Mais il a également longtemps été collaborateur de notre journal. Nous partagions en effet bien des choses avec lui, à commencer par son regard critique sur le discours d’autorité tenus par les économistes dominants, qui habillent leurs prescriptions d’un vernis scientifique contestable. Un regard qu’il avait brillamment développé dans son livre Des économistes au-dessus de tout soupçon, paru en 1990.

Mais Bernard Maris n’était pas seulement un polémiste utilisant son immense talent pour ridiculiser la prétention et la pédanterie des économistes dominants. C’était aussi un « intellectuel » dont la vision du monde se nourrissait d’une fine connaissance des grands auteurs. Dans l’adieu au regretté Gilles Dostaler, lui aussi longtemps collaborateur d’Alternatives Economiques, qu’il nous avait livré en mars 2011, il écrivait : « Comme tous les « frondeurs » de notre génération, Gilles fut nourri de la Sainte Trinité, Nietzsche, Marx, Freud. Et très vite il fut ébloui par Keynes. (…) Keynes nous sauvait, Gilles et moi, moi plus que lui, de la tristesse dans laquelle nous plongeait l'économie orthodoxe. »

De cette proximité intellectuelle était notamment né Capitalisme et pulsion de mort, en 2009, un livre stimulant qui confrontait la pensée de Freud et Keynes, qui analysait avec finesse les ressorts de la quête démesurée de l’accumulation d’argent qui régit notre société. Avec des références à Bataille, mais aussi aux défenseurs de la monnaie fondante, tel Sylvio Gesell. Réfléchir à la place de la monnaie dans le capitalisme n’était donc pas seulement un enjeu en termes de régulation macro-économique, mais allait bien au-delà, en conduisant à s’interroger sur le désir, et, plus au fond, aux conditions d’une société pacifiée.

Bernard Maris était bien au fait de la complexité et de la violence du monde dont il vient d’être la victime. Il pouvait parfois donner l’impression, ces dernières années, d’être devenu plus distancié.  Auteur lui-même de plusieurs romans, il s’investissait désormais autant dans la littérature que dans l’économie. Tant il est vrai que les meilleurs romans nous en apprennent souvent plus sur la vie et la société que certains essais. Il venait de signer un « Houellebecq économiste » stimulant au sens où les romans de cet auteur sont aussi un symptôme des désordres du monde actuel, et de la perte de sens que l’on constate.

Eprouvé par la perte de sa femme, disparue depuis maintenant deux ans, il n’était pas pour autant tombé dans le cynisme. Il continuait d’espérer que notre société puisse devenir plus douce à ses membres, donner plus de place au don et au contre don.

Bernard, tu nous manques.

"Bernard Maris : souvenirs", par Christian Chavagneux (initialement publié sur AlterEcoPlus)

Nan mais t’as entendu ça Bernard ! Les voilà tous à parler de « l’économiste Bernard Maris ». Je t’entends d’ici : « Ah, les cons ! » De ton premier à ton dernier livre, tu n’as jamais cessé de railler l’establishment des économistes patentés dont les démonstrations, écrivais-tu, représentent « ce que les mots croisés sont à Proust » !

Formé à la micro à Toulouse !

Economiste, tu l’as été, ça c’est sûr. Docteur en économie, agrégé de l’université. Excusez du peu. Par une belle ironie qui n’appartient qu’à toi, tu as fait tes études d’économie à Toulouse : chez des matheux spécialisés dans la petite microéconomie théorique, toi le littéraire spécialiste des grandes questions macro ! T’en as bouffé des modèles ! Et même passé cinq ans de ta vie à écrire une thèse sur une approche théorique de la répartition des revenus en période de croissance équilibrée. Du sérieux.

Eh oui, à tous ceux qui prenaient Bernard pour un amuseur public, sachez qu’il a commencé par remplir sans problème les canons de la discipline ; avant de prendre, heureusement pour nous, les chemins de l’indiscipline économique. Jean-Jacques Laffont, le père spirituel de l’Ecole d’économie de Toulouse, t’appréciait beaucoup. C’est lui, on le sait peu, qui t’a permis d’aller enseigner un an aux Etats-Unis, à l’université d’Iowa, d’où tu es revenu avec un accent toulousano-américain absolument inimitable !

Une approche d’économie politique

« Si c’était à refaire, je ne le referais pas », disais-tu. Comme je te comprends.

Tu avais lu Marx, Keynes, Hayek et beaucoup d’autres : aujourd’hui majoritairement des noms sur de vieilles photos, je ne suis pas sûr que notre soi-disant prix Nobel en ait même parcouru la moitié. Et je ne parle même pas de tes grandes connaissances littéraires et philosophiques.

Tu dénonçais le goût immodéré de l’argent, cette course pour savoir qui serait le plus riche du cimetière

Tu défendais une approche d’économie politique, à vision large, qui s’interrogeait sur la nature du capitalisme, sa dynamique et sa dimension sociale, écologique et politique. Tu t’intéressais aux dimensions psychologiques et irrationnelles du comportement économique. Tu dénonçais la surconsommation et le goût immodéré de l’argent, cette course pour savoir qui serait le plus riche du cimetière.

Un style

Tu savais écrire, en français, pas en équations. Et quelle plume ! Le sens de la formule : la fin du travail « s’est muée en travail sans fin » ; les stock-options, une« simple avance sur pillage »… Et, bien sûr, le sens de l’humour. Les crises de rire qu’on a pu prendre dans le studio d’On n’arrête pas l’éco quand on t’écoutait répéter tes portraits juste avant l’émission. Et à l’écrit, je ne résiste pas à piocher deux trois choses parmi des centaines :

  • « Si l'on vendait Jacques Delors à sa valeur travail, on pourrait éponger les pertes sur Attali soldé à sa valeur pensée. »
  • « Quand on a passé quelques heures sur le périphérique, on a plus vite fait le tour du progrès que de Paris ! »
  • Ou quand tu te demandais ce que c’est d’être socialiste aujourd’hui :« Désormais, les socialistes sont des gestionnaires. Pourquoi pas ? Comptable est un métier comme un autre »

Tu avais le goût et tu avais fait le choix de la pédagogie économique. S’adresser à tous pour donner envie de comprendre et de s’impliquer dans le débat démocratique sur l’économie. En cela, tu ne pouvais qu’être proche d’Alternatives Economiques. Tu as toujours été un fidèle compagnon de route.

Bref, on le comprend à cette longue liste, tu n’avais plus rien à voir avec ce qui fait l’économiste standard d’aujourd’hui.

Etre journaliste

« Si c’était à refaire, j’aurais commencé par le journalisme », as-tu dit. Héritage de ton père, un peu, qui dirigeait des journaux pendant la résistance. « Journalisme », « résistance », deux mots qui vont si bien ensemble chez toi.

Permets-moi de finir sur une petite note personnelle. Quand Oncle Bernard m’a dédicacé son Journal d’un économiste en crise, il a écrit : « Pour mon cher neveu Christian. » Je peux te dire que j’étais pas peu fier ce jour-là ! Je suis sûr qu’on est plein à avoir reçu cette dédicace, parce que des neveux, heureusement, tu en as quelques-uns. C'est juste qu'il nous faudra encore un paquet d'années pour arriver à ton niveau de culture économique et de pédagogie. Et pour le reste, la voix, le style, l'humour, la poésie, etc., on sera obligé de faire autrement : tu as placé la barre trop haut.

Tes livres portaient une déception mais aussi un espoir

Enfin, alors que tu avais mon adresse mail et mon portable, quand tu voulais dire des choses importantes, tu continuais à écrire des lettres, à l’ancienne. Dans la dernière que j’ai reçue de toi, tu me disais que tes livres portaient « une déception mais aussi un espoir » : parce que « la vie est en nous, la vie est ailleurs », ailleurs que dans l'économie. Tu as été un homme généreux. Et par les temps qui courent, la générosité, ça fait un bien fou.

Bernard Maris a été assassiné le mercredi 7 janvier 2015 dans les locaux du magazine Charlie Hebdo, lors de la conférence de rédaction à laquelle il participait.

Bernard Maris avait de multiples qualités, tant intellectuelles, professionnelles, artistiques, que personnelles. En particulier, il était doté d’une gentillesse et d’une bienveillance rares.

En tant qu’économiste, il possédait avec brio ce qui est peut-être la qualité la plus importante : la capacité de surprendre, de provoquer, mais aussi et surtout d’expliquer au plus grand nombre, de décortiquer, d’expliquer et… de faire rire.

Il était un passeur, un éveilleur de consciences, un « poil à gratter » qui déshabillait sans cesse les thuriféraires de la pensée libérale pour montrer à quel point leur pensée allait à l’encontre du bonheur des hommes, du fonctionnement harmonieux de la société, et de la préservation de notre environnement.

Sur le plan théorique, il était keynésien, au sens plein du terme. Pour Maris, Keynes c’était cet « économiste citoyen », celui qui recherche inlassablement la paix et la prospérité – car Maris n’oubliait jamais, sombre présage, qu’au bout de l’horreur économique il y avait l’horreur tout court.

Pour Keynes, on le sait, « un économiste de qualité, ou simplement compétent, est un oiseau rare ». En effet, « il doit être mathématicien, historien, homme d’Etat, philosophe, dans une certaine mesure. Il doit comprendre les symboles et s’exprimer avec des mots. Il doit observer le particulier d’un point de vue général et atteindre le concret et l’abstrait du même élan de pensée. Il doit étudier le présent à la lumière du passé et dans la perspective du futur. Rien de la nature et des institutions de l’homme ne doit lui être étranger. Il doit être à la fois impliqué et désinteressé ; être aussi détaché et incorruptible qu’un artiste et cependant avoir autant les pieds sur terre qu’un homme politique ».

Bernard Maris était un peu de tout cela. Lorsqu’on lui demandait ce que lui, économiste critique radical pouvait bien enseigner, il répondait « l’histoire économique ». Aujourd’hui, l’histoire économique a à peu près disparu des cursus des facultés d’économie – tout comme la lecture des textes de Keynes.

Bernard Maris était d’une grande érudition, qui ne se limitait pas aux sciences sociales. Le combat de l’AFEP est avant tout celui de la culture économique, entendue comme connaissance des auteurs de sciences sociales, de l’histoire et des sociétés contemporaines. Son combat est le nôtre.

Aujourd’hui, les facultés d’économie produisent des Jean Tirole, qui s’opposent au pluralisme.

Si l’AFEP ne gagne pas ses combats, elles ne produiront plus de Bernard Maris.

En attendant, que faire ? Lire, lire, et encore lire. Donner à lire aux étudiants l’Anti-manuel d’économie de Bernard Maris, qui a connu un succès considérable dans la population mais qui est à peu près absents des cours de faculté.

Notre peine est infinie d’avoir perdu sous les balles une personne d’une telle intelligence, d’une telle humanité. Mais l’AFEP est là pour essayer d’empêcher que sa lumière ne s’éteigne tout à fait.

Le mot “atterré” a pris aujourd’hui un autre sens. Il ne désigne plus seulement une poignée d’économistes en opposition avec leurs collègues qui continuent envers et contre toute pensée logique de faire prendre des vessies pour des lanternes aux citoyens et à leurs étudiants. Bernard Maris faisait partie de ces économistes atterrés. Mais aujourd’hui le mot “atterré” désigne l’effondrement qui nous atteint, nous sidère et nous submerge après son assassinat et celui de ses amis de Charlie Hebdo.

Bernard Maris fut peut-être, à l’aube du capitalisme néolibéral qui vit la “science” économique basculer définitivement dans l’apologie de la finance spéculative, l’un des premiers sinon le premier de notre génération à partir en bataille contre cette pseudo-science. Il fit cela avec toute sa connaissance de l’intérieur de la discipline et avec un humour ravageur, à l’image de son Charlie Hebdo, de notre Charlie Hebdo.

Car la bataille qu’il mena était double. D’abord contre ses pairs qui ne lui arrivaient pas à la cheville.  Son livre Des économistes au-dessus de tout soupçon ou la grande mascarade des prédictions (A. Michel, 1990) dénonçait déjà il y a vingt-cinq ans, à une époque où les voix contraires étaient rares, les économistes “Diafoirus” et mettait en pièces les prétendues “lois” économiques enseignées dans toutes les universités.

Et il mena aussi une bataille pour la démocratie en rendant accessible, par la voie de la dérision et du pastiche, la dénonciation précise du discours envahissant la sphère cathodique. Il participa à sa manière à la critique de l’austérité pour les pauvres et des largesses pour les riches, du capitalisme envahissant tout, du productivisme qui détruit humains et planète, et son argumentation en faveur de la réduction du temps de travail ne se démentit jamais.

Atterrés que cette voix se soit tue, que cette voix ait été tuée, ulcérés devant de tant de violence et de haine envers l’humanité humaine, nous pleurons de tristesse et de stupeur.

Je suis Charlie, nous sommes Charlie, telle est la réponse que spontanément la société oppose à cette violence et à cette haine.

Bernard Maris était un “atterré” non violent. Nous sommes tous des atterrés non violents, mais déterminés.

Bernard Maris

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Le projet de "Loi Macron" examiné en commission ce lundi. Les 10 points clés à retenir

Le projet de "Loi Macron" examiné en commission ce lundi. Les 10 points clés à retenir | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Le projet de loi pour la croissance et l'activité dite "Loi Macron", examiné en commission à l'Assemblée nationale à partir de ce lundi, prévoit diverses mesures englobant nombre de secteurs, dont celui des professions juridiques et des transports, et élargit l'ouverture des commerces le dimanche. Les start-up sont également concernées. Revue de détail.

C'est ce lundi 12 janvier que doit débuter l'examen du projet de "Loi Macron" en commission à l'Assemblée avant les débats à l'Assemblée nationale le 26 janvier. La Tribune vous en rappelle les principaux points.

Travail du dimanche
- Les maires pourront permettre aux commerces d'ouvrir 12 dimanches par an au lieu de 5 actuellement. Le Gouvernement veut également créer des "zones touristiques internationales" où le travail le dimanche et le soir sera possible toute l'année.

- Toutes les entreprises du secteur du commerce auront l'obligation de verser aux salariés travaillant le dimanche "une compensation salariale".

Professions réglementées du droit

- Une nouvelle grille des tarifs sera fixée par décret, dès 2015, après avis de l'Autorité de la concurrence, dans le but de faire baisser les tarifs en les orientant vers les coûts réellement encourus par les professionnels.

- Les conditions d'installation des professionnels du droit à leur propre compte seront simplifiées : un notaire salarié, un huissier, pourra choisir entre racheter la clientèle d'une étude déjà installée, comme c'est le cas actuellement, ou créer sa propre clientèle, seul ou en s'associant avec d'autres professionnels.

- Pour les avocats, les prix ne seront plus réglementés mais, en contrepartie, une convention d'honoraire écrite sera désormais obligatoire avant toute intervention.

- Création d'un nouveau statut d'avocat en entreprise qui offre le choix entre le cabinet et l'entreprise, avec la possibilité de passer facilement de l'un à l'autre en conservant le titre d'avocat et l'inscription au barreau.

- Possibilité d'organiser des regroupements entre professions réglementées d'une même famille d'activité pour développer l'interprofessionnalité et d'ouvrir le capital des sociétés à d'autres professionnels libéraux.

Transport

- Ouvrir l'exploitation des lignes de bus nationales en complément de l'offre ferroviaire et de l'utilisation de la voiture individuelle pour favoriser la mobilité.

- Les concessions autoroutières seront régulées afin de limiter les hausses de tarifs. L'actuelle Autorité de régulation des activités ferroviaires (ARAF) deviendra l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (ARAFER) avec des pouvoirs élargis. Elle pourra contenir les tarifs de péages, mettre plus de concurrence dans les marchés d'autoroutes, et donner son avis sur les lignes d'autocars nationales.

- Réduire les délais d'attente de l'examen de passage du permis de conduire et participer ainsi à la diminution de son coût.

Actionnariat salarié

Il s'agira de développer le recours des entreprises à l'actionnariat salarié. Quand une augmentation du capital paraît être le seul moyen de poursuivre l'activité, le juge pourra "en ultime recours", "obliger la vente des actions des personnes qui contrôlent une entreprise en difficulté au profit de personnes présentant un plan crédible de sauvetage de l'entreprise et de maintien de l'emploi".

Selon l'avis du Conseil d’État, cette obligation s'appliquerait uniquement aux entreprises de plus de 150 salariés.

Start-up

Inciter les entreprises à associer plus largement les salariés à leur capital : le projet de loi prévoit que les start-up pourront attribuer des bons de souscription de parts de créateurs d'entreprises (BSPCE, options d'achats sur des titres de l'entreprise) à tous leurs salariés, et y compris ceux de leurs filiales. Cette mesure doit aussi permettre d'attirer des cadres pour les petites sociétés qui ne sont pas encore en mesure de les rémunérer très généreusement.

Urbanisme commercial

L'Autorité de la concurrence s'assurera que l'implantation de commerces respecte les conditions d'une concurrence équitable et offre au consommateur un véritable choix. Elle pourra enjoindre les opérateurs détenant plus de 50% d'un marché, dans le commerce de détail, "de céder une partie de leurs activités".

Prud'hommes
Il s'agit de réformer la justice prud'homale pour la rendre "plus simple et plus rapide" en raccourcissant les délais et favorisant l'intervention de juges professionnels.

Cessions de participations de l’État

Les autorisations d'ouverture du capital concerneront les sociétés aéroportuaires de Lyon et de Nice Côte d'Azur.

Logement
Le projet de loi veut développer le "logement locatif intermédiaire" en offrant aux communes une "majoration de constructibilité" de 30%, c'est-à-dire une augmentation du nombre de mètres carrés constructibles sur un terrain donné.

LaTribune.fr

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Toulouse. Innovia reprend Livré Monté et se dote d'une filiale logistique

Toulouse. Innovia reprend Livré Monté et se dote d'une filiale logistique | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Avec la reprise de Livré Monté, le transporteur toulousain Innovia ajoute une corde à son arc, la logistique. La société est reprise avec 95% de ses effectifs et les deux entreprises vont fusionner ensemble dans de nouveaux locaux. 

 

Pour diversifier ses activités, le fournisseur toulousain de solutions de transport Innovia vient de reprendre le logisticien Livré Monté, ce qui devrait mener à la création de la filiale Innovia Logistique. Le groupe est né il y a vingt ans avec pour spécialité les métiers de la course, avant d’orienter son activité vers le transport dédié en 2007. « Mais notre ADN est resté le même », précise Eric Gennaro, le dirigeant d’Innovia. « Pour consolider notre chiffre d’affaires, nous sommes venus ajouter de nouvelles activités autour de notre cœur de métier : les lignes et tournées régulières. »

La société compte une dizaine de salariés et réalise un chiffre d’affaires de 6 à 7 millions d’euros par an. « Pour nous différencier de nos concurrents, nous avons opté pour un positionnement de transporteur qualitatif avec une activité multi-facettes. Notre parc de quatre-vingts véhicules va de la Kangoo au semi-remorque, nous faisons très attention à notre image et nous apportons des services supplémentaires autour de la communication avec nos clients tout au long de notre intervention », indique Eric Gennaro. Les activités d’Innovia se déploient sur l’ensemble de l’Europe.

 La e-logistique en ligne de mire

Il manquait à Innovia le savoir-faire logistique, que va venir lui apporter la reprise de Livré Monté. « Plutôt que de créer une activité de toutes pièces, nous avons préféré reprendre cette société à la barre du tribunal », constate Eric Gennaro. Livré Monté s’est en effet spécialisé, à son origine, dans la livraison et le montage de meuble, avant de développer une partie e-logistique dédiée à la réception, au stockage, à la préparation et à la livraison de commandes pour les acteurs locaux du e-commerce. « Nous pensons chez Innovia que ce savoir-faire a de l’avenir. Nous allons ainsi mettre l’accent sur la e-logistique dans notre filiale, mais également créer des synergies entre nos deux métiers », reprend Eric Gennaro.

Livré Monté réalisait jusque-là un chiffre d’affaires de 1 million d’euros et comptait une vingtaine d’employés. La reprise s’effectue avec 95% des salariés de l’entreprise. « Outre la complémentarité des activités, notre mariage était assez évident car nous partageons des valeurs communes en terme de philosophie et de culture d’entreprise », conclut Eric Gennaro. Les deux sociétés sont en plein déménagement dans d’anciens locaux d’Exapaq à proximité du pérphérique.
Agnès Frémiot

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Isabelle Bardin's curator insight, January 6, 3:25 AM

La diversification vers le e-commerce est un des axes de développement

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Formation professionnelle : quels sont vos nouveaux droits ?

Formation professionnelle : quels sont vos nouveaux droits ? | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Entrée en vigueur le 1er janvier, la réforme de la formation professionnelle crée de nouveaux droits pour les salariés et les demandeurs d'emploi. CPF, CEP, entretien professionnel… tour d'horizon des outils au service de votre évolution de carrière.

 

Du système de financement à la définition des cursus qui pourront être financés, en passant par les dispositifs, les critères d’accès… tout ou presque change ! « Il s’agit d’une réforme de fond, politique et sociétale, un changement total de paradigme », estime Olivier Gérard, directeur de l’Agefos PME Midi-Pyrénées. La réforme de la formation professionnelle, entrée en vigueur le 1er janvier 2015, instaure ainsi de nouveaux droits pour les actifs, mais restreint dans le même temps l’éventail des formations éligibles. Les fonds étant réorientés en priorité vers la qualification et la certification.

 

Un CPF tout au long de la vie

Toute personne possède par exemple d’un Compte personnel de formation (CPF) désormais. Actif dès l’entrée dans le monde du travail (à partir de 16 ans) et jusqu’à l’âge de la retraite, il permet de cumuler 24 heures par an (dans le cas d’un temps complet), jusqu’à l’acquisition d’un total de 120 heures de crédit, puis 12 heures par an dans la limite de 150 heures. Il pourra par ailleurs être abondé par l’entreprise ou un Opca. Géré par la Caisse des dépôts et consignation, il remplace ainsi le Droit individuel à la formation qui, lui, était étroitement lié au contrat de travail. Les heures acquises au titre du DIF restent toutefois utilisables (jusqu’au 1er janvier 2021), mais selon les règles du CPF. En clair, seules des formations favorisant l’accès à la qualification / certification pourront être financées !

La loi instaure également une nouvelle prestation gratuite : le Conseil en évolution professionnelle (lire notre « Zoom »). Il sera aussi question d’évolution lors de l’entretien professionnel, une obligation à laquelle devront satisfaire les entreprises tous les deux ans. Moins fréquent (tous les six ans), mais obligatoire lui aussi, le récapitulatif du parcours professionnel. L’entreprise devra alors justifier que chaque salarié a bénéficié d’une formation au moins, et d’une augmentation de salaire ou d’une évolution de poste. Sans quoi elle sera sanctionnée…

 

Des dispositifs élargis

Mais la réforme ne se limite pas à créer de nouveaux outils. Elle élargit également les contours de dispositifs existants. Des dispositifs qui ont fait leur preuve, à l’instar de l’alternance. Afin de sécuriser les parcours des alternants, le contrat d’apprentissage pourra être conclu à durée indéterminée, tandis que le tutorat devient obligatoire pour tous les contrats de professionnalisation. La réforme a par ailleurs modifié la durée et la nature des formations accessibles en périodes de professionnalisation (70 heures minimum, qualifiantes, certifiantes…), et élargi son public aux salariés en CDI, en contrat unique d’insertion (CUI) ou en CDD d’insertion. Jusqu’alors réservée aux demandeurs d’emploi, la Préparation Opérationnelle à l’emploi est étendue aux salariés en CDD d’insertion ou en contrat unique d’insertion, l’employeur s’engageant alors à maintenir leur rémunération. La réforme tend enfin à faciliter l’accès à la Validation des acquis de l’expérience (VAE). Aux personnes faiblement qualifiées, qui pourront suivre des périodes de formation initiale ou continue en milieu professionnel, mais encore aux salariés en CDD, qui pourront plus facilement accéder au Congé VAE.


Ingrid Lemelle

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Ce que révèlent les 117 pages du recours contre la privatisation de l'aéroport Toulouse-Blagnac

Ce que révèlent les 117 pages du recours contre la privatisation de l'aéroport Toulouse-Blagnac | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Déposé vendredi 19 décembre dans le cadre d'un recours contre la privatisation de la société Aéroport Toulouse-Blagnac, le référé suspension sera étudié par le Conseil d'État le 29 décembre à 11h à Paris. Dans les 117 pages du mémoire, l'avocat toulousain Christophe Lèguevaques dénonce des erreurs de droit, des manquements à la procédure d'appel d'offres et critique la Commission des participations et transferts de l'État. Mis en cause en au nom de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc réagit.

C'est un mémoire de 117 pages que l'avocat Christophe Lèguevaques a présenté vendredi 19 décembre devant le Conseil d'État à Paris. Représentant 23 personnes physiques, associations et syndicats, l'avocat a déposé un recours pour excès de pouvoir contre la décision de privatiser la société Aéroport Toulouse-Blagnac et contre la procédure elle-même, ainsi qu'un référé suspension pour empêcher le transfert des parts de l'État au consortium chinois. Un transfert qui doit avoir lieu avant la fin 2014.

"Le Conseil d'État a fixé l'audience du référé suspension au lundi 29 décembre à 11h. Cela veut dire que notre affaire leur paraît sérieuse, s'est félicité Christophe Lèguevaques. Notre recours est donc recevable. Nous entrons maintenant dans une procédure contradictoire où l'État va à son tour transmettre un mémoire au Conseil d'État pour contredire nos arguments."

En attendant l'audience, le recours des requérants est disponible en ligne. La lecture des 117 pages éclaire les arguments de Christophe Lèguevaques. Après avoir rappelé l'historique d'une procédure initiée le 11 juillet 2014, le recours liste l'ensemble des arguments qui, selon les requérants, devrait aboutir à l'annulation de la décision de privatiser et de la procédure en cours.

Des manquements à la procédure de l'appel d'offres
D'après les requérants, la législation concernant les appels d'offres n'a pas été respectée à plusieurs reprises.

Tout d'abord, SNC Lavalin n'aurait pas dû pouvoir candidater car la société ne remplit pas les conditions d'honorabilité du fait de sa radiation pour 10 ans pour des faits de corruption par la Banque mondiale, rappelle l'avocat en s’appuyant sur la circulaire du 14 février 2012 relative au Guide de bonnes pratiques en matière de marchés publics. Après la publication de cette information dans la presse, la société canadienne a perdu "sa qualité de chef de file" de l'offre sino-canadienne au profit des deux investisseurs chinois (Shandong Hi Speed Group et Friedmann Pacific Investment Group), à partir du 11 novembre. Interdit par le cahier des charges de l'appel d'offres, "ce changement de chef de file est en lui-même un vice de forme et de procédure" selon Christophe Lèguevaques.

Par ailleurs, du fait de leurs implantations dans les Îles Vierges Britanniques et à Hong-Kong, "paradis fiscaux au sens de l'OCDE et de la réglementation fiscales", les deux investisseurs chinois du consortium Symbiose disposent, toujours selon l'avocat toulousain, d'un "avantage anti-compétitif qui fausse l'analyse économique de leur offre et viole le principe d'égalité entre les candidats". Cette caractéristique ne leur permet pas non plus de respecter les "obligations sociales et fiscales" ce qui est pourtant la règle pour candidater à un appel d'offres concernant un marché public. 

En outre, le refus par l'État de communiquer le pacte d'actionnaires avec l'acquéreur, et ce même après le choix du repreneur, "ne respecte pas le principe de transparence propre à la procédure", estime Christophe Lèguevaques

Enfin, toujours en ce qui concerne la procédure d'appel d'offres, les collectivités "prétendument associées au choix n'ont pas eu accès aux différents projets, rappelle l'avocat dans son mémoire. Elles ont dû se contenter de documents établis par l'Agence des participations de l’État pour comparer les offres." Elles n'auraient d'ailleurs pas toutes été logées à la même enseigne selon lui, puisque "la procédure a induit un traitement inégalitaire entre les collectivités locales, dont certaines se trouvent favorisées par rapport à d'autres".

Dans le collimateur de l'avocat : Toulouse Métropole. "Le moment venu, il conviendra de vérifier les raisons du traitement différencié entre les collectivités, écrit Christophe Lèguevaques. Serait-ce dû au fait que Xavier Patier, directeur général des services de la mairie de Toulouse et de la communauté urbaine dispose "d'entrées à Bercy" qui lui ont permis de négocier dès le mois de novembre des contreparties avec le repreneur chinois". On peut lire en effet dans le mémoire du recours que Xavier Patier est issu de la promotion Solidarité à l'ENA, tout comme Inès Mercereau, l'une des membres de la Commission des participations et transferts.

"Tout cela me paraît fumeux, réagit Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole. En quoi le fait d'être de la même promotion, il y a des années, serait-il un problème ? Les collectivités n'ont eu aucun pouvoir de décision. Elles ont été traitées de façon égalitaire. Elles ont reçu le même jour les dossiers transmis par l'Agence des participations de l'État ; ont auditionné ensemble les candidats ; et ont formulé un avis unique commun". Et de conclure : "Je reconnais à ce défaut de sérieux le goût de la polémique politicienne de certains acteurs de ce recours, habitués d'ailleurs à perdre devant les tribunaux après s'être fait mousser dans les médias".
"Mon dernier contact avec Inès Mercereau remonte à une dizaine d'années. Et elle le confirmera", affirme pour sa part Xavier Patier,

Erreur de droit et absence d'étude d'impacts

Par ailleurs, l'avocat révèle que l'Ordonnance du 20 août prise par le gouvernement au sujet de l'aéroport "remet en cause les droits des salariés d'une entreprise détenue majoritairement par l'État". Qui plus est, d'après le Code du travail, l'État aurait dû consulter le comité d'entreprise d'ATB "préalablement à sa décision relative au choix du repreneur". En conséquence, l'avocat demande au Conseil d'État de "prononcer la nullité de l'ordonnance", ainsi que de la procédure de privatisation qui en découle.
 
Les requérants rappellent aussi que le choix de l'acquéreur aura des conséquences sur "l'aménagement urbain, l'organisation des déplacements et des transports, l'environnement, la santé publique, la sécurité des équipements, des utilisateurs, des riverains et la sécurité nationale". En l'absence d'étude d'impact, ils constatent "la violation du Code de l'environnement", et donc "la nullité de la décision du choix du consortium Symbiose".
De plus, l'avocat constate plusieurs violations de la charte de l'environnement, de la loi de mise œuvre du Grenelle de l'Environnement et de celles instaurant la démocratie participative en matière d'environnement.

La Commission des participations et transferts critiquée
Outre les arguments concernant directement l'aéroport de Toulouse, l'avocat toulousain attaque également la Commissions des participations et transferts (CPT), qui n'aurait tenu compte que des aspects financiers de la vente des parts de l'État sans considérer les éventuelles conséquences négatives.

Argument surprenant, le conseil des requérants relève que "sur les sept membres de la CPT, une seule est une femme, ce qui constitue une violation de loi pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes (…)". Cette composition "irrégulière" de la CPT "affecte ses délibérations, avis et analyses, rendant ces dernières nulles pour vice de forme et de procédure".

Le recours critique ensuite "le tropisme" financier de la CPT, dont "cinq membres sur sept sont inspecteurs des finances ou ont travaillé dans le monde bancaire et financier". Une surreprésentation rendant "impossible l'évaluation de la stratégie industrielle et la prise en compte des conséquences durables de la privatisation".

Par ailleurs, Christophe Lèguevaques met en doute l'indépendance des avis et analyses de la CPT du fait de la présence d'Inès Mercereau, associée-gérante de la banque Arjil&Cie (groupe Lagardère) entre 1995 et 1997. À l'époque, révèle le document, l'établissement de crédit avait recruté Régis Turrini, nommé depuis au poste de Commissaire de l'Agence des participations de l'État le 31 juillet 2014. Pour Christophe Lèguevaques, "il n'est pas conforme aux règles d'indépendance consubstantielles à une autorité administrative indépendante comme la CPT que l'un des membres puisse avoir entretenu des rapports hiérarchiques avec le Commissaire dont elle doit apprécier et contrôler aujourd'hui le travail".

Enfin, l'avocat inscrit au barreau de Paris relève qu'il est impossible de vérifier si "la CPT s'est réellement réunie pour discuter et étudier collégialement les différentes offres", comme l'y oblige le code de la santé publique.

En conclusion, Christophe Lèguevaques annonce qu'il déposera en janvier une question prioritaire de constitutionnalité devant le Conseil constitutionnel pour interroger la constitutionnalité de la loi du 20 avril 2005 relative aux aéroports. "Mes arguments devraient conduire le Conseil d'État à considérer que le principe même d'une privatisation des aéroports est contraire à la Constitution", ce qui n'empêche pas une "participation minoritaire au capital et dans le contrôle opérationnel".

D'après le Conseil d'État, le juge des référés donnera "une indication du moment où il rendra son ordonnance à la fin de l'audience publique du 29 décembre, en fonction de l'urgence et du temps dont il aura besoin pour mener à bien son instruction. En pratique, cela peut être entre 48h et un mois."

Contacté en fin d'après-midi, le service presse du ministère de l'Économie n'a pu donner suite à nos demandes.

Gael Cérez

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Airbus livre son premier A350 XWB à Qatar Airways

Airbus livre son premier A350 XWB à Qatar Airways | La lettre de Toulouse | Scoop.it


L'A350 de la compagnie Qatar Arways au décollage à Toulouse lundi 22 décembre.


 

Sept années après avoir reçu la commande de la compagnie aérienne Qatar Airways, Airbus a livré ce lundi 22 décembre à Toulouse son premier A350 XWB, un gros porteur de première génération.

Ce lundi 22 décembre est un jour historique pour Airbus. Le constructeur européen vient de livrer son premier A350 XWB à la compagnie Qatar Airways. Initialement prévue le samedi 13 décembre, la cérémonie a été suivie par 150 journalistes au Delivery Centre d'Airbus à Colomiers. 

"C'est plus qu'un grand jour pour Airbus, c'est un jour historique, s'est félicité Fabrice Brégier, le président d'Airbus Aircraft. Après l'A300, l'A320, l'A330, l'A340 et l'A380, nous livrons aujourd'hui l'A350 à une compagnie dont les critères de qualité sont très élevés, et dans les temps prévus. Je suis très fier de notre équipe et de notre partenaire Rolls-Royce. Je voudrais également remercié Louis Gallois, qui a su convaincre le directoire à l'époque que l'A350 XWB était le bon modèle et que nous le livrerions à temps malgré nos difficultés."

"L'A350 va marquer la prochaine décennie car il n'y aura pas de nouvel avion développé d'ici là, a souligné Akbar Al Baker, le président de la compagnie aérienne Qatar Airways. Avec Airbus et Rolls-Royce, nous sommes fiers de faire l'histoire. C'est la commande par Qatar Airways de 80 A350 en juin 2007 qui a permis de développer ce programme, conçu main dans la main avec Airbus."

Lors de son discours, le président de la compagnie qatarienne a également eu quelques mots pour Louis Gallois. "Je voudrais le remercier car il y a huit ans, nous avons négocié, frappé du poing sur la table et finalement trouvé un accord gagnant-gagnant pour les deux parties, a rappelé Akbar Al Baker. Je remercie également Didier Evrard, le directeur de programme de l'A350, avec qui j'ai eu quelques désaccords il y a deux jours à cause des exigences de qualité de Qatar Airways, pour avoir, enfin, livré cet appareil."

"Vous êtes un client difficile et exigeant, peut-être un peu trop, a plaisanté Fabrice Brégier à l'attention d'Akbar Al Baker. Mais vous êtes l'un des architectes de l'A350. Sans vos exigences, l'A350 ne serait pas le meilleur avion dans sa catégorie aujourd'hui. À l'avenir, notre travail en sera facilité avec nos autres clients car nous avons déjà réalisé les exigences de la première compagnie aérienne au monde. Nous vous devons beaucoup."

Un succès commercial
"Airbus est de retour", affirmait Louis Gallois en 2006 en annonçant le lancement d'une nouvelle version de l'A350, un programme de 10 milliards d'euros à l'époque, près de 12 milliards aujourd'hui.

Fabriqué à 53 % avec des matériaux composites, l'A350 devrait être moins gourmand en carburant que ses concurrents. "Peu importe le prix du fuel, cela représente 50 % des coûts des compagnies aériennes, a rappelé Kiran Rao, vice-président stratégie et marketing à Airbus, lundi matin, lors de la présentation de l'avion. Il consommera 25 % de carburant de moins que le Boeing 777 actuel."

Certifié en un temps record - moins de 15 mois après le premier vol en juin 2013 -, l'A350 va faire face au défi de montée en cadence de la chaîne de production. "Il va falloir accompagner nos fournisseurs pour accroître les cadences, a annoncé Didier Evrard, le directeur des programme à Airbus. Nous devons faire en 4 ans ce que nous avons fait en 18 ans pour l'A330. L'objectif est de produire 10 avions par mois en 2018."

Avec 778 commandes à la fin novembre, l'A350 est déjà un succès
commercial. D'après Airbus, le potentiel de vente est de 2 500 avions, soit 500 milliards de dollars. Une
quinzaine d'appareils sera livrée en 2015 à Qatar Airways, Finnair et Vietnam
Airlines.

Gael Cérez

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Toulouse séduit les investisseurs étrangers

Toulouse séduit les investisseurs étrangers | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Toulouse devient progressivement un «terrain de chasse» pour les entreprises étrangères qui font le maximum pour attirer le savoir-faire local. Dans tous les domaines.

Toulouse, nouvel eldorado pour les investisseurs étrangers ? Cela n'a jamais été aussi vrai et l'actualité récente en témoigne. Les acquéreurs chinois du consortium Symbiose sont en passe d'acquérir 49,99 % du capital de l'aéroport Toulouse-Blagnac. Hier, ils se sont présentés devant le Comité d'entreprise de l'aéroport, passage obligé pour faire avancer le dossier malgré le recours qu'un comité de riverains compte déposer devant le Conseil d'État pour empêcher cette privatisation.

La Ville rose a un atout majeur avec l'avionneur Airbus qui vend des avions aux Émirats Arabes Unis, au Qatar, à la Russie, à Singapour, au Japon. Grâce à des secteurs comme l'aéronautique, le spatial, l'agroalimentaire, la gastronomie (les Chinois ont désormais la main sur près de la moitié des cassoulets, mais veulent remplacer la saucisse de Toulouse par des nems) et le médical. Les cliniques privées Capio ne sont-elles pas suédoises ?

Pour nombre d'observateurs, les investisseurs étrangers sont légion à Toulouse. Ils se font même de plus en plus pressants. Tout cela est bien beau, mais il faut savoir raison garder. «La métropole de Toulouse est incontestablement une ville attirante, explique Jean-Jacques Dardelet, conseiller municipal chargé des relations extérieures. Elle a une dimension internationale, c'est certainement la plus européenne des villes françaises. Elle est devenue un terrain de chasse pour beaucoup de pays qui cherchent à développer leur économie, mais il faut être très lucide sur les intentions de chacun. Ce sont des pays dont l'exigence est grande : cela ne pose pas de problèmes aux grands groupes qui savent exporter, mais une PMI ou une PME a-t-elle les moyens de prendre de tels risques ?».

Toulouse, qui démontre d'un dynamisme économique certain et qui abrite désormais le prix Nobel d'économie 2014, Jean Tirole, reste une métropole «attirante» à plus d'un titre.

M. Dardelet, qui multiplie les contacts avec les délégations étrangères (Suède, Norvège, Allemagne, Chine, Viet Nam…), assure que la ville «représente un marché pour les entreprises étrangères, également à la recherche de partenaires pour les échanges de technologies, de sous-traitants performants. Leur message est clair : vous avez des ambitions, comptez sur nous pour les réaliser».

Toulouse est désormais une «French tech». Un label obtenu récemment et conçu pour permettre aux métropoles numériques de se développer au niveau national et surtout international.

Gérald Camier

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Entrevue Citoyenne : l'économie solidaire en Haute-Garonne - JCE Toulouse

Entrevue Citoyenne : l'économie solidaire en Haute-Garonne - JCE Toulouse | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Les élections départementales des 22 et 29 mars 2015 sont une nouvelle opportunité d’aller à la rencontre de nos futurs élus.

La JCE de Toulouse organise une Entrevue Citoyenne le 11 février 2015 à 20h, au Clos de François.

Le thème de la soirée portera sur l’économie solidaire au sein de notre territoire.
Nous accueillerons à cette occasion deux élues qui répondront aux questions de l’assemblée :

  • Jennifer Courtois-Perissé, Maire de Rieumes, Conseillère Générale sortante et candidate de la droite et du centre sur le canton de Cazères
  • Isabelle Hardy, Conseillère Municipale à Toulouse et chargée de mission à l’industrie numérique, candidate PS sur le canton Toulouse 4.
Quelques éléments de contexte

Initialement menées par des Jeunes Chambres Économiques à l’échelle locale en 2007, les « Entrevues Citoyennes » sont reprises au niveau national depuis lors à l’occasion des élections politiques majeures.

Les Entrevues Citoyennes se veulent un espace de débat et d’expression, une opportunité donnée aux candidats de répondre équitablement aux questions de la jeunesse et d’impliquer les jeunes citoyens actifs de leur territoire dans les projets futurs.

En résumé, les Entrevues Citoyennes c’est :

  • le trait d’union entre les citoyens et les politiques à l’occasion des élections,
  • le décryptage des programmes des différents candidats, pour faciliter la lecture concrète des propositions politiques,
  • le moyen d’inciter les jeunes et les abstentionnistes à se déplacer aux urnes.
Jacques Le Bris's insight:
Infos pratiques

Le Clos de François

150 Grande Rue Saint-Michel, 31400 Toulouse

Métro B St Michel Marcel Langer – Tramway Palais de Justice

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La Maison de l'Initiative parie sur l'entreprise partagée

La Maison de l'Initiative parie sur l'entreprise partagée | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Monique Dufresne, directrice générale de La Maison de l’Initiative.


 

La Maison de l'Initiative a fêté ses vingt ans avec 3 millions d'euros de chiffre d'affaires et un modèle innovant : l'entreprise partagée. La mutualisation des réseaux, des compétences et de l'administratif rompt l'isolement du créateur et initie un autre rapport au travail et au pouvoir.

 

Adoptant le statut de scoop dès sa création en 1994, la Maison de l’initiative a tissé autour du modèle coopératif un type d’organisation économique nouveau : l’entreprise partagée, une alternative à l’auto-entreprenariat et au portage salarial. Elle vient de fêter ses vingt ans avec un bilan élogieux : 3000 personnes accompagnées vers la création d’entreprise ou l’emploi, dont plus de 600 au sein de la coopérative d’activité et d’emploi (CAE). En 2014 l’entreprise a réalisé près de 3 millions de chiffre d’affaires sur ses trois implantations : Toulouse, Ramonville Saint-Agne et en Ariège. Elle compte 145 salariés dont 62 associés [1].

Sécuriser le parcours de l’entrepreneur

Tout a commencé par une structure d’accueil pour des femmes, notamment issues de quartiers difficiles qui souhaitaient créer une entreprise." Au bout de quelques années, nous avons constaté qu’elles ne franchissaient pas le cap de la création faute de sécurisation de ce parcours", raconte Monique Dufresne, directrice générale de La Maison de l’Initiative. La structure crée alors en Midi-Pyrénées la seconde coopérative d’activité et d’emploi de France. Une structure où les porteurs de projets bénéficient d’un accompagnement classique, de la force d’un réseau mais endossent le statut de salarié avec la protection sociale associée et la formation professionnelle, dès qu’ils commencent à facturer. La CAE encaisse les règlements et porte la responsabilité juridique de l’ensemble de ses salariés-associés dont les activités sont hébergées fiscalement, juridiquement et comptablement par la coopérative d’activités. En échange, les salariés versent 10 % de leur chiffre d’affaires pour financer les frais de fonctionnement.

Entreprendre en coopérant

Marie Fedou, fondatrice de « Sustain D », une agence conseil spécialisée dans le bâtiment basse consommation est entrée à la Maison de l’initiative en 2012. Le modèle de l’entreprise partagé est pour elle gage de réussite. "Je trouve au sein de la coopérative d’activités les compétences dont j’ai besoin, - sociologues, graphistes, techniciens -, pour répondre aux projets de mes clients."
Selon Monique Dufresne, c’est dans les alliances plus que dans le regard concurrentiel que l’on réussit. "Au sein de la CAE, plusieurs entrepreneurs travaillent dans le même domaine mais ils n’ont jamais la même approche et sont amenés à travailler en complémentarité". En 2015, la Maison de l’initiative veut d’ailleurs lancer un outil collaboratif par filière pour développer des réponses communes à des appels d’offre au sein du réseau régional Coopérer pour entreprendre sud-ouest.
Aurélie de Varax

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"Hollywood-sur-Garonne" : Bruno Granja, le retour

"Hollywood-sur-Garonne" : Bruno Granja, le retour | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Nouvelle saison dans le feuilleton d’ "Hollywood-sur-Garonne". Deux ans après l’échec du projet de studio de cinéma sur la base aérienne de Francazal (Toulouse), le porteur de projet Bruno Granja, accompagné de plusieurs investisseurs étrangers, propose de nouveaux studios de tournage à Fontenilles en Haute-Garonne. L’ancien architecte de Cugnaux a signé une promesse de vente portant sur 40 hectares de terrain. Interview.

 

En quoi consiste le projet de Fontenilles?
Nous désirons créer un complexe cinématographique comprenant des studios de cinéma à haut niveau d'équipement. Mais il sera aussi question d'enseignement et de recherche. Notre projet s'inscrit dans l'ère de l'industrie médiatique au sens large avec les nouvelles technologies qui l'accompagnent. Il ne se limite pas seulement au cinéma.

Quelle est la raison qui vous a motivé à reconduire un tel projet après l'échec de Francazal ?
Francazal n'a certainement pas marqué la fin de mon intérêt pour le cinéma. J'entretiens une véritable passion pour le cinéma. Ensuite Francazal fut une expérience enrichissante. Seulement, lorsqu'on se lance dans les affaires, le risque zéro n'existe pas. Il y avait un appel à candidatures, la nôtre n'a pas été retenu. La lisibilité financière de notre projet n'était pas assez claire et l'offre foncière que l'on proposait n'était pas suffisante aux yeux de l'État. Mais cela m'a permis d'arriver aujourd'hui à ce nouveau projet.

En quoi le projet de Fontenilles est-il crédible cette fois-ci ?
Désormais on maîtrise le foncier, nous avons signé une promesse de vente portant sur 40 hectares de terrain. Je ne suis plus seul à porter cette initiative, je suis intégré dans un groupe international, Adventure Entertainment Company  (AEC), dont je suis actionnaire et vice-président Europe. Ce groupe est présidé par Donald Bredberg qui était notamment responsable du développement du groupe Universal. AEC réunit des investisseurs européens, américains, asiatiques, saoudiens...  Nous sommes implantés partout dans le monde, et nous sommes en relation avec les plus grandes sociétés de productions cinématographiques.

Lesquels par exemple ?
Pour l'instant cela reste secret.

À l'époque de Francazal, le président de la Fédération des industries du Cinéma, Thierry de Segonzac parlait d'un projet "saugrenu" en invoquant notamment la sous-occupation des plateaux de tournage de la "Cité du cinéma" de Luc Besson...
Chacun son opinion, j'espère avoir une discussion constructive avec les industries techniques. Les équipements, les prestations et les plateaux de tournage que l'on propose pourront être complémentaires aux studios déjà existants. De plus les plateaux de tournage français sont vieillissants et les studios de Bry-sur-Marne sont censés fermer prochainement. Nous allons proposer des équipements de haut niveau. N'oublions pas que, hormis l'Inde, la France est la deuxième industrie cinématographique du monde, et ses techniciens sont parmi les plus réputés, or ils quittent le pays faute de projet. À Los Angeles il est fréquent de rencontrer des Français sur les plateaux de tournage. Cette fuite des cerveaux est regrettable.

Les services de l'État vous viennent-ils en aide ?
Nous ne demandons rien à l'État si ce n'est d'agir en facilitateur. Il faut que l'État centralise ses services pour nous simplifier les démarches administratives. Nous échangeons depuis plusieurs mois avec l'agence française pour les investissements internationaux (AFII) qui dépend du ministère de l'Économie. Aujourd'hui nos relations avec L'AFII sont régulières et constructives. Par ailleurs, le crédit d'impôt accordé aux productions étrangères qui désirent tourner en France vient d'être relevé. Le projet que l'on porte va dans le sens de ce que souhaite l'État, et peut contribuer à relancer l'industrie du pays et lui faire retrouver de son attractivité. Ce serait bénéfique pour notre pays et la région. On parle de 10 000 emplois directs et indirects créés, sans compter le rayonnement culturel que cela apporterait. Notre souhait est d'impliquer le plus possible les entreprises régionales. Les premières seront les entreprises du BTP de la région qui  seront consultées pour la construction.

Pensez-vous concurrencer les plus grands studios français et étrangers ?
Nous avons déjà beaucoup d'échanges avec les sociétés de production audiovisuelle qui expriment un réel besoin. Il faut que l'État poursuive en matière d'incitation fiscale. C'est ce qui a été fait au Royaume-Uni, et depuis, les studios de Pinewood, à Londres, ne désemplissent pas.

Regrettez-vous le site de Francazal ?
Étant de Cugnaux, je le regrette, pour la commune et l'agglomération. Je pensais que la base aérienne était parfaite pour abriter des studios de cinéma, mais un sujet industriel n'est pas forcément attaché à son site, notre projet peut se réaliser ailleurs.

D'où vient votre volonté inébranlable de réussir dans le cinéma ?
Depuis toujours c'est un univers qui me passionne. Lors de mes études d'architecture je dessinais déjà des studios de cinéma. Désormais je me suis totalement investi dans cette aventure et j'ai abandonné mon métier d'architecte.

Êtes-vous sûr de la réussite de ce nouveau projet ?
Rien n'est jamais certain. On fait tout pour et c'est bien engagé.

Jacques Le Bris's insight:
En savoir plus :

AEC
L'Adventure Entertainment Company est un groupe d'investisseurs international, basé à Las Vegas aux États-Unis. Selon Bruno Granja, le groupe finance, développe, exploite des projets liés au divertissement partout dans le monde. Donald Bredberg, son fondateur, a travaillé plusieurs années sur la création du plan initial de financement de Disney Paris en collaboration avec The Walt Disney Company. Il sera en février à Toulouse pour présenter le projet de Fontenilles au coté de Bruno Granja.
Crédit d'impôt international
Le parlement a adopté en décembre 2014, un amendement à la Loi de Finance rectificative, visant à renforcer la compétitivité des crédits d'impôts en faveur du cinéma et de l'audiovisuel. Cette mesure d'optimisation fiscale veut améliorer l'attractivité de la France face à la concurrence internationale. Ce dispositif a principalement bénéficié aux films américains et britanniques, comme la dernière production d'Universal réalisée en France, "Moi, moche et méchant 2".
La Cité du cinéma de Luc Besson
Inaugurée en septembre 2012 à Saint-Denis en banlieue parisienne, la Cité du cinéma était présentée comme les studios les plus grands et les plus modernes d'Europe. Ce lieu rassemble plateaux de tournage, école de cinéma, sociétés de production, scénaristes... Mais le site est sous occupé et critiqué dans sa conception par les professionnels.

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Urbanisme. Oppidea devra faire mieux avec moins dans l'agglomération toulousaine

Urbanisme. Oppidea devra faire mieux avec moins dans l'agglomération toulousaine | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Réductions budgétaires obligent, les projets urbains de Toulouse Métropole doivent s'adapter. Pas de bouleversements dans les grands programmes mais des adaptations partout où c'est possible. Objectif : équilibre financier et habitat moins dense.

 

Avec une vingtaine d’opérations publiques d’aménagement, cinq programmes de renouvellement urbain et des opérations de construction, Oppidea pilote un énorme chantier. La société d’économie mixte, instrument de Toulouse Métropole pour le développement urbain, fait naître de nouvelles zones d’habitat, transforme les plus anciennes et réalise des équipements publics. En 2014, elle a investi 40 millions d’euros en aménagement d’espaces publics et constructions.

La ville sur mesure

Sur les différents sites aménagés par la collectivité, accueillant notamment les nouveaux écoquartiers, 1572 logements ont été mis en chantier l’an dernier et 843 ont pu être livrés. Le volume global des travaux réalisés par les différents promoteurs et bailleurs sociaux s’élève à 410 millions d’euros. En 2015, démarrage prévu de 1317 logements, les livraisons devraient osciller entre 1000 et 1500.

Suite aux élections municipales, Oppidea a changé de gouvernance. Gilles Broquère, président de la commission développement économique et emploi de Toulouse Métropole, a été élu aux commandes de la Sem. Oppidea affiche un nouveau slogan en forme de programme : « La ville sur mesure ». « Nous devons adapter notre feuille de route au contexte politique et budgétaire lié à l’atonie du marché immobilier et au plan de rigueur imposé aux collectivités », explique le président d’Oppidea. « Plusieurs équipes municipales ont souhaité revoir les programmes en cours dans le sens d’une densité plus modérée et d’une meilleure intégration dans le tissu urbain. »

Un nouvel équilibre financier

Les grands projets à venir ne seront pas abandonnés (Laubis à Seilh, Piquepeyre à Fenouillet) mais de nouvelles orientations urbaines sont en cours de finalisation pour les tranches à venir de Tucard à Saint-Orens ou Vidailhan à Balma. « Il s’agit d’innover pour trouver le meilleur équilibre financier, tout en favorisant de nouveaux concepts comme l’habitat intermédiaire (400 logements lancés sur neuf programmes, NDLR) » précise le directeur général, Emmanuel de Séverac. « La commande politique est claire : faire mieux avec moins. »

Dans cet esprit, un nouveau processus de droits à construire sera proposé fin janvier. Il devrait permettre de réduire de 25% les délais de réalisation des programmes.
En matière de construction, Oppidea a conduit huit opérations en 2014, dont des chantiers majeurs comme le musée de l’aéronautique Aeroscopia, l’Institut universitaire du cancer, l’Hôpital Pierre-Paul Riquet ou la salle culturelle Le Métronum. Au programme de 2015, le département de psychologie à l’université Jean-Jaurès, le parking-silo de l’écoquartier La Cartoucherie (notre photo) ou le lancement des travaux de la place centrale du futur quartier Toulouse Montaudran Aerospace.
Oppidea souhaite également développer les zones d’immobilier d’entreprise avec une offre mieux adaptée (environnement, accès, emplacements…) à la demande. 50.000m² de locaux devraient être livrés en 2015.
Marc Pouiol

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"La multiplication des chefs de projet est une catastrophe managériale majeure", affirme le sociologue François Dupuy

"La multiplication des chefs de projet est une catastrophe managériale majeure", affirme le sociologue François Dupuy | La lettre de Toulouse | Scoop.it
Après "Lost in management", le sociologue François Dupuy publie aux éditions du Seuil, "La faillite de la pensée managériale". Il y décortique les raisons pour lesquelles le management tel qu'il est pratiqué échoue et produit cynisme et désengagement. Par "paresse intellectuelle", les acquis des sciences sociales, qui éviteraient bien des erreurs, sont ignorés par des dirigeants qui ont épousé la cause de la pensée financière. Un réquisitoire revigorant.

L'Usine Nouvelle - Qu'est ce qui vous a poussé à revenir sur un sujet dont on pouvait penser que vous aviez fait le tour dans votre précédent livre ?

François Dupuy - Beaucoup de personnes, et pas seulement mon éditeur, m'ont demandé d'écrire la suite. De mon côté, j'avais envie de revenir sur certains phénomènes que j'ai observés en intervenant dans des entreprises ou dans mes travaux de recherche. Certaines personnes me disaient que j'avais bien démonté les mécanismes de ce qui ne marchait pas mais que je ne donnais pas de solutions. De mon côté, je voulais, après avoir expliqué ce qui ne va pas, approfondir les raisons de cette situation, revenir sur le pourquoi ça ne va pas.

Le titre de votre essai fait référence à une pensée managériale. Ce terme de pensée est-il une manifestation de votre ironie ?

Quand je parle de pensée, je ne me réfère pas à un grand système d'explication du monde avec des concepts définis. Il faut entendre ce terme au sens où tous nos actes procèdent de notre façon de penser. Or, la manière dont raisonne le management est en faillite et a déjà mené certaines entreprises à la ruine.

A l'origine du phénomène, il y a la formation des managers encadrants. Un technicien qui a réussi dans sa fonction est nommé manager mais personne ne pense à le former, alors qu'il va avoir une tâche relativement complexe à réaliser, gérer des Hommes. Du côté des dirigeants, la pensée financière a tué toutes les autres formes de pensée.

Comment expliquez-vous ce choix qui semble peu raisonnable ?

Il y a une forme de paresse intellectuelle terrifiante. On ne raisonne plus, on applique des recettes. On ne creuse pas la question de l'organisation et des hommes. On se contente de la connaissance ordinaire. Or, les sciences sociales le démontrent, une organisation humaine est tellement complexe que son fonctionnement n'apparaît pas à l'oeil nu. De nombreux travaux de cette discipline ont montré comment cela marche justement. Cela revient à faire comme si les études de médecine n'existaient pas et qu'on continuait à aller voir des rebouteux. Mais si la pratique de la médecine a pû progresser, c'est parce qu'on a développé parallèlement des savoirs très complexes sur les virus par exemple.

Une chose me frappe dans les livres récents sur le management, c'est qu'on n'y parle plus du tout ou très rarement de "pouvoir". Ce mot semble faire peur, comment l'interprétez-vous ?

Prenons l'exemple de ce qui est pour moi la catastrophe managériale majeure : la multiplication des chefs de projet, le fonctionnement "en mode projet". On prend un brave type ou une brave fille et on lui dit "tu vas faire travailler ensemble des gens venant de services différents" et en général on ne lui donne aucun moyen pour le faire. Pourtant, on crée des postes de chef de projet pour tout et n'importe quoi. Les dirigeants semblent croire qu'il suffit de donner le titre de chef pour qu'une personne le soit, que changer l'organigramme c'est changer l'organisation. C'est bien sûr faux.

Pour les sciences sociales, avoir du pouvoir c'est contrôler quelque chose d'important pour les gens qui vont travailler ensemble. Comment voulez-vous que la personne nommée chef de projet ait une quelconque autorité si elle ne contrôle pas une ressource stratégique ?

Comme on ne pense pas ces questions, on pratique soit la coercition soit l'incantation. La première se manifeste par tous les systèmes de contrôle et de reporting. Pour la seconde, vous avez tous ces chefs d'entreprise qui deviennent des sortes de gourous (il ne leurs manque que la robe blanche) expliquant les valeurs fondamentales de l'entreprise. Comme si les gens se comportaient en fonction des valeurs de l'entreprise ! Pourtant, les sciences sociales (encore elles !) ont établi depuis longtemps que les valeurs sont le résultat d'une action, pas quelque chose qu'on impose.

Vous raillez beaucoup dans votre lire le discours sur les valeurs.

Rendez-vous compte. Quand on les étudie, on découvre que la valeur la plus souvent mentionnée dans les entreprises est l'innovation. Or que voit-on ? Une multiplication des systèmes de contrôle, un enfermement de l'action dans ces systèmes. Comment voulez vous que les personnes innovent ? Le résultat de cette contradiction est de créer du cynisme. Les salariés feignent d'approuver mais ils continuent comme avant.

Vous parlez beaucoup des sciences sociales. Vous prêchez un peu pour votre paroisse ?

C'est comme si vous disiez à votre médecin qui vous conseille un examen qu'il prêche pour sa paroisse. Il s'appuie sur son savoir pour faire au mieux. Ceci dit, je ne milite pas pour que tous les chefs d'entreprises deviennent sociologues, mais pour qu'ils aient la curiosité de s'intéresser à des savoirs établis qui leur rendraient de grands services, à eux et à leurs salariés.

Je vais prendre un exemple et être un peu provocateur. Pendant des années sociologues, psychologues, psychiatres ont dit et même écrit "attention le travail se détériore, cela peut avoir des conséquences tragiques". Et puis il y a eu les suicides. Ce qui me fait écrire que 25 suicides sont plus efficaces que 25 livres pour faire prendre conscience de certaines réalités.

N'évacuez-vous pas un peu vite l'hypothèse que les dirigeants sont rationnels, puisqu'ils sont soumis à une logique financière, ils s'y conforment tout simplement ?

Ils ont fait le choix de s'ajuster à une seule variable, la finance. Mais parallèlement, ils s'aperçoivent du désengagement des salariés et des problèmes que cela pose. Pour revenir aux valeurs, l'engagement est la deuxième valeur la plus citée dans les entreprises européennes. Cela fait quinze ans là aussi que les sociologues parlent de ces phénomènes. Bien sûr que l'engagement (défini comme mettre dans son travail un peu plus de soi que ce que prévoit le contrat de travail) est un facteur de productivité. Aujourd'hui, de plus en plus de salariés préfèrent mettre ce surplus ailleurs que dans l'entreprise, dans l'associatif, le non marchand... Ils se désintéressent du gain monétaire. Le désengagement va coûter très cher aux entreprises. Philippe Aghion avait calculé le coût de la défiance, j'attends qu'on mesure celui des effets de la pensée paresseuse avec impatience.

Comment favorise-t-on l'engagement ?

Comment voulez vous que les salariés soient engagés si vous leur faites passer en permanence le message que vous ne leur faites pas confiance, comme en attestent tous les systèmes coercitifs pour les surveiller, pour encadrer leur travail... Il y a des gens qui vous disent point par point ce que vous devez faire, et il faudrait s'engager, c'est-à-dire donner un peu de soi ? Il faut des dispositifs concrets, comme des récompenses, des modèles, qui favorisent cet engagement et pas un énième discours sur les valeurs. A ce sujet, je ne résiste pas à vous raconter cette anecdote : j'ai vu une entreprise, où on imprime les valeurs au dos du badge d'accès. Comme ça, si vous croisez un salarié et que vous lui demandez les valeurs, il a une antisèche !

Depuis le début de l'interview, vous insistez sur les discours et les systèmes contradictoires dans l’entreprise. D'où vient cette contradiction ?

Il faudrait agir dans le bon sens. Les dirigeants devraient commencer par définir une stratégie et réfléchir après aux comportements dont ils ont besoin pour réussir. Aujourd'hui, on définit une stratégie, on donne trois valeurs et il faudrait que les choses se fassent. Et bien non, cela ne fonctionne pas ainsi.

En outre, je crois qu'on privilégie trop la pensée linéaire et pas assez la pensée complexe. On développe une pensée segmentée où l'on traite une question à la fois, une pensée séquentielle où l'on s'attache à travailler problème par problème. Ce faisant on ignore les liens entre les différents niveaux. Je suis intervenu dans une entreprise où il était évident que le problème observé à un endroit trouvait sa source dans un autre service. Il m'a été répondu "on vous a fait venir pour régler ce problème là, pas pour aller voir ailleurs". C'est la pensée PowerPoint, ce flambeau de la paresse intellectuelle, cette succession de points les uns après les autres.

Si on accepte votre diagnostic, comment expliquez-vous qu'il soit concomitant au développement des écoles de management ?

On les appelle école de commerce ou business schools pas école de management. Ce sont les complices, avec les cabinets de conseil, de ce que je dénonce. Leur fonctionnement explique beaucoup de choses. Les programmes sont divisés en matière. Autrement dit, la personne n'est jamais considérée comme une personne à part entière.

En outre, un second phénomène affreux s'y déroule : le relativisme des savoirs. Dans un amphithéâtre, un enseignant plus ou moins formé va développer son cours. Et il y a un élève qui va dire "ben non je ne suis pas d'accord, ça ne se passe pas comme ça, moi je pense que..." Et l'enseignant laisse trop souvent faire. On met sur le même plan 50 ans de recherches scientifiques et le témoignage d'un gars sûrement sympathique. On est dans la démagogie pédagogique. Ceci s'explique : la concurrence est telle entre les écoles qu'elles ne veulent pas faire de mal à leurs participants, à leurs élèves. Rien qu'aux Etats-Unis, on en compte 600. Or apprendre ça fait mal, je dirai même que ça doit faire mal.

Propos recueillis par Christophe Bys

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Vous avez dit privatisation de l'aéroport Toulouse Blagnac ? - ReCap21

Vous avez dit privatisation de l'aéroport  Toulouse Blagnac ? - ReCap21 | La lettre de Toulouse | Scoop.it
Nous étions quelques Charlie réunis au 27 Rue Palaprat en ce 16 janvier 2015. L'un des sujets était de faire le point de la lutte contre la privatisation de l'aéroport Toulouse Blagnac (alors que des malfrats internationaux s'apprêtent à en prendre possession)....
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En 2014, Airbus remporte sur le fil son duel commercial face à Boeing

En 2014, Airbus remporte sur le fil son duel commercial face à Boeing | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Même s'il a livré moins d'appareils que son rival américain Boeing cette année, Airbus reste le numéro un mondial des ventes d'avions avec 1456 commandes.

 

Jusqu’à la semaine dernière, Airbus était donné perdant sur le front des commandes et celui des livraisons. Mais comme souvent, il a multiplié les contrats en fin d’année, enregistrant 435 commandes en décembre et la récente confirmation de la vente d’une centaine d’A320 au loueur chinois Calc. Après une rude bataille avec Boeing, le suspense s’est donc achevé ce mardi 13 janvier, date à laquelle l’avionneur européen a publié ses données lors de sa traditionnelle conférence de presse annuelle à Toulouse.

Airbus a enregistré 1456 commandes nettes, contre 1432 pour son rival, faisant de 2014 « la deuxième meilleure année de l’histoire de l’aviation », selon le PDG Fabrice Brégier. Dans le segment très rentable des moyen-courriers, le constructeur reste leader. Ainsi, l’A320neo, la version remotorisée du monocouloir vedette, a enregistré plus de 3600 commandes fermes de soixante-dix clients, l’A330 quelque 1342.

L’A321neo officiellement lancé

L’avionneur en a également profité pour lancer officiellement l’A321neo présenté comme le moyen-courrier offrant l’autonomie la plus grande de tous les avions de ligne de cette catégorie disponibles aujourd’hui.

Il a cependant manqué son objectif de ventes d’A380 en 2014 mais s’attend à de nouveaux clients pour son superjumbo. Le plus gros avion de ligne aura "un avenir brillant à long terme", a confirmé le patron, confiant. Airbus ambitionnait de vendre l’an passé trente exemplaires de cet avion mais a finalement enregistré quatorze commandes nettes après une annulation d’un contrat portant sur sept appareils de la compagnie japonaise Skymark. Néanmoins, a indiqué Fabrice Brégier, une nouvelle version de l’A380 est « à l’étude ». « Nous la regarderons de près mais nous n’avons pas de calendrier », a-t-il précisé.

Record de livraisons en 2014

Autre sujet de satisfaction : l’avionneur européen a indiqué avoir franchi un nouveau record de livraisons en 2014, avec 629 appareils, soit trois de plus que l’année précédente, à quatr-vingt-neuf clients. Malgré ces bons résultats, Boeing continue à devancer Airbus puisque l’Américain a annoncé la semaine dernière la livraison de 723 avions, dont 114 exemplaires de son avion nouvelle génération, le 787 Dreamliner, construit avec une forte proportion de matériaux composites.

Quant aux perspectives pour Airbus, elles s’annoncent dynamiques puisque le carnet de commande a atteint un total fin décembre de 6386 appareils, d’une valeur de plus de 919 milliards de dollars. Soit neuf années d’activité. Pour 2015, Airbus prévoit de livrer "légèrement" plus d’avions qu’en 2014, dont quinze A350 et près de trente A380, et une production quasiment stable des moyens-courriers de la famille A320.

Concernant les effectifs, après avoir recruté 18.000 personnes au cours des trois dernières années, Airbus a estimé que les effectifs étaient suffisants pour « faire face aux objectifs », à l’horizon 2017-2018.
Audrey Sommazi

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Martin Malvy : « La nouvelle Région est à créer, à inventer »

Martin Malvy : « La nouvelle Région est à créer, à inventer » | La lettre de Toulouse | Scoop.it
Dans un an, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ne formeront plus qu'une seule et même région. Une fusion pour un territoire plus fort certes, mais une réforme qui est en retard sur ces deux territoires : les présidents respectifs de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon se sont à peine rencontrés et rien n'est encore vraiment établi ou négocié comme le suggère les propos de Martin Malvy.

 

Martin Malvy, quel est l’agenda pour préparer la fusion au cours de cette année ?
Avec Damien Alary, le président de Languedoc-Roussillon, nous allons nous rencontrer dans quelques jours puis régulièrement pour travailler à la mise en place de notre future région. Les services techniques de nos deux conseils régionaux vont également devoir se rapprocher les uns des autres pour préparer au mieux notre nouvelle organisation.(certains organismes émanant des deux Régions se sont déjà mis en contact ou rencontrés à l’instar des CarifOref, associations en charge de l’observation, de l’information, de l’animation et de la professionnalisation dans le cadre des politiques de l’emploi, NDLR).
Nous avons proposé la création d’une conférence des présidents et de plusieurs commissions, réunissant élus et services. Ce sera pour le début de l’année.
Le calendrier va ainsi se mettre en place peu à peu, dans les semaines à venir, en suivant des modalités que nos deux conseils vont préalablement définir.

 

Avez-vous arrêté un budget pour cette préparation de la fusion ?
Pas encore. Midi-Pyrénées a adopté son budget 2015 ce jeudi 18 décembre, à une large majorité d’ailleurs. Languedoc-Roussillon a voté le sien le lendemain. Nos deux budgets, compris chacun entre 1,2 et 1,3 milliard d’euros, portent la même philosophie : un investissement maintenu, avec des priorités en direction de l’emploi, de la formation professionnelle, de la jeunesse, ou encore de la transition écologique.
Le budget 2016 sera le premier à être adopté sur le périmètre de la nouvelle région. C’est sur ce budget que nous allons devoir travailler très prochainement pour préparer les décisions que prendront nos successeurs.

 

Sur quels sujets va-t-il vous falloir négocier pour harmoniser vos politiques économiques ?
Il va falloir mettre à plat nos politiques, et ce dans tous les domaines, afin de les homogénéiser. L’idée n’est pas de voir quelle politique de Midi-Pyrénées ou de Languedoc-Roussillon nous allons conserver ou supprimer, mais de nous poser la question des dispositifs qui répondront le mieux aux besoins de nos concitoyens et de nos entreprises, dans cette nouvelle en entité, en partant bien sûr de l’acquis. Nous préparerons sur cette base l’année 2016. Mais c’est la nouvelle assemblée qui devra faire les choix. La nouvelle Région est à créer, à inventer, avec les politiques qui vont avec. Et ce travail doit se faire dans le respect de ce qui a été fait et de l’équilibre des territoires. C’est à cette condition que nous parviendrons à construire une région forte et plus compétitive.

 

Vous argumentez sur la taille de la nouvelle région pour en démontrer la pertinence. Mais qu’en est-il de la compétitivité de ce futur territoire ? 
Notre future région sera compétitive sur la scène nationale et européenne. C’est là une certitude. Et c’est là d’ailleurs, un des intérêts de cette réforme : créer des régions plus fortes ! La région fusionnée sera au dix-neuvième rang européen pour son PIB qui s’établira à 144 milliards d’euros. Soit l’équivalent de celui de la région Paca ou de la future région englobant Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin, et comparable à Rhône-Alpes et à la Catalogne. Nous aurons donc une plus grande force de frappe, même s’il faudra tenir compte de l’étendue du territoire.

 

Mais une partie de ce nouveau territoire ne semble-t-elle pas handicapé par une désindustrialisation marquée ?
Certains de nos espaces, en Midi-Pyrénées comme en Languedoc-Roussillon, sont moins industrialisés, plus fragiles. Nous y sommes déjà attentifs. Nous avons déjà mis en place, depuis de nombreuses années, des politiques de solidarités en leur faveur et près de 90 millions d’euros sont consacrés à l’aménagement du territoire et aux politiques de solidarité cette année. Nous veillerons évidemment, dans cette nouvelle région étendue, à mobiliser les moyens nécessaires pour la cohésion territoriale et l’attractivité de l’ensemble de nos territoires, notamment ruraux.

 

La formation, l’emploi et le développement économique, premier budget de Midi-Pyrénées, le restera-t-il pour la nouvelle Région ?
Il s’agit des compétences majeures des Régions, qui sont même amenées à être renforcées dans le cadre du deuxième volet de la loi sur la réforme territoriale, qui doit arriver à l’Assemblée nationale début 2015. Elles resteront nos priorités, oui.

 

L’objectif de la fusion consiste à contracter les coûts administratifs de l’institution Région, avez-vous idée des économies effectivement réalisées dans le cadre de la fusion qui nous intéresse ? 
Des économies, il y en aura. Mais sur un plus long terme. L’objectif recherché à court terme, c’est bien la compétitivité de nos régions, avec un PIB renforcé – nous l’avons vu – avec des compétences élargies et une force de frappe supérieure nous permettant de rivaliser avec nos voisins européens. Mais il faudra aller au-delà. Ce qui doit compter, c’est le rapprochement, la mutualisation, l’élaboration de projets en commun, avec les forces vives de la grande région, dans tous les secteurs, que ce soit la formation, l’innovation, les filières, qu’elles soient économiques ou culturelles, par exemple.

 

Des services, des agents vont faire doublon. Y aura-t-il des suppressions de postes ? Quels domaines pourraient être les plus affectés ?
Les Régions vont avoir de nouvelles responsabilités. Si le rapprochement conduit au constat que certains postes ne sont plus indispensables – ce que j’ignore aujourd’hui – cela dégagera des moyens humains supplémentaires pour les assumer. Nos collaborateurs n’ont aucun souci à se faire.

 

Vous présenterez-vous aux élections régionales nouvelle formule ? 
Ma réponse viendra en son temps.
 

Propos recueillis par Nathalie Malaterre

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Naissance d'une nouvelle webradio en Midi-Pyrénées

Naissance d'une nouvelle webradio en Midi-Pyrénées | La lettre de Toulouse | Scoop.it
On parle souvent des difficultés économiques voire des disparitions pures et simples des médias locaux. Alors pour une fois, c'est d'une naissance qu'il s'agit.

L’association Velmedia lance ce lundi 5 janvier 2015, Velmédia Radio une radio sur le web qui se veut participative : les auditeurs sont invités à faire des propositions de programmes et de playlists musicales.

« Par ce nouveau média, nous souhaitons redonner la parole aux entrepreneurs, aux associations, aux politiques et mettre en valeur les départements », indique l’association par la voix de son président Anthony Vella, qui a donné les premières lettres de son nom à l’association et à la webradio.

On souhaite longue vie à cette nouvelle webradio basée à Colomiers (Haute-Garonne).

FV

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CV : comment faire simple et beau ?

CV : comment faire simple et beau ? | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Quelques exemples de CV minimalistes pour vous inspirer



Les recruteurs passent en moyenne 6 secondes sur un CV pour effectuer un premier tri. D’où l’intérêt de soigner la présentation pour capter leur regard. Mais pas la peine de faire compliqué, le mieux c’est d’opter pour un look minimaliste. À la fois esthétique et simple à réaliser. Suivez le guide.

Sélectionnez les informations essentielles pour tenir sur une page

Avant de vous lancer dans la mise en forme, il faut être sûr d’avoir fait le tri sur le fond. « Pour procéder au mieux, surtout pour les cadres, mieux vaut partir d’une feuille blanche », affirme Philippe Hemmerlé, le directeur général de la société de conseil en CV, CVFirst. « Vous dressez la liste de toutes vos expériences professionnelles avec les réalisations qui correspondent et les résultats, explique Catherine Dulon, fondatrice de l’agence de conseil cvclick.fr. À partir de là, en fonction de ce qui est demandé dans l’offre d’emploi, sélectionnez uniquement les missions majeures qui collent à l’offre. Puis, mettez 3 à 4 grandes réalisations qui coïncident, ce qui permet de faire un CV qui tient sur une page, pas plus. »

Choisissez une police simple

Même si le choix d’une police reste quelque chose d’assez personnel, certaines sont plus appropriées que d’autres pour le CV. Pour Catherine Dulon, c’est le cas des polices Calibri et Verdana. L’Arial est aussi souvent utilisée dans les CV, à raison, car elle est neutre et très lisible. L’important dans le choix d’une police de caractères, c’est qu’elle soit claire et agréable à lire, aussi bien à l’écran qu’imprimée. Il faut donc s’en tenir à une seule pour le document entier. Concernant la taille de la police, on retrouve souvent du 12 pour le corps du texte, un peu plus grand pour le titre, les intitulés de rubriques et les fonctions exercées. Pour attirer l’attention sur quelques mots, pensez au gras, oubliez l’italique et bannissez pour toujours les mots écrits tout en capitale.

Optez pour des éléments de graphisme sobres

« Adoptez un design soft, à la mode Apple, permet réellement de faire ressortir le contenu d’un CV », estime Philippe Hemmerlé. « Je recommande d’utiliser des formes géométriques », confie Catherine Dulon. Des lignes horizontales ou verticales, par exemple, des puces, ou encore, « des encadrements ou une trame de fond », ajoute Catherine Dulon. Mais il faut choisir et se limiter à un ou deux éléments. Par exemple, vous pouvez séparer chaque rubrique de votre CV par une ligne horizontale. Placer le titre de votre CV, votre nom, numéro, mail et votre accroche dans un encadré. Ou encore, utiliser des puces pour chaque expérience professionnelle. « Il ne faut pas que ce soit trop lourd. Le recruteur doit trouver cela fluide, subtil, prévient Catherine Dulon. Il ne faut pas avoir peur de laisser du blanc. »

Pas trop de couleurs

Pour embellir un CV, beaucoup de candidats y mettent de la couleur. Soit, pour la police, soit en aplat, pour des encadrés. « Ce n’est pas déconseillé, affirme Catherine Dulon, mais il ne faut pas en abuser. » Choisir une couleur peut être une bonne idée, mais encore faut-il en choisir une lisible si on l’applique sur la police (pas de jaune) et cohérente avec le poste visé (pas de rose fluo pour un poste dans une banque). C’est pourquoi, pour éviter aux candidats de faire de mauvais choix, certains spécialistes déconseillent carrément de colorer un CV.

Évitez les logos

C’est vrai qu’insérer les icônes des logiciels maîtrisés, ou les logos des entreprises, peut être tentant. Cependant, c’est un peu risqué. Car « l’utilisation d’un logo est censée être soumise à autorisation de la part de la marque concernée », rappelle Catherine Dulon. Certains recruteurs mal intentionnés pourraient donc sauter sur l’occasion pour vous mettre en difficulté lors de l’entretien. De plus, toutes ses couleurs et formes parfois aléatoires peuvent alourdir votre curriculum vitae ou casser sa sobriété.

Contentez-vous de Word, sauf si vous êtes dans la com’

Pour élaborer un CV simple et esthétique, le logiciel Word (ou OpenOffice), suffit. « Quand on maîtrise Word, c’est assez puissant », convient Catherine Dulon. Un document Word qu’il convient d’enregistrer sous format PDF pour que, justement, sa présentation reste telle que vous l’avez imaginé. Et puis, « la forme ne doit pas être incohérente avec les compétences du candidat, ajoute Philippe Hemmerlé. Que penser d’un CV Photoshop si le candidat ne maîtrise pas cet outil ? » Donc, à moins de chercher un emploi dans la communication, pas la peine de vous lancer dans l’utilisation de logiciels comme Indesign ou Photoshop.

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Aéroport de Toulouse-Blagnac. « Nous sommes en train de reproduire les erreurs du passé »

Aéroport de Toulouse-Blagnac. « Nous sommes en train de reproduire les erreurs du passé » | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Maire de Paulhac, conseiller régional et président de l’agence Midi-Pyrénées Europe, Didier Cujives s’était illustré il y a dix ans pour avoir mené la fronde contre le projet d’une seconde plateforme en région.


 

Didier Cujives, il y a dix ans, vous étiez opposé au projet d’un deuxième aéroport en Midi-Pyrénées. Aujourd’hui, une nouvelle fronde s’organise, toujours au sujet de l’aéroport…
Il y a dix ans, quand il a fallu réfléchir à la création d’une seconde plateforme aéroportuaire, l’État n’avait pas engagé de concertation locale. Aujourd’hui, on utilise les mêmes méthodes et on n’a toujours pas tiré les leçons du passé… La méthode reste technocratique au possible.

 

Il y a dix ans, le gouvernement était à droite. Aujourd’hui, c’est la gauche qui utilise les mêmes ressorts…
Ce type de grand dossier dépasse les clivages politiques. Les citoyens se sentent dépossédés de la décision et ils cherchent à se réapproprier les dossiers. On le voit avec les initiatives de Wiseed et celle portée par l’avocat Christophe Léguevaques. Sur la forme, je constate et je désapprouve donc de façon catégorique. N’en déplaise à mes amis politiques, nous avons là un problème démocratique. Notre République est à bout de souffle. Au moment de débattre de la réforme territoriale, on ferait mieux d’imaginer une sixième République.

 

Au delà de la forme, comment voyez-vous la montée en puissance annoncée de l’aéroport de Toulouse-Blagnac ?
Pas très bien. On veut doter Toulouse d’un hub de 20 millions de passagers. Mais il est impossible, techniquement, d’accueillir 20 millions de passagers à Toulouse. Et certains ressortent la nécessité d’une deuxième plateforme aéroporturaire. Et là, je dis non : on recrée le même débat qu’il y a dix ans !
Non seulement, ce projet a échoué à l’époque, mais en plus, il nous a empêché de travailler pour avoir la ligne à grande vitesse aussi vite qu’on l’aurait voulu. Soyons réalistes, on peut pas d’un côté mobiliser les financements pour la LGV, et en même temps réfléchir à un transit aéroportuaire de 20 millions de passagers en Midi-Pyrénées.

 

Que préconisez-vous ?
La région a besoin d’outils performants, mais d’outils mesurés et à taille humaine. Nous avons besoin de renforcer les aéroports de proximité de Tarbes et de Rodez. Nous avons besoin de mettre en place des infrastructures routières modernes, comme la liaison Toulouse-Castres. Nous avons besoin de mener à bien le projet de la LGV et en même temps d’assurer la montée en puissance de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Mais là, nous sommes juste en train d’imaginer un dispositif tentaculaire au détriment des autres modes de transport.

 

Imaginez-vous redescendre dans la rue comme il y a dix ans ?
Je n’appelle pas à la mobilisation en masse. Ce que l’on doit faire, c’est ne pas se précipiter et voir quelles sont les actions qu’on peut entreprendre. Mais il y a dix ans, nous avions mis plusieurs fois 20.000 personnes dans la rue contre le projet de nouvel aéroport, et à l’époque, les réseaux sociaux n’existaient pas. Imaginez donc ce qu’on pourrait faire aujourd’hui.
 

Propos recueillis par M.V.

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Pour soutenir l’innovation régionale, Midi-Pyrénées reçevra 275 M€ de fonds européens dès janvier 2015

Pour soutenir l’innovation régionale, Midi-Pyrénées reçevra 275 M€ de fonds européens dès janvier 2015 | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Pierre Benaim (secrétaire général SRI), Claude Gaits (vice-président au Conseil régional en charge de l'Économie), Martin Malvy ( président du Conseil régional) et Pascal Mailhos ( préfet de Midi-Pyrénées)

 

La Stratégie Régionale d’Innovation (SRI), initiée en 2013, entrera dans sa "phase opérationnelle" dès janvier prochain. Menée à la fois par la Région et l’État, cette feuille de route a pour objectif de spécialiser le territoire dans certains secteurs stratégiques innovants. Pour réussir cette "spécialisation intelligente", la Région bénéficiera, de 2015 à 2020, de fonds européens, à hauteur de 275 M€. C'est un peu moins que sur la période 2007-2013.

La SRI est la feuille de route stratégique qui va permettre à Midi-Pyrénées de développer l’innovation en concentrant les financements sur des secteurs stratégiques. À partir du 1er janvier 2015, elle sera "opérationnelle" puisque l’Europe a accordé les financements nécessaires à sa mise en œuvre. En effet, sur la période 2015-2020, la région bénéficiera d’1,8 Md € de fonds en provenance de Bruxelles, dont 275 M€ dédiés à l’innovation. Ces montants ont été approuvés lundi 15 décembre lors du 1er Comité de suivi des fonds de l’Union Européenne.

6 axes prioritaires
L’enveloppe de 275 M€ (issus majoritairement du fonds Feder) va être redéployée sur les différents outils de financement de l’innovation : les 6 appels à projets du Conseil régional (rassemblés sous le nom d’Easynov), mais aussi les contrats d’appui et les projets des pôles de compétitivité. 6 axes ont été définis dès 2013 :
- Systèmes embarqués
- Innovation de la chaîne agroalimentaire
- Biotechnologies industrielles pour la valorisation du carbone renouvelable
- Matériaux / procédés avancés pour l’aéronautique et diversification
- Recherche translationnelle en oncologie et gérontologie
- Ingénierie cellulaire et médecine régénérative

"Au delà de la gestion des fonds européens, la SRI est le cadre de la stratégie de la Région et de l’État pour l’innovation en Midi-Pyrénées" précise Pierre Benaïm, secrétaire général de la SRI. Et les objectifs concrets sont précis : la SRI doit permettre 110 créations d’entreprises innovantes, 70 lauréats au concours national innovation, 500 M€ de CIR (crédit d’impôt recherche) déclarés par les PME régionales, 490 conventions CIFRE (convention industrielle de formation par la recherche) ou équivalents, et 150 ETI industrielles indépendantes.

1,8 Md€ au total : l’ "exception midi-pyrénéenne"
Si le montant attribué par Bruxelles à Midi-Pyrénées est "honorable" selon Pierre Benaïm (1,8 Md € au total sur 2015-2020), il est environ 5% inférieur à celui reçu pour la période 2007-2013. Mais Midi-Pyrénées a failli subir une coupe bien plus importante dans ses fonds européens, de l’ordre de 50%. En effet, considérée comme "riche" par l’UE (selon son PIB moyen), la région n’aurait pas dû bénéficier de cette manne financière.
"Martin Malvy est allé à Bruxelles expliquer Midi-Pyrénées doit sa richesse à Toulouse, et que sans la métropole, le PIB de la région diminue considérablement, développe Pierre Benaïm. En Paca, il y a un équilibre entre Marseille et Nice. En Rhône-Alpes, il y a un équilibre entre Lyon et Grenoble. Nous n’avons pas cela en Midi-Pyrénées". Martin Malvy a fait valoir ce qu'il appelle lui-même "l’exception Midi-pyrénéenne".

Sophie Arutunian

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