La lettre de Toulouse
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Les robots débarquent à Toulouse !

Les robots débarquent à Toulouse ! | La lettre de Toulouse | Scoop.it

La filière de la robotique se met progressivement en place dans la région.

 

Le robot sera-t-il le compagnon de travail de demain ? Avec un tissu indus­triel développé, des laboratoires de recherche et un coup de pouce financier, la filière régionale se met en ordre de marche progressivement, même si des freins subsistent.

  

La robolution douce est en marche dans la région. Mais à quelle échéance ce marché sera-t-il en plein essor ? C’est la question qui de­meure sur toutes les lèvres, sans réponse précise. Car les perspec­tives de la filière restent floues, faute de chiffre. Et ce malgré l’engagement de l’État. Le gou­vernement espère accélérer la mobilisation des entreprises fran­çaises, qui ont globalement sous-investi depuis des années et raté le virage de la robotique.

En 2013, Arnaud Montebourg déclarait lors du lancement de son plan « France Robots Initia­tives » : « la robotiquepeut per­mettre de donner des gains de compétitivité et de productivité importants à nos entreprises et de dessiner le visage de l’usine du futur. » L’ancien ministre du Redressement productif allouait alors une enveloppe de 100 mil­lions d’euros en soutien à cette filière représentant même « des centaines de milliers d’emploi à la clé ».

Cette enveloppe budgétaire s’est déclinée au niveau régional, Midi- Pyrénées étant retenue comme troisième région pilote et rece­vant une aide de 22 millions d’eu­ros sur quatre ans (2013-2016). « La région dispose de dix-sept laboratoires de recherche et d’un bassin de 120 entreprises spécia­lisées dans le secteur : voila pour­quoi nous avons été retenus », se félicite Martin Malvy, président du conseil régional Midi-Pyrénées. « À ce jour, 8 millions d’euros ont été alloués à différents projets, quel que soit le domaine d’acti­vité ».

 

Toujours des inquié­tudes sur l’emploi

Un an et demi après, le succes­seur d’Arnaud Montebourg, Em­manuel Macron retricote à sa manière le programme appelé la Nouvelle France industrielle com­posé de six axes. L’un d’eux est l’Usine du futur dans lequel la ro­botique est une thématique. « La robotique est un point, un petit projet », précise Michel Dancette, directeur innovation et prospec­tives pour Fives, le groupe qui a participé à l’élaboration de la feuille de route gouvernemen­tale. « C’est un secteur en pleine mutation. Par conséquent, c’est difficile de donner le nombre d’entreprises spécialisées en France. »

Y compris à l’échelle régio­nale. Si le président de Région avance prudemment 5000 emplois concernés par la robo­tique, le cluster Robotics Place, qui compte quarante-quatre entreprises membres dont six nouvelles depuis juillet dernier, n’est pas en mesure de fournir. des données chiffrées. Le poids économique de la filière reste aussi une inconnue. « Tous les salariés d’une entreprise ne tra­vaillent pas uniquement sur la robotique », avance Laurent Latorse, le président du cluster depuis juin 2014. En somme, la robotique apparaît comme une branche d’activité supplémen­taire d’une entreprise qui répond à la demande d’un client au coup par coup.

 

Le taux de concrétisation des projets reste faible

L’offre et le demande sont actives mais la filière peine à se structurer. Car les préjugés tenaces freinent son développement. En premier lieu : la crainte de la perte d’em­plois. « Les syndicats de salariés craignent la casse sociale. Or, il ne faut pas avoir peur de l’évolution du travail car les robots aident les salariés dans leurs tâches pénibles. De plus, ils seront pourvoyeurs de nouveaux emplois, et par consé­quent de nouvelles formations adaptées au marché », martèle Laurent Latorse.

Autre limite qui engendre « l’atten­tisme » des acteurs de la filière : les investissements. « Le marché de la robotique de service, notam­ment celui des exosquelettes dans le secteur médical, n’éclate pas car personne ne sait qui va prendre en charge les frais. Or en 2038, 1,3 million de personnes auront plus de 65 ans. Personne ne prend d’initiatives et tout le monde se regarde », regrette-t-il.

De plus, les chefs d’entreprise font preuve d’une mécon­naissance et d’une défiance à l’égard de la robotique. En effet, comme le souligne Benoit Gali­nier, directeur du Centre régio­nal d’innovation et de transfert de technologie (Critt) spécialisé en automatisation et robotique à Albi, « les entreprises sont inté­ressées, elles demandent des renseignements concernant des avant-projets mais le taux de concrétisation reste moyen ». Car une cellule robotisée d’un poids de cinq kilos coûte en moyenne 60.000 euros, une autre de cin­quante kilos, 120.000 euros, as­sure le directeur de cette struc­ture associée à l’École des Mines d’Albi. « C’est un prix déterminant pour une société. Cette activité se développera si la crise se ré­sorbe », assure-t-il.

 

La spécialisation, un atout ?

Le marché de la robotique se compose de trois secteurs - la ro­botique industrielle, la robotique de service et les drones- et par conséquent trois réalités, cha­cune n’étant pas au même stade de développement en région. Si l’activité de la robotique de ser­vice est naissante, celles de la ro­botique industrielle et les drones sont plus avancées, portées par des entreprises croissantes qui ont un rôle de locomotive.

Dans leur sillage, elles drainent un vi­vier de sociétés. Sans le moindre doute, en Midi- Pyrénées, la robotique indus­trielle soutient les entreprises bien implantées dans des sec­teurs qui pèsent lourd. C’est le cas d’Actemium Toulouse robotique et automation, une marque ados­sée au groupe international Vinci Energies, lui-même filiale de Vin­ci, dont la stratégie est « inscrite dans une logique de segmenta­tion », affirme Jérémie Pedros, son dirigeant.

Ce n’est donc pas un hasard si l’entité toulousaine qui compte vingt-trois salariés, propose des solutions robotiques et automatisées clé en main à des entreprises spécialisées dans l’aé­ronautique, l’espace et la défense. Encouragé par « la bonne dyna­mique et la santé de ces secteurs en Midi-Pyrénées », Actemium affiche des résultats en crois­sance, avec un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros en 2015, et affine sa stratégie de développe­ment.

Car, pour accompagner « un changement à l’égard de son ac­tivité liée à une inflexion politique » et se distinguer de la concur­rence plus pressante sur le mar­ché des intégrateurs de robo­tique, l’entreprise a mis au point et commercialisé trois innova­tions techniques (des cellules ro­botisées réalisant des soudures par friction, par exemple). Et en­visage dorénavant se diversifier sur le marché de la cobotique (la robotique collaborative, NDLR).

Constat identique auprès d’un autre acteur du secteur de la robotique industrielle : Excent. Le bureau d’études en ingénierie mécanique a élargi ses compé­tences en 2010 pour vendre à ses clients des solutions industrielles globales. Une stratégie qui porte ses fruits. Excent, qui se définit aujourd’hui comme concepteur et intégrateur de solutions indus­trielles, enregistre un chiffre d’af­faires de 48 millions d’euros en 2015 et emploie 500 personnes.

Très bien positionné dans l’aéro­nautique, qui pèse 70 % de son activité robotique et 48 % dans son chiffre d’affaires global, l’entreprise a investi des niches de marché « à forte valeur ajou­tée, telles que le parachèvement et le contrôle », précise Nicolas Rouch, responsable de l’acti­vité robotique. Le secteur de la cobotique, où l’homme et le robot collaborent dans le même espace de travail, est en ligne de mire, ainsi que le développement des solutions industrielles dans les secteurs de l’agriculture et l’agroalimentaire.

 

Les drones, un marché de haut-vol

La capitale de l’aéronautique et de l’espace entend bien devenir une place forte des drones. La région toulousaine compte plu­sieurs acteurs dynamiques dont les fabricants Airod Technolo­gies et Delair Tech. Ce dernier vient de livrer trois appareils à la SNCF pour un contrat estimé à 400.000 euros. Ce succès favo­rise le dynamisme de la filière et aiguise les appétits.

Positionné sur le marché des drones mili­taires depuis 2008, Vodea envi­sage de se diversifier dans le civil et lorgne vers Delair Tech pour un éventuel partenariat. « Nous sommes en discussion avec cette entreprise qui commence à arri­ver à maturité. Et notre idée est d’apporter notre brique avec une nouvelle gamme de produits deux fois plus puissants munis de deux caméras ; l’une pour la sé­curisation de l’évolution, l’autre pour observer », explique Chris­tophe Sevec, fondateur de ce bureau d’étude installé à Labège et spécialisé dans la valorisa­tion des capteurs vidéo et audio embarqués. Ce fournisseur du systémier Sagem tente aussi de percer ce marché par le biais du cluster robotique de Bordeaux.

Si les jeunes pousses de la ro­botique régionale peinent au­jourd’hui à se développer, elles se mettent en ordre de marche. Certes, il manque encore une grande entreprise qui permet­trait de tirer toute la filière vers le haut, à l’image d’un Airbus dans l’aéronautique ou d’un Sig­fox dans les objets connectés. Mais d’autres initiatives pour­raient les aider à susciter l’intérêt des clients et des investisseurs, à l’image du Village robotique et drones (lire encadré). En atten­dant, les sociétés toulousaines peaufinent leurs machines et leurs business model, convain­cues de miser sur le bon cheval, robotique bien sûr
Audrey Sommazi

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Toulouse envahie par les robots

Toulouse envahie par les robots | La lettre de Toulouse | Scoop.it
Pour la première fois, Toulouse a accueilli la finale nationale des Trophées de la robotique samedi 30 et dimanche 31 mars. A la Cité de l'espace, une soixantaine d'équipes d'enfants de 7 à 18 ans a fait concourir un robot conçu et fabriqué maison.

 

Dès le début du week-end de Pâques, l’ambiance est plutôt électrique à l’arrivée des différentes équipes finalistes régionales venues d’un peu partout en France pour remporter l’étape nationale des trophées de la robotique. Les équipes composées en moyenne de cinq-six jeunes de 7 à 18 ans sont accueillies sous la chapiteau de la Cité de l’espace par l’association Planète sciences, organisatrice de l’événement.

Chaque équipe commence par exposer son robot sur un stand et procède aux derniers réglages, souvent en compagnie d’un professeur. « Les équipes viennent essentiellement du milieu scolaire, des collèges surtout. Sinon aussi d’ateliers sciences de clubs de loisirs. Après, il y a des équipes de passionnés, souvent poussée par un parent qui s’y connaît en électromécanique. Mais c’est plus rare car cela représente un certain investissement« , concède Benoît Henry, responsable national de Planète sciences.

(...)

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