Fin octobre, le monde comptera 7 milliards d'humains | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Le Monde.fr :

 

Le monde franchira, d'ici au 31 octobre, le cap des 7 milliards d'habitants. Il aura fallu douze ans à peine pour engranger ce nouveau milliard, rappelant - alors que la préoccupation avait paru s'effacer devant de nouveaux défis - que la démographie est une donnée première pour l'avenir des hommes.
Le scénario d'une population mondiale culminant à 9 milliards d'individus vers 2050, puis déclinante, n'est plus du tout assuré. Le spectre de la surpopulation refait surface. Les récentes projections des Nations unies montrent que, si les pays en développement ne parviennent pas à réduire leur taux de fécondité, la planète pourrait alors avoir à supporter 1 ou 2 milliards d'habitants supplémentaires.

Sera-t-on en mesure de satisfaire les besoins vitaux de ces nouvelles générations ? Avec les émeutes de la faim de 2008, la question alimentaire s'est rappelée de manière cinglante aux gouvernements. La nécessité de réhabiliter l'agriculture vivrière s'est de nouveau imposée, mais cet impératif s'inscrit dans un paysage où la course aux ressources naturelles n'a jamais été aussi féroce : concurrence pour l'accès aux terres arables, sécurisation des approvisionnements énergétiques, etc. Le rééquilibrage du monde en faveur des grandes nations émergentes - Chine, Inde, Brésil... - s'accompagne d'une surexploitation croissante des ressources.

A ce stade, l'Afrique, ce continent "vide" où les densités de population demeurent singulièrement faibles, n'a reçu qu'une part congrue du banquet. Sa jeunesse, de plus en plus urbaine, aspire à vivre mieux.

Demain, en 2050, l'Afrique comptera 2 milliards d'habitants, le double d'aujourd'hui. Pour ses dirigeants, cela signifie que la question du développement restera intrinsèquement liée à celle de la maîtrise démographique. Les débats sur un partage plus équitable des richesses, susceptible d'assurer une coexistence pacifique d'une humanité toujours plus nombreuse, ne sont donc pas près de se refermer.

Laurence Caramel