Synelec, l'histoire d'une mort annoncée | La lettre de Toulouse | Scoop.it
- ToulÉco :
« Le mur d’écrans du Nasdaq, qui apparaît à la télé lorsqu’on regarde la bourse de New-York, c’est Synelec.
« Le mur d’écrans du Nasdaq, qui apparaît à la télé lorsqu’on regarde la bourse de New-York, c’est Synelec. » C’est « l’accroche » de l’article que consacrait en octobre 2000 La Dépêche du Midi à « L’entreprise de Saint-Sernin-sur-Rance qui délocalise sa division high-tech dans le Tarn. » Synelec, qui à l’aube du troisième millénaire, était leader mondial dans le domaine de la visualisation graphique et haute définition se retrouvera en redressement judiciaire volontaire en 2004.
Il s’agissait alors de faire face à un endettement pourtant peu important (7% du chiffre d’affaires qui dépasse alors les 34 millions d’euros), et de gagner le droit de licencier sans les lourdeurs et tracasseries administratives… 20 postes seront alors supprimés sur les 150 que comptait l’entreprise. Dès lors, le carnet de commandes ne désemplit pas, avec par exemple Airbus pour la ligne de fabrication de l’A380, un marché de 1,5 million d’euros. Le moral est bon, Synelec se développe dans l’informatique et détient un brevet sur une technologie qu’elle a baptisé Synlink qui permet de gérer des images de différentes sources et de les traiter en tout numérique : un marché mondial estimé alors à 500 millions d’euros.
Mais, entrée en bourse sur le Nouveau Marché depuis 1998, Synelec est devenue une proie facile dans un marché extrêmement concurrentiel. En 2005, un an après ce funeste redressement, l’entreprise phare du Sud-Aveyron est rachetée par Clarity Visual System qui allait être elle même rachetée un an et trois mois plus tard par un autre américain : Planar, spécialiste de l’affichage industriel. Clarity qui s’était payé Synelec pour 1,15 million d’euros se vendra à Planar pour une vingtaine de millions de dollars.
Aujourd’hui les salles de contrôles de la SNCF et d’EDF, les régies des chaînes du groupe France Télévisions et de Canal+, sont équipées par Planar, qui à Albi emploie quinze personnes. Les collectivités locales qui avaient beaucoup oeuvré pour accueillir Synelec financent la transformation des locaux désaffectés en appartements pour étudiants. A Saint-Sernin-sur-Rance on l’a amer.
Virginie Mailles Viard