PME innovantes du numérique : le développement à l'international, une nécessité ? | La lettre de Toulouse | Scoop.it

Ne dit-on pas que nul n'est prophète en son pays ? Un adage qui fait du sens pour les PME innovantes : le développement international doit-il être une part essentielle de leur modèle économique ? Les opportunités existent à l'évidence dans le monde notamment dans le secteur du numérique, et pas seulement aux Etats-Unis. Quelles sont les potentialités à connaître, les écueils à éviter ? Sans donner de réponse générale, voici quelques pistes et témoignages.

L'idée d'un développement progressif des PME du local au national puis, plus tard si le vent va dans le bon sens, à l'international, est-elle dépassée ? Le monde est large, facile d'accès – dans une certaine mesure - : dans le fond, pourquoi ne pas tenter l'aventure ? Ce cheminement n'est toutefois pas forcément naturel, et semé d'embûches. Et la problématique peut d'ores et déjà être analysée en fonction de leur marché. Il faut en outre distinguer les activités de BtoB et de BtoC, notamment en ce qui concerne le e-commerce. Dans ce domaine, on pourrait pourtant croire que par nature, le web n'a pas de frontières. Une réalité virtuelle qui se heurte pourtant à d'autres réalités plus tangibles.

 

E-commerce : des comportements d'achat variables d'un pays à l'autre

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La vente en ligne de logiciels : un modèle plus facilement exportable ?

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Le e-commerce de logiciels BtoB : un besoin plus fort de présence physique

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Recruter aux Etats-Unis : éviter l'effet du fond de cuve

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La Silicon Valley, incontournable ?

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Les PME françaises jugées visionnaires mais parfois trop en avance sur le marché

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La Chine : de forts potentiels, mais des facteurs politiques et des pratiques de pillage technologique à connaître

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Des aides publiques substantielles

Indépendamment des contextes spécifiques des pays, quelles sont les aides, les appuis dont peuvent bénéficier les PME françaises qui veulent s'exporter, et comment aborder le sujet ?

 

« On ne peut pas prendre à la légère le projet de déploiement dans un nouveau pays, et il ne faut pas céder facilement aux sirènes de marchés prometteurs. Et le monde est grand : la France ne représente que 3,5% des échanges internationaux. Considérer un développement à l'international, c'est un peu repartir à l'école et mettre tout à plat », argue Arnaud Leurent, responsable de l'offre développement international chez Global Approach Consulting.

« En outre, il faut s'attendre à tabler sur un budget de prospection qui atteindra facilement 100 000 euros par an et par pays », ajoute-t-il. Les premiers pas dans un nouveau territoire induisent en effet des moyens pour participer à des  salons professionnels, s'appuyer sur un cabinet de conseil, d'avocats – par exemple, pour gérer des problèmes liés au visas -, et recruter une petite équipe.

Or, l'Etat et et collectivités locales ont largement développé une gamme d'aides financières et d'accompagnements. « En premier lieu, l'assurance prospection de la Coface est incontournable », souligne Arnaud Leurent. « Elle permet de financer 75% de la partie immatérielle d'une action de prospection et peut être importante en termes de montants avancés : en fait, la limite est celle des fonds propres de l'entreprise emprunteuse ! ».

Autres solutions : les offres d'Oséo international, qui peuvent compléter celles de la Coface. Les Régions sont également actives pour soutenir les entreprises à l'international, c'est le cas par exemple de la Région Midi-Pyrénées  avec son programme Croissance PME.

Quant à UbiFrance, cette agence de développement sous la tutelle du ministère de l'économie et des Finances (voir MID e-news du 28 janvier 2013), est citée régulièrement par les témoins de ce dossier. « Leur aide se fait « en nature » : ils nous accompagnent en Chine pour étudier les stratégies possibles de vente en ligne dans un contexte où les outils publicitaires de Google ne sont pas opérants : il faut passer par le moteur de recherche national Baidu. UbiFrance nous épaule également pour déterminer la bonne approche d'un développement commercial de terrain. En termes financiers, nous nous appuyons aussi beaucoup sur l'assurance prospection Coface », détaille Vincent Encontre.

 

Tout est donc sur la table pour aller à la rencontre d'un monde divers, avec ses menaces et opportunités. Reconnues pour leur potentiel technologique, nombre de PME innovantes françaises du secteur numérique peuvent jouer leur carte, et y trouver la bonne implantation.

 

Dossier réalisé et propos recueillis par Frédéric Dessort