Banque de France Midi-Pyrénées : Bilan et perspectives avec Patrick Berger et Chantal Boucher | La lettre de Toulouse | Scoop.it
Patrick Berger succède à Chantal Boucher à la tête de la direction régionale de la Banque de France en Midi-Pyrénées.

 

- ToulÉco : 

 

Il prend ses fonctions officiellement ce lundi 19 septembre à Toulouse. Après une carrière internationale, Patrick Berger assurait dernièrement la direction départementale de la Banque de France dans les Alpes-Maritimes à Nice. Quant à Chantal Boucher, elle vient d’être nommée responsable des grands projets fiduciaires de la Banque de France à Paris. Un chassé-croisé qui donne l’occasion d’entretiens « miroir ». Bilan de l’une et projets de l’autre.

 

Quel regard portez-vous sur ces quatre années passées à Toulouse ?
Le bilan de l’action de la Banque de France en région est positif. Notamment sa participation aux différents comités départementaux de suivi de l’économie. Je retiens le dynamisme, l’esprit d’initiative de la région, de promotion de nouvelles idées. Il y a beaucoup d’acteurs sur le terrain, il peut y avoir confusion mais ce n’est pas mon rôle de critiquer. Il faut peut-être faire attention à la lisibilité. Cependant, la crise a fédéré les gens, les réseaux se sont construits et un leadership naturel s’est dégagé sur différents thèmes. Ainsi, le club des observateurs régionaux de conjoncture a très vite trouvé ses marques.

Le bilan 2010 et les perspectives 2011 issues de l’enquête menée par la Banque de France en Midi-Pyrénées faisait apparaître « une reprise modérée en 2010 qui devrait s’amplifier en 2011 ». Est-ce toujours d’actualité après cet « été meurtrier » ?
Les huit premiers mois de 2011 suivent encore cette tendance. Tout dépendra des quatre derniers mois de l’année. Les fondamentaux de la région, l’aéronautique, les équipements électriques, électroniques, vont bien. La filière des TIC aussi, avec la création de Digital Place qui fédère le secteur. Et même si le pouvoir d’achat baisse, la consommation ne s’est pas effondrée en région. Alors, le vrai révélateur sera le bilan de conjoncture régionale du mois de septembre. Pas d’optimisme exagéré mais nos enquêtes ne montrent pas encore de ralentissement sévère. Ceci dit, la crise en 2008 est arrivée bien plus tard en région. Restons prudents.

Quels sont les derniers résultats de la médiation du crédit ?
On reste à des niveaux faibles maintenant, de l’ordre de huit à dix dossiers par mois en Haute-Garonne, alors qu’on est monté à 30 ou 40 mensuels au plus fort de la tourmente en 2009. Et notre taux de succès en Midi-Pyrénées de 69% reste supérieur à la moyenne nationale de 63%.

Un regret avant de quitter Toulouse ?
Cette nomination aux grands projets fiduciaires de la Banque de France à Paris s’est décidée très vite. Donc je regrette de laisser en suspens des projets avec la CUGT ou la CRCI. Je vais désormais m’occuper des infrastructures de production des billets de banque, des machines de tri et de la mise en service d’une nouvelle gamme de billets avec des signes de sécurité revisités. Une fonction moins au contact des agents économiques, des entreprises ou des collectivités. Quand on monte dans les fonctions siège, on s’éloigne du terrain. C’est un petit regret. Mais mon prisme professionnel sera désormais celui de l’expertise fiduciaire avec un angle national voire européen. Alors qu’à Toulouse, c’était l’inverse. Une généraliste sur un territoire donné. Et puis, j’ai été très bien accueillie à Toulouse, je regretterai mes amitiés locales.
Propos recueillis par Isabelle Meijers