Pierre Sparaco : « Cette fusion EADS-BAE Systems est un aboutissement » | La lettre de Toulouse | Scoop.it
Pierre Sparaco, membre de l’Académie de l’air et de l’espace, journaliste et auteur spécialisé en aéronautique, décrypte les enjeux d’une possible fusion entre le géant européen de l’aéronautique et de la défense et son concurrent britannique.

 

EADS et BAE Systems ont confirmé le 12 septembre être en discussion sur une possible fusion. Boeing, avec ses 68,7 milliards de dollars de ventes en 2011, serait relégué au deuxième plan derrière ce potentiel mastodonte de 94 milliards de dollars de chiffre d’affaires.

Quels intérêts EADS et BAE Systems ont-il à fusionner ?
On ignore pour le moment d’où est venue l’initiative. Mais c’est surtout du côté d’EADS qu’une stratégie à long terme apparait clairement. Le groupe se porte bien, mais il a ce problème d’être trop dépendant d’Airbus qui représente plus des deux tiers de l’ensemble des activités du groupe. Depuis longtemps, EADS veut mieux équilibrer les activités entre le civil et le militaire, la seule manière de le faire étant la croissance externe. La branche défense d’EADS, Cassidian, n’a pas eu de résultats concrets et a en plus connu des difficultés de gouvernance et de stratégie.

Et du côté de BAE Systems ?
Il est plus difficile de comprendre les motivations de BAE Systems. Cette société a donné depuis quelques années une priorité totale à la pénétration du marché militaire américain, qui reste de loin le plus important des marchés qu’on puisse imaginer – le Pentagone dépense même en période de récession 2 milliards de dollars par jour… Peut-être que BAE Systems estime avoir fait le plein de contrats d’activité aux États-Unis, n’espère plus une croissance importante et ne voit pas où s’adresser pour compenser cela. Mais pour le moment, n’oublions pas que les deux groupes se sont contentés de confirmer être au stade de la discussion. Ils se donnent jusqu’au 10 octobre pour prendre une décision.

Peut-être est-ce un moyen pour BAE Systems de revenir vers l’Europe ?
Rien n’indique dans les propos de ses dirigeants lors des derniers mois un désir de retour vers l’Europe continentale. Cette société est à l’image de la nation britannique : tournée vers le grand large.

« Des questions politiques se posent »

Quels seraient les obstacles à cette fusion ?

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