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L'enseignement dans tous ses états.
Actualités, perspectives, débats... autour du monde de l'éducation et de l'enseignement.
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Les Inrocks - "L’école est de plus en plus perçue comme une compétition de tous contre tous"

Les Inrocks - "L’école est de plus en plus perçue comme une compétition de tous contre tous" | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
"Le Parisien" publie aujourd'hui une enquête qui témoigne d'une grande défiance des Français vis-à-vis de l'Education nationale. Pour comprendre les ressorts de ce désenchantement, nous avons interrogé le sociologue François Dubet, auteur récemment de "La Préférence pour l’inégalité" (éd. Seuil).

 

D’après une enquête publiée par Le Parisien ce 27 novembre, 69 % des Français estiment que l’Education nationale ne garantit plus l’égalité des chances, et 67 % des Français ayant des enfants scolarisés sont demandeurs d’un soutien scolaire. Comment vous interprétez cette défiance ?


François Dubet – Je l’interprète de deux manières. D’abord, la confiance dans l’égalité des chances à l’école reposait sur une certaine ignorance. Pendant très longtemps il n’y avait pas d’études sur le système scolaire, on pouvait donc penser que toutes les écoles se valaient, que tous les établissement étaient comparables et que l’école traitait tout le monde de la même manière. Je crois que les enquêtes PISA, les livres des sociologues, des économistes et des journalistes ont fait que cet enchantement de l’école s’est beaucoup effrité. Aujourd’hui pour croire dans l’égalité des chances scolaires il faut d’une certaine manière ne jamais ouvrir un journal.

  

La deuxième raison qui me paraît beaucoup plus profonde c’est que le rapport à l’école s’est complètement transformé. Pendant très longtemps l’école était considérée comme la machine qui permettait aux enfants d’entrer dans la société, mais qui ne déterminait pas fondamentalement leur destin social. C’est-à-dire que les enfants de la bourgeoisie allaient dans les écoles bourgeoises, les enfants du peuple dans les écoles plus populaires, pour se retrouver à peu près là où ils étaient au départ, à l’exception de quelques héros venus du peuple qui franchissaient les échelles de la société. Mais pour l’essentiel on attendait de l’école qu’elle éduque, qu’elle fabrique des Français, qu’elle créé une morale commune, mais pas véritablement qu’elle permette aux gens de trouver une place dans la société....

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Education sexuelle : «Les parents ne sont pas informés»

Education sexuelle : «Les parents ne sont pas informés» | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Après la polémique autour d’un prétendu enseignement de la théorie du genre à l'école, Hélène Romano, psychothérapeute, revient sur les tensions liées à l’éducation sexuelle.

 

Après des SMS qui annonçaient des cours de masturbation en maternelle, des parents ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école. Puis, suite à des rumeurs d’un prétendu enseignement de la théorie du genre, des établissements de banlieue parisienne ont été dépeuplés jusqu’à un tiers de leurs élèves, provoquant la polémique. Hélène Romano, psychothérapeute et chercheuse associée à l’Inserm, vient de publier Ecole, sexe et vidéo (Dunod). Elle tente d’expliquer pourquoi ces tensions autour de l’éducation sont loin d’être nouvelles et analyse les réactions des parents et leurs craintes.

 

Pourquoi est-ce si compliqué de parler de sexualité à l’école ?

Parce que c’est très compliqué de parler de sexualité en général, à l’école comme ailleurs. On peut le voir ne serait-ce qu’au niveau politique avec l’actualité récente. Cela touche à l’intime, à l’éducatif, à la loi, à la transgression, à tout ce qui est fondateur des interdits d’une communauté humaine. Dès qu’on aborde ce sujet, on remet en cause les repères culturels et religieux et on interroge la question de la transgression. Et le curseur est différent d’une société à l’autre, d’une époque à une autre. Ce que l’on remarque, c’est que c’est le plus souvent un paratonnerre, une sorte d’objet expiatoire qui relève un mal-être sociétal. Quand une société se sent insécurisée, l’éducation sexuelle est porteuse de polémique....

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«Les profs inventent, s’adaptent, la réforme doit venir d’eux…»

«Les profs inventent, s’adaptent, la réforme doit venir d’eux…» | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Antoine Prost Historien
INTERVIEW Le ministre Vincent Peillon veut «refonder» l’école. Après avoir changé, non sans mal, les rythmes scolaires, il ouvre des discussions sur le métier enseignant et sur le collège. L’historien Antoine Prost signe un livre, Du changement dans l’école (Seuil), où il analyse la longue histoire des réformes, plus ou moins réussies, dans l’Education nationale. Pourquoi faut-il toujours réformer ? Est-ce qu’il n’y a pas une cacophonie de réformes ? Comme tout être vivant, l’Education nationale ne cesse de se réformer. La réforme, c’est la vie. Il n’y a que dans les cimetières que l’on ne réforme plus. Le problème, ici, est que les débats sur l’éducation sont devenus des débats politiques. Les alternances politiques empêchent la gouvernance de l’Education nationale d’être constante, cohérente dans le temps. Par exemple, les zones d’éducation prioritaire ou Zep [créées par la gauche en 1981, ndlr]. Lorsque la droite arrive au pouvoir, elle ne s’en occupe plus. Quand la gauche arrive, elle les relance. Nous avons un vrai problème de gouvernance : la continuité n’est pas assurée, or elle est absolument nécessaire dans l’Education nationale. Est-ce qu’on ne tourne pas en rond ? On tourne en rond. La gauche défait ce que la droite a fait et réciproquement. Depuis le début de la Ve République, un seul ministre est resté aussi longtemps à son poste qu’un élève dans l’école élémentaire : ce fut Christian Fouchet, ministre de 1962 à 1967. Ou alors, si l’on change tout le temps de ministre, il faut que l’administration fasse la politique et que les directeurs restent longtemps en fonction. La politique de Ferry, qui passe, c’est Ferdinand Buisson, qui est resté dix-huit ans directeur de l’instruction primaire. Il a pu mener une politique. Si la politique du collège unique est entrée dans les faits, c’est qu’elle a été appliquée avec constance et continuité, de 1962 à au moins 1975, par une administration convaincue de sa justesse. Il faut de la suite dans les idées et les politiques. Il y a aujourd’hui une controverse sur les programmes d’histoire. C’est très bien de les alléger, mais il ne faut pas les changer tout de suite. Il faut laisser le temps aux profs de les apprivoiser sur au moins quatre ou cinq ans. Ce serait les traiter avec désinvolture que de jeter à la corbeille tout le travail qu’ils ont fait pour s’adapter aux programmes thématiques. Le temps pédagogique ne s’accorde pas avec le temps politique....
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ILS PARLENT DE NOUS • France – “La voie royale vers la médiocrité”

ILS PARLENT DE NOUS • France – “La voie royale vers la médiocrité” | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Christian Rioux, correspondant du quotidien québécois Le Devoir, sur l’enseignement en anglais à l’université.

 

Courrier international – Le projet de loi qui facilite l’enseignement en anglais à l’université suscite un vif débat. C’est un sujet important ?
     Christian Rioux – Très important. Il y avait déjà tout ce qu’il fallait dans la loi pour permettre à un professeur étranger d’enseigner dans une autre langue. Cette fois, il en va de la qualité de l’enseignement supérieur en France et de la capacité des chercheurs français à faire de la recherche dans la seule langue où ils excellent vraiment : le français. A qui fera-t-on croire qu’un professeur français enseignera aussi bien en anglais qu’en français ? On veut attirer les meilleurs étudiants du monde et on pense le faire en rabaissant la qualité des cours ! Enseigner en anglais en France, c’est la voie royale vers la médiocrité.

Quel est votre regard de Québécois sur le sujet ?
    Cette loi sème le défaitisme dans toute la francophonie. Elle traite le français comme si c’était le suédois ou le néerlandais alors qu’il est la langue d’un bassin de 200 millions de personnes réparties sur tous les continents et la deuxième langue la plus traduite et enseignée dans le monde. Comment voulez-vous ensuite que les Québécois, les Sénégalais, les Roumains résistent à l’anglicisation galopante ? Ce sont eux que la France écarte ainsi d’un revers de la main. Quant aux meilleurs étudiants qui souhaitent étudier en anglais, croyez-moi, ils préféreront toujours l’original à sa pâle copie hexagonale.

Le français est menacé, dit-on. Mais par quoi ?
    Puisqu’ils ne craignent pas l’assimilation comme les Québécois, les Français cultivent un faux sentiment de sécurité. Parmi les élites, l’anglais est même devenu un snobisme. Ils ne voient plus les formes syntaxiques anglaises qui pénètrent massivement leur langue depuis une décennie. Or, avec elles, ce sont les idées et une façon de penser qui se répandent. Un jour, nous parlerons de ce que le poète québécois Gaston Miron appelait le “traduit du”, ce sabir vaguement français que l’on entend à Ottawa. A terme, ce qui est en jeu en France comme au Québec, c’est la capacité de nommer le monde et sa modernité en français. Nous avions cru naïvement que c’était çà, “le rêve français”…

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Vincent Peillon crée un enseignement de "morale laïque", du CP à la terminale

Vincent Peillon crée un enseignement de "morale laïque", du CP à la terminale | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Dans un entretien au "Monde", le ministre de l'éducation détaille les modalités de cette nouvelle discipline.

 

La morale laïque, dont Vincent Peillon précise aujourd'hui les modalités d'enseignement, est née dans la polémique. Le ministre de l'éducation avait annoncé, à la veille de la rentrée scolaire de septembre 2012 qu'il entendait développer cet enseignement du primaire au lycée. Luc Chatel, son prédécesseur rue de Grenelle, avait trouvé une résonance pétainiste dans cette volonté de "redressement intellectuel et moral" du pays.

Pourtant, un sondage IFOP pour Dimanche Ouest-France révélait la semaine suivante que 91 % des Français étaient favorables à l'initiative, dont 48 % "très favorables". Une mission composée de l'historien Alain Bergounioux, du conseiller d'Etat Rémy Schwartz, et de l'universitaire Laurence Loeffel, a été chargée de définir le contenu de cet enseignement et de réfléchir à son évaluation. Leur rapport, que le ministre devait présenter lundi 22 avril, s'intitule "Pour un enseignement laïque de la morale".

 

Eclairé par les six mois de lectures et d'auditions du rapport, comment définissez-vous le plus simplement la "morale laïque" ?

La morale laïque est un ensemble de connaissances et de réflexions sur les valeurs, les principes et les règles qui permettent, dans la République, de vivre ensemble selon notre idéal commun de liberté, d'égalité et de fraternité. Cela doit aussi être une mise en pratique de ces valeurs et de ces règles.

 

Le rapport préconise un "enseignement laïque de la morale" et non plus une "morale laïque". Est-ce une marche arrière après les critiques ?

C'est la même chose ! Mais je comprends qu'il faut rassurer sur deux points. D'abord, certains voudraient laisser penser que la morale laïque serait antireligieuse. C'est exactement l'inverse : elle est une morale commune à tous, et c'est justement son respect qui autorise la liberté et la coexistence des croyances individuelles et privées de chacun. Ensuite, la morale laïque n'est pas non plus une morale d'Etat, une "orthodoxie à rebours". Elle est le contraire du dogmatisme et fait le pari de la liberté de conscience et de jugement de chacun : elle vise l'autonomie....

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Maylis Roche Israel's curator insight, May 8, 2013 4:03 PM

Et pourquoi pas des mesures plus concrètes pour restaurer l'autorité de l'adulte en général ?

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ÉDUCATION • “Les bonnes réformes de Peillon”

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Solveig Gram Jensen, correspondante du quotidien danois Jyllands-Posten, sur les rythmes scolaires.

 

Courrier international – Le ministre de l’Education souhaite réduire les vacances d’été à six semaines. C’est une bonne idée ?
Solveig Gram Jensen — Oui, pour plusieurs raisons. D’abord par rapport à la qualité de l’enseignement : il est plus productif de faire un effort quotidien régulier que d’avoir des périodes plus courtes mais plus intenses. Ensuite, il y a le côté social : les vacances coûtent cher. Si l’on ne part pas, il faut que quelqu’un surveille les enfants. Je comprends les enjeux en ce qui concerne l’industrie du tourisme français, même si ce secteur n’est pas très développé au Danemark et ne joue donc pas de rôle majeur (voire pas de rôle du tout) dans le débat scolaire. Néanmoins il ne serait pas sérieux de prendre en compte les intérêts d’un secteur industriel si l’objectif était de créer de meilleures conditions d’enseignement pour les enfants.

En primaire, la question de revenir à 4,5 jours au lieu de 4 suscite débats et querelles. Quel regard portez-vous sur le sujet ?
— Encore une fois, je suis d’accord avec le ministre de l’Education : pour les enfants, il est préférable de répartir la semaine d’école sur 5 jours plutôt que sur 4 jours plus denses. Et c’est moins cher de faire garder un enfant un après-midi qu’une journée entière. Ce changement pourrait également renforcer l’égalité hommes-femmes, puisque c’est presque toujours la mère qui travaille à temps partiel pour s’occuper des enfants...

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Rythmes scolaires : les animateurs ne veulent pas être les laissés-pour-compte de la réforme à Paris

Rythmes scolaires : les animateurs ne veulent pas être les laissés-pour-compte de la réforme à Paris | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

Rythmes scolaires : les animateurs ne veulent pas être les laissés-pour-compte de la réforme à Paris.

 

 

Ils sont, autant que les enseignants rappellent-ils, concernés par la réforme des rythmes scolaires dont on ne sait plus si elle doit, à Paris, être mise en place en septembre 2013 ou en septembre 2014. Ils ont, eux aussi, la responsabilité des écoliers, mais sur des « temps périscolaires » dont l’amplitude horaire doit augmenter de trois-quarts d’heure par jour, une fois que la semaine de 4,5 jours d’école sera rétablie. Et ils sont aujourd’hui inquiets à plus d’un titre : inquiets du peu de considération qu’enseignants et parents leur témoignent - ou qu’ils ressentent comme tel. Inquiets de voir leur parole confisquée dans un débat qui oppose essentiellement la Ville de Paris - leur employeur - aux professeurs des écoles. Inquiets, enfin, que la réforme voulue par le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, et qui pourrait être une occasion de « déprécariser » et réhabiliter leur profession, se décide sans eux, ou presque. Pour toutes ces raisons, les animateurs des centres de loisirs parisiens sont appelés à faire grève, ce mercredi 20 février, par l’UNSA-Animation. Objectif : « Que les animateurs ne soient pas les laissés-pour compte de l’aménagement des rythmes scolaires », explique Jean-Pierre Lubek, secrétaire de l’UNSA-Animation.

 

Votre organisation syndicale n’a pas participé aux journées de mobilisation des enseignants parisiens contre la réforme des rythmes scolaires. Pourquoi faire grève aujourd’hui, un peu « de votre côté » ?


Que ce soit clair, nous ne nous opposons pas à la mise en œuvre de cette réforme à Paris. La question de la date - 2013 ou 2014 - dépend de l’académie et du maire. Ce que nous voulons c’est qu’un « schéma directeur » de l’organisation de la journée et de la semaine scolaires soit défini le plus rapidement possible. En tant qu’intervenants au sein de l’école, les animateurs ont leur contribution à apporter dans le débat sur les rythmes. Pourtant, l’animation a été largement marginalisée - voire exclue - de toutes les concertations sur le sujet ces dernières années, et nous avons dû jouer des coudes pour livrer une expression minimale de nos points de vue...

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L'Etat reprend en main le destin de Sciences Po

L'Etat reprend en main le destin de Sciences Po | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
La ministre de l'enseignement supérieur nomme un administrateur à la tête de l'école, attaquée pour sa gestion et empêtrée dans une crise de succession.

 

Dans son rapport, Sciences Po, une ambition forte, une gestion défaillante, la Cour des comptes propose des poursuites sur certains faits concernant la gestion de l'établissement. Dans ces conditions, Hervé Crès, le candidat désigné par les instances de l'école, peut-il être nommé pour la diriger ?

Geneviève Fioraso : Au vu des dysfonctionnements que la Cour des comptes a relevés, au fait que leur gravité a conduit celle-ci à proposer des poursuites concernant des faits relevant de la responsabilité de plusieurs directions dont celles des études que Hervé Crès dirige, j'estime que les conditions ne sont pas réunies pour procéder à sa nomination. J'observe d'ailleurs que celle-ci ne m'avait pas été officiellement demandée par les instances dirigeantes de Sciences Po depuis la réunion du conseil d'administration à la fin du mois dernier.

J'ai donc décidé de désigner dans quelques jours, après avoir consulté les présidents des deux conseils (Michel Pébereau pour le conseil de direction de Sciences Po et Jean-Claude Casanova pour la Fondation nationale des sciences politiques), un nouvel administrateur provisoire pour permettre de procéder à une nouvelle désignation le plus rapidement possible....

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"Le "bon devoir, c'est celui que l'élève peut faire seul"

"Le "bon devoir, c'est celui que l'élève peut faire seul" | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
A l'heure où le gouvernement veut supprimer les devoirs à la maison, Séverine Kakpo, chercheuse en sciences de l'éducation, a enquêté sur le sujet et émet des réserves.

 

Un travail de terrain d'une année environ que cette ex-professeure de lettres en Seine-Saint-Denis a mené, dans les quartiers populaires de la périphérie parisienne, auprès d'une vingtaine de familles dont les enfants sont scolarisés à la charnière de l'école primaire et du collège. Les résultats de ce travail ethnographique viennent étayer les données de l'Insee : loin du cliché sur la "démission parentale", les familles populaires ont foi en l'utilité des devoirs, s'investissent chaque soir - ou presque. Et si l'abolition des devoirs, officiellement interdits depuis 1956, n'était pas le véritable enjeu ?

 

Pour ou contre les devoirs : la question est récurrente dans le monde éducatif. Au printemps, la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) a appelé à quinze jours de "grève des devoirs", relançant les discussions sur un sujet dont le ministère de l'éducation nationale s'est, depuis, emparé. Qu'est-ce que ce débat dit de notre rapport à l'école ?

    Le débat est, selon moi, très mal posé. La formulation "pour" ou "contre" nourrit artificiellement des lignes de tension bien réelles. Politiques, enseignants, parents et chercheurs s'accordent à dire que tout processus d'apprentissage scolaire doit passer par une phase de travail personnel de l'élève, permettant la consolidation des notions abordées en classe. Personne ne propose de supprimer ce travail-là. La vraie question est : où ce travail doit-il être fait ? Revient-il à l'institution de le prendre en charge ? Ou bien est-ce du ressort des familles, que l'ont sait inégalement disposées en matière de ressources - matérielles, temporelles, éducatives, culturelles... ?

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«Aux Etats-Unis, les deux tiers des étudiants diplômés sont endettés»

«Aux Etats-Unis, les deux tiers des étudiants diplômés sont endettés» | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Le poids de la dette étudiante est devenu un enjeu de campagne. Stéphan Vincent-Lancrin, chercheur à l’OCDE, analyse les causes d'une dérive inquiétante qui pourrait peser sur le vote des jeunes Américains.

 

En 2008, le vote des jeunes avait été déterminant, 66% des 18-29 ans ayant voté pour Barack Obama. Aujourd'hui, les étudiants sont touchés de plein fouet par l'accroissement du montant de leurs emprunts, qu'ils peinent à rembourser et qui pèsent sur leur avenir (lire notre reportage à la fac de Portland). Ce fardeau pourrait jouer sur le taux d'abstention des jeunes. A quelques jours du scrutin, Stéphan Vincent-Lancrin, chercheur à l’OCDE, analyse les causes du deuxième poste d'endettement des Américains.

 

Quelle est l'ampleur de l'endettement des étudiants aux Etats-Unis?

            Les deux tiers des étudiants américains diplômés sont endettés, pour un montant moyen de 26 600 dollars, qui peut atteindre le double dans certains Etats. Les montants les plus élevés se retrouvent en général chez les étudiants issus des établissements privés à but lucratif, aux frais d'inscription élevés, aux programmes plus variés, et qui acceptent plus d'étudiants en difficulté. En 2009, le défaut de remboursement s'y montait d'ailleurs à 15% en moyenne, contre 4% dans les établissements privés à but non lucratif et 6% dans le public. Mais il faut relativiser : le nombre d'inscrits dans ces établissements n'est pas considérable. Il y a aussi une grande différence entre le prix affiché des études et le prix réellement payé, qui peut être très raisonnable au bout du compte dans une université publique. Le coût du logement, lui, reste incompressible.

 

Les tarifs pratiqués par les universités sont-ils excessifs?

       La hausse du coût de l'enseignement supérieur a largement dépassé l'inflation. Dans les années 70, pour les filières de quatre ans, les plus suivies par les classes moyennes, le coût des études représentait 4% du salaire médian américain. Ce chiffre se monte désormais à 11% en moyenne, voire beaucoup plus dans les universités privées à but non lucratif prestigieuses comme Harvard, où les frais de scolarité ont bondi de 7% à 36% du salaire médian en quarante ans. Le financement public, très réactif à la conjoncture outre-Atlantique, n’a pas suivi.

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Education religieuse : ça se passe comment chez les protestants ?

Education religieuse : ça se passe comment chez les protestants ? | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Même si elles s'appuient toujours sur le support écrit traditionnel, les écoles protestante se basent beaucoup aujourd'hui sur les nouvelles technologies numériques, y compris les jeux.

 

Atlantico : Pour les cours de religion c'est aussi la rentrée. L'enseignement religieux protestant souffre-t-il en France du même désaveu de la part de la jeune génération ou continue-t-il à attirer les étudiants ?

Sébastien Fath : Rappelons tout d'abord qu'à l'inverse de l'Eglise catholique, les Eglises protestantes avaient décidé, au moment des lois scolaires et de la loi de 1905, de rétrocéder leurs 1500 écoles à l'Etat. A partir de 1905, les écoles protestantes ont donc toutes été laïcisées. Du coup, les Eglises protestantes ont accordé un soin d'autant plus grand à la catéchèse donnée dans les églises locales et les paroisses, au travers de ce qu'on appelle le mouvement des "écoles du dimanche", forme de catéchisme protestant qui encadre les enfants. Ces écoles du dimanche (qui ont généralement lieu pendant le culte dominical) restent vivaces aujourd'hui. Elles attirent, au prorata du total protestant français (1,8 millions de personnes) un peu plus que ne le fait le catéchisme catholique vis-à-vis de son public.

 

Par ailleurs, selon ma collègue Anne Ruolt, il existe aujourd'hui 24 écoles confessionnelles protestantes (6 d'héritage luthéro-réformé, 18 évangéliques), dont les plus célèbres sont le lycée Jean Sturm à Strasbourg et le collège cévenol au Chambon-sur-Lignon. C'est très peu par rapport à l'enseignement catholique qui rassemble plus de 2 millions d'élèves aujourd'hui.

Enfin, rappelons qu'il existe aussi un scoutisme protestant (qui propose un enseignement). Il est réparti autour de six mouvements scouts qui se revendiquent du protestantisme en France, à savoir les Éclaireurs unionistes, les Éclaireurs évangéliques, la Jeunesse Adventiste, les Flambeaux Claires Flammes, les Porteurs de Flambeaux et les Royal Rangers.

 

Les méthodes d'enseignement sont elles comparables, aujourd'hui, à ce qui se faisait il y a 30 ou 50 ans ?

Les méthodes ont considérablement changé, même si elles s'appuient toujours sur le support écrit traditionnel. Elles se basent beaucoup aujourd'hui sur les nouvelles technologies numériques, y compris les jeux. Lors de "Protestants en fête", événement de masse organisé fin septembre 2009 à Strasbourg, un atelier Playstation était même proposé aux ados afin d'amorcer par là, indirectement, une sensibilisation à la foi ! Rappelons que le protestantisme est né avec la "Révolution Gutenberg", l'essor de l'imprimerie. Les protestants se rattachent à un christianisme né avec les premiers médias de masse. Il en reste quelque chose aujourd'hui quand on voit la vitalité des portails protestants, notamment évangéliques, en direction des jeunes, à l'image de "Topkids", proposé sur le grand portail Topchrétien.com.

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Elections au Québec : «Un choc pour les étudiants»

Elections au Québec : «Un choc pour les étudiants» | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
La très courte victoire du Parti québécois face aux Libéraux aux législatives révèle la division de la société québécoise, souligne le sociologue Eric Pineault.

 

Le Parti québécois reprend la main dans la province francophone. Cette formation souverainiste de centre gauche a remporté les législatives de mardi. Jean Charest, Premier ministre qui a tenu une ligne dure cette année face aux étudiants mobilisés contre la hausse des frais de scolarité, laisse le poste qu'il occupait depuis 2003 à Pauline Marois. Mais il limite la casse.

Avec 54 sièges au Parlement, contre 50 pour les Libéraux, la nouvelle Première ministre, dont le programme de centre gauche était ambitieux, n'aura que très peu de marge de manœuvre, nuance Eric Pineault, professeur au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal.

 

La victoire du Parti québécois a-t-elle de quoi surprendre ?

      Ce qui me surprend surtout, c’est que le Parti libéral, arrivé en deuxième position, ait si bien résisté, y compris à Montréal où la mobilisation contre la hausse des frais de scolarité a été la plus dure. A Laval, une banlieue du nord de Montréal plutôt classe moyenne, le vote pour les Libéraux a été massif. Ce sont les parents des manifestants ! Pour les étudiants, il y a un effet de choc. Portés par l'ampleur des manifestations et l'entre-soi des réseaux sociaux, ils pensaient avoir infligé un sérieux coup aux Libéraux. Ce résultat, qui montre qu'une partie de la société québécoise continue à se reconnaître dans le parti libéral, les oblige à une prise de conscience sur la division de la société. Ce qu’ils pensaient être un consensus n’en était pas un.

Je crois qu’on a aussi sous-estimé l’impact de la couverture de la mobilisation par la presse traditionnelle de droite, qui présentait les manifestants comme des vandales. Ce message a porté auprès d’une partie de la population.

...

Quelle position devrait tenir le Parti québécois sur la hausse des frais de scolarité ?

Il devrait, comme il s’y est engagé, abroger la loi 78, [qui limite fortement le droit à manifester, ndlr] et indexer les frais de scolarité sur l’inflation. Mais il n’est pas certain qu’il puisse y arriver, avec deux partis de droite en face au Parlement. Il devra aussi compter avec les recteurs des universités. La hausse des frais enclenchée par les Libéraux se fondait sur deux forces distinctes. D’abord, la volonté d’un changement de culture, d’en finir avec le modèle de la gratuité, du tout social. Mais aussi sur un consensus chez les recteurs des universités québécoises autour de cette source de revenus qui a pour eux l’avantage, par rapport aux autres financements, d'être discrétionnaire. Augmenter les frais leur donne plus d’autonomie dans le management de leurs universités. Ce deuxième aspect du débat reste ouvert, et la lutte, menée jusqu'ici dans la rue, va peut-être se déplacer dans les salons bourgeois...

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Conflit étudiant: les associations refusent de rendre les armes | Daphnée Dion-Viens | Éducation

Conflit étudiant: les associations refusent de rendre les armes | Daphnée Dion-Viens | Éducation | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

Même si plusieurs cégépiens ont décidé de reprendre le chemin des classes, les associations étudiantes refusent de s'avouer vaincues. Plutôt que d'y voir un essoufflement du mouvement, les leaders étudiants parlent plutôt d'un changement de stratégie en vue de l'élection du 4 septembre.

 

Jusqu'à maintenant, les étudiants de 8 des 14 cégeps en grève ce printemps se sont prononcés pour un retour en classe. Seulement deux collèges ont voté pour la poursuite de la grève. Dans les rangs de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui a appelé à la poursuite de la grève, la déception est palpable.

«Oui, on aurait aimé que la grève se poursuive, admet sa porte-parole, Jeanne Reynolds. Mais on voit une volonté de poursuivre la mobilisation pour la marche du 22 août, et des votes de grève seront repris après le scrutin.»

La CLASSE refuse toutefois d'y voir une démobilisation étudiante. «Oui, plusieurs cégeps retournent en classe, mais il y a encore plusieurs dizaines de milliers d'étudiants qui doivent se prononcer. Il est trop tôt pour juger», affirme Mme Reynolds. Selon la porte-parole, la crainte de perdre la session est la principale raison qui explique le retour en classe jusqu'à maintenant....

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Catherine Wihtol de Wenden : «L'émigration des jeunes diplômés devrait s'intensifier»

Catherine Wihtol de Wenden : «L'émigration des jeunes diplômés devrait s'intensifier» | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
A l’occasion du Forum «Libé» de Rennes consacré au monde de demain, la politologue Catherine Wihtol de Wenden nous a donné son éclairage sur les perspectives migratoires de la France à l’horizon 2030.

 

La France s’inquiète de la fuite de ses cerveaux. Est-ce un phénomène qui risque de s’accentuer ?

Sans doute, s’il n’y a pas de reprise rapide sur le marché de l’emploi français. Il est difficile d’y entrer pour les nouveaux diplômés. Ces jeunes tentent donc leur chance à l’étranger, où en général, l’entrée se fait plus facilement. C’est un détour qui leur permet de booster leur CV. Toutefois, il est inutile d’être dramatique à ce propos : on a davantage à faire à un changement de mentalités qu’à un véritable exil de la jeunesse. Cette génération est née avec l’Europe, à leurs yeux, le marché du travail est européen et ils peuvent vivre dans les pays voisins sans se sentir expatriés.

Voit-on apparaître de nouvelles formes de mobilité ?

On assiste à un mouvement des retraités souhaitant vivre de leur pension au soleil dans des pays où la vie est peu chère. On voit aussi émerger ce qu’on appelle «le ryadisme», une pratique consistant à acheter des vieilles bâtisses dans des pays du Maghreb pour ensuite les louer. Beaucoup de Français partent développer le tourisme à l’étranger.

A l’inverse, va-t-on vers une intensification de l’immigration en France ?

Il y a actuellement 3,5 millions d’étrangers en France, et ce chiffre est resté fixe durant les vingt dernières années. Pourtant les arrivées ont continué, sous forme de regroupement familial, de réfugiés politiques ou de sans-papiers. Mais ce phénomène reste masqué car en parallèle, le flux de migrants est assimilé grâce aux naturalisations et à des retours au pays. Et cela continuera très certainement à l’avenir.

Est-ce que des nouvelles nationalités d’émigrés pourraient arriver dans les prochaines années ?

Traditionnellement, la France a connu des migrations provenant de Pologne, d’Italie, puis d’Afrique noire ainsi que du Maghreb. Cependant, ces dernières années, on a assisté à une diversification de l’immigration. Et cette diversification devrait s’accélérer. On assiste à l’arrivée de Pakistanais, d’Egyptiens ou de Bangladeshis....

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Diplômés étrangers : «Il y a à nouveau une hausse des refus injustifiés»

Diplômés étrangers : «Il y a à nouveau une hausse des refus injustifiés» | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Depuis la suppression de la circulaire Guéant, les refus de visas de travail aux motifs farfelus, s'étaient arrêtés. Voilà que ça repart, alerte Fatma Chouaieb, du «collectif du 31 mai».

 

Le téléphone a recommencé à sonner. Depuis quelques semaines, de jeunes diplômés étrangers, au parcours sans faute et sortant souvent de grandes écoles ou universités françaises, s’étonnent d’essuyer des refus de visas pour travailler en France.

 

La situation s’était pourtant bien arrangée depuis la suppression en mai 2012 de la fameuse circulaire Guéant du 31 mai 2011, qui avait laissé sur le carreau des centaines de jeunes talents, privés d’autorisation de travail. «Mais depuis quelques semaines, on constate une recrudescence des refus en préfecture, c’est très net», s’inquiète Fatma Chouaieb, la porte-parole du collectif du 31 mai, qui s’était créé à l’époque pour obtenir la suppression de la circulaire. Comment expliquer cette nouvelle vague de refus ? Le ministère de l’Intérieur a-t-il envoyé de nouvelles consignes aux préfectures ? Le collectif s’interroge, et s’apprête à interpeller le gouvernement.

 La situation est-elle semblable à l’automne 2011 quand les premiers effets de la circulaire Guéant commençaient à se faire sentir ?

Heureusement non, nous ne sommes pas du tout dans les mêmes proportions de refus. A l’automne 2011, on avait vraiment lancé l’alerte rouge, le nombre de visas refusés était vraiment très élevé. Et beaucoup de jeunes se retrouvaient pendant des mois et des mois sans réponse de la préfecture. Avec la suppression de la circulaire, les problèmes s’étaient vraiment bien résorbés. On ne recevait plus d’appels à l’aide. Jusqu’à ces dernières semaines. Là, ça recommence. Il y a une vague de refus, c’est net.

 Combien de cas de refus avez-vous enregistrés ?

Pour l’instant, on est encore dans la phase du recensement. Nous n’avons pas encore de chiffres précis, mais j'ai en tête 20 à 30 dossiers. On a ouvert une page Facebook [en septembre 2011, le collectif s’était constitué d’abord via Facebook, ndlr] pour essayer de voir combien de personnes sont concernées. Dès qu’on aura un peu plus de visibilité, on va interpeller les trois ministères concernés, Travail, Intérieur et Enseignement supérieur, pour demander des explications.

 Sur les 20 à 30 dossiers que vous citez, quels sont les motifs de refus ?

Dans la plupart des cas, comme à l’époque de la circulaire Guéant, les agents de préfecture ressortent l’argument du taux de tension dans un bassin d’emploi, en comparant un poste de junior avec un senior. Ça ne tient pas la route. 

 Du coup, vous réactivez le collectif ?

Non, nous n'avons pas cessé d'exister ! Nous avions juste quitté la rue mais nous avons continué à travailler...

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Studio de Formation théâtrale de Vitry : «On accueille des élèves des quatre coins de la France»

Studio de Formation théâtrale de Vitry : «On accueille des élèves des quatre coins de la France» | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Florian Sitbon est le fondateur de cette école, implantée aux pieds des HLM, qui offre aux élèves une formation intensive et du temps pour que la créativité dialogue.

 

Vitry-sur-Seine, 38 rue de la Fraternité. Un HLM et, une hésitation. Est-ce bien le Studio de Formation Théâtrale ? En 2005, Florian Sitbon, comédien metteur en scène, décide de fonder cette école de théâtre, implantée à Vitry-sur-Seine et préparant aux concours des trois écoles d’Etat (CNSAD, Ecole du TNS, ENSATT). Actuellement, une cinquantaine d’élèves, répartie sur trois cycles, y suivent une formation intensive. Pour les premier et deuxième cycles, des cours techniques (chant, danse, acrobatie théâtrale, diction), de culture théâtrale (histoire du théâtre et de la mise en scène, découverte des auteurs contemporains) et d’interprétation sont donnés dans le studio. Le troisième cycle, lui, privilégie l’insertion professionnelle.

Des livres, des costumes, des tréteaux... Au fond, une porte donne sur une salle plongée dans le noir. A gauche, deux rangées de gradins ; à droite, trois jeunes comédiens. Dans ce rez-de-chaussée de HLM, on joue du R.W. Fassbinder, on dénonce le fascisme quotidien avec la pièce Preparadise Sorry now.

Bien que la représentation ait lieu la semaine prochaine, ici, on prend le temps pour que les créativités dialoguent. D’ailleurs, aujourd’hui, c’est la «journée laboratoire» explique Florian Sitbon. Les élèves proposent diverses interprétations du texte tandis que Florian, lui, regarde, conseille, interrompt, approuve, écoute, change d’avis. Et, entre deux scènes, répond à nos questions.

          Comment est né le Studio de Formation Théâtrale ?

             Ces lieux servaient de salle de répétition pour ma compagnie, la compagnie Florian Sitbon. Progressivement, avec mes camarades, on a eu envie de fournir des cours d’excellent niveau de manière intensive et à prix raisonnable. On ne savait pas si ça allait marcher ! On avait choisi Vitry-sur-Seine pour des raisons purement économiques : les locaux n’étaient pas chers. Mais ce qui était un détail pratique est devenu une réelle exigence...

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L'école, une volière de pigeons ?

L'école, une volière de pigeons ? | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
L’annonce du président de la République d’inclure l’entrepreneuriat dans l’enseignement du collège au lycée soulève fronde et stupeur au sein de l’éducation nationale. Retrouvez notre table ronde avec Bertrand Geay, sociologue et professeur en sciences de l’éducation, Christian Poyau, président de la fondation Croissance responsable et PDG de Micropole et Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU.

« Stimuler l’esprit d’entreprise dans notre pays, c’est d’abord le rôle de l’école », déclarait François Hollande, le 29 avril, lors de la clôture des assises de l’entrepreneuriat. La dogmatique patronale dans les programmes scolaires ? Le monde de l’éducation n’en revient pas. Comment conjuguer les valeurs de la morale laïque, de l’égalité, de la justice, de la solidarité, de la citoyenneté, avec « l’esprit d’entreprise », la concurrence, la course au profit, l’individualisme ? Décidément, le président de la République a la mémoire courte. Pas nous. On se souvient de son allocution d’investiture, sous les auspices de Jules Ferry, qui avertissait déjà le 4 août 1879 : « Dans une société démocratique, surtout, il est de la plus haute importance de ne pas livrer les études aux entreprises de l’industrialisme, aux caprices des intérêts à courte vue (...). »

 

 

Que pensez-vous d’inclure un programme sur l’entrepreneuriat dans l’enseignement, de la sixième à la terminale, comme le préconise le président de la République, François Hollande ?

 

Bertrand Geay.Je me demande de quel esprit perturbé de conseiller en communication a pu sortir une idée aussi stupide. L’entrepreneuriat constitue-t-il un champ de savoirs qui nécessite la prise de distance et l’approche méthodique qui sont le propre de la connaissance scolaire ? Nos élèves sont-ils en difficulté car il leur manque « l’esprit d’entreprise » ? On voit bien qu’il ne s’agit là que d’une proposition vide de sens et qui n’a d’autre but que de se montrer sympathique envers les représentants patronaux des entreprises. On en voit bien les ressorts politiques. On peut se demander jusqu’où ira la surenchère. Par ailleurs, ce type de sortie est particulièrement dommageable pour la réorientation de la politique scolaire en matière de programmes. L’idée d’imposer comme cela un nouveau programme est absolument l’inverse de ce qui devrait être la priorité : repenser l’unité et la progressivité des programmes, sur la base d’un débat démocratique, et en prenant appui sur une institution d’arbitrage collégiale et indépendante, comme le ministre Vincent Peillon dit vouloir le faire.

 

Christian Poyau. Les mesures annoncées par le président de la République, la semaine dernière, vont dans le bon sens. Il est en effet indispensable de stimuler « l’esprit d’entreprise » chez les jeunes, et plus largement auprès des acteurs du monde éducatif. C’est ce que fait la fondation Croissance responsable en proposant des stages de découverte de trois jours aux enseignants de collège et lycée ainsi qu’aux conseillers d’orientation. C’est par des expériences concrètes (stages d’élèves et d’enseignants, visites d’entreprises, témoignages d’entrepreneurs) que l’on pourra faire tomber les appréhensions de part et d’autre...

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Bibliothèque IUT Dijon's curator insight, May 14, 2013 4:26 AM

une discussion avec deux points de vue sur la mise en oeuvre de mesures visant à accentuer la dimension professionnelle dans le monde de l'éducation

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Les Inrocks - "Les inégalités n'ont pas disparu, elles ont juste été repoussées plus loin dans le cursus scolaire."

Les Inrocks - "Les inégalités n'ont pas disparu, elles ont juste été repoussées plus loin dans le cursus scolaire." | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
En France, en 2013, 70 % des enfants d’ouvriers n’ont pas d’opportunités de promotion sociale. Face à ce constat, le sociologue Camille Peugny appelle à réinventer une école “vraiment” démocratique.

 

Dénoncé dès 1970 par Pierre Bourdieu, le mécanisme du déterminisme social se perpétue depuis les années 80. Selon le sociologue Camille Peugny, pour déjouer les pièges de notre école méritocratique et élitiste, il faut mettre l’accent sur le primaire et promouvoir la formation tout au long de la vie.

 

Qu’avez-vous voulu démontrer avec votre nouveau livre ?

Camille Peugny - Que la France de 2013 est loin d’être un paradis de la mobilité sociale et de l’égalité des chances. Quelques années après la fin de leurs études, 70 % des enfants d’ouvriers exercent aujourd’hui un emploi d’ouvrier ou d’employé. A l’inverse, 70 % des enfants de cadres exercent un emploi d’encadrement. C’est dire à quel point la reproduction des inégalités demeure forte. En réalité, depuis le début des années 1980, elle n’a pas diminué. Cela a des conséquences importantes en termes de défiance, de pessimisme, de cohésion sociale.

 

Est-ce un constat partagé par tous les sociologues, même par ceux qui insistent sur la mobilité sociale ?

La mobilité sociale existe : 30 % des enfants d’ouvriers connaissent une vraie promotion sociale et il n’y a heureusement pas de déterminisme absolu. Mais personne ne peut nier que notre milieu social a une influence sur nos destins et nos parcours. En trente ans, l’égalité des chances entre les enfants favorisés et les défavorisés n’a pas du tout progressé. Ce qui interroge notamment notre système éducatif. L’école s’est largement massifiée mais cela ne s’est pas traduit par une augmentation de la mobilité sociale. C’est un constat qui doit interpeller la société tout entière....

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Marie-George Buffet : "Il y a un fossé entre la volonté de la loi sur la refondation de l'école et sa réalité"

Marie-George Buffet : "Il y a un fossé entre la volonté de la loi sur la refondation de l'école et sa réalité" | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

Le projet de loi sur la refondation de l’école est débattu depuis hier à l’Assemblée. Un texte qui mêle rupture et renoncement, estime la députée Marie-George Buffet, qui défendra des amendements au nom du Front de gauche. "En l’état actuel, il y a trop de carences", estime l’une des porte-parole du groupe gauche démocrate et républicaine sur ce texte.

Les députés ont entamé, hier, l’examen du projet de loi «pour la refondation de l’école de la République. Un texte qui entérine la création de 60 000 postes sur cinq ans et donne la priorité à l’enseignement primaire. Mais qui reporte également des dossiers cruciaux et poursuit certaines logiques délétères.

 

Ce projet de loi est-il une réelle «refondation» de l’école ou juste la continuité des politiques précédentes ?

Marie-George Buffet. On ne peut pas parler de continuité. Il y a une volonté affichée de refonder l’école alors que l’on avait, avec la droite, une dévalorisation permanente de l’institution. Il y a donc une belle ambition. Mais, malheureusement, entre le titre du texte et sa réalité, il y a un fossé… L’engagement sur les 60 000 postes est une rupture réelle. Mais certains sujets fondamentaux, comme le collège, l’éducation prioritaire et le lycée, sont repoussés à plus tard. On constate aussi des reculs inquiétants.

 

La priorité donnée au primaire est-elle une réalité ?

Marie-George Buffet. C’est indéniable. À commencer par le rôle reconnu de la maternelle. Mais l’ambition reste encore trop limitée. Sur l’accueil des enfants de moins de trois ans, nous défendrons un amendement pour le rendre obligatoire dans toutes les écoles – à partir du moment où les parents le souhaitent – et non pas le réserver aux seules zones prioritaires. De même, nous souhaitons que l’école soit obligatoire dès trois ans, ce que ne fait pas la loi. Concernant les réseaux d’aide aux enfants en difficulté (Rased – NDLR), plusieurs amendements adoptés en commission « confortent » leur existence mais le flou demeure sur leur mission...

 

 

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"Les programmes d'histoire sont de plus en plus ambitieux"

Selon l'historien Patrick Garcia, les polémiques sur l'enseignement de l'histoire ne sont, à bien des égards, qu'un remake médiocre du débat de la fin des années 1970.

 

Patrick Garcia est maître de conférences à l'université de Cergy-Pontoise et chercheur à l'Institut d'histoire du temps présent. Dans L'Enseignement de l'histoire en France de l'Ancien Régime à nos jours (Armand Colin, 2003), écrit en collaboration avec Jean Leduc, il a analysé l'évolution et les enjeux de l'étude de l'histoire à l'école. Entretien.

L'enseignement de l'histoire paraît une source inépuisable de polémiques. On l'accuse d'être dévoyé, politisé, d'abandonner ce qui fait l'identité française... Pourquoi ? L'histoire et la politique sont, en France, des données complémentaires. L'enseignement de l'histoire est considéré par beaucoup comme un marqueur identitaire de la formation des jeunes Français. Sa suppression en terminale S a été ressentie comme une amputation de la culture des meilleurs élèves. Mais toutes les sociétés occidentales connaissent des débats analogues, qui sont d'abord la résultante des changements profonds les affectant face à la mondialisation.

 

La difficulté d'aujourd'hui n'est-elle pas liée à l'entrechoquement entre des programmes d'histoire exigeants, posant des problématiques que l'on traitait, il y a vingt ans, à l'université, et l'ambition d'amener 80 % d'une classe d'âge au bac ? Plus on avance dans le temps et plus les programmes sont ambitieux, car la façon de poser les questions se complexifie. L'institution scolaire est travaillée par un double objectif : amener le plus grand nombre possible d'élèves à la réussite et maintenir le lien avec des savoirs de référence de plus en plus sophistiqués. Pour l'histoire, l'adaptation scolaire de la conception contemporaine du savoir historique est un défi. Il ne s'agit plus seulement d'enseigner des faits, mais de faire comprendre que nous saisissons le passé grâce à des interprétations contraintes par les sources dont nous disposons. Ce qui oblige l'enseignant à différencier avec netteté le champ des interprétations recevables d'un relativisme grossier qui voudrait que l'histoire ne soit qu'une opinion parmi d'autres portée sur le passé.

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Université : « une situation préoccupante et un échec massif » en licence

Université : « une situation préoccupante et un échec massif » en licence | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

Sophie Morlaix, pro­fes­seure en sciences de l'éducation et Cathy Perret, ingé­nieure de recherche à l'université de Bourgogne, ont mené une recherche sur les effets du Plan Réussite en Licence (PRL) lancé en 2007 par Valérie Pécresse, alors ministre de l'enseignement supé­rieur. Entretien avec Sophie Morlaix.

 

Vous poin­tez des résul­tats "déce­vants" du PRL. Quelles sont les rai­sons de cet échec ?

Notre recherche met au jour une situa­tion pré­oc­cu­pante avec un échec mas­sif et des résul­tats moins bons, année après année. Cela pose un cer­tain nombre de ques­tions, notam­ment par rap­port au chan­ge­ment observé, sur six années, dans la struc­ture de la popu­la­tion étudiante arri­vant en L1 : la pro­por­tion de bache­liers non géné­raux aux résul­tats plus médiocres, c'est-à-dire avec moins de men­tion et sou­vent en retard, s'accroît. Autre pro­blème : il n'y a pas eu de consignes pré­cises d'application de ce plan qui défi­nis­sait des objec­tifs très géné­raux (réno­va­tion des conte­nus, mise en place d'un ensei­gnant réfé­rent pour chaque étudiant, accrois­se­ment du volume horaire...) et lais­sait les équipes péda­go­giques libres d'adapter ce plan en fonc­tion des situa­tions locales. Dans une note parue en 2010, l'Inspection Générale de l'Administration, de l'Education Nationale et de la Recherche (IGAEN) poin­tait déjà le fait que les uni­ver­si­tés éprou­vaient " de réelles dif­fi­cul­tés à iden­ti­fier les cré­dits PRL et à en assu­rer le suivi" et que l'application du plan était très inégale selon les universités....

 

...

S'intéresser aux pra­tiques péda­go­giques des ensei­gnants du supé­rieur pour­rait per­mettre de trou­ver des leviers pour amé­lio­rer la qua­lité du ser­vice éduca­tif. On s'y est très peu inté­ressé pen­sant qu'un bon cher­cheur est for­cé­ment bon ensei­gnant et bon péda­gogue. Quelques uni­ver­si­tés fran­çaises, dont l'Université de Bourgogne, s'intéressent de près à l'influence des pra­tiques péda­go­giques inno­vantes sur la réus­site. Tous les ensei­gnants du supé­rieur ne sont pas effi­caces de la même façon pour trans­mettre un mes­sage aux étudiants et compte tenu de l'hétérogénéité sco­laire et sociale du public accueilli, il faut réflé­chir à de nou­velles formes de trans­mis­sion du savoir, plus inno­vantes que le cours magistral.

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Bizutage : «Les plus pervers deviennent des leaders»

Bizutage : «Les plus pervers deviennent des leaders» | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Pour Samuel Lepastier, psychanalyste et psychiatre, le bizutage gêne car il montre des jeunes bien sous tous rapports se comporter comme des voyous.

 

Pourquoi le bizutage dérape-t-il?

Sous l’effet du groupe ou de l’alcool, on arrive à une perte des limites et une dilution de la responsabilité. Les pulsions ressortent. Les plus pervers deviennent les leaders. On se rapproche alors des mécanismes de lynchage.

Ce qui dérange dans le bizutage, c’est de voir des jeunes filles et des jeunes hommes bien intégrés se comporter comme des voyous. Ces pulsions asociales sont pourtant présentes en chacun d’entre nous. Le bizutage les révèlent.

Où faut-il chercher les racines du bizutage?

Le bizutage existe surtout dans l’espace culturel français. Après la révolution française, la constitution des élites par le diplôme a remplacé l’élite par la naissance, grâce à la création des grandes écoles .Après 1830, celles-ci ont imposé des rituels rappelant les cérémonies des corporations sous l’ancien régime, supprimées en 1791. Cet adoubement permet de marquer l’appartenance à cette «noblesse républicaine».

L’école des arts et métiers, à l’époque seule grande école d’enseignement technique, accueillait des élèves d’origine sociale parfois modeste. L’«usinage» a été mis en place pour instaurer un fossé entre les futurs contremaîtres et leurs ouvriers. Au départ, les cérémonies étaient très codifiées, puis, au fil du temps, les rites ont perdu de leur sens pour laisser la place au seul déchaînement pulsionnel. Le plaisir d’humilier est devenu une fin en soi....

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Philippe Meirieu : "Je ne vois pas de projet fort pour l'école"

Philippe Meirieu : "Je ne vois pas de projet fort pour l'école" | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Peut-on croire à la refondation de l'école voulue par Vincent Peillon ? Philippe Meirieu, qui a participé aux débats, n'est pas convaincu.

 

Finie la concertation, place à la loi de programmation et d'orientation. Le rapport remis ce jour à Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale, clôture officiellement trois mois de débats au sein de la "concertation", ce gigantesque remue-méninges destiné à "refonder l'école de la République". Philippe Meirieu, spécialiste reconnu de la pédagogie et professeur des universités en sciences de l'éducation, a participé à ces échanges. Pourtant, il s'inquiète.

 

  Le Point.fr : une bonne idée, cette "concertation" ?

   Philippe Meirieu : La méthode est intelligente, quoique pas tout à fait inédite. J'aurais aimé qu'on entende plus les acteurs de terrain, ceux qui chaque jour font l'école. On a, comme d'habitude, invité les 5 000 permanents de l'Éducation nationale, tous des gens très qualifiés, mais assez éloignés des élèves. Tout cela ne saurait exonérer le gouvernement d'une perspective. Or, pour l'instant, je ne vois pas de projet fort pour l'école.

 

    Pourtant, Vincent Peillon promet de tout "refonder", ce n'est pas rien.

    On a jusqu'à aujourd'hui empilé beaucoup de réformes, on a réparé, ajusté, réagi, et la maison Éducation est une construction de bric et de broc, avec des pans baroques, des murs classiques, des rafistolages en tôle ondulée. La dépression que connaît notre système éducatif est due à cette absence de structures et de principes.

 

    Vous êtes un expert en pédagogie. Que faudrait-il faire, selon vous ?

    Qui a réfléchi sur les contenus, les savoirs ? La question des contenus, donc, de ce qu'on enseigne aux enfants, est primordiale. Aujourd'hui, les programmes sont devenus trop compliqués. Il nous faut des contenus clairs, attractifs et valorisés. On ne peut pas se contenter d'une garderie améliorée. On demande aujourd'hui aux enseignants de faire de l'éducation dans une société anti-éducative, où les enfants sont excités à consommer, pas à réfléchir. Qui en parle ?....

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« Ce sont les bons élèves qui font les bons lycées »

« Ce sont les bons élèves qui font les bons lycées » | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

Les lycées "pou­belles" méritent-ils leur répu­ta­tion ? Face à la stra­té­gie d'évitement de nom­breux parents, Gaëlle Guernalec-Levy, chef de ser­vice au maga­zine Parents, a poussé les portes d'un des établis­se­ments les moins cotés de Paris : le lycée public Henri-Bergson (19e). Elle y a décou­vert de très bons profs, inves­tis et bien­veillants, ainsi que des élèves nor­maux. Entretien.

 

   D'après votre livre "Jamais dans ce lycée" (1), les lycées "pou­belles" ne méritent pas leur répu­ta­tion et la stra­té­gie qui consiste à les fuir n'est pas jus­ti­fiée. Pourquoi ?

  Je me suis inté­res­sée au lycée Bergson parce qu'il est consi­déré par la plu­part des ado­les­cents comme le pire lycée de l'est pari­sien. Et, aussi, parce qu'on ne ren­contre pas les mêmes dif­fi­cul­tés sociales à Paris qu'en ban­lieue : a priori, il y a donc moins de rai­son de fuir tel ou tel établis­se­ment... Or on assiste à un phé­no­mène de contour­ne­ment de la carte sco­laire. Dans l'absolu, il n'existe pas de bons et de mau­vais établis­se­ments. C'est le recru­te­ment des élèves qui assure in fine un bon taux de réus­site. Ce sont les bons élèves qui font les bons lycées, pas l'inverse. A Paris, l'affectation d'un lycée prend en compte le niveau sco­laire. Tout le monde trouve ça nor­mal, au motif que le niveau sco­laire décou­le­rait du seul mérite. Pourtant, le pas­sage en seconde n'est pas un concours, il n'y a aucune rai­son de tenir compte de la moyenne d'un élève dans son affectation.

 

  Quelle est la res­pon­sa­bi­lité des ensei­gnants dans la répu­ta­tion d'un lycée ?

   Au lycée Bergson, qui souffre d'une si mau­vaise répu­ta­tion, j'ai vu des ensei­gnants pas­sion­nés qui refu­saient de faire des cours au rabais. Il faut savoir que ce lycée accueille tout le monde, y com­pris les multi-redoublants, et que beau­coup retrouvent le goût du tra­vail. Malgré tous les efforts entre­pris par l'équipe péda­go­gique, je conti­nue d'entendre des choses fausses sur l'établissement. Un tra­vail de com­mu­ni­ca­tion de longue haleine est à mener pour faire prendre conscience aux parents qu'on peut très bien réus­sir au lycée Bergson....

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« Profs : les esprits sont mûrs pour le changement »

« Profs : les esprits sont mûrs pour le changement » | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
« Profs : les esprits sont mûrs pour le changement » - 12 millions d'élèves et 850 000 professeurs ont repris le chemin de l'école aujourd'hui. Comment redonner du sens au métier de professeur ?

Pour Serge Boimare, psychopédagogue, priorité doit être donnée à la formation relationnelle, pour apprendre à gérer la classe et les élèves opposants.

 

      Attendez-vous beaucoup de la nouvelle loi d'orientation et de programmation?
J'espère qu'elle ne passera pas à côté de l'enjeu pédagogique. C'est toute la difficulté de l'Education nationale française qui accumule les directives, sans pour autant obtenir un réel changement de fond.        Une pluie de directives officielles contribue à entretenir la peur d'enseigner. Ceci dit, il me semble que les esprits sont mûrs pour un changement. Il existe une réelle lassitude chez les enseignants, confrontés à des situations difficiles, dévalorisés par un discours ambiant, accusés de démagogie relationnelle ou d'un déficit d'exigence. Les syndicats semblent prêts à soutenir une évolution. J'y crois, tout en rappelant qu'une réelle évolution nécessitera plusieurs années.

 

     Lors de sa conférence de presse de rentrée, Vincent Peillon a confirmé le rétablissement d'une année de stage dès la rentrée 2013 dans la formation de l'enseignant. Un bon début ?
      En effet, la formation s'était appauvrie. il est indispensable d'en proposer une digne de ce nom. Mais là encore, elle passerait à côté de l'essentiel si elle zappait la dimension pédagogique. Dans leur formation disciplinaire, les futurs enseignants apprennent un savoir-faire technique. Or, il faudrait ajouter à cette formation une composante relationnelle : apprendre à gérer un « groupe classe » par exemple, ou bien les élèves opposants, et ceux qui sont en difficulté. Ce n'est pas le tout de connaître sur le bout des doigts le théorème de Thalès, si vous ne savez pas réagir face à un élève qui refuse de sortir son cahier d'exercices. Or cette situation est fréquente, sinon quotidienne !....

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