L'enseignement dans tous ses états.
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Actualités, perspectives, débats... autour du monde de l'éducation et de l'enseignement.
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Moi prof, je ne demandais pas à être augmentée, et cela tombe bien car je ne le suis pas !

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“Je n’ai pas choisi d’être enseignante pour gagner beaucoup d’argent. Evidemment. Ce serait, sinon, une belle erreur d’orientation...”


Si on attache de l’importance à sa carrière et à la progression de son salaire, l’enseignement primaire et secondaire n’est pas la voie à privilégier au sortir de ses études. Je ne me suis néanmoins jamais plainte de mon salaire. Enfin, si, de temps en temps à la fin du mois, ou en période de soldes, comme tout un chacun. Mais, objectivement, je me trouve suffisamment payée avec un salaire de 2000 à 2500€ net (cela change beaucoup selon les mois). Je vis tout à fait convenablement et suis même consciente de faire partie d’une population plutôt aisée. Je précise tout de même deux choses : la première, c’est que mon foyer vit avec deux salaires comparables. Les fins de mois sont bien plus difficiles pour les collègues qui, pour diverses raisons, se retrouvent seuls avec des enfants. Le deuxième élément qui me semble important de rappeler… c’est que je réside en province ! Vivre avec la même somme à Paris ou en proche banlieue tient clairement de la gageure. Je n’ai jamais réclamé d’augmentation de salaire, et ai toujours mis un point d’honneur à ne pas faire grève sur le sujet. A la fin de mes études, j’ai effectué un choix, en connaissance de cause : mon salaire ne serait pas particulièrement élevé, voire assez ridicule au regard de celui d’amis qui travaillent dans des grandes entreprises privées. Je bénéficierais cependant en contrepartie d’avantages non négligeables : la sécurité de l’emploi, les vacances scolaires et la possibilité de pouvoir organiser à ma guise une grande partie de mon temps de travail hebdomadaire. Attention ! Je ne viens pas d’écrire que je ne travaille qu’une vingtaine d’heures par semaine, loin de là ! Je précise juste que le temps supplémentaire consacré à la préparation de mes cours et à la correction de mes copies, je peux l’organiser comme je l’entends : le soir, le weekend, le mercredi après-midi… C’est moi qui choisis. Ce sont là des points qui me semblaient compatibles avec la vie de famille à laquelle j’aspirais. Au quotidien, c’est en effet, je trouve, un avantage : mes enfants ne passent pas trop de temps à la garderie de leur école et je peux suivre leurs devoirs et leurs activités. J’entends régulièrement vanter les salaires de nombre de mes collègues européens, qui seraient supérieurs au mien. Je crois savoir cependant que les enseignants sont alors tenus d’assurer bien davantage d’heures de présence dans l’établissement, système qui ne me conviendrait pas dans l’état actuel des choses.....

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L’année de la réforme des rythmes scolaires en 10 dessins

L’année de la réforme des rythmes scolaires en 10 dessins | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
L’année de la réforme des rythmes scolaires en 10 dessins

 

Pour conclure cette semaine "spécial rentrée", voici une petite rétrospective de la mise en place de la réforme des rythmes scolaires à partir de 10 strips réalisés pour la newsletter "La toile de l'éducation" (qui a repris mercredi).

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Pourquoi l’école française a tant de mal à passer au numérique

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Pourquoi l’école française a tant de mal à passer au numérique

 

Il flotte encore dans les classes comme une odeur de craie. Même après une bonne quinzaine de plans numériques, le petit crissement n’a pas si souvent laissé place au stylet numérique. Comment l’école française a-t-elle raté toutes ces révolutions, au point qu’aujourd’hui, de l’avis d’un des consultants les plus au fait de la réalité du terrain, « un tiers des collectivités territoriales ont des établissements équipés où ça fonctionne. Le second  tiers a juste besoin de la petite étincelle pour que ça démarre. Et le dernier, lui, a trop de soucis financiers pour y penser». Ce spécialiste s'appelle Jean-Loup Bourrissoux, c'est un enseignant reconverti dans l’aide aux municipalités et conseils généraux. Et si l'on résume son propos: dans deux tiers des collectivités, il ne se fait toujours  pas grand chose!


La grande révolution aurait pourtant dû commencer en 1985, avec le plan informatique pour tous (IPT). Lancé par Laurent Fabius, ce plan  reste dans les annales des plus jolis fiascos de la décennie ! Des ordinateurs inadaptés, parfois non compatibles, restés dans les cartons dans les couloirs des lycées… De quoi vous dégoûter pour longtemps! « C’est vrai que le mauvais souvenir laissé par plusieurs programmes peut expliquer certaines réticences actuelles à se lancer»,  regrette M. Bourrissoux. Pourtant à ses yeux ce ne sont pas là les seuls verrous au non basculement de l’école française dans la modernité.

Le consultant estime surtout qu’on s’y prend bien mal ! Pour qu’un enseignant se lance, il faut trois conditions premières: « installer un  tableau numérique dans sa classe, d’abord. Lui donner un portable et le former tout de suite». En théorie, c'est tout bête, mais sur le terrain, ça ne se passe pas toujours comme ça...

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A quand l’éducation de nos spécialistes en enseignement ?

A quand l’éducation de nos spécialistes en enseignement ? | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

Fonction régalienne par excellence, l’Education nationale n’en reste pas moins un des ministères qui ne trouve jamais ministre à son pied. Ainsi, fidèle à son habitude, à chaque changement de majorité, chaque gouvernement s’empresse de réformer, avec des projets souvent bien loin de la réalité du terrain.

Une n-ième réforme des rythmes scolaires

            Le projet d’une refonte totale des rythmes scolaires n’était pas une surprise, puisqu’annoncée de longue date par le candidat François Hollande au cours de sa campagne présidentielle. Pour autant, quelle ne fut pas la stupéfaction des Français suite à l’annonce du ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon, quant à son projet de réduire la durée des vacances d’été : de huit semaines aujourd’hui, elles passeraient à six semaines, réparties en deux zones distinctes, à l’horizon 2015. A l’image de Xavier Darcos, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui ne maîtrisait pas la « règle de trois », il semblerait que, là encore, notre ministre ne soit pas fidèle aux principes mêmes de la pensée philosophique, qui invite à s’interroger avant de prendre le risque de déclencher une nouvelle polémique.

Comment peut alors envisager la tenue d’un examen national comme le baccalauréat dans de telles conditions ? A moins que ce ne soit un indice supplémentaire en faveur de la mise en place d’un contrôle continu au lycée, plus favorable aux élèves mais surtout aux caisses de l’Etat : en effet, près de 50 millions d’euros1 par an sont consacrés à ces sacro-saintes épreuves.  La disparation du Baccalauréat entrera-t-elle dans un des prochains projets de loi de finances ?

 

Difficile de n’avoir pu le remarquer, ce bandeau publicitaire qui fleurissait un peu partout pour encourager les jeunes étudiants à s’inscrire au concours d’entrée dans l’enseignement. L’objectif était clairement affiché : recruter, pour la rentrée prochaine, près de 40 000 enseignants supplémentaires pour faire face à la politique de réduction du nombre de fonctionnaires du précédent gouvernement. S’il est un secteur dans lequel l’Etat se doit d’investir, c’est bien envers la jeunesse, mais à quel prix !...

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Que de moments volés à la littérature

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Oui, l'on peut encore enseigner la littérature ; la vraie littérature, même à l'âge dit ingrat. Au XXIe siècle, il faut plus que jamais ouvrir l'élève aux mondes de la littérature vivante ; et plus largement de l'art.

 

Enseigner la littérature aujourd'hui... Injonction paradoxale ? C'est ce que nous amènent à penser "Les Textes" ; non les Saintes Ecritures, mais les indigestes Bulletins officiels où se succèdent réformes et contre réformes, anciens et nouveaux programmes, et qui sont censés contraindre l'enseignant à repenser sans cesse sa pédagogie pour se conformer au désir d'une divinité cachée... Nous, enseignants de littérature, devrions être d'éternels Saint Pierre, prêts à renier sans cesse notre credo de la veille. Il nous faut donc résister, ignorer, voire combattre ces "modes" si elles entravent notre enseignement.

Car c'est bien de cela dont il s'agit : l'arrivée du fameux "socle commun des compétences et des connaissances" détruit résolument le travail de ceux qui sont sur le terrain et qui tentent, avec toute leur énergie et leur savoir, de faire de l'école, du collège et du lycée des lieux d'apprentissage et de plaisir. L'enseignant, de littérature en particulier, voit sa mission réduite à cocher des cases par milliers tout au long de l'année pour savoir ce que l'élève a acquis, n'a pas acquis ou serait en train d'acquérir.

Pour faire correctement son travail comptable, il doit évaluer de façon sommative ou formative (encore des gros mots...), mettre en place des ATP (aides au travail personnel), des PPRE (programmes personnalisés de réussite éducative), des PDMF (parcours de découverte des métiers et des formations) ou autres acronymes intrusifs, invasifs, corrosifs dont l'Education nationale s'enorgueillit. Ne réduisons donc pas l'élève à une somme d'items formant des piliers bien peu stables d'une connaissance bien fragile... N'engluons pas leurs esprits en devenir dans le carcan du LPC (livret personnel de compétences). L'enseignant-Shiva passe des heures à des tâches qui dévorent son temps de réflexion. Que de moments volés à la littérature !

...

 

Enseigner c'est oser ; enseigner la littérature, c'est oser étudier Pierre de Marbeuf comme Barbara, scander comme slamer, écrire au stylo plume comme présenter un power point. Enseigner la littérature, c'est être curieux de tout, toujours au fait des recherches sur la langue, sur la mémoire, à l'affût des expériences menées çà ou là, comme une écriture déambulatoire avec les élèves de 6e sur les bords du canal Saint-Martin, qui mène à une ébauche de livre électronique... Etre d'un autre temps mais aussi de son siècle. Croire en soi mais surtout en l'élève. Et cette émotion, ce partage, cette complicité, nul item coché dans un aride tableau du LPC ne pourra jamais les évaluer...

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Education : Pourquoi, le niveau scolaire baisse ?

Education : Pourquoi, le niveau scolaire baisse ?

 

Dans sa tribune « Le niveau scolaire baisse, cette fois-ci c'est vrai!» (Le Monde du 21 février) Antoine Prost rappelle les résultats des évaluations et recherches récentes, qui hélas vont toutes dans le même sens, une baisse significative de niveau entre 1997 et 2007. Ces résultats ne peuvent pas être corrélés au passage à la semaine de quatre jours, ni à la réduction récente des effectifs enseignants et des maîtres des réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), donc on peut craindre que les créations de postes et le retour à 4 jours et demi ne soient pas suffisants pour remonter la pente.

Antoine Prost ne se prononce pas sur les causes de ce phénomène.  Mais j’aurais, pour ma part, quelques hypothèses.  

Des causes sociales : perte des emplois industriels, chômage, perte de repères et d’espoir dans les milieux populaires, " réfugiés économiques " issus de cultures très éloignées de celle de l’école… Les élèves de 2007 sont-ils les mêmes que ceux de 1997 ?

Des causes politiques : tant de réformes ont été mises en place, dans l’urgence, sans moyens suffisants, sans expérimentation préalable, sans réflexion parfois, sans évaluation souvent… Chaque rentrée a connu la sienne, ou peu s’en faut.

CP dédoublés confiés à des débutants, mise en place des langues vivantes sans formation préalable des maîtres; Brevet informatique et internet (B2i)  sans que les écoles soient équipées d’ordinateurs; Classes de Pratiques Artistiques sans partenariats, étude dirigée, Projets Individualisés sans formation spécifique… Et surtout, le temps disponible pour les apprentissages a fondu tandis que les ambitions augmentaient : une heure de moins depuis la mise en place des concertations, une heure trente pour les langues vivantes… Toutes ces réformes ont-elles profité aux élèves ?...

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Les références hasardeuses de Vincent Peillon sur la « morale laïque » - Rue89

Les références hasardeuses de Vincent Peillon sur la « morale laïque » - Rue89 | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

Auditionné par la commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale le 30 janvier dernier, Vincent Peillon s’est de nouveau attardé sur la morale laïque qu’il entend promouvoir dans le cadre de la prochaine loi d’orientation sur l’école.

 

Les références historiques dont il a cru bon faire état auprès des députés sont pour le moins hasardeuses, tout comme les vertus magiques prêtées aux leçons de morale chères à l’école de Jules Ferry.

« Qu’est-ce qu’une morale laïque ? » s’est interrogé le ministre.

« C’est une morale non confessionnelle, qui ne repose pas sur le fondement d’une révélation. Elle doit rassembler, et non diviser. Autrefois, ce concept était compris de tous […] La république s’est d’ailleurs construite sur le refus de séparer morale et politique.

De la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen au refus de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en passant par l’affaire Dreyfus, il existe une continuité d’actes supérieurs aux lois. Tous les enfants savaient cela mais comme ce n’est plus le cas, cela doit être de nouveau enseigné et j’ai installé une mission chargée de l’organiser. »

Morale la république ?

Si l’on comprend bien le ministre, la république trouverait sa spécificité et sa légitimité dans « le refus de séparer morale et politique », une affirmation étayée par quelques aperçus historiques aussi imprudents qu’abusifs, en réalité bien peu respectueux de l’histoire. Ainsi, la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, dont la rédaction (août 1789) est pourtant antérieure de trois ans à la proclamation de la république (septembre 1792).

C’est indéniablement un régime monarchique certes finissant et non un régime républicain qui a accouché de la déclaration, de la même manière que c’est bien la justice de la république qui en 1895, condamne au bagne le capitaine Dreyfus. La fiction atteint des sommets avec la prétention affichée par le ministre de rattacher le « refus de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain » à un idéal républicain plus virtuel que réel et dont on aurait peine à retrouver la trace dans les événements de l’été 1940.

Car enfin, s’il y eut bien 80 parlementaires à refuser de voter les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940, il s’en est trouvé 569 autres, pas moins « républicains » que les premiers, pour les lui accorder, ouvrant ainsi la voie au régime de Vichy et à la collaboration. Dans l’histoire, la morale républicaine a toujours su trouver les accommodements nécessaires...

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L’éducation civique au collège, ça sert aussi à faire la guerre - Rue89

L’éducation civique au collège, ça sert aussi à faire la guerre - Rue89 | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Dans le but d’entraîner les élèves de 3e à l’épreuve écrite d’éducation civique au diplôme national du brevet (DNB) -- car en France, le civisme est soluble dans l’examen écrit -- l’académie de Nantes a préparé et mis en ligne un sujet test : les missions de l’armée française.

Pourquoi pas, sauf que, dans le cas présent, les candidats ne sont pas évalués sur leur esprit critique, leurs capacités de raisonnement ni même de rédaction mais exclusivement – dans le cadre d’une stricte grille de « réponses attendues » – sur leur disposition à réciter un cours dont les contenus, définis par le ministère de l’Education nationale, ne souffrent aucune discussion.

Sans état d’âme, mais aussi sans le moindre respect pour les convictions personnelles, les programmes d’éducation civique imposent sur la guerre et l’armée une vérité officielle, une morale d’état.

 

Pour un candidat au DNB, les missions de l’armée sont celles-ci et rien d’autre : « protéger le territoire français et sa population (dans le cadre de la défense globale) ; garantir les intérêts de la France ; former la jeunesse dans la JDC ». Il y a aussi les missions dites « de souveraineté », à ne pas confondre avec les missions « de présence » : assurer la paix et la sécurité internationale, et participer à des missions humanitaires ou à d’autres actions en collaboration avec l’UE, l’Onu et l’Otan.

 

Actualité oblige, viendrait-il à l’esprit d’un citoyen ou d’un apprenti-citoyen de s’interroger sur la présence militaire française en Afrique depuis la fin officielle de la décolonisation ? De se demander au nom de quelle légitimité, au cours du demi-siècle écoulé, la France fait et défait les régimes politiques sur le continent, soutenant les plus autoritaires et les plus brutaux, sans être en mesure pour autant de garantir la paix et le développement ?...

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L’éducation rom, une logique singulière

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Les préjugés sur l'éducation donnée par les Rom à leurs enfants sont source de malentendus durables, avec des effets sur l'accueil qui leur est fait. Contrairement aux idées reçues, le plus souvent négatives, l'éducation rom valorise la satisfaction des besoins des enfants.

La mère rom et son bébé sont en contact constant ce qui explique qu’elle ne s’en sépare pas, même quand elle mendie. Quand l’enfant rom grandit et que ses parents s’absentent dans la journée, c’est le groupe qui prend le relais et le surveille. D’ailleurs, la seule condition posée à sa liberté de mouvements tient dans l’obligation pour lui d’être accompagné d’autres enfants en cas de déplacement dans l’environnement extérieur perçu non sans raisons, comme hostile. L’enfant rom ne connaît donc pas l’isolement avec pour conséquence une crainte, voire une « phobie », (B. Formoso]), de l’isolement, et une dépendance forte à son groupe. La séparation d’avec la famille et le groupe constitue un traumatisme. Philippe Alain dans son billet intitulé Un bébé en garde à vue, accusé d’avoir mendié,  indique que « Lors de l’été 2011, (…) des mamans roms qui mendiaient avaient été arrêtées et séparées de leurs enfants plusieurs semaines. A l’époque, c’est la « privation de soins » qui avait été évoquée par les policiers, mais le tribunal de Bobigny avait décider de relaxer les mamans injustement incriminées. »

 

On imagine dans quel état de détresse ont dû se trouver ces enfants séparés de leurs parents et de leurs proches durant plusieurs semaines, habitués qu’ils sont à être entourés constamment par leurs proches, leur mère en particulier. Quant à l’argument de « la privation de soins », imputée aux mères roms par la police dans le cas cité par Philippe Alain, il témoigne de l’ignorance des sociétés d’accueil à l’égard de l’éducation rom. Ce n’est pas le manque de soins qui place les enfants roms aux côtés de leurs mères dans l’exercice de la mendicité mais d’une part, leur situation économique et sociale précaire et leurs activités de subsistance pour y faire face, de l’autre le fait que les mères n’aiment pas se séparer de leurs enfants en bas âge.

Le maternage pour une mère rom consiste à prendre en compte pendant 3 à 4 ans les besoins du tout petit et à s’adapter à son rythme (nourrissage, sommeil), et non l’inverse (à adapter le bébé au rythme des parents et des adultes, ce qui est le cas dans le placement du bébé en crèche, puis du tout petit en maternelle). Le sevrage du bébé rom et son éducation à la propreté (dressage sphinctérien) sont progressifs et tardifs. La satisfaction (non différée) des besoins au principe de l’éducation rom crée les conditions d’une éducation très personnalisée versus l’éducation non rom qui privilégie des normes éducatives socialisant l’enfant sur la base de la privation et de sa « mise en conformité » avec le monde adulte, par exemple en restreignant ses mouvements et en lui imposant une régulation arbitraire du temps (horaires). Si ces contraintes nous paraissent tout à fait normales, elles ne le sont pas pour les Rom : « Les adultes et les enfants mangent et dorment selon leurs besoins, sans lieux prescrits, ni moments spécifiés», (B. Formoso).

 

Ce rythme de vie très libre de même que cette mobilité sont perçus par les Gadjè comme des traits d’asocialité et d’indiscipline alors que les Rom les considèrent comme gages de liberté et d’appartenance au groupe puisqu’ils sont des éléments fondamentaux de l’organisation familiale et sociale.

L’éducation rom repose l’interaction de la demande et du don, de la sollicitude et de la sollicitation: « dans un milieu où la sollicitation est un acte ordinaire, la sollicitude est une réaction valorisée et la satisfaction rapide des besoins, une issue normale » (B. Formoso). ....

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Université et recherche : en attendant le changement. - Globe - France Culture

Université et recherche : en attendant le changement. - Globe - France Culture | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
C'est l'un des problème de la LRU (loi instaurant l'autonomie des universités sous N. Sarkozy) : tel le carrosse de Cendrillon en citrouille, la LRU a transformé du jour au lendemain des enseignants-chercheurs Présidents et VP d'universités en cadres dirigeants de sociétés. Ils ne sont bien sûr pas élus sur leur goût pour le management, auquel ils sont d'ailleurs bien peu formés ; et ils ne peuvent s'appuyer sur un 'staff' correspondant. Cette inadéquation douloureuse a été rendue visible dans l'espace médiatique par la lettre des 14 présidents d'universités demandant à la Ministre de reprendre en direct la GRH et la paye de tous leurs personnels. Circonstance aggravante : l'Etat a profité de cette autonomie de gestion pour diminuer ses dotations budgétaires. Moralité : l'effet pervers de l'autonomie version Valérie Pécresse (ministre du secteur sous le quinquenat précédent) , c'est la casse des universités non accompagnées dans la mise en oeuvre de l'autonomie ('aide toi le ciel t'aidera, si tu dévisses, tant pis pour toi').


Quelle évaluation ?

En France, les enseignants-chercheurs sont confrontés à la pesanteur bureaucratique de l'évaluation et de la réponse aux appels d'offre distribuant le financement de la recherche. L'une et l'autre sont inspirés par le new public management (NPM). Les difficultés similaires au Royaume-Uni et en République Fédérale d'Allemagne indiquent que le NPM est problématique en soi. L'hybridation avec la bureaucratie typiquement française (celle des 'grands organismes de recherche', une quasi exclusivité hexagonale - comme les 'grandes écoles' d'ailleurs) génère cependant une forme problématique propre. Un certain nombre de chercheurs progressistes, ou modernistes, ou sociaux-démocrates, ou réformistes - selon l'angle - font le pari qu'il y a moyen de décliner dans le paysage sup-recherche français des pratiques d'évaluation socialement utiles et professionnellement réussies - à rebours de l'utilisation dite 'libérale' qui met les individus en concurrence, méprise la coopération, met l'intérêt au centre et les Centres (labos) à la périphérie.
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Performances scolaires : la Finlande c’est fini, l’Asie arrive !

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Performances scolaires : la Finlande c’est fini, l’Asie arrive !

 

Le modèle finlandais c’est fini… Le pays nordique n’offre plus le système éducatif le plus performant au monde. Désormais, il faut compter avec les asiatiques dont les écoliers de 8 ans, dominent en lecture, sciences et mathématiques.C’est la première fois que la Finlande est réellement distancée et que l’Asie se pose en championne du monde de l’enseignement scolaire. Ce bouleversement est révélé par deux enquêtes qui font référence et sont publiées aujourd’hui, PIRLS et TIMSS.

 

TIMSS évalue le niveau de maîtrise des mathématiques et des sciences de 600 000 écoliers de 63 pays et PIRLS les compétences en langue maternelle de 300 000 enfants de 49 pays. Ces deux travaux sont réalisés par l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite scolaire (IEA), basée aux Pays Bas. C’est le même type de tests que PISA qui contrôle, lui, le niveau des élèves à 15 ans. C’est d’ailleurs dans les classements PISA que la Finlande se distingue depuis le début des années 1990.

 

Les écoliers de Singapour, de Corée et de Hong-Kong arrivent donc en tête en maîtrise des mathématiques à 8 ans. Ils sont suivis de Taïwan et du Japon. Quand on mesure les performances en milieu de collège, ce qui a été aussi réalisé par les mêmes instances, la hiérarchie est conservée : « Il y a un fossé important entre les cinq pays asiatiques et le groupe des pays suivants qui comprend la Russie, Israël, la Finlande, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne », notent les enquêteurs. Ce fossé est de 100 points entre la Corée et la Grande-Bretagne, alors que les scores moyens sont de 600 ! En fait, L'IEA a constaté qu’à Singapour 43 % des élèves sont de très bon niveau. Un groupe très large qui tire tout le pays vers le haut.

La mesure des performances en sciences au même âge arrime cette fois la Corée et Singapour en tête, suivis par la Finlande et le Japon.

En maîtrise de la langue maternelle, qui est mesurée à cet âge par le niveau en lecture, l’Asie domine encore. Cette fois Hong-Kong arrive en tête suivi de la Russie, de la Finlande et de Singapour...

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Nouvelles Nuits des écoles contre « l’école au rabais » dans le 93

Nouvelles Nuits des écoles contre « l’école au rabais » dans le 93 | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Nouvelles Nuits des écoles contre « l’école au rabais » dans le 93...

 

Rien n’a changé dans les écoles du 93 ou si peu. Alors Mathieu Glayman est reparti en bagarre. Mardi 27 novembre, ce militant FCPE d’Epinay-sur-Seine lance avec le Collectif des parents d’élèves de Seine-Saint-Denis, une nouvelle Nuit des écoles sur ce département sinistré. Celui qui avait mené avec succès la fronde des écoles du « 9-3 » en 2010, s’active depuis un mois : il rassemble les troupes, remotive les enseignants, monte un blog (nuitdesecoles93.blogspot.fr), fait le tam-tam auprès des médias et prend des rendez-vous auprès des élus locaux pour se garantir leur soutien. Le tout avec un grand sourire. Il a l'habitude des "gros coups" et celui-là doit en être un.

Mardi et vendredi, une vingtaine d’écoles seront occupées toute la soirée pour réclamer un plan d’urgence et s’inviter dans le débat sur la rénovation de l’école. Cinq villes participent à l’opération : à Saint Ouen, Aubervilliers, Saint-Denis, Pré-Saint-Gervais et Pantin, une école servira de point ralliement où les parents et enseignants se rassembleront. Des initiatives comme celle-là, le territoire en a presque l'habitude depuis quinze ans avec des mouvements d'occupation d'école pour protester "contre la misère scolaire". Cette fois-ci pourtant, ce sera "en positif", les parents étant invités à venir «réfléchir sur l’école qu’ils souhaitent ». Car dans l’esprit de M. Glayman et de ses amis, l'heure n'est plus simplement à la protestation: il s’agit de préparer une « proposition de loi citoyenne » sur l’école. Des contacts ont déjà été pris avec les maires, des élus du conseil général et des députés dans un département en ébullition sporadique sur les manques de moyens à l'école....

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repenser l’évaluation de l’école ; une contribution pour alimenter la concertation « Refondons l’école de la république » | Les déchiffreurs de l’éducation

repenser l’évaluation de l’école ; une contribution pour alimenter la concertation « Refondons l’école de la république » | Les déchiffreurs de l’éducation | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

C’est en fait, la politique d’évaluation de l’École qu’il faut repenser, en s’efforçant de donner à cette politique, à la fois, une cohérence et une légitimité politiques fondées sur des valeurs explicites – évidemment différentes de celles que l’on a connues ces dernières années – et une cohérence et une légitimité techniques fondées sur des compétences scientifiques reconnues.

On ne doit pas penser séparément l’une et l’autre de ces cohérences et de ces légitimités : les finalités et les modalités d’usage d’un dispositif ou d’un outil d’évaluation devraient être envisagées, affichées et mises en place, en même temps que celui-ci.

Par ailleurs, repenser une politique implique que l’on tienne compte de la situation dont on part ; les discussions du « sous-groupe évaluation » font ressortir quelques points forts, parfois contradictoires à ce sujet.

 

Du côté négatif, nombreux sont ceux qui soulignent que l’évaluation « n’a pas bonne presse aujourd’hui » : elle a toujours fait peur à certains, qui la voient comme l’outil d’une mise en concurrence au sein du service public, d’une « marchandisation » de l’École.

Mais, de plus, les pratiques de ces dernières années ont plutôt aggravé ce sentiment, avec :

- une « évaluationnite forcenée » dont les finalités sont souvent restées obscures, ambigües ou vivement contestées ;

- des « évaluations-cautions » produisant des indicateurs destinés plus à justifier les politiques qu’à la réguler ;

- une appropriation de l’évaluation (de sa conception à son interprétation) par les responsables de la politique éducative, qui se sont ainsi érigés en juges et parties de leurs propres politiques ;..

 

On peut cependant noter des points positifs :

- il existe incontestablement des compétences reconnues au Ministère, tant à la DEPP – notamment en matière de statistiques publiques et d’évaluation standardisée des acquis élèves – qu’à l’Inspection Générale – ce qu’on a pu le constater lorsque le Ministre a rendu publics les rapports restés dans les tiroirs ces dernières années. Ces compétences sont différentes et devraient être complémentaires ;

- las critique des pratiques du gouvernement précédent a permis – à toute chose, malheur est bon – de débattre des modalités et des orientations à donner à une politique d’évaluation et des précautions méthodologiques et techniques à respecter en la matière. A titre d’exemple, on peut citer le rapport du HCE : les indicateurs relatifs aux acquis des élèves – Bilan des résultats de l’École – 2001 . Elle a notamment renforcé l’exigence d’une réelle indépendance des instances chargées de l’évaluation....

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Est-il scandaleux d’envoyer les jeunes enseignants dans les collèges difficiles ?

Est-il scandaleux d’envoyer les jeunes enseignants dans les collèges difficiles ? | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Est-il scandaleux d’envoyer les jeunes enseignants dans les collèges difficiles ?

 

 

Evidemment, de prime abord, il y a quelque chose de particulièrement cruel, affligeant et scandaleux dans le fait d'envoyer (oui, envoyer, les premières affectations sont souvent subies, quand on est néotitulaire, il est rare que l'on ait le choix, travailler dans les établissements les plus durs est davantage une fatalité qu'une vocation) (l'un n'empêche pas l'autre, cependant) les enseignants débutants, sans expérience, dans des collèges où l'enseignement se fait dans des conditions extrêmes (violence, pauvreté, niveau scolaire, situation géographique). Pour beaucoup de professeurs, ces premières années sont particulièrement difficiles. Selon les individus et les caractères, selon les matières et les établissements, c'est plus ou moins marquant, traumatisant, galvanisant, perturbant ou enthousiasmant. Certains sombrent dans la déprime la plus totale, d'autres sont en "brainstorming" permanent, certains ne semblent pas le moins du monde perturbés (ce qui m'a toujours semblé bizarre !) (les gens blasés me gonflent).

On pourrait imaginer que, par égard pour les enseignants débutants, par égard pour les élèves (les enfants des quartiers défavorisés n'ont pas à essuyer les plâtres des débuts dans le métier), par bon sens,  l'on réserve l'éducation prioritaire aux professeurs blanchis sous le harnais. Sur le papier, l'idée est séduisante, logique, juste. Mais...

 

1) Il faudrait trouver des volontaires, ce qui ne va pas être aisé ! On pourrait envisager des carrières avec des allers-retours entre différents types d'établissements mais ne serait-ce pas décourageant pour les enseignants en terme de carrière ?

 

2) Il faudrait s'assurer qu'après avoir fait sa carrière dans des établissements sans problèmes (si, du moins, ça existe !), l'on soit capable d'enseigner dans les collèges vraiment difficiles. Ce n'est pas du tout évident. L'enseignement en ZEP a des particularités que l'on ne retrouve pas ailleurs, cela suppose des capacités et des attentions que l'on n'acquiert pas forcément autre part. Pour ceux qui y ont déjà enseigné, le problème est presque identique. On prend des habitudes bien différentes quand on n'est pas confronté à la difficulté ou à l'adversité quotidiennes. Il y a quantité de choses que l'on oublie, perd de vue (on apprend d'autres choses, cependant, en milieu plus tempéré, on découvre l'école sous de nouvelles perspectives). Bien que j'aie passé plus de dix ans en ZEP, je ne suis pas certaine, si j'y retournais, d'être réellement efficace. Certes, j'ai  maintenant de l'expérience, davantage de maturité et de recul. Mais, comment dire, je crois qu'à la différence du vélo, on oublie vite comment faire, comment on a fait, comment on a tenu, on perd peu à peu ses réflexes.....

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Emploi des jeunes diplômés des grandes écoles: c’est loin d’être encore la crise

Emploi des jeunes diplômés des grandes écoles: c’est loin d’être encore la crise | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Emploi des jeunes diplômés des grandes écoles: c’est loin d’être encore la crise

 

Comme chaque année la Conférence des Grandes écoles vient de publier son enquête sur l’insertion des jeunes diplômés. «Si le taux d’emploi net est en baisse (81,5% sur l’ensemble des diplômés contre 84,9% sur l’année 2012) on est loin de l’effondrement que certains annonçaient», se félicite Bernard Ramanantsoa, directeur général d’HEC et responsable à la CGE de ce qu’on appelle la commission «aval» en charge de l’insertion des jeunes diplômés...

 

C’est l’indicateur le plus spectaculaire : presque 16 % des diplômés des grande écoles en 2012 s’expatrient pour leur premier emploi. Un taux qui monte à 23% chez les managers (et même 27% chez les hommes) contre 18% en 2012. «On ne peut pas parler de fuite des cerveaux. Sans occulter totalement les problèmes économiques en France, si les étudiants veulent de plus en plus aller à l’étranger c’est d’abord parce qu’ils savent qu’une expérience internationale est essentielle à leur CV. Maintenant il va falloir regarder s’ils reviennent bien en France dans quatre ou cinq ans comme c’était le cas jusque-là», commente Bernard Ramanantsoa, fier de constater le bon accueil que font aux jeunes diplômés des grandes écoles les entreprises du monde entier. D’autant que cette expatriation est rentable: le salaire moyen (primes comprises) atteint les 49 100€ (48 200€ pour les managers et 49 000€ pour les ingénieurs), soit 11 000€ de plus qu’en restant en France....

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plerudulier's comment, June 23, 2013 5:38 AM
Ce n'est pas la crise au sens où les grandes écoles trouvent encore des débouchés mais 1 - c'est en baisse (de 84 à 81, c'est assez net) 2 - ils partent à l'étranger. Ce n'est effectivement pas la crise mais c'est une crise très sérieuse. Il faudrait quoi en plus pour déclarer que tout va vraiment très mal?
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Au Chili, Carolina Schmidt a été nommée ministre de l’éducation

Au Chili, Carolina Schmidt a été nommée ministre de l’éducation | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Au Chili, Carolina Schmidt a été nommée ministre de l’éducation

 

Il s’agit de la quatrième titulaire du portefeuille depuis le début du mandat présidentiel (2010), caractérisé par une forte mobilisation des étudiants pour une éducation gratuite.

Le précédent ministre, Harald Beyer, a été destitué par le Parlement, une procédure exceptionnelle, pour n’avoir pas contrôlé l’existence de bénéfices dans les universités. Le 4 avril, les députés ont voté pour la destitution du ministre, à 58 voix contre 56. Le 17 avril, les sénateurs ont confirmé la procédure, par 20 votes contre 18.

La Constitution héritée de la dictature du général Pinochet a consacré la privatisation de l’éducation, mais elle stipule que l’enseignement supérieur est une mission sans but lucratif. Or le Chili est le pays de l’Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) où les universités sont les plus chères. Les familles doivent s’endetter pour payer les études de leurs enfants. D’où la revendication du mouvement étudiant d’une éducation publique, gratuite et de qualité.

 

Carolina Schmidt, jeune femme aisée, élégante et brillante, était la ministre la plus populaire du président Piñera, dont la cote n’a cessé de dégringoler. Elle était chargée du Service national de la femme (Sernam).

L’extension du congé maternité de trois à six mois, la garde partagée par les deux parents, une campagne contre les violences suivie d’une loi qui aggrave les peines pour « féminicide » (homicide contre des femmes), ainsi qu’une campagne pour le dépistage du cancer du sein, ont assuré une popularité record à Carolina Schmidt (71 % d’approbation selon les sondages).

Les Chiliens ont également une excellente opinion sur le mouvement étudiant. Ils sont 86 % à approuver ses revendications concernant la réforme de l’éducation, à en croire une enquête de Radio Cooperativa et de l’Université Centrale. Le défi, pour la nouvelle ministre, sera de parvenir à un accord sur la question qui agite les rues du pays depuis trois ans, alors que les partis politiques préparent déjà la prochaine élection présidentielle, dont le premier tour est fixé au 17 novembre 2013....

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Les élèves sans histoires ont aussi du chagrin - Echos de vie scolaire

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F. est en Bac, je la connais assez peu ; finalement beaucoup mieux depuis qu'elle est interne. F est une bonne élève. L'avantage des internes, c'est qu'on les connaît même quand ils et elles sont des élèves qui travaillent et ne font pas de bruit...

F. vit dans une classe sympa, elle sourit souvent, elle est polie, elle a des discussions « de grands », elle soutient ses ami-es, elle est bien sous tous rapports. 

Mais un jour, F., après quelques semaines assez tumultueuses qui ont secoué la classe ; un jour, F. craque le beau vernis. 

Quelques minutes avant un cours de sport, elle ne trouve plus son sac, elle pleure toutes les larmes de son corps en arrivant à la vie scolaire. Elle pleure son sac noir et doré qu'elle aime tant, et n'arrive pas à prendre un peu de recul sur l'évènement. A défaut de joindre Interpol ou la CIA, nous nous lançons à la recherche du sac de F, comprenant qu'il en va de sa santé (enfin, ça , c'est ce qu'on lui dit pour la détendre) et ça marche : le sac de F est retrouvé. 

Avant que F. n'aille courir autour d'un stade, je l'invite à entrer dans mon bureau, lui disant ma surprise de la voir perdre pied pour un (beau) sac noir. Et là, le déluge recommence, F semble perdre toutes les larmes qu'elle a en stock, elle rit, elle pleure, elle sait que finalement, le sac était seulement une goutte d'eau qui a fait déborder son joli vase. Elle raconte sa douleur quand une de ses amies lui a confié des choses très intimes, elle raconte sa peur face aux problèmes d'argent de la maison, son angoisse de sa future orientation, ce sapin de Noël absent de la maison parce qu'un sapin coûte trop cher, le fait qu'elle ne dit jamais rien : « Je ne sais pas ce que j'ai cet après midi mais alors, c'est l'enfer, je n'arrive pas à m'arrêter et puis du coup, jvais tout vous raconter, mais bon, jveux pas vous embêter, c'est ridicule hein ? »...

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Sciences Po après la farce - Les blogs du Diplo

Sciences Po après la farce - Les blogs du Diplo | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Au terme d'une année d'intrigues, Sciences Po a élu un nouveau directeur. Le premier vote avait été récusé par la ministre de tutelle ; si cette première élection ne fut pas une tragédie, la seconde fut bien une farce.

Frédéric Mion a en apparence toutes les qualités pour assurer la fonction de directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP, Sciences Po). Il a les titres de noblesse scolaire (la rue d’Ulm, Sciences Po, l’ENA) ; il n’a pas été associé à l’ancienne direction, dont certains membres vont devoir comparaître devant la cour de discipline budgétaire (risque qui avait justifié la récusation de l’élu précédent, Hervé Crès), et il a été désigné à une large majorité. La crise est-elle terminée ? En fait, rien n’a changé, puisque le mode d’élection est resté le même. Le score soviétique au conseil d’administration (CA) de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) n’a fait qu’enregistrer l’organisation clientéliste de la direction de Sciences Po. Les projecteurs étant braqués sur l’événement, il leur a cependant fallu manœuvrer.

Tel un lapin sorti du chapeau, un nouveau candidat a été porté au pouvoir par l’ancienne équipe dirigeante, qui l’a convaincu au dernier moment de quitter sa pantoufle dorée, le secrétariat général de Canal Plus. Il y faut du dévouement puisqu’il va devoir se satisfaire d’un moindre salaire après l’intervention de la Cour des comptes. On mesure l’improvisation quand on sait que la candidature a été présentée tardivement avec un projet écrit dont l’auteur a lui-même avoué qu’il était « faible ». La décision a été enlevée à l’oral — comme le disent tous les jurys qui habillent ainsi leur arbitraire : nul ne pourra vérifier. On a bien compris que l’ancienne équipe a intrigué pour trouver un candidat qui garantisse la continuité. Il n’est pas difficile de comprendre quel réseau a opéré quand on sait que le nouveau directeur vient du Conseil d’Etat, comme son prédécesseur Richard Descoings, et qu’il a aussi été membre du cabinet ministériel de Jack Lang. Cela indique d’autres points communs. Le fonctionnement en réseau au sommet de l’Etat a cet avantage d’être opaque. Et indicible pour ceux qui connaissent les connexions. C’est devenu aujourd’hui un grand handicap pour l’analyse de la politique : il faudra attendre, en historien. Richard Descoings avait cette particularité d’avoir usé et abusé du fonctionnement en réseau, faisant entériner ses initiatives par ses amis de la haute administration et de la politique. Sans doute cela a-t-il mal tourné. Sans empêcher que le credo de l’institution soit toujours ce fonctionnement discret conçu comme un gage d’efficacité. On y continuera donc à parler et seulement à parler de l’exigence de démocratie et de transparence. Cyniquement....

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Rythmes scolaires : les animateurs ne veulent pas être les laissés-pour-compte de la réforme à Paris

Rythmes scolaires : les animateurs ne veulent pas être les laissés-pour-compte de la réforme à Paris | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

Rythmes scolaires : les animateurs ne veulent pas être les laissés-pour-compte de la réforme à Paris.

 

 

Ils sont, autant que les enseignants rappellent-ils, concernés par la réforme des rythmes scolaires dont on ne sait plus si elle doit, à Paris, être mise en place en septembre 2013 ou en septembre 2014. Ils ont, eux aussi, la responsabilité des écoliers, mais sur des « temps périscolaires » dont l’amplitude horaire doit augmenter de trois-quarts d’heure par jour, une fois que la semaine de 4,5 jours d’école sera rétablie. Et ils sont aujourd’hui inquiets à plus d’un titre : inquiets du peu de considération qu’enseignants et parents leur témoignent - ou qu’ils ressentent comme tel. Inquiets de voir leur parole confisquée dans un débat qui oppose essentiellement la Ville de Paris - leur employeur - aux professeurs des écoles. Inquiets, enfin, que la réforme voulue par le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, et qui pourrait être une occasion de « déprécariser » et réhabiliter leur profession, se décide sans eux, ou presque. Pour toutes ces raisons, les animateurs des centres de loisirs parisiens sont appelés à faire grève, ce mercredi 20 février, par l’UNSA-Animation. Objectif : « Que les animateurs ne soient pas les laissés-pour compte de l’aménagement des rythmes scolaires », explique Jean-Pierre Lubek, secrétaire de l’UNSA-Animation.

 

Votre organisation syndicale n’a pas participé aux journées de mobilisation des enseignants parisiens contre la réforme des rythmes scolaires. Pourquoi faire grève aujourd’hui, un peu « de votre côté » ?


Que ce soit clair, nous ne nous opposons pas à la mise en œuvre de cette réforme à Paris. La question de la date - 2013 ou 2014 - dépend de l’académie et du maire. Ce que nous voulons c’est qu’un « schéma directeur » de l’organisation de la journée et de la semaine scolaires soit défini le plus rapidement possible. En tant qu’intervenants au sein de l’école, les animateurs ont leur contribution à apporter dans le débat sur les rythmes. Pourtant, l’animation a été largement marginalisée - voire exclue - de toutes les concertations sur le sujet ces dernières années, et nous avons dû jouer des coudes pour livrer une expression minimale de nos points de vue...

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Qui décide dans l’éducation nationale ?

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Globalement, en moyenne des pays de l’OCDE, 41% des décisions sont prises par les établissements, contre 31% en France. 6% le sont en moyenne par le niveau régional ou départemental contre 37% en France, ce qui souligne le caractère effectivement décentralisé de notre république en matière éducative ; 36% le sont en moyenne par l’Etat, pour 32% seulement, a-t-on envie d’écrire, en France. On peut dire qu’arithmétiquement, l’Etat ne compte que pour un tiers dans les décisions organisant le système éducatif. Voilà qui va à l’encontre de certaines de nos idées reçues.

Les données par secteur d’activité sont également intéressantes. La pédagogie se décide à 80% dans l’établissement (les moyennes OCDE et France sont identiques). La gestion des personnels  relève à 62% de l’Etat en France contre 40% dans l’OCDE : notre fonction publique d’Etat fait encore bien la différence. La planification de l’éducation  est réalisée à 42% par l’Etat en France, contre 60% dans l’OCDE : y aurait-il donc plus jacobins que nous au sein de l’OCDE ? Quant aux ressources utiles à l’éducation, elles sont fournies à 80% par les régions ou les départements en France, contre seulement 10% en moyenne dans l’OCDE. On prendra soin de ne pas perdre de vue que ces ressources n’incluent pas les dépenses de traitement des personnels qui,  pour l’essentiel, incombent en France à l’Etat.

L’évolution observée par l’OCDE dans le temps ne manque pas d’intérêt non plus : en France, entre 2007 et 2011 on constate une baisse de 10% du nombre de décisions prises par les établissements. L’évolution n’est donc pas linéaire, et, pour ce qui concerne notre pays, paraît démentir les discours politiques, tenus lors du dernier quinquennat, sur l’autonomie nécessairement grandissante dévolue aux établissements....

 

Dans un ouvrage publié en 2010, Jean-Michel Chapoulié a mis en lumière, en examinant deux siècles de politique scolaire en France, la prise réduite de l’institution centrale, de l’Etat, sur les évolutions réalisées au sein de l’organisation scolaire. Si, pour Jean-Michel Chapoulié, l’Etat est loin d’être maître des évolutions de l’institution scolaire, cela s’explique d’abord par l’ignorance frappante du détail des organisations scolaires par ceux qui, pour les réformer, sont obnubilés par un aspect du système scolaire à transformer et sous-estiment les réactions en chaîne provoquées par une seule modification sur le système entier et sur ses acteurs. Cela s’explique ensuite par le mode de recrutement des enseignants. Celui-ci les incite, par exemple, quelles que soient les orientations pédagogiques officielles, à valoriser les savoirs abstraits et généraux diffusés dans les filières d’excellence. Cela s’explique également par les résistances de la partie de la population menacée dans son hégémonie sociale par une démocratisation de l’école : ces résistances contrecarrent également les projets politiques de réduction des inégalités face à la formation scolaire. Au final, les comportements de la population à l’égard de l’école comptent au moins autant  que les dispositions législatives sur la scolarisation....

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Révolutionner l’enseignement en Russie… et ailleurs

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Révolutionner l’enseignement en Russie… et ailleurs

 

Plateforme informatique intégrale pour institutions d'enseignement, Dnevnik.ru vient d'être sélectionnée par Yakov Sadchikov comme une des 10 startups russes les plus prometteuses. Elle prête ses services à 40% des écoles secondaires de son pays d'origine et s'attaque à l'étranger, note-t-il dans un article du Moscow Times, avec dans sa ligne de mire Israël, la Chine et les États-Unis (sous le logo de Classedin.com dans ce dernier pays).

"Nous avons commencé en 2007 comme un réseau social pour écoles," m'a expliqué Lilian Pertenava, responsable du marketing. "Mais il se trouve qu'en Russie les écoles ont bien d'autres besoins : systèmes de gestion, circulation de la documentation, relations avec les parents, entre autres. Nous avons donc décidé d'intégrer tout ça dans notre seconde version, en 2009. C'est là que réside notre innovation."

"Plateforme d'éducation pour étudiants, parents, professeurs et administrateurs d'écoles," Dnevnik a été adoptée par 26.000 établissements et compte 5,7 millions d'utilisateurs. Après le primaire et le secondaire – l'étape actuelle - elle aspire à couvrir toute la gamme jusqu'aux universités, à la formation en entreprise et à l'apprentissage individuel.

La société, qui vient de recevoir 5 millions de dollars de Runa Capital un des fonds russes les plus agressifs, a clairement pour objectif de gagner beaucoup d'argent. Dans une présentation faite lors de TechCrunch Moscou le 10 décembre dernier, Gabriel Levi, président et fondateur, s'est publiquement donné pour objectif 20 millions de dollars de revenus en 2014....

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Trop bons, les Asiatiques sont les pestiférés de l’Université américaine - Rue89

Trop bons, les Asiatiques sont les pestiférés de l’Université américaine - Rue89 | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Je préfère prévenir: je vais employer des mots tabous. Je vais parler de Juifs, de Noirs, de Blancs, d’Asiatiques, et de race et d’ethnicité. Pas moyen de faire autrement.

 

Aux Etats-Unis, il est difficile d’oublier sa couleur de peau ou son origine, les « communautés » elles-mêmes s’en réclamant à cor et à cri pour être sûres que la société ne les lèse en aucune façon.

Plus de 20 millions d’élèves de terminale ont passé des vacances de Noël fébriles, planchant sur leurs dossiers de candidatures à la fac. Angoisse jusqu’en avril ! Leurs notes comptent, mais pas seulement : les activités extra-scolaires et l’origine ethnique sont déterminantes.

A la mi-décembre, un prix prestigieux de la presse américaine a récompensé un essai paru dans la revue mensuelle The American Conservative, intitulé « Le mythe de la méritocratie américaine ». L’auteur, Ron Unz, y pointait le fait qu’aujourd’hui les meilleurs élèves des lycées américains sont largement asiatiques, mais qu’ils sont sous-représentés dans les facs d’élite.

 

Aussitôt ont fleuri dans la presse des tribunes commentant – pour le critiquer ou le justifier – ce phénomène flagrant d’ostracisme, dont une de l’universitaire Carolyn Chen :

« Plus que ce qu’ils imaginent, le résultats de la course aux admissions dépendra de la race des élèves. Si vous êtes asiatique, vos chances d’entrer dans les collèges et les universités les plus sélectifs seront certainement moindres que si vous êtes blanc. »

Pour comprendre les dessous de la polémique, il faut connaître son contexte. Mes trois enfants (blancs), aujourd’hui tous en fac, viennent de passer par là, je peux raconter le processus par le menu.

Tout lycéen de terminale désireux d’entrer à l’université va sacrifier entièrement son mois de décembre au remplissage des dossiers. Bien que les conseillers d’éducation recommandent de ne pas déposer plus de cinq à huit dossiers de candidature, la plupart des jeunes en complètent une dizaine, dont la forme varie selon les cibles.

 

Il faut bien sûr fournir son relevé de notes des quatre années de lycée, ainsi que les résultats de son SAT. Cet examen national fait office de bac aux Etats-Unis. On peut le repasser plusieurs fois pendant sa scolarité pour l’améliorer, sachant que sa note globale est le premier des critères de sélection.

Il faut aussi obtenir des lettres de recommandation personnalisées des professeurs, et surtout écrire des essais, sortes de lettres de motivation spécifiques à chaque université convoitée.

Il faut remplir un questionnaire concernant ses activités en dehors de l’école (sportives, artistiques, bénévoles, professionnelles du soir ou du week-end), faire état de toutes les compétences possibles (en langue, en leadership…), preuves vérifiables à l’appui, évidemment.

Enfin, on demande au candidat sa religion et son ethnicité [PDF] : hispanique ou latino, blanc, afro-américain, asiatique, indien américain, natif d’Alaska, d’Hawaï ou d’une autre île du Pacifique (l’origine moyenne-orientale est considérée blanche). La réponse à cette question est facultative. Elle sert à alimenter les statistiques. Mais aussi à équilibrer la composition ethnique des effectifs de l’université.

Ne hurlez pas tout de suite. C’est grâce à cette mesure, l’« affirmative action » (discrimination positive), qu’un nombre important de bons élèves pauvres appartenant à une « minorité » ont accès gratuitement, ou à très bas prix, aux universités du pays tant publiques que privées, et à celles, ultra prestigieuses, de la Ivy League...

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"Les trois catégories d'enseignants vues par un père"

"Les trois catégories d'enseignants vues par un père" | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Parent d'élève, notre contributeur Marc Serrand s'est amusé à " classer" les enseignants à travers sa vision du métier. Il avoue préférer ceux "qui ont envie d'explorer, de chercher, de partager".

En 13 ans d'école, mon aîné qui est en 1ère a vu quelques 60 à 70 enseignants. Si si, j'ai fait le compte! En encore je n'ai pas compté les remplaçants... il est vrai devenus denrée rare depuis quelques années, (je ne remercie pas la RGPP). Le plus jeune, qui est au collège, en a vu un peu moins, bien entendu. Je réfléchis souvent à tous ces enseignants, si différents les uns des autres que je ne résiste pas à la tentation: il faut que je les classe! L'exercice est idiot et donc il me plait. Il va m'attirer des commentaires acerbes qui déploreront mon simplisme navrant.

Première catégorie d'enseignants: ceux qui ne doutent pas d'eux. Ce ne sont pas les plus nombreux, mais il y en a. Des enseignants qui refusent de discuter avec qui que ce soit, (sauf avec la hiérarchie). Des enseignants qui ne comprennent pas l'intérêt de bouquiner, de se former puisqu'ils savent tout. ...

Deuxième catégorie d'enseignants: ceux qui doutent d'eux... et ont peur! Je crois que la majorité des enseignants ne sont pas certains de leurs pratiques, doutent de leur pédagogie, se rendent compte des limites de la situation actuelles, voient les enfants s'ennuyer. Mais cette première catégorie a besoin de se protéger. Ces enseignants-ci ferment les fenêtres, les portes, et n'aspirent qu'à une chose: ne plus entendre parler d'école dès qu'ils sont chez eux, le soir ou en vacances...


Enfin, les enseignants qui doutent... et cherchent... Il existe une fraction non négligeable d'enseignants qui doutent tout autant de leurs pratiques, de leur quotidien, mais qui ont envie d'explorer, de chercher, de partager... Ces enseignants s'inscrivent dans la droite ligne des mouvements pédagogiques. Ils sont souvent sur le Net. Ce sont eux qui peuplent ces rencontres dont je parlais juste auparavant.

Ils ne sont pas plus sûrs d'eux que les autres, mais ils acceptent d'envisager d'autres pratiques. Lorsqu'ils ferment la porte de leur classe et quittent l'établissement, ils sont prêts pour d'autres aventures autour de l'éducation. Alors attention: ces enseignants-là, il leur arrive d'être un peu découragés parfois...
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Portrait robot du décrocheur

Portrait robot du décrocheur...

 

140 000 : c’est le nombre estimé de « décrocheurs » en France, ces jeunes sortis du système scolaire sans diplôme ni qualification, passé l’âge de la scolarité obligatoire - 16 ans. Durant la campagne présidentielle, François Hollande s’est engagé à diviser leur nombre par deux d’ici la fin du quinquennat. Sous Luc Chatel, des « plates-formes de suivi et d’appui aux décrocheurs » étaient chargées de repérer ces jeunes, et de les contacter pour les aider à s’orienter. On n’a jamais su, concrètement, combien d’entre eux ont pu en bénéficier. Son successeur Vincent Peillon mise sur une autre approche. « Pour les décrocheurs, les choses se jouent au commencement, dans les toutes premières années de l’apprentissage », avait-il dit à Orléans le 13 septembre rappelant la priorité donnée au primaire et à l’orientation.. M. Peillon a dénoncé une « orientation subie » qui conduirait les élèves en difficulté vers des filières qui ne leur conviendraient pas alors qu’il y a « 40 000 places qui ne sont pas pourvues dans les lycées professionnels, dont certaines dans des filières qualifiantes ».

 

Une « orientation subie », c’est aussi ce qui ressort de l’enquête rendue publique, le 19 septembre, par l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), portant sur 186 décrocheurs inscrits dans des dispositifs de raccrochage...

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Dans les manuels de maths de terminale, le sexisme ordinaire côtoie les équations

Dans les manuels de maths de terminale, le sexisme ordinaire côtoie les équations | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Dans les manuels de maths de terminale, le sexisme ordinaire côtoie les équations...

 

En quoi une discipline comme les maths, fondée sur des calculs, équations et autre gymnastique de l'esprit peut-elle être une affaire de sexe? Pour répondre à cette question, il suffit de jeter un coup d'oeil à l'étude publiée ce mois-ci par le Centre Hubertine Auclert intitulée "Égalité femmes-hommes dans les manuels de mathématiques, une équation irrésolue ? Les représentations sexuées dans les manuels de mathématiques de Terminale".

Tradition annuelle oblige, le centre francilien de ressources sur l'égalité femmes-hommes a passé au crible le contenu des manuels de mathématiques de terminale. Conclusions? Les représentations sexuées et les schémas stéréotypés y sont tout aussi présents que dans les autres disciplines, plus littéraires, comme le français ou l'Histoire, où ces représentations sembleraient plus patentes.

 

Cette étude démontre que l'apparente neutralité des mathématiques cache en réalité une forêt d'images stéréotypées. Comment? Au travers des exemples de la vie quotidienne utilisés pour favoriser l'apprentissage théorique. La matière scientifique est donc loin d'être aussi "désincarnée et purement idéelle" que le préjugé aimerait le faire croire.

 

En matière de féminisation des noms, associer un attribut féminin ("femme médecin") au nom de métier masculin fait office de règle. Enfin, à quelques exceptions près. Le terme de "gérant" au masculin apparaît récurrent dans un manuel de la filière pro, sauf dans le cas de "la gérante de parfumerie". Quant au terme "l'animateur" utilisé à plusieurs reprises dans un manuel de Terminale scientifique, il est féminisé à l'occasion d'un exercice où intervient "une animatrice de patchwork ». « la secrétaire d’une entreprise », « la documentaliste », « une standardiste » et « l’infirmière », sont les seuls autres noms de métiers féminisés rencontrés. Difficile, donc, d'outrepasser les rôles sociaux traditionnels. Enfin, les femmes scientifiques semblent cantonnées à des métiers-types: elles sont laborantines ou archéologues dans l'imagerie scientifique convoquée dans les pages de manuel. Quant aux plus célèbres, comme Marie Curie et Tatiana Ehrenfest, elles restent étroitement associées aux travaux de leurs maris...

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