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Dans l'extrême sud thaïlandais, le calvaire des enseignants face à la guerre

Dans l'extrême sud thaïlandais, le calvaire des enseignants face à la guerre | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Le corps professoral, majoritairement bouddhiste, est devenu une cible de choix pour l'insurrection islamiste, en butte au pouvoir de Bangkok. Un défi sécuritaire et identitaire.

 

A l'instar d'autres catégories de population, eux aussi ont subi, et continuent de subir, avec une douleur pudiquement contenue, les affres d'une guerre qui, au fond, n'est pas la leur. Depuis 2004, les enseignants de l'extrême sud de la Thaïlande n'échappent pas au conflit sanglant – plus de 5 300 morts et 11 000 blessés – qui met aux prises le pouvoir central de Bangkok et une insurrection séparatiste dans les provinces méridionales à majorité musulmane de Yala, Pattani et Narathiwat. Pis, ils sont devenus des cibles de choix. Harcelés, et parfois éliminés froidement par des sicaires sans états d'âme.

Ces dernières semaines, la triste litanie des victimes s'est encore allongée. Ainsi, mercredi 23 janvier, un enseignant a été tué par des individus armés qui ont fait irruption dans une école primaire du district de Bocho (province de Narathiwat). L'homme, âgé de 51 ans, est tombé sous les balles de ses agresseurs tandis qu'il déjeunait à la cafétéria de l'établissement. La scène s'est déroulée sous le regard horrifié d'une trentaine de témoins impuissants, élèves et professeurs.

Début décembre, déjà, des centaines d'écoles de cette même province, placée sous état d'urgence depuis juillet 2005, avaient été fermées en signe de protestation, après qu'une enseignante de 32 ans eut perdu la vie dans une embuscade mortelle sur le chemin du retour à son domicile. Le président de l'association des enseignants, Sanguan Intarak, avait alors décrété une suspension temporaire des cours, réclamant aux autorités "des mesures efficaces pour [protéger] les professeurs"...

 

Pourquoi les enseignants, a priori étrangers au conflit qui se déroule à seulement quatre cents kilomètres de Phuket et de ses plages paradisiaques prisées des touristes étrangers, sont-ils visés par un tel hallali meurtrier ? Les raisons sont à la fois d'ordre symbolique et politique. Symbolique, d'abord. "En Thaïlande, l'enseignement est vecteur, non seulement d'un savoir et de connaissances, mais aussi d'une identité nationale qui est profondément imprégnée des valeurs bouddhistes [95 % des habitants du pays sont de confession bouddhiste]. Ce sont ces valeurs qui sont visées par les partisans de la charia, la loi islamique. Ce faisant, les extrémistes expriment leur rejet vis-à-vis d'une nation dont ils ne se sentent en aucune façon membres à part entière", argumente Sophie Boisseau du Rocher, spécialiste des questions politiques et géostratégiques en Asie du Sud-Est...

 

A cette dimension symbolique s'ajoute un volet plus politique, qui contribue à faire du corps professoral une proie, sinon idéale, du moins de premier choix. "Les enseignants sont des fonctionnaires, donc des représentants de l'Etat, mais ils constituent des cibles plus faciles que les militaires. A travers eux, c'est, en filigrane, l'Etat qui est visé, et notamment son incapacité à régler la situation dans le sud du pays", explique Mme Boisseau du Rocher....

 

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ÉDUCATION • Heureux comme un enfant soldat ?

ÉDUCATION • Heureux comme un enfant soldat ? | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Pour lutter contre l’insurrection qui sévit dans le sud du pays, la Thaïlande finance des milices armées dans les villages. Mais des enfants sont également enrôlés dans ces groupes. Et leur participation pose un problème de conscience, explique Global Post.

 

Les adolescents armés qui patrouillent le long de la frontière sud de la Thaïlande pour le compte de milices financées par l’Etat n’ont pas été enlevés et n’ont pas subi de lavage de cerveau. Ils ne sont pas bourrés de drogue et peu d’entre eux – voire aucun – ont déjà tué. Ils opèrent pourtant aux côtés d’adultes armés pour défendre le pays contre l’insurrection séparatiste la plus sanglante d’Asie. Si leur existence demeure largement ignorée, c’est en partie parce que leur situation est moins atroce que celle d’autres enfants soldats, comme ceux du Myanmar ou du Liberia...

 

Des enquêtes sur le terrain menées conjointement par ces deux organismes ont révélé que des garçons de 14 ans participaient à des patrouilles armées ou gardaient des postes de contrôle contre les insurgés. Sur les dix-neuf villages retenus pour l’enquête, treize abritaient des mineurs ayant des liens avec le Chor Ror Bor, un réseau de groupes de défense financés par l’Etat. Mais la plupart des jeunes qui travaillent pour des milices thaïlandaises se contentent de les approvisionner en vivres, de surveiller des inconnus suspects et de préparer le thé pour les adultes.

Peu d’éléments permettent d’affirmer que ces adolescents participent régulièrement aux attaques menées par les soldats thaïlandais en service actif. Ils ont en outre de meilleures conditions de vie que les enfants soldats birmans, qui doivent nettoyer les champs de mines à la main, ou ceux d’Afrique subsaharienne, bourrés de narcotiques et obligés de participer à des opérations armées...

 

Dans les trois provinces de l’extrême Sud ravagées par l’insurrection – Yala, Pattani et Narathiwat –, la culture des armes est omniprésente. Les enfants musulmans et bouddhistes fréquentent des écoles transformées en véritables forteresses à la suite des attaques menées par les insurgés contre un système d’enseignement soupçonné de combattre leur cause. Le directeur d’une école nous a confié qu’environ 30 % de ses enseignants étaient armés pendant les cours...

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THAILANDE • Mauvaise note pour le système éducatif

THAILANDE • Mauvaise note pour le système éducatif | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Dans la deuxième économie d’Asie du Sud-Est, de nombreux élèves des zones rurales sortent de l’école sans avoir acquis les savoirs de base.

 

Pornchompoo Ratchatha, maître de conférences de l’université Khon Kaen, dans le nord-est de la Thaïlande, enseigne l’anglais à des étudiants de licence, mais il lui arrive souvent d’avoir dans sa classe des jeunes incapables de faire la différence entre to take [prendre] et to talk [parler]. “Parfois, je me demande ce qu’ils ont fait durant les douze années qu’ils ont passé à l’école”, observe-t-elle. Cette universitaire n’est pas la seule à se plaindre du système d’enseignement.

Des enquêtes internationales brossent un tableau plutôt sombre des résultats des élèves thaïlandais. Selon l’une de ces études, réalisée par l’Economist Intelligence Unit (EIU) et publiée en novembre dernier par le groupe Pearson Education, les élèves thaïlandais se classent au 37e rang – derrière la Roumanie, la Turquie et la Colombie – sur 40 en termes de facultés cognitives et de résultats scolaires. Une autre enquête, portant sur 54 pays et réalisée par la société de formations linguistiques EF, a placé la Thaïlande à l’avant-dernier rang pour la maîtrise de l’anglais, derrière des pays plus pauvres de la région comme le Vietnam et l’Indonésie. Même au niveau national, les résultats des élèves thaïlandais semblent insuffisants. A peine 31 % des élèves de sixième année ont réussi l’examen standardisé de thaïlandais organisé l’an dernier à l’échelon national. Le pourcentage pour l’examen équivalent en mathématiques a été de 35 %, soit cinq points de moins que l’objectif établi par l’Office of Basic Education Commission [OBEC, bureau du ministère de l’Education chargé de l’enseignement des niveaux primaire et secondaire].

Ces mauvaises notes ont suscité beaucoup d’interrogations dans le pays, deuxième économie d’Asie du Sud-Est, où plus d’un quart des jeunes sont diplômés de l’enseignement supérieur...

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