Pour contourner le numerus clausus qui régit les études de santé, plus besoin d'aller étudier à l'étranger : à Toulon, l'université privée portugaise Fernando-Pessoa a ouvert une antenne.

 

Devenir dentiste, pharmacien ou orthophoniste sans passer de concours... A Toulon, c'est en train de devenir possible depuis l'ouverture, à la rentrée, d'une antenne de l'université privée portugaise Fernando-Pessoa.

Installé dans un bâtiment désaffecté du centre hospitalier de LaGarde, commune voisine de Toulon, ce nouvel établissement ne compte, pour l'instant, qu'une douzaine d'étudiants en odontologie (chirurgie dentaire) et huit apprentis orthophonistes, admis sur dossier et contre un chèque de 9500 euros, pour les premiers, 7500 euros pour les seconds. Si tout va bien, ils décrocheront un diplôme portugais qui, en vertu des équivalences et des règles européennes, leur permettra d'exercer en France. Une stratégie redoutable pour éviter le numerus clausus qui bloque chaque année des dizaines de milliers d'étudiants français.

 

Les effectifs sont très modestes, mais les ambitions sont grandes. "Nous accueillerons, à terme, cinquante étudiants par promotion en dentaire et pharmacie, trente en orthophonie. Nous avons prolongé les délais d'inscription jusqu'à mi-janvier pour permettre à ceux qui auront échoué à leur semestre de première année commune aux études de santé [Paces] de nous rejoindre", explique Bruno Ravaz. Professeur de droit, avocat et ancien président de l'université du Sud-Toulon-Var, M.Ravaz est vice-président de Fernando-Pessoa.

L'université privée, fondée par Salvato Trigo, qui en est le recteur, compte bien exploiter le vivier presque inépuisable des recalés du concours d'entrée en médecine : seuls 16 % des candidats passent directement en deuxième année. "Nous récupérons d'excellents élèves et leur proposons des méthodes pédagogiques personnalisées dans des amphis qui ne sont pas bondés. Nous avons déjà 282 pré-inscriptions", se félicite-t-il.

Les modalités pratiques du cursus restent, cependant, floues: où et comment se dérouleront les indispensables stages? Qui seront les professeurs? Le matériel, pour les dentistes par exemple, sera-t-il fourni? "Le montant de 9500euros de frais d'inscription peut sembler élevé, mais le coût de revient d'un étudiant en odontologie s'élève, pour l'Etat, à au moins 15000 euros", rappelle Robert Garcia, président de la conférence des doyens des seize facultés de chirurgie dentaire.
Les porteurs du projet se sont assuré une caution scientifique de poids en la personne du neurologue et psychiatre Boris Cyrulnik, qui a accepté la présidence du conseil scientifique....