INDONÉSIE • On se tue entre lycéens | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Après la mort de six élèves dans des rixes entre établissements scolaires, les autorités tentent de trouver des moyens pour endiguer la violence...

Les bagarres entre lycéens deviennent de plus en plus terrifiantes dans notre pays. Depuis le mois dernier, six élèves ont été tués dans ces rixes récurrentes. Qui aurait pensé que le lycéen F. R., brillant élève du temps du collège et fils de bonne famille – ses parents sont marchands d’antiquités à Bali –, serait un jour accusé d’avoir tué à l’arme blanche Alawy Yusianto, un camarade d’un autre lycée en guerre contre le sien ? A la suite de cet incident qui s’est produit le 24 septembre dernier à Jakarta, on est en droit de se demander si l’environnement du lycée a changé F. R. Son frère aîné reconnaît qu’il est devenu violent et très émotif, sans doute à cause des intimidations et des humiliations qu’il a subies depuis son entrée en seconde de la part des élèves des classes supérieures, dans la grande tradition du “bullying” [brimades].

“Le bullying est le mauvais usage de la force par une personne ou un groupe pour intimider les faibles. C’est la conséquence logique d’un déséquilibre social. Dans chaque milieu, y compris à l’école, il y a toujours les forts, les caïds, les faibles et les timides. Si l’on ne les gère pas apparaissent alors les oppresseurs, les opprimés et les spectateurs”, explique le fondateur de l’association Peace Generation, Irfan Amalee, qui termine une maîtrise sur les modèles de pacification à l’Université de Boston, aux Etats-Unis. Selon lui, ce sont ces trois groupes – les oppresseurs, les opprimés et les spectateurs – qui constituent les graines de la violence. “Les spectateurs sont en général plus nombreux que les oppresseurs et les opprimés. Mais s’ils ne font rien les oppresseurs continuent d’opprimer, parce qu’ils ont l’impression d’avoir l’assentiment social...