Les Inrocks - Aux-Etats-Unis, un Français fait entrer le hip-hop à l'université | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
L'université d'Arizona est la première à ouvrir un parcours dédié à la culture hip-hop. Au programme : du rap, du street art, du cinéma, de la danse et des va-et-vient entre la France et les États-Unis.

 

Explications avec Alain-Philippe Durand, responsable du parcours.

Ça vous dirait d’étudier Jay-Z, NTM ou encore Grandmaster Flash à la fac ? C’est désormais possible à l’université d’Arizona, aux États-Unis, où le Français Alain-Philippe Durand, auteur de Black, Blanc, Beur. Rap Music and Hip-Hop Culture in the Francophone World (Scarecrow Press, 2002) et professeur de français à l’université, a ouvert avec l’aide de ses collègues un programme de six cours sur la culture hip-hop au sein d’un diplôme baptisé “Africana Studies”. Un projet universitaire qui fait saliver et qui constitue une grande première, mais qui en laisse plus d’un sceptique. Et il y a de quoi. Car comment  étudie-t-on le hip-hop à l’université ? Pour Alain-Philippe Durand, il faut tout d’abord définir ce qu’est le hip-hop, à savoir “une culture à l’intérieur de laquelle il y a plusieurs modes d’expression, comme le rap, la danse ou encore l’art de rue”. Le rap ne sera donc pas la seule forme étudiée. Loin de là. Seront aussi décortiqués, dans une logique d’inter-disciplinarité, les rapports entre le hip-hop et le cinéma, et le hip-hop et l’Amérique latine. Un beau programme en perspective.


De Grandmaster Flash à Public Enemy

Dans son cours, Alain-Philippe Durand se concentrera, lui, sur l’étude de morceaux de rap, d’un point de vue socio-historique plus que littéraire, avec pour référent la notion de paradoxe, sur laquelle repose selon lui la culture hip-hop :

“Le hip-hop a commencé avec des laissé-pour-compte qui prenaient le micro pour se faire entendre. Mais, pour être entendus, ils devaient rentrer un peu dans le système. Certains l’ont fait à 150%, d’autres ont essayé de maintenir une autonomie.”...