C’est ce que l’on appelle un "flop". Voilà plus de cinq ans que le gouvernement le martèle : "Enseignants, innovez! Expérimentez!". Ses encouragements, parfois, avaient même des allures d’injonctions paradoxales: "Affranchissez-vous du cadre, je vous l’ordonne !"... Et l’on s’aperçoit aujourd’hui que la mayonnaise n’a pas pris.

C’est en tout cas l’impression donnée par la dernière "Note au ministre" (de l'éducation nationale) du Haut Conseil de l’éducation (HCE) intitulée "Les expérimentations réalisées dans le cadre des projets d’école ou d’établissement", publiée mardi 20 décembre. Une note particulièrement succincte : quinze pages. Preuve que la matière est bien pauvre – trop pauvre? - pour en faire un bilan plus complet...

 "Les enseignants ont un tempérament innovateur, observe M. Bouvier. Ils innovent quotidiennement de manière ponctuelle et modeste. Malgré tout, l’article 34 est peu mobilisateur." Pour s’en emparer, il faut obtenir l’autorisation du recteur, se fixer des objectifs, définir un protocole, prévoir des indicateurs d’évaluation... Au regard de ces contraintes, certains enseignants préfèrent poursuivre leurs innovations dans l’ombre de l’institution. D’autant qu’"en entrant dans le cadre de l’article 34 avec l’espoir d’une garantie institutionnelle", ils peuvent craindre "une perte de liberté", souligne le Haut Conseil. Pour encourager l’expérimentation, le HCE formule sept recommandations, parmi lesquelles une "meilleure valorisation des établissements, des écoles et des professeurs engagés dans un processus d’expérimentation, compte tenu de la charge de travail et de l’investissement" nécessaire...