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Professeurs, élèves et parents ont protesté contre une réforme conçue sous l'emprise de la rigueur budgétaire. De la crèche à l'université, parents, élèves et professeurs étaient appelés à participer à la grève générale de l'enseignement, jeudi 9 mai, en Espagne. Des milliers de personnes ont manifesté dans tout le pays contre le projet de réforme de la loi de l'enseignement que le gouvernement devait initialement présenter vendredi en conseil des ministres. Plus généralement, leur colère s'est déversée contre les mesures de rigueur et les coupes budgétaires qui ont réduit le budget de l'éducation de plus de 6 milliards d'euros en deux ans. Selon les syndicats, la grève a été suivie par 70 % des enseignants et 90 % des étudiants universitaires. Ces taux de participation ont été abaissés à 20 % par le gouvernement. Mais dans les rues de Barcelone ou de Madrid, impossible de nier le succès de l'appel lancé par les syndicats et les associations réunis dans la plate-forme pour l'école publique. Dans la capitale, une marée verte, la couleur des tee-shirts en faveur de "l'éducation publique pour tous", a inondé le paseo du Prado et la rue Alcala pour venir crier sa colère sous les fenêtres du ministère de l'éducation et demander la démission du ministre, José Ignacio Wert. ...
SANTIAGO DU CHILI (AFP) - Des dizaines de milliers d'étudiants chiliens sont à nouveau descendus dans les rues de Santiago jeudi pour réclamer un système d'éducation gratuit et de qualité. La Confédération des étudiants du Chili (Confech), regroupant les principales universités chiliennes, a estimé à 100.000 le nombre de manifestants qui ont défilé dans le centre de la capitale. "L'année 2012 a été une année de reflux, mais cette année nous sortirons en force parce que c'est une année importante", a déclaré Andrés Fielbaum, président de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili. Le manifestation, appuyée par la Centrale Unitaire des Travailleurs (CUT) chiliens, s'est déroulée sans incident, contrairement à de nombreuses éditions précédentes. La parcours de la marche, approuvé par les autorités municipales et contrôlé par des centaines de policiers et de membres des forces spéciales, a évité de passer devant le Palais de La Moneda, siège de la présidence. "Nous sommes plus de 120.000 personnes ici à Santiago et il faut ajouter les autres manifestations dans le reste du pays, ce qui démontre que nous pouvons changer la réalité de ce pays où il existe une injustice latente dans le domaine de l'éducation", a indiqué pour sa part Diego Vela, président de la Fédération des étudiants de l'Université Catholique. Le Chili est "le deuxième pays au monde où il existe le plus de ségrégation au niveau de l'éducation", a-t-il affirmé. Les étudiants ont réalisé plus de 40 marches depuis 2011 pour demander au gouvernement de Sebastian Piñera (premier président de droite depuis la fin de la dictature en 1990) une réforme du système éducatif, cher et inefficace, selon eux. Le système actuel, faisant la part belle au privé, est hérité de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). ...
Les manifestants ont défilé à l’appel de la FSU, principal syndicat de l’éducation. «Peillon, Peillon, faut vite que tu balayes toutes les réformes de Chatel... Livret de compétences, mise en concurrence», clamait-on au porte-voix. Et d’entonner avec une orchestre de rue : «Emplois, salaires, c’est la galère, les enseignants sont en colère, Peillon, tu parles d’refondation, depuis pas d’amélioration». Guislaine, professeur d’histoire-géo venue d’Agen, se dit «extrêmement déçue de la politique éducative mise en place par Peillon. Il faut aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite, revenir sur toutes les réformes depuis dix ans, le socle, le collège, la reforme du lycée qui est une catastrophe», estime-t-elle. Les revendications étaient multiples: les manifestants réclamaient le maintien du réseau des CIO (centre d’information et d’orientation), l’ouverture de discussions sur le collège et le lycée, des négociations salariales ou encore des pré-recrutements d’enseignants, comme Marianne, professeur du secondaire à la retraite, qui s’inquiète face aux postes non pourvus: «Mon fiston a tout le lycée à faire, j’aimerais bien qu’il ait des profs»...
Solveig Gram Jensen, correspondante du quotidien danois Jyllands-Posten, sur les rythmes scolaires. Courrier international – Le ministre de l’Education souhaite réduire les vacances d’été à six semaines. C’est une bonne idée ? Solveig Gram Jensen — Oui, pour plusieurs raisons. D’abord par rapport à la qualité de l’enseignement : il est plus productif de faire un effort quotidien régulier que d’avoir des périodes plus courtes mais plus intenses. Ensuite, il y a le côté social : les vacances coûtent cher. Si l’on ne part pas, il faut que quelqu’un surveille les enfants. Je comprends les enjeux en ce qui concerne l’industrie du tourisme français, même si ce secteur n’est pas très développé au Danemark et ne joue donc pas de rôle majeur (voire pas de rôle du tout) dans le débat scolaire. Néanmoins il ne serait pas sérieux de prendre en compte les intérêts d’un secteur industriel si l’objectif était de créer de meilleures conditions d’enseignement pour les enfants.
En primaire, la question de revenir à 4,5 jours au lieu de 4 suscite débats et querelles. Quel regard portez-vous sur le sujet ? — Encore une fois, je suis d’accord avec le ministre de l’Education : pour les enfants, il est préférable de répartir la semaine d’école sur 5 jours plutôt que sur 4 jours plus denses. Et c’est moins cher de faire garder un enfant un après-midi qu’une journée entière. Ce changement pourrait également renforcer l’égalité hommes-femmes, puisque c’est presque toujours la mère qui travaille à temps partiel pour s’occuper des enfants...
Cannabis, rythmes scolaires, vacances d'été... le ministre de l'Education nationale est devenu le "gaffeur" du gouvernement. Mais "au moins, il sait de quoi il parle" contrairement à ses prédécesseurs, juge notre contributeur Marc Serrand. Est-ce une mode? Vilipender son projet de "refondation" de l'école, refuser sa réforme des temps scolaires, moquer son ton légèrement docte... J'ai l'impression que, ces derniers temps, tout est bon pour critiquer Vincent Peillon! Dernier épisode: sa sortie sur les vacances d'été. Rassurez-vous, je ne suis pas socialiste, ni enseignant. Je n'exprime donc pas ici un point de vue "partisan" -j'espère que vous ne m'en ferez pas le reproche! J'aimerais qu'on se rappelle un peu qu'il y a bien longtemps qu'on n'a pas eu un ministre de l'Education qui sait de quoi il parle. Et encore plus longtemps qu'on n'a pas eu un ministre qui aime l'école et les questions de pédagogie. J'ai lu hier soir un tweet qui m'a fait rire et je le cite: "Inviter Luc Chatel pour parler des rythmes scolaires, c'est comme inviter un coiffeur pour causer de plomberie" [l'ex-ministre de l'Education a d'ailleurs travaillé 12 ans chez l'Oréal, ndlr]. Et bien justement, il me semble qu'on a enfin un ministre qui aime ce dont il parle et sait de quoi "ça cause"... Il y a longtemps que le débat n'a pas volé si haut Rappelons-nous Les enseignants de maternelle tout juste bons à changer des couches, c'est l'époque Darcos-Chatel! La suppression des IUFM, idem... La suppression du samedi matin pour laisser aux écoliers 144 jours d'école au lieu des 187 jours en moyenne dans l'OCDE, c'est eux encore, sous la férule de leur maître Nicolas Sarkozy. Cette dernière décision, on peut dire qu'ils l'ont prise rapidement. Après trois mois de consultation? Non! Trois semaines? Non plus. En trois jours, contre l'avis de tout le monde. Un "Münich pédagogique", avait commenté à l'époque l'historien de l'éducation Antoine Prost....
Sans hostilité de principe, des élus d'Ille-et-Vilaine racontent leurs difficultés à mettre en place la réforme dès 2013. Ne parlez pas de la réforme des rythmes scolaires à Alain Fouglé, maire de Feins, village de 920 habitants situé à 30 km au nord de Rennes. L'élu a pris sa calculette pour estimer son coût, et il est arrivé à 20 000 euros, soit 3,3 % du budget communal. "C'est énorme", souffle-t-il. Son évaluation prend en compte deux dépenses. Primo, l'ouverture de la cantine le mercredi – après la nouvelle matinée de classe – afin que certains enfants puissent aller ensuite au centre de loisirs. Secundo, l'embauche d'intervenants pour les activités périscolaires de la semaine, de 15 h 45 à 16 h 30, en lieu et place des 45 minutes quotidiennes de classe supprimées par la loi. Cela, bien sûr, à condition de trouver des encadrants disponibles – et, qui mieux est, titulaires du BAFA, le brevet d'aptitude à l'animation. "Tout le problème est bien là, soupire M. Fouglé. Ici, on est loin de Rennes et de ses 60 000 étudiants. Les grandes villes n'auront aucun mal à recruter. Mais nous ? Il faudrait qu'un étudiant prenne le train, qu'on aille le chercher, puis le ramener après son intervention de trois quarts d'heure... Tout ça pour gagner 20 euros ? Il préférera aller bosser chez McDo !"
La faiblesse du tissu associatif local ne permettra pas plus à M. Fouglé de solliciter des bénévoles : "On ne va quand même pas demander au club des anciens de faire des paniers en osier avec les enfants. Ce qu'il nous faut, c'est du théâtre, de la musique, du sport... Nous n'avons rien de tout cela." C'est à l'unanimité que le conseil municipal de Feins a décidé de ne pas mettre en place la semaine de quatre jours et demi à la rentrée 2013, mais un an plus tard, comme le permet la loi. ...
Globalement, en moyenne des pays de l’OCDE, 41% des décisions sont prises par les établissements, contre 31% en France. 6% le sont en moyenne par le niveau régional ou départemental contre 37% en France, ce qui souligne le caractère effectivement décentralisé de notre république en matière éducative ; 36% le sont en moyenne par l’Etat, pour 32% seulement, a-t-on envie d’écrire, en France. On peut dire qu’arithmétiquement, l’Etat ne compte que pour un tiers dans les décisions organisant le système éducatif. Voilà qui va à l’encontre de certaines de nos idées reçues. Les données par secteur d’activité sont également intéressantes. La pédagogie se décide à 80% dans l’établissement (les moyennes OCDE et France sont identiques). La gestion des personnels relève à 62% de l’Etat en France contre 40% dans l’OCDE : notre fonction publique d’Etat fait encore bien la différence. La planification de l’éducation est réalisée à 42% par l’Etat en France, contre 60% dans l’OCDE : y aurait-il donc plus jacobins que nous au sein de l’OCDE ? Quant aux ressources utiles à l’éducation, elles sont fournies à 80% par les régions ou les départements en France, contre seulement 10% en moyenne dans l’OCDE. On prendra soin de ne pas perdre de vue que ces ressources n’incluent pas les dépenses de traitement des personnels qui, pour l’essentiel, incombent en France à l’Etat. L’évolution observée par l’OCDE dans le temps ne manque pas d’intérêt non plus : en France, entre 2007 et 2011 on constate une baisse de 10% du nombre de décisions prises par les établissements. L’évolution n’est donc pas linéaire, et, pour ce qui concerne notre pays, paraît démentir les discours politiques, tenus lors du dernier quinquennat, sur l’autonomie nécessairement grandissante dévolue aux établissements.... Dans un ouvrage publié en 2010, Jean-Michel Chapoulié a mis en lumière, en examinant deux siècles de politique scolaire en France, la prise réduite de l’institution centrale, de l’Etat, sur les évolutions réalisées au sein de l’organisation scolaire. Si, pour Jean-Michel Chapoulié, l’Etat est loin d’être maître des évolutions de l’institution scolaire, cela s’explique d’abord par l’ignorance frappante du détail des organisations scolaires par ceux qui, pour les réformer, sont obnubilés par un aspect du système scolaire à transformer et sous-estiment les réactions en chaîne provoquées par une seule modification sur le système entier et sur ses acteurs. Cela s’explique ensuite par le mode de recrutement des enseignants. Celui-ci les incite, par exemple, quelles que soient les orientations pédagogiques officielles, à valoriser les savoirs abstraits et généraux diffusés dans les filières d’excellence. Cela s’explique également par les résistances de la partie de la population menacée dans son hégémonie sociale par une démocratisation de l’école : ces résistances contrecarrent également les projets politiques de réduction des inégalités face à la formation scolaire. Au final, les comportements de la population à l’égard de l’école comptent au moins autant que les dispositions législatives sur la scolarisation....
Quel rythme scolaire pour nos enfants? La question divise et ressurgit aujourd'hui avec la grève dans les écoles parisiennes. C'est une grève très suivie avec plus de la moitié des établissements fermés et plus de 80% des enseignants en grève. Le motif de la grogne: le projet mené par le ministre de l'Education Vincent Peillon de revenir à quatre jours et demi de classe par semaine dont le mercredi matin. Mais ce projet qui doit entrer en vigueur dès la rentrée prochaine divise. Pour nous présenter ces deux points de vues nous recevons dans le studio de France Info Sebastien Sihr, secrétaire général du SNUipp FSU principal syndicat du primaire, et qui nous expose les raisons de l'oppositions des enseignants à cette réforme. Il est confronté à Paul Raoult, vice-président national de la FCPE, favorables aux mesures proposées par le ministre.
La mairie de Paris espère que les associations de parents d'élèves soutiendront son projet de nouveaux rythmes scolaires contre lequel des syndicats d'enseignants ont appelé à la grève. Les écoles parisiennes sont en grève mardi contre le retour à la semaine de quatre jours et demi à la rentrée 2013 annoncé par Bertrand Delanoë, un premier test social pour le ministre de l'éducation, Vincent Peillon. Le mouvement devrait être "historique" avec 95 % de professeurs des écoles grévistes, selon Jérôme Lambert, du principal syndicat du primaire SNUIPP-FSU Paris, qui appelle à la grève avec une intersyndicale Snudi-FO, SE-UNSA, SUD-Education, CNT-STE et CGT Educ'action. La mairie évoque aussi un mouvement "massif", avec 84 % d'enseignants grèvistes. Plus de la moitié des écoles seront entièrement en grève. La ville mettra en œuvre le service minimum d'accueil (SMA) uniquement dans 66 des 624 écoles qui auront plus d'un quart de grévistes, en raison du "nombre restreint d'agents disponibles" qualifiés, selon la mairie. Les maires UMP parisiens avaient réclamé la mise en place du SMA. Une manifestation aura lieu à partir de 14 heures, du métro Temple vers l'Hôtel de ville. "Les enseignants, qui ont porté l'actuel gouvernement par leur mobilisation ou leur vote, sont déçus", indique M. Lambert, regrettant "un ravalement de façade". "Il faut reprendre le débat", réclame-t-il. Ce mouvement "était prévisible, les enseignants et les parents sont assez insatisfaits de la manière dont se fait la réforme", indique Valérie Marty, présidente de la fédération de parents d'élèves PEEP.....
Révolutionner l’enseignement en Russie… et ailleurs Plateforme informatique intégrale pour institutions d'enseignement, Dnevnik.ru vient d'être sélectionnée par Yakov Sadchikov comme une des 10 startups russes les plus prometteuses. Elle prête ses services à 40% des écoles secondaires de son pays d'origine et s'attaque à l'étranger, note-t-il dans un article du Moscow Times, avec dans sa ligne de mire Israël, la Chine et les États-Unis (sous le logo de Classedin.com dans ce dernier pays). "Nous avons commencé en 2007 comme un réseau social pour écoles," m'a expliqué Lilian Pertenava, responsable du marketing. "Mais il se trouve qu'en Russie les écoles ont bien d'autres besoins : systèmes de gestion, circulation de la documentation, relations avec les parents, entre autres. Nous avons donc décidé d'intégrer tout ça dans notre seconde version, en 2009. C'est là que réside notre innovation." "Plateforme d'éducation pour étudiants, parents, professeurs et administrateurs d'écoles," Dnevnik a été adoptée par 26.000 établissements et compte 5,7 millions d'utilisateurs. Après le primaire et le secondaire – l'étape actuelle - elle aspire à couvrir toute la gamme jusqu'aux universités, à la formation en entreprise et à l'apprentissage individuel. La société, qui vient de recevoir 5 millions de dollars de Runa Capital un des fonds russes les plus agressifs, a clairement pour objectif de gagner beaucoup d'argent. Dans une présentation faite lors de TechCrunch Moscou le 10 décembre dernier, Gabriel Levi, président et fondateur, s'est publiquement donné pour objectif 20 millions de dollars de revenus en 2014....
Le président de la fédération de parents d'élèves appelle à «sanctionner», lors des municipales de 2014, les élus boudant la réforme des rythmes scolaires. Des déclarations qui ne sont pas du goût de tous les militants. La réforme des rythmes scolaires n'en finit pas de créer des remous. Jusqu'au sein même de la FCPE, une fédération de parents d'élèves plutôt étiquetée à gauche. Alors que, le 20 novembre dernier, le président Hollande accordait aux maires un délai supplémentaire pour mettre en œuvre cette réforme (une demi-journée d'école supplémentaire et un temps périscolaire allongé pris en charge par les communes), en leur offrant la possibilité de basculer à la rentrée 2013 ou 2014, le président de la FCPE, Jean-Jacques Hazan, a choisi d'utiliser les élections municipales de mars 2014 comme un moyen de pression. En clair, les adhérents de la FCPE seront appelés à sanctionner dans les urnes les maires «boudant la réforme». C'est ce qu'a annoncé Jean-Jacques Hazan le 21 décembre, établissant cependant une différence entre ces maires qui «ne peuvent pas» - communes, principalement rurales, n'ayant pas les moyens humains et financiers nécessaires - et «ceux qui ne veulent pas». Dans cette seconde catégorie, il a cité le maire UMP de Nice, Christian Estrosi. En réponse à ces attaques, ce dernier a expliqué qu'il défendrait «avec toute son énergie la position des Niçoises et des Niçois auprès des instances nationales». Il se trouve que la consultation, lancée en octobre par le maire de Nice, révèle que la population, à 80,6 %, ne souhaite pas de modification de la journée scolaire....
"Le Monde" s'est procuré ce texte aujourd'hui encore en consultation au Conseil d'Etat. Depuis son arrivée rue de Grenelle, comme ministre de l'éducation nationale, tous les travaux engagés par Vincent Peillon convergeait vers l'écriture d'une loi d'orientation et de programmation sur l'école. Un dispositif qui doit remplacer celui mis en place par François Fillon, en 2005. Le texte devait symboliquement être la première grande loi de la mandature. Elle ne sera finalement présentée que fin janvier en conseil des ministres. Le Monde s'est procuré ce texte aujourd'hui encore en consultation au Conseil d'Etat. La loi s'articule autour de cinq grands axes : "assurer une vraie formation initiale et continue pour les métiers du professorat et de l'éducation avec la mise en place des écoles supérieures du professorat et de l'éducation", "faire entrer l'école dans l'ère du numérique afin de prendre véritablement en compte ses enjeux et atouts pour l'école", "mettre le contenu des enseignements et la progressivité des apprentissages au cœur de la refondation", "rénover le système d'orientation et l'insertion professionnelle" et "redynamiser le dialogue avec les partenaires de l'école, ainsi que ses instances d'évaluation ".
Le retour à quatre jours et demi de classe s'étalera jusqu'en 2014.François Hollande a promis hier un fonds d'aide de 250 millions d'euros. Ce sera finalement 2013 pour les unes et 2014 pour les autres. Dans un discours prononcé devant le congrès de l'Association des maires de France (AMF), François Hollande a entériné hier le report partiel de la réforme des rythmes scolaires à 2014, comme nous l'annoncions la semaine dernière, malgré le « démenti formel » de l'Elysée qui avait suivi. Elle « s'étalera sur deux ans », a annoncé le chef de l'Etat : 2013 pour les communes qui le peuvent, et donc sur la base du volontariat. « Les autres prendront le temps nécessaire pour que nous puissions réussir cette réforme », a ajouté François Hollande. En contrepartie, les communes qui reviendront dès 2013 à la semaine de quatre jours et demi de classe dans le primaire et qui en auront le plus besoin, à savoir « les communes rurales et les communes les plus en difficulté », pourront bénéficier d'aide de la part d'un fonds d'un montant total de 250 millions d'euros, a promis hier le chef de l'Etat, en réponse aux demandes insistantes des collectivités locales. Celles-ci, qui organisent les activités périscolaires et les transports scolaires, n'ont cessé de dire ces dernières semaines qu'elles étaient favorables sur le principe au retour à la semaine de quatre jours et demi. Mais elles réclamaient du temps pour organiser et financer la réforme. « Il faudra du temps, lançait encore hier le président (UMP) de l'AMF, Jacques Pélissard, avant le discours de François Hollande. La rentrée 2014 serait à mon sens beaucoup plus réaliste. » Hier matin, l'un des représentants des maires au Conseil supérieur de l'éducation (CSE), Pierre-Yves Jardel, confiait encore : « Beaucoup de collectivités, dont la mienne, sont dans l'incapacité totale de mettre en oeuvre cette réforme (en 2013) car il n'existe pas d'éducateurs susceptibles de s'occuper des élèves. Financièrement, cela voudrait dire une augmentation de 5 % du budget de ma commune et une hausse de la fiscalité de 9,5 %. Ce n'est pas raisonnable. »...
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Un quart des écoles appliqueront la réforme dès la rentrée 2013, mais pas toutes de la même manière! Horaires, activités, organisation... Lorène Prigent, consultante en développement des systèmes éducatifs, analyse pour L'Express les 5 formules sur la table. Depuis le 31 mars, on sait de manière officielle qu'un quart des élèves français passeront aux nouveaux rythmes scolaires à la rentrée de septembre. Ces quelques pionniers doivent ouvrir la voie à toutes les écoles de France qui suivront leur exemple un an plus tard. Les mairies qui ont choisi de ne pas attendre dévoilent progressivement leurs "modèles" de réorganisation du temps scolaire. Le décret, il est vrai, impose un cadre relativement contraint en termes d'aménagement des horaires, tout en permettant un certain nombre de variantes. Il est encore tôt pour se prononcer sur le "bon modèle, celui qui améliorera réellement le bien-être des enfants ou l'efficacité des apprentissages. Mais il peut être utile, d'ores et déjà, de les répertorier. Et de constater que les communes ont inventé plusieurs manières possibles de "récupérer" les trois heures de classe du mercredi matin (ou du samedi matin, selon les choix), quittes à s'éloigner franchement des propositions présentées dans le guide pratique fourni par le Ministère de l'Education Nationale. Voici une tentative d'inventaire, qui se garde bien de porter un jugement. Modèle 1: un ajustement étalé des horaires d'entrée et de sortie.... Modèle 2: raccourcissement de la journée de classe de 45 minutes tous les soirs durant lesquelles sont proposées des activités périscolaires facultatives... Modèle 3: allongement de la pause méridienne de 45 minutes par jour... Modèle 4: regroupement des activités périscolaires sur deux jours, deux fois une heure trente environ... Modèle 5: 5 matinées de 4 heures de classe avec 2 après midi de 2 heures, les deux autres deux après-midi de la semaine étant totalement libérés pour mettre en place des "parcours". Un modèle jugé "hors des clous" pour l'instant....
Création de postes, une école pour devenir prof, tour de vis sur la carte scolaire... Le ministère vient de publier la circulaire de rentrée 2013. La prochaine année scolaire sera «une année de transition», a averti le ministre de l’Education Vinent Peillon qui publie ce jeudi la circulaire de rentrée 2013 (voir le document en bas de l'article). Voici, dans les grandes lignes, ce qui va changer : Sous l’ère Sarkozy, 80 000 postes avaient été supprimés. Changement de cap. Pour la première fois en six ans, de nouveaux postes sont créés : 3 000 dans le primaire (maternelle et élémentaire) et 3 770 dans le secondaire. Auxquels s’ajoutent 350 nouveaux emplois d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) et 50 assistants sociaux. Dans sa circulaire, le ministre promet : «Tous les départs définitifs d’enseignants seront remplacés et 60 000 postes seront créés sur la durée du quinquennat.»
C’est le retour de la formation des profs, livrés à eux-mêmes depuis la fameuse réforme de masterisation tant décriée par le corps enseignants. A la rentrée vont s’ouvrir des «écoles supérieures du professorat et de l’éducation» (Espe) placées sous la responsabilité de l’ensemble des universités d’une académie. Ce qui devrait permettre aux nouveaux profs de ne plus être parachutés en classe sans expérience mais d’apprendre au préalable à transmettre des connaissances et gérer une classe. Vincent Peillon l’avait annoncé, il veut revenir sur l’assouplissement de la carte scolaire voulu par Nicolas Sarkozy. Depuis 2008 en effet, les parents peuvent plus facilement obtenir des dérogations à la règle de l’affectation dans le collège-lycée de leur zone géographique. Peillon veut plus de «mixité sociale» dans les établissements mais les modalités de la réforme n’ont pas encore été décidées...
1,5 million d'élèves, dont un quart dans les communes pauvres, passeront à la semaine de 4,5 jours d'école à la rentrée 2013. Passera en 2013 ou reportera en 2014 ? La question taraude les maires des 24 000 communes ayant au moins une école primaire depuis que le chef de l'Etat a annoncé, le 20 novembre, la possibilité d'étaler la réforme des rythmes scolaires sur deux ans. A quarante-huit heures de la fin du délai accordé aux villes pour se décider, les jeux sont faits. Ou presque : manquaient encore au ministère de l'éducation nationale, à la veille de la date butoir du 31 mars, les "vœux" d'un cinquième des communes concernées.
Rien d'étonnant à ce que certaines aient attendu le dernier moment pour se "dévoiler", vu les inquiétudes suscitées par le retour à la semaine d'école de quatre jours et demi. Entre 35 % et 55 % des enseignants du primaire étaient en grève, le 12 février, à l'appel d'une intersyndicale, pour dénoncer une "réforme précipitée". Jeudi 28 mars, ils n'étaient que 2 % à avoir répondu à l'appel lancé par quatre fédérations minoritaires. Mais les communes n'ignorent pas dans quel bras de fer elles sont engagées.
Fresnes (Val-de-Marne) aura attendu jusqu'à jeudi soir, 21 h 30, pour arrêter son choix. Le maire Jean-Jacques Bridey (PS) défendait un scénario complexe : regrouper les activités périscolaires sur des tranches horaires d'une heure et demie par jour – comme a choisi de le faire Paris les mardis et vendredis –, mais accessibles aux élèves tous les jours, bien qu'ils n'y participent qu'un jour sur deux.Un scénario jugé "irréalisable" et même "hors la loi" par les enseignants fresnois. Leur mobilisation n'aura pas été vaine : le projet a été rejeté en conseil municipal, le 28 mars...
Le projet de loi sur la refondation de l’école est débattu depuis hier à l’Assemblée. Un texte qui mêle rupture et renoncement, estime la députée Marie-George Buffet, qui défendra des amendements au nom du Front de gauche. "En l’état actuel, il y a trop de carences", estime l’une des porte-parole du groupe gauche démocrate et républicaine sur ce texte. Les députés ont entamé, hier, l’examen du projet de loi «pour la refondation de l’école de la République. Un texte qui entérine la création de 60 000 postes sur cinq ans et donne la priorité à l’enseignement primaire. Mais qui reporte également des dossiers cruciaux et poursuit certaines logiques délétères. Ce projet de loi est-il une réelle «refondation» de l’école ou juste la continuité des politiques précédentes ? Marie-George Buffet. On ne peut pas parler de continuité. Il y a une volonté affichée de refonder l’école alors que l’on avait, avec la droite, une dévalorisation permanente de l’institution. Il y a donc une belle ambition. Mais, malheureusement, entre le titre du texte et sa réalité, il y a un fossé… L’engagement sur les 60 000 postes est une rupture réelle. Mais certains sujets fondamentaux, comme le collège, l’éducation prioritaire et le lycée, sont repoussés à plus tard. On constate aussi des reculs inquiétants. La priorité donnée au primaire est-elle une réalité ? Marie-George Buffet. C’est indéniable. À commencer par le rôle reconnu de la maternelle. Mais l’ambition reste encore trop limitée. Sur l’accueil des enfants de moins de trois ans, nous défendrons un amendement pour le rendre obligatoire dans toutes les écoles – à partir du moment où les parents le souhaitent – et non pas le réserver aux seules zones prioritaires. De même, nous souhaitons que l’école soit obligatoire dès trois ans, ce que ne fait pas la loi. Concernant les réseaux d’aide aux enfants en difficulté (Rased – NDLR), plusieurs amendements adoptés en commission « confortent » leur existence mais le flou demeure sur leur mission...
Le ministre de l'éducation nationale a préconisé dimanche des vacances d'été d'une durée de six semaines réparties en deux zones, précisant que la question ne serait pas abordée avant 2015. Le ministre a réaffirmé que son objectif était d'étaler "progressivement" l'année scolaire sur 37 à 38 semaines, contre 36 semaines, voire 35 avec les ponts à l'heure actuelle, alors qu'il y a 40 semaines de cours en Allemagne. Il a réaffirmé que durant l'année il préconisait une alternance de sept semaines de cours et de deux semaines de vacances. Dans le cadre de son ambitieuse réforme des rythmes scolaires, le gouvernement veut revoir les rythmes de la journée, de la semaine et de l'année, considérant que l'année scolaire est à la fois trop courte et trop concentrée, au détriment des apprentissages. Le ministre a souligné qu'il fallait "d'abord monter la première marche" de la réforme des rythmes scolaires hebdomadaires à l'école primaire, puis au collège et au lycée. "Nous commençons par l'école, il faudra continuer avec les collèges et lycée et puis il faudra faire l'année scolaire", a-t-il dit.
Cette proposition est contenue dans un livre sur la refondation de l'école publié par le ministre. Elle correspond aux souhaits des professionnels du tourisme, qui ont demandé au début du mois de raccourcir les vacances estivales à six semaines avec l'instauration d'un zonage pour mener la réforme des rythmes scolaires "à son terme et dans sa globalité". Depuis 1964, la France est découpée en trois zones permettant d'étaler les vacances d'hiver et de Pâques sur quatre semaines pour favoriser les activités touristiques, notamment les sports d'hiver, et répondre aux impératifs de sécurité routière...
Rythmes scolaires : les animateurs ne veulent pas être les laissés-pour-compte de la réforme à Paris. Ils sont, autant que les enseignants rappellent-ils, concernés par la réforme des rythmes scolaires dont on ne sait plus si elle doit, à Paris, être mise en place en septembre 2013 ou en septembre 2014. Ils ont, eux aussi, la responsabilité des écoliers, mais sur des « temps périscolaires » dont l’amplitude horaire doit augmenter de trois-quarts d’heure par jour, une fois que la semaine de 4,5 jours d’école sera rétablie. Et ils sont aujourd’hui inquiets à plus d’un titre : inquiets du peu de considération qu’enseignants et parents leur témoignent - ou qu’ils ressentent comme tel. Inquiets de voir leur parole confisquée dans un débat qui oppose essentiellement la Ville de Paris - leur employeur - aux professeurs des écoles. Inquiets, enfin, que la réforme voulue par le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, et qui pourrait être une occasion de « déprécariser » et réhabiliter leur profession, se décide sans eux, ou presque. Pour toutes ces raisons, les animateurs des centres de loisirs parisiens sont appelés à faire grève, ce mercredi 20 février, par l’UNSA-Animation. Objectif : « Que les animateurs ne soient pas les laissés-pour compte de l’aménagement des rythmes scolaires », explique Jean-Pierre Lubek, secrétaire de l’UNSA-Animation. Votre organisation syndicale n’a pas participé aux journées de mobilisation des enseignants parisiens contre la réforme des rythmes scolaires. Pourquoi faire grève aujourd’hui, un peu « de votre côté » ?
Que ce soit clair, nous ne nous opposons pas à la mise en œuvre de cette réforme à Paris. La question de la date - 2013 ou 2014 - dépend de l’académie et du maire. Ce que nous voulons c’est qu’un « schéma directeur » de l’organisation de la journée et de la semaine scolaires soit défini le plus rapidement possible. En tant qu’intervenants au sein de l’école, les animateurs ont leur contribution à apporter dans le débat sur les rythmes. Pourtant, l’animation a été largement marginalisée - voire exclue - de toutes les concertations sur le sujet ces dernières années, et nous avons dû jouer des coudes pour livrer une expression minimale de nos points de vue...
De nouveaux mobilisés aujourd'hui dans la rue, ils tentent de se défendre de l'accusation de «corporatisme» alors que le mouvement est mal perçu dans l'opinion. «On nous accuse de corporatisme. On dit qu’on ne veut pas revenir travailler le mercredi. Mais les medias ne présentent pas la réforme telle qu’elle est. A Paris, les élèves auront trois quarts d’heure de cours en moins et pour qu’ils sortent à 16 h 30, on parle de rallonger d’autant la pause déjeuner pour organiser des activités. Mais avec qui ? Les animateurs du midi sont des précaires sans formation. Si c’est pour récupérer les enfants excités comme après la cantine, je ne vois pas l’intérêt. Dans notre école, les locaux sont tout petits. Si ça se passe dans nos classes, on va où, nous ?» Françoise et Mathilde sont profs en maternelle à Paris. Elles ont fait grève déjà mardi, et elles défilent ce mercredi aux côtés de quelques milliers d’enseignants. Les enseignants mobilisés contre la réforme des rythmes scolaires se sentent aujourd’hui incompris. Dans la manifestation parisienne, notamment appelée par le SNUipp (principal syndicat du primaire) et par FO, ils se défendent d’un quelconque égoïsme, estimant qu’il s’agit d’un malentendu. S’ils se battent contre la dégradation de leurs conditions de travail, expliquent-ils, ils défendent aussi l’intérêt des élèves. Il est clair que l’hostilité des enseignants au retour à la semaine de quatre jours et demi passe mal dans l’opinion. Les rapports se sont succédé ces dernières années pour dénoncer la semaine de quatre jours généralisés en 2008, à l’occasion de la suppression du samedi matin, par le ministre de l’Education Xavier Darcos. Pour les experts, cette semaine — unique en Europe — ne respecte pas le rythme de l’enfant: elle est déséquilibrée avec de nombreuses coupures et des journées trop denses – six heures de cours quotidiennes dès le CP... La plupart des syndicats partageaient cette analyse… jusqu’au jour où il a fallu négocier le retour aux quatre jours et demi, incluant cette fois le mercredi matin, avec le ministre Vincent Peillon. SNUipp en tête, les syndicats ont alors réclamé des compensations pour les coûts que cela allait engendrer pour eux – frais de transport et de garde d’enfants le mercredi. Ils ont aussi avancé que la réforme était trop précipitée, que les villes n'étaient pas prêtes pour organiser des activités intéressantes, qu’il y avait des problèmes plus urgents à traiter à l'école, qu’ils n’avaient pas été consultés... «Bien sûr, les enseignants ne sont pas chauds à l’idée de revenir en classe le mercredi, reconnaît Marie, directrice de maternelle dans les Yvelines, personne n’aime que l’on revienne sur un acquis. Mais ils l’auraient mieux accepté s’ils avaient vu des perspectives s’ouvrir, avec une réforme des programmes par exemple. Au lieu de cela, les enseignants, déjà maltraités par le pouvoir précédent, ont vu une nouvelle réforme brutale s’abattre sur eux.»
Marie, militante au SNUipp, soutient pourtant le principe de la réforme – «les quatre jours ne sont pas bons, tous les chronobiologistes l’affirment». Mais elle aurait préféré le samedi matin: «C'était l’occasion de voir les parents.» Surtout, elle s’inquiète de la mise en place de la réforme qui risque d’aggraver les inégalités territoriales : «A Versailles ou au Chesnay, les enfants vont avoir du théâtre ou de l’escrime s’ils sont libérés plus tôt après les cours. Mais dans les communes rurales pauvres, cela risque d'être de la garderie. Quand on explique cela aux parents, ils déchantent.»....
Le 1er mars prochain, les communes devront signifier si elles adoptent le nouveau rythme scolaire dès la rentrée 2013 ou la suivante. A Montpellier, les élus hésitent. Jean-Louis Gély est à la manœuvre depuis novembre. Avec les services de l’inspection d’académie, les syndicats communaux, les associations de parents d’élèves et celles intervenant pendant le temps périscolaire, l’adjoint en charge de la réussite scolaire à Montpellier tente de résoudre l’équation de passage de la semaine d’école de quatre jours à quatre jours et demi. "Tout le monde semble en phase avec la modification du rythme scolaire, insiste-t-il. La question ne se pose pas sur l’objectif - une meilleure assimilation des apprentissages fondamentaux - mais sur la manière de mettre en œuvre le nouveau temps périscolaire. Nous avons besoin de tout le temps nécessaire pour inventer un dispositif qui offrira la plus grande qualité."...
Le décret sur les rythmes scolaires a reçu un avis négatif en conseil supérieur de l'éducation, une instance consultative qui réunit les représentants des syndicats enseignants, les fédérations de parents et les collectivités. Le Conseil supérieur de l'Education (CSE), instance consultative, a massivement rejeté mardi le projet de décret sur les rythmes scolaires, qui doit rétablir la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013. Le gouvernement n'est pas tenu par l'avis de cette instance, qui réunit notamment syndicats d'enseignants, fédérations de parents d'élèves et collectivités locales. Le décret entrera en vigueur lorsqu'il sera publié au Journal officiel. Le texte, qui prévoit le retour à la semaine de 4,5 jours avec le mercredi matin dès la rentrée 2013 (dérogations possibles pour le samedi et pour un report à 2014) a recueilli 5 voix pour, 30 abstentions, 23 votes contre et 14 refus de votes, a précisé le ministère à l'AFP, sans détailler les votes. ...
Les élèves des écoles gouvernementales égyptiennes attendent toujours leur révolution. L'avenir du pays est en jeu. Des semaines et des semaines de débats, de violents accrochages et une Constitution adoptée, sans que le mot éducation n’apparaisse une seule fois. Si ce n’est pour rappeler une fois de trop l’ignorance et la crédulité des Egyptiens. Or, la déliquescence des services publics comme celui de l’éducation est un défi pour l’Egypte post-Moubarak. L’ignorance pointée du doigt par les libéraux ne naît pas de nulle part. C’est le système éducatif égyptien qui en est le concepteur. Mohammed El-Baradei, alors président de l’Agence internationale de l’énergie atomique, disait déjà, en 2010: «Nous pouvons transformer l'Egypte en un Etat moderne et en un Etat modéré, grâce à l'éducation.» Selon l'Unicef, 95,4% de la population âgée entre six et 18 ans est inscrite à l'école. Malgré cela, l'agence onusienne observe que «la qualité de l'enseignement reste un défi majeur qui entrave la capacité des enfants à développer leur plein potentiel».
Près de deux ans après la révolution égyptienne, l’éducation demeure le parent pauvre du pays, au même titre que tous les services publics délaissés par l’Etat depuis la libéralisation de l’économie égyptienne, dans les années 1970, puis à plus grande échelle, dans les années 1990. Iman Farag, spécialiste de l’éducation en Egypte espérait pourtant, quelques mois après la révolte populaire qui a mis fin au règne d’Hosni Moubarak, que le thème de l’éducation fasse enfin son apparition dans les débats politiques. Elle était alors persuadée que tout changement viendrait d’une refonte du système éducatif égyptien. Or, ce système ne semble pas être remis en question par le président islamiste Mohammed Morsi. Ce dernier ne cesse d’appeler à la nahda (renaissance) égyptienne dont les Frères musulmans seraient les grands instigateurs....
Cet organisme consultatif pointe l'échec des redoublements et invite le gouvernement à renforcer les moyens de l'école primaire et à être courageux en matière de réforme des rythmes scolaires. Un "niveau croissant d'échec scolaire" et des "performances en baisse" en France. Ce sont les mises en garde rédigées par le Haut Conseil de l'éducation dans son rapport annuel, transmis vendredi 7 décembre à François Hollande et dont l'AFP a eu copie. "Le nombre élevé de sortants sans diplôme [environ un jeune sur six chaque année] et la proportion d'élèves ayant des acquis insuffisants (15 %) ou fragiles (25 %) tant en fin d'école primaire qu'en fin de collège en témoignent", selon le document. Pour le HCE, "l'évolution est même préoccupante puisqu'elle fait apparaître une dégradation des résultats, notamment pour les élèves les plus faibles". Il convient également d'"accorder la priorité à l'école primaire, décisive pour la réussite ultérieure". Or, si "les dépenses par élève du secondaire sont 15 % plus élevées en France que la moyenne de l'OCDE", "celles du primaire sont inférieures de 17 %". "Même dans un contexte budgétaire contraint, il est pleinement justifié que l'école primaire bénéficie d'une priorité dans l'affectation des moyens", selon le rapport. Pour l'organisme, il convient également de faire en sorte que les élèves français se sentent mieux. "Les actes de violence et les incivilités se sont multipliés, le harcèlement s'est développé", "l'évaluation est vécue comme un jugement souvent dépréciatif", l'orientation "tend à procéder par des exclusions successives vers des voies ou filières de moins en moins considérées", énumère le HCE, qui insiste sur l'importance de la formation des professeurs...
En pleine réforme de l'école voulue par le ministre de l'Education Vincent Peillon, nous publions le témoignage qu'a adressé à l'Humanité.fr une institutrice de Bordeaux. Un texte qui campe bien les enjeux d'une vraie réfléxion sur ce que pourrait être l'école de demain. "Institutrice, c'est mon métier, j'en ai longtemps été fière, du mot aussi: oui, dans les petites classes, on institue! Puis, ce cadeau empoisonné de « professeur des écoles », alors, petit à petit, on s'est mis à professer, j'ai essayé d'échapper à ce mouvement, mais je ne suis pas sûre d'avoir entièrement réussi. Subrepticement, ce n'était plus l'enfant, mais l'élève qui était au centre des préoccupations de l'école, puis les acquisitions, soit! Et enfin les savoirs, les « compétences », transversales ou pas...petit à petit on a dû réduire l'enfant à une suite de cases à cocher, ça ne rentrait jamais; moi, en tout cas, je n'ai jamais pu faire rentrer les enfants dans des cases. Un enfant qui apprend, il n'y a rien de plus beau, on le voit se développer, s'épanouir petit à petit, c'est lent, chez certains c'est extrêmement lent, mais ça avance, toujours! Je n'ai jamais rencontré un enfant « bête », j'en ai rencontré qui avaient besoin de temps et d'attention, ce qui n'est pas toujours possible au milieu d'une trentaine d'autres surtout si certains vont particulièrement mal... Et dans certains quartiers, la proportion est énorme d'enfants qui vont mal, parce que la famille va mal; qui manquent l'école parce que l'électricité est coupée, il faut aller quelques temps chez la grand-mère; les parents séparés qui sont forcés de vivre ensemble quand même, vu le prix des loyers; les familles déracinées, traquées, dont les enfants rêvent encore d'être français un jour et que l'on cache parfois... Ensuite, au lieu de vouloir sans cesse réformer l'école primaire(l'histoire des rythmes est une vaste pantalonnade, qu'on m'explique en quoi, se lever aux aurores un matin de plus et se presser d'arriver à l'heure un jour de plus dans la semaine, va éviter la fatigue des enfants...il faut surtout que les parents travaillent moins et les récupèrent plus tôt pour pouvoir les coucher plus tôt, mais ça c'est une transformation de société...et ça n'est pas au programme!), il faudra aussi se pencher sur le collège qui a en gros les mêmes besoins que l'école primaire mais à qui on réduit encore plus les moyens....
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