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Un maire PS relègue les élèves roms dans un gymnase

Un maire PS relègue les élèves roms dans un gymnase | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Le maire socialiste de Ris-Orangis, dans l'Essonne, refuse d'inscrire des enfants roms dans les écoles de la ville. Il leur propose un gymnase. Le Défenseur des droits s'est saisi du dossier.

 

Ce jeudi matin, la «classe» est sortie de «l'école» un peu avant 11h30. Treize enfants roms scolarisés depuis lundi dans une annexe de gymnase municipal de Ris-Orangis (Essonne) en bordure de la nationale 7, à quelques centaines de mètres du bidonville où ils vivent depuis l'été dernier. Le maire PS de la ville, Stéphane Raffalli, leur a refusé l'inscription dans les écoles de la ville au début de l'année scolaire, comme il en a pourtant l'obligation. Après l'occupation de la mairie par des associations de soutiens aux Roms et des familles début janvier, il a fini par proposer la solution du gymnase, avec l'aval de l'inspection d'académie.

Une solution jugée «honteuse et scandaleuse» par les associations de soutiens aux familles roms, syndicats enseignants et élus Front de gauche qui manifestaient hier devant la préfecture de l’Essonne, dénonçant la mise en place d’une «classe ghetto» et réclamant au préfet d’imposer la scolarisation dans de vraies écoles de ces enfants.

Parallèlement, le défenseur des droits, Dominique Baudis, s’est saisi de l’affaire. Selon son cabinet,«la question du caractère discriminatoire de cette classe se pose car il y a un accès différencié et non justifié aux services de l’enseignement public à raison de l’origine des enfants». Le défenseur des droits demande depuis plusieurs semaines au maire de s’expliquer sur le refus de scolarisation des enfants alors même que leurs dossiers sont complets. Ses services ont pu constater que les circulaires publiées début septembre sur l'obligation de scolarisation des enfants roms et itinérants n'étaient ici pas appliqué. Ris-Orangis n'est pas la seule municipalité, ni d'ailleurs la seule municipalité PS, à ne pas respecter les engagements du gouvernement. Mais elle est la seule à avoir mis en place un tel dispositif de séparation des enfants roms....

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ROUMANIE • Roms: l'école pour s'en sortir

ROUMANIE • Roms: l'école pour s'en sortir | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Grâce à l'un des leurs qui a suivi une scolarité complète et les stimule, les enfants roms d'une localité de l'ouest du pays fréquentent assidûment l'étude après la classe.

Malgré les difficultés, les familles ont compris que l'éducation est un passeport pour l'avenir.

 

Viorel Vereşan est un exemple pour les enfants roms inscrits au Centre de jour [une étude après la classe] de Periam, une localité de l'ouest de la Roumanie. Cet homme de 32 ans a réussi à convaincre ces jeunes qu'ils devaient acquérir quelque éducation, sous peine de vivre au pays la faim au ventre, ou de devoir partir tenter leur chance à l'étranger, sans autre choix que de mendier.

Employé par le Centre, Viorel prête main-forte à ces écoliers pour tout : il fait des allers-retours à la mairie avec les familles pour s'occuper des aides sociales ou du chauffage, et il est gêné lorsqu'il doit dire que certains ne savent pas écrire et doivent apposer leur empreinte en lieu et place de signature. En plus de sa responsabilité de médiateur entre les Tsiganes et les autorités, l'homme s'occupe aussi de récupérer les enfants le matin pour les emmener à l'école et de les ramener le soir après les cours. Son histoire commence dans un orphelinat et, paradoxalement, cela lui a réussi: des gens se sont occupés de lui et l'ont poussé à finir le lycée. Il reconnaît lui-même que, s'il était resté dans sa famille, il aurait probablement quitté l'école à 12-13 ans. Comme la plupart des Roms de Roumanie.

Sa mère avait recontré son père alors que son mari était en prison. Elle avait déjà cinq enfants à la maison, mais est tombée follement amoureuse. Quand l'époux est sorti de prison, sa mère est rentrée dans le rang, mais sans Viorel, car l'ex-détenu n'a pas accepté d'élever l'enfant d'un autre. La famille de son père biologique ne pouvait pas l'héberger non plus, car ce père se trouvait à son tour en prison pour le vol d'un sac de maïs... Viorel a donc échoué à l'orphelinat, mais il est fier d'annoncer qu'il est le plus instruit parmi ses sept frères: " J'ai eu plus de chance comme ça, sans eux.....

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L’éducation rom, une logique singulière

L’éducation rom, une logique singulière | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

Les préjugés sur l'éducation donnée par les Rom à leurs enfants sont source de malentendus durables, avec des effets sur l'accueil qui leur est fait. Contrairement aux idées reçues, le plus souvent négatives, l'éducation rom valorise la satisfaction des besoins des enfants.

La mère rom et son bébé sont en contact constant ce qui explique qu’elle ne s’en sépare pas, même quand elle mendie. Quand l’enfant rom grandit et que ses parents s’absentent dans la journée, c’est le groupe qui prend le relais et le surveille. D’ailleurs, la seule condition posée à sa liberté de mouvements tient dans l’obligation pour lui d’être accompagné d’autres enfants en cas de déplacement dans l’environnement extérieur perçu non sans raisons, comme hostile. L’enfant rom ne connaît donc pas l’isolement avec pour conséquence une crainte, voire une « phobie », (B. Formoso]), de l’isolement, et une dépendance forte à son groupe. La séparation d’avec la famille et le groupe constitue un traumatisme. Philippe Alain dans son billet intitulé Un bébé en garde à vue, accusé d’avoir mendié,  indique que « Lors de l’été 2011, (…) des mamans roms qui mendiaient avaient été arrêtées et séparées de leurs enfants plusieurs semaines. A l’époque, c’est la « privation de soins » qui avait été évoquée par les policiers, mais le tribunal de Bobigny avait décider de relaxer les mamans injustement incriminées. »

 

On imagine dans quel état de détresse ont dû se trouver ces enfants séparés de leurs parents et de leurs proches durant plusieurs semaines, habitués qu’ils sont à être entourés constamment par leurs proches, leur mère en particulier. Quant à l’argument de « la privation de soins », imputée aux mères roms par la police dans le cas cité par Philippe Alain, il témoigne de l’ignorance des sociétés d’accueil à l’égard de l’éducation rom. Ce n’est pas le manque de soins qui place les enfants roms aux côtés de leurs mères dans l’exercice de la mendicité mais d’une part, leur situation économique et sociale précaire et leurs activités de subsistance pour y faire face, de l’autre le fait que les mères n’aiment pas se séparer de leurs enfants en bas âge.

Le maternage pour une mère rom consiste à prendre en compte pendant 3 à 4 ans les besoins du tout petit et à s’adapter à son rythme (nourrissage, sommeil), et non l’inverse (à adapter le bébé au rythme des parents et des adultes, ce qui est le cas dans le placement du bébé en crèche, puis du tout petit en maternelle). Le sevrage du bébé rom et son éducation à la propreté (dressage sphinctérien) sont progressifs et tardifs. La satisfaction (non différée) des besoins au principe de l’éducation rom crée les conditions d’une éducation très personnalisée versus l’éducation non rom qui privilégie des normes éducatives socialisant l’enfant sur la base de la privation et de sa « mise en conformité » avec le monde adulte, par exemple en restreignant ses mouvements et en lui imposant une régulation arbitraire du temps (horaires). Si ces contraintes nous paraissent tout à fait normales, elles ne le sont pas pour les Rom : « Les adultes et les enfants mangent et dorment selon leurs besoins, sans lieux prescrits, ni moments spécifiés», (B. Formoso).

 

Ce rythme de vie très libre de même que cette mobilité sont perçus par les Gadjè comme des traits d’asocialité et d’indiscipline alors que les Rom les considèrent comme gages de liberté et d’appartenance au groupe puisqu’ils sont des éléments fondamentaux de l’organisation familiale et sociale.

L’éducation rom repose l’interaction de la demande et du don, de la sollicitude et de la sollicitation: « dans un milieu où la sollicitation est un acte ordinaire, la sollicitude est une réaction valorisée et la satisfaction rapide des besoins, une issue normale » (B. Formoso). ....

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