L'enseignement da...
Follow
Find tag "MondeDiplomatique"
19.0K views | +0 today
L'enseignement dans tous ses états.
Actualités, perspectives, débats... autour du monde de l'éducation et de l'enseignement.
Curated by Vincent DUBOIS
Your new post is loading...
Your new post is loading...
Scooped by Vincent DUBOIS
Scoop.it!

Sciences Po après la farce - Les blogs du Diplo

Sciences Po après la farce - Les blogs du Diplo | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Au terme d'une année d'intrigues, Sciences Po a élu un nouveau directeur. Le premier vote avait été récusé par la ministre de tutelle ; si cette première élection ne fut pas une tragédie, la seconde fut bien une farce.

Frédéric Mion a en apparence toutes les qualités pour assurer la fonction de directeur de l’Institut d’études politiques de Paris (IEP, Sciences Po). Il a les titres de noblesse scolaire (la rue d’Ulm, Sciences Po, l’ENA) ; il n’a pas été associé à l’ancienne direction, dont certains membres vont devoir comparaître devant la cour de discipline budgétaire (risque qui avait justifié la récusation de l’élu précédent, Hervé Crès), et il a été désigné à une large majorité. La crise est-elle terminée ? En fait, rien n’a changé, puisque le mode d’élection est resté le même. Le score soviétique au conseil d’administration (CA) de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) n’a fait qu’enregistrer l’organisation clientéliste de la direction de Sciences Po. Les projecteurs étant braqués sur l’événement, il leur a cependant fallu manœuvrer.

Tel un lapin sorti du chapeau, un nouveau candidat a été porté au pouvoir par l’ancienne équipe dirigeante, qui l’a convaincu au dernier moment de quitter sa pantoufle dorée, le secrétariat général de Canal Plus. Il y faut du dévouement puisqu’il va devoir se satisfaire d’un moindre salaire après l’intervention de la Cour des comptes. On mesure l’improvisation quand on sait que la candidature a été présentée tardivement avec un projet écrit dont l’auteur a lui-même avoué qu’il était « faible ». La décision a été enlevée à l’oral — comme le disent tous les jurys qui habillent ainsi leur arbitraire : nul ne pourra vérifier. On a bien compris que l’ancienne équipe a intrigué pour trouver un candidat qui garantisse la continuité. Il n’est pas difficile de comprendre quel réseau a opéré quand on sait que le nouveau directeur vient du Conseil d’Etat, comme son prédécesseur Richard Descoings, et qu’il a aussi été membre du cabinet ministériel de Jack Lang. Cela indique d’autres points communs. Le fonctionnement en réseau au sommet de l’Etat a cet avantage d’être opaque. Et indicible pour ceux qui connaissent les connexions. C’est devenu aujourd’hui un grand handicap pour l’analyse de la politique : il faudra attendre, en historien. Richard Descoings avait cette particularité d’avoir usé et abusé du fonctionnement en réseau, faisant entériner ses initiatives par ses amis de la haute administration et de la politique. Sans doute cela a-t-il mal tourné. Sans empêcher que le credo de l’institution soit toujours ce fonctionnement discret conçu comme un gage d’efficacité. On y continuera donc à parler et seulement à parler de l’exigence de démocratie et de transparence. Cyniquement....

(...)
more...
No comment yet.
Scooped by Vincent DUBOIS
Scoop.it!

Au Lycée français de New York, la fin d'un privilège - Les blogs du Diplo

Smokings, robes de soirée, parures étincelantes et champagne qui coule à flots.

Réception très attendue, le gala annuel du Lycée français de New York (LFNY), qui réunit les généreux donateurs de l’établissement, s’est tenu dans le hall bleu électrique du luxueux hôtel Park Avenue Armory, le 17 mars dernier. Jean Paul Gaultier s’y est vu remettre le prix Charles de Ferry de Fontnouvelle – du nom du comte et diplomate français qui fonda le lycée en 1935 – pour sa « contribution au rayonnement de la communauté franco-américaine ». Le couturier succédait à la journaliste Anne Sinclair, à Mme Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ou encore à M. Michel Pébereau, président du conseil d’administration de BNP Paribas. Cette année, les commensaux de la table « Picasso » (douze personnes) avaient déboursé 25 000 dollars, contre 20 000 pour ceux de « Hemingway » (dix convives). A chaque fois, naturellement, la prestation offre la possibilité de projeter un logo d’entreprise sur un écran géant. Les bourses les plus étriquées se sont rabattues sur la table « Cocteau », qui, pour 10 000 dollars, ne donnait droit qu’au programme broché du gala.En 2011, la cérémonie avait permis de réunir près de 2 millions de dollars. La chanteuse Madonna, l’ex « chevalier d’industrie » M. Jean-Marie Messier, mais aussi Moët Hennessy — Louis Vuitton (LVMH), L’Oréal, Euro RSCG ou encore les banques Lazard et Société générale avaient versé jusqu’à 30 000 dollars. Cette année, 3,6 millions de dollars ont été récoltés au cours des réjouissances. Une question demeure néanmoins : pourquoi un lycée à but non lucratif, homologué par le ministère des affaires étrangères, et dont la mission consiste à assurer le « rayonnement de la France [1] » hors de ses frontières, doit-il avoir recours aux dons de millionnaires et de multinationales ? C’est, semble-t-il, le tribut à payer pour maintenir le niveau d’excellence de cet établissement privé bilingue dont le budget de fonctionnement annuel dépasse les 29 millions d’euros [2], et que la responsable des admissions, Mme Martine Lala, nous présente comme « très concurrentiel » et « de grand calibre »...

more...
No comment yet.
Scooped by Vincent DUBOIS
Scoop.it!

Radicalisation, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique)

Radicalisation, par Serge Halimi (Le Monde diplomatique) | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it

La révolte des étudiants québécois le démontre à son tour : les politiques « austéritaires » ne peuvent plus être imposées sans méthodes autoritaires. Lorsque le gouvernement libéral (centriste) de M. Jean Charest a décidé d’augmenter de 75 % en cinq ans les frais d’inscription à l’université, plus du tiers des étudiants de la province se sont mis en grève ; le 18 mai dernier, les droits d’association et de manifestation ont été suspendus lors d’une session spéciale de l’Assemblée nationale du Québec (lire « Ténacité des étudiants québécois »). Enchaînement fatal : rogner une conquête démocratique (ici, l’accès à l’enseignement supérieur) amène assez vite à amputer une liberté fondamentale....

more...
No comment yet.
Scooped by Vincent DUBOIS
Scoop.it!

L’Ecole normale supérieure tentée par la philosophie des affaires, par Mathias Roux (Le Monde diplomatique)

L’Ecole normale supérieure tentée par la philosophie des affaires, par Mathias Roux (Le Monde diplomatique) | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Créée après guerre, l'ENA devait former des grands commis de l'Etat ; bicentenaire, l'Ecole normale supérieure avait pour mission de produire un corps enseignant d'élite baigné de valeurs humanistes.

Devenues des instruments de reproduction de la classe dirigeante française, ces deux institutions prestigieuses tentent de s’imposer comme un sas vers le monde des affaires.

 

L’un, M. Matthieu Pigasse, nouvel actionnaire du Monde, a intégré l’Ecole nationale d’administration (ENA), préparé la privatisation d’Air France et de France Télécom au ministère des finances, puis rejoint la banque Lazard en 2002 parce que « l’administration ne sait pas gérer les ressources humaines (1) ». L’autre, Nicolas Demorand, a renoncé à l’enseignement auquel le destinait l’Ecole normale supérieure (ENS) parce que « le pouvoir intellectuel s’était déplacé vers les médias ». Son attachement « aux valeurs du service public » ne l’a cependant pas empêché de quitter en 2010 France Inter pour Europe 1 (propriété du groupe Lagardère) puis Libération (dont M. Edouard de Rothschild est l’actionnaire de référence). Lui aussi clame son « envie d’être socialement utile (2) ».

Tous les normaliens ne deviennent pas journalistes. Tous les énarques ne rachètent pas Le Monde avec la fortune accumulée dans les affaires. Mais, du service public à l’« utilité sociale », les trajectoires de Demorand et de M. Pigasse illustrent les aspirations nouvelles des candidats aux positions de pouvoir et le rôle des écoles initialement vouées à la production d’une élite de professeurs et d’administrateurs...

more...
No comment yet.
Scooped by Vincent DUBOIS
Scoop.it!

Etre étudiant au Vietnam, par Xavier Monthéard (Le Monde diplomatique)

Etre étudiant au Vietnam, par Xavier Monthéard (Le Monde diplomatique) | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Face a une crise qui n'a pas épargné le Vietnam, l'espoir d'ascension sociale passe plus que jamais par une meilleure instruction, voire par l'accès à l'enseignement supérieur.

 

« J’ai bien aimé manier le kalachnikov. Comme ça, je saurai toujours me défendre contre les méchants impérialistes ! », lance Hien (1) en éclatant de rire. La jeune femme fait référence aux enseignements militaires, théoriques et pratiques, de son premier mois à l’université. Le cas n’a rien d’exceptionnel : les instructeurs de l’armée populaire dispensent des cours semblables dans chaque établissement du pays. Pendant leur première année, les étudiants doivent également digérer un manuel en sept chapitres sur la « pensée Ho Chi Minh », du nom du fondateur de la République démocratique du Vietnam en 1945. Qu’ils se destinent à être physiciens, comptables ou professeurs d’arts plastiques, il leur faut assimiler la ligne politique officielle. Car, issus d’une société qui a connu trois décennies de guerre contre le colonisateur français puis contre l’envahisseur américain, les jeunes Vietnamiens restent potentiellement des miliciens patriotes. Hien, comme d’autres, prend parfois le parti de s’en amuser...

 

Parmi d’autres parcours heurtés, celui de notre adepte du kalachnikov est éclairant. Née en 1985 dans la province de Bac Ninh, Hien est dès l’âge de 6 ans expédiée à Hanoï par des parents cultivateurs qui pensent déjà à l’avenir de leur fille : il faudra tirer parti de la position du grand-père, imprimeur dans l’armée. Fonctionnaire et militaire, l’homme est alors doublement privilégié dans un pays qui sort à peine de la disette. Grâce à son appui, une grosse décennie plus tard, la jeune fille intégrera après son baccalauréat une école d’imprimerie publique peu coûteuse (1,5 million de dongs par an, soit moins de 60 euros, pour les frais de scolarité). Mais le diplôme, obtenu après trois ans d’études, ne la destine qu’à un travail d’ouvrière. A 21 ans, en se comparant à d’autres jeunes de son âge, elle estime son apprentissage dévalué. « Alors j’ai décidé qu’il fallait que je passe le concours d’entrée à l’Université nationale du Vietnam [UNV]. Je me suis préparée pendant un an pour la grande épreuve de juillet. »

Si 95 % des lycéens obtiennent leur baccalauréat, les épreuves sanctionnant l’accès à l’université sont bien plus sélectives. La jeune femme échoue. Elle se rabat alors sur un établissement mi-public, mi-privé : l’université Thang Long et son département d’anglais commercial. Les frais de scolarité (480 euros par an, sept fois le salaire minimum) n’ont plus rien de commun avec ceux de l’école d’imprimerie, ni même avec ceux (100 euros par an) de l’UNV, publique, qu’elle convoitait. « Je ne paie pas de loyer puisque je vis chez mes grands-parents, mais cela ne me met pas très à l’aise. J’ai donc recommencé à travailler. » Un emploi de jour dans le commerce des vins et spiritueux. Le soir est réservé aux études. En octobre 2011, Hien obtient finalement sa licence. Sans garantie, pour autant, que ce nouveau diplôme soit le sésame vers un poste satisfaisant...

more...
No comment yet.
Scooped by Vincent DUBOIS
Scoop.it!

Au Québec, même les alouettes sont en colère - Les blogs du Diplo

Au Québec, même les alouettes sont en colère - Les blogs du Diplo | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Un. Les mains dans les poches, l'homme fredonne en marchant L'Alouette en colère de Félix Leclerc.

 Une femme sort sur son perron avec sa casserole, une spatule et une cuillère dans une main, un bambin dans l’autre. Trois collégiens arborant des carrés rouges haranguent les gens qui s’avancent sur leur balcon.

Sept. Au coin de la rue, où tous se rejoignent, les clients du bar commencent à sortir avec les instruments fournis par le patron : ils improvisent avec les lampadaires, la boîte aux lettres des postes.

Neuf. D’autres, assis en terrasse, subissent.

Onze. Ils tapent sur leurs casseroles. Les regards vaguement inquiets.

Quinze. Certains savent. D’autres se demandent ce que l’on attend.

Vingt-cinq. Applaudissements !

Deux cents. Les voitures ne circulent plus sur l’avenue Mont-Royal : depuis huit jours, le cortège assourdissant des casseroles ramasse les gens au coin de chaque rue. Ce soir ils viennent des deux côtés de l’avenue. Ils sont maintenant plus de...

Cinq cents. 500 !

Nous sommes à Montréal, sur le Plateau Mont-Royal, le 26 mai 2012. Il est 19h56. C’est le cent-quatrième jour de grève étudiante, la trente-troisième manifestation nocturne.

Venu du Chili, le « tintamarre », comme on dit en Acadie, est devenu un phénomène.

Un phénomène institutionnalisé par les médias sociaux contre la loi spéciale 78 (PDF) adoptée par le Parlement québécois en urgence pour tenter de résoudre par la force une crise qui lui échappe.

Depuis, le « tintamarre » gagne le reste du Québec. Du jamais-vu....

more...
No comment yet.
Scooped by Vincent DUBOIS
Scoop.it!

Pourquoi veulent-ils casser l’école ?, par Christian Laval (Le Monde diplomatique)

Pourquoi veulent-ils casser l’école ?, par Christian Laval (Le Monde diplomatique) | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Quatre-vingt mille postes ont été supprimés en cinq ans dans l'enseignement primaire et secondaire : une véritable saignée qui suscite colère et inquiétude chez les enseignants, mais aussi chez les parents d'élèves et, désormais, chez les maires.

 

En septembre 2007, à peine élu président de la République, M. Nicolas Sarkozy avait exprimé dans une « Lettre aux éducateurs » son souhait d’une école avec « moins de professeurs ». Et, pour une fois, la promesse a été tenue, avec la suppression de seize mille postes d’enseignant en 2011 et 2012, ce qui devrait conduire à la destruction de quatre-vingt mille postes en cinq ans dans l’enseignement primaire et secondaire. Cette véritable saignée suscite colère et inquiétude chez les enseignants, mais aussi chez les parents d’élèves et, désormais, chez les maires, y compris ceux de l’Union pour un mouvement populaire (UMP). L’annonce de la fermeture de mille cinq cents classes du primaire à la rentrée 2011 a soulevé l’indignation : « Trop c’est trop, on ne peut plus continuer à supprimer des postes dans l’enseignement (1) ! », s’est ainsi exclamé M. Jean-Pierre Masclet, le président UMP de l’Association des maires du Nord.

Même l’enseignement privé, pourtant moins touché en proportion par ces coupes dans les effectifs, se met à donner de la voix.....

more...
No comment yet.