ÉDUCATION • Heureux comme un enfant soldat ? | L'enseignement dans tous ses états. | Scoop.it
Pour lutter contre l’insurrection qui sévit dans le sud du pays, la Thaïlande finance des milices armées dans les villages. Mais des enfants sont également enrôlés dans ces groupes. Et leur participation pose un problème de conscience, explique Global Post.

 

Les adolescents armés qui patrouillent le long de la frontière sud de la Thaïlande pour le compte de milices financées par l’Etat n’ont pas été enlevés et n’ont pas subi de lavage de cerveau. Ils ne sont pas bourrés de drogue et peu d’entre eux – voire aucun – ont déjà tué. Ils opèrent pourtant aux côtés d’adultes armés pour défendre le pays contre l’insurrection séparatiste la plus sanglante d’Asie. Si leur existence demeure largement ignorée, c’est en partie parce que leur situation est moins atroce que celle d’autres enfants soldats, comme ceux du Myanmar ou du Liberia...

 

Des enquêtes sur le terrain menées conjointement par ces deux organismes ont révélé que des garçons de 14 ans participaient à des patrouilles armées ou gardaient des postes de contrôle contre les insurgés. Sur les dix-neuf villages retenus pour l’enquête, treize abritaient des mineurs ayant des liens avec le Chor Ror Bor, un réseau de groupes de défense financés par l’Etat. Mais la plupart des jeunes qui travaillent pour des milices thaïlandaises se contentent de les approvisionner en vivres, de surveiller des inconnus suspects et de préparer le thé pour les adultes.

Peu d’éléments permettent d’affirmer que ces adolescents participent régulièrement aux attaques menées par les soldats thaïlandais en service actif. Ils ont en outre de meilleures conditions de vie que les enfants soldats birmans, qui doivent nettoyer les champs de mines à la main, ou ceux d’Afrique subsaharienne, bourrés de narcotiques et obligés de participer à des opérations armées...

 

Dans les trois provinces de l’extrême Sud ravagées par l’insurrection – Yala, Pattani et Narathiwat –, la culture des armes est omniprésente. Les enfants musulmans et bouddhistes fréquentent des écoles transformées en véritables forteresses à la suite des attaques menées par les insurgés contre un système d’enseignement soupçonné de combattre leur cause. Le directeur d’une école nous a confié qu’environ 30 % de ses enseignants étaient armés pendant les cours...