Qui va dominer le marché futur : le single ou l'album ? 2 points de vue Denis Ladegaillerie, de Believe VS Emmanuel de Buretel Because | L'actualité de la filière Musique | Scoop.it

Denis Ladegaillerie, de Believe Digital

"Une étude que nous venons d'effectuer sur les deux dernières années de vente sur notre catalogue d'environ 2 millions de titres révèle que seulement 10 % de nos clients achètent un album dans son entier, alors que 90 % d'entre eux se contentent de télécharger deux-trois titres par album"

"Je conseillerais aux musiciens de ne pas attendre les deux ou trois ans nécessaires à la conception d'un album, mais de publier trois ou quatre titres par an leur permettant d'être plus en contact avec leur public, en élaborant un environnement musical plus facile à créer que celui d'un long format."

 

Constat partagé par la quasi-totalité des acteurs du secteur, services de ventes en ligne ou de streaming. A l'exception notable du Français Qobuz, qui a fait de la valorisation de l'album et de la qualité du Son ses chevaux de bataille.

 

Certains genres musicaux - en particulier les musiques dites "urbaines" (hip-hop, électro, dance...) - s'adaptent plus naturellement à ce type de fonctionnement. Toutefois, du côté du jazz, de la chanson, du rock et de la pop, la tradition de l'album est encore forte. On parle et on attend le "nouvel album" de Diana Krall, de U2, de Madonna, de Laurent Voulzy, etc.

 

Emmanuel de Buretel.Patron de la maison de production Because ( Selah Sue, Amadou & Mariam, Metronomy, Sefyu...).

Emmanuel de Buretel voit se dessiner un clivage entre les productions des multinationales et celles des maisons indépendantes. Les premières se concentreraient ainsi sur la vente au titre et la fabrication de faiseurs de tubes, avec l'utilisation de pôles d'auteurs-compositeurs fournissant du sur-mesure pour différents artistes - un modèle que Berry Gordy Jr. avait organisé dès 1959 avec la compagnie soul Tamla Motown, souvent qualifiée d'"usine à tubes". Les secondes se consacrant plus au développement de carrière et de personnalités construit sur la notion d'album.

 

 

"Ce n'est pas un hasard si deux des meilleures ventes de disques en France cette année sont issues de labels indépendants : Adele (plus de 17 millions d'albums vendus dans le monde en 2011), chanteuse du label anglais XL, et Selah Sue, chez Because"